Traoré Awa

Séjour : rafles nocturnes de migrants au 5e

C’est devenu un spectacle fréquent, de jardin 5e vers Basra, chaque soir, dans plusieurs Pick-up des hommes en tenue raflent sur leur passage, des migrants n’ayant pas de carte de séjour, un papier dont l’obtention est un parcours de combattant très souvent.
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Comment font t-ils visuellement, pour détecter qui est migrant ou mauritanien ?, en tout cas, ces hommes « ramassent » des étrangers sans séjour  lors de patrouilles nocturnes. Certains, surpris par l’action, prennent place à bord de ces voitures, impuissants, le regard lointain, donnant l’impression de se jeter dans la gueule du loup.
« Il ya ramasse », voilà une expression ici pour signaler ces opérations de rafles qui surprennent, ces migrants de retour de boulot, de restaurant, ou en promenade dans ce quartier populaire.
Source : Rimweb


Tinalbarka rêve de devenir avocate pour défendre les personnes injustement condamnées

Elle a fui la violence au Mali. Tinalbarka, âgée de 16 ans: « Je m’appelle Tinalbarka. J’ai 16 ans. Je suis malienne. Ma famille a fui Bamako à cause de la guerre. Nous sommes arrivés ici, à Mbera, où je vis avec mes parents. Heureusement, j’ai eu la possibilité de faire des études parce qu’il y a des écoles dans le camp. Je me suis inscrite à l’école et je suis en troisième. Ce que je souhaite, pour mon avenir, c’est de terminer avec succès mes études, de manière à obtenir un diplôme et à pouvoir trouver un emploi. J’aimerais être avocate un jour. »

« Je rêve de devenir avocate parce que je souhaite aider les innocents, les gens accusés de crimes qu’ils n’ont pas commis. C’est pour cette raison que je rêve de devenir avocate. ».

Parents greet their daughter Tinalbarka a sixteen years old refugee from Mali, as she leaves family tent to attend classes at secondary school in Mbera refugee camp. ; Background information: Tinalbarka is an 16 years old refugee from Mali and a role model among her peers in Mbera refugee camp.Tinalbarka dreams to become a lawyer to help the most vulnerable. Since mid 2012 due to civil conflict in Northern Mali, more than 49,000 Malian people sought refuge in Mbera refugee camp in Mauritania. The malian conflict is now in its fourth year and it has become a protracted situation despite signature of the Algeri peace agreement in 2015. No massive scale return are hence envisaged in years to follow.
La jeune Tinalbarka, âgée de 16 ans, est devenue l’un des défenseurs acharnés de l’école et un modèle pour les jeunes du camp de réfugiés de Mbera, en Mauritanie. Touareg, elle fait partie d’une tribu nomade originaire du nord du Mali. Malgré les accords de paix conclus en 2015, la situation demeure tendue au Nord-Mali. À la suite d’affrontements ethniques, sa famille a de nouveau été obligée de prendre la fuite.

Le taux d’analphabétisme est encore élevé au sein de la population nomade du camp, notamment chez les filles. Le HCR s’est tout particulièrement attaché à sensibiliser les familles à la nécessité d’envoyer leurs enfants à l’école et à organiser des cours d’alphabétisation et de calcul pour adultes. Grâce aux récentes campagnes destinées à promouvoir l’éducation pour tous et l’intégration des filles, le pourcentage de filles inscrites dans les six écoles primaires du camp est aujourd’hui presque identique au pourcentage de garçons.

Dans le cadre des campagnes destinées à promouvoir l’éducation dans le camp, Tinalbarka a présenté un sketch qui met en scène une jeune fille bien décidée à aller à l’école, contre la volonté de ses parents. Contrairement à ce qui se produit dans le sketch, le père de Tinalbarka, Amano AG Issa, membre du célèbre groupe « Tadiazt », encourage la jeune fille à réaliser son rêve, qui est de devenir un jour avocate. Pour soutenir Tinalbarka et la scolarisation féminine, Tadiazt donnera un concert destiné à promouvoir l’éducation et l’intégration des filles à Nouakchott, lors de la Journée mondiale 2016 du réfugié.

Montrez votre solidarité #Aveclesréfugiés comme Tinalbarka en signant la pétition dès aujourd’hui.

Source: https://www.unhcr.org/refugeeday/fr/tinalbarka-histoire/


Bac mauritanien: la désillusion de Rama

Elle faisait ainsi le bac pour la 3e fois. Elle espérait vraiment l’avoir cette fois- ci. Et tout avait bien commencé pour cette jeune mauritanienne au sourire radieux qui n’aime pas trop se connecter sur le réseau facebook, de peur d’en être accro.

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Ce jour là ,j’ai pris part à un atelier avec Rama.C’est à la suite d’un texto qu’on lui apprends qu’elle a passé son bac, une réussite tant attendue par celle qui voulait obtenir un bac C. Mais un de ses prof lui conseilla de tenter sa chance en série D.

Un texto et la joie de Rama était étincelante, très vite ,depuis l’annonce, elle ne cessait de sourire sans cesse en disant  » jai eu le bac, j’ai eu le bac, Maman, tu es au courant que j’ai mon bac!!! » et des félicitations venaient de partout et il était question d’arroser comme il se doit cette réussite. L’annonce de la délibération a fait le tour du réseau social facebook.

Malheureusement, la joie de Rama fut de courte durée, après un tour sur le site du ministère de l’éducation nationale, elle apprit qu’elle a été ajournée. Elle bascule donc de la joie à la tristesse sans rien comprendre de ce qui lui arrive me dit -elle faisant semblant de supporter ce choc et de croire enfin qu’elle a raté le bac pour la 3e fois, alors que ses deux copines l’ont eu après deux round.

Aura t-elle la force de refaire le bac? après cet échec digne d’un feuilleton, où des gens se sont vus admis sur le site du ministère de l’éducation avant de déchanter à cause d’un piratage contre ce dit site selon de nombreux commentaires.

 


Mali : rencontre avec l’activiste Fatouma Harber

« Je ne faiblis pas parce que je suis sûre que je ne perds pas mon temps » tel est l’une des déclarations fortes de cette blogueuse dans ce coup de cœur du mois. Cette activiste qui « milite pour un seul parti, le Mali » nous parle de son engagement , de son regard sur son pays qui travers une crise sécuritaire sans précédent. Avec des mots, elle nous parle des maux du MALIBA.

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Reines d’Afrique : Comment est né ton engagement?

Mon militantisme est né d’un amer constat. La jeunesse malienne est tombée dans les travers. Elle se contente de faire du suivisme, où de profiter des biens de papa. Alors que c’est à elle qu’il revient de se battre pour redresser ce pays qui est fortement menacé de partition Je suis partie de Twitter. Je me suis retrouvée dans le blogging et l’activisme par patriotisme.

Reines d’Afrique: Quelles sont des difficultés de cet engagement ?

