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Cameroun : vidons nos poubelles mentales et transformons nos ordures !

Autour de moi, trop de bavardages. Les forums camerounais sont saturés de ces concepts savants autour de Maurice Kamto, de Cabraal Libii, de Paul Biya ou de tel ministre qui défraye la chronique. Personne ou presque ne parle du vrai problème camerounais : l’employabilité. Et si nous allions fouiller dans les poubelles pour résoudre ce problème ?

La plupart des Camerounais pensent que la solution réside dans les postes de la fonction publique. Alors on débat sur l’équilibre régional, on discute sur le nombre de postes à répartir entre ressortissants des régions camerounaises. Oui, ceci est le Cameroun actuel… Le Cameroun d’avant.

Il faut penser au Cameroun de demain. Qui sera au trône en 2025 ? Cela ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse c’est combien de routes seront construites ? Combien de villes seront créées ? Viabilisées ? Modernisées ? Combien de hypermarchés seront visibles ? Combien d’entreprises ouvriront-elles dans les régions camerounaises ? Mais avant tout, combien de jeunes entre 25 et 35 ans seront employés ?

En 2018 au Cameroun, le déficit de la balance commerciale s’est creusé d’avantage, jusqu’à 1 292,8 milliards de Francs CFA, une augmentation de 120,5 milliards (+10,3%) par rapport à l’année 2017 (Source, Institut National de la Statistique). Les importations au Cameroun ont augmenté de 11%. Pourquoi ? Nous consommons même ce que nous pouvons produire, notamment le cure-dent ou encore le riz, qui fait d’ailleurs l’objet d’un scandale ces derniers jours au Cameroun.

Comment comprendre que 160 tonnes de riz sont à l’abandon dans les magasins de Yagoua et de Maga ? Il faut penser au Cameroun de demain. Il faut y penser de manière sage. Certes, il y’a beaucoup de choses à revoir, à refaire, à repenser (éducation, institutions, organisation territoriale, administration, politique, etc.), mais  en regardant simplement ce que nous consommons, voilà une source intarissable d’emplois.

L’usine nouvelle. L’inspiration vient de mes oncles.

Plastiques, verres, papiers, minerais, tout peut être recyclé.

crédit: dania.mondoblog.org

J’étais encore petit lorsque mon oncle « tonton Claude », m’avait emmené visiter son bureau au port de Douala. J’y avais découvert, pour la première fois, les poubelles qui transforment le papier en produit recyclable. L’an dernier en France, c’est mon autre oncle, « tonton Sam » qui m’a fait découvrir cette séparation des ordures dans sa commune. J’en parlais déjà ici à l’occasion de la Coupe du monde 2018. Dans certaines communes de France, il y a un bac pour les verres et les bouteilles, et un autre pour les papiers et les magazines. Le recyclage des ordures est une filière pourvoyeuse d’emploisElle fait partie de l’économie circulaire.

Que le Cameroun s’y mette, ici et maintenant !

Les nombreux diplômés camerounais ont ici l’occasion de se recycler. Recycler leurs diplômes théoriques et les mettre au service des déchets. A Douala, Kribi, Edéa, Garoua, et d’autres villes fluviales, la collecte des déchets marins est une activité à promouvoir. Une société camerounaise de collecte de déchets marins ? Pourquoi pas ? Alors que le ramassage des ordures est un vrai casse-tête pour nos municipalités, pourquoi ne pas demander à des initiatives privées d’investir dans la collecte, le tri, le traitement et le recyclage des ordures ménagères au Cameroun ? Il faut aussi recycler notre organisation urbaine. Aujourd’hui, tout est concentré sur Yaoundé et Douala. Dès que cet axe est obstrué, c’est tout le Cameroun qui est en panne. Que fait-on des villes comme Mbalmayo, Obala, Bafia, Meiganga, Lagdo, Kaelé, Mbanga, etc. qui peuvent permettre de bâtir de nouvelles métropoles avec des logements sociaux, des délocalisations d’entreprises et mêmes des édifices administratifs ? Oui, il faut sortir de la configuration coloniale du Cameroun. Le recyclage des ordures en est la clé.

Allons donc fouiller dans les poubelles.

Nos villes sont sales, nos villes sont des poubelles. Or, nous savons tous que les poubelles peuvent cacher des lingots d’or. Comme en 2018 en Corée du Sud, un balayeur peut trouver de l’or dans des poubelles. Certes les ordures sentent mauvais, mais elles sont bien le reflet de notre manque d’hygiène, de notre surconsommation, et de notre désorganisation. Les riverains du quartier Acacias, dans le 6ème arrondissement de Yaoundé n’ont de cesse de se plaindre des eaux souillées qui suintent le long de la route. On a pourtant construit une station de traitement des eaux souillées à côté. Mais la station ne bouge pas. Encore un segment d’employabilité mis en berne. Il suffit pourtant de regarder ce qui se passe au Japon. Pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, les médailles destinées aux athlètes du métal proviennent du recyclage des composants des appareils électroniques. De même, Les tenues des athlètes et officiels japonais seront confectionnées en matériau recyclé issu de vêtements usagés. 

Comme on le sait, « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Cette maxime d’Antoine Lavoisier (elle-même inspirée de Anaxagore), nous apprend la leçon de vie selon laquelle : « rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ». Les seules poubelles que nous devons vider sont donc celles de nos mentalités. Ce sont nos mentalités qui polluent les réseaux sociaux de leur bavardage inutile. Construisons le Cameroun à partir de ses déchets. C’est une niche d’employabilité. Dans la collecte, le tri, le traitement et le recyclage de nos déchets, il y’a de quoi sortir une bonne partie de notre jeunesse du cycle de la pauvreté. Cette jeunesse a besoin de routes pour se mouvoir, de transports décents pour se déplacer, de services sociaux à portée de main, de diplômes leur permettant d’être des opératifs et non des contemplatifs de leur vie économique. Oui, la vraie poubelle au Cameroun c’est celle de notre ego surdimensionné, porté sur l’affirmation bien futile de ce que «  je suis ceci, je suis cela ». L’artiste Koppo aime à dire que nous sommes « un pays des étiquettes ». Là où les gens sont stigmatisés par leur appartenance ethnique, linguistique, sociale, sexuelle, politique ou religieuse. Or, la seule chose qui devrait permettre à un Camerounais, d’être fier, c’est précisément d’être… camerounais. Allons donc fouiller dans nos poubelles. Nous y trouverons de l’or. J’ai dit !


Merci Ismaïlia !

Le Cameroun jouait ses matchs de groupe à Ismaïlia en Egypte, une ville située à 120 km de la capitale Le Caire. Ismaïlia est entre Port-Saïd et Suez, trois villes traversées par le fameux Canal de Suez, et cette coupe d’Afrique des Nations 2019 était une occasion de découvrir cette contrée étrange mais accueillante.

Ce billet a été publié originellement sur dania.mondoblog.org.

Contrée étrange par le comportement de ses citoyens, si accueillants et si méfiants en même temps. En arrivant à Ismaïlia, on a l’impression que tout le monde est policier. A la fois ceux qui portent la tenue et ceux qui sont en civil. La barrière de la langue était un vrai cauchemar. L’Egypte ne parle pas anglais comme c’était communément entendu, ni l’arabe conventionnel, mais un dialecte arabophone. Le seul traducteur qu’on avait dans notre équipe se nommait Ahmad, un flic qui a du chic, mais très vite porté par un zèle incompréhensible.

Le jour du match d’ouverture au Caire, Ahmad est supposé nous accompagner. Il nous impose une escale obligatoire chez son cousin restaurateur, avant d’évoquer le départ pour le stade. Nous traversons toutes les barrières de police, et nous tournons en rond. Ahmad parle aux policiers, mais au bout de 20 minutes, nous nous rendons compte que nous n’entrerons pas au stade international du Caire. La vérité est que Ahmad ne voudra pas qu’on y aille. Durant notre séjour, il avait oublié que nous étions des journalistes et était plutôt intéressé par le côté guide touristique improvisé. Du coup, certains de mes collègues et moi-même avons compris qu’il ne fallait pas compter sur lui pour passer un agréable séjour en terre égyptienne.

