DANIA EBONGUE

Pourquoi je m’appelle DANIA et je ne suis pas une fille.

C’est comme un jour où il faut recadrer les choses, car la méprise est souvent de taille dans notre monde. Pas qu’une simple méprise d’un nom, surnom ou prénom, mais la méprise d’une véritable identité remarquable. La mienne d’identité n’est justement pas remarquable. Je suis DANIA, ça sonne comme ça, en majuscule, parce que c’est un nom et c’est un prénom. Beaucoup m’ont posé cette question : « Mais DANIA, ce n’est pas une fille ? Où est-ce que tes parents sont allés chercher cela ? ». Je suis toujours amusé par cette question, comme si je savais ce qui se trimait dans la tête de ma mère, ou plus exactement de ma tante, puisque c’est elle qui était face à l’officier d’état civil. La vérité c’est que j’ai toujours grandi avec ce nom/prénom, fruit de plusieurs versions plus ou moins incohérentes sur l’origine de cette appellation.

Moi, en 1996 au Lycée Bilingue d'Application
Moi, en 1996 au Lycée Bilingue d’Application

1-    DANIA, et non Damien.

Ma tante, le Docteur Ndo Ndiki Régine Marlyse de l’université de Douala, avait regardé un film et s’était éblouie de ce prénom Damien, personnage dudit film qui l’avait marquée. Voilà pourquoi j’aurais porté ce nom, parce que l’officier aurait entendu DANIA et non Damien.

Moi, dans la maison familiale en 1993.
Moi, dans la maison familiale en 1993.

2-    DANIA, et non Dina.

Comme on le sait, je suis Duala, même comme je n’aime pas la ville de Douala. Mon feu grand père m’avait dit une fois : « Pourquoi tu te casses la tête ? Tu es un Prince de Bali, et chez nous, les princes n’ont pas forcément les prénoms judéo-chrétiens. DANIA est une ancienne appellation Sawa de DINA. Tu t’appelles donc DANIA, petit-fils de EBONGUE ». On dirait donc plus exactement, « DINA’A EBONGUE ».

Moi en 2008
Moi en 2000

3-    DANIA, et non Daniel.

Un jour, dans une production à la CRTV, ma collègue a commis l’exploit de faire écrire Daniel EBONGUE sous mon nom alors que j’intervenais dans son émission. A la fin, je lui ai demandé pourquoi une telle méprise et elle a répondu : «  Les téléspectateurs ne comprendront pas que derrière DANIA se trouve un mâle ». Avec le sourire de quelqu’un dont le nom vient d’être dénaturé, je me suis dit qu’elle avait un peu raison. Beaucoup d’auditeurs dans ma radio se trompent chaque jour et me servent du Daniel, Damien ou Danien. Certains, très futés, abrègent et me nomment Dani ou Danny, exactement comme dans ma famille. Mais là où ce n’est plus drôle, c’est lorsque le président de mon jury, lors de ma soutenance de masters m’a dit : « Monsieur Diana EBONGUE, vous avez la parole ! ». J’ai failli lui dire, non ! Je ne suis pas une fille.

Moi, en 2009
Moi, en 2009

Je ne suis pas une fille.

Non ! Je ne suis pas une fille, j’aurais bien aimé, mais je ne le suis pas. C’est vrai, avec un anagrammeur,  vous aurez la possibilité d’avoir 3 prénoms de 5 lettres : NADIA, DIANA, et donc DANIA.

Seulement, DANIA n’est pas seulement un prénom espagnol, mais il est aussi un nom, un nom typiquement africain. Je m’adresse à ce soi-disant patriarche Yabassi qui m’a dit un jour qu’il ignorait que DANIA était un nom africain, pire encore un nom de la culture Sawa. C’est dommage ! Ce nom est tellement courant en Afrique que pendant 7 ans, lorsqu’on voyait ce nom à la télé camerounaise, beaucoup de gens à l’Extrême-Nord du Cameroun s’écriaient : « C’est un Massa ! ». Car DANIA est effectivement un nom répandu au Nord-Cameroun et au Sud-ouest du Tchad. Plus loin, DANIA est un nom hébreu qui signifie « Dieu est mon juge ».

Moi depuis 2010
Moi depuis 2010

Plus loin encore, DANIA est un nom Swahili qui signifie « Homme épicé ». La chercheuse américaine Lisa Aubrey, professeur d’études africaines et africaines-américaines, qui travaille sur le retour des africains-américains en Afrique, m’avait dit un jour : « You are a spice boy, because your name is DANIA ». Elle savait bien de quoi elle parle, puisque toutes ses recherches sur les origines négroïdes et africaines lui avaient permis de décortiquer mon nom en 5 minutes. Elle est même allée jusqu’à me citer les pays où ce nom est courant en Afrique : Ethiopie, Somalie, Djibouti, Ouganda, Kenya, etc. Un nom tant utilisé par les juifs-éthiopiens, les musulmans djiboutiens ou encore les coptes égyptiens. C’est donc bel et bien mon nom : DANIA EBONGUE, tout en majuscule. Mon acte et mes diplômes sont ainsi, point barre. Alors, je vois d’ici la centaine de personnes qui m’ont fait des demandes d’amitié sur Facebook (sans prendre la peine de lire mon profil) se gratter la tête en lisant ces lignes. Beaucoup m’ont envoyé des messages du genre : « Comment vas-tu jeune fille ? », «  Salut beauté, parle-moi de toi! ».  C’est ce que je fais pardi ! Je vous parle de moi là, je ne suis pas une fille.

Moi en 2009
Moi en 2009

 Je suis toi et tu es moi.

Je m’appelle donc fièrement DANIA parce que je suis citoyen du monde. Je suis d’ici et de chez vous. Je parle la langue de Molière et la langue de Shakespeare. Je suis Douala, mais aussi Massa. Je suis hébreu et aussi swahili. Je suis moi, et moi c’est tout. Après tout, quelle importance que je sois une fille ou un garçon ? Quelle importance que je sois DANIA le chrétien, ou DANIA le musulman ou DANIA le juif ? Quelle importance que je sois blanc ou noir ? Qui suis-je ? Je suis le DANIA universel, celui dont le sang est rouge, comme le tien.


Le Maroc n’est pas un pays africain.

Oups ! J’aurais pu commenter directement le billet sur le blog de Guillaume Djondo qui du reste est un brillant blogueur, mais là n’est pas la question. Cher Guillaume, je suis choqué et déçu par ton billet intitulé Maroc : tuera ou tuera pas ? . Je suis d’abord surpris par de tels propos : « Eh, bah, messieurs de la CAF, vous êtes des assassins ambulants et déguisés. C’est maintenant clair ! A un crime contre l’humanité, le Maroc dit non. Et non c’est non ! Allez chercher vos complices ailleurs ». Sans me faire l’avocat de la CAF (mon ami Junior Binyam le ferait mille fois mieux que moi), j’aimerais d’emblée te dire que l’assassin c’est le Maroc, et pas la CAF. Oui monsieur ! Le Maroc est en train d’assassiner le football africain et c’est pourquoi je lui offre ce café noir amer.

Crédit Image, www.lemaroc.monipag.com
Crédit Image, www.lemaroc.monipag.com

Vois-tu, je rêvais du Maroc. Je rêvais déjà de me retrouver au Maroc en Janvier 2015. J’ai toujours admiré le royaume chérifien, son histoire, ses rois, ses villes, etc. Pendant des années, les camerounais étaient téléspectateurs de la chaîne de télévision 2M, et on avait déjà remarqué que ce pays là était très avancé en matière de journalisme, de technologie et de divertissement. Mieux, la coopération entre le Maroc et le Cameroun a permis que de milliers de jeunes bacheliers camerounais (notamment Joëlle-Patricia, Mahouvé Yolande, Jonathan Lobè, Baudouin Boanimbek) reçoivent des bourses d’études chaque année au Maroc. De nombreux amis y ont reçu leurs parchemins. Le Maroc a aussi investi dans le secteur bancaire camerounais et est le principal actionnaire de la société des eaux du Cameroun.

Un tel pays ne peut qu’être l’ami du Cameroun, d’autant plus que le Cameroun y a remporté sa deuxième CAN en 1988 et la LG CUP en 2011. Je rêvais donc du Maroc, de revoir mon amie mondoblogueuse AHLEM B et ses cousines nues. J’étais déjà enchanté de la voir devenir mon guide touristique. Je me souviens lui avoir dit : « viens investir au Cameroun, tu ne seras pas déçue ». Je rêvais du Maroc, en pensant à VBH, le rappeur camerounais, finaliste du prix Découvertes RFI en 2008 qui y avait donné un concert à Agadir. Je rêvais d’y retrouver mon ami d’enfance, le chanteur  Eric Berlinger. Je rêvais donc du Maroc, de  ses plages, de ses sardines, du Tajine.

Hélas, le rêve s’arrête là ! Il s’est transformé en cauchemar le weekend dernier. Le Maroc insiste pour le report de la CAN 2015. Pourtant, quelques jours avant, la CAF avait été claire : jamais une CAN n’avait été reportée depuis la création de la CAF, la maladie à virus Ebola ne représente pas une menace pour l’organisation de la CAN selon l’OMS. Par ailleurs :

« La CAF estime que le dispositif sanitaire actuel mis en place au Maroc, et dont l’efficacité a été prouvée, est largement capable de faire face au flux très limité (…)  de respecter le calendrier international tel qu’élaboré par la FIFA, afin de garantir la libération des joueurs évoluant dans les clubs étrangers, ces joueurs représentant une majorité au sein des sélections africaines et permettant le rayonnement du football africain ».

Des pressions sur le Maroc.

Difficile de croire que le Maroc n’a pas cédé à la pression de quelques pays européens pour prendre cette décision. D’abord, les enclaves de Ceuta et Melila sont des portes de sortie d’immigrants africains vers l’Europe. L’Europe craint sans doute un flux d’immigrants pendant la CAN. Et le Maroc, candidat depuis plusieurs années à l’adhésion à l’Union Européenne, se plie aux exigences de l’Union qui lui a du reste attribué un statut avancé en 2008. Oui, le Maroc crée une nouvelle barrière, une de plus, comme le dit Steaves, « les barrières de séparation n’en finissent pas ». Un mur de plus pour le séparer de l’Autre Afrique. Celle qui est indésirable, celle qui est répugnante. N’oublions pas que le Maroc avait quitté l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 1984 pour protester contre l’admission en son sein de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Le Maroc n’est donc pas membre de l’Union Africaine et veut être membre de l’Union Européenne.

Crédit Image, www.tanargan.com
Crédit Image,
www.tanargan.com

L’autre paradoxe marocain dans le refus d’organiser la CAN en 2015, c’est la demande de report au mois de Juin 2015, puis à Janvier 2016. Question simple : Comment le Maroc est-il certain qu’à ces dates là, le virus Ebola ne sévira plus en Afrique ? Comment expliquer que le Maroc maintienne l’organisation de la Coupe du Monde des Clubs en Décembre 2014 avec un club espagnol ? l’Espagne qui a connu un cas d’Ebola, y participe, mais le Maroc refuse à plus de 15 pays africains sans Ebola, de venir jouer sur son territoire. C’est pourtant ce même  Maroc qui a permis à la Guinée, pays durement touché par Ebola, d’y livrer ses matchs éliminatoires. Le Maroc permet également à deux clubs guinéens de s’entraîner sur le sol marocain. Soyons donc francs ! Il ne s’agit nullement d’éviter Ebola, mais de céder à la pression et aux intérêts cachés des lobbys et des influences invisibles. On le sait tous, les clubs européens estiment que les joueurs africains qui se déplacent au mois de janvier sont un handicap pour leurs championnats. Donc, on comprend pourquoi beaucoup de médias européens se font les avocats de ce caprice marocain.

Le Maroc n’est pas un pays africain.