C’est une difficulté matérielle d’abord car être Web activiste C’est être connectée en permanence, influencer dire la réalité, la dépeindre.

Le Mali est le pays où l’internet de mauvaise qualité que nous avons coûte extrêmement cher malgré les difficultés.

Reines d’Afrique: Et ton engagement est intact !!!

Et personne ne te paye parce que tu défends ton pays Je ne faiblis pas parce que je suis sûre que je ne perds pas mon temps. J’ai orienté beaucoup. Je lutte pour que la communauté des blogueurs du Mali soit un organe important de notre société civile.

Reines d’Afrique: ce combat  avance t-il ?

Oui. Nous avons tenu nos premiers blocamp, nous avons un programme fourni de formation dotation en matériel, pour nos blogueurs, mais nous n’avons toujours pas de partenaire solide.

Reines d’Afrique: Le blogueur est t-il de plus en place écouté au mali ?

Oui ! Concernant les sujets sur lesquels je m’exprime le plus, j’interviens sur plusieurs radios nationales et internationales, Kledu , Mikafo, La voix de l’Amérique .Je joue mon rôle quand il faut mettre un Blogueur en contact avec des amis journalistes de France24.

Reines d’Afrique: On sent votre engagement, votre patriotisme dans tous vos posting, comment faites- vous pour garder le moral ?

 Je me ressource dans ma famille, j’ai une petite fille, je vis chez moi Tombouctou avec mes deux parents et mon conjoint. Mes amis cela,  m’aide beaucoup pour garder le moral.

Même s’il faut reconnaître que je suis une personne qui se décourage ou s’attriste peu facilement. Je pense que ma force, c’est ce moral, je crois en moi, En la jeunesse, je me dis qu’il ne faut pas baisser les bras, que je dois lutter pour que ma fille trouve ce pays que j’aime. Que je puisse lui apprendre à l’aimer aussi sinon autant.

Reines d’Afrique: Comment vois-tu cette jeunesse aujourd’hui, la relève est elle en marche?

 Concernant la jeunesse malienne. Je suis bien sceptique Elle se déséduque – mot que j’ai inventé exprès pour le Mali .Le niveau du jeune malien baisse beaucoup. La majorité se contente du peu. Elle est en train de tomber déjà dans les travers des vieux qui font tout pour rester jeunes et accaparer les postes que ces jeunes devraient avoir.

Reines d’Afrique: Quel est ton regard sur la situation politique social et militaire du pays?

Je pense que ces trois réunis dans les mains du mauvais homme risque de faire disparaître notre pays si les maliens ne réagissent pas. Notre but c’est une paix véritable. Pas une entente entre le président du Mali et les indépendantistes du MNLA ou les islamistes du HCUA.

Quand 2 éléphants se battent, c’est l’herbe qui est écrasée. Nous populations du Mali entier sommes cette herbe. J’espère que mes frères de Kidal s’en rendent compte. On ne peut réclamer le développement en prenant des armes et en détruisant les faibles infrastructures de développement présents.

Reines d’Afrique: Pour finir parle-nous de ton pépinière TIC Sankoré labs

 Sankorelabs est un espace de coworking. Un centre de formation en informatique et un espace de transformation sociale

Nous avons pris Sankore qui était l’université de référence en Afrique et dans le monde au 15e  siècle à Tombouctou. Et le Labs couvre toutes nos activités. Nous avons plusieurs projets dans le domaine de la  vulgarisation des TIC au Mali, notamment codeml pour former plus de 1000 jeunes à Tombouctou, à l’informatique à l’Internet et aux réseaux sociaux Mais aussi au codage.

Nous faisons par ailleurs le coaching et la formation en entrepreneuriat, le leadership L’incubation des jeunes startup à Tombouctou malgré cet état d’insécurité qui date de 2012  .Et qui je pense ne doit pas nous empêcher d’avancer.

 


Aissata Lam : une mauritanienne d’exception

Elles sont diplômées des universités occidentales, ont des opportunités d’emploi dans les plus grandes capitales, mais c’est dans leur pays natal qu’elles décident de déposer leurs valises. Fini le rêve européen ou américain, le “african dream” attire de plus en plus de jeunes attirés par les économies fleurissantes et la douceur des villes africaines. D’Abidjan, à Cotonou, en passant par Dakar et Nouakchott, les portraits que nous partagerons retracent la trajectoire des repats (diminutif de rapatrier, par opposition a expatriés).

Aissata Lam est l’exemple parfait d’une afropolitaine. Née en Mauritanie, grandit en Côte d’Ivoire où elle s’installe avec sa famille avant d’aller passer le baccalauréat en France, et poursuivre ses études entre le Canada et les États-Unis. Ce riche parcours fait d’elle une Third culture Kid, comme elle aime à se définir, se distançant des singularités et divisions entre l’ici et là-bas, entre le traditionnel et le moderne. Elle conjugue les identités, complexes et multiples, sans cohérences entre le pays de naissance, le pays d’origine, le pays de résidence, le pays de nationalité et le pays d’adoption. “Je me sens locale à la fois en Mauritanie bien entendu, mais aussi en France, à Montréal, à Abidjan. L’expression Home is where the heart is prend tout son sens pour moi. Je me sens local Presque partout où je vais. Sans barrières ni frontières.”

Frantz Fanon disait aux générations africaines : Chaque génération doit dans sa relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. Au-delà des questions d’identités donc, c’est à cet appel, à ce sentiment fort et indomptable, celui de devoir poser sa pierre à l’édifice, de contribuer au développement et à l’autonomisation des sociétés africaines que Aissata a répondu. C’est dans son pays d’origine, là où elle n’a que peu vécu et pour lequel elle a de belles ambitions qu’elle décide de poser bagages.

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 Après son baccalauréat obtenu en France, elle poursuit ses études supérieures à HEC Montréal où elle gradue d’un Bachelor en Finance corporative et affaires internationales.

Son engagement académique l’emmène à participer aux compétitions inter-universitaires internationales, aux jeux du commerce et simulations dont elle termine inévitablement finaliste. Ces multiples activités ainsi que son introduction à la jeune chambre de commerce de Montréal font germer l’idée d’une plateforme offrant des opportunités similaires aux jeunes Mauritaniens.

Élève remarquable, Aissata obtient son diplôme et rentre tout de suite sur le marché du travail montréalais. Elle s’implique avec le bureau de l’Unicef à Montréal, encore étudiante, et y continue quelques temps après les études avant de travailler comme underwriter (analyste de risque) pour une compagnie Américaine de services financiers et assurance, Liberty Mutual.. C’est alors que, toujours en poste, mais avec l’aide de sa sœur, Aissata se lance dans une aventure de réflexion, de rencontres, de rédaction de plan d’affaire, dont l’issu nous ai aujourd’hui connut. Un an et demi plus tard, en dépit de tous les obstacles, celle qui était pourtant perçue comme ‘pas assez Mauritanienne’ (celle qui se trouve à l’intersection du genre et de la couleur ‘femme et noire’) lance avec ses collègues qu’elle considère aujourd’hui comme sa deuxième famille, la Jeune Chambre de Commerce de Mauritanie, une des structures les plus prometteuses du pays.

