Ecclésiaste Deudjui

J’ai participé à une formation sur la migration

Je sors d’un atelier de sensibilisation sur la problématique de la migration subsaharienne. Et je vais vous en livrer la quintessence.

 

repas de groupe à Assinie
Les repas de groupe étaient généralement très animés. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Les participants

L’atelier en question a été organisé par la Friedrich-Ebert Stiftung (FES) qui est une organisation allemande. Il s’agissait de regrouper les acteurs des médias sociaux en Afrique de l’Ouest + Cameroun. C’est ainsi que chaque pays a été représenté par deux blogueurs, à l’exception de la Côte d’Ivoire qui en avait six puisque les activités se sont déroulées sur son sol.

La participation était paritaire. C’est-à-dire que sur les 26 participants invités, il y en avait quatorze qui étaient des femmes ! Moi par exemple j’étais accompagné de la blogueuse Minette Lontsie pour le compte du Cameroun. Les autres pays représentés étaient le Sénégal, le Bénin, le Togo, le Ghana, le Nigeria, le Liberia, le Burkina Faso, le Mali, la Guinée et enfin la Côte-d’Ivoire.

 

Les intervenants

Le facilitateur de cet atelier se nommait Ruben Boni. Il s’agit d’un jeune Ivoirien qui est conseiller politique à la FES (à lire sans arrière-pensée), et qui nous a servi de guide, de modérateur, de grand-frère, de moniteur, etc. Mais la formation a été enrichie par la présence d’experts sur les questions migratoires, à l’exemple du sieur Issiaka Konaté qui est le directeur général des Ivoiriens de l’extérieur (je ne sais pas ce que ça veut dire). Il y a aussi eu la Française Aude Emilie Nanquette, qui est chargée de l’information à l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM), bureau d’Abidjan.

Mais ma préférée c’était la Camerounaise Nathalie Yamb. Parce que c’est ma compatriote, mais pas seulement ! Son expertise sur les scénarios de la migration internationale m’a impressionné ! Elle donnait les raisons pour lesquelles les gens peuvent être amenés à migrer d’un pays à un autre, et il y en avait qui ne m’étaient pas apparu de façon évidente. Par exemple, que certaines femmes migrent en pensant qu’il suffit de tomber enceinte en Occident pour que le pays d’accueil les prenne totalement en charge, en sus de leur accorder la nationalité…

Il y a aussi eu une représentante du PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement) qui nous a parlé de la gouvernance, et enfin une certaine Aïda Ndiaye qui nous a parlé des médias sociaux en tant que responsable des relations publiques de Facebook pour la sous-région de l’Afrique de l’Ouest.

 

séance de travail avec Nathalie Yamb sur la migration
Intervention de la Camerounaise Nathalie Yamb sur les scénarios de la migration. Photo: Geoffroy Eyou /CC-BY

 

Les activités

Déjà, les activités se sont déroulées sur une période de quatre jours, et cela dans un cadre paradisiaque. Nous étions logés dans un hôtel situé en bordure de mer, dans la ville touristique d’Assinie. Il fallait parfois se déplacer en chaloupe pour se rendre d’un coin à l’autre de la zone de formation, puisque nous travaillions à l’hôtel Assinie Beach et que nous déjeunions à l’hôtel African Queen. Nous nagions dans l’une et l’autre des piscines et j’ai même failli me noyer à plusieurs reprises.

La formation s’est achevée dans la ville d’Abidjan, puisque nous y sommes allés et nous avons été accueillis par les plus hauts dirigeants de la BAD (Banque Africaine de Développement). Ces derniers nous ont fait des exposés sur leurs missions, leurs financements, leurs organigrammes, leurs programmes, etc. Et il y a même un directeur qui a promis de nous réinviter à Abidjan afin que nous participions à leur forum annuel qu’ils organisent avec la société civile

 

Les leçons

J’ai retenu plusieurs choses durant cette formation. J’ai d’abord retenu que la migration en elle-même n’est pas une mauvaise chose, mais que c’est la migration irrégulière qui pose souvent problème. J’ai retenu que la mal gouvernance joue un rôle majeur dans la fuite de nos cerveaux et de nos jeunes talents comme Pierre La Paix Ndamè, puisque nos dirigeants ne veulent pas nous construire un cadre de vie épanouissant. J’ai aussi retenu que nous devons dire la vérité sur les souffrances que certains Africains endurent à l’étranger, mais que nous devons surtout valoriser les réussites qui se déroulent sur notre continent. J’ai compris que nous devons travailler nous-mêmes afin d’améliorer notre environnement, que nous devons rehausser notre estime de nous-mêmes, et que nous devons aussi penser à rentrer au bercail même lorsque nous avions auparavant décidé de migrer.

Bref, il faudrait simplement que nos chefs-d’Etat commencent enfin à faire rêver nos populations.

 

les blogueurs à la BAD à Abidjan
Visite institutionnelle à la BAD (Banque Africaine de Développement), à Abidjan. Photo: Sékou Denou /CC-BY

 

J’ai participé à une formation sur la migration subsaharienne

Donc je sors d’un atelier de sensibilisation sur la problématique de l’émigration irrégulière. Et je tenais absolument à vous en livrer la quintessence.

 

J’ai participé à une foire gastronomique. Puisque nous mangions au moins cinq repas par jour : petit-déjeuner, pause-café, pause déjeuner, pause-café, pause dîner…

J’ai participé à un voyage touristique. Puisque non seulement nous étions logés comme des princes, mais mon ami Geoffroy Eyou me présentait la Côte d’Ivoire comme si je l’avais recruté en tant que mon guide personnel.

J’ai participé à un véritable camp de vacances, puisque nous travaillions énormément mais que nous nous amusions aussi suffisamment.

 

Et c’est de cette manière que nous sommes devenus amis, nous, les 26 participants. Nous avons tissé des liens qui resteront dorénavant inébranlables, et d’ailleurs nous avons même déjà commencé à fomenter quelques projets pour le futur. Car l’Afrique ne pourra jamais se développer tant que nous resterons là à ne rien faire contre ce dangereux fléau que représente la migration irrégulière.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je suis un migrant régulier

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J’ai comparé la Côte d’Ivoire avec les camerounaiseries

La semaine dernière je me suis déplacé pour la Côte d’Ivoire. Et j’ai profité pour comparer les Ivoiriens avec les camerounaiseries…

 

La ville de Bonoua
En dehors d’Abidjan, les autres villes sont généralement sous-développées. Photo : Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

J’ai comparé la politique

La première chose qui m’a frappé dès mon arrivée, c’est quand j’ai constaté que les Ivoiriens n’apprécient pas réellement leur président de la République (ils le détestent même, à vrai dire !). Et c’est pour ça que le retour de Laurent Gbagbo est toujours attendu là-bas comme une libération nationale, puisque sa ville natale de Gagnoa est même déjà devenue comme un lieu de pèlerinage…

Les Ivoiriens ont déjà connu cinq présidents différents en 37 ans, alors que le Cameroun n’en a eu qu’un seul (et il sera encore candidat en 2025 !). Et pour les élections présidentielles de 2020, on annonce un duel très serré entre Guillaume Soro qui vient de démissionner de la tête de l’Assemblée nationale, et Alassane Ouattara dont je viens de vous dire que les Ivoiriens ne le portaient pas chaleureusement dans leur cœur…

 

J’ai comparé les infrastructures

Si on ne se basait que sur Abidjan et Yamoussoukro, la Côte d’Ivoire serait très certainement l’une des plus belles nations de toute l’Afrique ! Mais malheureusement le développement de ce pays est vraiment épars, et la plupart des autres villes sont en réalité des villages qui ne sont même pas encore en voie de rurbanisation…

Par contre, Abidjan est fantastique ! C’est une très grande ville qui s’étale sur une dizaine de communes (Adjamé, Cocody, Marcory, Yopougon, Abobo, Treichville, Deux-Plateaux, etc). Toutes les routes d’Abidjan sont parfaitement goudronnées, extrêmement larges et suffisamment éclairées. La ville comporte aussi de nombreux échangeurs, de jolis ponts sur la lagune, des baies aménagées, un métro en construction, un gigantesque palais de la culture, etc.

L’aéroport du pays est ultra-moderne. La basilique de Yamoussoukro est l’une des plus démesurées au monde ! La Côte d’Ivoire abrite aussi des institutions internationales comme la BAD (Banque Africaine de Développement) ou encore la FES (Friedrich-Ebert Stigfund). Les établissements hôteliers sont haut de gamme. Il n’y a jamais de coupures d’électricité dans la capitale, et les rues sont quotidiennement balayées et entretenues. Il est même strictement interdit d’uriner dans la nature comme c’est malheureusement souvent le cas ici au Cameroun…

 

route de Côte-d'Ivoire
Les routes d’Abidjan sont larges et bien entretenues. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

J’ai comparé les ambiances

Je ne pouvais pas rentrer de la Côte d’Ivoire sans me rendre à Yopougon. Je ne pouvais pas ne pas visiter la rue Princesse (il y a aussi une rue des Princes de l’autre côté). Je ne pouvais pas ne pas draguer les Ivoiriennes même si elles ne sont pas aussi jolies ni aussi sexy que les Camerounaises.

Par ailleurs, la chanson préférée des Ivoiriens c’est le zouglou. Et c’est sur ça que les « brouteurs » (escrocs qui arnaquent les gens sur internet) viennent dans les boîtes de nuit pour se déhancher, et pour gaspiller l’argent de l’économie numérique. Et c’est comme ça que les nuits de Yopougon sont interminables, puisque les snack-bars sont situés de tous les côtés de la rue et que les taxis circulent normalement alors qu’il est déjà environ 3 heures du matin…

 

J’ai comparé les modes de vie

Déjà, les Ivoiriens adorent la belle vie. Ils aiment vraiment se détendre. Ils adorent les escapades balnéaires, et d’ailleurs ils ont deux villes paradisiaques en bord de mer qui s’appellent Assinie et San Pedro.

Ils adorent aussi les bons restaurants comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Ils consomment toujours leur bouteille de bière avec un verre. Ils aiment s’asseoir en groupe au milieu de la route. Ils ne savent pas draguer les femmes dans la rue. Ils sont toujours connectés sur WhatsApp. Ils ne vendent pas les préservatifs dans leurs boutiques ni dans leurs magasins…

En fait, ce qui m’a surtout choqué c’est leur nourriture. Car je ne comprends pas comment un être humain peut consommer de l’attiéké environ six jours sur sept ! Jusqu’à on vend ça en sachet dans tous les carrefours, tous les bars, tous les maquis, tous les tourne-dos, etc. Et ce qui m’a surpris c’est quand j’ai vu des gens qui étaient carrément en train de consommer de l’attiéké avec du poisson braisé…

 

plage à Assinie
L’une des plages de la ville balnéaire d’Assinie. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

J’ai comparé la Côte d’Ivoire avec le Cameroun

Donc la semaine dernière je me suis déplacé en Côte d’Ivoire pour six jours. Et j’ai profité pour comparer les ivoirienneries avec les camerounaiseries…

 

J’ai comparé les populations. La Côte d’Ivoire compte environ 23 millions d’habitants (contre 25 millions pour le Cameroun), mais 25 % de ces résidents sont de nationalité étrangère.

J’ai comparé les blogosphères. Il existe deux associations de blogueurs en Côte-d’Ivoire. Il y a de plus en plus de start-up numériques, et les Ivoiriens commencent déjà à se lancer dans le développement d’applications mobiles.

J’ai voulu comparer nos compagnies aériennes (Air Côte d’Ivoire et Camair-Co), mais je ne voulais pas que mon cher pays le Cameroun se retrouve aussi fortement distancé.

 

Puisque dans la réalité hein, le Cameroun organisera la Coupe d’Afrique 2021 grâce à la permission de la Côte-d’Ivoire. Nos deux nations sont des nations sœurs. Le Cameroun devance la Côte d’Ivoire sur certains plans, et la Côte d’Ivoire surclasse le Cameroun sur d’autres plans également. Voilà pourquoi je ne souhaitais même pas comparer les camerounaiseries avec nos bons amis et frères de la Côte d’Ivoire.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, merci à Emile Bela

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Cameroun, voici la face cachée de tes adolescentes !

Nous sommes en pleine semaine de la Jeunesse et vos enfants vont en profiter pour aller se divertir. Mais laissez-moi quand même vous présenter la face cachée de toutes ces adolescentes…

 

des filles qui escaladent le portail de leur lycée
Parfois les élèves sèchent les cours en escaladant le portail de l’établissement. Source: afrikmag.com /Image reproduite sous autorisation

 

Cameroun, tes adolescentes ne sont plus vierges !

Je crois qu’il fallait que je commence par là. Car nombreux sont les parents qui regardent encore leurs petites fillettes comme de saintes Nitouches, alors que ces adolescentes-là sont déjà des dévergondées !

La plupart de nos jouvencelles est dépucelée à partir de l’âge de quatorze ans. Et les retardataires à quinze, à seize ou encore à dix-sept ans. La majorité des filles de dix-huit ans et de dix-neuf ans sont déjà tombées enceintes au moins une ou deux fois. Et certaines avaient préféré garder la grossesse […] Mais une chose est quand même certaine hein, c’est que nos adolescentes sont déjà des professionnelles du sexe. Et certaines sont devenues nymphomanes comme la Bonita de Parfait Ayissi, ou encore la fille qui a malaxé le préfet de la Mifi jusqu’à le bon monsieur a été obligé de remettre précipitamment son âme au bon Dieu…

 

Tes adolescentes sont des menteuses !

