Ecclésiaste Deudjui

Comment se comporter avec une moto ici à Douala

J’ai acheté ma deuxième moto le samedi 11 février 2017 à l’école publique à Déido. Et depuis que je roule avec ça, mon comportement et mes habitudes ont changé jusqu’ààààààà… Jusqu’à j’ai même envie de vous expliquer comment il faut se comporter avec une nouvelle moto que tu viens d’acquérir ici dans la ville de Douala.

deux motos avec parapluie
Certaines motos sont équipées de parapluies. Crédit photo: JUMIA /CC-BY

Il faudra d’abord payer tes impôts

Je ne parle pas des timbres fiscaux ou bien de la vignette hein, je parle d’abord de tes blessures ! Parce que dans notre ville de Douala-ci, tout le monde sait parfaitement que tu dois d’abord faire au moins un ou deux accidents avant de commencer à rouler avec ta moto normalement…

Moi j’avais payé mes impôts vers Akwa-Nord, vers 7 heures du matin. Il y a un bendskineur* qui avait subitement freiné devant moi sans même me prévenir, et je me suis retrouvé en train de percuter le derrière d’un taxi qui était stationné juste à côté de lui… Résultat : une chemise déchirée, un pantalon déchiré, une blessure sur le genou droit et une autre blessure sur mon avant-bras gauche, mais également quelques égratignures sur la moto.

Mais malgré ça mes amis me disent que je n’ai pas encore totalement fini de payer mes impôts hein…

Il faudra aussi payer tous tes papiers

Là je parle des vrais papiers de ta moto. Donc il te faudra marcher avec la photocopie de ta facture, il te faudra marcher avec l’original de ton assurance et de ta vignette, il faudra aussi que tu marches souvent avec un exemplaire de ta carte grise ou bien avec une bonne copie de ton certificat de revente.

Pour le permis de conduire, ça dépend. Puisque même les gens qui te contrôlent n’ont jamais fait le permis de conduire pour conduire leur propre moto… Donc ça dépend. Mais si tu as au moins ton assurance et ta vignette, tu pourras présenter ça aux gens de la mairie qui se cachent souvent en civil dans les embouteillages et qui surgissent devant toi en te menaçant : « Présentez-nous les papiers de la moto ou bien on vous envoie à la fourrière ! »

J’ai eu ça norr. J’étais obligé de leur donner 5 000 FCFA puisque j’avais oublié tous mes papiers à la maison.

motos à la fourrière
Plusieurs motos moisissent dans les fourrières. Image: camer.be /CC0

Il faut faire attention aux voleurs, aux braqueurs et aux arnaqueurs

Selon une enquête faite par Interpol, les motos sont les objets les plus volés ici au Cameroun, juste derrière l’argent du contribuable. Surtout les motos neuves. Surtout les motos « tchalés ». Surtout les motos qui ont encore le plastique. Et c’est même pour ça que quand je venais d’acheter ma deuxième moto neuve là-bas à Déido, j’avais rapidement enlevé les papiers à bulle qu’il y avait sur les jointures et sur certaines pièces qui entourent le moteur…

Je suis sérieux hein, je ne suis pas en train de rire. Vous pensez qu’on avait volé ma première moto en 2014 comment ? Hein ? Vous pensez que quand quelqu’un un inconnu roule à côté de toi et qu’il te traverse en te conseillant que « Fais attention hein, ils sont dehors ! », vous pensez que c’est de qui qu’il parle ? Vous pensez que quand mes propres amis me demandaient de rentrer chez moi avant 21h15, vous pensez que c’est parce que j’étais encore un bébé qui devait rentrer chez lui téter son biberon avant d’attendre la fermeture du portail ?

Il faudra aussi apprendre à conduire hein

Normalement je devais même commencer par ici. Parce que quand on achète une nouvelle moto chinoise, c’est d’abord et avant tout pour faire le bendskin la conduire. Mais le problème c’est que dans notre ville de Douala-ci hein, il y a la conduite et il y a les conducteurs !

C’est-à-dire que si tu roules et que tu veux imiter les bendskineurs qui vont te traverser à toute vitesse alors que la route est bloquée juste là-bas devant, c’est ton problème ! C’est-à-dire qu’il ne faut pas faire attention aux gens qui vont t’insulter en route en te disant que « Quitte de là avec ton crédit scolaire ! ». C’est-à-dire que si tu vois des gens qui roulent à contresens et qui ne respectent pas les feux de signalisation, il ne faudra surtout pas que ça te surprenne. Parce que ce qui m’étonne le plus lorsque je circule avec ma deuxième moto neuve ici à Douala, ce sont les piétons qui traversent la route lentement et qui me font des menaces du genre « Essaie de me cogner norr, n’est-ce pas tu veux nous montrer que c’est toi le propriétaire de la route ? »

Ecclésiaste Deudjui sur sa moto scooter
J’ai aussi beaucoup galéré avec mon scooter ici à Douala. Crédit: Fabrice Sunday /CC-BY

Voici comment il faut se comporter avec une moto ici au Cameroun…

Donc le 11 février 2017 pendant la fête de la jeunesse, moi j’étais plutôt à Nanfah pour acheter un objet qui devait me servir pour ma nouvelle vieillesse. Et depuis que je roule avec cette moto-là, j’ai constaté que mon comportement a totalement changé lorsque je me lance ici sur les routes de notre Cameroun…

Avec une moto ici à Douala, la drague devient vraiment plus facile ; puisque je vous ai déjà dit mille fois que les filles camerounaises adorent sentir l’odeur du carburant.

Avec une moto qui est encore solide et neuve comme la mienne, tu peux transporter certaines personnes pour arrondir tes fins de mois lorsque tu rentres de ton boulot.

Avec une moto chinoise qui tombe en panne presque tous les jours, tu vas passer tout ton temps à parler seulement de la mécanique avec ton ami Pierre La Ndamè.

Et si par malchance tu es comme moi qui avais perdu ma première moto en 2014 parce que j’avais osé transporter un agresseur qui se rendait à Madagascar, tu vas devenir vigilant jusqu’ààààààà… Jusqu’à tu vas même condamner ta roue avant avec un gros cadenas et ensuite tu vas bloquer ton guidon, car les statistiques d’Interpol sont formelles : « Les motos chinoises sont les objets les plus volés sur l’étendue du territoire camerounais, juste derrière l’argent du contribuable qui arrive toujours évidemment en pôle position. »

Ecclésiaste DEUDJUI, je me comporte déjà comme un bendskineur

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*Taximen à moto


Le talentueux monsieur Biya

Le Conseil constitutionnel a déclaré Paul Biya vainqueur de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 au Cameroun. Mais entre nous, comment pouvait-il en être autrement ?

 

Elecam
Elecam est l’organe chargé d’organiser les élections au Cameroun

 

Le brillant Code électoral

Dès le lancement de ces présidentielles, tous les candidats –sauf Biya– se sont plaints du Code électoral. Ils ont contesté les bureaux de vote qui étaient installés dans des lieux non contrôlables comme les casernes militaires, les chefferies, les commissariats, etc. Et heureusement que ces lieux-là ont été remplacés à la veille du scrutin.