Désolé de le dire, mais le Royaume chérifien n’est plus un pays africain. Il veut adhérer à l’UE, est-ce pour qu’on l’appelle encore pays africain ? Il refuse l’Ebola de l’Afrique subsaharienne mais tolère l’Ebola de son voisin espagnol. Est-ce pour qu’on l’appelle encore pays africain ? Il dicte sa loi à la CAF, car la CAN peut bien attendre, mais la coupe du monde des clubs de la FIFA est prioritaire. Est-ce pour qu’on l’appelle encore pays africain ? Le Maroc a-t-il mesuré que le report de cette CAN est un suicide sportif pour le football africain ? Le Maroc a-t-il mesuré que le report de cette CAN est même un aveu d’échec face à Ebola ? Ce n’est pas en fuyant une maladie qu’on la combat, au contraire, on lui attribue un pouvoir que seul le sport peut vaincre par sa faculté de rassemblement. Le Maroc a-t-il conscience qu’il fragilise la CAF ? A-t-il conscience que 6 mois ou un an c’est trop long déjà pour des jeunes talents qui pouvaient briller à la face du monde en janvier ? C’est un crime contre des centaines de joueurs qui misent sur cette CAN pour se valoriser devant des recruteurs. Le Maroc oublie que les jeunes africains sont déjà absorbés par les images des championnats européens, colonisés par les paris sportifs de ces championnats, phagocytés par une ligue des champions de l’UEFA multi-médiatisée, un Euro qui est déjà un mini mondial, et une coupe du monde qui n’a pas encore vu un pays africain dans le carré d’as. Si le Maroc a oublié cela, c’est parce que ce n’est plus un pays africain.


La riposte contre la polio, un impératif pour l’Unicef au Cameroun.

Le blogueur Wonk, par ailleurs défenseur des enfants disait récemment à Abidjan : «  c’est une sale maladie qui refait son retour ». L’expression sale maladie peut sembler grossière, mais il s’agit bien d’une maladie de la honte, une maladie de la saleté.  Lorsqu’on replonge quelques années en arrière, en 1988, on était à 350 000 cas de polio cette année là. Aujourd’hui, on n’est qu’autour de 243, soit 99% de chute.

Il faut donc saluer les efforts qui ont permis cette chute, c’est-à-dire les campagnes de vaccination contre la poliomyélite. A cet effet, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), achète chaque année 1,7 milliard de doses de vaccin antipoliomyélitique oral à destination de 500 millions d’enfants dans le monde. Le Cameroun est un pays bénéficiaire de ce programme, pays prioritaire devrait-on dire,  depuis que des cas de polio virus sauvage ont été confirmés depuis Octobre 2013. Neuf cas de polio confirmés sur le territoire camerounais depuis lors, et pire, le Cameroun est devenu exportateur du polio virus sauvage, tandis que le Nigéria voisin, pays endémique pourtant n’a affiché que 6 cas de polio cette année, contre 49 en 2013.

femme paralysée par le virus de la polio à Garoua
femme paralysée par le virus de la polio à Garoua

Le Cameroun, vitrine mondiale de la lutte anti-polio.

Le Cameroun est donc l’objet d’une véritable mobilisation des partenaires internationaux pour accompagner la lutte gouvernementale contre la polio. Le 31 Octobre dernier, le Ministre de la Santé Publique, André Mama Fouda a lancé le deuxième tour de la Semaine d’Actions de Santé et de Nutrition Infantile et Maternelle (SASNIM), couplée au 9ème tour des journées nationales de vaccination de riposte contre la poliomyélite.

Lancement des JNV Octobre 2014 à Efoulan
Lancement des JNV Octobre 2014 à Efoulan

Un lancement avec un haut niveau de représentativité, notamment l’Ambassadeur John Lange de la Fondation des Nations Unies, le Docteur Hamid Jafari, Chef polio de l’OMS à Genève, son homologue Peter Crowley de l’Unicef, le Docteur Braid Amstrong, chef polio de Center for Desease Control and Prevention (CDC) aux Etats-Unis, autant de personnalités de haut rang, luttant contre la polio au niveau mondial, et déterminés à accompagner le Cameroun vers l’éradication de cette maladie. Les propos d’Anthony Lake, Directeur Général de l’Unicef vont dans ce sens «  le monde n’a jamais été aussi proche de la possibilité sans d’éradiquer la polio ».

Alors, pour y arriver, Peter Crowley se sert de l’exemple de l’Inde qui a réussi à éliminer la polio de son territoire, alors qu’elleconcentrait en 2009 encore, la moitié des cas mondiaux de polio. Le responsable polio de l’Unicef demande « le même engagement » de l’Etat Camerounais pour stopper cette maladie à l’horizon 2015, car, poursuit-il « L’engagement du Cameroun est capital non seulement pour lui, mais également pour la sous-région Afrique Centrale et pour le monde ». Il faut donc comprendre derrière tout cela que le Cameroun est devenu une vitrine mondiale de la lutte contre la polio.

Déroulement de la campagne au Nord Cameroun
Déroulement de la campagne au Nord Cameroun

Corriger le pourcentage d’enfants manqués.

Sur le terrain, d’Octobre 2013 à Octobre 2014, un an de lutte contre la polio à travers diverses campagnes de vaccination. Parmi les indicateurs encourageants, la moyenne nationale d’enfants manqués (ou loupés lors du passage des équipes vaccinales) est passée de 7% en mai 2014, 4,6% en Juin et 3,2% en septembre 2014. Certains districts de santé par contre affichent des pourcentages élevés d’enfants manqués, ce qui est de nature à ralentir l’efficacité de la lutte, surtout face à ce polio virus sauvage qui peut résister plus de 10 jours dans la nature. Le Ministre et ses partenaires ont donc lancé la campagne dans l’arrondissement de Yaoundé 3ème à Efoulan et au marché de Mvog-Bétsi, dans l’arrondissement de Yaoundé 6ème. Il était question de cibler les mamans qui se rendent au marché avec les enfants, afin qu’aucun enfant ne soit oublié. Ce marché de Mvog-Bétsi est d’autant plus stratégique que selon les enquêtes menées, 15% des raisons du non vaccin sont dues à la présence des mamans au marché. Par ailleurs, ce marché se trouve être le carrefour de deux autres districts de santé : celui de Nkolbisson qui compte 10% d’enfants manqués, et celui de la cité verte qui n’enregistre que 82% de couverture vaccinale entre janvier et juillet 2014.

Le Ministre Camerounais de la Santé et les partenaires.
Le Ministre Camerounais de la Santé et les partenaires.

L’impulsion de l’Unicef.

C’est donc pour corriger ces insuffisances que plusieurs régions du pays comme celle du Nord se sont mises au travail, avec l’aide des autorités traditionnelles pour encourager les communautés à présenter leurs enfants à la vaccination, sous l’impulsion du Gouverneur de la région.

31 Octobre 2014, le Gouverneur du Nord administre la goutte qui sauve.
31 Octobre 2014, le Gouverneur du Nord administre la goutte qui sauve.

Le travail de mobilisation sociale accompli par l’UNICEF a contribué à persuader les familles d’accepter le vaccin lorsqu’on le leur présente. De plus, dans le district de santé de Lagdo, à 70km du chef-lieu de la région (Garoua), le Directeur de l’hôpital de District, le Docteur Dipanda Désiré parle de « matériel informatique, de voitures, 12 motos, et 107 vélos » qui ont été offerts par l’Unicef pour faciliter les déplacements et le travail des agents de santé.

Equipe Unicef à Langui au Nord-Cameroun pendant la vaccination
Equipe Unicef à Langui au Nord-Cameroun pendant la vaccination

La coopération de l’Unicef a permis aussi de réduire les carences des enfants en vitamine A, raison pour laquelle, cette SASNIM a été un véritable succès dans l’aire de santé de Djippordé, toujours dans la région du Nord. Ici, 7276 âgés de 0 à 59 mois, ont tous reçu cette dose. Selon l’infirmier-chef de cette aire de santé, Monsieur Ngodwé André : « Les parents sont déjà conscients que prendre le vaccin et la vitamine, sauvent la vie de leurs enfants. C’est pour cela qu’ici, on n’observe plus aucun de refus du vaccin ». Imaginons donc le Cameroun de demain, grâce à cette goutte qui sauve des vies, et avec la collaboration des populations agissant comme celles de Djippordé, alors certainement, en 2015, la polio sera définitivement éradiquée au Cameroun.


Plus de Choléra à Moutourwa !

De passage à Ngoumlaye, nous avons été spectateurs de ce phénomène étrange et moyenâgeux qu’est l’école sous le hangar. Cette école qui n’a pas encore la chance, comme plusieurs écoles de la région de l’Extrême Nord au Cameroun, d’être aux normes sanitaires pour les enfants, à savoir des latrines et de l’eau potable. Il a donc fallu l’intervention de l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance), afin que 60 écoles de la région puissent bénéficier d’eau potable en quantité et en qualité, et surtout des latrines.

Pont de Maroua, l'eau se fait rare
Pont de Maroua, l’eau qui perturbe

Jusqu’ici, les enfants observaient le rituel semblable à celui de leur bétail, à savoir, soulager leurs besoins en plein air, à côté des Mayo (rivières et cours d’eau en langue locale), cette même eau des Mayo qui sera utilisée comme eau de toilette, de breuvage ou encore pour le linge et la vaisselle. Pire, cette eau lavait également les bébés. Aux dires de Alifa Salleh, délégué régional du Ministère des Mines et de l’Energie : « La région de l’Extrême Nord c’est la région des Extrêmes. Nous ne sommes pas du tout favorisés par la nature. Parce qu’il ne pleut beaucoup et nous sommes seulement à 40% d’accès à l’eau potable ». Ce chiffre montre bien que la situation est alarmante, et le ministère s’est donc associé à l’UNICEF pour construire deux blocs de latrines dans plusieurs écoles. Le délégué ira même plus loin en précisant que ces forages et ces latrines seraient un facteur motivant de la hausse de fréquentation des écoles primaires qui ont bénéficié de cet appui du gouvernement japonais. Evidemment les habitudes ayant la peau dure, les populations qui refusent d’utiliser les latrines s’exposent et exposent leurs enfants au Choléra et aux autres maladies. Ici à 30 minutes de Maroua, nous sommes à Moutourwa dans le Mayo-Kani, région de l’Extrême Nord. Voilà pourquoi l’hôpital de district de Moutourwa et les agents de relais dans les communautés ne se découragent pas et continuent de sensibiliser les familles aux nombreux dangers qui les guettent. Le surveillant général de l’hôpital est serein : « Plus de choléra à Moutourwa ! », lance t-il, fier du combat mené depuis deux ans pour venir à bout de cette épidémie qui a trouvé en cette région, un épicentre important. Il nous explique que les kits WASH ( Water, Sanitation and Hygiene), composé de savons, de bouilloires, de seaux et de purificateurs d’eau ont permis aujourd’hui d’éradiquer le choléra dans son district de santé.

Purificateur d'eau 2

Il loue ce don du Japon via UNICEF et se demande combien de morts chez les enfants serait-il en train de compter aujourd’hui. Si on peut se féliciter de ce bilan flatteur, il reste quand que la vigilance est de mise. Le combat contre le choléra n’est pas terminé.


Malgré Boko Haram, des enfants sont sauvés à Minauwao

Réfugies nigérians à Minauwao
Réfugies nigérians à Minauwao

Mokolo, Chef lieu du département du Mayo Tsanaga, c’est la région de l’Extrême-Nord au Cameroun. Ici, le sceptre de la secte islamiste Boko Haram est visible par ce contingent de 15 000 réfugiés nigérians ayant fui les assaillants de l’autre côté de la frontière, pour se retrouver en terre camerounaise. Le camp des réfugiés de Minauwao est à 10 km de la ville et depuis trois mois, les organisations humanitaires n’ont pas eu de répit dans la zone.

Les besoins sont énormes en termes de santé, nutrition, eau potable, sécurité et surtout vaccination des enfants. C’est ainsi que le système des Nations Unies, constitué du HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés), de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), du PAM (Programme Alimentaire Mondial) et de l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance), qu’accompagnent plusieurs ONG comme PLAN ou encore International Medical Corps.