Les adolescentes camerounaises sont des menteuses, des hypocrites et des manipulatrices ! Elles te donnent toujours l’impression qu’elles ne connaissent rien, alors qu’en réalité elles sont des panthères ! Elles ont toujours un comportement de vierges effarouchées lorsqu’elles sont en présence de leurs aînés et de leurs mentors. Elles appellent toujours les étrangers « Tonton », et pourtant elles flirtent forniquent déjà avec leurs répétiteurs mais également aussi avec les amis de leur géniteur…

Au Cameroun, les filles qui ont la puberté ont déjà fini de planifier la date de leur mariage. Elles ont déjà sélectionné leur Prince Charmant. Elles ne s’affichent pas trop avec leurs vrais dragueurs dans leur propre quartier, et c’est pour cela qu’elles ont généralement des vêtements de rechange dans leur sac à dos. Je pense même que les filles les plus dangereuses sont celles qui sont le plus poli, le plus respectueux et le plus précautionneux lorsque vous les observez en présence de leur autorité académique ou bien religieuse.

 

des élèvent qui étudient
Nos adolescentes sont quand même assez studieuses. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Tes adolescentes sont quand même assez intelligentes

Malgré tout, et de ce que j’en sais, on a quand même des adolescentes qui sont quand même assez intelligentes. J’ai le sentiment qu’elles savent vraiment faire la part des choses. Elles s’amusent énormément, bien sûr, bien entendu, elles boivent aussi la bière de temps en temps (la Booster et la Ice de préférence) et elles sont perpétuellement connectées sur les réseaux sociaux (WhatsApp, Facebook, Instagram et SnapChat), mais elles restent quand même assez concentrées sur leurs objectifs scolaires.

J’ai déjà remarqué que les adolescentes camerounaises s’expriment correctement en langue française lorsqu’elles se sentent libres libérées. Elles savent aussi faire la cuisine et le ménage pour la plupart. Elles ne sont pas si naïves qu’elles en ont l’air. Elles peuvent te parler de la psychologie des manies et de la maïeutique socratique avec la même perspicacité que mon ami Pierre La Paix Ndamè. Elles réfléchissent déjà par elles-mêmes, elles « pensent », et elles sont aussi capables de dire Non lorsqu’elles ne sont pas d’accord avec ce que quelqu’un veut leur inoculer. Mais malheureusement nos adolescentes sont très sournoises, et bien souvent elles ne permettent pas aux gens qui les ont vues grandir de pouvoir percevoir la luminosité de leur intelligibilité.

 

Tes adolescentes sont très ambitieuses

C’est la suite logique de l’intelligence. Puisque quand tu discutes sérieusement avec une jeune Camerounaise, elle va immédiatement te parler de ses projets. Elle va te présenter les difficultés qu’elle a rencontrées dans chacun d’eux, et à la fin elle va te déclarer qu’elle rêverait de devenir une demoiselle qui sera complètement autonome (donc qui ne comptera pas sur un homme).

Les adolescentes camerounaises sont très ambitieuses ! Sinon, comment expliquer qu’elles soient déjà capables de se mélanger ꟷsur un même matelasꟷ avec leurs supérieurs ? Hein ? Ou bien de flirter avec des types qui ont deux fois leur âge ? Ou bien de fumer toujours la chicha et de réclamer toujours les grands restaurants ? Hein ? Et c’est à force de les voir traiter avec des gens personnalités qui sont plus matures qu’elles-mêmes, qu’on a fini par édicter ces deux lois ici au Cameroun : 1°) Les filles grandissent plus vite que les garçons. 2°) Un homme doit toujours épouser une femme qu’il dépassera au moins avec dix années d’écart…

 

des adolescentes dans une fête
Nos adolescentes sont métamorphosées pendant les cérémonies. Photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Cameroun, voici alors la face cachée de tes Camerounaises…

Donc puisque nous sommes en pleine semaine de l’Amour, vos enfants vont sûrement en profiter pour aller célébrer la Saint-Valentin. Mais laissez-moi quand même vous présenter la face cachée de toutes ces adolescentes…

 

Cameroun, voici la face cachée de tes élèves : elles couchent déjà avec plusieurs camarades de classe au même moment, comme la partouze qu’on avait retrouvée à Bafoussam et qui avait nécessité l’intervention de la Gendarmerie Nationale.

Cameroun, voici la face cachée de tes étudiantes : elles collectionnent déjà les hommes mariées, elles s’achètent déjà les greffes brésiliennes, et elles flirtent aussi avec le rectorat afin d’obtenir des notes qui seront sexuellement transmissibles.

Cameroun, voici la vraie face cachée de nos Camerounaises, puisque les adolescentes de maintenant ne sont ni plus ni moins que les futures araignées de demain.

 

Et pourtant elles sont quand même suffisamment intelligentes, et j’ai aussi le sentiment qu’elles savent parfaitement distinguer la part des choses. Et pourtant elles sont quand même très entreprenantes ! Mais dans une République où les curateurs n’ont plus le temps de se préoccuper de leur propre progéniture, ces adolescentes se retrouvent souvent livrées à elles-mêmes. Puisque dans les associations de parents d’élèves par exemple, les organisateurs ont délaissé l’éducation nationale pour ne se focaliser que sur l’argent.

Et ce sont ces mêmes parents-là qui vont profiter de la fête de la Jeunesse pour aller se divertir…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je connais la face cachée de tes parents

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La vie est dure hein, je vous dis vrai. Quand tu rencontres une jolie fille dans la rue, tu ne sais même pas comment tu vas faire pour l’aborder. Lorsque tu es dans un entretien d’embauche, tu ne sais même pas ce que tu vas dire au type en face de toi qui te pose ses questions stupides (« Vous aimeriez gagner quel salaire ? »). Parfois quand tu es tranquillement assis chez…


Mon carnet de voyage de la ville de Yaoundé

La semaine dernière je me suis rendu à Yaoundé pour affaires. Et j’ai pu remarquer certaines choses qui mériteraient de figurer dans mon carnet de voyage…

 

un habitant de Yaoundé qui fait du sport
Les habitants de Yaoundé pratiquent beaucoup de sport. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Yaoundé est une ville sécurisée

C’est la première chose qui m’a frappé lorsque je suis arrivé dans la ville du Nkukumah. Puisque dès les entrées de la ville, il y a des militaires qui vont vous faire descendre de votre véhicule, puis qui vont vous demander exiger de présenter votre carte nationale d’identité originale.

Et dans le centre-ville c’est pareil ! Puisque même quand il n’y avait pas encore les affaires de Kamto et de son MRC qui veut littéralement déstabiliser le Cameroun, il y avait déjà des contingents de policiers dans presque tous les carrefours ! Et j’ai aussi rencontré des cohortes de gendarmes devant certains stationnements. J’ai rencontré des militaires en fusil en train de diriger la circulation. Je suis même tombé nez-à-nez avec certains éléments de la Garde présidentielle et du BIR, puisque ce sont leurs éléments qui sont armés jusqu’aux dents et qui protègent le domicile des ambassadeurs, les ambassades elles-mêmes, la résidence du Délégué général de la Sûreté nationale à Bastos, etc.

 

Yaoundé est une ville d’ambiances

Honnêtement, j’avais toujours considéré Yaoundé comme une ville sous-ambiancée. Mais c’était normal, puisque moi je vis à Douala depuis l’année 2006, et que c’est difficile (voire impossible) de faire mieux que la ville de Douala en ce qui concerne les ambiances ici en Afrique francophone…

Soit. Mais Yaoundé est quand même une ville assez mouvementée. Il y a de nombreux bars là-bas, il y a les snack-bars, il y a les boîtes de nuit, les hôtels, les auberges, les restaurants huppés, etc. Yaoundé est une ville qui tourne presque 24h/24. Et puis j’ai remarqué qu’il y a toujours des vendeurs de nourriture (poulet, porc, chawarma, poisson braisé…) devant les lieux d’ambiance, et que ce sont surtout ces vendeurs-là qui font sortir les Camerounaises […] J’ai aussi remarqué que l’esplanade du stade omnisports est un lieu très prisé puisque les Yaoundéens sont de véritables sportifs. Et puis il y a aussi de nombreux spectacles culturels à Yaoundé, il y a des concerts privés, des foires internationales et des salons, etc. Et je pense donc que je vais cesser de considérer notre capitale politique comme une agglomération qui est dénuée de divertissements…

 

Ecclésiaste Deudjui et Hervé Mambou
J’ai visité les nuits de Yaoundé en compagnie de mon ami Hervé Mambou. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Il y a (quand même) de jolies filles à Yaoundé

En réalité les filles de Yaoundé ne sont pas si moches. Mais c’est parce que parfois elles se montrent un peu coincées, fermées, immatures, et qu’elles manquent quelquefois de style ! Elles ne sont pas aussi dégagées que les filles de Douala qui s’habillent toujours sexy et qui sont toujours ouvertes aux propositions indécentes. Mais ça c’était avant ! Puisque durant mon séjour d’affaires, j’ai pu remarquer certaines Yaoundéennes qui mériteraient également de figurer dans mon carnet de voyage…

Yaoundé a de très jolies filles ! Yaoundé a de très jolies serveuses. Yaoundé a de très jolies demoiselles qui se rendent à l’esplanade du stade omnisports. Yaoundé a de très jolies femmes dans les taxis. Et ces dames-là sont de moins en moins coincées, fermées ou encore immatures. Elles sont tellement resplendissantes et tellement séduisantes qu’elles vont te plonger dans les ambiances nuits blanches, et si tu n’es pas concentré comme Pierre La Paix tu risques même de ne plus te souvenir de la date de ton retour…

 

Yaoundé est aussi une jungle

Car même si les routes sont vraiment larges et que les voies sont régulièrement entretenues, j’ai été froissé par les intensités de leurs embouteillages. À toute heure ! Et puisque Yaoundé n’est pas une ville qui laisse circuler les bendskineurs comme bon leur chante, c’est pour cela qu’il y a beaucoup de voitures en circulation et par conséquent d’interminables embouteillages.

Mais ce n’est même pas cela qui m’a refroidi. Puisque quand je suis allé à Ntaba Nlongkak, à Eleveur, à Mendong, à Manguier ou encore dans le fin fond du quartier Messassi (vers le stade d’Olembé), je me suis retrouvé au milieu de milliers de Camerounais qui se battaient pour survivre. Et je vous recommande de vous rendre dans un quartier no man’s land comme Tsinga-Elobi, et vous verrez alors ce qu’on appelle la débrouillardise et la misère ! Vous rencontrerez des Camerounais qui souffrent pour s’en sortir dans un anonymat total, et vous comprendrez comment on gagne vraiment sa vie à la sueur de son front.

Bref, qu’est-ce qui m’étonne même encore ? Yaoundé est comme le reste du Cameroun et la plupart des Camerounais sont obligés de se débrouiller pour maintenir leur bas niveau de subsistance…

 

une petite fille dans la rigole
J’ai fait des incursions dans les quartiers populeux de Yaoundé, comme ici à Elig-Edzoa. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Mon carnet de voyage de la capitale du Cameroun…

Donc comme je disais, la semaine dernière je me suis rendu à Yaoundé pour un court séjour. Mais j’ai remarqué certaines histoires qui mériteraient de figurer dans mon carnet de voyage…

 

Mon carnet de voyage sur la géographie. Parce que Yaoundé est appelée « La ville des sept collines », et que ses routes sont montagneuses et sinueuses comme si on se baladait sur un interminable toboggan géant.

Mon carnet de voyage sur la politique. Parce que les habitants de Yaoundé s’intéressent perpétuellement à la vie politique. Ils s’habillent régulièrement en chemise et en cravate. Ils sont majoritairement contre le MRC.

Mon carnet de voyage sur le Cameroun tout simplement, puisque ce que j’ai vu à Yaoundé c’est la même chose que j’avais déjà constatée dans le reste de notre pays.

 

C’est la même chose que j’avais déjà remarquée à Dibombari, à Souza puis à Foumban. C’est le même constat que j’avais déjà effectué à l’Extrême-Nord. C’est la même mentalité qu’il y avait autrefois au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, quand il n’existait pas encore de guérilla guerre sanglante de ce côté-là. Car je rêve aussi de faire un carnet de voyage sur la partie anglophone de notre pays, mais Dieu seul sait combien de compatriotes sont en train de mourir là-bas chaque jour pendant que vous êtes tranquillement en train de siroter vos bières à Yaoundé…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, « Quand Yaoundé respire, le Cameroun vit »

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Cameroun: mais que veut le MRC en réalité ?

Samedi dernier dans les villes de Yaoundé, Douala, Bafoussam et aussi un peu la ville de Mbouda, il y a eu des manifestations populaires qui ont abouti à des affrontements avec les forces de l’ordre. Et ce n’est pas la première fois que le MRC organise ce genre de violences…

Maurice Kamto
Maurice Kamto, le leader du parti politique MRC. Source: africatopsuccess.com /image reproduite sous autorisation

Les faits

Samedi dernier dans les villes de Yaoundé, Douala, Bafoussam et aussi à l’ambassade du Cameroun à Paris, il y a eu des manifestions violentes. On a vu des militants du MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) qui sont montés au créneau, et qui ont organisé des marches en masse. Ces marches avaient pour objectif ꟷofficiel !ꟷ de protester contre le retrait de la CAN 2019 au Cameroun, mais aussi d’exiger les têtes des détourneurs de fonds publics. Mais personne n’est dupe ! Il s’agissait d’un prolongement de l’opération « Non au hold-up électoral », mouvement initié par le MRC depuis les élections présidentielles de 2018 dont les résultats ont été fortement contestés par les thuriféraires de ce parti d’opposition…

La réalité

Sur les réseaux sociaux, ça allait dans tous les sens ! Des images ont circulé sur la toile et sur ces clichés on voyait des manifestants blessés, molestés, couchés par terre, et on accusait les forces de l’ordre de tirer sur les populations avec des balles réelles… C’est faux !