Mais ce qui me choque personnellement dans notre Code électoral, c’est que l’élection présidentielle se joue à un seul tour ! Et que dans son article 115 alinéa 3, il est stipulé que le procès-verbal d’Elecam est « supérieur » à la copie que détiennent les représentants des partis politiques. Sans oublier que pour être candidat, l’article 124(1) demande de verser une caution de 30 millions francs CFA alors que ce montant était préalablement fixé à 5 millions de FCFA seulement…

 

Les merveilleuses conditions de campagne

Déjà, le Cameroun comprend environ 360 communes sur toute l’étendue de son territoire. Et pourtant la campagne n’a été prévue que pour deux semaines seulement ! Quel homme ordinaire (en dehors de Pierre La Paix Ndamè) pouvait donc parcourir 25 villes en moyenne en moins de 24 heures seulement ? Hein ? Est-ce que ça fait sérieux ?

Surtout que pendant que les candidats (ordinaires, eux) étaient en train de morfler avec les maigres 15 millions qui leur avaient été alloués par l’Administration territoriale pour leur propagande, il y a un candidat surhumain qui bénéficiait d’un budget de campagne quasiment illimité illimitable ! Et c’est pour cela que ses grandes affiches et ses t-shirts se retrouvaient partout dans tous les coins de rues. C’est pour cela qu’il avait réquisitionné presque tous les fonctionnaires, ou en tous cas tous les véhicules administratifs puisqu’on les a retrouvés dans les centaines de meetings de campagne de son RDPC…

 

Paul Biya en campagne à Maroua
Discours de campagne du candidat Paul Biya à Maroua. Source: www.meyomessalainternational.com /CC-BY

 

Le fantastique candidat-président

Paul Biya est un homme talentueux, et donc il ne pouvait pas perdre ces élections. Puisque c’est lui qui avait fixé le calendrier électoral (c’est lui qui avait choisi toutes les dates). C’est lui qui avait nommé les Directeurs d’Elecam, et c’est lui qui avait désigné les onze juges du Conseil constitutionnel qui seraient chargé de proclamer le résultat de ces élections présidentielles… C’est bizarre, non ?

Paul Biya était le seul arbitre. Et en même temps le président. Puisque pour son déplacement à Maroua le 29 septembre par exemple (le seul, d’ailleurs), on a mobilisé toutes les forces de l’ordre. Son court discours a retenu l’attention de tous les médias du pays, pas parce qu’il était candidat mais davantage parce qu’il était président. Et c’est avec cette stature de « l’expérience » qu’il s’est placé au-dessus de la mêlée des autres candidats, et que pour dire vrai Paul Biya n’a jamais réellement agi comme s’il était un postulant qui était venu devant les Camerounais afin de nous solliciter nos suffrages.

 

Le bourrage des urnes

Je ne fais pas un procès d’intention. Je ne dis pas que Paul Biya ne peut pas gagner ces élections à la régulière (les Camerounais ont déjà le syndrome de Stockholm). Je ne nie pas que le RDPC est le parti politique le plus représenté sur le territoire national, mais c’est justement ça le problème !

Car dans les communes les plus isolées de notre territoire où il est le seul parti représenté physiquement, qui peut témoigner des résultats qui sont issus de ces bureaux de vote ? Dans des contrées en crise comme la zone anglophone du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui sont en guerre (il faut le dire), qui peut contester les chiffres que les gens d’Elecam nous ont sortis de là ? Hein ? Est-ce que les autres candidats avaient des observateurs et des représentants dans tous les bureaux de vote ? Non ! Est-ce que les déplacés de guerre sont retournés dans leur localité d’origine afin de pouvoir voter ? Je n’en suis pas si sûr !

Mais dans tous les cas hein, la machine est tellement bien huilée et les méthodes si imperturbables qu’on ne peut s’empêcher de penser que ce système dit « biométrique » n’est en réalité qu’un système électoral biyamétrique

 

le Conseil constitutionnel du Cameroun
Les membres du Conseil constitutionnel pendant le procès du contentieux électoral. Source: chateaunews.com /CC-BY

 

Le talentueux monsieur Paul Biya

Donc comme prévu hein, le Conseil constitutionnel a déclaré monsieur Paul Biya vainqueur de l’élection présidentielle qui a eu lieu ici le 7 octobre. Mais entre nous les Camerounais, est-ce qu’il pouvait même en être autrement ?

 

Le talentueux monsieur Paul Biya ! Car pendant que ses adversaires battaient campagne, le bon monsieur recevait-lui tranquillement Ahmad Ahmad et il se projetait déjà sur la CAN de 2019.

L’expérimenté monsieur Paul Biya ! Car pendant les procès sur le contentieux électoral, on a constaté une coalition étrange entre le Minatd, Elecam, le RDPC mais également le Conseil constitutionnel !

Le machiavélique monsieur Paul Biya, car ces élections n’étaient ni plus ni moins qu’un simulacre de légitimité.

 

Puisque tous les Camerounais le savent, la seule chose qui intéresse monsieur Paul Biya c’est sa longévité au pouvoir. C’est le seul sujet qui le préoccupe. C’est le seul objet pour lequel il peut se sentir concerné ou bien menacé. Et même si ça fait déjà trente-six ans que ce spectacle se perpétue, personne ne peut plus douter sur le vicieux talent de ce monsieur qui vient d’être « réélu » président du Cameroun.

Et personne n’en doutera en 2025 lorsqu’il s’agira une énième fois de se re-maintenir au pouvoir…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je n’ai pas le talent de Biya

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Post-électoral

Alors que la campagne électorale et l’élection présidentielle se sont déroulées dans le calme, les événements qui ont suivi ont un peu fait monter la tension au Cameroun. Et cela risque plonger le pays dans une crise post-électorale dont personne ici n’avait vraiment besoin…

 

liste des candidats à la présidentielle de 2018 au Cameroun
Liste des candidats à la Présidentielle de 2018 au Cameroun. Infograhie: lebledparle.com /CC0

 

La déclaration de Maurice Kamto

Dès le 8 octobre 2018 vers 14h (soit moins de 24 heures après le scrutin), Maurice Kamto a tenu une conférence de presse au quartier Odza à Yaoundé pendant laquelle il a affirmé avoir transformé son pénalty électoral. Il a ensuite déclaré avoir obtenu un mandat clair et net de la part du peuple camerounais, puis il a appelé le président sortant à organiser une transition pacifique afin d’épargner à notre nation une véritable crise post-électorale.

Et cette conférence de presse a mobilisé tout le sérail, puisque le ministère de la communcation, le ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation
et le secrétaire général du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, le parti du président Paul Biya) ont dû monter au créneau pour condamner cette déclaration, qu’ils ont unanimement qualifiée d’appel à la révolte. Puis le 9 octobre, les candidats Cabral Libii et Serge Matomba ont aussi réagi pour condamner le Pr Kamto et pour s’autoproclamer vrais vainqueurs de cette élection. Mais c’était très improbable et donc ils n’ont pas été déchiquetés par l’opinion publique ni par les thuriféraires du régime de Paul Biya.