Forage Unicef à Minauwao
Forage Unicef à Minauwao

Les défis sont donc majeurs ici à Minauwao, parmi lesquels un seul moulin à écraser pour ces 15 000 âmes. Faire la queue pour moudre le maïs est le détestable exercice auquel se livrent, non sans une certaine tension, ces dames déjà perdues par le déracinement et la peur au ventre d’une éventuelle récidive de la secte en ces lieux.  Ajoutez à cela, un seul point d’eau fonctionnel à l’intérieur du camp des réfugiés. Pour réussir à combler cette sois justifiée par ce soleil de plomb, 6 points d’eau ont été installés par l’UNICEF à la lisière du camp.

Minauwao, on mange comme on peut
Minauwao, on mange comme on peut

Comme dans plusieurs localités de la région, la malnutrition est au rendez-vous ici. Plusieurs cas sont recensés chaque jour, rappelant au passage que le gouvernement japonais, via UNICEF, a lancé en 2013 et 2014, un vaste projet pour lutter contre la malnutrition, la carence en eau potable, et le paludisme chez les enfants de la région. Les enfants réfugiés de ce camp n’échappent pas à ces maux. Tuberculose, diarrhées, paludisme et même VIH/SIDA sont au compteur des maladies recensées. Autre cas alarmant, 45 cas de rougeole et déjà un cas de décès. Il s’agit d’une épidémie qui surgit avec l’arrivée d’une vague de réfugies il y’a une semaine.

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Le nouveau combat pour UNICEF est de vite lancer une journée de vaccination contre la rougeole, qui heureusement a connu du succès, quand on connait les réticences et les tabous culturels et traditionnels en la matière au Nigéria et au septentrion du Cameroun. Les enfants se font donc vacciner par deux médecins et dix-sept infirmiers qui quadrillent le camp. L’urgence du vaccin est d’autant plus signalée qu’on nous annonce une nouvelle naissance chaque jour dans le camp.

Le personnel médical est à l'oeuvre.
Le personnel médical est à l’oeuvre.

L’aide humanitaire doit donc augmenter, des vies en dépendent, des efforts doivent être maintenus. Car, selon l’OMS dans son rapport de Septembre 2014, « Fin 2013, 84% des enfants avaient reçu une dose du vaccin antirougeoleux à leur deuxième anniversaire et 148 pays avaient inclus une seconde dose dans leur programme de vaccination systématique ». Ces réfugiés nigérians entreront dans les statistiques 2014, et c’est déjà une victoire quand on sait que «  21,8 millions de nourrissons dans le monde ne bénéficient toujours pas des vaccins de base ».

 


Eau Secours ! Les enfants de Moulvoudaye sont malnutris.

Le Docteur Kemekong Arnold a beau être jeune, mais les réalités qu’il vit comme chef de ce district de santé de Moulvoudaye, sont celles d’un professionnel qui a emmagasiné de l’expérience depuis des lustres. C’est que, dans cette bourgade perdue dans le département du Mayo Kani, région de l’Extrême Nord au Cameroun, chaque jour qui passe est un jour qui lasse.

De choléra en malaria, de malaria en tuberculose, il ne manque plus qu’Ebola pour afficher complet. Mais entre temps, dans cette zone semi-désertique, la céréale de mil se consomme au superlatif tous les jours de l’année. La faute à pas de chance, à la rareté des récoltes agricoles, mais surtout à la pauvreté criarde de ce coin, lisible et visible dans le regard hagard de ces femmes assises sur leurs nattes, portant des enfants de 3 à 4 ans, tellement chétifs qu’on dirait des nouveaux nés. Le diagnostic est clair, il s’agit d’enfants victimes de MAS (Malnutrition Aigue Sévère).

District de Santé de Moulvoudaye, enfants malnutris couchés sur des nattes
District de Santé de Moulvoudaye, enfants malnutris couchés sur des nattes

Il y’a encore deux ans, 14 enfants souffrant de cette maladie étaient transportés dans ce district de santé chaque semaine, soit 10% des enfants recensés dans la zone, selon le Docteur Kemekong.  Alors, pour faciliter la prise en charge de ces enfants âgés de 0 à 5 ans, le Gouvernement du Japon a offert une subvention conséquente à l’Unicef-Cameroun pour offrir un kit WASH (Water and Sanitation Hygiene), c’est-à-dire Eau Assainissement et Hygiène, contre le choléra et toutes les maladies de l’eau comme les diarrhées et les typhoïdes qui sévissent en ce moment. Le kit se compose d’un seau, cinq morceaux de savon, une bouilloire, deux gobelets et une plaquette de 50 comprimés pour traiter l’eau.

Don Japonais 2

C’est bien connu, l’eau c’est la vie. Mais ici, l’eau cause la mort. Elle est sale quand elle existe, et elle est insuffisante si elle est potable. La course à la montre est désormais lancée. En langues Foufouldé et Toupouri, les 34 personnels de santé des neuf formations sanitaires de l’agglomération s’attèlent à offrir ces kits de sauvetage à ces enfants qui, osons le dire, sont entre deux mondes. Une dose de vitamine A, et des aliments thérapeutiques ont déjà permis de régler 97% des cas de MAS dans tout l’Extrême Nord.

Don Japonais

 

 

Dans ce combat, UNICEF nous annonce la mise en place de 60 forages dans 60 écoles primaires, et 180 latrines dans ces écoles. Cela peut prêter à sourire, mais jusqu’ici, déféquer dans un WC était un luxe pour la plupart des enfants de la région qui partagent encore pour beaucoup leur toilette et leur beuverie avec le bétail du coin. Conséquence immédiate, le choléra cause à l’Extrême Nord, 52% des décès nationaux, et 5680 enfants souffrent de MAS dans cette région.  Pour le moment, seulement 26,9% des écoles de la région ont de l’eau potable, une aubaine pour ces enfants, futurs leaders de demain, qui ont faim et qui ont soif. Eau secours !


L’école sous le hangar

Salle du Cours Moyen, Ecole Publique de Ngoumlaye
Salle du cours moyen, école publique de Ngoumlaye, Dania Ebongue pour Unicef

Ce que vous voyez n’est pas une hutte, une case de repos au village, mais bel et bien une salle de classe en 2014 au Cameroun.  A qui doit-on cet exotisme ?

À dame pauvreté qui a visiblement décidé de s’installer ici à Ngoumlaye. Nous sommes à 1 h 30 de route de Maroua, chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord, dans l’arrondissement de Moulvoudaye, département du Mayo Kani. Le spectacle est d’autant plus pathétique qu’insolite, qu’il faut lui ajouter la saveur harassante d’un soleil oppressant. Même les pailles si finement entrelacées ne réussissent pas à bloquer sa température qui marque tout net 33 °C à l’ombre. S’il pleut ici, c’est la débandade.

Salle du CP, Ecole Publique de Ngoumlaye
Salle du CP, école publique de Ngoumlaye, Dania Ebongue pour Unicef

C’est qu’ici, au-delà du spectre des artisans de la secte islamiste Boko Haram, de l’épidémie de choléra qui se réveille en ces lieux,  il faut encore fouler du pied la dure réalité d’un système éducatif basique qui affiche toutes ses limites infrastructurelles. On a donc vite fait le tour, côté cour et côté jardin et on s’efforce de retenir ses larmes à la vue de ces enfants, 300 élèves, entassés dans deux hangars. Des espaces où seuls les tables bancs, les ardoises et ce qui sert de tableau, donnent le signe qu’il y a une école par ici.

Ecole en paille 3

L’école sous l’arbre pourrait renaître de ses cendres ici, mais il s’agit bel et bien d’une école publique avec un directeur intérimaire soit, mais directeur quand même. Ce dernier est obligé de composer avec quatre enseignants, dont le qualificatif épouse bien l’ère du temps au Cameroun : « On parle beaucoup des « maîtres des parents », entendez ces enseignants vacataires salariés par les efforts des parents. Ceux-ci perçoivent ici entre 8 000frs et 10 000frs C fa mensue . C’est déjà cela, le salaire à la mesure d’une école qu’il faut sauver à tout prix, même au prix d’un exploit tonitruant, celui de jumeler la SIL et le CP, le CE1 et le CE2, et enfin le CM1 et CM2.

Salle du Cours Elémentaire, Ecole Publique de Ngoumlaye
Salle du cours élémentaire, école publique de Ngoumlaye, Dania Ebongue pour Unicef

 

Cela s’appelle, faire en trois classes, un cycle primaire complet. Pal mal, car les plus jeunes ici entrent dans cette galaxie scolaire à l’âge de 6 ans. Il y a donc de quoi rattraper le retard cumulé et sortir quand on peut, de ce système scolaire, avec un diplôme à peu équivalent au niveau élémentaire. Dans cette crise, chacun ici lorgne du côté de l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’Enfance), afin que le projet de construction de salles de classe dans cette région du pays, passe aussi par cette école  « Une honte, quand on sait que plusieurs élites gouvernementales sont de cette région » remarque une journaliste, spectatrice de ce choc institutionnel et émotionnel.


Le Cameroun de 2019 ?

cameroun-drapeau

J’ai tendu l’oreille attentivement ce samedi après-midi du côté d’Addis-Abeba. Ca y est ! Le Cameroun sera organisateur de la Coupe d’Afrique des Nations de Football Senior en 2019. Du coup je constate : 2019 ? C’est si loin, et si proche.

Si loin parce qu’on aura chacun 5 ans de plus, si loin parce qu’on ignore même l’environnement qui sera de mise. Si loin, parce que ce sera un an théoriquement après la fin du septennat actuel de Paul Biya. Si loin parce qu’on ignore ce que deviendra alors en ce moment là Boko Haram. Personne, non personne, ne peut se projeter avec exactitude en 2019. Si loin parce que personne ne sait de quoi demain sera fait simplement.

Mais hélas, on est aussi si proche. On est si proche de cette CAN 2019. Comptez bien : 1, 2, 3, ….47 ans après que le Cameroun aura organisé son unique CAN en 1972.  47 ans ! C’est une vie, 47 ans, c’est même une éternité, et voilà donc le Cameroun qui se réveille de son long sommeil structurel et infrastructurel pour organiser la grande messe du football africain. On a ciblé 5 grandes villes pour ce faire : Yaoundé, Douala, Bafoussam, Garoua et Limbé (Grand Sud, Grand Littoral, Grand Ouest et Grand Anglophone, toute la symbolique de l’unité nationale s’y trouve).

Ces nouveaux stades devront donc être effectifs pour 2019. Quand on sait que le Cameroun est le pays de la réunionite et des lenteurs administratives, on se demande si on va tenir les délais. Mais je voudrais voir bien au-delà du football : il faudra des routes, des hôpitaux, des hôtels, des aéroports, des terrains d’entrainement, des unités de sécurité, des volontaires, un plan de Communication,  des infrastructures de télécommunication, etc. En 5 ans ? Certes tout est possible dans le pays de Paul Biya, mais je suis inquiet quand je vois comment le PNDIS (Programme National de Développement des Infrastructures Sportives) stagne depuis 2008. On me dira que la CAN 2019 sera l’occasion ou jamais pour réveiller ce programme de ses cendres et de sa léthargie. La garantie nous viendrait du sommet de l’Etat qui a porté cette candidature et semble déterminé à la voir se réaliser. Si on veut être rêveurs et optimistes, disons-nous que ces infrastructures germeront en effet. Seulement comment parvenir au respect du cahier des charges ? Quelles sont les garanties que cette fois les détournements ne seront plus au rendez-vous ? Quelles sont les garanties que les marchés qui seront attribués le seront de manière judicieuse et transparente ? Quelles sont les garanties que les travaux seront de qualité ? Comment aura-t-on la certitude d’être aux normes internationales pour un pays qui n’a plus de norme internationale depuis longtemps ? Va-t-on encore créer un comité de pilotage des travaux qui coûtera plus cher à l’Etat que les travaux eux-mêmes ? Va-t-on reconduire les mêmes dinosaures du régime pour piloter le comité d’organisation ? Ou alors, pour une fois, on va nous surprendre et enfin nommer un jeune comme moi dans ce comité ? Va-t-on pencher pour les conservateurs et les barons que la population décrie tant ? Va-t-on toujours désigner ces gérontocrates qui ne savent même pas ouvre une boite email ? Ou, va-t-on oser responsabiliser des cervelles fraîches, innovantes, révolutionnaires ? Autant d’interrogations mais avec une lueur d’espoir peut-être : Et si 2019 était le vrai prétexte pour développer (enfin) le Cameroun ou du moins les 5 villes désignées pour cette CAN ? Cela impliquerait un nouveau plan d’urbanisme (obligatoire) pour réussir une telle organisation. Des infrastructures qui resteront pour la prospérité…Du moins, je l’espère.