Car si c’étaient de vraies balles, ceux qui les auraient reçues ne seraient plus là pour le dire (ils seraient morts). Et puis c’est bien connu que dans tous les pays du monde, la Police utilise toujours des balles en caoutchouc pour calmer les émeutes. Elle a aussi utilisé du gaz lacrymogène et des canons à eau, avec quelques coups de matraque bien sûr, mais c’était surtout pour préserver l’ordre public. Car dans tous les pays du monde également, aucun Gouvernement ne peut rester tranquille lorsqu’il constate qu’il y a des citoyens rebelles qui organisent des manifestions violentes avec pour seule intention de vouloir le renverser…

Célestin Djamen, militant du MRC, blessé
Le militant du MRC Célestin Djamen, blessé lors des manifestations du 26 janvier 2019. Photo: icicemac.com /photo reproduite sous autorisation

Il faut laisser Paul Biya

Si le but du MRC c’est de renverser Paul Biya par tous les moyens, eh bien moi je pense que ce serait peine perdue. Car l’expérience a démontré que Paul Biya peut tout donner à n’importe quel Camerounais, sauf son pouvoir ! L’expérience a déjà montré que Paul Biya adore son fauteuil présidentiel plus que tout au monde. L’expérience nous a révélé que la seule chose qui va enlever Paul Biya de la présidence de notre République, eh bien ce sera la mort ou bien la maladie, tout simplement !

Et puis je ne sais même pas pourquoi les gens le MRC s’agite beaucoup comme ça, alors que notre président est déjà assez vieillissant. Il faut le laisser tranquille ! Il faut laisser Paul Biya terminer ce qu’il n’a même pas encore commencé. Il faut laisser le père-là tranquille. Il ne faut plus sacrifier la vie de nos enfants pour qu’il s’en aille, car il ne s’en ira jamais. Il faut plutôt réfléchir comment est-ce que nous allons faire quand ce catéchiste-là ne sera plus là, car oui, il y aura effectivement un Cameroun après le règne interminable de Son Excellence Paul Biya.

Il faut préparer les futures échéances

C’est ce que je viens de dire. Car si on veut se baser sur les chiffres, le MRC ne détient qu’un seul représentant sur les 280 que comporte notre Parlement (100 sénateurs + 180 députés) ! Il ne revendique que 19 conseillers municipaux sur près de trois milles. Il n’existe que depuis l’année 2012, et jusqu’ici il n’a participé qu’à une seule élection présidentielle…

Le MRC gagnerait donc à se concentrer sur les futures élections législatives qui arrivent en fin d’année, ainsi que sur les prochaines Municipales. Il gagnerait à améliorer son image car les Camerounais le considèrent déjà comme un parti tribaliste. Il ferait mieux de surfer sur sa nouvelle popularité, sur le charisme de son leader bamiléké Maurice Kamto, et sur le fait qu’il soit désormais le premier parti d’opposition pour essayer de s’installer politiquement.

Le mouvement pour la renaissance du Cameroun n’a pas besoin de se faire respecter par la violence.

le président Paul Biya
Le président Paul Biya, lors de son discours de fin d’année en 2018. Source: actucameroun.com /CC-BY

Cameroun : mais que réclame le MRC en réalité ?

Donc le samedi 26 janvier 2019 dans les plus grandes villes du Cameroun (à l’exception de Mbouda), il y a eu des manifestations de foules qui ont abouti à des affrontements avec les forces de l’ordre. Mais ce n’est pas la première fois que le MRC organise ce genre de pogromes…

Mais que veut le MRC en réalité ? Le MRC veut fragiliser le pouvoir, il veut déstabiliser notre Gouvernement, et il veut sûrement s’accaparer de notre palais présidentiel par la violence.

Mais que veulent les cadres du MRC comme Célestin Djamen et Maître Ndoki ? Ils veulent le départ de monsieur Biya sans condition, et ils veulent renverser le RDPC puis mettre en prison tous les barons qui ont fait partie de cette Administration.

Mais que veut le président du MRC Maurice Kamto en réalité ? Puisque nous ne comprenons pas pourquoi il n’a jamais condamné les nombreux débordements de ses milliers de militants.

Parce que pour vous dire la vérité hein, moi-même je ne suis pas un grand fanatique du président Paul Biya. J’en suis même un contestataire ! Mais quand je vois comment les adhérents du MRC organisent des marches de violence et que cela se multiplie au fil des semaines, j’avoue que j’en deviens quelque peu perturbé. Et je vais demander à Pierre La Paix Ndamè si ce « parti politique » n’est pas déjà en train de vouloir traverser la ligne rouge…

Ecclésiaste DEUDJUI, je soutiens l’ordre public

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Ce que la société ne veut pas vous dire sur le mariage

Je suis très mal placé pour parler de ce sujet puisque je n’ai jamais été marié (je n’ai même jamais habité avec une femme). Mais quand je discute avec certains polygames, ils sont toujours en train de se lamenter dans mes oreilles. Quand je discute avec des monogames qui n’ont même pas encore fait trois mois seulement dans leur mariage, ils sont déjà en train de me demander si je connais un bon avocat.

Car il y a des choses que la société ne leur avait pas avouées sur le mariage…

mari et femme à l'église
Cérémonie de mariage religieux dans une église. Photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

L’amour dure trois ans

Ça fait déjà au moins trois ans que je vous répète que l’amour ne dure pas plus de trente-six mois. Puisque quand tu rencontres ta partenaire, il y a d’abord cinquante-deux semaines de Passion. Ensuite il y aura une année de Tendresse. Et enfin, il y aura plus de 365 jours pour vous ennuyer correctement…

L’amour dure trois ans ! C’est le temps que la Nature a jugé nécessaire pour que les amoureux puissent rester ensemble, en attendant que leur nouveau-né devienne capable de se débrouiller tout seul. Et c’est pour ça que si j’étais un acteur majeur de notre société comme mon ami Pierre La Paix Ndamè par exemple, j’allais demander aux Camerounais de ne plus se marier jusqu’à la fin de leurs jours. J’allais leur imposer de se marier pour une durée de trois ans qui serait éventuellement renouvelable, mais uniquement sous réserve de l’accord du mari et de son épouse.

Il y a une différence entre les fiançailles et le mariage

Ce que les femmes ne comprennent pas, c’est qu’il y a une très grande différence entre leur fiancé d’aujourd’hui et celui qui deviendra leur futur époux. Parce que les fiancés ne disent jamais « Mouff ! » Les fiancés ne disent jamais « Fiche-moi le camp ! » Les dragueurs ne te refusent jamais 90 % de ce que tu leur demandes, alors que les maris te refusent plutôt 90 % de ce que tu leur réclames puisqu’ils savent que tu leur appartiens dorénavant

Et ça marche aussi dans l’autre sens ! Puisque dès le lendemain de votre lune de miel, tu vas voir comment ta fiancée va commencer à te tourner le dos au lit. Elle va commencer à te dire que « Je suis fatiguée hein ». Elle ne sera même plus intéressée par tes expériences romantiques. Elle va aussi commencer à te dire souvent que « Mouff, fiche-moi le camp ! »

Et c’est là que tu vas comprendre que la nuit de noces n’avait rien à voir avec la réalité de votre mariage.

l'amour dure trois ans
Le roman de Frédéric Beigbeder, l’amour dure trois ans, a été adapté au cinéma. Capture: amazon.com /Photo reproduite sous autorisation

Votre partenaire ne sera plus formidable comme auparavant

C’est ce que je viens de dire ! Puisque comme les hormones de l’amour ne vont plus fonctionner au bout de trois ans, vous allez commencer à remarquer tous les défauts de votre partenaire. Vous allez constater que votre mari n’était qu’un simple individu banal et ordinaire (il y a au moins dix millions de Camerounais comme lui). Vous allez remarquer que votre tendre épouse ne fait que prendre du poids comme si elle était déjà devenue un hippopotame. Vous aurez certainement envie de flirter avec de jeunes pin-up affriolantes, mais vous serez condamné à mourir avec la vieille mémé qui occupe votre chambre et qui vous oblige toujours à enfiler votre alliance.

Vous n’aurez même plus l’occasion d’aller siroter une petite bière sans sa permission, puisque la bonne dame sera toujours en train de vous téléphoner turlupiner : « Tu es où ? Tu fais quoi dehors ? Tu ne sais pas que ma mère va arriver très tôt demain et qu’il faudra qu’on aille la chercher là-bas à l’agence ? »

 

La monotonie va devenir votre pire ennemi

C’est même la monotonie qui est le véritable meurtrier du mariage. Car non seulement tu vas manger la même-même chose chaque jour, mais en plus tu vas la manger avec la même-même cuillère…

Tu sais déjà que quand tu vas déshabiller ton épouse, tu vas toujours trouver le même caleçon marron ou bien le même sous-vêtement kaki. Tu connais déjà toutes les positions que vous allez adopter sur le matelas (enfin, si elle veut bien se bouger). Tu connais déjà comment elle se réveille le matin, à quelle heure elle va se brosser les dents (au cas où elle se brosse les dents), et tu es même déjà capable de reconnaître son feuilleton préféré puisqu’elle a réussi à te transformer en grand fan de Novelas TV.

Tu peux déjà deviner intuitivement quand elle est en colère. Tu connais déjà toutes ses copines et particulièrement les plus moches. Tu as identifié presque toutes ses vergetures. Tu sais déjà que c’est préférable de l’esquiver sans maquillage. Tu as déjà fini par te fatiguer de sa nourriture, et parfois tu préfères tranquillement te rendre au restaurant.

Wèè’kè, mon Dieu ! Ça sert à quoi de rester avec quelqu’un si on peut déjà prédire tous les gestes que ce quelqu’un-là va effectuer à l’avance ?

dispute de couple
Il y a tout le temps des disputes après le mariage. Source: www.e-ostadelahi.fr /Image reproduite sous autorisation

Ce que la société ne pourra pas vous dire sur le mariage…

Donc je suis très mal placé hein, puisque je n’ai jamais cohabité avec une femme (je n’ai même pas encore fait le « Viens, on reste »). Mais quand je vois le nombre de mariés qui viennent me demander si je peux connaître un bon avocat, je me dis qu’il y a sûrement des choses que la société ne leur avait pas déclarées sur le mariage…

Ce qu’on ne veut pas vous dire, c’est que le mariage est un instrument de consommation pour les supermarchés. Et aussi que ça facilite la docilité des employés qui travaillent dans les entreprises et les usines.

Ce qu’on ne va jamais vous dire, c’est qu’il y a également un intérêt de gouvernance stratégique : car les personnes mariées ne provoquent jamais de rébellion ni de guerre. Elles sont en général très malléables et surtout très manipulables.

Ce que la société ne va jamais vous révéler sur le mariage, c’est que c’est un contrat synallagmatique qui se sert de l’amour comme son principal fonds de commerce.

C’est un marché de dupes qui va vous engager pour le restant de votre vie, et pourtant vous n’allez plus vous aimer au bout de trois ans. C’est une convention politico-religieuse qui a été mise sur pied pour assujettir les populations depuis des millénaires, au détriment de leurs innombrables destins individuels.

Il n’y a qu’à voir norr, regardez autour de vous ! La plupart des personnes mariées sont malheureuses dans leur vie de foyer, mais ces gens-là ne vont pas le dire puisque ce sont des secrets que les Camerounais n’auront jamais envie de vous révéler sur leur propre mariage.

Ecclésiaste DEUDJUI, l’amour dure trois ans

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Peuple camerounais, il vous manque l’Histoire !

Quand j’étais encore tout petit, on nous avait enseigné que « L’Histoire est la connaissance du passé basée sur les écritures ». Mais depuis que j’ai un peu grandi vieilli, je n’arrive pas à comprendre pourquoi est-ce que les Camerounais ne se sont jamais réellement intéressés à leur Histoire.

 

couverture du livre "Les grandes figures de l'Histoire du Cameroun"
Enoh Meyonesse a rédigé un livre sur les grandes figures de l’Histoire du Cameroun. Source: camer.be /Image reproduite sous autorisation

 

Il vous manque les autobiographies

Je parle de l’histoire de monsieur tout-le-monde. Je parle de l’histoire de votre grand-père. Je parle de l’histoire de votre propre père, de votre oncle, de votre cousin, de votre voisin, de votre belle-mère, de votre patron, de votre meilleur ami Pierre La Paix Ndamè, etc.

Je parle de votre propre histoire à vous-mêmes ! Parce que ce qui manque encore ici au Cameroun, c’est surtout que les Camerounais ne racontent jamais leurs véritables histoires. Hormis quand ils sont dans les snack-bars avec de jolies filles, et qu’ils veulent les impressionner. Hormis quand ils sont au carrefour en train de taper leurs commentaires avec les femmes qui sortent du salon de coiffure… Alors que nous devons commencer par avoir des journaux intimes, des blogs, des témoignages manuscrits, des récits autobiographiques, etc.

Car ce n’est que de cette façon que nos descendants pourront comprendre comment est-ce que nous avons pu (sur)vivre à cette époque…

 

Il vous manque l’histoire de la science

Les Camerounais n’ont pas encore la culture de la science, et encore moins la culture de l’Histoire ! Ils n’ont pas encore la culture de l’Héritage. Ils ne savent pas que tu peux commencer un travail aujourd’hui et que le résultat de ton expérience aboutira au bout de 250 ans ! Ils ne savent pas que tu n’es pas obligé de voir avec tes propres yeux le résultat de tes recherches. Ils ne savent pas que le facteur le plus imposant de la science, eh bien c’est simplement l’histoire de la science !