 

Les faux observateurs de Transparency

Ce même 8 octobre au soir, la CRTV (la télévision nationale) a diffusé dans son journal ses journaux un reportage dans lequel six Israéliens se faisaient passer pour l’ONG Transparency International, lesquels observateurs avaient trouvé le déroulé du scrutin vraiment « impeccable », organisé et exemplaire. Sauf que le pot-aux-roses a été découvert dès le lendemain matin sur Twitter, via un communiqué de Transparency (la vraie, cette fois) qui déclarait ne pas se reconnaître dans ces imposteurs et n’avoir nullement envoyé une mission d’observateurs pour ces élections présidentielles 2018 au Cameroun.

Et le pire c’est que depuis la découverte de cette supercherie, le gouvernement – si bavard, en général – est resté totalement muet. Les imposteurs blancs ont été exfiltrés du pays avec la protection du Bataillon d’intervention rapide afin qu’ils échappassent à la vindicte populaire. Aucune enquête n’a été ouverte. Personne n’a démissionné ni à la CRTV, ni dans notre gouvernement. Les gens du RDPC justifient cet imbroglio en le minimisant, et d’ailleurs leur botte secrète lorsqu’on leur parle de cette scabreuse affaire, c’est de demander : « Est-ce que ce sont les observateurs qui votent ? »

Le délai de proclamation des résultats

Voilà aussi un autre problème qui ne fait que rajouter à la tension ambiante, car certains trouvent le délai de proclamation des résultats trop long. Jusqu’à deux semaines ! Et notre Code électoral est encore sévère en la matière, puisqu’il interdit même de divulguer les tendances nationales. Et donc les Camerounais ont vite fait de constater que nous avons voté le même 7 octobre que le Brésil de Neymar, mais que ce même dimanche soir ils avaient déjà leurs résultats alors qu’ils sont plus de 207 millions alors que nous environ 25 millions…

D’autres disent que le délai de deux semaines entre les élections et la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel, c’est un délai pour pouvoir falsifier les chiffres afin de les mettre en faveur du candidat du RDPC. D’aucuns encore pensent que c’est une période nécessaire pour préparer les forces de l’ordre en cas de contestations publiques.

Bref, ça va dans tous les sens. Mais je n’ai toujours pas compris pourquoi au 21ème siècle, nous n’arrivons pas encore à proclamer les résultats d’une élection présidentielle en moins de 24 heures !

 

La psychose

Depuis la déclaration de Kamto qui s’était autoproclamé vainqueur, la psychose règne dans les méninges camerounaises. Surtout que le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) représente aujourd’hui un véritable vivier d’électeurs, très présents sur les réseaux sociaux mais visiblement aussi prêts à descendre dans les rues pour organiser les casses.

Et même le gouvernement le sait. Car depuis ce lundi « noir », ils ne font que multiplier les messages d’appels à la retenue. Ils ne font que prôner la paix. Ils savent que Kamto est presque capable de déstabiliser ce pays avec un simple mot d’ordre, et que les Camerounais aussi le savent. Et c’est pour ça que nous vaquons à nos occupations mais nous restons dans la psychose parce que nous ne savons pas encore ce qui va se passer après la proclamation des résultats le 22 octobre…

Crise post-électorale

Donc malgré une campagne électorale et une élection présidentielle qui se sont déroulées dans la tranquillité, il y a eu des événements qui ont fait monter la température ici au Cameroun. Et j’ai bien peur que cela plonge notre pays dans une crise post-électorale dont Pierre La Paix Ndamè n’avait absolument pas besoin…

 

 

campagne contre le tribalisme afin d'éviter une crise post-électorale
J’ai lancé une campagne contre le tribalisme afin d’éviter la crise post-électorale. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC0

 

 

Crise post-électorale ! Les Camerounais veulent le changement, mais ils ne veulent surtout pas ressembler à la Côte d’Ivoire, au Gabon, au Kenya ou bien encore au Rwanda à cause d’un prétendu tribalisme.

Crise post-électorale ! Ce qui dérange surtout les Camerounais après cette élection, c’est que finalement rien ne va changer alors que cela dure déjà depuis bientôt 36 ans.

Crise post-électorale et crise camerounaise tout court, car j’ai l’impression que tôt ou tard les choses finiront par dégénérer.

 

Mais puisque nous sommes encore dans une période de psychose, je vais m’abstenir de vous révéler quand et comment surviendra ce changement. Puisque pour le moment nous proclamons la paix. Puisque moi aussi je veux une transition pacifique. Puisque la guerre ne bénéficiera à personne. Puisque personne ici n’a vraiment besoin de se retrouver paralysé par ce démon qu’on appelle généralement la crise post-électorale…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, Je veux la Paix

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J’ai voté

Pour la première fois de ma vie, j’ai participé à une élection présidentielle en tant que citoyen électeur. Et je peux dire que j’ai vraiment apprécié cette expérience…

carte d'électeur Ecclésiaste Deudjui
Ma carte d’électeur. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

J’avais ma carte d’électeur

J’ai fait ma carte d’électeur depuis le mois de mai 2017 au quartier Bonamoussadi. On ne m’avait pas demandé grand chose. Ils ont juste enregistré mes empreintes, mon nom et mon année de naissance, puis ils avaient vérifié ma carte d’identité. Ils m’ont aussi pris une photographie biométrique pour parachever mon identification, et je suis ressorti de là sans dépenser le moindre centime.

Le seul hic, c’est que j’avais dû repasser là-bas à plusieurs reprises avant de retirer finalement ma carte d’électeur (en mai 2018), puisqu’on ne faisait que me répéter : « Il faudra repasser la semaine prochaine. »

J’ai suivi la campagne électorale

J’ai suivi la campagne électorale de bout en bout. Et je l’ai même commentée à vrai dire. Car il y avait tellement de rebondissements que je me suis même amusé par moments, tellement elle était drôle. Mais j’ai surtout suivi la campagne électorale parce que je voulais comparer les programmes des candidats. J’ai espéré la coalition entre Cabral Libii et Maurice Kamto, mais jusqu’au dernier moment elle n’a jamais eu lieu. J’ai assisté à quelques meetings avec mon ami Pierre La Paix Ndamè. Je me suis dit que puisque je suis déjà un détenteur d’une carte d’électeur, il ne fallait vraiment pas que je gâche ma cartouche. Et que le 7 octobre je devais me rendre dans mon bureau de vote en possédant le maximum d’informations…

Ecclésiaste Deudjui vote
Je glisse mon bulletin dans l’urne. Crédit photo: Anonyme /CC0

J’ai voté

J’ai voté à 14h22 dans la salle M d’un bureau de vote à Makèpè. Je suis entré dans la salle et j’ai ramassé les neuf bulletins colorés, puis je me suis rendu à l’isoloir. Je n’ai même pas hésité pour remplir l’enveloppe puisque je connaissais déjà mon favori depuis un moment. Je suis ressorti de là tout souriant, puis j’ai glissé mon bulletin dans l’urne. J’ai un peu blagué avec la directrice du bureau de vote parce que je lui demandais si elle-même elle possédait une carte d’électeur. J’ai enfin signé le registre de vote, j’ai laissé mes empreintes et puis la dame a trempé mes doigts dans une encre indélébile pour que je ne puisse pas aller revoter ailleurs. Mais je lui ai dit que c’était inutile puisque moi je ne possède qu’une seule carte d’électeur…