Par bonheur, je suis tombé sur Ahmed Rashwan, un chauffeur de taxi. Il baragouinait un français mélangé avec un peu d’anglais et d’arabe, mais a réussi à me convaincre de rencontrer son frère Mohamed et son neveu Marmoud. Mohamed m’a expliqué l’histoire du Canal de Suez et la fierté qu’ils ont tous à résider dans la région. Il s’exprime très bien en français, étant enseignant de français à la retraite. Il faut dire que tous ceux qui apprennent les langues étrangères ici sont privilégiés pour être traducteurs ou guides touristiques. Les 300 jeunes volontaires recrutés pour le stade d’Ismaïlia à l’occasion de cette coupe d’Afrique des Nations étaient pour la plupart des étudiants en langues. C’est une filière très demandée dans ce pays, et parler quelques mots de français ou d’anglais ouvre les portes de l’emploi à ces jeunes.

Avec Ahmed et sa famille. Crédit photo : Dania

Boda Bebo n’a pas cette chance. Ce jeune et son petit frère s’occupent du restaurant de leur papa dans la nuit. Il faut dire que l’habitude à Ismaïlia était d’ouvrir à 11h du matin et de fermer le lendemain à 3h du matin. Boda est devenu mon ami. Ne sachant pas parler anglais, il mettait souvent son application en marche pour espérer une traduction de l’arabe vers le français. Par moments, cette traduction très approximative le poussait à me demander des choses improbables comme « est-ce que tu veux du cannabis ? », alors qu’il me demandait simplement si je voulais du poulet épicé.

Avec Boda et son frère. Crédit photo : Dania

Les épices égyptiennes, parlons-en ! Cela a été le malheur de tous mes confrères camerounais dans cette ville. Les béninois, plus heureux, ont voyagé avec leur nourriture depuis le pays, ce qui a poussé ma consœur Christelle à aller se ravitailler auprès d’eux, car agacée par la nourriture locale.

Pourtant, à vue d’œil, tous les menus égyptiens donnent envie, surtout la quantité. J’ai eu droit un soir à un poulet entier, trois côtelettes de mouton, une portion de riz, une salade, et une boisson Soda à seulement 70 livres (2450 francs CFA, 3,75 euros). A Ismaïlia le coût de la vie n’est pas élevé, y compris les chambres d’hôtel.  Nous avons payé l’équivalent de 7000 FCFA (10,5 euros) la nuit, petit déjeuner compris. Certes, c’était des chambres avec double lit ou triple lit, mais le traitement était bon. Chez le barbier par contre, il fallait débourser 100 livres (5 euros) pour se faire beau. Le seul regret à Ismaïlia restera donc la saveur de la nourriture. Le Ndolè, le taro, le poisson braisé et tous les repas du Cameroun sont définitivement inégalables.

Crédit photo : Dania

Côté organisation de la CAN, il y avait une forte agitation lorsqu’il s’agissait de couvrir les matches du Cameroun, les conférences de presse et les entraînements. En tant que champion en titre, les matchs du Cameroun étaient très demandés, du coup, la presse camerounaise avait souvent du mal à accéder à ces événements du fait d’un certain nombre de restrictions. Les égyptiens eux-mêmes étaient les premiers à demander ces rencontres, y compris les volontaires et autres agents de sécurité qui désertaient souvent leurs postes lorsque les Lions Indomptables apparaissaient.

Ismaïlia est une petite ville comparée au Caire, à Alexandrie, Port-Saïd ou Sharm-el-Sheikh. Mais c’est une ville où les gens ont du cœur. Une ville dans laquelle, les hommes vous proposent de partager leur repas sans vous connaitre. Une ville dans laquelle vous voyez souvent « Welcome to Egypt » pour vous signifier que vous devez vous sentir chez vous. Une ville dans laquelle le propriétaire d’un hôtel prend sur lui de vous commander à un repas à 23h parce que son restaurant à lui est fermé. Une ville dans laquelle la simple évocation de votre nationalité camerounaise vous donne droit à quelques éloges. Une ville dans laquelle aucun acte raciste, xénophobe ou de rejet n’a été vécu durant notre séjour. Merci Ismaïlia !


Merci Ismaïlia !

Le Cameroun livrait ses matches de groupe dans la ville d’Ismaïlia en Egypte. Une ville située entre Port-Saïd et Suez, trois villes traversées par le fameux Canal de Suez. Ismaïlia est située à 120 km de la capitale Le Caire, et cette coupe d’Afrique des Nations 2019 était une occasion de découvrir cette contrée étrange.

Contrée étrange, par le comportement de ses citoyens. Si accueillants et si méfiants en même temps. A Ismaïlia, on a l’impression que tout le monde est policier. A la fois ceux qui portent la tenue, à la fois ceux qui sont en civil. La barrière de la langue était un vrai cauchemar. L’Egypte ne parle pas anglais comme c’était communément entendu, ni l’arabe conventionnel, mais un dialecte arabophone. Le seul traducteur qu’on avait dans notre équipe se nommait Ahmad, un flic qui a du chic, mais très vite porté par un zèle incompréhensible. Le jour du match d’ouverture au Caire, Ahmad est supposé nous accompagner. Il nous impose une escale obligatoire chez son cousin restaurateur, avant d’évoquer le départ pour le stade. Nous traversons toutes les barrières de police, et nous tournons en rond. Ahmad parle aux policiers, mais au bout de 20 minutes, nous nous rendons compte que nous n’entrerons pas au stade international du Caire. La vérité est que Ahmad ne voudra pas qu’on y aille. Durant notre séjour, il avait oublié que nous étions des journalistes et était plutôt intéressé par le côté guide touristique improvisé. Du coup, certains de mes collègues et moi-même avons compris qu’il ne fallait pas compter sur lui pour passer un agréable séjour en terre égyptienne.

Avec Ahmed et sa famille

Par bonheur, je suis tombé sur Ahmed Rashwan, un chauffeur de taxi. Il baragouinait un français mélangé avec un peu d’anglais et d’arabe, mais a réussi à me convaincre de rencontrer son frère Mohamed et son neveu Marmoud. Le frère lui s’exprime très bien en français. Du coup, il m’a expliqué l’histoire du Canal de Suez et la fierté qu’ils ont tous à y résider. De plus, Mohamed est enseignant de français à la retraite. Il faut dire que tous ceux qui apprennent les langues étrangères ici sont privilégiés pour être traducteurs ou guides touristiques. Les 300 jeunes volontaires recrutés pour le stade d’Ismaïlia à l’occasion de cette coupe d’Afrique des Nations, étaient pour la plupart des étudiants en langue.  C’est une filière très demandée dans ce pays, et parler quelques mots de français ou d’anglais ouvre les portes de l’emploi à ces jeunes.

Avec Boda et son frère

Boda Bebo n’a pas cette chance. Ce jeune et son petit frère, s’occupent du restaurant de leur papa dans la nuit. Il faut dire que l’habitude à Ismaïlia, c’était d’ouvrir à 11h du matin et de fermer le lendemain à 3h du matin. Boda est devenu mon ami. Ne sachant pas parler anglais, il mettait souvent son application en marche pour espérer une traduction de l’arabe vers le français. Par moments, cette traduction très approximative le poussait à me demander des choses improbables comme « est-ce que tu veux du cannabis ? », alors qu’il me demandait simplement si je voulais du poulet épicé. Les épices égyptiennes, parlons-en ! Cela a été le malheur de tous mes confrères camerounais dans cette ville. Les béninois, plus heureux, ont voyagé avec leur nourriture depuis le pays, ce qui a poussé ma consœur Christelle à aller se ravitailler auprès d’eux, car agacée par la nourriture locale.

Pourtant, à vue d’œil, tous les menus égyptiens donnent envie, surtout la quantité. J’ai eu droit un soir à un poulet entier, trois côtelettes de mouton, une portion de riz, une salade, et une boisson Soda à seulement 70 livres (2450 FCFA). A Ismaïlia le coût de la vie n’est pas élevé, y compris les chambres d’hôtel.  Nous avons payé l’équivalent de 7000frs CFA la nuit, petit déjeuner compris. Certes, c’était des chambres avec double lit ou triple lit, mais le traitement était bon. Chez le barbier par contre, il fallait débourser 100 livres (3500frs) pour se faire beau. Le seul regret à Ismaïlia restera donc la saveur de la nourriture. Le Ndolè, le taro, le poisson braisé, et tous les repas du Cameroun sont définitivement inégalables.