Malaria, Ebola, Choléra, Sida…Africa !

Carte de l'Afrique

Oui Dolorès, faisons la danse funéraire, entre espoir et désespoir. J’ai posé des questions, personne ne m’a répondu. On m’a dit, c’est ça la vie. J’ai donc vu cette Afrique crier encore une fois au secours d’une pandémie nommée Ebola, mais entre-temps, la lettre A reste le suffixe obligatoire des maladies (tropicales ou tropicalisées). Malaria, Ebola, Choléra, Sida… Africa ! Mot de passe, la lettre A.

A comme Armées : Armées qui détruisent, qui pourchassent des ennemis connus ou inconnus, identifiés ou supposés, mais au final, c’est le sang qui coule, au nom d’un territoire à préserver, au nom d’un dictateur qui s’éternise au pouvoir, au nom d’intérêts cachés qui au lieu d’apporter la « démocratie » ont créé des rebellions, des mouvements fondamentalistes, et des révoltes de toutes sortes. Les armées qui tirent sur les jeunes parce que ceux-ci ont dit : « Assez ». Les armées qui violent les femmes parce qu’elles détiennent le pouvoir de la gâchette, le pouvoir de… TUER. Les armées qui ont enrôlé les enfants, car la violence engendre la violence.

A comme Alimentation : C’est la fin qui est supposée justifier les moyens en Afrique, mais malheureusement dans plusieurs pays, c’est la faim qui justifie les moyens. A la recherche des aliments en zone rurale comme en zone urbaine, une expression en a d’ailleurs germé : « Les émeutes de la faim ». Ventre affamé n’ayant point d’oreille, que voudrions-nous que ces affamés entendent ? Le gazouillis de leur ventre vide ou le sac de riz versé au nom de « l’aide alimentaire » à partir d’un hélicoptère ? La faim justifie les moyens, et parce que le kilo de viande est cher au marché, on se rabat sur la chauve-souris, la carcasse de singe ou la biche déjà en décomposition… Ebola passe par là. Ebola porte les lettres d’Ebolowa, une ville au Sud-Cameroun là où la viande de brousse est encore étalée en plein centre urbain, parce que là-bas, on a faim, donc on n’a pas le choix et Ebola peut bien attendre.

A comme Argent : C’est le nerf de la guerre, dit-on ! Mais c’est le nerf de la vie, hélas ! C’est l’argent qui manque le moins en Afrique, du moins, dans la poche de la majorité des Africains. Argent du pétrole, du diamant, du bois, de la bauxite, où vas-tu ? Peut-être partout, sauf dans la poche du peuple dit souverain. Philippe Douste-Blazy, homme politique français (actuellement secrétaire général adjoint de l’ONU), déclarait sur TV5MONDE dimanche dernier : « La grande majorité de l’argent pour le vaccin contre le paludisme est donné par un privé (la Fondation Gates), pourquoi ? Parce que cela ne touche pas les pays occidentaux .  Et pourtant, poursuit-il, il faut  juste 30 centimes d’euros pour se soigner contre le paludisme en RDC. C’est d’autant plus choquant quand on voit combien coûte un repas en France ». On a besoin d’argent pour les écoles, pour les hôpitaux surtout, car n’oublions pas, c’est dans les hôpitaux que toutes ces maladies doivent se soigner.

 A comme Académie : Académie comme système éducatif. Les systèmes sont inefficaces quand ils existent et quand les enfants sont scolarisés. Désertion des enseignants, mauvais traitement salarial, mais encore plus, l’école forme de futurs chômeurs. Elle ne forme plus des acteurs de l’économie, mais simplement des jeunes au savoir accumulé et non productif. Les académies sont les niches inférieures d’un système global de tricherie et de corruption, et comme le dit l’adage : « Les choses qui sont égales à la même chose sont égales entre elles ». Conclusion : les mêmes causes produisent les mêmes effets. Un enseignant mal formé est lui-même un mauvais formateur, et le produit de cette académie est la médiocrité. Que peut-on attendre d’un médecin qui a été mal formé ?

 A comme Action : Il est peut-être temps d’agir non ? Trop de discours. Trop de promesses, peu d’action. Le vrai mot de passe pour l’Afrique, c’est le A de l’action.  Agir pour sauver des vies, agir pour enfin trouver un vaccin définitif contre la malaria, un autre contre le choléra, un autre contre le sida, et un autre contre Ebola. Seul ce grand A soignera les autres A. Des vies en dépendent, des générations sont compromises, des économies sont au ralenti, un continent est en péril. C’est le temps de l’Action, juste…de l’Action !


L’Union (Jack) ne fait plus la Force !

Union Jack

Jusque là, l’appellation officielle du pays de Sa Majesté est Royaume Uni de Grande Bretagne (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles) et d’Irlande du Nord.  Depuis quelques jours pourtant, pour certains écossais, (notamment le chef de file des indépendantistes, Alex Salmond), l’Ecosse sera plus forte toute seule, loin des décisions de Westminster.

Alors le 18 septembre a semblé être une date cruciale pour l’avenir de cette « famille de nations », de la propre expression du Premier Ministre David Cameron qui joue également sa carrière et l’histoire du Royaume Uni. C’est une crise à la fois institutionnelle, économique, sociale, et même internationale qui se joue en ce moment. En 1997 déjà, le Pays de Galles et l’Ecosse se sont vus accorder une plus grande autonomie, pas assez suffisante visiblement par les indépendantistes qui ne souhaitent plus voir décider leur avenir à partir de Londres.C’est le troisième référendum sur le statut de l’Écosse au sein du Royaume-Uni (Un de trop ?)Je ne comprends pas ces velléités d’indépendance. Qu’est-ce que c’est être indépendant au juste ? Voilà un pays, un Etat (une Nation aussi ?) qui souhaite soumettre son peuple à un référendum parce qu’à l’intérieur, beaucoup ne croient plus à l’Union et beaucoup se sont souvenus qu’ils ont une identité (propre). Soit ! Mais alors, je me demande ce que deviendrait les 300 ans d’histoire commune entre l’Ecosse et l’Angleterre ? Que deviendrait donc l’Union Jack ? Que deviendrait surtout la monarchie quand on sait qu’Elisabeth II est la Reine d’ Angleterre, son mari est le Duc d’Edimbourg (Ecosse) et le Prince Charles est le Prince de Galles ? Vous me répondriez que la Reine règne aisément (quoique symboliquement) sur 16 pays du Commonwealth dont le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, et ce n’est pas de si tôt que la monarchie périra. Mais quand même !

Le sursaut indépendantiste à la mode !

Comment comprendre qu’un géant aussi puissant que le Royaume Uni puisse se diviser pour des questions de repli identitaire ? Du coup, en Irlande du Nord, quelques indépendantistes se réveillent également et se rappellent qu’en 1921, leurs cousins du Sud avaient préféré quitter l’Union. Tout cela fait bien désordre, car voilà que les québécois, des souverainistes précisément, sont arrivés à Édimbourg le 10 septembre et parcourent la capitale écossaise en quête d’inspiration pour faire de même au Québec.  Par ailleurs, les catalans aussi se soulèvent en Espagne et lancent un bras de fer contre le pouvoir de Madrid. Indépendance quand tu nous tiens ! Par ailleurs, en Belgique, on n’est pas loin d’exploser également. On y voit arriver de plus en plus, l’émergence d’un Etat Flamand souverain. A y regarder de près, on est en droit de se demander pourquoi ces régionalismes naissent dans des royaumes (Angleterre, Espagne, Belgique) ? Le problème serait-il celui de la monarchie ? Dans un billet précédent, je vous parlais des abdications record de l’année 2013. Ajoutez à celles-là, l’abdication récente du Roi Juan Carlos d’Espagne qui a justifié sa démission pour un besoin de « renouveau » dans son pays. C’est un peu les mêmes raisons qui avaient justifié le choix du Roi Albert II de quitter son trône belge. Quoiqu’il en soit, les monarchies européennes sont en péril, elles qui ont été construites sur la base de compromissions et d’accords ethniques entre plusieurs peuples et la fusion de plusieurs régions. Cette course à l’indépendance des régions me laisse circonspect quand on sait qu’un seul charbon ne suffit pas pour faire un feu, et que l’union fait la force. Visiblement, ce n’est plus le cas en Europe.


Moi, Ministre des Arts et de la Culture au Cameroun.

Moi, ministre des arts et de la culture, je démissionnerais après tant de scandales. Je quitterais mes fonctions lorsque je perdrais un procès et surtout quand la décision est confirmée par la cour suprême, la plus haute juridiction de mon pays. Je ne saurais être le ministre de la musique uniquement, je ne saurais être le ministre de la répartition du droit d’auteur et du droit voisin surtout.  Moi, ministre des arts et de la culture, j’éviterais de me mêler des guerres de clans entre artistes, j’éviterais de créer des comités et des commissions pour «normaliser » , contrôler ou manipuler les fonds des créateurs, parce que je ne suis pas créateur, et je n’ai pas à me nourrir de la créativité des autres.

Moi, ministre des arts et de la culture, je ne réduirais pas mon responsable de la communication en simple coursier et distributeur de chèques selon mon bon vouloir. Non, non ! Je ne serais pas ce ministre là. Je serais un ministre républicain, légalitaire, et respectueux de la simple éthique. Une éthique qui veut que je respecte mon rang et ma profession. Une éthique qui veut que j’encourage la créativité. Moi, ministre des arts et de la culture, j’encouragerais la production cinématographique, je militerais pour la réouverture des salles de cinéma au Cameroun, et je travaillerais à faire éclore tous les autres domaines des arts.

Moi, ministre de la culture, je n’attendrais d’être invité par une chaîne de télévision pour récompenser les meilleurs artistes de l’année. Ce serait une honte si je ne connaissais pas les chiffres des ventes d’albums dans mon pays.  Je ne me grefferais pas derrière les projets privés pour tirer mon épingle du jeu. Non, je ne serais pas un tel ministre. Je rendrais lisible le Compte d’Affectation Spéciale pour le Soutien de la Politique Culturelle. J’éviterais surtout de tripatouiller ce compte avec mes collaborateurs et autres rapaces de mon ministère. Je ne ferais plus du salon du livre, un vrai scandale budgétaire. Je ne me laisserais pas impressionner par l’argent que l’UNESCO verse chaque année à mon ministère. Non, je ne salirais pas ma réputation de ministre pour me quereller avec les artistes que je suis supposé encadrer.

Moi, ministre des arts et de la culture, j’aurais un peu, mais un peu de dignité. Je comprendrais qu’être musicien c’est être habité par les muses. Alors, je respecterais les œuvres de l’esprit. Une œuvre spirituelle n’a pas de prix, alors, je ferais attention à ne pas mépriser ces gens qui ont des familles, et des enfants à nourrir. Non ! Jamais je ne serais ce ministre qui n’a aucune espèce de compassion pour ces hommes et femmes clochardisés.