Concrètement, ça veut dire que nous devons encourager nos marabouts à écrire. Nous devons laisser nos tradipraticiens pratiquer l’écriture. Nous devons transformer nos médecins en littéraires. Nous devons fournir un stylo à nos chercheurs afin qu’ils puissent consigner toutes leurs expériences, et que leurs travaux puissent ainsi être poursuivis. Car il ne faut pas qu’on soit tout le temps en train de re-découvrir les mêmes-mêmes choses, au lieu de franchir un cap et d’avancer. Et il n’y a que l’histoire de la science qui va nous empêcher de réinventer la roue comme on a l’habitude de le faire ici chez nous…

 

Marché de Bagangté en 1920
Marché de Bagangté en 1920. Source: Centre national des archives /CC0

 

Il vous manque l’historiographie

L’historiographie, ça veut dire l’histoire du présent. C’est un peu comme l’histoire contemporaine mais ce n’est pas exactement la même chose puisque l’histoire contemporaine ne se projette pas beaucoup dans le futur.

L’historiographie est une science qui a été inventée par Thucydide pendant la Guerre du Péloponnèse (431-404 av. J-C). C’est un peu comme une histoire du passé mais ça se rédige plutôt sur les événements présents. C’est un peu comme si on était en train de raconter l’histoire de ce qui se passe aujourd’hui comme si on était déjà le lendemain. C’est un peu comme si on commentait une actualité comme si cette actualité s’était déroulée depuis l’Antiquité. C’est un peu comme si on prenait du recul avant le temps, et qu’on avait décidé de rédiger minute by minute  la vraie histoire de notre pays le Cameroun.

 

Il vous manque aussi l’archéologie

Là je sais que je rêve ! Car pour qu’un Camerounais s’intéresse à son passé lointain, il faudrait que ça concerne au moins l’une de ses ex !

Alors que l’archéologie hein, c’est certainement le plus beau message caché de toute l’Histoire ! C’est une trace qui nous prouve que des Camerounais avaient habité sur notre territoire avant nous-mêmes.  C’est une preuve qui va nous conforter que notre Histoire n’a pas commencé le 5 juillet 1884 avec le Kamerun des Allemands, ni avec les Néerlandais auparavant, ni avec les Portugais de Fernando Pô aux alentours de 1472…

Si les Camerounais s’intéressaient un peu à l’archéologie et à la paléontologie, on en saurait davantage sur les différentes migrations de nos anciennes populations. On saurait presqu’exactement d’où sont venus les Bamilékés, les Bakas, les M’bororos, les Bamouns, les Fangs, les Bassa’a et que sais-je encore ! On en apprendrait davantage sur nos anciennes traditions, nos anciennes peintures et sculptures (si, si, nos aïeux étaient des artistes), nos coutumes ancestrales et aussi nos préhistoriques chefferies qui, rappelons-le, étaient certainement meilleures que la gouvernance présidentialiste que nous connaissons actuellement depuis 1982…

 

Histoire de la carte du Cameroun
évolution de la superficie du Cameroun depuis 1901. Source: Wikipédia /CC0

 

Peuple camerounais, il vous manque l’histoire de votre pays !

Donc quand je fréquentais encore au primaire hein, on nous avait enseigné que « L’Histoire est la connaissance du passé basée sur les écrits », « La Préhistoire est l’histoire des Hommes avant l’apparition de l’Histoire », « L’Antiquité est la période de l’Histoire qui s’achève au Moyen-Âge »

 

Peuple camerounais, il vous manque l’Histoire ! Car savez-vous qu’il y a eu des émeutes sanglantes ici à Douala au mois de mai 1955, et que le Cameroun a connu des crimes contre l’Humanité pendant les années 1950 et 1960 ?

Peuple camerounais, il vous manque l’Histoire ! Car personne ne peut citer un seul Camerounais qui a vécu à Bagangté durant les années 1816. Et personne ne peut citer un seul Pygmée qui a vécu au Cameroun durant les années 1920.

Peuples du Cameroun, il vous manque vraiment l’Histoire de votre propre pays, puisque même les nationalistes qui ont donné leur vie pour votre Indépendance ont été métamorphosés en maquisards !

 

Puisque Ruben Um Nyobè et Ernest Ouandié ont été métamorphosés en antipatriotes. Puisque les Bassa’a et les Bamilékés ont été victimes d’un gigantesque génocide. Puisque personne ne veut plus nous parler du président Ahmadou Ahidjo. Puisque personne ne veut vous dire la vérité sur les élections frauduleuses de 1992, sur la guerre civile avortée du 25 février 2008, et encore moins sur le coup d’Etat manqué du 6 avril 1984.

Alors que l’Histoire du Cameroun doit être la connaissance du Cameroun basée sur nos propres écritures…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, il me manque l’Histoire !

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Pourvu que 2019 ne soit pas comme 2018 au Cameroun…

Paul Biya a été « réélu » pour sept longues années encore. La CAF nous a retiré l’organisation de la Coupe d’Afrique 2019. Ma copine Marguerite a finalement décidé de me laisser tomber.

Pourvu que l’année 2019 ne soit pas comme l’année 2018 au Cameroun…

 

Ahmad Ahmad, président de la CAF
Le président de la CAF, Ahmad Ahmad, nous a retiré l’organisation de la CAN 2019. Image: journalducameroun.com /Image reproduite sous autorisation

 

Pourvu que 2019 change notre politique

Surtout nos politiciens. Puisque durant cette année 2018 qui vient de s’achever, on a découvert de nouveaux acteurs politiques comme Franklyn Ndifor, Wilfried Ekanga, Jean de Dieu Momo, Cabral Libii qui a profité de sa nouvelle notoriété pour s’enrichir, mais surtout le « tireur de pénalty » Maurice Kamto, qui s’était même autoproclamé président de la République au lendemain des élections présidentielles du 7 octobre…

Paul Biya est resté le même ! Il n’a pas battu campagne mais il a été « réélu » avec 71,28% des suffrages (grâce à la fraude force de l’expérience). Transparency International a dénoncé de faux observateurs israéliens qui ont essayé de blanchir ces élections. Banda Kani a retourné sa veste mieux que personne. Célestin Djamen est toujours obsédé par le départ de Paul Biya qui lui-même vient de procéder à un remaniement ministériel. Le contentieux post-électoral a captivé l’attention de presque tous les Camerounais, et c’est grâce à cela que Clément Atangana est subitement devenu le magistrat le plus célèbre de toute notre administration.

 

Pourvu que les faits divers s’arrêtent en 2019

Im-pos-si-ble ! Parce que si on t’expliquait le Cameroun en 2018 et que tu comprenais hein, hum, ça voulait dire qu’on te l’avait mal expliqué…

Il y a sûrement un scénariste qui imagine les faits divers qui vont se dérouler ici au Cameroun. Comme par exemple l’affaire Dôvv. L’affaire de la femme qui avait traumatisé la ville de Yaoundé parce qu’elle avait promis qu’elle allait nous régler quelques factures… Il y a eu l’affaire du riz qui rebondissait (le riz hein, pas l’affaire !) en fin d’année. C’était une campagne dirigée contre les compagnies alimentaires Broli et Armanti, et finalement c’était un fake ! Il y a évidemment eu des vols de bébés comme à l’accoutumée, il y a eu ce gars de Bafoussam qui a assassiné sa copine parce qu’elle avait refusé de passer les fêtes de Noël avec lui, puis qui a été lynché par les populations. Il y a eu ces rumeurs sur l’arrivée des poupées sexuelles chinoises ici au Cameroun, et tous les hommes qui sont encore célibataires comme moi avaient déjà commencé à rêver…

Il y a eu la MIDA qui a dilapidé l’argent les milliards de tous ses épargnants sans aucun scrupule ! Il y a eu des incendies dans certains marchés populaires comme d’habitude. Il y a eu des accidents de la circulation, des coupures d’électricité qui ont (per)duré pendant plusieurs semaines, des enlèvements d’enfants, des viols, des assassinats, des cambriolages à main armée, etc.

 

Maurice Kamto
Le Pr Maurice Kamto s’était autoproclamé président de la République au lendemain des élections. Photo: journalducameroun.com /Image reproduite sous autorisation

 

Pourvu qu’en 2019, l’actualité se calme

L’actualité n’a jamais arrêté de se bousculer durant cette année 2018. Puisque désormais il y a les réseaux sociaux, et donc que tous les documents officiels, administratifs voire confidentiels, se retrouvent dorénavant exposés dans la rue !

Ce qui signifie que même le contrat de Clarence Seedorf et de Patrick Kluivert qu’ils ont paraphé en plein milieu de la nuit à l’aéroport de Yaoundé, on a eu une copie de ça ! Même le courrier du ministre de la Culture qui veut que le Concours Miss Cameroun redevienne une propriété de l’Etat camerounais, on a eu une copie de ça ! Même le livre de sciences de cinquième qui a fait l’objet d’un débat national parce qu’il contenait des illustrations pornographiques, moi je ne l’ai pas acheté mais je sais que ses pages étaient déjà téléchargeables au format PDF.

Mais le vrai coup de tonnerre, c’était le retrait de « notre » Coupe d’Afrique ! Le vendredi 30 novembre 2018. La CAF a déclaré que nous ne serions pas prêts pour cette fiesta du football en juin 2019, et donc elle Ahmad Ahmad nous a accordé celle de 2021. Et c’est cette modification de calendrier que le président Biya a savamment renommé un « glissement de dates »…

 

Pourvu que ma Marguerite revienne…

Sur le plan personnel, 2018 a quand même été une assez bonne année avec mon ami Pierre La Paix Ndamè. Mais… Mais j’ai perdu ma Pascaline. Pascaline était ma belle-sœur, c’était mon amie, c’était ma complice. Rien que pour sa disparition au mois d’avril, je pourrais penser que 2018 n’a pas réellement été une si bonne année sur le plan personnel…

J’ai aussi perdu Marguerite parce que Marguerite m’avait laissé tomber pendant la saison du mois de mai (et pourtant c’est le mois de mon anniversaire). J’avais aussi perdu deux dulcinées qui se sont mariées à Yaoundé durant la même période. Mais avec Marguerite c’était différent. Marguerite était la seule femme au monde qui ne pouvait pas trouver le sommeil lorsque moi je ne me sentais pas bien. Marguerite était la seule fille au monde qui savait comment me faire l’amour. Marguerite était parfois versatile et capricieuse, elle avait un petit garçon de quelques mois que je considère toujours comme mon propre fils, mais je pense qu’elle m’a quitté parce que je n’avais pas su lui montrer combien je l’affectionnais et combien j’étais amoureux d’elle…

 

une foule devant le supermarché Dôvv à Yaoundé
Tous les habitants de Yaoundé s’étaient rendus au supermarché Dôvv. Image: camer.be /Image reproduite sous autorisation

 

Pourvu que 2019 ne ressemble pas à l’année 2018 ici au Cameroun…

Donc le MRC est devenu le premier parti d’opposition en lieu et place du SDF. Seidou Mbombo Njoya est devenu le président de la Fécafoot avec l’aide de Samuel Eto’o Fils. Amougou Belinga a finalement décidé de ne pas fermer son groupe de médias L’Anecdote.

Mais pourvu que l’année 2019 ne soit plus comme l’année 2018 ici au Cameroun.

 

Pourvu que le tribalisme cesse d’être utilisé comme un instrument politique, et que nous retrouvions la paix puisque c’en est assez de cette guérilla qui se déroule au Nord-Ouest et au Sud-Ouest.

Pourvu que les tontinards* fassent aussi la paix avec les sardinards*. Car ça a l’air d’une blague, mais le devenir de notre pays ne doit pas se transformer en guerre de tranchées entre le RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, parti au pouvoir) et le reste des Camerounais.

Pourvu que les détournements de milliards prennent enfin fin en 2019, et que le camion de sable ne se retrouve plus facturé à plus de sept cent milliers de nos francs CFA !

 

Car ce qui nous a choqués durant cette année 2018 qui vient de s’achever, c’étaient des histoires révoltantes comme celles-là. Des histoires de détournement, de corruption, de fraude électorale, etc. C’étaient des histoires comme les arrestations de journalistes qui couvraient les manifestations de Maître Michèle Ndoki*. C’était le décès du mastodonte économique Kadji Defosso. Autant de choses qui m’amènent à espérer que 2019 ne soit pas du tout, mais alors pas du tout comme l’année 2018 qui vient de se terminer ici au Cameroun…

 

*tontinard: surnom donné à un militant du MRC.

*sardinard: surnom donné à un partisan du président Paul Biya.

*Michèle Ndoki: avocate militante du MRC. Elle a organisé plusieurs marches de protestation.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, meilleurs vœux pour 2019 !

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Mon hit-parade des blogueurs africains en 2018

Je ne vais pas vous parler des blogueurs camerounais parce que j’en ai déjà plein la vue comme ça ici à Douala. Mais je dois vous présenter ces quelques blogueuses et blogueurs africains qui m’ont marqué durant l’année 2018.

 

Dieretou Diallo et Manon Mella
La blogueuse guinéenne Dieretou Diallo (à gauche) lors de la Mondoformation 2015 Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC0

 

Dieretou Diallo

Son petit nom c’est Dina. Je l’ai connue en 2014 mais je l’ai rencontrée pour la première fois au Sénégal en novembre-décembre 2015.

C’est certainement la plus jolie blogueuse que je connaisse (à égalité avec Samantha Tracy). C’est également la Guinéenne la plus dynamique du 21ème siècle, à égalité avec sa consœur Fatoumata Chérif.