J’attends les résultats

Dès la fermeture des bureaux de vote à 18 heures, les résultats (officiels ou pas) ont commencé à pleuvoir sur Facebook : Bagangté, Pékin, Montréal, Saint-Pétersbourg, Washington, Bafoussam, Kuala Lumpur…

Et surtout de faux résultats ! Car n’importe quel internaute s’asseyait devant le clavier de son smartphone, et puis il nous fabriquait des résultats. Jusqu’à Elecam –himself– a été obligé de réagir, puisqu’ils ont pondu un communiqué sur Facebook qui disait que « tous les résultats qui circulent sur les réseaux sociaux et qui ne proviennent pas d’Elecam sont absolument faux ! »

Soit. Mais il y a un événement qui m’a quand même marqué, c’est quand j’ai assisté au dépouillement en direct d’un bureau de vote qui se situait loin en Belgique. C’était sur Facebook. C’était un direct. Et c’est à ce moment-là que j’ai compris que Mark Zuckerberg avait vraiment modifié la face du monde…

doigt imbibé d'encre électoral
Mon doigt a été trempé dans une encre indélébile après mon vote. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC0

J’ai enfin voté

Donc pour la première fois de ma vie, j’ai enfin participé à une élection présidentielle ici au Cameroun. Et laissez-moi vous dire que j’ai vraiment apprécié cette expérience…

J’ai voté ! Car c’est bien beau de bavarder sur les réseaux sociaux et de discuter dans les bars, mais c’est encore mieux lorsqu’on s’exprime dans l’isoloir.

J’ai voté ! Car la citoyenneté n’est pas seulement un droit qui nous confère(rait) des avantages, elle comporte aussi des devoirs.

J’ai voté parce que j’avais le sentiment de participer enfin à la rédaction de l’Histoire de notre Cameroun.

Et même si je ne détiens pas encore les chiffres officiels, je pense que beaucoup de Camerounais ont aussi décidé de voter comme moi. Ainsi que beaucoup de Camerounaises. Ainsi que beaucoup de compatriotes qui vivent là-bas à l’étranger. Car quel que soit le résultat final de cette présidentielle, ce sont les citoyens camerounais qui auront voté qui en seront les grands vainqueurs. Et c’est comme ça que petit à petit nous allons progressivement nous diriger vers le changement.

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai voté

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Une histoire de campagne électorale…

Depuis le 22 septembre que la campagne électorale a débuté, on a déjà presque tout vu au Cameroun ! Mais on ne sait pas si cela va changer quelque chose lors de l’élection présidentielle du 7 octobre…

 

Longuè Longuè chante lors de la campagne électorale de Akere Muna
Le chanteur Longuè Longuè chantant lors d’un meeting du candidat Akere Muna. Source: Facebook /CC0

 

Une histoire de slogans…

La campagne a débuté le 22 septembre à minuit par le slogan du président sortant, à savoir « La force de l’expérience ». Quelle expérience ? Quelle force ? Quel bilan en réalité puisque c’est surtout cela qui nous intéresse ?

Puis on a eu Cabral Libii qui a lancé « Construisons notre avenir ». On a eu Maurice Kamto qui a balancé « Le Cameroun pour tous et ensemble ». On a eu le SDF qui a clamé « La force de notre diversité » (qu’est-ce qu’ils ont vu avec la force ?) et cette phrase est devenue le slogan de campagne de leur candidat Joshua Osih.

Bref, on a aussi des sobriquets : le tireur de pénaltys c’est Maurice Kamto ; le candidat de la jeunesse c’est Cabral Libii ; le candidat de l’expérience c’est Paul Biya évidemment. Et puis il y a eu un certain Ndifor Franklyn, un pasteur apparemment, qui est apparu miraculeusement (c’est le cas de le dire) sur la scène politique camerounaise, et qui ne passe pas par quatre chemins pour nous dire qu’il est le candidat désigné par le Seigneur Jésus-Christ Lui-même…

 

Une histoire d’affichettes…

Les affichettes c’est pour les huit candidats de l’opposition. Parce que si c’est pour monsieur Paul Biya, on a vu comment il a déployé son arsenal de grandes affiches, de car-podiums mobiles, de panneaux d’affichage LED et de longues banderoles publicitaires dans tous les carrefours de notre son Cameroun…

Mais pour les autres candidats, rien ! Surtout qu’ils n’ont reçu que 15 millions FCFA de la part de l’Administration territoriale pour subventionner leur campagne électorale, alors que le président sortant utilise les fonctionnaires de la République, les militaires de la République, les imprimeries de la République, les véhicules administratifs de la République et un budget de campagne qui est presque quasiment illimité !

Bref, il n’y a que les affiches de l’expérience dans toutes les rues du Cameroun, et aussi celles de la force. Quelques rares gadgets du candidat Kamto çà et là. Quelques rares t-shirts du candidat Cabral Libii. Quelques rares pin’s à gauche à droite de Joshua Osih ou bien du candidat Muna Akere, sans compter qu’il y a des candidats invisibles comme les doyens Garga Haman Adji ou encore son homologue Ndam Njoya qui n’est même pas encore informé que la campagne électorale a déjà commencé…

 

Maurice Kamto les pieds dans l'eau lors de la campagne électorale
On a vu le candidat Maurice Kamto descendre dans les marchés pour rencontrer les populations. Source: Facebook /CC0

 

Une histoire de meetings…

Parlant d’invisibilité. Vous vous rendez compte que le président de la République avait annoncé sa candidature sur Twitter le vendredi 13 juillet 2018, et que c’est jusqu’au 29 septembre qu’on l’a vu réapparaître miraculeusement (c’est aussi le cas de le dire) dans la ville de Maroua ? Puisque le type était carrément invisible dans les centaines de meetings de son propre parti, le RDPC ! Et d’ailleurs il l’est toujours dans les chaînes de télévision, puisque personne n’ose même encore lui envoyer une invitation. Hein ? N’est-ce pas tout simplement odieux, méprisant et irrespectueux vis-à-vis de l’électorat que ce monsieur sollicite ?

Bref, il y a eu d’autres meetings qui ont aussi fait parler d’eux : Cabral Libii qui a rempli le stade Cicam avec une foule qu’on n’avait presque jamais rencontrée depuis les grandes épopées des années 1990. Maurice Kamto qui a mobilisé les foules à Bonabéri lors du lancement officiel de sa campagne, et aussi à Yaoundé à l’esplanade omnisports le 30 septembre. Joshua Osih qui est allé à l’extrême-Nord puis à l’extrême-Est, Matomba et Ndifor à Bafia et aussi à Ndikiniméki, Akere Muna qui a rempli la Maison du Parti avec ses dizaines de militants, etc.