Mes années d’expérience à Montréal ont été fructueuses en terme d’expérience et d’apprentissage. Mais j’avais l’impression de ne pas contribuer à grand-chose dans ce monde. J’ai donc pris la décision de m’impliquer dans quelque chose qui ferait une différence, qui contribuerait véritablement au développement de mon pays. La jeunesse est la pierre angulaire de ce développement, étant une force créatrice et innovatrice. Les perspectives d’espoir et de changement transitent par entrepreneuriat des jeunes. Et pourtant, les taux de chômage élevé frappent la jeunesse dans le monde et en particulier en Afrique subsaharienne. C’est un drame puisque cette jeunesse est versatile, pouvant être à la fois source d’opportunités et bombe à retardement.

Mais Aissata ne s’arrête donc jamais ou plutôt elle personnifie le ‘ nul n’est impossible’. Prochaine étape : la très prestigieuse université Harvard où elle décide de poursuivre sa Maîtrise en Finance, avec un mémoire faisant échos à sa présidence de la JCC de Mauritanie (Micro-financement et le financement des PME). Durant sa rédaction elle est emmenée à faire du terrain en Mauritanie. C’est par ces allées et venues, lui permettant de s’imprégner du local, de se faire des contacts, de s’y construire une histoire et de ‘ briser la glace’ comme elle le dit, que son processus de retour se concrétise progressivement.

Je voulais rentrer en Afrique et préférablement à Nouakchott pour continuer notre projet de la Jeune Chambre de Commerce Mauritanienne.

Le retour, elle l’a voulu. En effet, même si ici (là-bas) ce ne sont pas les opportunités qui tarissaient, ce sentiment pressant, l’appel de la terre ne la lâche pas. Aissata postule dans la foulée à la FAO. Tout va très vite.

Lors du vol ‘retour’ elle nous dit avoir été animé de confiance et d’excitation. En même temps, privilège ou damnation des enfants de la third world culture, rien n’est définitif ; c’est sans doute ce qui facilite le retour, qui n’est plus perçu/vécu comme un emprisonnement, mais une fenêtre d’opportunité.

Le choix du retour : le champ infini des possibles

Son choix du retour n’était pas définitif. Il ne le sera certainement jamais puisque Aissata reste une nomade. Mais deux ans, Aissata nous parle d’un cercle vertueux qui se crée en Mauritanie, où la jeunesse consciencieuse se dresse et rêve pour elle. La JCC de Mauritanie est aujourd’hui reconnue pour son apport à l’économie et l’innovation du pays.

C’est une Plateforme de jeune professionnels et entrepreneurs. Ils organisent des activités pour les stimuler et les aider à cheminer dans leurs carrières. Le tout est de mettre des outils à leur disposition car cheminer tout seul dans le monde de entrepreneuriat ou dans la carrière professionnelle est chemin de longue haleine. Plusieurs types d’activités et d’événement sont proposés : Il y a des 5 à 7, des formations, des activités pour mettre en relation les membres avec des gens de l’industrie.

Dans la foulée de leurs initiatives, Aissata et ses collègues créent la cérémonie ‘Mauritaniennes d’exception’. Une initiative qui souhaite rétablir le juste mérite des femmes mauritaniennes, au-delà des perceptions. Globalement perçues comme inactive, femme au foyer, soumise. Pourtant, elle fait l’expérience tous les jours, dans son travail, sur le terrain, de leur force et leur contribution indispensable au bien-être commun. Que soit dans l’agriculture, entrepreneuriat social, l’éducation, les femmes mauritaniennes sont présentes. Elles travaillent trop souvent dans l’ombre, souvent oubliées, parfois opprimées et très peu célébrées. Force invisible dans un pays qui fait rarement les manchettes et qui pourtant a tant à offrir par sa culture riche et métissée.

En plus de gérer son organisme, la JCCM, Aissata travaille à la FAO sur des projets de lutte contre la pauvreté, liés à l’agriculture et l’alimentation. Je m’occupe de la thématique de l’Inclusion financière (Micro-finance et Protection Sociale), on est souvent sur le terrain, dans des settings ruraux. C’est là que se trouvent les bénéficiaires des projets. Il s’agit de créer des écosystèmes financiers  pour rapprocher les communautés vulnérables, qui n’ont pas accès aux banques ou institutions financières formelles ;des exemples d’innovation dans ce secteur est le warrantage, un mécanisme pour pallier aux fluctuations du marché local en période de soudure ; tenant en compte la volatilité du calendrier agricole et de la saison des pluie. Cela permet de limiter les effets de la sécheresse et d’exercer des activités source de revenue et de stabilité pour les familles.

Ses journées-type, débutent très tôt immanquablement par une prière, l’écoute de Bossa Nova, et sont rythmées par la dégustation de cafés (grande amatrice de café). Puis le boulot, où l’environnement varie selon qu’elle se trouve sur le terrain ou au bureau.

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Un style de vie des plus agréables

Le choix du retour n’est pas simplement motivé par des raisons économiques. Le retour chez soi signifie aussi l’accès à un certain confort. Pour Aissata s’est l’occasion de renouer avec une vie simple et agréable, où l’amour du continent rythme chacune de ses activités. Tenante d’une Afrique unie et sans frontières, elle part à l’aventure, à la découverte des trésors du continent, du Sénégal à l’Éthiopie.

Des virées dans le désert, des road trip à Dakar, des brunchs à la place tous les dimanches avec ses amies, Nouakchott rempli la jeune femme d’un étrange sentiment de liberté. Paradoxale, diraient certains, quitter l’occident pour trouver la liberté en Mauritanie, pays musulman et dit traditionaliste. À cette prétention, Aissata répondrait que c’est cette liberté qui lui plaît, celle de faire des projets qui comptent, de pouvoir faire la différence, tout en profitant des bonheurs de la vie. Les longues heures de travail de 9 à 9h, elle l’a connu, pour avoir travaillé en finance corporative. Son choix est fait. Celui de pouvoir visiter Saint-Louis en lisant Senghor, organiser des événements avec les jeunes de chez elles et aller sur le terrain.

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Aficionado de Jacques Brel, connaisseuse de peinture et de photographie, elle accorde une importance toute particulière à l’esthétisme au-delà des canons et conventions. Ses photographies, son style vestimentaire, son goût de la littérature, son épicurisme sont autant de signes de la diversité qu’elle porte en elle et de la soif de découverte qui l’anime.