Dieretou Diallo a suivi un brillantissime parcours en journalisme, et je n’oublie pas qu’elle m’avait interviewé lorsqu’elle effectuait son stage au magazine Jeune Afrique. Je n’oublie pas aussi qu’elle m’avait inspiré en janvier 2017, à travers la campagne qu’elle avait initiée en 2016 pour la revalorisation de la femme guinéenne. Mais avant toute chose, je n’oublie pas que c’est d’abord et avant tout une excellente blogueuse. Car le 18 novembre 2015, Dieretou Diallo a rédigé un article qui était si poignant et si touchant, « Papa est parti », que jusqu’aujourd’hui j’ai l’impression que je ne vais plus jamais rencontrer un témoignage d’aussi percutant !

 

Roger Mawulolo

Lui, c’est le « monsieur anniversaire » de tous les blogueurs. Il enregistre nos dates de naissance (y compris celle de Renaud Dossavi) derrière ses lunettes d’intello, mais disons quand même que Facebook lui facilite la tâche un tout petit peu…

Roger Mawulolo est connu pour être le président du comité d’accueil de tous les blogueurs qui arrivent à Dakar. Il est aussi connu pour ses nombreux voyages à travers l’Afrique le monde. Il est aussi remarqué pour son éternelle barbe toujours parfaitement rasée. Il est aussi identifié par son slogan « Ici c’est Paris », puisque c’est un inconditionnel et fervent supporter du Paris Saint-Germain et du Qatar…

Mais, c’est d’abord un bon blogueur ! Ses carnets de voyage sont d’un délice, mais alors d’un délice… Ses observations sur le poisson braisé du Cameroun, sur le langage incompréhensible des Béninois, sur les aspérités de sa propre nationalité togolaise qu’il a parfois du mal à assumer, me fascinent toujours passionnément. Et je pense que Roger Mawulolo est déjà devenu comme mon grand-frère. Je l’avais connu en 2014 à travers son article « Sans vocation, le travail n’est rien », mais depuis lors je l’ai déjà rencontré à plusieurs reprises et je crois que cette belle histoire n’est pas bientôt près de se terminer…

 

Ecclésiaste Deudjui et Roger Mawulolo lors de la formation Mondoblog en 2015
Je suis encompagnie de Mélissa Barra (à ma gauche), Manon Mella (à ma droite) et Roger Mawulolo (derrière). Copyright: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Guy Muyembè

J’admire sa personne. Et avant de parler de son écriture, je crois que c’est certainement l’un des blogueurs les plus humbles et les plus sympathiques que je connaisse ici en Afrique (à égalité avec Benjamin Yobouet et Cypriano Lawson).

Lui, je l’ai connu en 2014 mais c’est en 2015 que j’avais finalement rencontré sa grosse valise (elle est énorme !).  À l’époque il avait créé un blog pour parler de la restauration et de la cuisine congolaises (« Les plats préférés des Lushois »), mais curieusement il s’est retrouvé en train de parler de la politique, du sport, de la géographie de la Moldavie, de l’économie luxembourgeoise, etc…

Guy Muyembè est un Congolais démocratique fantastique ! Il lit presque tous les blogueurs, il pose toujours des questions pour se renseigner, il me donne des conseils de temps en temps, il observe la blogosphère et il a une vision panoramique sur ce qui se passe dans les autres pays de notre continent.

C’est également un « voyageur » qui a déjà fait la moitié de la moitié du tour du monde. Il est le président de Habari RDC qui est un site projet d’information et de sensibilisation de la société congolaise. Je ne sais plus si Guy Muyembè écrit encore des histoires personnelles sur son blog de cuisine, mais ce gars fait partie de ces personnages qui m’ont irrémédiablement marqué depuis que je suis entré dans l’univers du blogging.

Ecclésiaste Deudjui et Guy Muyembè
Je suis en compagnie du blogueur congolais Guy Muyembè lors de la Mondoformation 2015. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC0

Annadjib

Désolé si je ne peux pas vous donner son prénom. Ou son nom, je ne sais plus trop. Mais Annadjib est le seul blogueur personnage tchadien que je connaisse et qui possède plus de dix mille followers sur Twitter !

Donc, c’est un tchadien. Donc, il a un peu vécu au Cameroun mais ensuite il est rapidement retourné vivre à N’Djamena. C’est un grand fanatique de bandes dessinées et particulièrement des personnages de mangas. C’est également un geek hors-pair et un passionné des innovations Androïd au même titre que mon ami Pierre La Paix Ndamè.

Mais il ne faut pas croire ! Car sur son blog aux allures de journal touareg, il nous décrypte tout ce qui concerne la population de son pays : la politique, le blanchiment de la peau, les dessins animés, la connexion internet, la pauvreté, les dessins animés encore, l’intégration sous-régionale, etc.

 

Mon hit-parade des blogueurs panafricains en 2018

Donc je vous avais déjà parlé des blogueurs camerounais en 2017 et j’en ai déjà plein la vue comme ça ici à Yaoundé. Voilà pourquoi je vous ai présenté ces blogueurs africains qui m’ont marqué personnellement en 2018.

 

Émile Bela de la Côte-d’Ivoire. Lui aussi c’est un Magellan car il a déjà fait le tour du monde à plusieurs reprises. Je l’avais connu le 15 juillet 2013 à travers son article « Sur internet, personne ne sait que tu es un chien ».

Sally Bilaly de la Guinée Conakry. C’est mon collègue blogueur mais pas seulement. Nous avons participé au projet « Connexions citoyennes » en 2016 et nous avons ensuite intégré le Réseau des Haut-Parleurs au même moment en juin 2017.

Obed Logos de la République du Togo. Car même si ce gars n’a pas encore atteint la reconnaissance d’un David Kpelly par exemple, je pense sincèrement qu’il s’agit là d’un des tout meilleurs blogueurs de notre continent.

 

Et pourtant ces blogueurs sont si nombreux qu’on ne saurait tous les citer sans en oublier, mais il fallait absolument que je leur déclare que je les aime et que je les respecte. Car il y a eu énormément de bons blogueurs qui m’ont marqué ici en Afrique durant cette année 2018.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, bonne année 2019 !

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Comment une Camerounaise devient une araignée

Toutes les filles que vous voyez ici dehors et qui sont devenues aujourd’hui des araignées et des prostituées, elles étaient auparavant de bonnes petites filles de famille. Mais le premier amour les a trahies, le deuxième amour les a déçues et les amours suivantes les ont littéralement métamorphosées.

Et c’est comme ça qu’elles sont finalement devenues des panthères !

Une femme black qui fume la chicha
Les araignées sont de grandes consommatrices de chicha. Image: Kiwi.com /Image utilisée sous autorisation

Le premier amour

C’est presque toujours la même chose : la fille est encore adolescente, elle est tombée amoureuse d’un garçon pour lequel elle serait prête à consacrer l’intégralité de sa vie(rginité), mais ensuite le gars finira inéluctablement par la laisser tomber.

Le premier amour est pourtant important parce que c’est la première fois que la fille se dévoilera totalement à un individu. Elle lui fera confiance, parce que les filles croient toujours au début que les histoires d’amour se déroulent exactement comme dans les comptines de Cendrillon. Mais malheureusement il y a la rupture qui va survenir, et qui lui fera vraiment-vraiment-vraiment très mal ! Il y a la désillusion sur ses rêves de mariage avec cet individu qui lui paraissait comme étant un homme idéal, il y a la déception d’être rejetée par un amant qui te répétait pourtant tous les jours que « Je t’aime, je t’aime, je t’aime », et à la fin il y a la désillusion et généralement aussi un peu de dépression voire beaucoup de mélancolie…

Le deuxième amour

C’est presque comme le premier. Mais sauf que la fille se méfie déjà quand même un peu de ce second garçon, même si elle croit encore fortement et terriblement au Grand Amour !

Le deuxième amour est certainement le plus doux. C’est presque parfois le plus plein. C’est le premier amour dans lequel la fille (qui est en train de devenir une femme) sait à peu près ce qu’elle peut faire et ce qu’elle n’aura plus du tout le droit de faire. C’est dans cette relation qu’elle s’épanouit véritablement sexuellement. Elle a parfois l’inspiration de prendre les devants, elle n’est plus trop timide comme auparavant lorsqu’on la dépucelait encore, et elle commence déjà aussi à appeler son premier petit ami « Mon ex ». Avec ce deuxième amour, la fille commence déjà à comparer le comportement de tous les hommes. Elle apprend aussi à faire plaisir à son petit ami et donc à le manipuler. Elle se vexe aussi quelquefois, alors qu’elle ne l’avait jamais fait osé avec son précédent compagnon. Elle apprend aussi à vivre avec un amoureux en se préparant constamment et quotidiennement à une éventuelle séparation…

deux araignées sur la piste de danse
Les araignées aiment beaucoup les ambiances. Image: musicinafrica.net /CC-BY

Tous les hommes sont les mêmes

Après deux ruptures inexplicables, quoi de plus logique pour une Camerounaise que de se dire finalement que tous les hommes de notre planète sont indiscutablement et irrémédiablement tous les mêmes ?! Hein ?

Parce que généralement hein, ce sont des relations où la fille aura quasiment tout donné. Elle avait pourtant aimé les deux hommes avec fidélité et loyauté, mais à la fin elle a été copieusement trahie. Elle s’en est sortie avec une grossesse ou bien avec une cicatrice, tandis que ses deux bourreaux ont continué leur vie de leur côté comme si rien de tout cela ne s’était jamais déroulé !

Et puis il y a tous ces dragueurs qui vont lui défiler devant les yeux comme des marionnettistes, et qui vont presque toujours utiliser le même discours : ils vont d’abord te trouver très jolie au début, ensuite formidable et extraordinaire, mais dès qu’ils vont te déshabiller ils vont directement commencer à te trouver envahissante…

Il y a des hommes qui auront l’air sérieux lors de votre premier rendez-vous. Certains te paraîtront très intelligents ou alors très-très riches. Certains te feront croire qu’ils sont congénitalement romantiques et sensibles. Les autres seront un peu timides, certains autres exubérants et bruyants, et les plus lâches commenceront souvent par te baratiner à travers les réseaux sociaux.

Mais à la fin des fins tu vas constater une seule chose hein, je t’assure, c’est que tous les hommes de notre planète sont indiscutablement et irrémédiablement comme mon ami Pierre La Paix Ndamè !

La vie du dehors est plus agréable

Une Camerounaise devient une araignée à partir du moment où elle ne fait plus confiance aux hommes ni à l’amour. Et c’est pour ça que quand un vieux député va l’inviter derrière une auberge, elle ne va plus lui dire non. Et petit à petit elle va commencer à faire le maquillage avec son argent (l’argent du député hein) et à utiliser aussi le ndjansang. Petit à petit elle va commencer à coucher avec des inconnus parce que quand elle couchait avec les gens qu’elle aimait et qu’elle considérait sincèrement, ceux-ci ne la titularisaient pas ! Petit à petit elle va commencer à boire la bière, les vins, les vins mousseux, les champagnes de saison et aussi les grosses bouteilles de whisky qui vous procurent les céphalées. Puisque quand elle va passer quelque part avec son odeur de parfum et avec sa greffe brésilienne sur la tête, il y aura toujours des candidats qui seront prêts à dépenser une fortune et à lui donner de l’argent tout simplement parce qu’ils auront envie qu’elle s’asseye un peu à côté d’eux…

femme black après déception amoureuse
On devient une araignée après plusieurs déceptions amoureuses. Source: cameroun24.net /Image reproduite sous autorisation

Comment est-ce qu’une Camerounaise devient-elle une araignée ?

Donc en réalité hein, toutes les vendeuses de piment que vous fustigez aujourd’hui étaient d’abord de bonnes petites filles de famille auparavant. Mais le premier Camerounais les a trahies, le deuxième Camerounais les a déçues et les Camerounais suivants les ont littéralement rendues méchantes.

Et pour ça qu’elles sont finalement devenues des panthères !

Comment une Camerounaise devient-elle une menteuse ? Je sais ? Mais je pense que c’est parce qu’elles ont vu que la sincérité ne paye pas ici dehors, et que quand tu veux dire la vérité à un homme il ne va plus jamais te donner son argent.

Comment une Camerounaise devient-elle une mangeuse ? Est-ce que moi je sais ? Mais je pense que cette gourmandise est venue après le premier amour, car il faut beaucoup manger le chocolat pour oublier la déception du gars qui venait de leur briser le cœur.

Comment une Camerounaise devient-elle une panthère, une araignée, une lionpantigresse (lionne + panthère + tigresse) qui n’a plus aucun sentiment dans son cœur, alors qu’elle venait souvent chez toi pour te faire la lessive et la cuisine ? Hein ?

Parce que comme je le dis souvent à mes amis qui ne vivent pas ici au Cameroun, toutes les Camerounaises ont un potentiel romantique extraordinaire. Toutes les Camerounaises sont des femmes de foyer fantastiques. Toutes les Camerounaises sont vraiment honnêtes dans le fond de leur cœur, et elles sont naturellement fidèles lorsque tu leur donnes ton amour et lorsque tu leur montres que tu te soucies d’elles.

Mais ce sont les animaux de notre pays qui ont fini par les transformer en araignées.

Ecclésiaste DEUDJUI, il faut comprendre les araignées

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Je ne vais plus prêter mon argent à un Camerounais !

Je ne suis pas riche hein, et d’ailleurs je ne suis même pas encore dans la classe moyenne inférieure. Mais quand je vois comment je donne mes miettes à quelqu’un et que le bon monsieur ne prend même pas la peine de vouloir me rembourser hein, ça me décourage !