Il n’y a que les deux doyens Garga et Adamou qui n’ont plus assez de force (pas de l’expérience hein) pour se déployer sur le terrain comme ils le faisaient auparavant lorsque les gens de ma génération n’étaient même pas encore nés…

 

Une histoire de promesses…

Ce sont les promesses que voulez entendre ? Déjà, tous les candidats ont promis qu’ils vont relever le niveau du SMIG ! Certains ont prédit que l’école primaire sera gratuite et qu’il y aura à nouveau des bourses à l’Université. Les opposants ont promis que les accouchements par césarienne seront dorénavant gratuits. Joshua Osih a envisagé sérieusement de fermer l’ENAM. Maurice Kamto a déclaré qu’il va créer un Centre National des Métiers en remplacement du FNE qui ne nous sert à rien, afin que même le braisage du poisson devienne industrialisable. Il y a aussi Cabral Libii qui a décidé qu’il va s’attaquer à l’agriculture. Franklyn Ndifor qui a décidé que les fonctionnaires doivent enfin se remettre à travailler. Akere Muna qui est décidé à éradiquer définitivement la corruption (déformation professionnelle, quand tu nous tiens !), et il y a le jeune Matomba qui est tout simplement déterminé à reconstituer le nouveau profil du Camerounais du 21ème siècle…

 

le bus du candidat Serge Espoir Matomba
Le bus du candidat Serge Espoir Matomba a subi un incendie sur la route de Garoua-Boulaï. Photo: One Love /CC-BY

 

Une longue histoire de campagne électorale…

Donc depuis le 22 septembre que la campagne électorale a été lancée, Pierre La Paix Ndamè a déjà tout entendu ici au Cameroun ! Mais le drame c’est qu’on ne sait pas si cela va changer quelque chose lors des élections présidentielles qui arrivent ce dimanche…

 

Une histoire d’espoir. Car les différents meetings de Cabral Libii et de Maurice Kamto sont tellement populaires et tellement effervescents, qu’on a envie de se dire que cette année le changement sera enfin réellement possible.

Une histoire de gâchis. Car si Paul Biya remporte ces élections présidentielles de 2018, ce sera uniquement parce que tous ses adversaires auront dispersé leurs nombreuses voix au lieu de s’unir.

Une histoire de tragédie camerounaise à vrai dire, parce que ça fait déjà trente-six ans que le peuple camerounais est devenu tellement malheureux.

 

Et donc pendant cette période de campagne électorale, ça nous amuse un peu de rêver enfin à un hypothétique et utopique changement. Ça nous permet quand même de vociférer notre désolation en plein soleil et en public. Ça nous permet de découvrir des talents bruts comme le jeune Wilfried Ekanga qui s’est rallié au MRC. Ça nous permet de nous rassembler lors des nombreux meetings politiques, puisque normalement ces meetings-là sont généralement refusés. Et même si cette parenthèse enchantée va s’achever le 6 octobre au soir, c’était une simple histoire de campagne électorale mais c’était la plus belle espérance de l’Histoire de notre pays le Cameroun.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai aimé cette histoire

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Paul Biya, les Camerounais veulent que tu partes !

Lorsque je parcours les réseaux sociaux ou bien lorsque je discute physiquement avec certaines personnes, il m’arrive parfois de leur parler un peu de la politique. Et il en ressort que les Camerounais ont absolument envie que Paul Biya s’en aille !

 

affiche de campagne de Paul Biya
Les affiches du président Paul Biya ont déjà inondé les rues du Cameroun. Source: CRTV web /CC-BY

 

Paul Biya, les Camerounais disent que tu es déjà fatigué

Je n’ose pas dire très âgé ! Parce qu’à l’âge de 85 ans que tu as actuellement, ça veut dire que tu termineras ton prochain mandat à l’âge de 92 ans, et le prochain encore à l’âge de 99 ans (puisque tu ne sembles même pas vouloir t’arrêter)…

Tu es déjà très fatigué ! Tu es entré dans l’administration publique dans les années 1960, et je te rappelle que ma propre maman n’était même pas encore née ! Tu es devenu Président de la République à l’âge de 49 ans seulement en 1982, et voilà déjà trente-six ans que tu nous (mal)mènes en bateau et que la situation du Cameroun des Camerounais ne fait que se désagréger de jour en jour.

À cet âge que tu as, nos grands-parents sont déjà tous décédés. Les plus chanceux sont dans nos villages en train de siroter leur matango* et de se reposer en fumant une vieille pipe. Mais toi tu es déjà fatigué et tu insistes toujours pour t’occuper des affaires aussi importantissimes que celles de notre République !

 

Paul Biya, les Camerounais disent que tu les as abrutis

Et c’est la vérité ! Parce que tu nous as laissés nous enfoncer dans les bières et dans les cigarettes, dans les églises réveillées et dans les fesses de nos araignées cameruineuses. C’est la triste réalité. Tu as progressivement désintéressé les populations de la chose sociopolitique de leur propre Nation, et c’est pour cela que tu règnes en seul maître. Tu as fait croire à ta propre jeunesse qu’ils ne seront à tout jamais que des incapables et des vauriens. Tu nous as laissés nous enfoncer dans les séries brésiliennes, tu as laissé la corruption s’installer à tous les étages, tu as métamorphosé le chômage en débrouillardise, et tu as transformé tous les Camerounais en superstitieux, en maraboutistes et en voyeurs.

Tu nous as même déjà fait ressembler à des morts-vivants sans velléité et à des zombies.

 

 

Paul Biya, pourquoi les Camerounais ont-ils peur de toi ?

Parce que le vrai problème, c’est cela : les Camerounais ont peur de toi ! Et toi tu entretiens si bien ce mystère, puisque tu te fais passer pour un surhomme impossible à cerner et surtout imprévisible. Et d’ailleurs, tu es même invisible puisque tes propres collaborateurs ne parviennent même pas d’abord à te rencontrer pour commencer…

Paul Biya, les Camerounais veulent que tu partes mais ils ne le disent pas parce qu’ils ont peur de tes gardes du corps et de tes gorilles. Ils ont peur de ton BIR (bataillon d’intervention rapide). Ils ont peur de ta garde présidentielle. Ils ont peur de ton BTAP (bataillon des troupes aéro-portées). Ils ont peur d’aller au ngata* parce que toi tu ne t’amuses jamais avec les gens qui veulent prendre ta place. Ils sont nombreux dans le RDPC* qui aimeraient bien devenir des chefs d’État eux aussi, mais ils savent que tu vas leur couper la tête si jamais ils se prononcent. Ils sont en train de voir ce qui se passe en zone anglophone, et ils se souviennent de février 2008 lorsque tu voulais avais modifié notre Constitution avec la complicité intimidatrice de tes militaires…

 

Paul Biya, tu nous as plongés dans la misère

Je ne compte même pas le nombre la centaine de sociétés parapubliques qui ont fermé au Cameroun depuis 1982 que tu es au pouvoir. Je ne parle même pas des bourses d’études qui ont disparues alors que toi tu en avais pourtant bien profité. Je ne cite même pas les exploitations de nos réserves minières, forestières et diamantaires par des puissances colonisatrices qui viennent d’ailleurs, parce que tout cela ne nous intéresse même plus en réalité…

Mais par contre nous n’avons pas de routes au Cameroun. Nous n’avons pas des hôpitaux de référence comme là-bas en Suisse, là où tu préfères te faire soigner régulièrement. Nous n’avons pas accès à l’eau potable, ni à la simple électricité. Nous sommes encore des mendiants qui seraient prêts à courir pour Dôvv si on nous proposait un biscuit gratuit de ce côté-là. Nous sommes encore malades du choléra, des hépatites, nous sommes victimes des accidents de train et de voitures presque tous les jours, et nous nous noyons encore dans les inondations lorsqu’il y a une petite pluie comme c’était encore le cas la semaine dernière ici à Missokè… Mais tu toi t’en fous !