Au départ, Nouakchott est très réticente à la diversité nous dit Aissata. Le sentiment d’isolement est donc un des plus fort dans les premiers mois. Mais petit à petit on fait de belles découvertes, de belles amitiés. Il faut garder l’esprit ouvert et se faire des amis, souvent des repats également, qui partagent les mêmes expériences. Il ne s’agit pas de se distancer de la société mauritanienne ! Bien au contraire, si nous sommes rentrés c’est pour se faire accepter comme étant d’ici, malgré nos parcours différents. C’est aussi pour participer du mieux qu’on peut à notre société, celle pour qui nous vibrons tellement. Nous adoptons ce que j’appelle la Coping Strategy. Mon mental health est important et si je veux être heureuse à Nouakchott il faut que je sois dans un environnement ou je m’épanouis. Et s’il le faut et si je le veux, je m’enferme chez moi, à écouter Jacques Brel tout le weekend.

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2 ans après : le reality check

À part aller flâner à la librairie et chercher des anciennetés dans les magasins vintages, il ne me manque rien, ironise Aissata. Motivée par les défis qu’offre la ville de Nouakchott. Il se crée un cercle vertueux dans le pays où les jeunes locaux ou repats s’encouragent à faire plus, à faire mieux. Dans quelques années, avec beaucoup d’effort et des convictions, il n’y aura plus autant de barrières à s’y installer.

Le retour est une expérience à vivre pleinement avec toutes ses imperfections ! Vous réaliserez que l’expérience humaine vaut le détour ☺. C’est certain que tout n’est pas rose, tout le temps.  Je me retrouve souvent très en colère face à certaines situations auxquelles je ne suis pas habituée, mais j’essaie de toujours prendre du recul. La circulation, des règles de conduite de base, faire la queue. Bref, des principes de citoyenneté qui m’ont été inculqués très jeune, et qui s’imprègnent comme référence. Il faut simplement se rendre compte qu’il existe différents référentiels, ne pas juger, prendre du recul et avancer.

En définitif, l’Afrique je la vois, sans frontière, acoustique et belle. Notre slogan à la jeune Chambre c’est ‘Osez vous propulser’ ! Je pense que l’Afrique est sur un trampoline et que si elle met la force nécessaire…sky is the limit.

Source afriknow.org


Nouakchott: Pauvre , Mariem, une mère de 7 enfants

Mariem, la trentaine, au foyer, est mère de 7 enfants. N’ayant personne pour garder ses enfants, elle le fait elle-même. Son mari est vendeur de friperie, il passe ses journées au marché. Il y a des jours, où trouver même du pain est un parcours du combattant selon Mariem. J’ai rencontré cette dame au quotidien précaire lors d’une sortie récente de la Marmite du partage dans la commune d’Arafat à Nouakchott.

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Le jour où Mariem n’a rien, sa cousine Maguette qui habite dans ce gazra (habitat de fortune) lui vient en aide. Ce soir là, Mariem était soulagée car elle était une des bénéficiaires de l’opération de distribution de repas de la marmite du partage qui se rend depuis 5 ans durant ses sorties pendant le ramadan dans un des quartiers précaires de la capitale pour faire la cuisine et ensuite la distribuer aux pauvres. Une façon de faire une rupture collective du ramadan, de permettre à ces nécessiteux de bénéficier d’un repas du soir en bonne et due forme, une façon de faire voir l’extrême  pauvreté dans laquelle vivent des gens.

Des moments intenses de partages , d’échange, de brassage, de réflexion , de plaidoyer , de terrain, que l’on a envie de tirer en longueur. Comme on dit, chaque bonne chose a une fin, une journée de cuisine, ou de distribution de kits, j’image le regard de Mariem qui aimerait que cette journée dure des jours, des mois, pourvu qu’elle reçoit un secours constant pour faire face à la précarité. Elle aimerait bien développer un commerce, mais faut de moyens ce projet risque de ne pas se faire dans l’immédiat.

Pour Mariem, difficile de joindre les deux bouts, sans formation, sans travail et une charge familiale.

Histoire à méditer

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Cette fille n’aime pas son mari

Ce dimanche, quand j’ai vu une fille  désormais Madame en larme , j’ai perdu tout d’un coup l’envie de boire mon thé, Ataya comme on dit par ici. A 21h cette petite fille pleurait encore, refusant de rentrer chez son mari, parce qu’elle ne l’aime pas, parce qu’elle a peur de ce monsieur. Elle a peur de cet inconnu avec qui elle doit désormais partager sa vie, mais ses parents en ont décidé ainsi, ils ont préféré la donner en mariage à cet âge là.

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crédit photo

Donc peu importe son bonheur, son choix, son épanouissement moral, il faut qu’elle soit mariée à un homme deux fois son aîné. Pourquoi marier une fille à cet âge ? C’est comme si elle débarquait dans un nouveau monde, son regard perdu en dit long sur la souffrance qui la ronge. La vue de cette fille m’a vraiment bouleversé ce soir là . Va t-elle s’habituer à sa nouvelle vie ou va t-elle tenter de fuir ? Ses parents peuvent t-ils comprendre qu’elle n’est pas encore prête à ce mariage (polygamique en plus) ? pourraient-ils lui laisser le temps de grandir, de vivre ses rêves, de les assumer dans la maturité d’esprit ?

Monsieur est là, il dit qu’il est lassé de ses pleurs. Monsieur conduit sa vieille moto et donne l’ordre à la petite fille de rentrer avec lui, mais sans aucune forme de dialogue, bref sans courtoisie. Choquée, je lui ai dit que la brutalité ne résout rien. Traînant ses pas, la fille le suit, accompagnée par une de ses cousines « impuissante » devant ce mariage voulu par les parents de la mariée, qui espère pourtant partir de ce foyer polygamique. Partir… mais comment ?

Affaire à suivre

(NB: Choqué par cette histoire, un des visiteurs de cette famille a failli écraser son portable en entrant).


Mort d’un migrant malien à Nouakchott

Il se nommait Mady Boubou Coulibaly, malien, âgé d’une vingtaine d’années. Il cherchait à gagner sa vie en Mauritanie. Il est décédé loin, de son Mali natal le 9 mai dernier « suite à une course poursuite avec des éléments de la gendarmerie nationale », ayant pris peur   » il aurait sauté du haut d’un chantier pour atterrir sur des fers perchés » témoigne dans la matinée de ce lundi une source facebook. 

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crédit photo RMI INFO

Ce ressortissant décéda quelques heures plu tard à la suite de ses blessures à l’hôpital nationa. L’info fit alors le tour du réseau facebook où la photo d’hospitalisation de Mady a créée le buzz, une image bouleversante, des témoignages émouvants. Une nouvelle triste qui rappelle les conditions difficiles parfois des migrants notamment subsahariens sur cette procédure de carte de séjour instaurée en 2012.

A la suite de cette perte douloureuse, la communauté malienne a tenu un sit- in devant leur ambassade ce 11 mai pour attirer l’attention des responsables de l’ambassade sur le quotidien souvent difficiles de ses ressortissants qui ont choisi la Mauritanie comme pays d’accueil.

Mady dors en paix!!!!