Moi, ministre de la culture, je ferais en sorte que le droit d’auteur soit l’affaire de toutes les sociétés exploitant les œuvres des créateurs. Je bâtirais des musées. J’organiserais des journées du patrimoine. J’encouragerais la création littéraire. Je protégerais les artisans, les artistes plasticiens, les dessinateurs, les graphistes, etc. Je ferais un répertoire objectif des artistes camerounais, et je ne les laisserais plus crever, abandonnés à eux-mêmes. Oui, je ferais de ce ministère, le ministère de la mémoire vive de la nation, le ministère de l’inculturation religieuse, le ministère des métiers artistiques. Je créerais des écoles professionnelles. J’organiserais régulièrement des colloques de renforcement des capacités. Oui, je serais du côté des artistes, je serais du côté des créateurs et non du côté de leur argent. Ils vivront de leur art et de leur culture. C’est cela la vocation de ce ministère. Moi, ministre des arts et de la culture, je serais donc un vrai ministre des arts et de la culture.


Moi, Ministre des Enseignements Secondaires au Cameroun.

Collège F.X Vogt,Yaoundé
Collège F.X Vogt,Yaoundé

Moi, ministre des enseignements secondaires au Cameroun, je ferais en sorte que la rentrée scolaire ne soit plus la rentrée des galères.

Je ferais d’abord cette mise au point fondamentale : Un collège va jusqu’en 3ème et un lycée va jusqu’en Terminale. Pour le moment, s’appelle lycée un établissement public, s’appelle collège, un institut privé.

Moi, ministre des enseignements secondaires, je réviserais le programme scolaire avec mes inspecteurs pédagogiques afin que l’école du Cameroun s’adapte au monde ambiant, à la mondialisation, aux TIC, et aux enjeux de l’actualité. Moi, ministre des enseignements secondaires, je ferais en sorte que les lycées que je crée dans le Cameroun profond aient des salles  de classe, et des enseignants effectifs. Moi, ministre des lycées et des collèges, je changerais les rythmes scolaires en équilibrant les enseignements fondamentaux avec des activités périscolaires coordonnées et notées. Moi, ministre des enseignements secondaires, je discuterais avec mes collègues de la Culture et du Tourisme afin de créer les journées nationales du Patrimoine pour que les élèves du Cameroun visitent les musées, les chefferies, les palais, les ministères, les grandes entreprises et les grands monuments. Moi, ministre des camerounais de demain, je ferais en sorte que les cours d’histoire et de géographie soient accompagnés de projection vidéo, mais aussi de voyages d’études dans les villes historiques du Cameroun.

Moi, ministre des enseignements secondaires, je redonnerais du poids aux bibliothèques scolaires, et je redonnerais de l’importance à la lecture dans tout le cycle collégial. Moi, ministre des enseignements secondaires, je veillerais à ce que les directeurs des collègues et les proviseurs de lycées soient nommés sur la base d’un plan de carrière efficient, et non sur la base de la cooptation des réseaux et des petits copains du parti au pouvoir. Moi, ministre des collégiens et des lycéens, je m’associerais avec les anthropologues et les ethnologues pour dresser la carte ethnique, culinaire, culturelle et tribale du pays pour enseigner à chaque région sa spécificité, et son héritage ancestral. Moi, ministre des enseignements secondaires, je militerais pour que les PLEG (Professeurs de Lycées d’Enseignement Général), ne soient plus reversés et affectés dans d’autres ministères et administrations. Moi, ministre des enseignements secondaires, je commencerais par codifier la sélection des futurs enseignants, et je leur imposerais la maîtrise des sciences de l’éducation et la preuve de leur vocation d’enseignants.

Moi, ministre des enseignements secondaires, je serais humble pour aller découvrir le secret du succès de l’enseignement catholique au Cameroun. J’irais même jusqu’à imiter le système éducatif finlandais et je pratiquerais l’’éducation qui y est gratuite pour les étudiants à temps plein et cette gratuité s’étendrait  aux cantines pour les écoles primaires et secondaires. Je veillerais à ce toutes les fournitures scolaires sont gratuites et fournies par les établissements scolaires. Je ferais en sorte de comprendre pourquoi selon le Programme International d’Évaluation des Compétences (PISA en anglais), les quatre premiers pays au monde nous viennent de l’Asie (Singapour, Hong Kong, Taiwan, Corée du Sud).  Moi, ministre des enseignements secondaires au Cameroun, je revaloriserais le Bac technique et le Bac professionnel. Je ne classerais plus ces filières dans la catégorie des « enfants ratés » ou « enfants difficiles ». Je gratifierais les écoles de laboratoires scientifiques, de salles multimédias, d’aires de jeux dignes de ce nom. Je ferais de mes collèges et lycées, des hauts lieux de l’épanouissement physique, moral, intellectuel et humain de mes élèves. Moi, ministre des enseignements secondaires, j’instaurerais des cours sur l’éducation environnementale, la culture générale de la 6ème en Terminale, les questions d’actualités, et je renforcerais les cours de citoyenneté par un coefficient uniquement dédié à la morale et au savoir-vivre. A ce propos, j’insisterais pour que les élèves soient également notés sur la discipline (propreté, assiduité, participation, respect des enseignants). Car, comme au Cameroun, on aime la note, alors la discipline aura coefficient 3. Moi, ministre des enseignements secondaires, j’ai encore plein de projets, mais…J’attends d’abord ma nomination.

 


Désolé Eto’o, mais je ne supporterai pas Everton.

Samuel Eto'o jubile

69ème minute, le 30 Août 2014. Eto’o fait sa rentrée à Everton, face à son ancien club, le remuant Chelsea de José Mourhino. Et pourtant, mon cœur battait pour Chelsea et non pour Everton. Pourquoi ?

 

Parce que cher Eto’o, grâce à toi, j’ai supporté beaucoup de clubs Européens : Majorque, Barcelone, Inter, Anzhi, et Chelsea. Avec toi, j’ai voyagé en 14 ans en Espagne, en Italie, en Russie et en Angleterre. Avec toi, les camerounais supportaient à chaque fois l’équipe dans laquelle tu évoluais. J’ai encore ce mémorable souvenir de tes années barcelonaises, ces soirées enflammées durant lesquelles le cœur du pays s’arrêtait de battre pour t’insuffler ses énergies, celles de Bali, Nkomondo, New Bell, Ngambé, Edéa, Douala, Yaoundé, Nkongsamba, etc.

Tout le pays était si fier de te voir dompter ce football européen, obtenir la ligue des champions avec trois clubs différents, devenir quatre fois ballon d’or africain. Oui, Samuel, pendant plus d’une décennie, tu as été le Dieu du football africain. Tu as surtout été le meilleur butteur de la sélection nationale, le « sauveur » depuis 2000. Tu nous as fait vibrer, sauter, crier devant nos petits écrans. Tu as surtout permis aux sociétés brassicoles de faire recette les mercredis, samedis et dimanches, lorsque l’un de tes clubs évoluait. Même quand tu t’es rendu en Russie, alors que personne ici ne portait le moindre intérêt à ce championnat, voilà que tous les câblodistributeurs ont  mis dans leur bouquet, MCS (Ma Chaîne Sport) qui retransmettait tes rencontres. Oui, tu as intéressé les camerounais aux divers championnats européens.

Grâce à toi, les sociétés de paris sportifs n’ont eu aucun mal à s’implanter au Cameroun, parce que la nouvelle religion mondiale était le football « made in Samuel Eto’o ». Alors quand tu es allé à Chelsea, nous nous sommes dit que tu allais rééditer les exploits de tes années passées. C’était sans compter avec ta « vieillesse » qui a fait polémique à partir de la bouche même de ton coach José Mourhino. Visiblement, il regrettait déjà de t’avoir fait venir à Londres. Comme nous, il avait en mémoire l’année du sacre avec l’Inter de Milan, où, tu avais même dû te convertir en latéral lors de certaines rencontres. Tu étais fort, très fort, Samuel Eto’o. Tu as même failli frôler le ballon d’or mondial en 2006, mais, mais…

 

Mais il y’a des mais. Il y’a que tu es devenu incontournable à l’équipe nationale de football du Cameroun, tellement qu’on t’a offert le capitanat dans des conditions contestées en 2009. La suite, on la connait : des interminables querelles de vestiaires, un égo surdimensionné de tes coéquipiers, complexés devant ta carrière, ton palmarès et ta fortune. Autant d’acquis que tu ne te privais pas de leur rappeler ou de clamer dans tes interviews. Avant toi, il n’existait pas ces fans clubs de joueurs. Il n’existait pas cette tendance de journalistes pro ou anti un tel joueur. Il y’a eu aussi les polémiques : tes propos acerbes contre Roger Milla en 2010, ta suspension par la fédération camerounaise de football pour indiscipline, mais aussi et surtout la grève des primes en 2014. Personne n’oubliera que tu as boudé le drapeau camerounais à quelques jours de la coupe du monde. Personne n’oubliera que tu étais non seulement le capitaine des joueurs, mais aussi le capitaine de plusieurs journalistes et officiels qui se sont érigés volontairement en chargés de la communication de Samuel Eto’o. Personne d’eux n’osait te faire le moindre reproche sur tes excès, tes écarts de langage ou sur ton comportement hautain. Alors tu as oublié que la République a des institutions, parmi lesquelles un Premier Ministre que tu as boudé dans un stade qui était supposé te donner les bénédictions pour la coupe du monde. Tu as été maladroit sur ce coup Sammy, très maladroit.

Evidemment, quand Stéphane Mbia est devenu depuis quelques jours le nouveau capitaine de l’équipe à ta place, les gens ont vite crié au règlement de comptes. Non, Samuel, tu sais très bien que l’air de cette équipe était devenu irrespirable. Tu sais très bien qu’autour de toi, plusieurs joueurs s’étaient autoproclamés cadres et même au plus profond de leur méforme, se refusaient de quitter le groupe. Cela ne pouvait plus durer. J’entends d’ici les uns et les autres se demander que serons-nous sans toi. Je  leur réponds qu’il y’a eu un avant, et il y’aura un après Eto’o. Tu es talentueux, personne ne le réfutera. Tu es un joueur de classe mondiale, c’est incontestable, alors je salue le fait que tu aies annoncé ta retraite internationale. Pour une fois, ne reviens pas sur ta décision, malgré ton but inscrit à la 75ème minute face à Chelsea. Certains diront que tu as encore beaucoup à apporter aux lions indomptables, que dans cette équipe, il n’y a pas encore un sérial buteur comme toi. Mais malheureusement, ils oublient que tu fais partie de cette génération maudite de footballeurs dont je parlais pendant cette triste coupe du monde 2014.

Alors, malgré ce but fabuleux lors de ton premier match à Everton, malgré cette forme apparente que tu nous montreras encore sans doute, je voudrais te dire que je ne supporterai pas Everton. Je supporterai Chelsea en souvenir de toi, Barcelone, en souvenir de toi, Inter, en souvenir de toi, Anzhi, en souvenir de toi, et surtout, les lions indomptables, pour encourager les jeunes, les nouveaux venus, les buteurs promoteurs. Car, souviens-toi qu’un jour aussi, tu as été jeune, et ta place te fut donnée. Salut l’artiste !


Si tu as peur des francs-maçons, fuis l’église catholique !

Elle vit le symbole par excellence de la franc-maçonnerie et me demanda :

–          Es-tu franc-maçon ?

Je souris.

–          Es-tu franc-maçon ? Je t’en prie, réponds-moi !

Comme je ne répondais pas, elle laissa son verre sur la table, et prit ses jambes à son coup. Le lendemain, je reçus des SMS anonymes : « sectaire », « homosexuel »,  « buveur de sang », et autres attributs plutôt rocambolesques. Je remarquai que même dans mon quartier, la méfiance se faisait jour. J’entendais même chuchoter dans mon sommeil. Dolorès avait annoncé à toute la République que j’étais franc-maçon, tout ça à cause d’une stupide image : l’équerre sur le compas.