Et c’est pour ça que j’ai décidé de ne plus jamais prêter mon argent à un individu ici au Cameroun…

 

 

Moi aussi j’ai mes problèmes

Les gens font toujours comme s’ils sont les seuls à avoir des problèmes ici dehors. Mince alors ! Donc vous croyez que moi aussi je n’ai pas mes propres problèmes ? Vous pensez que je n’ai pas aussi faim parfois, que je n’ai pas aussi envie de m’acheter une nouvelle paire de chaussures, ou bien que je n’ai pas aussi un neveu dans ma famille qui est tombé gravement malade et qu’il faut absolument que je lui envoie un Orange money là-là-là ?

Non, il faut arrêter ça ! Je n’aime pas les gens qui viennent m’emprunter de l’argent en voulant me faire accroire qu’ils ont des problèmes, plus que tous les autres Camerounais. Nôôô, c’est faux ! Il y a des gens comme moi qui ont de vrais-vrais problèmes ici dehors, mais ce n’est pas parce qu’on ne parle pas vous demande pas d’argent que vous allez penser que notre vie est un long cours d’eau sans aucune agitation…

 

Je n’aime pas les « amis d’urgence »

Il y a des gens ici qui peuvent faire plus de deux ans sans te téléphoner hein, alors qu’ils avaient pourtant bien enregistré ton numéro de téléphone. Mais le jour où ils auront un problème, c’est là qu’ils se souviennent de toi : « Euh… Ecclésiaste, comment tu vas ? En fait je voulais que tu me trouves quarante-cinq mille francs CFA pour que je te remette ça la semaine prochaine… »

Et alors ? Donc tu avais même encore mon numéro ? Et d’ailleurs tu es même d’abord sûr que j’ai les quarante-cinq mille francs CFA-là que tu me demandes comme si j’avais gardé ça en bas de ton lit ?

Non, sérieux, ça m’énerve ! Il y a aussi un ami qui m’avait écrit comme ça sur Messenger pour me dire que « Ecclé ! Ça fait des années je n’ai pas de tes nouvelles hein ! Pardon tu peux me prêter un peu d’argent pour que je te le rembourse d’ici vendredi ? »

Et je vous jure que jusqu’aujourd’hui le vendredi-là n’est pas encore arrivé alors que je lui avais donné cet argent il y a déjà plus de dix-huit mois…

 

dessin d'un homme qui donne de l'argent à un autre qui a deux visages
Les gens qui vous empruntent de l’argent ont souvent un double visage. Dessin: famillechretienne.fr /CC-BY

 

Un homme (ou une femme) c’est sa parole

Au lieu de me dire mentir que tu vas me rembourser vendredi alors que tu sais pertinemment que tu n’en es pas certain, c’était mieux de me déclarer la vérité : « Gars, je suis à terre ! »

C’était mieux de me dire que tu es à terre car ça allait me permettre de te prêter mon argent sans véritablement te mettre la pression. C’était mieux de me téléphoner avant la date d’échéance pour me dire de ne pas trop compter sur toi, ou bien que ça n’a pas encore mordu de ton côté. C’était mieux de me révéler que tu es sérieusement en difficulté, et que ton remboursement risque de prendre un peu de temps. Car quand vous voulez emprunter de l’argent à un individu et que vous comptez réellement le lui remettre, c’est mieux de lui donner votre vrai calendrier : « Gars, pardon trouve-moi un peu de sous et je vais te rembourser ça dès que j’en aurai la possibilité. »

Même si c’est dans dix ans, il faudrait que vous appreniez à lui dire la vérité.

 

Je n’aime pas du tout courir derrière les gens

Qui aime courir derrière les gens ? Hein ? En dehors des défenseurs des Lions Indomptables qui sont toujours en retard sur les attaquants adverses… Mais franchement, qui parmi vous aimerait courir derrière les gens ?

Parce que quand moi j’avais prêté mon argent à Pierre La Paix Ndamè parce qu’il m’avait dit qu’il avait eu un sérieux problème à Dibombari, je ne savais pas que j’allais courir derrière lui jusqu’à on allait même presque faillir se séparer (si, si, c’est comme ça que ça se dit). Quand j’avais prêté mon argent à mon ancien camarade de classe qui vit aujourd’hui à l’Extrême-Nord, je ne savais pas qu’il allait ensuite s’évaporer dans la nature. Puisque même quand tu prêtes ton argent à un membre de ta famille en te disant que c’est une personne de confiance, tu vas te retrouver en train de courir derrière cette personne-là jusqu’ààààààà… Jusqu’à on va même te dire que c’est ton cousin et tu vas cracher par terre en disant aux gens-là que ce gars-là ne fera plus jamais partie de ta famille !

 

citation sur l'argent
Il vaut mieux donner plutôt que prêter. Source: citation-celebre.leparisien.fr /CC0

 

Je ne vais plus jamais prêter mon argent à un Camerounais !

Donc ce qui est certain hein, c’est que je ne suis pas un Camerounais riche ! Je ne fais même pas encore partie de la middle class. Et donc quand je vois comment je vide mes poches trouées pour quelqu’un et que le bon monsieur ne fait même pas semblant de vouloir commencer à me rembourser un jour, cela me décourage terriblement.

Et c’est pour ça que j’ai décidé que je ne vais plus jamais prêter mon argent à un individu ici au Cameroun !

 

Je ne vais plus jamais prêter mon argent à quelqu’un ! Mieux on raconte que je suis devenu chiche. Ou bien que je suis pauvre. Ou bien que je suis trop bizarre. Ou bien que je ferais déjà partie de certaines sectes religieuses.

Je ne vais plus jamais prêter mon argent aux gens ! Car quand ils viennent pour demander ils sont très-très gentils et courtois, mais quand toi tu réclames ton argent ils vont t’insulter avec tous les noms d’oiseaux.

Je ne vais plus jamais vouloir jouer les bons samaritains ou bien les sauveurs, et d’ailleurs je vais commencer à rétorquer comme les gens me répondaient auparavant : « J’ai bien envie de t’aider mais je n’ai pas d’argent ! »

 

Parce que ce qui tue réellement les Camerounais et qu’ils ne veulent pas comprendre, c’est que l’homme (ou bien la femme) c’est d’abord sa parole ! C’est que si je te donne dix mille francs et que tu refuses de me les rembourser à notre échéance convenue, est-ce que tu crois vraiment que j’aurai encore la motivation pour te prêter cent mille francs CFA le jour où tu seras véritablement dans la nécessité ? Hein, mon ami ?

Parce que ce qui tue réellement les Camerounaises et qu’elles refusent systématiquement de comprendre, c’est que « La femme qui paye ses dettes s’enrichira ». Mais au lieu de ça vous me tournez comme le couscous tous les matins et tous les soirs, jusqu’à j’ai même finalement décidé que je ne vais plus jamais prêter mon argent à une Camerounaise qui habite ici au Cameroun…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je ne vais plus vous prêter mon argent !

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Au Cameroun, découvrez Dibombari !

Mon ami Pierre La Paix Ndamè nous présente sa ville natale de Dibombari.

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Prises de vue et montage :

Ecclésiaste Deudjui

Musique

Richard Bona (ba senguè)

Lokua Kanza (someday)

Remerciements :

Pierre La Paix Ndamè

Mairie de Dibombari

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Le Cameroun n’organisera pas la Coupe d’Afrique 2019 !

Ce vendredi 30 novembre 2018 aux environs de 19h30, la nouvelle est tombée comme un couperet : le Cameroun n’organisera pas plus la prochaine édition de la Coupe d’Afrique des Nations qui aura lieu en 2019 !

ancien logo Coupe d'Afrique 2019
Le logo de la Coupe d’Afrique 2019 devra être modifié. Source: crtv.cm /Image reproduite sous autorisation

Des retards dans les travaux

Depuis l’année dernière en 2017, Ahmad Ahmad vous avait déjà dit que « En l’état actuel des choses, le Cameroun n’est même pas capable d’organiser une Coupe d’Afrique avec quatre équipes ! »

Mais il faut avouer que les choses avaient quand même un peu avancé depuis qu’il a fait cette déclaration. Puisque pendant cette course contre la montre, Le Gouvernement camerounais a emprunté des milliards et des milliards de francs CFA pour faire venir des matériaux préfabriqués depuis l’Italie. Des ingénieurs occidentaux se sont succédé sur les chantiers. Des passations de marchés se sont multipliées entre de nombreux investisseurs nationaux, mais il n’en demeure pas moins que les stades ne sont toujours pas achevés, les hôtels ne sont pas en nombre suffisant, les routes ne sont pas praticables, les télécommunications ne sont pas satisfaisantes, etc.

Des discours officiels optimistes

Par contre, tous les discours officiels de nos dirigeants étaient invariablement optimistes, en ce qui concerne l’organisation de cette CAN 2019. Dans les médias en tous cas ! Puisque en off, on a entendu certains thuriféraires se plaindre que le cahier de charges de la CAF était devenu trop lourd (il est passé de seize à vingt-quatre équipes). Mais quand on les apercevait devant les caméras, ces grands manitous, ils étaient si optimistes que ceux qui ne partageaient pas leur optimisme étaient immédiatement considérés comme des détracteurs voire des antipatriotes…

On les a aperçus dans les chantiers d’Olembé et de Japoma avec des casques de sécurité sur la tête, et l’un des ministres a même déclaré que « Le Cameroun organisera la plus belle Coupe d’Afrique de tous les temps, et ce sera du jamais vu ici en Afrique ! » On a même vu le président de la Confédération africaine de football se rendre au Palais de l’Unité pendant la campagne présidentielle camerounaise, en compagnie du facilitateur Samuel Eto’o. On avait même déjà entendu notre président Paul Biya au sujet de cette même Coupe d’Afrique 2019 en 2017, et il avait très exactement dit ceci : « La CAN 2019 c’est déjà demain. Le Cameroun sera prêt le jour dit, j’en prends l’engagement ! »

Eh bah il faut croire que notre chef de l’Etat peut aussi se faire contredire en mondovision lorsque ce n’est pas lui qui est à la manette hein…

Le gouverneur Diboua au stade de Japoma
Le gouverneur de la région du Littoral, en novembre dernier, se réjouissant de l’avancement des travaux du stade de Japoma. Photo: zonefoot.net /CC-BY

Un prétexte d’insécurité

Officiellement, la CAF a mis en avant les problèmes d’insécurité qui sévissent ici au Cameroun, pour nous retirer l’organisation de cette Coupe d’Afrique 2019. Puisque pour rappel, le Cameroun a longuement été victime de plusieurs attaques et enlèvements de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord. Au Sud-Ouest et au Nord-Ouest, il y sévit une « crise anglophone » qui a débuté en novembre 2016 et qui a déjà fait des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés parmi les populations civiles.

Sans compter que la CAF a observé de près les récentes tensions post-électorales, lors desquelles le candidat Maurice Kamto s’est autoproclamé vainqueur du scrutin présidentiel. Et c’est sur ces entrefaites que le président Ahmad a déclaré vouloir protéger l’intégrité physique des acteurs principaux que sont les joueurs de football…

Quid de l’avenir ?

Que faire donc de nos stades ? Hein, Pierre La Paix Ndamè ? Doit-on les achever ? Doit-on continuer avec nos infrastructures routières qu’on avait promis à la CAF qu’on allait achever avant les délais ?

Bref, c’est la désolation ! Parce que non seulement politiquement il s’agit là d’un suicide, mais en réalité nous avons emprunté beaucoup-beaucoup d’argent pour la réalisation de tous ces différents chantiers. On parle déjà de mille milliards de francs CFA au minimum !

Et c’est pour ça que la CAF a quand même décidé de nous tendre le bras, puisqu’elle a proposé de nous accompagner pour l’organisation de la CAN 2023 ou 2025 sûrement (2021 étant déjà attribué à la Côte-d’Ivoire). La CAF a proposé que les Camerounais prennent tout leur temps pour terminer tranquillement leurs infrastructures sans pression, et pour être prêts lorsque leur moment sera venu. Mais il n’en reste pas moins que ce retrait ressemble à un gigantesque fiasco, à un camouflet inoubliable et à une sale honte pour un si grand pays de football comme l’est sûrement la république des Lions Indomptables.

trophée Coupe d'Afrique des nations
Le trophée récompensant le vainqueur de la Coupe d’Afrique de football. Photo: nordlittoral.fr /Image reproduite sous autorisation

Le Cameroun n’organisera plus la Coupe d’Afrique 2019 !

Donc le vendredi 30 novembre 2018 à Accra au Ghana, le comité exécutif de la CAF n’est pas passé par quatre chemins : le Cameroun n’organisera pas la prochaine Coupe d’Afrique de football qui aura lieu en 2019 !

Le Cameroun ne recevra pas des touristes étrangers en 2019 ! Car même si nous sommes un pays très accueillant et très hospitalier, nous n’accueillerons plus ces africains qui avaient prévu de venir ici du 15 juin au 13 juillet de l’année 2019.

Le Cameroun ne pourra pas exposer ses diversités culturelle et culinaire en 2019 ! Car c’était aussi cela le but de cette Coupe d’Afrique, c’était de montrer prouver au monde entier que nous sommes véritablement une Afrique en miniature.

Le Cameroun ne sera pas au centre de l’Afrique en 2019 comme cela avait été le cas en 1972 sous la présidence de M. Ahmadou Ahidjo, finalement, mais j’ai presque déjà envie de vous dire malheureusement.

Parce que même si cette Coupe d’Afrique devait nous coûter beaucoup d’argent pour un pays qui est pourtant très pauvre mais surtout très-très endetté, c’était quand même un parfum de bonheur que nous attendions. C’était une opportunité pour nous de faire quelques business. C’était un intermède pour pouvoir faire de jolies rencontres panafricaines, pour côtoyer les grands joueurs de football et pour vivre une effervescence qui devait se répandre sur toute l’étendue de notre territoire.

Mais malheureusement le Cameroun n’organisera plus la Coupe d’Afrique des Nations en 2019.