 



Dé-féminisation de l’espacement des naissances : une stratégie d’atteinte des nouvelles utilisatrices de Planning familial en Mauritanie

La dé-féminisation du planning familial(PF) est un moyen  de bien être familial selon de nombreux mauritaniens rencontrés à travers ce reportage réalisé dans le cadre  de la production médiatique sur la planification familiale organisé par le Population Council et le Partenariat de Ouagadougou. Une initiative mise en place en 2011 dont la Mauritanie est membre.

 

Dispensaire kissal/ Crédit photo AST
Dispensaire kissal/ Crédit photo AST

La dé-féminisation qui est une approche genre de la PF si elle est promue en République Islamique de Mauritanie (RIM) permettra sans doute à la Mauritanie de contribuer à atteindre son objectif de 39000 nouvelles utilisatrices d’ici 2020 dans le cadre du partenariat de Ouagadougou dont le challenge est d’arriver à plus de deux millions d’utilisatrices de PF (d’ici 2020) dans la sous région.

Pour rappel, « la Mauritanie se caractérise par une croissance très rapide de sa population, avec un taux d’accroissement démographique de 2,4% par an, un indice synthétique de fécondité de 4,6 enfants par femme et une prévalence contraceptive de 10% en 2011 en ce qui concerne les méthodes modernes » selon le Plan national de développement sanitaire. S’exprimant sur cette donnée, Aliou Diop Président de la Coalition « Ensemble Espaçons nos naissances »  pense que « ce chiffre est moyennement élevé » d’où son plaidoyer pour action multi sectorielle. A noter que ce pays des « millions de poète » était classé 154ème sur 182 pays dans l’index de développement humain de 2009. Autant de raisons pour favoriser l’espacement des naissances à travers une approche genre ou dé-féminisée.

L’espacement des naissances : « « une affaire de tous ».

A Nouakchott, Aicha Diop, 32ans, est vendeuse dans son quartier à El mina. Mère de cinq enfants, depuis 7 ans, elle a convaincu son mari d’espacer leurs naissances afin dit-t-elle, d’avoir le temps de « se reposer  et de travailler » pour gagner aussi sa vie. Fatou explique avoir convaincu son mari de la nécessité de la planification qui permet à l’un et l’autre de vaquer à leurs occupations  le temps d’une pause, après le rapprochement de ses deux premières naissances. Depuis lors, elle a opté pour une pilule contraceptive gratuite qu’elle prend désormais au dispensaire Kissal. A 25 ans, Metou une habitante de Tarhil est accompagnée de son 3e enfant. Depuis 3ans, elle a fait le choix du planning dans ce dispensaire de proximité de Kissal à Elmina. Elle estime, l’air souriante que la PF appelée ici espacement de naissance est « une affaire de tous ».

Fatis Ba est une des six sages femmes du dispensaire Kissal. Cette assistance sociale de formation, depuis 2006, travaille dans ce dispensaire communautaire où les femmes « affluent » chaque début de semaine à la recherche de contraceptives telle que les pilules (données chaque trois mois), injectables, condom, implants (payant). Oumou, qui instaure un climat de dialogue avec les patientes pour « briser le tabou » note qu’il y a « une forte demande » pour les contraceptives par rapport au début. Un constat qui, selon elle, s’explique peut être par la gratuité des contraceptions , témoigne la sage femme pour qui « il est temps qu’on sensibilise les hommes sur la PF ». Cette source déplore le manque de relais communautaire pouvant relayer cette préoccupation de façon permanente.

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« Les hommes doivent savoir que la PF les concerne » selon Imam Abdoulaye Sarr

Une position partagée par Imam Abdoulaye Sarr pour qui « les hommes doivent savoir que la PF les concerne ». Pour cet interlocuteur, membre de la Coalition « Ensemble Espaçons nos naissances » il y a un manque de communication par rapport à la promotion de cette problématique suggère qu’ « il faut démystifier ce concept » afin que chacun contribue à sa vulgarisation.

Pour rappel, le PNDS (Plan national de développement sanitaire ) 2012-2020 « s’est fixé un objectif de prévalence contraceptive de 60% à l’horizon 2020 » d’après ses données. Une ambition qui pourrait se réaliser à travers « une forte plaidoyer au profit de la stabilisation de la famille », un vœu ardent de la sage femme Fatis Ba.

Sira Kamissoko sage femme depuis 1980,  à la retraite désormais, dans son cabinet à Teyarett  reçoit ses patientes. Elle nous fait savoir que « rarement des hommes accompagnent leurs femmes ; souvent il nous envoie leurs pièces d’identité pour prouver leur consentement » fait comprendre cette technicienne en gynécologie  qui précise que « dans les services publics, les contraceptions sont données gratuitement».  Un facteur qui doit inciter à une large planification. Les jeunes Ambassadeurs pour la santé de la reproduction/PF en Mauritanie et la société civile doivent aussi contribuer à ce processus de dé-féminisation à travers un focus sur l’approche genre.

Awa Seydou  Traoré

(Source Rimweb)

 

 

 

 

 


Une Femme d’exception

Elle est pour moi celle qui se bat pour ses rêves lentement mais surement.Elle est celle pour qui chaque jour est une vie, une chance, une lumière

Elle est celle qui bouge par conviction pour joindre les deux bouts . Elle est celle qui se bat pour gagner son pain de tous les jours

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Elle est celle qui simplifie la vie malgré ses hauts et ses bas

Elle est celle qui garde les pieds sur terre malgré l’impact des projecteurs, celle qui donne et qui reçoit

Elle est celle qui dégage un parfum d’ordinaire

Elle est celle qui a un moral de fer, d’acier

Elle est celle qui dégage la pluralité, l’ouverture, la tolérance, l’engagement

Elle est celle dont le parcours est une source d’inspiration

Elle est celle qui accepte l’autre avec ses qualités et ses défauts

Elle est celle dont la présence illumine la voie des sans voies

Elle est celle qui bouge loin des regards et qui fonce sur son parcours

Merci ainsi à toutes les femmes d’exception sans oublier aussi les hommes d’exception qui ont apporté leur savoir faire, leur écoute, pour la tenue du panel  « femmes d’exception: parcours de vie et valeurs partagées »  que ce blog a organisé le 5mars au musée national, pour célébrer le 8mars. Merci à tous, ainsi qu’a Tawatur pour la diffusion de ce reportage

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Mauritanie: Panel Femme d’exception

 


Aicha, la femme qui insuffle la vie en prison

Une petite fille est adossée au mur d’une maison, elle chantonne, des promeneurs empruntent la ruelle, chacun vaque à ses occupations … la vie habituelle d’un quartier d’une ville mauritanienne. Personne ne semble prêter attention à cette maison couleur terre, située entre l’épicerie du coin et l’école. Rien ne la distingue des autres maisons du voisinage. Rien, hormis ses habitantes, des femmes que la société a condamné et que la vie a mené en prison.