Côté organisation de la CAN, il y’ avait une forte agitation lorsqu’il s’agissait de couvrir les matches du Cameroun, les conférences de presse et les entrainements. En tant que champion en titre, les matches du Cameroun étaient très demandés, du coup, la presse camerounaise avait souvent du mal à accéder à ces évènements du fait d’un certain nombre de restrictions. Les égyptiens eux-mêmes étaient les premiers à demander ces rencontres, y compris les volontaires et autres agents de sécurité qui désertaient souvent leurs postes lorsque les Lions Indomptables apparaissaient.

Ismaïlia est une petite ville comparée au Caire, à Alexandrie ou Port Saïd et Sharm-el-Sheikh. Mais c’est une ville où les gens ont du cœur. Une ville dans laquelle, les hommes vous proposent de partager leur repas sans vous connaitre. Une ville dans laquelle, on vit à chaque fois « Welcome to Egypt » pour vous signifier que vous devez vous sentir chez vous. Une ville dans laquelle le propriétaire d’un hôtel prend sur lui de vous commander à un repas à 23h, parce que son restaurant à lui est fermé. Une ville dans laquelle la simple évocation de votre nationalité camerounaise vous donne droit à quelques éloges. Une ville dans laquelle aucun acte raciste, xénophobe ou de rejet n’a été vécu durant notre séjour. Merci Ismaïlia !


Fête des mères : peut-on recommander les bouillons cubes de Nestlé à nos mamans ?

En 2016, Nestlé annonce avoir vendu 65 milliards de portions fortifiées en Afrique de l’Ouest et du Centre, soit 100 millions de cubes dans 78 millions de ménages. Ce chiffre flatteur de la multinationale suisse pose question, alors que plusieurs rapports d’ONG alertent sur ces cubes, trop riches en sel et autres produits nocifs pour la santé. Nous avons été à Bonendale, à Douala (Cameroun), pour visiter l’usine de Nestlé.

Bonendalé est une localité du 4ème arrondissement de Douala. C’est un village-carrefour entre le département du Fako (Sud-Ouest), et celui du Moungo. Autrefois bastion touristique (activités de pêche, courses de pirogue, etc.), la localité a perdu un peu de sa superbe, jusqu’à l’installation récente de l’usine de Nestlé dans la zone. Ici, les produits laitiers et les cubes sont fabriqués. Le café quant à lui est simplement conditionné. Cela peut sembler étrange, surtout qu’à moins de 50 km de là dans le département du Moungo, se trouve le siège de la production du café camerounais. Nos interlocuteurs à Nestlé sont formels : « Le Cameroun n’est pas un grand consommateur de café. Seulement 3 tasses par personnes, là où certains pays d’Afrique de l’Ouest sont à 6 tasses par personne ». L’argument est donc économique. Créer une unité de transformation du café local est un investissement qui n’est pas en adéquation avec la consommation locale, et donc une perte. Ici, c’est donc le bouillon cube qui a le vent en poupe.

Le responsable culinaire de Nestlé Cameroun annonce que ce segment représente « 72% du chiffre d’affaires au Cameroun ». Le cube Maggi est la star des marchés. Le slogan disait d’ailleurs « Avec Maggi, chaque femme est une étoile », et du coup, les chiffres sont évidents : 65 milliards de bouillons culinaires fortifiés, vendus en 2016 en Afrique Centrale et de l’Ouest. Pourtant, ces bouillons culinaires ne sont pas toujours vus d’un bon œil par certaines ONG et professionnels de la santé. L’OMS alerte sur certaines questions, comme la portée en sels de ces cubes. Pour se défendre, la firme Nestlé a produit avec le Ministère de la Santé Publique au Cameroun, le « Guide du bon usage du sel : Protégeons notre santé, mangeons moins salé ». Le document rappelle les normes OMS en matière de consommation de sel. « Lorsqu’il est consommé à l’excès, le sel est à l’origine des maladies rénales et cardiaques chroniques », nous dit le guide. Il faut alors se demander si les bouillons de cube respectent ces normes. Tout est donc une question de dosage. Dans la fabrication du bouillon comme dans sa consommation. Nestlé est formel et recommande de ne plus ajouter de sel, lorsqu’on utilise un cube. Malheureusement, il se trouve que dans nos cuisines, les cubes et le sel continuent d’assaisonner ensemble nos repas.

Il faut alors regarder de près, la composition de ces bouillons. Le blogueur ivoirien Aly Coulibaly déclare : « Dans Maggi, il y a du mais, du manioc, de l’ail, de l’oignon, du piment, du clou de girofle, du sucre, du curcuma, de la livèche, de l’erka, de l’huile de palme, du glutamate, du fer etc. ». Dans sa lettre d’amour à sa Mémé, le blogueur explique que « L’ivoirien n’a pas la mesure du sel ». « Le sel iodé est l’élément de base dans les bouillons. La moitié de Maggi est du sel. Quand la proportion de sel dans la nourriture n’est pas mesurée, l’homme s’intoxique sans le savoir. »

Ce qui est valable en Côte d’Ivoire est valable au Cameroun. La recette est la même : oignons, sel, sucre, piment, poivre, glutamate, clous de girofle, et huile de palme raffinée. Mais comme ce sont des produits déjà transformés. Nous sommes un peu dubitatifs. La blogueuse Djeny Ngando décide de goutter chaque produit pour en avoir le cœur net. Lorsqu’elle tombe sur le piment mexicain, elle est en larmes. Il pique, il chauffe. Il lui faut une boisson absolument. Heureusement, sur la table, une tasse de lait Nido lui est rapidement servie. Elle prend donc conscience que le produit qu’elle vient de consommer est authentique. Il faut néanmoins avouer que tous les produits Nestlé font l’objet d’une critique permanente, car l’alimentation et la nutrition touchent à la santé. Dans ce registre, il nous est rappelé qu’il ne faut pas consommer « ni trop salé, ni trop sucré, ni trop gras ». Les produits Nestlé contiennent du sucre, du sel et du gras. Voilà pourquoi ils sont soumis à plusieurs tests de contrôle qualité et quantité. Voilà pourquoi en plus de vendre ses produits, Nestlé accompagne ses campagnes publicitaires de modules de formation des ménagères, de films éducatifs, et d’autres actions de promotion des bonnes pratiques. Cela dit, nous avons grandi en ce qui nous concerne en consommant ces produits (Cérélac, Nido, Nescafé, Maggi).

Ils inondent nos cuisines depuis toujours, et ce sont nos frères et sœurs qui travaillent dans ces usines. Peuvent-ils vraiment nous vendre des produits empoisonnés ? Produits qu’ils consomment eux-mêmes ? Peut-on recommander ces produits à nos mamans ? La réponse est oui ! D’abord parce que la Suisse (et notamment Lausanne et Zurich) c’est mon deuxième pays. Avec Nestlé, je laisse un peu flotter le drapeau de la Suisse dans mon cœur. Ensuite, je les consomme depuis des lustres.  De toute façon, je reviens de l’usine Nestlé avec un sac contenant tous ces produits. Le café, je vais le garder pour moi. Je vais quand même prouver à ces gens de Nestlé, qu’au Cameroun, il existe quelques consommateurs fidèles de Café. C’est la fête des mères, alors ma voisine qui a un bébé de 8 mois aura droit aux sachets de Cérélac. Le lait Nido sera donné à mon fils qui a 6 ans. Les bouillons de cube iront à ma mère pour qu’elle continue de me régaler avec ses plats extraordinaires.


Élève assassiné au Lycée Bilingue de Deido : tous coupables !

Le Cameroun se réveille choqué ce samedi après le meurtre du jeune élève du lycée bilingue de Deido, à Douala. La scène s’est déroulée le vendredi 29 mars dans l’enceinte de l’établissement scolaire, alors que les élèves prenaient leurs bulletins du deuxième trimestre avant le départ pour les congés de Pâques. Depuis ce drame, les questions fusent : « Qui blâmer ? Comment aurait-on pu éviter cela ? Comment en est-on arrivé là ? »

Les jeunes adolescents du Cameroun s’illustrent depuis quelques temps par des faits divers alarmants, surtout dans les établissements scolaires. Des élèves sont surpris en plein ébat sexuel, d’autres en train de consommer des stupéfiants, certains de plus en plus violents vis-à-vis de leurs camarades. On pourrait donc s’arrêter là en concluant qu’il ne s’agit pas de faits inédits ni isolés, que la violence scolaire est visible partout dans le monde, et qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un phénomène social.

Mais moi je dis non !