Ecclésiaste DEUDJUI, j’irai voir la CAN 2019 au Maroc

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Un jour, nous serons aussi les enfants de Dieu…

Ce n’est pas parce que des voleurs ont cambriolé dans ta maison que tu vas penser que ta vie est déjà terminée. Ce n’est pas parce que des agresseurs t’avaient poignardé que tu vas penser que tu es déjà mort. Ce n’est pas parce que tu as tout perdu dans la vie que tu vas commencer à imaginer que tu n’es pas aussi un enfant de Dieu…

 

un homme triste sur un banc public
Beaucoup de gens pensent que leur vie est terminée après un coup dur. Photo: medisite.fr /Image reproduite sous autorisation

 

Ce n’est pas parce que tu as perdu ta moto…

Moi j’ai déjà perdu trois motos ici à Douala ! La première fois c’était une Sanili, la deuxième fois je m’étais fait agresser par des bandits dans mon propre quartier ici à Makèpè, et la troisième fois c’était mon tout premier scooter…

La moto c’est rien ! Et même si c’était la voiture, c’est toujours rien. Même si c’était un camion qu’on vient de t’arracher et que tu as quand même eu la chance de t’en sortir avec tes quatre membres, il faudra seulement que tu remercies le Seigneur. Il faudra penser comment tu vas faire pour acheter une nouvelle moto ou bien une nouvelle voiture ou bien un nouveau camion plus grands. Il faudra seulement te dire que ce sont les choses de la Terre. Parce que tous les jours on arrache les motos véhicules des gens ici au Cameroun, mais est-ce que c’est alors la raison pour laquelle nous devons nous arrêter de conduire ?

 

Ce n’est pas parce que tu as été victime d’un accident…

Il y a des gens ici au Cameroun qui ont été victimes des accidents graves, jusqu’à ils ont même perdu l’une de leurs jambes ! Vous pensez que c’est facile ? De te réveiller avec tes quatre membres et de constater à l’hôpital que tu deviendras paraplégique ou à fortiori un tétraplégique ? Hein ? Vous pensez réellement qu’il s’agit là d’un amusement ?

Et pourtant il faut bien continuer à vivre, même si nous savons que ce sera difficile. Car ce n’est pas parce que tu es devenu un handicapé que tu vas penser que ta vie est déjà terminée. Nôôô ! Car si tu es resté en vie hein, c’est déjà énorme. Si tu peux encore respirer et savourer les bonnes douceurs de l’existence (comme la poésie de Pierre La Paix Ndamè), ce serait déjà magnifique. Si tu peux encore re-croire en toi et te dire que tes projets ne sont pas encore terminés, tu vas voir que tu redeviendras une nouvelle fois un enfant de Dieu comme auparavant…

 

accident de train à Eséka en 2016 au Cameroun
L’accident de train à Eséka (en 2016) avait détruit beaucoup de vies camerounaises. Photo: afriquemagazine.com /Image reproduite sous autorisation

 

Ce n’est pas parce que tu avais perdu beaucoup d’argent…

Moi j’ai déjà perdu un cybercafé au mois de décembre 2013. J’avais payé le loyer pour un an, j’avais acheté dix ordinateurs ainsi que tous les équipements informatiques nécessaires, j’avais refait la peinture de la salle, l’électricité, la maçonnerie, la menuiserie, la plomberie, etc. Puis je me suis fait raser complètement ce cybercafé alors que je n’avais même pas encore fait deux semaines d’exploitation !

Mais est-ce que je suis alors mort ? Hein ? Est-ce que ma vie s’était terminée à ce moment-là ? Est-ce que je suis parti me suicider parce que j’avais investi beaucoup-beaucoup d’argent dans ce cybercafé-là ?

Parce que s’il faut bien voir hein, il y a des gens ici qui ont déjà perdu beaucoup-beaucoup de millions. Il y a des gens ici qui avaient perdu le Milliard. Il y a des gens ici qui étaient des chefs d’entreprise et qui aujourd’hui se promènent en sandalettes. Il y a des Camerounais qui étaient des ministres et qui aujourd’hui sont devenus des vauriens. Il y a même notre premier président de la République du Cameroun, Ahmadou Ahidjo, qui était décédé au Sénégal comme un sale chien.

Mais. Mais est-ce que c’est alors pour ça qu’on va penser que tous ces gens-là n’étaient pas aussi des enfants de Dieu ?

 

Ce n’est pas parce que tu as été déçu en amour…

Les déceptions en amour, ça se passe tous les jours. Donc si ce n’était que pour ça hein, on allait seulement dire que la vie de toutes les Camerounaises est déjà irrécupérable…

Moi-même-ci j’allais partir me jeter dans le fleuve Wouri si on ne se basait que sur les déceptions amoureuses pour continuer à vivre. Car j’ai réellement aimé Barbara, Marguerite, Catherine et aussi ma princesse Divine Laure, même si ensuite je me suis régulièrement retrouvé tout seul… Tsuip ! Mais est-ce que je suis alors mort pour autant ? Hein ? Est-ce que ça veut dire que je ne pourrai plus jamais aimer une autre fille comme j’avais aimé ces Camerounaises auparavant ?

Parce que ce qui tue souvent les gens qui sont en instance de rupture, c’est parce qu’ils n’ont pas suffisamment de confiance en eux-mêmes. C’est parce qu’ils pensent que l’amour est un truc qui est déjà préréglé à l’avance. C’est parce qu’ils ne sont pas suffisamment forts mentalement. C’est parce que quand quelqu’un te quitte comme ma dulcinée qui m’avait abandonné en décembre 1999 (je parle de toi, Donatella), il faut te dire que vous n’étiez pas faits pour rester ensemble. Et ensuite il faut réapprendre à vivre normalement comme tu le faisais auparavant lorsque tu ne l’avais même pas encore rencontrée…

 

une homme qui embrasse amoureusement une femme
La déception est souvent douloureuse après une rupture amoureuse. Source: rougeframboise.com /Image reproduite sous autorisation

 

Un jour, un jour, tous les Camerounais seront aussi les enfants de Dieu…

Donc comme je vous racontais, j’ai déjà perdu plusieurs motos neuves ici à Douala. J’ai déjà été cambriolé chez moi quand j’habitais à Déido. J’ai déjà été saccagé dans mon magasin à Bépanda. J’ai déjà été poignardé par des malfrats à plusieurs reprises. J’ai déjà été licencié dans une entreprise. J’ai déjà été sérieusement déçu en amour alors que je croyais que c’étaient les femmes de ma vie.

Mais… Mais est-ce que ça veut donc dire que ma vie est déjà en train de vouloir se terminer ?

 

Ce n’est pas parce que tu as attrapé le VIH-Sida que tu es déjà mort ! Car si tu suis ton traitement régulièrement, tu vivras normalement et tu seras beaucoup plus heureux que les gens qui te stigmatisent.

Ce n’est pas parce que tu as perdu ton emploi que tu es déjà mort ! Nôôô, n’insiste pas. Prends un peu du bon temps comme moi j’avais fait, et après tu vas voir comment de nouvelles autres opportunités vont s’offrir.

Ce n’est pas parce que tu n’as pas fréquenté que tu vas penser que ton avis ne compte pas.

 

Ou bien parce que tu es dans la galère pour le moment. Ou bien parce que tu es déjà en train de vieillir. Ou bien parce que tu es devenue une femme stérile. Puisque comme mon papa me disait souvent, « Les problèmes c’est pour les hommes ». Et comme ma maman aime à me le rappeler, « La vie n’est qu’une succession de hauts et de bas ».

Alors cessons de nous lamenter, et recommençons à garder espoir. Puisque nous sommes aussi les enfants de Dieu, donc ce n’est pas parce que nous sommes nés au Cameroun que nous allons penser que notre combat ici sur la Terre est déjà perdu à l’avance…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je suis un enfant de Dieu

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J’ai été riche pendant quelques semaines

Quand je vois comment je réfléchis aujourd’hui avant de mettre le carburant dans ma moto de marque française, ça me fait un peu de la peine. Parce que quand j’étais encore « riche » hein, je n’avais même plus ce genre de problèmes. Et certains amis me disent que j’avais déjà aussi commencé à changer de comportement…

 

dessin homme riche
L’argent procure toujours un sentiment de satisfaction. Source: kisspng.com /CC-BY

 

Je n’avais plus faim pendant quelques semaines

Quand j’étais encore « riche » hein, je n’avais presque jamais faim. Car c’est comme si quand tu as beaucoup d’argent hein, l’appétit disparaît. Puisque je pouvais bien manger tout ce que je voulais ici sur la planète Cameroun, mais curieusement je n’avais presque jamais faim.

C’est comme si quand tu as ton argent rempli dans les poches hein, tu n’as même plus envie de te régaler. Tu regardes la nourriture et ça te dégoûte. Tu entres dans un fast-food et tu ne finis même pas le plat que c’est pourtant toi qui venais de commander avec insistance. Tu consommes les menus les plus chers. Tu entres dans une boulangerie et tu achètes les gâteaux que tu n’avais jamais rencontrés auparavant. Tu te balades dans les grands restaurants, et tu commences à interpeller les serveuses avec un ton d’aristocrate : « Bonjour jeune dame, puissé-je vous demander si vous avez du poulet DG par ici ? »

 

J’avais plusieurs projets quand j’étais riche

Mon tout premier projet, c’était de m’acheter un élégant climatiseur Whirpool. Un split. Mais quand je suis allé me renseigner sur les modèles, je me suis quand même demandé si l’affaire-là était réellement si nécessaire. Surtout que quand mon bailleur allait me voir avec un technicien en train de monter avec cet appareil dans ma petite chambre, il allait venir à ma fenêtre pour me souffler que « Euh… M. Deudjui, est-ce que vous savez que la Sonel venait récemment d’augmenter le prix du kilowatt/heure ? »

Bref, j’étais devenu un insatiable. Je commençais déjà à réfléchir sur l’achat d’une petite voiture pour mes petites courses. Je venais de m’acheter mon nouveau scooter. Je réfléchissais sur un abonnement à Canal+. Je pensais déjà à déménager vers une maison plus grande mais surtout beaucoup plus chère. Je réfléchissais tout le temps sur le contenu de mon réfrigérateur. Je pensais même déjà à changer de comportement social, puisque j’ai dit un jour à l’un de mes amis que « Gars ! Je pense qu’il faut qu’on arrête de s’asseoir dans n’importe quel bar et de sortir avec n’importe quel genre de filles… »

 

restaurant Tou'Ngou Hôtel
J’aimais bien me régaler dans les grands restaurants quand j’étais riche. Image: Tou’Ngou hôtel /Image reproduite sous autorisation

 

J’ai été « polygame » pendant quelques semaines

Imaginez un gars qui peut manger tout ce qu’il veut et qui ne s’assoit plus dans n’importe quel bar. Hein ? Qu’est-ce qui peut bien lui rester d’autre à faire en dehors de baratiner de nouvelles filles ?

Donc j’étais rentré dans cette mouvance. Comme je n’avais pas de problème d’argent et que je pouvais recevoir n’importe quelle Camerounaise n’importe où et à n’importe quelle heure, c’est aussi comme ça que je rencardais plus de trois jolies filles par jour !

Je démarrais ma moto et je partais donner le chawarma à une fille qui travaillait dans un snack-bar là-bas vers Bonamoussadi. Je démarrais ma moto et je partais manger les viennoiseries avec les midinettes qui aiment se régaler uniquement dans les gigantesques glaciers bios. Je démarrais ma moto et j’emmenais plusieurs araignées dans plusieurs bars, et ensuite chez moi, et ensuite je les raccompagnais jusqu’à chez elles. Jusqu’au jour où j’ai perdu mon argent et c’est là que j’ai compris que j’étais définitivement condamné à demeurer un célibataire…

 

J’ai découvert qui sont mes vrais amis

De la même manière que j’ai perdu toutes ces filles qui me faisaient accroire que j’étais un polygame, c’est aussi comme ça que j’avais perdu plusieurs compagnons. J’ai même perdu l’un de mes tout meilleurs amis, Pierre La Paix Ndamè, parce que je lui avais prêté de l’argent et quand je lui téléphonais il me renvoyait désormais vers son répondeur… Tsuip !

L’argent ne donne pas les amis. L’argent attire seulement les parasites et les opportunistes. L’argent attire seulement les gens qui ont seulement envie de boire tes bières gratuitement. L’argent attire seulement les fausses filles. L’argent te fait marcher avec des serpents à trois têtes jusqu’à tu penses que ce sont tes réels amis, jusqu’au jour où tu te fais mordre. Jusqu’au jour où l’un d’eux vient carrément te dire que « Ecclésiaste, tu es un vaurien ! »

Alors que c’est pourtant moi qui lui faisais découvrir les grands hôtels, les grands restaurants, les grands aéroports, les grandes boutiques, etc.

 

Samuel Eto'o
Samuel Eto’o est d’abord respecté au Cameroun pour sa richesse. Image: bfmtv.com /Photo reproduite sous autorisation

 

J’ai été surpuissant pendant quelques semaines

Donc auparavant hein, je ne réfléchissais même pas un peu quand je voulais mettre le carburant dans mon scooter de marque française. Je partais dans une station Total, sans publicité, et je faisais le plein dans mon réservoir tout en payant simultanément pour qu’on me fasse la vidange.

Certains amis me disent même que j’avais déjà aussi commencé à changer de comportement…

 

J’ai été riche pendant quelques semaines. Et c’est comme ça que je devenais insolent, j’étais condescendant envers les employés et c’est aussi l’argent qui m’a rendu très macho et très autoritaire envers les femmes.