 

Une foule immense pour Cabral Libii
Une foule immense s’est mobilisée à Douala pour le premier meeting du candidat Cabral Libii. Source: 237online.com /CC0

 

Paul Biya, les Camerounais veulent sérieusement que tu partes !

Donc quand je parcours les réseaux sociaux ou bien lorsque je discute physiquement avec n’importe quel individu comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, il m’arrive parfois de leur parler un peu de notre Président. Et il en ressort toujours que les Camerounais ont sérieusement envie que Paul Biya s’en aille…

Paul Biya, les personnes âgées veulent que tu partes ! Tu as transformé la vieillesse en un handicap ici au Cameroun, et nos retraités sont des misérables alors que tu es leur aîné et pourtant toi tu es toujours en activité.

Paul Biya, la diaspora veut que tu partes ! Tu fais l’hypocrisie avec la question de la double-nationalité. Tu as poussé tous nos enfants à vouloir partir en aventure. Tu as condamné nos meilleurs cerveaux à s’installer à l’étranger alors qu’ils avaient pourtant envie de revenir servir leur pays de naissance.

Paul Biya, les gens d’ici veulent que tu disparaisses de leur vie et que tu nous laisses tranquilles pour de bon, parce que tu as déjà trop perduré et pourtant tu es encore seras toujours candidat à ta propre succession…

 

Mais je t’assure que même si tu venais à remporter frauder les élections du 07 octobre qui arrivent, il faudrait que tu saches que tu as été un Président qui sera définitivement mal-aimé. Tu es un Président qui n’est pas proche de son peuple parce que tu te réfugies toujours dans ton palace. Tu es un Président qui n’a rien fait de bon pour le peuple camerounais. Tu es un Président qui ne pense qu’à son fauteuil présidentiel et à sa longévité à la gouvernance, puisque cela fait trente-six ans que tu es au pouvoir mais jusqu’ici on se demande toujours ce que cela nous a apporté…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi aussi je veux que Biya parte !

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* Vin de palme

* cellule de prison

* Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais est le parti au pouvoir du Cameroun.


[VIDÉO] Les Camerounaises et l’argent

Pour le premier épisode de votre série « Les Camerounaiseries en vidéo », je vais vous parler du rapport entre les Camerounaises et l’argent. N’oubliez pas de vous abonner à ma chaîne YouTube et de laisser vos commentaires et suggestions.


La société camerounaise pornographique !

On savait déjà que les Camerounais sont des pervers, mais de là à divulguer tout ce Kâma-Sûtra dans les manuels scolaires…

Parce que je vais vous dire que la société camerounaise est en train de devenir pornographique !

 

extrait du livre de sciences au Cameroun
Un extrait du manuel à polémique. Source: Facebook /CC0

 

C’est quoi le projet ?

Je vous explique : depuis que la rentrée scolaire a débuté le 03 septembre au Cameroun, il n’y avait toujours pas de manuels scolaires. Et voilà que lorsqu’ils sont apparus jeudi dernier le 06 septembre, on a découvert des manuels de science (naturelle ?) qui parlaient de sodomie, de fellation, de cunnilingus, etc.

Certains disent que ce serait pour copier la Loi Schiappa qui vient d’être instaurée en France, et qui prévoit des cours d’éducation à la sexualité pour des enfants qui sont encore à l’âge de la maternelle…

 

Pourquoi aussi tôt ?

On ne refuse pas qu’il faut parler de la sexualité à ses enfants, à un moment ou à un autre. Mais j’ai bien dit à « ses » enfants !

Parce que de nos jours, il y a des enfants de dix ans qui font déjà la classe de Cinquième ! Et pourtant dans le manuel de science de la classe de Cinquième qu’on vient de mettre au programme, on retrouve des mots compliqués comme sodomie, fellation, cunnilingus, etc.

Pourquoi aussi tôt ? Parce que dans mon époque par exemple (je sais, ça fait longtemps), on étudiait le corps vagin de la Femme en Cinquième mais cela était fait de façon « intelligente » et vraiment « pédagogique »… On nous parlait même du pénis de l’Homme sans aucun problème, et ainsi nous pouvions présenter nos cahiers à nos parents sans que cela ne les énerve. Mais s’il faut parler de notions aussi pornographiques que la masturbation par exemple, est-ce que cela devrait se faire dans les classes de Sixième ou bien de Cinquième ? Hein ? Est-ce qu’on n’aurait pas pu parler de ça à un enfant lorsqu’il commence déjà à côtoyer au moins sa puberté ?

 

des enfants qui jouent avec leur corps dans une société pornographique
Les enfants en bas-âge sont éduqués à la sexualité. Source: cameroonvoice.com /CC-BY

 

Pourquoi de tels mots ?

Et je reviens sur le choix des mots, parce que les mots ont un sens. Et aussi parce que si ton fils de huit ans vient te parler de la sexualité par l’anus, ça craint ! Si ta fillette qui est encore mignonette te pose déjà des questions sur la zoophilie à cause de son professeur de sciences naturelles, c’est très grave. Si nos enfants sont déviés de leur apprentissage et de leur innocence par des concepts aussi malsains que la nécrophilie, la pédophilie, l’inceste, la scatologie ou bien encore l’auto-érotisme, alors qu’ils ne savent même pas déjà ce que c’est, ça me fait imaginer que nos dirigeants ont certainement un dessein déguisé.

Parce que je le redis encore, il faut qu’on apprenne à parler de la sexualité à nos propres enfants. Nous-mêmes ! Ce n’est pas à l’Etat de le faire parce qu’on sait déjà qu’il le fera très-très mal. Cependant nous devons absolument parler de la sexualité à nos enfants au bon moment, et surtout avec des termes qui leur sont appropriés…

 

Quels Camerounais pour 2035 ?

Et c’est là où je voulais en venir, parce que les Camerounais sont tous des pervers ! Tous. Y compris Pierre La Paix Ndamè. Et je me demande quel sera le profil du Camerounais de 2035 et surtout quel sera le profil de la Camerounaise de 2035…

Nous sommes déjà dans Sodome et Gomorrhe. Toutes les filles de vingt-et-un an ont déjà accouché au moins deux fois, sinon elles ont avorté.  Tous les garçons de seize ans sont déviergés dévirginisés ainsi toutes les petites filles de quatorze ans. La sexualité est devenue comme une monnaie d’échange entre les dragueurs qui donnent la bière et le poisson braisé et les filles qui vont leur libérer le derrière dans les auberges. Il y a des gigolos dans tous les coins de rue. Il y a des prostituées dans tous les carrefours. Il y a des poupées sexuelles pour remplacer les petites amies. Et avec une société aussi dépravée et aussi dévergondée que la nôtre, les ministres de l’éducation (il y en a jusqu’à trois !) ont jugé bon qu’il fallait enseigner la vénalité sexuelle à nos enfants qui n’ont même pas encore atteint l’âge de la lucidité…

 

Nalova Lyonga Pauline Egbe
Madame Nalova Lyonga Pauline Egbe, ministre des enseignements secondaires du Cameroun. Source: minesec.cm /CC0

 

La population camerounaise pornographique !