Trop c’est trop !

Nous sommes tous responsables et coupables de ce qui s’est passé au lycée Bilingue de Deido. Nous avons tous contribué à ce meurtre. Oui, le monde des adultes camerounais est devenu violent. La violence est présente partout au Cameroun. Dans les débats télévisés du dimanche, dans la bataille politique, dans les sphères religieuses, et par-dessus tout, dans les différents foras des réseaux sociaux. Nous avons appris le langage de la haine à nos enfants. Nous leur avons appris le langage de la séparation, nous leur avons appris le langage de la division et de la différence. L’école est supposée cultiver l’équité et le vivre-ensemble. Mais hélas, elle est devenue un laboratoire de l’échec social. Nos enfants vont à l’école pour être des citoyens, mais au contraire, ils se marginalisent. Ils savent que les parents veulent des notes. Alors ils nous offrent des notes. Ils récitent leurs cours, obtiennent des 19/20 et les parents sont contents. Pendant ce temps, sur le câble, le satellite et les réseaux sociaux, nos enfants sont devenus des fous ambulants. Leur langage est devenu celui de la jungle, et les parents observent. Les clips sont devenus de vrais cirques d’obscénité, mais les parents se taisent. Les parents veulent les diplômes, alors les enfants nous offrent ces diplômes, en trichant, qu’importe ! Les parents veulent les diplômes. Quand bien même ces diplômes ne permettent pas à ces enfants de formuler une phrase correcte, ou de respecter la concordance des temps, les parents veulent les diplômes. La course aux diplômes a fait oublier quelque chose de fondamental : le développement du jeune adolescent.

Nous avons oublié que jusqu’à l’âge de 18 ans, ces jeunes sont des enfants. La semaine dernière, une vidéo de filles mineures camerounaises se livrant à des pratiques sexuelles a circulé sur les réseaux sociaux. L’UNICEF a demandé l’arrêt immédiat du partage de ces vidéos qui semblait amuser certains adultes.

 

De même, il y’ a quelques années, une jeune fille de 14 ans environ, visiblement atteinte de troubles mentaux, s’est littéralement déshabillée dans un bus, et les adultes n’ont rien trouvé de mieux à faire que de filmer la scène et de la partager sur la toile. Voilà la société perverse dans laquelle nous plongeons nos enfants. Nous bafouons leur dignité, leur honorabilité, leur intimité. Quel pays voulons-nous bâtir si nous détruisons les mœurs  de nos mineurs ?

Il est plus que temps de sauver nos adolescentes et nos adolescents. Cela commence par la protection. La protection physique, mais davantage psychologique de ces êtres fragiles. Nous avons entraîné ces enfants dans un océan de précocité. Et pourquoi ? Parce que les distractions se font rares. Parce que récemment encore, une société brassicole a organisé une campagne de consommation de produits alcooliques à vil prix, et… les adolescents se sont précipités et personne ne s’en est indigné. Parce que les matchs de football à la télévision sont précédés par des publicités de boissons alcoolisées. Parce que les affiches et les banderoles se mettent à proximité des établissements scolaires. Parce que les élèves investissent les bars et les bistrots (parfois en tenue scolaire) et ils sont servis. Parce que les mineures commandent des whiskys et des liqueurs en boite de nuit, et personne ne leur demande la présentation de leur carte d’identité. Nous avons démissionné de nos valeurs. Nous avons fuis nos responsabilités. Nous n’inscrivons plus nos enfants dans les centres culturels et dans les bibliothèques. Au lieu de lire «  Le club des cinq » « Science et vie Junior » « Phosphore » ou « Okapi », des romans et magazines qui stimulaient notre croissance, ils lisent le langage ordurier et le verlan versés sur les publications des réseaux sociaux. Nous avons encouragé cela. Car l’école ne suffit pas (ou plus).

Certains m’ont fait le reproche depuis le temps de rester scotché à l’émission « LES COPS D’ABORD » qui rassemble des jeunes scolaires du Cameroun à travers un quiz de culture générale. Ils me disent : « Mais DANIA, qu’est-ce que tu fais tout le temps avec ces gamins ? Pense un peu à ta carrière. Une émission pour jeunes te rapporte quoi ? ». Oui, les émissions pour jeunes sont observées comme du folklore. Mais hélas, devons-nous abandonner cette jeunesse ? L’école ne leur apprend plus qu’ils doivent s’aimer, qu’ils doivent vivre ensemble, qu’ils doivent bâtir ce pays ensemble. L’école ne leur apprend plus qu’ils doivent cultiver une émulation saine. L’école ne leur apprend plus que les peuples du Cameroun sont plus ou moins liés par l’ancestralité, malgré les divisions apparentes. Non, l’école ne leur apprend pas tout. Alors nous faisons une activité bien nommée APPS, « Activité Post et Péri Scolaire », qui complète le travail des enseignants. Nous les emmenons se cultiver, connaitre le monde qui les entoure, nous leur apprenons à maîtriser leurs droits, à s’exprimer, à donner des opinions, à respecter des ordres, à s’engager pour être les leaders de demain. Voilà pourquoi, nous disons haut et faut : «  LES COPS D’ABORD », cops ici comme copains, ou comme cops, synonymes d’élèves et d’étudiants au Cameroun. Nous ferons une minute de silence le 4 mai 2019 au Palais des Sports, à l’occasion de la finale nationale du challenge interscolaire de l’émission « LES COPS D’ABORD ». Une minute de silence pour cet élève du Lycée Bilingue de Deido, mais aussi, pour tous les enfants victimes de violence au Cameroun. Les 16 meilleurs établissements scolaires du pays, les 16 finalistes qui seront à cet événement, seront là pour nous rappeler que ce sont les jeunes qui sont les leaders de demain. Alors, LES COPS D’ABORD !

J’ai dit !


Pour la vaccination, il ne faut surtout pas perdre le Nord

S’étendant sur près de 70 000 km2, la Région du Nord au Cameroun est voisine du Nigéria, du Tchad et de la Centrafrique.  Elle est composée de quatre départements (Bénoué, Faro, Mayo-Louti, Mayo-Rey). Cette région regroupe 15 districts de santé pour couvrir les activités sanitaires, notamment, la vaccination. A Djipporde, dans l’arrondissement de Lagdo, le lac offre une grande opportunité pour ne pas manquer les enfants.

Une phrase forte de l’UNICEF est à retenir : « La vaccination sauve deux à trois millions de vies chaque année. En protégeant les enfants contre les maladies graves, les vaccins jouent un rôle essentiel dans l’éradication des décès évitables d’enfants ». Voilà pour le principe, mais dans certaines régions du Cameroun, les cas de refus, le poids des traditions et les rumeurs sont un frein à la vaccination. Or, selon Monsieur Boukar, point focal comité régional de coordination et de suivi des activités du forum des gouverneurs dans la région du nord, « nous sommes toujours dans le cadre de la prévention, parce que nos voisins sont encore exposés au polio virus sauvage. La vaccination au plan clinique relève de la santé, mais plusieurs secteurs sont concernés ».

Les secteurs et les moyens d’action en l’occurrence. Autorités administratives, traditionnelles et religieuses sont les premiers qui exercent le plaidoyer auprès des populations. Dans cette région où les populations nomades sont nombreuses du fait de l’activité de l’élevage, les enfants manqués pendant les vaccinations sont nombreux. Il y’a aussi une conséquence directe sur les parents informés. Le seuil acceptable de parents informés est au moins de 95%, mais ce seuil n’est presque pas atteint, nous confie le point focal. Il faut donc doubler d’ardeur dans la sensibilisation de proximité, notamment par les relais communautaires et les agents de santé communautaires. Cette activité est appuyée par l’UNICEF afin qu’aucun enfant ne soit manqué lors des opérations de vaccination.

A Djipporde, localité située dans l’arrondissement de Lagdo, à 50 km de la ville de Garoua, la pêche est l’activité principale, en raison de la présence du lac. Alhadji Yaya Denis, le Chef du Centre de Santé de Djipporde annonce qu’en 2018, il y’avait une activité de vaccination une fois par mois au Lac. Cette année 2019, il est question d’en faire quatre par mois. Le lac réunit en effet la majorité des populations de Djipporde. On est sûr d’y rencontrer les parents, et notamment les mamans qui sont au marché qui est à proximité. L’agent de santé communautaire  Bayang Djaklessam a justement le lac pour zone d’action. Il suit les nettoyeuses de poissons ainsi que les commerçantes du marché pour ne pas louper les enfants qu’elles portent sur le dos. Il va aussi jusqu’à Lagdo-Centre, et prend la pirogue pour aller vacciner les enfants des iles voisines (Madagascar, Firabaga et Bakassi entre autres). Un parcours important, et nécessaire selon lui, pour ne pas perdre…le nord !