J’ai été un « bòbò » pendant quelques semestres. Je ne mangeais que dans les chics fast-foods avec les panthères, je ne buvais que dans les lounges et dans les salons de thé, et je ne prenais que les taxis en course lorsque je partais me faire mes soins de visage.

J’ai été au-dessus de la classe moyenne camerounaise pendant presque trois cent soixante-cinq jours !

 

Et donc pendant cette faste période, j’avais compris beaucoup-beaucoup de choses. J’ai d’abord commencé par prendre beaucoup de poids. Ensuite j’ai compris que c’est l’argent qui transforme souvent certaines personnes. Puis j’ai compris que le franc CFA voulait déjà m’éloigner de certaines valeurs comme la vertu. Et j’ai aussi compris que la richesse c’est une augmentation de tes problèmes. Mais en fin de compte hein, j’avais surtout compris que je n’avais rien compris sur ma « pauvreté » d’auparavant, puisque la richesse ce n’est pas seulement une question de numéraire ou bien de compte bancaire. Vous me suivez parfaitement ?

Et je me demande même si j’ai réellement été quelqu’un de « riche » pendant ces quelques semaines…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je ne suis plus riche

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Je viens de perdre mon travail !

J’ai perdu mon emploi le lundi 1er mai 2017 aux environs de 21 heures. Et pourtant c’était un jour férié hein ! Mais mon patron m’avait envoyé un SMS qui disait que « Tu es viré ! » Et puis il m’a téléphoné le lendemain pour me demander de passer au bureau afin que je récupère mes affaires…

lettre de licenciement
On perd généralement son travail par une lettre de licenciement. Image: Adobe stock /CC0

J’ai perdu mon salaire

Ce qui m’avait mis en colère lorsque je venais de perdre mon boulot, c’était d’abord –et surtout– parce que je venais de perdre mon salaire ! Car je savais que coûte-que-coûte hein, même s’il y avait des retards, je devais normalement être rémunéré au bout de trente-et-un jours…

Et même si tu réussis à te retrouver un autre job, est-ce que c’est sûr que tu recevras le même traitement salarial que précédemment ? Hein ? Est-ce que ce nouveau salaire sera régulier ? Et puis en attendant que tu te retrouves effectivement un autre job, comment est-ce que tu vas réussir à solder toutes ces nombreuses factures qui ne font que se multiplier et s’accumuler devant ton paillasson ?

J’ai perdu mes collègues

Ce qui m’a fait mal, c’est que j’avais des collègues qui avaient vraiment manifesté de la colère. Puisque quand ils ont appris la mauvaise nouvelle (ça va très vite hein, c’est comme pour les annonces de décès), certains m’avaient directement appelé pour me dire que « Courage, gars ! », « Sois fort ! », « Je suis désolé » ou encore « Je sais que tu vas t’en sortir. »

J’ai vraiment eu mal pour certains de mes collègues. Parce que même si moi je suis un je-m’en-foutiste à 100 %, il y a beaucoup de mes collaborateurs qui m’aimaient bien. Et c’est pour ça que quand tu perds ton boulot dans une entreprise ou bien dans une boutique, tu vas constater qu’il y a des gens que tu prenais pour des collègues mais qui étaient en réalité de vrais amis. Certains vont te téléphoner pour te demander quelle sera la suite de ton aventure. Et en fait hein, certains collègues ne sont même plus réellement tes collègues : ils sont déjà devenus tes compagnons de vie pour l’éternité !

coup de pied aux fesses
Il y a des licenciements qui sont un peu violents. Dessin: Lardon Source: skyrock.net /Image reproduite sous autorisation

J’ai perdu la pression du travail

J’avais un boulot exagérément stressant. Vraiment très-très-très stressant même ! Puisqu’on pouvait me téléphoner le week-end, me faire un e-mail à minuit, me commissionner pendant les heures de pause, etc. On pouvait même me renvoyer un jour férié et c’est ce que mon patron avait eu la malencontreuse idée de vouloir me démontrer…

Vrai-vrai hein, j’étais hyper tendu (rien à voir avec l’hypertension !). Je gérais plusieurs dossiers et je rentrais toujours à la maison très-très tardivement. Cela va un peu me manquer. Car même si les Camerounais se plaignent toujours que leur travail est difficile, et que c’est fort, il y a quand même une adrénaline sous la pression qui peut te donner la dépression si tu te réveilles un beau matin et que tu constates que tu seras dorénavant au chômage !

J’ai perdu le respect de mon entourage

À commencer par mon propre père ! Parce que quand il avait appris que j’avais été licencié, il a commencé à me téléphoner dix fois par jour comme si j’étais devenu sa petite amie. Et donc moi ça m’énervait, et donc parfois je ne décrochais même plus.

Et c’est d’ailleurs pour ça que je n’aimais plus trop dire aux gens que j’avais perdu mon travail. Puisque même mes propres amis allaient se fâcher. Puisque même mes copines allaient me lâcher (si, si). Puisque même les membres de ma famille qui me voyaient déjà comme un baobab allaient me demander que « Tonton Ecclésiaste, qu’est-ce qui ne va pas ? ». Sans compter mes voisins qui avaient l’habitude de me voir sortir tous les matins avec ma grosse moto, alors que dorénavant je me réveille parfois vers les 11 heures ou bien vers les midi. Et c’est à 13h que je pars souvent demander à ma voisine si elle peut un peu me prêter quelques bûchettes d’allumettes…

doigt d'honneur de démission
Certaines personnes quittent leur job d’elles-mêmes. Source: monbonpote.com /Image reproduite sous autorisation

Je viens de perdre mon boulot !

Donc le jour de votre fête du travail, c’est ce jour-là que je venais de perdre le mien. Mon patron m’avait envoyé un texto qui me disait que « Ecclésiaste, Tu es viré ! » Et puis il m’a téléphoné le lendemain pour me demander de passer au bureau afin que je puisse quand même récupérer toutes mes affaires…

Je viens de perdre mon travail, comme tous ces nombreux Camerounais qui sont congédiés tous les jours et qui ne bénéficient pas de la protection de notre société.

Je viens de perdre mon fauteuil de Directeur, mais parfois une porte se ferme et dans quelques temps tu vas voir comment de nouvelles autres magnifiques portes vont s’ouvrir.

Je viens de perdre mon travail comme Pierre La Paix avait perdu son travail le 21 avril de l’année 2016, mais je ne comprends pas pourquoi je n’arrive pas à en devenir malheureux.

Puisque quand je l’avais annoncé à ma mère, c’est elle qui m’avait dit que « Clesio, dans la vie il y aura toujours des hauts et des bas ». C’est elle qui m’avait rendu confiant et zen. C’est elle qui m’avait dit que je pourrai gagner beaucoup d’argent dans ma vie sans nécessairement travailler pour quelqu’un. Et si donc je peux me permettre un conseil, c’est de vous demander de vous reposer et de profiter de la vie avant de repartir au combat. Car ce n’est pas parce que vous avez perdu votre travail que vous allez penser que votre travail ici sur la Terre est déjà terminé…

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai trouvé un autre job

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Voici comment Orange money a révolutionné le « grattage »

Auparavant lorsque quelqu’un te demandait de l’argent, tu pouvais l’esquiver en disant que « Je n’ai pas d’argent sur moi », « Aujourd’hui c’est férié », ou encore « Je vais faire comment pour t’envoyer ça loin là-bas à Fendjemenkouèt ? »

Mais si tu tentes encore de dire ça aujourd’hui à un Camerounais de l’année 2018, il va directement te répondre que « Mais je dis hein, tu ne peux pas rapidement me faire un Orange money ? »

 

réception d'argent via Orange money
Les kiosques Orange money sont disponibles à tous les coins de rue. Image: studiotamani.org /Image reproduite sous autorisation

 

Orange money a révolutionné le dépannage

Auparavant lorsque je demandais de l’argent à l’un de mes oncles qui vit là-bas à Yaoundé, je lui téléphonais souvent et il me répondait toujours que « Je n’ai pas le temps aujourd’hui pour passer à la banque ! » Et pourtant de nos jours je ne me casse même plus la tête : « Bonjour Tonton Jean-Baptiste. S’il te plaît est-ce que tu peux me faire un Orange money ? »

Et c’est la même chose avec mes amis fonctionnaires qui aiment souvent m’emprunter me demander de l’argent lorsque nous sommes déjà vers le 15 du mois. C’est la même chose avec mes nièces que je dépanne souvent lorsqu’elles ont besoin de quelques couches pour leurs nombreux enfants en bas-âge. C’est la même chose avec mes anciens amis que je rencontre souvent et qui sont restés dans la galère, mais qui aiment parfois me demander que « Je dis hein Clesio, il n’y a même pas un minguili petit Orange money pour les pauvres ? »

 

Orange money a révolutionné la pimenterie

Auparavant les vendeuses de piment avaient beaucoup de problèmes lorsqu’il fallait aller récupérer leur argent en cash chez le client. Parce que quand elle te disait qu’elle avait envie de s’acheter la greffe brésilienne, toi tu lui demandais de passer à la maison l’abattoir et c’est ensuite seulement que tu pouvais éventuellement lui remettre son argent des mèches…

Mais aujourd’hui ? Niètt ! Ce n’est plus la même chose dèh ! Une fille peut très bien rester tranquillement sur son WhatsApp et te demander que « Fais-moi un Orange money de cinquante mille francs CFA pour que je m’achète une greffe brésilienne. » Une fille peut te conditionner en te disant que « Envoie-moi d’abord mon argent de transport par Orange money avant que je ne me déplace. » Une pimentière expérimentée peut même te menacer au téléphone en te disant que « Tu dis quoi alors ? Hein ? Décide-toi vite ! Si tu ne veux pas m’envoyer l’argent-là par Orange money tu me fiches le camp ! »

 

grille tarifaire Orange money au Cameroun
Grille tarifaire des transferts d’argent par Orange money. Tableau: Le Mobile Au Kamer /CC-BY

 

Orange money a révolutionné les transactions

Moi je pars toujours sur les anciennes bases. Parce que dans l’ancienne époque technologie, tu venais sur le chantier pour donner l’argent à ton entrepreneur, et tu en profitais pour vérifier l’état d’avancement de tes travaux. Mais aujourd’hui ? Niètt ! Ce n’est plus du tout la même chose dèh !

Un ouvrier peut très bien t’appeler pour te mentir que le ciment vient de finir, parce qu’il sait parfaitement que tu es dans un bus pour Sangmélima. Un employé peut t’appeler pour te dire que les Impôts sont venus pour sceller votre boutique, et qu’il faut rapidement que tu lui fasses un Orange money là-là-là-là-là. Une ancienne petite amie (la mère de ton enfant, par exemple) peut t’appeler pour te demander la pension alimentaire, genre : « Tu vas alors m’envoyer l’argent de l’école de l’enfant-là par comment ? Hein ? Par Orange money ? »

 

Orange money a révolutionné le crédit

Je ne parle pas des gros crédits que les fonctionnaires prennent là-bas à la banque hein, nôôô ! Ça n’a rien à voir ! Ça n’a rien à voir avec les terrains titrés qu’on te demande là-bas pour ta garantie. Ça n’a rien à voir ni avec les hypothèques, ni avec les échéanciers. Parce que quand un Camerounais veut prendre le crédit aujourd’hui en l’an 2018, il ne passe pas par mille chemins : « Tu ne peux pas me faire un crédit d’argent par mon Orange money ? »

D’autres gens utilisent même cette technique-là pour encore mieux faciliter leurs « frappes ». Genre une fille me dit l’autre jour que « Je ne suis pas sortie avec  ma carte bancaire. Pardon envoie-moi vingt mille francs CFA avec ton Orange money et je vais te remettre ça la prochaine fois qu’on va se voir… »

Tu es sûre qu’on va se revoir ?

Et même mon ami Pierre La Paix m’avait escroqué comme ça en février 2017 lorsqu’il avait eu quelques problèmes, et jusqu’aujourd’hui je bois mes bières avec lui mais il n’a plus jamais évoqué le sujet d’un éventuel remboursement de cet argent que je lui avais pourtant envoyé via son Orange money…

 

mtn mobile money
MTN mobile money (alias MoMo) est le principal concurrent de Orange money au Cameroun. Source: monastuce.net /CC0

 

Voici comment Orange money a révolutionné le « grattage » au Cameroun…

Donc auparavant hein, lorsque quelqu’un te demandait les ronds tu pouvais très facilement t’en sortir. Mais aujourd’hui au 21ème siècle, niètt ! La personne va sauf que te harceler en te disant que « Mais je dis hein, ma sœur, qu’est-ce qui t’empêche même de me faire un Orange money là-là-là-là-là tout de suite ? »

 

Orange money a révolutionné le tourisme : les gars envoient l’argent de transport par Orange money et les filles prennent le bus VIP pour se rendre à Yaoundé ou bien à Douala.

Orange money a révolutionné la consommation : tu vois un écran plasma qui te plaît dans un grand magasin, et directement tu vides ton Orange money alors que tu avais réservé cet argent pour aller rencontrer ton futur beau-père.

Orange money a même aussi révolutionné l’alcoolisme ! Parce que quand moi je vais boire dans un snack-bar désormais, je demande toujours à la serveuse si leur établissement autorise les paiements par Orange money.

 

Ou bien alors par MTN Mobile money. Ou bien parfois par Express Union mobile. Ou bien alors si leur établissement possède un compte électronique Nexttel. Ou bien si elle préfère plutôt une monnaie virtuelle comme les bitcoins ou alors l’ancien système PayPal. Parce que ce qu’il faut surtout retenir avec cette nouvelle technologie électronique et monétaire, c’est que le mobile a vraiment révolutionné l’univers de la banque ici au Cameroun.

Et par ricochet il a aussi révolutionné le « grattage ».

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne gratte pas

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