Donc on savait déjà que les Camerounaises sont de vraies cochonnes. Mais de là à faire la propagande de la bestialité dans les manuels scolaires…

Parce que laissez-moi vous révéler que la société camerounaise est déjà devenue pornographique !

 

L’éducation est pornographique ! Est-ce qu’il y aura des cours de répétition sur la sexualité ? Hein ? Est-ce qu’il y aura aussi des cours de rattrapage ?

L’enseignement est pornographique ! Les enseignants viendront-ils en salle de classe avec des actrices porno ? Hein ? Ou bien les cours de partouze se feront-ils avec de vraies prostituées.

La formation des futurs Camerounais est en train de devenir très inquiétante, puisque nous sommes déjà abrutis par les alcools et par les églises de réveil.

 

Et malheureusement comme habitude, il s’agit là d’un savant projet machiavélique destiné à nous retirer le peu de concentration que les Camerounais détenaient encore. Et comme d’habitude aussi, cette énième bêtise de nos dirigeants va probablement s’estomper avec le temps et nous allons la laisser passer.

Parce que notre société camerounaise est déjà devenue pornographique.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je ne suis pas pornographique

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Atome

Il y a un jeune homme ici au Douala qui est en train de bousculer la blogosphère camerounaise. Et ce petit garçon s’appelle tout simplement Atome.

 

infographie représentant le blogueur Atome
Le blog personnel d’atome s’appelle atomeblog. Infographie: Atome /CC0

 

Son vrai nom c’est Alain Youdjeu

Même si peu de gens le savent, Atome est un petit bamiléké et son vrai patronyme c’est Youdjeu. Alain Youdjeu. Il a grandi dans le quartier Mambanda par Bonabéri, puis il a fait des études en communication au sein de l’université de Douala.

Atome est aujourd’hui âgé d’un quart de siècle. Il a malheureusement perdu sa mère lorsqu’il était tout petit, mais désormais il est le papa d’un petit bambin depuis une dizaine de mois (mais il n’a pas encore épousé la maman hein). Atome est caractérisé par des vestons vêtements afritude, par une punk toujours bien peignée et par des tennis qui sont tout-terrain. Il a baigné dans la musique pendant son enfance et il était fanatique des artistes qui sont teigneux comme les rappeurs Eminem, Tupac, Youssoupha, Soprano, La Fouine, Kery James, etc.

 

Il a obtenu le prix du « meilleur blog du Cameroun »

Ça ne veut pas dire qu’il est le meilleur blogueur du Cameroun hein, mais ça compte quand même. Puisque l’année dernière en juillet 2017, il avait obtenu le prix du « Meilleur blog de l’année 2017 au Cameroun », un prix qui lui avait été décerné lors de la cérémonie « La nuit du Web » pour son blog www.voila-moi.com

Pourtant c’est sur Mondoblog qu’il avait commencé à gribouiller en mai 2016, via son site « Enfant d’Africa » sur lequel il racontait ses mésaventures de petit garçon de sous-quartier. Mais c’est avec son blog musique (Voilà-Moi, donc) qu’il a véritablement pris de l’ampleur. Ce blog lui a permis de se muer en critique artistique, en annonceur d’événements culturels, en chasseur d’actualités sur les vedettes du mboa mais aussi en rédacteur d’articles pour certains produits de grandes marques. Atome a lancé récemment un autre blog pour inspirer les Camerounais à partir de sa propre histoire personnelle, et l’adresse de ce blog journal intime c’est www.atomeblog.com

 

le blogueur Atome en compagnie de Dania Ebonguè
Atome à l’écoute du grand-frère Dania Ebonguè, lors de la réunion de l’ABC en mars 2018 à Yaoundé. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Il a énormément d’adversaires

Contrairement aux apparences, Atome a beaucoup d’adversaires. Et je dirai même des ennemis ! Puisque dans mon propre entourage, il y a beaucoup de gens qui me répètent à l’envi que « Je n’aime pas voir la tête du gars-là ! »

Et moi, ça me fait toujours rire, puisque je sais que nous sommes dans un pays où on n’aime pas vraiment voir les gens qui sont effectivement en mouvement. Et puis il a aussi des ennemis parmi les artistes lorsqu’il écrit contre leurs intérêts. Il a des inimitiés avec les fans des artistes qu’il a déjà critiqués. Il a des antagonistes parmi la propre meute de blogueurs qui nous accompagnent, parce que certains disent qu’il en fait un peu trop et qu’il veut toujours ramener la lumière vers son propre personnage. Mais c’est faux ! Car, à chaque fois, il est obligé d’expliquer que ce n’est qu’une stratégie de communication, et que cela n’a rien à voir –mais alors rien à voir !– avec sa véritable personnalité…

 

Il a déjà beaucoup fait pour le blogging

À son jeune âge, Atome a déjà beaucoup fait pour le blogging au Cameroun : il a organisé des sessions de formation en 2017 qu’il a baptisées « Blogging sessions » (évidemment). Ces sessions étaient ouvertes au public et elles impliquaient des formateurs en communication, en journalisme, en marketing, en graphisme, en rédaction web, etc.

Il a contribué au renforcement de capacités organisées par l’association des blogueurs du Cameroun en juin dernier. Il ne cesse de sensibiliser les autres blogueurs camerounais et de les encourager à savoir promouvoir leur propre image, donc à se vendre. Il a mobilisé toute la communauté des blogueurs lors de la dernière Journée mondiale du blog(ging) (le 31 août dernier), à travers cette campagne qu’il a lancée et qui a rassemblé le monde entier autour du hashtag #MoiBlogueur…

 

Les blogueurs Ecclésiaste Deudjui et Atome
J’ai été ravi de participer à la campagne lancée par Atome. Crédit photo: Cire Pixel /CC0

 

Atome blogueur

Donc, depuis presque deux ans déjà, il y a une petite particule ici à Mambanda (pas Pierre La Paix hein !) qui ne fait que révolutionner la blogosphère camerounaise. Et ce petit garçon s’appelle tout simplement Atome.

Atome est curieux et respectueux. Il s’intéresse aux anciens blogueurs, il lit presque tout le monde, il respecte ses aînés et il encourage les novices à se projeter également dans les activités du digital.

Atome n’est pas complexé ni frustré. Il sait parfaitement d’où il vient, il sait qu’il a raté une carrière dans la musique mais il sait également que cette carrière-là n’est pas encore terminée.

Atome est certainement le blogueur l’entrepreneur le plus déterminé que j’aie jamais eu à rencontrer, parce qu’il est tout simplement téléguidé par une grande vision.

 

Il a toujours rêvé que les blogueurs camerounais seraient déterminants un jour… qu’ils seront riches mais surtout qu’ils finiront par être enfin respectés. Il a toujours rêvé qu’il y aura suffisamment de contenu sur le Cameroun sur internet. Il a toujours rêvé que nous deviendrons plus nombreux avec le temps, et que nous aurons un impact sur notre environnement parce que nous deviendrons inéluctablement de véritables influenceurs.