Je suis un camerounais qui se met à l’heure américaine sur les TV françaises

Voyage au cœur d’un weekend télévisuel, entre le rugby, le football et le Super Bowl sur la télévision française. Chronique d’un curieux zapping…

Vendredi.

Je guette le programme TV. La chaîne de télévision France 2 annonce la diffusion du Tournoi des 6 Nations 2019. Je n’aime pas le rugby. Je le trouve détestable, ennuyeux, et pas assez excitant. Mais ce n’est pas tout à fait vrai. J’aime le rugby des nations. Et plus encore, j’aime le rugby, quand des joueurs descendants camerounais y participent.

Pour Romain Ntamack, je décide de me connecter sur France 2. Il est 21h et le match ne commence pas. A la place, on a droit à une série sur les meurtres d’Agatha Christie. Canal+ Afrique – qui distribue les images de la chaîne publique française – a pris l’habitude de mettre des programmes de substitution quand la question des droits TV sportifs se pose. Je vais sur TV5Monde. Ici, c’est le championnat de France Ligue 1 qui se joue. C’est à 23h que TV5Monde diffuse le match de rugby, France-Pays de Galles, en… différé. Dommage, j’ai déjà le score, et la rencontre n’est plus d’aucun intérêt pour moi.

Samedi.

Je n’ai qu’une seule heure en tête. 21h. Reims affronte Marseille en match de Ligue 1. La rencontre sera diffusée en clair sur C8, tout comme sur Canal+Sport. J’ai le privilège de suivre la rencontre sur les deux chaînes. L’exercice est exaltant, car il me permet de suivre deux duos de commentateurs différents (François Marchal-Sidney Govou sur C8 et David Berger-Franck Sauzée sur Canal + Sport).  Et je découvre un gardien de buts phénoménal. Le sénégalais Edouard Mendy est l’homme du match. Je ne serai même pas surpris que le Sénégal le choisisse comme gardien titulaire à la Coupe d’Afrique des Nations, Égypte 2019. Il encaisse certes un but du camerounais Njie Clinton, mais empêche trois occasions nettes de buts aux phocéens. Marseille (mon club de cœur) perd encore, dans une soirée, où j’ai même sacrifié un rendez-vous galant pour prioriser la télécommande. Sommeil  amer, soirée triste.

Dimanche.

Lyon affronte Paris en Football. Pour tout supporter marseillais comme moi, c’est pas la plus belle soirée, car voilà les deux clubs qui nous devancent en performances depuis une décennie. Néanmoins, une partie de moi aime ces deux clubs. Lyon et Paris sont en effet deux villes dans lesquelles j’ai séjourné en France, mais ma préférence est absolument lyonnaise. Comme feu Marc Vivien FOE, je suis le lion de Lyon. Je me branche donc sur Canal + à 21h. En réalité, c’est pour mieux attendre 23h 55 pour me mettre à l’heure US sur TF1, mais la rencontre me fascine, d’autant plus que c’est la première défaite de Paris cette saison 2018-2019 en Ligue 1. Lyon l’emporte 2-1 et c’est jouissif !

Finale du Super Bowl 2019.

J’ai là une occasion en or de me venger de la déception de vendredi. A défaut du rugby, me voilà en train de regarder la finale du Football Américain (Super Bowl). J’avoue, c’est plus par curiosité qu’autre chose. En réalité, j’ai toujours cru que le rugby et le Super Bowl étaient le même sport. Que non ! La différence entre les deux disciplines est réelle. Les protections, les tailles des ballons, les pays pratiquants, le nombre de joueurs, etc.

L’heure américaine.

Quand il est 23h 30 à Yaoundé (et Paris en hiver), quelle heure est-il à Atlanta ? Il est 17h 30, donc je me mets au café. Six heures de décalage ce n’est pas évident. Il faut veiller toute la nuit pour être certain de ne pas manquer un show américain (Golden Globes, rencontres NBA, Oscars, Grammy Awards, Finale du Super Bowl). La finale du football américain se joue à Atlanta, et elle oppose les patriotes de la Nouvelle Angleterre (où il est 16h 30), aux Rams de Los Angeles (où il est 14h 30).

A minuit, TF1 lance le show :

Entre la présentation des équipes, notamment la star Tom Brady, le « serial winner » de New England, les records sont mis en évidence : 100 millions de téléspectateurs américains, 75.000 spectateurs dans le stade qui déboursent en moyenne 7.000 dollars la place, sans parler de 30 secondes de publicité qui valent 5.240.000 dollars.

Dans cette Amérique des apparences, il faut ajouter les deux frissons musicaux d’entrée de scène. Chloe et Halle, les deux protégées de Beyonce, et la diva Gladys Knight, qui entonne l’hymne des Etats-Unis avec quand même 8 récompenses aux Grammy Awards dans son escarcelle. 

A minuit 30 (18h 30 à Atlanta) la rencontre commence. Le premier quart-temps est serré. 0-0.

Pendant ce temps, je me balade sur Twitter. Les belges sont en colère. Là-bas, la chaîne TF1 est bloquée pendant le Super Bowl. Cela me rappelle le désarroi des africains pendant la Coupe du Monde Russie 2018, ou encore le Tournoi des 6 nations il y’a deux jours sur France 2. Heureusement, cette fois-ci, TF1 est accessible en Afrique, or en Belgique, «BBC et TF1 ont finalement décidé de bloquer ou de faire bloquer le signal sur toutes les plates-formes», selon le site Internet l’avenir, au profit de la chaîne payante Eleven. Le sport est une denrée précieuse. Si en plus, c’est un show américain, je peux comprendre le désarroi de mes amis belges. Sur le terrain, le deuxième quart-temps s’achève. Les patriotes mènent les rams de Los Angeles, 3-0.

C’est la mi-temps. Il est 2h 08 à Yaoundé (20h 08 à Atlanta). Le concert de la mi-temps est assuré pendant 13 minutes par Maroon 5, accompagné de Travis Scott et Big Boi. Spectacle insipide. On est loin des performances de Michael Jackson en 1993, Janet Jackson en 2004, Madonna en 2012, ou encore Justin Timberlake en 2018. J’ai eu la confirmation cette nuit que la musique américaine n’est plus celle des années 1980 à 2000, là où chaque mélodie était un frisson. Il est loin le temps où chaque nouvelle sortie aux Etats-Unis était un tube. A l’image de cette finale du Super Bowl, ce concert était terne et triste. Le Maroon 5 que j’ai vu est loin de ce qu’il m’avait proposé en 2016 avec le single « Don’t wanna know ».

3h 10 (21h 10 à Atlanta). Le score est de 3-3. L’un des plus serrés de l’histoire des finales de ce sport. Mais il faut au moins se réjouir du vocabulaire des dimensions du terrain. On parle des yards et non des mètres. 1 yard = 0,9144 mètre.  J’ai entendu parler aussi de sack (lorsqu’un quaterback se fait plaquer avec le ballon derrière sa ligne de mêlée avec une perte de terrain comme conséquence. Il y’ a aussi le touchdown (touché) de Sony Michel qui vaut 6 points. A 1 minute de la fin,  3 points supplémentaires scellent la 6ème victoire des Patriotes de Nouvelle Angleterre, et font ainsi de Tom Brady, le recordman absolu avec 6 Super Bowl remportés également à 41 ans. Il est 4h 05 à Yaoundé (22h 05 à Atlanta). J’ai tenu, je n’ai pas somnolé, je n’ai pas dormi.

Le weekend est terminé. Nous sommes lundi.


Quelques camerounismes. Partie 2.