FM 2

Pourtant, tout le monde sait que j’aime décoder et déchiffrer les symboles. L’équerre et le compas qu’on utilise en géométrie ont fait fuir ma meilleure amie, mais pourquoi ? Parce que ces symboles utilisés par les loges maçonniques sont synonymes pour elle et pour beaucoup d’Africains de magie noire, mysticisme, et affairisme. On a attribué aux francs-maçons africains tous les vices possibles : trafic d’influence, détournements de mineurs, crimes rituels, et surtout, mauvaise gestion du pouvoir dans les palais de la Françafrique. J’ai essayé d’expliquer à Dolores que toutes ces accusations étaient infondées, alors elle s’est mise en tête que je suis franc-maçon. Car, qui peut être suffisamment stupide de nos jours pour défendre la franc-maçonnerie ? Même en France, cette organisation et ses diverses obédiences s’accompagne de tous genres de scandales. « Et alors ? » lui-ai-je demandé ! « Est-ce que les agissements des individus ont quelque chose à voir avec les valeurs d’une organisation ? » Pour Dolorès, tout maçon est homosexuel, criminel, cannibale, et …beurk !

Il a suffi que je lui dise : « Si tu as peur des francs-maçons, fuis l’église catholique ! » pour qu’elle m’interroge :

–          L’église catholique n’a rien de terrifiant, elle est sainte, apostolique, émanant de Dieu.

–          Oui, peut-être ! Elle a aussi orchestré les croisades qui ont décimé des millions de gens. Elle a participé au projet de la Traite négrière en Afrique. Elle a accompagné la colonisation en Afrique.

–          Tu racontes n’importe quoi !

–          D’accord, Dolores, je raconte n’importe quoi. C’est aussi moi qui ai déclaré ceci ? : « Le but de votre mission n’est point d’apprendre aux Noirs à connaître Dieu ; ils le connaissent déjà depuis leurs ancêtres. Ils parlent et se soumettent à Nzambi-Mpungu ; Mvidi Mukulu ; Mungu, etc… et que sais-je encore. Ils savent que tuer, voler, coucher la femme d’autrui, calomnier, insulter sont des mauvais actes. Ayons le courage de l’avouer. Vous venez non pas pour leur apprendre ce qu’ils savent déjà. Votre rôle est l’enseignement, de faciliter les tâches aux administratifs et industriels. »

–          C’est de qui cette citation ?

–          C’est un extrait du discours du Roi Léopold II  à l’arrivée des premiers missionnaires au Congo. Cela veut dire que l’Eglise s’est implantée en Afrique juste pour des raisons économiques et commerciales.

–          Il me semble que cette version de son discours est historiquement réfutée par des historiens, qui pensent c’est une vue de l’esprit purement africaine.

–          Très bien Dolores, très bien ! nous voilà donc dans l’éternel débat sur les vérités historiques. L’histoire étant toujours écrite par les bourreaux et les vainqueurs.

–          Tu n’as donc aucune preuve et tes affirmations sont bidons.

Oui, Dolorès avait le sens de la répartie. Elle savait contredire, contrecarrer, contre-attaquer. Alors, je décidai d’aborder le sujet sous l’angle symbolique. Je pris donc une équerre. Je lui expliquai que l’équerre permet en géométrie de tracer des angles droits, mais dans l’ancien compagnonnage,  l’équerre associée au compas est le symbole du compagnon accompli, dans sa rectitude et son ancienneté. Ce que la franc-maçonnerie a récupéré, car elle rappelle à l’initié que toutes ses actions doivent être dictées par la droiture et la justice. Alors, elle commença à me suivre un peu, juste un peu, mais parée pour m’interrompre à chaque instant. Je poursuivis quand même…

–          Tracer une équerre te donne quelle figure géométrique ?

–          Un triangle,  répondit-elle.

–          Très bien. Je vais donc te parler des triangles.

J’y allais tant bien que mal avec une certaine méthodologie : « Toi qui es donc catholique convaincue, sache que le signe de croix, Père-Fils-Saint Esprit est le symbole de la Trinité, derrière laquelle se cache un symbole plus vaste, celui de du Triangle, ou plus exactement, des Triades. Par exemple, dans la mythologie égyptienne, les triades de de Memphis (PtahSekhmetNefertoum) ou d’Héliopolis (KhépriAtoum). Ailleurs, BēlÉa et Anu, les dieux de la terre, de la mer et du ciel sont la triade Babylonienne, une vraie ressemblance avec la « Grande Triade » du Taôisme qui se réfère au Ciel (Tien), à la Terre (Ti) et à l’Homme, l’être humain (Jen), sans oublier les trois divinités JupiterJunonMinerve  dans la mythologie Romaine. Le Christianisme n’a donc pas inventé la trinité, il l’a récupérée dans les religions et les mythologies anciennes ».

Elle m’interrompit tout net !

–          C’est faux ! Le Père, le fils et le Saint Esprit sont des réalités dans la foi chrétienne, ça n’a rien à voir avec des soi-disant triades.

–          Okay Dolorès. Admettons ! Mais prends la peine de regarder un peu les autres traditions religieuses : Dans l’hindouisme, la Trimūrti se compose des dieux BrahmâVichnou et Shiva cette Trimūrti succède à la trinité  védique formée d’AgniVâyu et Sûrya, les trois aspects du Feu sacrificiel. Partout dans les religions orientales, tu verras trois aspects, trois formes ou trois divinités.

–          Et qu’est-ce que ça prouve ?

–          Ca prouve que le principe trinitaire est la base des religions. Il faut un Père et une Mère, pour qu’il y’ait un Fils. Le Père, premier aspect, s’allie à la mère ou Saint Esprit, et des deux émane le Fils, deuxième aspect.

–          Tu veux dire que la Vierge Marie symbolise l’Esprit Saint ?

–          Non seulement je le dis, mais je l’affirme !

–          Pas d’accord avec toi.

–          Dans ce cas, visite la cathédrale Notre Dame de Paris.

–          Oui et alors ?

–          La cathédrale Notre Dame de Paris est l’emplacement de l’ancien temple d’Isis. Paris veut dire Bar-ISIS, la barque d’Isis. Observe aussi la pyramide du Louvre, l’Arche Royal du quartier de la défense, la croix égyptienne ANKH en plein cœur de Paris, et d’autres symboles.

–          Mais, tu me parles là de l’Egypte antique, rien à voir avec la trinité.

–          Dis-tu ! Osiris et Isis ont donné naissance à Horus. Comme je disais : Père-Mère-Fils. Lis l’histoire d’Horus, elle ressemble bizarrement à celle de Jésus. Lis l’histoire de Krishna, dans la mythologie hindoue, et tu constateras que lui aussi est né d’une vierge, et lui aussi a été crucifié, comme par hasard. Bouddha fut préservé du péché en naissant de la Vierge Maya.Prométhée descendit du ciel comme un Dieu pour s’incarner en homme afin de sauver l’humanité. Il fut crucifié, souffrit et fut ressuscité. Il fut appelé le Verbe ou le Mot.Mithra a les caractéristiques suivantes en commun avec le Christ: Mithra est né dans une grotte d’une vierge un 25 décembre. Il était considéré comme un grand sage et un maître qui voyageait beaucoup. Il était appelé « le bon berger » comme…

–          Jésus !

–          Exact. Je pourrais te prendre plusieurs exemples : Odin (Scandinavie); Quetzalcóatl (Mexique); Tammuz (Syrie), Thor (Gaules) le Monarque universel des Sibylles; Tous ou presque sont né le 24 Décembre à minuit.

–          Quoi ?

–          Oui Dolorès, le 25 Décembre est le symbole de la naissance des dieux-solaires, symboles de sauveurs de l’Humanité. Noel n’est pas la propriété du christianisme, c’est juste une fable qui se perpétue depuis des millénaires.

–          Pourquoi veux-tu détruire ma foi ?

–          Je ne veux pas la détruire, mais je veux la renforcer. Je veux te montrer que le message est universel, que la légende est la même selon les âges, les traditions et les religions. L’église catholique a juste récupéré cet héritage.

–          Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas ce que dit la Bible.

–          Oh, la Bible ! c’est une belle bibliothèque de mythes, c’est tout.

–          Non ! la Bible me dit que Jésus est mort pour moi sur la croix.

–          Ah la croix ! cette fameuse croix. Encore un symbole que le christianisme a voulu récupérer à tort. Observe ces croix !

Les Croix

–          Tu vois, elles sont nombreuses Dolorès, mais elles symbolisent la même réalité. C’est-à-dire, la fusion entre la vie horizontale et la vie verticale. Ce n’est qu’à ce moment là que « Tout est accompli ! », comme le Christ le proclame sur la croix. Pour que l’Homme soit accompli, son corps et son esprit doivent fusionner pour devenir une réalité alignée, une âme. On revient donc au symbole de la trinité et des triades.

–          Je ne vois pas où tu veux en venir.

–          C’est simple ! la naissance se fait dans la douleur. L’accomplissement se fait dans la croix, c’est-à-dire au prix des épreuves. Voilà le sens de la vie.

–          Et pourtant, ce n’est pas cela que m’enseigne ma religion.

–          Ah bon ? Soit tu ne la comprends pas, soit le message est biaisé. Toutes les religions du monde nous enseignent le pèlerinage sur terre. Elles nous enseignent toutes aussi l’amour du prochain. C’est donc une honte que ces mêmes religions fassent couler le sang après avoir dit : « Tu ne tueras point ! ». Celui qui tue, même au nom de Dieu, n’est pas de Dieu. La stupidité a envahi le cœur des centrafricains qui s’entre-tuent au nom des religions. Comme protestants et catholiques en Irlande, comme hindous et musulmans en Inde, comme musulmans et chrétiens en Iraq. C’est juste la preuve que la religion a échoué dans sa mission. Ce qu’on doit enseigner à l’Humanité c’est qu’elle est Indivisible et Une. Au lieu de continuer à nourrir les divisions basées sur les ethnies, les races et les religions. Voilà le problème des religions Dolorès.

–          Et pourtant, tu vois bien que les différents papes prônent l’amour et la paix.

–          Oui. Mais le message est bon, est-il seulement appliqué ? As-tu oublié les scandales des prêtres pédophiles ? As-tu oublié les exactions de l’église ? Tout cela est la preuve que nous sommes tous humains, faibles, donc perfectibles.

–          Je répète donc ma question : Es-tu franc-maçon ?

–          Crois-moi Dolorès, les vrais francs-maçons sont rares ou n’existent pas encore.

Sur cette phrase, quelqu’un vint à passer devant la table de notre fast-food. Dolorès décida alors de coder la conversation :

–          Bon, dis-moi, es-tu de la FM ?

–          Bien sûr, répondis-je en souriant. Je suis de la FM, la radio FM 94 et si tu veux la suite de notre discussion, écoute-moi tous les vendredis de 22h à Minuit sur cette station FM à Yaoundé.

Dolorès fut désemparée. Et je la comprends.


Depuis que la loge noire a envahi le Cameroun…

Chat Maléfique au dessus du Cameroun. Copyrights:https://entre-bretagne-et-roussillon.eklablog.com
Chat maléfique au-dessus du Cameroun.
Copyrights:https://entre-bretagne-et-roussillon.eklablog.com

Depuis que la loge noire a envahi le Cameroun, un nuage épais a couvert le ciel du berceau de nos ancêtres. Ce nuage épais a fait tomber une pluie éthérique qui arrose les consciences et les mentalités. Ce nuage est guidé par des Forces noires qui ont corrompu nos dirigeants, écervelé la jeunesse, tué la créativité, éclipsé le mérite.

Oui, depuis que la loge noire a envahi le Cameroun, dès le sein de l’enfant, on lui apprend la concurrence acharnée. On lui demande pourquoi il n’a pas eu 18/20 comme l’enfant de la voisine. On lui fout des complexes parce qu’on ne peut pas lui offrir la vie de rêve de tous ses camarades de classe. On lui arrache sa dignité, on le formate à être un être cupide, avide,  envieux et bien évidemment tricheur. Il triche pour être premier, il triche pour obtenir une place dans un concours administratif. Il triche même pour changer son âge ou son identité. Il triche parce qu’il sait que son oncle est assis dans un bureau, que cet oncle validera sa candidature, que cet oncle le placera devant des gens qui sont eux, plus méritants.

Depuis que la loge noire a envahi le Cameroun, le mal devient normal et le mal devient morale. On a  écarté la norme et normalisé l’écart. Même les concours militaires sont devenus une véritable saga de la mafia. Les diplômés issus des grandes écoles sont un agrégat de gens cooptés, pistonnés, et imposés. Alors, le pays va en vrille. Le pays est dirigé par des hommes et des femmes conscients de la faiblesse de leur mérite, et surtout de la précarité de leur soi-disant posture.