Dans la cour, les gardes effectuent leurs rondes. Plus loin se tient, droite et fière, une jeune femme prénommée Aicha. Elle a la beauté de sa jeunesse, son regard est doux mais on peut lire dans ses yeux la détermination que requiert sa fonction. « Je ne fais rien d’extraordinaire, je ne fais que mon travail ! » dit-elle modestement avant de décrire la longue liste des activités qu’elle mène au profit des détenues. Dans une pièce rose qui respire la vie, décorée avec des personnages de Walt Disney peints à la main, au milieu de jeux pour enfants Aicha poursuit : « tous les matins, je reçois ici les détenues avec leurs enfants afin de vérifier leur état de santé, à la fois physique et psychique. La plupart d’entre elles ne possèdent rien, elles sont dépourvues de tout et comptent sur nous pour recevoir des couches et des biscuits ».

La présence d’Aicha au sein de cette maison carcérale pour femmes a considérablement changé la vie des détenues. « Les cours de sport leur font beaucoup de bien. Au début j’ai eu énormément de mal à les convaincre du bienfait de l’activité physique sur le moral, mais aujourd’hui elles participent toutes au cours de gym et demandent à ce que l’on mette la musique plus fort !». La vie dans la prison ne s’arrête pas là, Aicha multiplie les activités pour améliorer du mieux qu’elle peut le quotidien de ses protégées, « dès la semaine prochaine, je compte instituer, en plus des cours de couture qui existent déjà, un cours d’art plastique et de création de bijoux, je vais proposer aux femmes de réaliser des bracelets » poursuit-elle en sortant de son sac une dizaine de bracelets de toutes les couleurs qu’elle a réalisés elle-même. « L’essentiel, c’est de les tenir occupées, le temps est long ici, les conditions de vie sont extrêmement dures, elles vivent dans la précarité la plus totale».

Mauritanie ,Aicha ,assistante sociale/crédit photo Unicef
Aicha, assistante sociale en Mauritanie     (crédit : Unicef)

Aicha, émue, raconte l’histoire de ces femmes qu’elle connait toutes personnellement. « Elles sont toutes incarcérées pour Zina (1). Elles se retrouvent ici, enceintes, reniées par leur famille et exclues de la société. Les enfants naissent en prison. Heureusement le système les autorise à garder leurs enfants avec elles, mais leur vies est détruite». Elle poursuit et un sourire vient sitôt éclairer son visage : «ma plus grande fierté est de les voir sereines après une séance de discussion, la parole est essentielle, il est vital pour elles de pouvoir s’exprimer. C’est souvent difficile de les écouter, ce qu’elles me racontent est très dur, mais je sais combien ces échanges sont importants, cela me fait de tenir. Je reçois aussi le soutien de collègues qui comprennent mon engagement ». Aujourd’hui, la prison compte 24 femmes dont deux mineurs. « La condition des femmes dans nos pays est complexe mais, malgré tout, elle s’améliore. Lorsque j’étais enfant, jamais ma mère n’aurait imaginer travailler, à l’époque c’était impensable, mais moi, à 25 ans, je suis diplômée et je travaille sans difficulté. Mon rêve ? Peindre. Peindre mes émotions, ma joie, ma colère. J’ai une âme d’artiste».

Aicha est assistante sociale, son travail se fait dans le cadre d’un projet mis en œuvre par la fondation Noura, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Ce projet vise à renforcer l’accès aux services sociaux pour les détenues mineurs et les femmes en fin de peine carcérale. Elles peuvent ainsi bénéficier de cours d’alphabétisation, elles ont aussi accès à un suivi psycho-social et à une réinsertion socio-économique. Ces actions viennent s’inscrire dans l’esprit de renforcement des efforts déjà fournis par la Direction des Affaires Pénitentiaires et des Affaires Pénales (DAPAP) et la Direction de la Protection Judiciaire de l’Enfant (DPJE).
L’UNICEF est un des principaux organismes d’aide humanitaire et de développement pour les enfants, elle s’efforce d’améliorer la vie des enfants et de leur famille. Les droits de l’enfant commencent par un hébergement sûr, une bonne nutrition et la protection contre les conflits ou les catastrophes naturelles. Les soins sont donnés dès le début de la vie, avec des soins prénatals pour une naissance en bonne santé, cela continue avec des soins de santé tout au long de l’enfance et un accès assuré à l’éducation. L’organisation est implantée partout dans le monde.

(1) La Zina désigne l’adultère dans la loi islamique. Les relations hors mariage sont considérées comme un crime contre le principe de filiation car les enfants naturels engendrent confusion et chaos dans les lignages familiaux.

Source: UNICEF


Dors en Paix Cheikh

Difficile de reprendre la plume après une fin d’année 2015 endeuillée en Mauritanie par cet accident tragique survenu ce mardi 22 décembre et qui vous a couté la vie. Difficile de réaliser qu’on se ne parlera plus, qu’on ne se verra plus en réunion de bureau, en réunion générale du Club Des Jeunes Journalistes (dont tu étais le président), lors des conférences de presse et autres occasions à couvrir.

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Archive Mise en place du Club Des Jeunes Journalistes(CJJ) crédit photo AST

Cheikh, Voilà au temps de souvenirs forts de cette relation professionnelle tissée d’avantage au sein du club des Jeunes Journalistes mis en orbite le 14 février 2013. Un bébé qu’on a tous adopté , on est ccjiens tout simplement.
Avec le staff CJJ, que de moments partagés, de débats passionnant mais nécessaires menés pour acheminer à bord port ce navire dont tu étais le capitaine, « le président fondateur », une expression qui te faisait souvent rire, de ton sourire discret dont tu avais le secret.
Un des grands souvenirs de cette aventure humaine, c’est cette ambiance de coordination qui régnait  pour faire en sorte que chaque décision engageant ce club soit discutée comme dans une vraie démocratie. Un défis difficile qu’on a tenté de faire vivre tout au long de nos actions.
De toutes nos activités menées, je garde un coup de cœur pour le débat présidentiel, qu’on a tenté d’organiser pour réunir sur un même plateau en 2014, les candidats de la dernière présidentielle mauritanienne. Jusqu’à la dernière minute, on a cru pouvoir relevé ce challenge tant encouragé par des mauritaniens comme on l’a vu par l’écho médiatique de cet évènement. On voulait aussi pour cette circonstance, inviter les exemples de la démocratie, une idée que tu défendais sans cesse. Au finish, le plus important, c’est d’avoir porter cette ambition.
On s’est vu la dernière fois, le 6 décembre lors d’un atelier du Lions Club sur la responsabilisation de la jeunesse(le lendemain j’ai voyagé sur Dakar pour deux semaines) , j’étais loin d’imaginer que cela allait être la dernière fois que je te verrai, toi que j’ai photographiée ce jour là en compagnie de DJ à Wissal pendant une interview. Difficile de reprendre le rythme normal de la vie après cette immense perte. Le moral en berne.