Elles reviennent, ces expressions camerounaises. Ce français exotique que je vous mets au défi de comprendre. On appelle cela des camerounismes. Ce dialogue improbable entre une mère et son fils au sujet d’une porte coincée est un film à suspense…

  • Vraiment je ne me reproche de rien !
  • N’est-ce pas hein ?
  • Oui, je ne me reproche de rien ma mère.
  • Qui m’a alors fait comme ça ?
  • Ce n’est pas moi ooh Rémé . Je suis quitté de la maison à 16h.
  • Et tu es sortie dehors sans les clés ?
  • Sans les clés comment ? Nanou était dedans non ?
  • Quitte de là ! Et c’est Nanou qui coincé la portière de la maison ?
  • Moi je ne sais pas hein. Tu sais que ta fille marche déjà trop. Tous les jours, elle monte en haut là-bas chez les Théo. Je mise côté qu’elle est là-bas.
  • Fiche-moi l’air ! Tu veux dire qu’à 14 ans, elle a déjà quelqu’un sur elle ?
  • Mater, moi je te dis hein, depuis qu’elle a géanci, elle fait les manières.
  • Qui a alors coincé ma maison ? Donc je vais que dormir dehors ? J’attends votre père ici, il va vous traiter.
  • Moi quoi sur ça ? Pardon demande à ta fille comment elle fait avec la porte là.
  • Tu n’as même pas honte hein ? tu trahis ta sœur ?
  • Je ne la trahis pas, j’ai seulement moi dit la vérité.
  • Moi aussi j’ai sauf que dit ma part. Quand ton père va rentrer de ses alcools ça va chauffer.
  • Ah ça ! Ça va seulement cuire.


Android Night (La nuit Android)

Je suis subjugué, fasciné, conquis…

J’ai reçu la bande  dessinée camerounaise de deux auteurs : Darius Dada et Cédric Minlo…

Quand le monde est monde. Loin de ceux qui nous pourrissent les réseaux sociaux avec des polémiques nauséeuses pour se faire remarquer dans une sphère futile, celle d’un remue-méninge sans fondement. La toile camerounaise est remplie d’arrivistes, parvenus, intrus, de gens donneurs de leçons, moralisateurs mandatés par leurs intérêts cyniques. Bref, une toile entachée de profils inquiétants, proche de la maladie mentale. Passons !

Mais sur la toile camerounaise, fouillez et vous trouverez aussi des génies, des êtres d’exception. Darius Dada, en fait partie. En 2016, il était parmi les photographes retenus pour la Coupe d’Afrique des Nations Dames au Cameroun. Et sa générosité était telle qu’il partageait ses photos avec nous sur son mur Facebook. Oui, Darius ne réclamait pas ses copyrights. Il nous faisait un reportage photo, qui me permettait, moi, qui étais en Europe, de suivre le pays avec lui. J’ai utilisé ses photos pour animer le hashtag #YesWeCan2016, hashtag qui nous contait la belle histoire des Lionnes Indomptables du Cameroun avec leur public.

Et comme par hasard…

20 Septembre 2018. Les Lionnes Indomptables sont en demi-finale du Tournoi de Football Féminin de la COSAFA (Afrique Australe). Elles affrontent le Ghana.

 

Pendant que Ngo Mbeleck délivrait le Cameroun avec son but victorieux, je reçois un colis extraordinaire. Je tombe sur une BD et un dossier de presse. Darius Dada et Cédric Minlo me dédicacent tous les deux leur ouvrage. 52 pages d’une bande dessinée camerounaise, imprimée sur papier glacé aux éditions Waanda Stoudio. Un ouvrage drôle, bien écrit, « un univers de rencontres, ce pot-pourri de personnes d’allures et d’extraction différentes, en quête d’une aventure » selon la note de l’éditeur.  On y parle de Yaoundé, avec un récit qui nous parle de ces gens connectés, ces gens « Android ».  La jeunesse branchée de la capitale camerounaise (Mengo et Lynchie) est mise en lumière, avec le « camfranglais », l’argot du Cameroun. La bande est tellement connectée qu’un code QR nous permet d’y accéder.

Voilà donc le choc de ma journée. Deux auteurs ont pensé me livrer le secret de leur créativité et de leur imagination. Deux jeunes camerounais, qui ne sont pas dans les polémiques inutiles, dans les débats creux, dans les disputes politiques ennuyeuses, dans les débats sans saveur. Mon Android Night a commencé. Et je vais lire la BD jusqu’au bout. Mieux, Darius et Cédric. Sachez que « Android Night » sera le titre d’un épisode de ma future émission TV. Oui, chers auteurs, avec vous, je peux affirmer déjà : #YesWeCan2019


Le Cameroun ou la France ?

Nwal-Endéné “Endy“ Miyem, Olivia Epoupa et Diandra Tchatchouang sont des françaises d’origine camerounaise. Trois joueuses que la France adule, et que le Cameroun admire à distance. Elles portent le maillot de l’équipe de France de Basketball. Et moi, je n’ai que mes larmes…

Le Cameroun aurait pu être à cette compétition, mais ce sont les équipes de Basketball sénégalaises et nigérianes qui représenteront l’Afrique à la coupe du monde FIBA féminine 2018 en Espagne. C’est d’autant plus dommage que le Sénégal et le Nigéria qui représentent le continent africain, dominent la scène continentale depuis au moins 3 ans. En 2015, les Sénégalaises sont venues battre le Cameroun à domicile en finale de l’Afro Basket 2015. Il est donc clair que les couleurs camerounaises ne brillent pas dans les championnats mondiaux.

Farnce-Cameroun du Sport( By DANIA EBONGUE)

C’est alors qu’on s’attarde sur trois patronymes : Miyem, Epoupa, Tchatchouang. Trois patronymes qui ont la résonnance de la forêt, de la côte et des hauts plateaux du Cameroun. L’équipe de France féminine de Basketball a en son sein trois joueuses originaires d’un pays où le Basketball féminin se cherche encore. Cette équipe de France, deux fois titrée championne d’Europe (2001, 2009), médaillée de bronze aux Jeux Olympiques de 2012 peut se targuer d’avoir comme capitaine, Nwal-Endéné Miyem justement.

Il est vrai que ces braves dames doivent tout à la France de leur enfance, la France de leur formation, la France de leur professionnalisation, la France de leur titularisation, la France de leur consécration. Bref, elles ne doivent rien ou presque au Cameroun. Un peu comme Umtiti et Mbappè (champions du monde en football), Bruno Ngotty (buteur et vainqueur de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe en 1996 avec le PSG), Earvin Ngapeth (double vainqueur de la Ligue Mondiale de Volleyball, champion d’Europe en 2015), Gévrise Emane (plusieurs fois championne du monde et d’Europe de judo), Adrien Dipanda (champion du monde 2017 de handball), et bien d’autres. 

On a dans tous ces noms camerounais qui évoluent pour la France, un double sentiment de fierté et de frustration. Comment de tels talents ont pu échapper au Cameroun ? Pourquoi c’est la France qui déniche ces perles qui portent du sang camerounais ? Comment expliquer que l’Hexagone réussisse plus facilement à ces athlètes que leur pays d’origine ? Est-ce le fait de nos infrastructures ? Le fait de nos médias qui ne valorisent pas assez nos sportifs ? À qui la faute ? 

En tout cas, derrière ces trois joueuses, lorsqu’elles apparaissent à l’écran, des familles camerounaises vont jubiler et s’exclamer : « Voilà ma cousine ! Voilà ma nièce ! », même si la cousine ou la nièce a un passeport différent. Après tout, que ce soit le Cameroun ou la France, la seule couleur identique aux deux pays est le rouge. La couleur du sang, comme par hasard.


L’histoire du pain-saucisson

Une affaire sordide de saucisson. Un vrai coup tordu. 

C’est jour de rentrée scolaire au Cameroun. Je me souviens que lorsque j’étais élève au CP, à l’école publique bilingue du GMI à Bamenda, j’avais un camarade, devenu ami et frère, nommé Ekotto Ekotto Romain Philippe. Un gars brillant. Nous étions concurrents, parce qu’il était premier et j’étais deuxième. Et quand j’étais premier, il était deuxième. Au CE1, Romain et moi avons été ex æquo au moins trois fois. Je suis EB et lui EK. Je suis donc premier par ordre alphabétique. Romain ne le digère pas et il sera premier jusqu’à la fin de notre cycle scolaire. Frustré, je me suis alors demandé : « Comment fait-il pour être tout le temps premier » ? Je compris dès lors que la réponse se trouvait dans son goûter. Oui, Romain était un enfant « bobo », une voiture le déposait chaque matin à l’école tandis que nous venions à pied. Nous écumions les quartiers de Bamenda à pied, alors qu’il profitait d’une vie dorée et climatisée à « Up Station ». 