Depuis que la loge noire a envahi le Cameroun, même le football ne se joue plus comme il faut. Guerres, intrigues, coups bas, et tant de maux qui sont le reflet et le miroir du pays. On y observe tant de choses : méprise des textes,  gestion calamiteuse, et par-dessus tout, des joueurs tout puissants qui achètent les ministres, les dirigeants et les journalistes. Oh, les journalistes, oh les journalistes ! Chacun a un parti pris. Chacun tire en fonction de son financier. Des journalistes à la solde d’un clan, d’autres à la solde d’un autre camp. C’est le vrai camping-car du journalisme mercantile. C’est aujourd’hui la cacophonie dans ce noble métier, où ceux qui sont supposés nous informer nous désinforment. Aie, la loge noire a donc aussi envahi le milieu de la presse, et plus loin, encore, le milieu de la communication, infesté par des gens venus défendre les intérêts bestiaux de la loge noire.

Les artisans des notes sexuellement transmissibles

Depuis que la loge noire a envahi notre pays, les mœurs ont foutu le camp. La musique est devenue le centre d’appel de toutes les obscénités. Tout se passe comme si personne n’a conscience de cette trajectoire que prend le Cameroun, un pays qui coule, un pays qui s’écroule. Le nuage brumeux a même investi le cerveau des intellectuels. Ils ont oublié que « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Ils sont bardés de diplômes, ils ont des titres universitaires pompeux, mais ils n’ont pas encore été délivrés de la bestialité et des désirs les plus primaires. Ce sont eux, les artisans des notes sexuellement transmissibles, ce sont eux qui encouragent le monnayage des notes, ce sont eux qui luttent pour intégrer le système politique qu’ils sont supposés critiquer et théoriser.

La loge noire a envahi les campus, elle suce l’énergie vitale des étudiants et étudiantes, les soumet à une réflexion limitée, les rend vulnérables et les conduit à observer le silence de leur impuissance. La loge noire a même fait démissionner les parents. Ceux-ci ont oublié d’éduquer leurs enfants. Les mamans ont un seul espoir : celui de voir débarquer un beau-fils qui roule carrosse et qui finance toute la famille au détriment de l’argent public. Voilà pourquoi tout le monde veut devenir haut fonctionnaire, surtout haut fonctionnaire issu de cette école appelée Enam (Ecole nationale d’administration et de magistrature). Cette école  qui apprend aux administrateurs à consommer les crédits et les budgets. Elle apprend aux inspecteurs des impôts à se servir dans les ressources de l’Etat, car ici, depuis l’apparition de la loge noire, personne ne sert le pays, mais tout le monde se sert du pays, et tout le monde se sert dans le pays.

Des milliards détournés

Depuis que la loge noire est au Cameroun, on n’a jamais entendu parler d’autant de milliards détournés, de tant de ministres emprisonnés, de tant de gestionnaires corrompus. La loge noire a pris le contrôle du pays. Elle a des segments partout : dans l’économie, la religion, la politique, les associations, le sport, les organisations diverses. La loge noire a même construit des églises, partout. Une dans chaque quartier. Dans ces églises, on hurle du matin au soir et du soir au matin. Dans ces églises, on chasse les démons tous les jours, et tous les jours, ces démons reviennent. Dans ces églises, on parle de rédemption, prospérité, bénédiction, voyages, mariages, et …vie meilleure.

Mais, ceux qui ont toutes ces choses sont les promoteurs de ces officines qui concurrencent sérieusement les églises de la chrétienté. Alors la guerre du marketing religieux atteint son paroxysme. Des panneaux publicitaires, des émissions radio et télés, des campagnes d’évangélisation pour « réveiller » la population qui, étrangement est endormie de plus en plus. Elle dort quand il n’y a pas d’eau ni électricité. Elle dort quand son gouvernement valse avec des décisions et des contre-décisions. Elle dort quand elle s’appauvrit de plus en plus, elle dort quand les prix flambent sur le marché, elle dort parce que la musique douillette de la religion est un opium qu’on lui injecte chaque jour.

La loge noire a couvert nos têtes de son nuage brumeux. Elle a même permis à plusieurs imposteurs de se placer devant les caméras et de devenir des personnes respectables et respectées. Elle a placé tous ses lieutenants dans les sociétés publiques, parapubliques et privées. Tous se connaissent, tous se côtoient, tous fonctionnent de la même manière. Il n’y a de cohérence que dans leur façon d’opérer, il n’y a de cohérence que lorsque leurs intérêts sont menacés.

La loge noire a tué le patriotisme camerounais

La loge noire a même sali le drapeau national. Elle a fait en sorte que ce drapeau ne flotte plus dans nos écoles, nos administrations, nos sociétés. Elle a fait en sorte que des joueurs de football ont boudé ce drapeau devant un premier ministre, qui lui-même est dépassé par sa propre administration. La loge noire a tué le patriotisme camerounais. Elle a enlevé ce sentiment dans le cœur des jeunes. Elle a même donné l’impression à ces jeunes qu’être camerounais est une fatalité. Pendant ce temps, la loge noire pille, s’enrichit, s’achète de nouvelles voitures, nargue les démunis, fait tout pour se maintenir, et réduit au silence toute option d’un rayonnement lumineux.

La loge noire a oublié un fait : QUELQUE SOIT LA DUREE DE LA NUIT, LE JOUR FINIRA TOUJOURS PAR ARRIVER. Nous vivons la nuit noire du Cameroun en ce moment. Nous vivons les ténèbres. Nous sommes dans la caverne, « la caverne de Platon ». Creusons un trou, cherchons une issue, car il nous faut à tout prix une petite lueur de soleil. Car un seul rayon lumineux suffit à combattre beaucoup de ténèbres. Il faut donc se donner un peu de mal, pour prévenir beaucoup de mal.


Monsieur le Président, cela ne suffit plus !

Paul Biya, agissez!
Paul Biya, agissez!

Excellence, Monsieur le Président de la République, 

Vous venez de prescrire au Premier Ministre, chef du gouvernement, de vous apporter toute la lumière sur la campagne « peu glorieuse » des Lions indomptables à la Coupe du monde de football 2014 et surtout « avec des propositions, en vue d’une restructuration profonde et urgente du football ».

 

Excellence,

En vous remerciant pour cette mesure salutaire, qu’il me soit permis de vous dire que cette mesure ne suffira pas. Elle ne suffira pas pour guérir le football camerounais. Cette mesure a juste le mérite de calmer les ardeurs de vos concitoyens qui sont mécontents. Croyez-moi Excellence, ce mécontentement ne se limite pas à la honte ressentie par les Camerounais, devant ce spectacle pathétique des Lions indomptables, mais la douleur est beaucoup plus profonde. Elle leur rappelle le mal-être et la malaise des Camerounais, frustrés par le manque d’emplois, frustrés par l’absence de perspectives, et par dessus tout, étonnés de voir tant d’argent gaspillés d’abord pour ces 23 joueurs ayant boudé le drapeau national, ensuite, pour ces nombreux fonctionnaires mis en mission au Brésil pour des raisons que le contribuable ne saurait comprendre.

Excellence, cette mesure ne compensera pas les milliards de francs dépensés à chaque sortie des Lions indomptables. Celle de 2014 avoisine les 5 milliards de francs CFA que le contribuable camerounais a mis à la disposition de l’équipe qui s’est classée 32ème sur 32. Et pourtant, Monsieur le Président, nous sommes conscients que les choses qui sont égales à la même chose sont égales entre elles. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le problème du football camerounais ne se trouve pas dans le changement des hommes, mais plutôt dans le changement de système. L’équipe nationale est devenue un prétexte pour tous les actes budgétivores d’un pays qui a d’autres priorités comme la santé et l’éducation à pourvoir. Avec cet argent, des enseignants, des cadres et des techniciens auraient pu accéder à la fonction publique. Avec cet argent, de nombreux crédits auraient pu être accordés à des projets innovants ou des initiatives de jeunes.

Monsieur le Président de la République,

Cela ne suffit plus !

Le Premier ministre va sans doute vous adresser un document, un de plus…

Un de plus après la Loi N°96/09 du 5 Août 1996 fixant la Charte des Activités Physiques et Sportives ;

Un de plus après la Loi N°2011/018 du 15 Juillet 2011 relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives ;

Un de plus après le Programme National de Développement des Infrastructures Sportives (PNDIS) ;

Un de plus après le Décret N°2012/0881/PM du 27 Mars 2012 fixant les modalités d’exercice de certaines compétences transférées par l’Etat aux Communes en matière de sport et d’éducation physique ;

Un de plus après le rapport général des Etats Généraux du Sport et de l’Education Physique du 18 au 20 Novembre 2010 ;

Un de plus après le forum national du football camerounais ;

Un de plus après le projet de politique technique nationale du football camerounais.

Un de trop peut-être…

Car Excellence, les instruments cités plus haut ont déjà le mérite de fixer le cape de notre sport en général et de notre football en particulier. C’est un cadrage lucide pour la réorganisation de notre fleuron national qu’est le football, mais force est de constater que ces divers instruments sont peu ou pas du tout invoqués et appliqués. L’administration agit toujours dans l’urgence et ne se donne pas des moyens de planification. Or, la planification, c’est exactement ce dont notre football a besoin. Il a surtout besoin des gens qui l’aiment, le comprennent et le vivent avec passion et raison, et non pas des administrateurs plus soucieux des frais de mission qu’autre chose. Excellence, je vous demande humblement de regarder cet aspect des choses afin de comprendre que les raisons véritables de l’échec de notre football se retrouvent plus loin, dans une gestion calamiteuse, cacophonique et amatrice de la question du sport au Cameroun. C’est le reflet de gestionnaires peu avisés, peu patriotiques, peu soucieux du bien collectif. Je vous implore de faire cesser cette haute insulte au Berceau de nos ancêtres. Je vous implore,  de faire en sorte que pour une fois, les décisions soient prises et appliquées. Je vous implore pour qu’à travers le football, les Camerounais retrouvent leur sourire et leur fierté nationale.


Génération maudite de footballeurs.

Eto'o et Drogba, tristes capitaines.
Eto’o et Drogba, tristes capitaines.

On les appelle les générations maudites. Les générations des ballons d’or africains : Yaya Touré, Didier Drogba et Samuel Eto’o.

 

Si ce dernier, capitaine des lions indomptables peut se targuer d’avoir gagné deux CAN (Coupe d’Afrique des Nations) avec le Cameroun en 2000 et 2002, plus une médaille d’or olympique la même année, les deux illustres ivoiriens quant à eux sont dans la « malédiction » perpétuelle. Malédiction un soir de 2006, face à l’Egypte, en finale de la CAN. Malédiction un soir de 2012, toujours en finale, et face à la Zambie, malgré la présence galvanisante du président Alassane Ouattara au stade.  Les éléphants sont maudits. Ils sont la meilleure équipe africaine sur le papier, ils raflent sur tout, marchent sur tout et échouent toujours au moment crucial. Deux finales ratées, mais aussi trois coupes du monde dans l’eau : 2006, 2010 et 2014, les éléphants sortent encore du premier tour. Et pourtant, leur première victoire contre le Japon (2-1) avait réveillé l’espoir d’une nouvelle donne.  Si la défaite contre la Colombie (1-2) était acceptable, celle du mardi 24 Juin 2014 face à la Grèce était tout simplement cruelle. Un nul suffisait aux éléphants pour passer au second tour, mais il a fallu cette 94ème minute, cette ultime minute d’horreur, pendant que Drogba et ses partenaires priaient tous les dieux, ceux-ci n’ont pas entendu la détresse de tout un peuple. Encore une fois, le malheur s’abattra sur les éléphants : un pénalty de dernière minute, et une crucifixion venue du panthéon grec. Oui, la coupe du monde a une saveur bien amère pour cette génération  de ballons d’or. Des joueurs qui gagnent tout avec leurs clubs respectifs mais qui n’arrivent pas à s’en sortir en équipe nationale. Qu’on se le dise, Eto’o, Drogba, Gervinho, et Yaya ont quelque chose de lourd, une pesanteur terrible qui les pétrifie sur le terrain. Un complexe d’infériorité qui les stagne dans une sphère de jeu impitoyable et qui dessine une autre trajectoire, en humiliant au passage le talent de ces joueurs pourtant reconnus dans leurs clubs respectifs. C’est que la coupe du monde a du mal à accepter cette génération. Comme a dit un supporter ivoirien au soir de cette défaite face à la Grèce : « Merci, mais il est temps de laisser la place aux jeunes générations ».