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Archive réunion CJJ/crédit photo AwaSeydou

Tu es parti sitôt, prési après avoir songé plus de 2ans plutôt à la mis en place d’une structure regroupant les jeunes journalistes, une idée acceptée par tes confrères qui ont tous baptisé le 14fevrier 2013 ce bébé : Club des Jeunes Journalistes(CJJ). Un symbole de leadership des jeunes journalistes de Mauritanie dont tu étais une des voix.

Dormez en paix!!!


Voilà pourquoi le Nouakchttois n’aime pas la pluie

C’est le mois d’août ou mois de thio, thio (forte pluie au Mali), malgré tout la pluie peine à venir à Nouakchott. Pour moi habituée à l’hivernage ça fait bizarre. Je ne peux que m’étonner devant cette situation, qui est « normale » me disent mes amis mauritaniens qui se plaignent chaque année du manque de canalisations dans Nouakchott. Chaque fois que je relance ce débat climatique, Med me répète autour du thé  « awa pardon ! la pluie n’a qu’à arriver là-bas, pas ici » lance-t-il comme pour dire à la pluie de ne pas descendre, la peur est générale. La dernière fois que le ciel a fait des siennes ce fut terrible.

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crédit photo rimweb & Awa Seydou

Je me préparais à l’arrivée de la pluie comme au bon vieux temps. Il faisait chaud ce soir-là quand Nouakchott a reçu sa première dose de pluie dans la nuit de samedi à dimanche. Et depuis on a tous le regard rivé sur le ciel : pleuvra-t-il ou non ? La question est constante. La pluie effraie. Certains n’hésitent pas à dire  » si le ciel crache encore, on est foutu »,

A Nouakchott, quand la pluie tombe les ruelles sont inondées, des maisons abandonnées. L’eau stagne çà et là, des ruelles sont impraticables par voiture. Alors que la pluie s’est lâchée encore ce 12 août, les mouches envahissent nos maisons même de nuit.

Malgré l’inondation des voisins continuent à verser leurs eaux dans les rues déjà débordées. A l’aide de citernes, les employés de l’ONAS (Office national d’assainissement) tentent de capter ces eaux; une opération qui n’est pas toujours couronnée de succès, ainsi au marché aux poissons, l’eau et les ordures occupent toute la place des vendeurs.

Les intempéries ont pour conséquence : l’augmentation du prix des loyers en fonction des humeurs du propriétaire, le prix du taxi grimpe aussi, les bottes se vendent comme des petits pains (une paire à 1 200 Um soit 3,40 euros), et certains arrivent en retard au boulot alors que d’autres chôment à cause de l’eau.

Dans la capitale, beaucoup ont en mémoire l’année 2013, une année où les inondations ont fait beaucoup de dégâts. Depuis, la crainte est toujours là.


Le savoir parler

Beaucoup de Maliens se souviendront de cette journée où leur nouvel ambassadeur les avait conviés  ce 19 juillet à une rencontre comme  sous l’arbre à palabres du bon vieux temps. Chacun avait carte blanche pour dire ses problèmes en tant que Malien de l’extérieur afin que ses maux soient transmis à qui de droit et solutionnés .

Crédit photo
Crédit photo

La salle de l’ancienne maison des jeunes stylée, aux couleurs du Mali, avait refusé du monde. Il ne manquait juste que le thé du « grin » pour faire comme au pays, mais l’esprit était aux actes et non aux commentaires.

L’assistance qui avait sans soute beaucoup choses sur le cœur était difficile à gérer tant les sujets tels que la carte de séjour, le bilan du Haut Conseil des Maliens de Mauritanie, le permis de travail étaient des mots sensibles dont il fallait parler en toute objectivité et connaissance de cause.

Alors que certains tenaient à ce que les propos soient traduits en bambara, le vieux Maiga, 82 ans et très fier de ses 46 ans de séjour en Mauritanie s’adressa à ses compatriotes en montrant sa carte d’adhésion du Haut Conseil des Maliens.

Lassé peut être par le manque d’engagement de ses frères dans la vie associative le patriarche en boubou version malienne laissa éclater sa colère. Il prononça la phrase qui fit partir beaucoup de monde : « Vous n’êtes pas des Maliens, vous n’êtes pas des Maliens !!! » Il fallut un bon moment avant que la salle ne retrouve son calme.

Quelque soit x ou y, tout homme doit savoir parler avec respect à ses semblables.


Mauritanie : des bacheliers utilisent Whatsapp pour tricher

Ou quand les nouvelles technologies viennent au secours des cancres…

Au lendemain du début du Baccalauréat dans le pays des millions de poètes, c’est la tricherie des candidats par whatsapp qui fait laune des débats au tour du thé et sur les réseaux sociaux. L’heure est à la condamnation de cette de tricherie, une première du genre via ce logiciel de plus en plus utilisé par les jeunes branchés.

tricherie whatsapp/crédit photo Alakhbar.info
tricherie whatsapp/crédit photo Alakhbar.info

Certains n’ont ainsi pas hésité à envoyer la photo de leurs sujets à des proches pour obtenir de l’aide. D’où un déferlement de réactions : incompréhension, demande d’annulation du bac, preuve pour certains de la baisse du niveau des élèves ou du mauvais état du système éducatif… Voilà les propos chocs qui rythment cette affaire et qui me donne des maux de tête. E attendant de trouver un paracétamol.

Des petits génies de la paresse…

Je me demande comment on peut aimer la facilité à ce point : alors que certains bossent comme des fous durant toute l’année pour obtenir ce diplôme si précieux, d’autres – sans doutent des fêtards – attendent le jour J pour répondre aux épreuves par tricherie via un clic ou deux grâce à un  génie paresseux c’est sûr.

Ce scandale rappelle une fois de plus la nécessite d’interdire la présence de supports de communication dans des salles d’examens afin que l’homme soit opérationnel par lui même. Quand je passais le bac en 2001 au petit centre, je n’avais même pas un portable lors de mon examen, j’ai fait ce que j’ai pu et j’ai eu mon bac littéraire (Bac A). Une façon de dire que la machine ne doit pas tout faire tôt à notre place même en cette heure de portabilisation.


Le Sida a brisé ses rêves

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(Crédit photo : Sham Hardy, Flickr/CC)

Un mari infidèle et voilà une mère de famille condamnée par le sida, laissant deux orphelines derrière elle.

En ce lendemain de fête des mères, laisse moi saluer ton courage face à cette maladie incurable qu’est le sida. Je veux dire combien tu as été une bonne mère de famille qui inculquait des valeurs de solidarité, de partage, de tolérance à ses enfants. Tu as fait de ton mieux pour préserver ton foyer malgré les hauts et les bas. Voilà l’image que je veux que tes enfants gardent de toi, certes la maladie t’as vaincue au terme de nombreuses hospitalisations, le destin a en décidé ainsi, hélas… Une perte d’un être cher dont le sourire me procure une force inestimable.