Son secret ? Le pain saucisson. Oui, il avait un sandwich salé, avec du beurre et du saucisson. Rien que ça ! J’ai mordu ce pain lors d’une récréation, et, le temps d’une digestion rapide et éphémère, je me suis mis à maudire mes parents pour le côté rustre de mes pauses, sans pain-saucisson. Je trouvais cela bizarre de me contenter de beignets, de galettes, descroquettes et autres coquetteries insipides qui agressaient mon auguste palais. Je voulais désormais le pain saucisson de Romain. C’était une question de vie ou de mort. Alors je suis allé agresser ma mère qui était morte de rire : « tu veux te complexer pour une histoire de saucisson ? Va poser ce problème à ta grand-mère ! ». Ah, oui, ma grand-mère ! J’avais oublié qu’elle travaillait au port de Douala. Elle recevait donc des produits de luxe tous les mois, notamment l’illustre charcuterie. Mais j’avais aussi oublié qu’elle était venue un soir avec un saucisson pour moi. C’était tard le soir, le saucisson avait donc fini dans le congélateur. Mes oncles n’avaieant pas apprécié qu’un enfant de mon âge reçoive un tel présent, du coup, dès le lendemain matin, plus de saucisson dans le congélateur. Mes tontons n’avaient visiblement pas de pitié pour moi. J’étais en vacances à Douala et j’allais retourner bredouille à Bamenda. Je n’avais par conséquent pas la possibilité de dire à Romain : « Tiens, j’ai mangé du saucisson chez ma grand-mère ». Une défaite de plus. Déjà je le trouvais mignon et brillant… et il fallait en plus que je sois humilié par son saucisson ? J’entrepris alors un plan : un jour je m’offrirai mon propre saucisson. Ce fut chose faite des années plus tard, à l’occasion de mon premier salaire.

Je me souviens que lorsque j’étais étudiant, mon camarade Priso Dibango nous avait déclaré qu’il était adventiste et que sa religion lui interdisait de consommer de la viande de porc. Je fus donc très surpris de le voir consommer allègrement du saucisson de porc lors des rencontres sportives après les matchs de Football. « Mais gars, tu es conscient que tu es en train de bouffer du porc ? » lui avais-je demandé. Je me souviens encore de sa réponse : « Gars, laisse-moi ! Je sais. Je reste adventiste, mais je mange du saucisson ». Fin du débat.

Priso n’est pas le seul à comprendre la valeur du saucisson. Mon neveu, qui était en maternelle, avait débarqué un soir et avait déclaré à mon frère Philbert : « Papa, la maîtresse m’a dit de ne plus venir avec le pain-chocolat en classe. Elle préfère quand je viens avec du pain-saucisson » ! Oui, même les maîtresses d’école attendent les goûters de nos mômes de pieds fermes. Alors soyez généreux ! Faites du pain au saucisson pour les enfants. Faites-le !

 


Le sein est pris

Au Cameroun, seuls 28% des enfants sont allaités exclusivement au lait maternel pendant les six premiers mois de leur vie. Pourtant l’eau et les autres aliments ne sont pas nécessaires dans les premiers mois de la vie. L’Unicef, l’OMS et la firme Nestlé l’ont rappelé aux journalistes, aux sages-femmes et aux travailleurs camerounais lors de la semaine de l’allaitement maternel.

Un enfant qui prend une alimentation saine dès sa naissance est armé contre les maladies et contre le retard mental, il est ainsi équipé pour le meilleur développement possible. C’est en substance ce qu’on pourrait retenir des propos de Jacques Boyer, représentant de l’Unicef au Cameroun, lors d’un entretien accordé à la journaliste Nadège Christelle Bowa.

Les chiffres repris par la presse cette semaine nous disent que 31,2% des enfants camerounais ont bénéficié de l’allaitement précoce en 2014. Selon l’OMS : « Cette manière de procéder permet à l’enfant de recevoir le colostrum (« premier lait »), riche en facteurs de protection ». Malheureusement, le taux de malnutrition chronique au Cameroun est 31,7% avec un pic élevé dans différentes régions, notamment dans le nord du pays. 

Pour combattre ces chiffres mis en exergue par les organisations onusiennes, certaines firmes ont décidé de se mêler à la lutte contre la malnutrition. Pendant cette Semaine Mondiale de l’allaitement maternel, Nestlé Cameroun a lancé la deuxième édition de sa campagne « L’allaitement, ça nous concerne tous » à travers une série de sensibilisations à l’égard des sages-femmes, du personnel de ses distributeurs partenaires, mais aussi de son propre personnel.

Au total, ce sont 202 sages-femmes ont été sensibilisés par des professionnels de la santé, dans les villes de Douala et Yaoundé à l’occasion de deux symposiums scientifiques sur le rôle crucial que l’allaitement maternel joue dans la croissance et le développement des bébés.

L’entreprise Nestlé a aussi associé son personnel à l’exercice dans le but de promouvoir l’allaitement maternel au travail. Pour l’essentiel, il s’agissait d’inviter les conjoints, les collègues et amis, à encourager les mères à allaiter exclusivement jusqu’à l’âge de six mois, et à continuer d’allaiter jusqu’à deux ans et au-delà, tel que cela est recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé.  Car beaucoup de femmes sont complexées à l’idée d’allaiter, de sortir leur sein en public, ou encore elles pensent que l’allaitement est un frein aux rapports sexuels, ou pourrait détériorer la fermeté des seins.

Les experts nous rassurent qu’il n’en est rien. Lorsque le sein est pris (le Saint Esprit !), on est plongé dans le mythe religieux de la mère (Marie, Isis) qui porte l’enfant (Jésus, Horus). Lorsque le sein est pris, la relation mère-enfant est renforcée. Lorsque le sein est pris, la confiance psychique est établie. Lorsque le sein est pris, la malnutrition est évitée. Lorsque le sein est pris, les enfants sont en bonne santé.


France-Argentine. Le match des médias français

Après avoir suivi l’élimination du Sénégal en direct sur RFI ,  j’ai voulu savoir comment les médias français avaient analysé le match France-Argentine pour la huitième de finale de la Coupe du Monde 2018.  Avant-match, retransmission et fin de match. Ecoutez la passion et l’émotion des médias (radios, TV et Twitter).

Ce billet a initialement été publié sur dania.mondoblog.org.

Il m’a d’abord fallu recenser les radios françaises qui diffusent la Coupe du Monde : RFI, France Inter, France Info, RTL, ou encore Europe 1. En attendant, coup de télécommande rapide sur TF1 : ici, la composition de l’équipe argentine est passée au scanner par les journalistes et les consultants. Nous sommes à 51 minutes du coup d’envoi mais les pronostics vont bon train. Tous ceux qui sont sur le plateau annoncent une victoire de la France ! Le match n’a pas encore commencé mais c’est déjà comme si on y était déjà…

 

Zapping radio ensuite : RMC pour commencer

Accélération de Mbappé et pénalty pour la France. Antoine Griezmann ouvre le score ( 1-0) à la 13ème minute.

Allons revoir ce premier but sur le compte Twitter de TF1 :

Pendant ce temps sur RFI, le match continue : la France domine et les argentins multiplient les fautes. Lionel Messi et ses compagnons semblent éteints sur la pelouse. Jusqu’au moment de la 41ème minute où Di Maria rappelle aux français qu’il connait Paris, qu’il connait la France. Réaction sur RFI :

Puis 2-1 pour l’Argentine dès la reprise (47ème minute)

Décidément, cette rencontre est un vrai match, du beau jeu, un huitième de finale fabuleux ! Il était prédit qu’on vivrait du suspens jusqu’au bout : 2-2 partout, le suspens est à son comble, tout le monde est aux aguets. L’égalisation française signée Pavard rend les journalistes de RMC, complètement hystériques.


Commence alors le show de Kylian Mbappè 

Deux buts venus de nulle part… RFI nous rappelle que ce jeune joueur n’a pas encore 20 ans, au moment où il inscrit le 3ème but de la France. A ce moment du match, c’est la France entière qui s’emballe !

 

Le 4ème but, qui crucifie les argentins
Et paf ! Le but assassin ! Le 4ème but, qui crucifie les argentins. Kylian est stratosphérique ! RMC et TF1 sont alors dans une autre dimension, on les écoute et on se retrouve sur une autre planète.

Lorsque Eurosport parle de Mbappé Président, on comprend alors que c’est toute la France qui est dans la démesure. Un délire national !