Oui, les gars, Cantona était un grand joueur, il n’a pas été champion du monde, ni Jean Pierre Papin d’ailleurs. Cela signifie que dans la loi du football, il existe une irrationalité qui s’appelle baraka, chance, aura, autant de notions qui refusent de vous accompagner sur le terrain. Samuel Eto’o le sait, depuis le départ de Patrick Mboma, et surtout depuis la mort de Marc-Vivien FOE, sa présence au sein de l’équipe nationale du Cameroun a toujours été infructueuse. Une finale perdue en 2008 lors de la coupe d’Afrique des Nations, et c’est presque tout, si on enlève ses deux buts marqués en 2010 en Afrique. Il y’ aura eu aussi deux CAN manquées par le Cameroun en 2012 et 2013, et bien entendu, cette autre coupe du monde de la honte, celle de 2014 qui s’achève avec un sentiment horrible de gâchis et d’injustice. Malheureusement, c’est cela la  cruelle loi du football, il y’a des vainqueurs et des vaincus, des premiers et des derniers. Les derniers peuvent être des anciens ballons d’or africains, et cela aussi mérite une petite méditation de notre part.


Supprimez le mot « amitié » du dictionnaire !

Photo par Maman@home, blog de maman à la maison
Photo par Maman@home, blog de maman à la maison

Oh là, quelle douleur profonde ! Je saigne et je baigne dans une déprime mémorable, le genre de déprime qui est arrivée à son paroxysme ce matin.

 

Je reviens du mariage de NDO et de ma cousine Alice, enfin, désormais elle s’appelle madame NDO. Ce couple là est né devant moi, au quartier Cité verte, en 2006. Huit ans plus tard, les voilà signant pour le meilleur et le pire. A peine sorti de la mairie de Yaoundé 2, on a pris la direction de ce restaurant de la Communauté Urbaine à la Cité Verte. Ah, la cité verte, ce fameux quartier de mes 400 coups. J’y ai connu tous les accès et tous les excès. J’y ai connu la peur, l’amour, le sexe, mais aussi l’illusion et la trahison. C’étaient les années de gloire avec mon réveil matinal, « Ongola Café », la seule émission qui faisait de l’audience à 4 heures du matin. C’était l’époque de l’émission « A VENIR » aimée et détestée en même temps, entre vedettariat et jalousie des téléspectateurs. C’était cela, la télé, et il fallait l’accepter ainsi. C’était l’époque où mon téléphone sonnait, et sonnait encore. J’étais important, j’étais… incontournable. Oui, je ne passais pas inaperçu, même si cela n’était pas forcément voulu. C’était l’époque où je faisais salle comble au Centre Culturel Français avec les artistes Koppo, Krotal, Sultan Oshimihn, Kareyce Fotso, VBH, X Maléya, etc. (je ne peux et je ne veux pas tous les citer). Oui, tous là venaient me voir. Enfin, ils venaient voir celui que j’étais, c’est-à-dire une simple perche. J’avais alors la naïveté de croire que j’étais important, car j’avais des « amis » importants. Je croyais en nos discussions, nos débats, notre vision d’un Cameroun meilleur. Dix ans plus tard, où en sommes-nous ?

Nous en sommes à ce matin de mariage du couple NDO. Toute la « famille » de la cité verte était là, mais ce n’était plus du tout la même ambiance. J’ai honteusement quitté le restaurant avant l’ouverture du cocktail, car le protocole a cru devoir me mettre sur une table avec deux femmes enceintes. L’ennui et la tristesse étaient garantis. Même le nouvel humoriste Moustik Charismatik a refusé de se mettre à cette table. C’est là que j’ai prétexté une urgence pour m’éclipser. La vérité c’est que je ne suis plus à ma place dans ce monde là. Le monde des artistes et du show-biz, c’est fini pour moi. J’ai cru en la fraternité qui pourrait lier les journalistes-animateurs aux artistes. Là encore, c’est le jeu des intérêts qui prime. Filles comme garçons, à l’exception de quelques rares artistes, ton téléphone pour eux est synonyme d’opportunité. Mon cousin Pitou me disait à cette fameuse cité verte : « Tu es trop naïf et tu es aveugle. Tous ceux qui t’entourent ne te veulent pas forcément du bien ». J’ai botté tous ces propos en touche. Et pourtant, je n’ai pas vu un seul aux obsèques de mon père. J’en ai pas vu un seul lorsque mon ex fiancée m’a quitté (elle aussi parce que je ne brillais plus). Dure réalité qu’est ce monde. Alors ce matin, je me suis demandé ce que je faisais là ? J’avais personne à qui parler, puisque depuis un moment, quand je revois cette bande,  je les écoute tous se pavaner, et parler de leurs exploits, et exhiber leurs nouvelles trouvailles ou conquêtes, et rebelote… Non, je ne suis plus de cet univers. Je suis dans le monde sans être du monde, comme le Christ nous demande d’être dans la Bible. Sauf que le Christ avait sans doute oublié que tout cela rime avec solitude. Un ami, tu peux l’appeler à 2 heures du matin et il apparaît. Mais là, si j’appelle Dominique, elle est mariée. Son mari n’appréciera pas. Si j’appelle Viviane, pareil. Olivia est en Afrique du Sud, comme Christelle. Mon cousin Pitou est désormais à Liège en Belgique avec Patrick Ermano qui officie sur la FM RCF. L’aîné Heyndricks qui me donnait des conseils judicieux à ACMS (Association Camerounaise pour le Marketing Social) est hors du pays lui aussi. Tout ce qu’il trouve à me dire ces jours-ci via Facebook c’est : « marie-toi ! ».

Je repensais à cela ce matin, en admirant le bonheur du couple NDO, mais hélas Heyndricks, là encore ce n’est pas une mince affaire. J’ai cherché des filles, j’en ai connu à la pelle, mais la seule que j’ai aimée est partie. J’ai voulu en aimer une autre, mais l’Allemagne a eu raison d’elle. Elle me manque ! Car elle, c’était mon amie. Elle était la seule qui écoutait autre chose que mes émissions, mes spectacles ou mes histoires avec le show-biz. Même mon mentor à la radio, Wally n’est plus là. Tous ces gens enrichissent la diaspora et m’ont laissé ici, dans ce Cameroun qui est émergent aujourd’hui. Ils m’ont laissé orphelin et je n’ai que pour seul ami un écran d’ordinateur pour guetter chaque jour si Jean-Robert Chauvin m’enverra un mail depuis Villeurbanne ou si Lina Trabelsi me fera signe depuis Montpellier. Je me sens si seul, et pourtant, même entouré comme ce matin de mariage, je suis encore plus seul. On m’a dit : « Tu as cru que le monde se fondait sur la vérité et la sincérité. Tu as obtenu que la seule vérité palpable est que l’amitié est une notion éphémère ».  Même le jour de ma soutenance, ma voisine de lit m’a lâché. Les jours difficiles sont ainsi hein ? Personne sur qui compter. Seul, mais alors, seul au monde ! Je ne vois plus qu’en eux l’expression de plusieurs « moi » hypertrophiés. Là où l’égoïsme prime. L’amertume saveur d’une jungle urbaine qui ne parle que le langage du cynisme, de la calomnie, et même des coups bas. Bienvenue dans le monde merveilleux, mon enfer. Bienvenue surtout dans le coup de grâce, l’ultime déception de ma vie : L’émission LES COPS D’ABORD que j’ai servie pendant 15 ans, au détriment de mon argent, mon énergie, mon cerveau, mes nuits sans sommeil. Des années à draguer des proviseurs pour avoir une liste de 6 élèves compétiteurs en culture générale. Des années à supplier des autorités pour qu’elles nous payent le transport d’une ville à une autre. Des années à faire le pied de grue devant les entreprises pour obtenir des lots que ces mêmes écoles regardent avec dédain. Des années de galère où plusieurs jeunes du pays de Paul Biya ont appris la radio, l’écriture, mais aussi ma rigueur et ma passion. Il a suffit qu’ils aient une opportunité et les voilà déjà sur le toit du monde à penser qu’ils ont tout compris. Au-delà de l’ingratitude, c’est surtout leur indifférence qui me refroidit. On est vraiment dans la loi de la jungle. Comme un symbole, pour cette dernière émission au mois de mai dernier, seuls Eddy-Christian et Willy, les co-fondateurs de cette émission ont répondu à leur manière. Mais eux, je ne peux plus les embêter. C’est fini l’époque où je pouvais débarquer chez Eddy-Christian à Obogogo ou chez Willy à Olézoa. Ils sont mariés… Oui, le respect de leur intimité m’impose de la distance et c’est assez douloureux comme ça. Je les remercie d’avoir essayé de me comprendre (on dit que je suis incompréhensible). Mais, j’ai eu la larme à l’œil au soir du 17 mai 2014. J’étais dépité, dégoûté. J’étais mal pour toutes ces années de sacrifice qui n’ont accouché que de gens insensibles, indifférents, à la limite, ingrats. Quel jour sans, ce jour-là. J’ai vu défiler toutes les générations de cops, leurs trahisons, leurs coups bas, leurs mesquineries, et par-dessus tout, l’un d’entre-eux qui a délibérément décidé de ne pas venir alors qu’on l’attendait à la réalisation. Il a dû savourer en secret son « délice » de nous avoir fait faux bond. Il était ce matin au mariage de NDO. Avec son éternel faux sourire, je me suis souvenu de l’année 2004, quand son frère, ami, et Dieu d’artiste me l’a présenté. « C’est mon cousin, peux-tu prendre soin de lui ? ». Et moi, j’étais tout fier de rendre service à l’artiste. Comme toujours… Les gens ont vraiment la mémoire courte. Qu’importe ! Je suis heureux de savoir que nul n’est indispensable, surtout pas moi. Alors, LES COPS D’ABORD qui voulait dire les copains d’abord s’avère juste être un mensonge qui a duré 15 ans. J’y ai cru seul, et j’y ai crevé tout seul. Quelle claque ! La douleur est profonde Dolorès. Tu dois te dire que j’ai besoin d’un bon psy. Sans doute auras-tu raison. Mais relis-moi et tu comprendras depuis le début que je suis en train de me psychanalyser tout seul. Une automédication, fruit d’une prescription et d’un diagnostic tout aussi personnels. L’amitié est une illusion Dolorès. L’amitié n’existe pas. Imagine-moi demain, patron, directeur, décideur, ministre, les amis j’en aurais comme en 2004, 2005 et 2006. Imagine-moi devenir Team Press Officer des Lions indomptables, je serais sollicité de partout. Imagine-moi devenir responsable de la communication d’une multinationale, le regard va changer n’est-ce pas ? Je comprends maintenant pourquoi quand les gens changent de statut, ils deviennent arrogants, te regardent de haut et ne décrochent plus tes appels. C’est la rançon de la gloire, dit-on ! Mais, trop peu pour moi ! Je vais encore paraphraser le Christ biblique : « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Parce que dans mon royaume, fut-il dans ma tête, ton oui est oui, ton non est non. Dans mon royaume la loyauté existe. Dans mon royaume on appelle un frère pour demander de ses nouvelles et non pour demander un service. Dans mon royaume l’émission LES COPS D’ABORD a son vrai sens. Mais hélas ! J’arrête tout. Ici chez vous, l’amitié n’existe pas, alors supprimez le mot « amitié » du dictionnaire !