Je leur dirai de ne point te juger car tu as tout fait pour mériter une vie de rêve, tranquille auprès d’un homme qui t’as marié très jeune. Comment des êtres rares comme toi partent si tôt ? Voilà une absence qui me ronge et qui nous a plongé dans une tristesse inexplicable.

Tu étais d’une bonté impressionnante, ton sourire était un air de bonheur, une joie de vivre bref une confidente inoubliable dont la vie a basculé quand elle apprit qu’elle avait le sida… Cette maladie du siècle a brisé le rêve d’une énième vie. Une femme d’une simplicité rare venait de prendre un coup dur, plus qu’un séisme, c’est toute une vie qui venait de fondre sous ses yeux, elle qui voulait tant voir ses enfants grandir. Je me souviens encore de ces moments où tu parlais de ces derniers que tu aimais avec toute l’affection d’une mère.

L’annonce de la maladie a été un choc d’une rare violence que tu as eu du mal à contenir les premiers années. Tu étais terrassée, bafouée dans ton honneur, dégoutée de la vie, impuissante face à la dureté de la nouvelle. Je me souviens que tu ne cessais de dire : « Pourquoi moi ? Pourquoi a t-il fallu que j’ai cette maladie qui a si mauvaise réputation, qu’ai-je fais au bon Dieu pour mériter un tel sort ?« . Voilà une question fracassante pour exprimer cette désolation, une injustice sans nom, un drame sans précédent pour cette dame dont le mari lui a transmis la maladie malgré ses mises en garde contre l’infidélité. Hélas, un conseil sans échos auprès de monsieur qui n’a pas pu s’empêcher d’aller voir ailleurs .

C’est de cet entêtement que le malheur est arrivé. Avec les mois et les années tu as dû apprendre à vivre avec la maladie malgré toi. Grâce à ta croyance, ta force de caractère, ton amour pour tes 2 enfants, au traitement (pour tout le reste de la vie hélas) et au fait que tu rencontrais d’autres individus dans ton cas à l’hôpital, tu me confiais ton désir de garder le moral pour offrir le meilleur de toi à tes enfants, surtout à ta première fille à qui tu étais énormément attachée. Malgré la peur du jugement de l’autre, tu apprenais à te battre de nouveau grâce à ton traitement.

Et puis un jour tu es partie sur la pointe des pieds à la suite d’une longue maladie, un départ rapide qui me laissera seule face aux murmure des dunes de sable qui me surnommait Sourakamousso (la mauresque) . Je veillerai sur tes enfants comme les miens au nom de ces années de confidences.


Mauritanie: Hommage à 16 Femmes d’exception

 J’ai été émue d’être retenue parmi les lauréates de Mauritaniennes d’Exception 2015. Une initiative de la Jeune Chambre de Commerce de Mauritanie qui depuis deux ans prime des femmes d’Exception dans la mouvance du mois de la femme à savoir mars. A l’annonce de la nouvelle je n’en revenais pas, ce fut vraiment une surprise , alors que je retenais ces derniers jours le 4 avril comme une soirée à couvrir à l’Ambassador j’étais loin d’imager que j’allais être parmi le lot de femme primée lors de cette soirée dinatoire où j’ai vu une des rare fois des femmes pionnières dans le domaine sportif, humanitaire, culture, entrepreneuriat, environnemental,  éducatif , citoyenneté et communication etc… dans une même retrouvaille.

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Remise trophée Femme d’Exception 2015

Pour ma part l’émotion était vraiment au rendez- vous au cours de cette soirée tenue en présence de la ministre mauritanienne de la jeunesse et des sports et son homologue malien. Ces femmes qui militent aussi pour une forte représentativité des femmes dans les sphères de décision représentent une démographie majoritaire où elles contribuent  qu’on le  veuille ou non à la marche de ce pays que mon papa m’ permis de découvrir en 2000. Je ne le dis pas par ce je suis femme,ou par ce je suis une mauritanienne de cœur non c’est par ce que c’est la réalité, même si les réalités sociales sont encore pesantes. Les femmes sont le pilier de la famille dans nos sociétés, de grands entrepreneurs,  bons gestionnaires en général une façon de dire que derrière tout grand homme se trouve une grande dame.

Vous n’allez pas peut être me croire, mais je ne me suis pas doutée une seconde que j’allais en faire partie, j’étais loin d’imaginer d’ailleurs que des gens penseraient à ma modeste personne qui côtoie ce pays depuis près 15ans . Une occasion de saluer ces anonymes qui ont proposé nom nom pour faire partie de ces femmes d’exception 2015, un honneur qui me va droit au cœur.Je me contentais de faire mon job celui d’informer dans les règles de l’art ou d’exprimer ma vision de citoyenne  à travers « Reines d’Afrique la Voix des femmes ».

A l’annonce du choix porté sur ma personne comme à la réception  du trophée j’ai eu des larmes , par ce qu’il m’est impossible de faire un pas sans penser à ma mère car elle m’a aidé à avancer dans la vie. J’aurai voulu  qu’elle soit pour continuer le challenge de la vie elle qui me défendait de ne pas pleurer bref elle tenait à ce que je sois forte optimiste que je suis réussisse tout comme mon papa qu’elle appelait affectueusement Traoré . Très émue, je lui ai dédié cette distinction elle qui a tant œuvré pour mon épanouissement . Pour moi, elle est une femme d’exception que je sentirai toujours présente, car elle fait partie de ces gens qu’on n’oublie pas.

Et puis une occasion rare pour moi de rendre un hommage exceptionnel à mon cher mari qui est une source de motivation qui m’appuie à l’ombre , remerciement à toutes ces personnes d’ici et d’ailleurs qui font que je me sens comme chez moi au Mali. Et puis au nom du panafricanisme et de la mondialisation voilà ces femmes d’exception honorée cette année par la jeune chambre de commerce de Mauritanie:

Tabara Gaye, professeur d’éducation physique

Maman Diarra, basketteuse

Djeinaba Touré, présidente de « Je m’engage »

Nedwa Moctar Nech, fondatrice de Mauritanie 2000

Simone Fatimata Ba, ancienne directrice des études à l’ENS/Nouakchott

Fatimata Ba, DREN de Nouakchott 2

Fatimétou Mint Abdel Maleck, maire de Tévragh-Zeina

Maimouna Mint Saleck, gérante du Village de la Biodiversité

Nancy Jones Abeiderrahmane, fondatrice de Tiviski

Zayda Bilal, gérante d’une auberge à Ouadane

Mariam Koita, fondatrice du restaurant La Familia

Djinda Bal, directrice de Butterfly

Manthita Tandia, médecin et gynécologue obstétricienne

Marième Diallo, fondatrice de l’Orphelinat Marième Diallo

Oumou Kane, présidente de l’AMAM

Amy Sow, artiste-peintre

Isabelle Fiadeiro (Portugal, artiste)

Awa Seydou Traoré (Mali, journaliste)