L’enthousiasme est tel que lorsque l’argentin Aguero réduit le score à 3-4, les journalistes de RMC évoquent le but en chantant presque, plus rien n’a d’importance ! La fin du match est surréaliste. La France  victorieuse remporte le match.


Et Maintenant, l’après-match

La réaction de Paul Pogba sur France Info.


Sur RTL, suite de la réaction de Paul Pogba !

Marquer du nez, des oreilles, de la bouche… peu importe l’important c’est de marquer, nous dit Paul Pogba.

 

Place aux quarts de finales désormais. On anticipe déjà la suite…

Europe 1 se soucie du prochain adversaire des bleus. En plus Matuidi sera absent pour la France, alors qui jouera ? Pas le temps de souffler, c’est comme si on était déjà reparti sur le terrain !


En tout cas, après ce match fou contre l’Argentine, une chose est sûre : la France est bel et bien dans sa Coupe du monde. A fond les ballons ! Avec ses joueurs mais avec ses médias aussi ! Rendez-vous donc avec les ballons et les micros pour le quart de final contre le Portugal ou l’Uruguay, vendredi prochain à Nijni Novogrod !

 


France-Argentine. Le match des médias français

Après avoir suivi l’élimination du Sénégal en direct sur RFI ,  j’ai voulu savoir comment les médias français avaient analysé le match France-Argentine pour la huitième de finale de la Coupe du Monde 2018.  Avant-match, retransmission et fin de match. Ecoutez la passion et l’émotion des médias (Radios, TV et Twitter).

Il m’a d’abord fallu recenser les radios françaises qui diffusent la Coupe du Monde : RFI, France Inter, France Info, RTL, ou encore Europe 1. En attendant, coup de télécommande rapide sur TF1 : ici, la composition de l’équipe argentine est passée au scanner par les journalistes et les consultants. Nous sommes à 51 minutes du coup d’envoi mais les pronostics vont bon train. Tous ceux qui sont sur le plateau annoncent une victoire de la France ! Le match n’a pas encore commencé mais c’est déjà comme si on y était déjà …

 

Zapping radio ensuite : RMC pour commencer

Accélération de Mbappé et pénalty pour la France. Antoine Griezmann ouvre le score ( 1-0) à la 13ème minute.

Allons revoir ce premier but sur le compte Twitter de TF1 :

Pendant ce temps sur RFI, le match continue : la France domine et les argentins multiplient les fautes. Lionel Messi et ses compagnons semblent éteints sur la pelouse. Jusqu’au moment de la 41ème minute où Di Maria rappelle aux français qu’il connait Paris, qu’il connait la France. Réaction sur RFI :

  • Puis 2-1 pour l’Argentine dès la reprise (47ème minute)

Décidément, cette rencontre est un vrai match, du beau jeu, un huitième de finale fabuleux ! Il était prédit qu’on vivrait du suspens jusqu’au bout : 2-2 partout, le suspens est à son comble, tout le monde est aux aguets. L’égalisation française signée Pavard rend les journalistes de RMC, complètement hystériques.

Commence alors le show de Kylian Mbappè 
Deux buts venus de nulle part… RFI nous rappelle que ce jeune joueur n’a pas encore 20 ans, au moment où il inscrit le 3ème but de la France. A ce moment du match, c’est la France entière qui s’emballe !

Le 4ème but, qui crucifie les argentins
Et paf ! Le but assassin ! Le 4ème but, qui crucifie les argentins. Kylian est stratosphérique ! RMC et TF1 sont alors dans une autre dimension, on les écoute et on se retrouve sur une autre planète.

Lorsque Eurosport parle de Mbappé Président, on comprend alors que c’est toute la France qui est dans la démesure. Un délire national !

L’enthousiasme est tel que lorsque l’argentin Aguero réduit le score à 3-4, les journalistes de RMC évoquent le but en chantant presque, plus rien n’a d’importance ! La fin du match est surréaliste. La France  victorieuse remporte le match.

Et Maintenant, l’après-match

La réaction de Paul Pogba sur France Info.

Sur RTL, suite de la réaction de Paul Pogba !

Marquer du nez, des oreilles, de la bouche… peu importe l’important c’est de marquer, nous dit Paul Pogba.

Place aux quarts de finales désormais. On anticipe déjà la suite…
Europe 1 se soucie du prochain adversaire des bleus. En plus Matuidi sera absent pour la France, alors qui jouera ? Pas le temps de souffler, c’est comme si on était déjà reparti sur le terrain !

En tout cas, après ce match fou contre l’Argentine, une chose est sûre : la France est bel et bien dans sa Coupe du monde. A fond les ballons ! Avec ses joueurs mais avec ses médias aussi ! Rendez-vous donc avec les ballons et les micros pour le quart de final contre le Portugal ou l’Uruguay, vendredi prochain à Nijni Novogrod.

 


J’ai suivi le match Sénégal-Colombie sur RFI et je suis complètement abasourdi

Pour la première fois depuis 1982, aucune équipe africaine ne participera au second tour de la Coupe du monde de football. L’Afrique avait placé tous ses espoirs sur les Sénégalais mais hier les Lions de la Téranga ont été éliminés.

Ce billet a été initialement publié sur dania.mondoblog.org.

Les Sénégalais partageaient la première place du groupe H avec les Japonais mais comme ils ont reçu plus de cartons jaunes qu’eux depuis le début de la compétition, cela leur a coûté leur place en huitième de finale. J’ai suivi la rencontre sur la radio mondiale, avec des amis partout dans le monde. Mardi 28 juin 2018. Encore un jour triste.

Au début de la rencontre, un Lion Indomptable encourage Les Lions de la Téranga.

Samuel Eto’o et d’autres camerounais étaient derrière le Sénégal.

Depuis Montréal au Canada, mon ami Steve Djouguela lui aussi s’est connecté sur la rencontre.

Steve Djouguela à Montréal. Crédits photos- Steve Djouguela

Il écrit dans un forum : « Tous avec les Gaindés. Je reçois les images grâce à une box que me procure un Marocain et qui me permet d’avoir un maximum de chaînes en clair » dit-il avec fierté. Pendant ce temps, RFI retransmet le match. On regarde, on écoute. C’est alors que le tournant de la rencontre arrive : penalty refusé pour le Sénégal ! A Montréal, Steve réagit : «  Penalty logiquement refusé mais le Sénégal garde la main sur le jeu et je suis confiant ». A ce moment précis, Steve est bien l’un des rares camerounais et africain à trouver la décision de l’arbitre logique. Sur RFI, les commentateurs pensent autrement :

Jusque-là le Sénégal est encore qualifié. Tant que la Colombie ne marque pas…
A la mi-temps de la rencontre, le correspondant de RFI à Dakar, décrit la situation depuis le Sénégal.

Mais les fins de matchs de cette Coupe du monde 2018 sont décidément tragiques pour les équipes africaines. Elles le sont surtout avec les équipes sud-américaines. Le 15 juin, l’Uruguay assomme l’Égypte en fin de match (1-0), même chose pour l’Argentine face au Nigéria (2-1) mardi 26 juin. Et maintenant, le Sénégal aussi tombe : 1-0 pour la Colombie !

Commence alors le temps des calculs pour se rassurer  : si le Japon (qui est mené 1-0 face à la Pologne) prend un 2ème but…  Si le Japon prend plus de cartons… Si, si, si. Mais rien ne changera. Le Japon a un nombre de cartons moins élevé que le Sénégal, le Sénégal est donc éliminé.


Pour la première fois depuis la Coupe du Monde 1982 qui avait eu lieu en Espagne, l’Afrique n’aura aucun représentant en 1/8ème de finale.

Habib Beye s’exclame :


Mais l’issue est forcément décevante, choquante : les Lions ont perdus. On sentait même une pointe de déception du côté des reporters de RFI qui étaient pro-africains, pro-sénégalais. Il y avait de la passion et de l’émotion sur les ondes de la radio mondiale ! Hier, l’Afrique portait un seul drapeau et une seule nationalité, celle des Lions de la Téranga. On aurait aimé vivre encore toute l’émotion des matchs avec eux, mais la Coupe du monde abordera les huitième de finale sans le Sénégal et sans l’Afrique. Il nous faudra désormais nous consoler avec les pays aux bi-nationalités africaines : la France, la Belgique et la Suisse. Alors, qui soutenez-vous ?