Et voilà pourquoi il fallait absolument que moi je le félicite.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, bravo Atome

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Chacun d’entre nous est un peu blogueur…

Vendredi prochain sera la journée internationale du blogging dans le monde. Mais à vrai dire hein, chacun d’entre nous est un peu un blogueur à sa façon…

 

Steve Fah est un blogueur
Steve Fah est un peu blogueur avec ses vidéos sur YouTube. Source: afriqmax.com /CC-BY

 

Les facebookeurs sont des blogueurs

Et on appelle cela le micro-blogging. C’est-à-dire que quand tu n’as pas de blog et que tu publies régulièrement des informations ou bien des actualités sur ton propre mur (compte personnel, groupe communautaire, page officielle), alors tu deviens systématiquement un micro-blogueur !

Et c’est pareil pour les gens qui twittent tous les jours mais qui ne se rendent pas compte qu’ils sont des blogueurs. C’est pareil pour les professionnels qui démultiplient les recrutements sur LinkedIn. C’est aussi pareil pour les instagrameuses avec leurs courtes vidéos ainsi que leurs snapchats. Car tous ceux qui font des publications et des directs sur internet sont aussi un peu des blogueurs à leur façon…

 

Les politiciens sont des blogueurs

Pas seulement ceux qui sont candidats à l’élection présidentielle du 07 octobre hein, nôôô ! Je parle de tous les politiciens du Cameroun. Je parle aussi de ces politicards qui ne comprennent rien à la politique mais qui vont quand même écrire #JVK ou #JVC ou #JVO* en dessous de n’importe quelle publication…

Bref, tous les politiciens sont des blogueurs ! À commencer par monsieur Paul Biya qui avait annoncé sa candidature à partir de son compte Twitter. À commencer par tous les militants du MRC* et des autres partis d’opposition, qui ne font que s’invectiver par voie de posts interposés. À commencer par tous ces économistes de la trempe de l’expert Dieudonné Essomba, dont la prolixité n’est plus à démontrer. Car que ce soient les journalistes d’opinion, que ce soient des prélats comme le Cardinal Christian Tumi qui s’expriment souvent à travers les réseaux sociaux, tous les gens qui pratiquent de la politique sur internet (y compris les simples sympathisants) sont aussi un peu des blogueurs à leur manière…

 

 

Les Camerounaises sont des blogueuses

J’ai un peu parlé d’elles lorsque j’évoquais les instagrameuses et les snapchatteuses. Mais j’allais oublier les facebookeuses et les twitteuses ! Car qu’on se le (re)dise, toutes les Camerounaises qui sont sur internet sont à 100% des blogueuses !

Elles ont conservé ce côté « journal intime » qui était autrefois primordial lors de la naissance du blogging, parce qu’il fallait raconter sa vie privée sur un hébergeur qui était pourtant public… Tsuip ! Et je maintiens que ce sont des blogueuses parce qu’elles nous partagent régulièrement quotidiennement leurs plus jolies photographies (retouchées, évidemment !) sur leur story. Je dis que ce sont des blogueuses parce qu’elles nous racontent leurs vies sentimentales (elles en ont plusieurs) ainsi que celle de leur progéniture. Je réaffirme que les araignées cameruineuses sont des micro-blogueuses, parce qu’elles ont au moins le mérite de remplir surcharger leur fil d’actualité et de créer ce qu’on appelle le « contenu » sur internet…

 

Évidemment, les blogueurs sont aussi des blogueurs

Parce que tout compte fait, la seule différence c’est que les blogueurs officiels sont en réalité des gens qui entretiennent un blog. Ce sont des gens qui sont capables de rédiger sur un même sujet pendant des années et des années. Ce sont des micro-écrivains. Ce sont des journalistes sur internet. Ce sont des apprentis-enquêteurs. Ce sont des animateurs de communautés virtuelles qu’ils ont eux-mêmes créées à partir de leur propre petit blog…

Les blogueurs sont aussi des blogueurs, parce que le blogging n’est pas une activité innée. On ne naît pas blogueur ou blogueuse, mais on le devient. On ne se proclame pas blogueur. D’ailleurs, nous ne bloguons pas forcément de la même manière. Il y a des vidéastes et des youtubeurs, des poètes comme Pierre La Paix Ndamè, des musicologues, des éducateurs, des environnementalistes et des activistes, des artistes, des spécialistes du sport ou de la culture, des blogueurs de mode ou de beauté, et que sais-je encore !

Il y a même des blogueurs qui ont décidé de se spécialiser dans les camerounaiseries…

 

blogueurs du Cameroun
Les membres de l’Association des Blogueurs du Cameroun. Crédit photo: Emmanuelle Ngamva /CC0

 

Chacun d’entre vous est aussi un peu blogueur…

Donc le vendredi 31 août 2018 qui arrive, ce sera la journée internationale du blogging partout dans le monde. Mais à vrai dire hein, chacun d’entre vous est déjà un peu un blogueur à sa manière…

 

Les blagueurs sont des blogueurs ! Surtout lorsqu’ils ont de jolies blagues, lorsqu’ils sont réguliers et lorsque la plupart de leurs plaisanteries sont en réalité des vannes imprévisibles.

Les dessinateurs sont des blogueurs ! Car ce n’est pas nécessaire de bavarder lorsque tu peux raconter une histoire avec un seul dessin ou bien avec une seule photographie.

Même les whatsappeurs sont des blogueurs, parce qu’ils partagent régulièrement les documents administratifs qui peuvent quelquefois se retrouver sur les réseaux sociaux.

 

Alors même si, moi, je suis un blogueur parce que je détiens officiellement un blog depuis le 22 septembre 2014, je pense que je suis aussi entouré par d’autres blogueurs : les gens de ma famille sont des blogueurs, mes amis sont des blogueurs, mes collègues sont des blogueurs et mes voisins également sont des blogueurs.

Même vous, chers lecteurs, je suis sûr que chacun d’entre vous est aussi un peu un blogueur…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, #MoiBlogueur

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* #JVK = je vote Kamto, #JVC = je vote Cabral, #JVO = je vote Osih ; ce sont tous des candidats à l’élection présidentielle

* MRC = le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun est le parti de Maurice Kamto


Tous les Camerounais sont des malhonnêtes !

Ce n’est pas parce que je viens de perdre mon portefeuille que je vais commencer à dire que tous les Camerounais sont des malhonnêtes hein, ça n’a rien à voir ! Mais c’est parce que les gens qui l’ont retrouvé ont retiré tout mon argent qu’il y avait à l’intérieur, et ensuite ils ont balancé ce porte-monnaie dans la nature !

J’ai seulement eu la chance de retrouver ma carte d’identité que quelqu’un avait accrochée sur un gros poteau de la Sonel…

 

hautes personnalités malhonnêtes
Plusieurs hautes personnalités sont en prison pour détournements de fonds publics. Capture: lecourrierducameroun.com /CC0

 

Tous les Camerounais connaissent fouiller dans les portefeuilles

Comme j’étais sur ma moto et que je circulais à pleine vitesse, mon portefeuille est sorti de ma culotte parce que j’avais des poches qui n’avaient pas une bonne fermeture. Mais dès que je suis retourné sur les lieux après trois petites minutes seulement (je dis bien cent quatre-vingt secondes), j’ai seulement eu la chance de retrouver ma carte d’identité que quelqu’un avait pris la peine d’accrocher sur un costaud poteau de la Sonel…

Parce que hein, tous les Camerounais sont des malhonnêtes ! Tous les Camerounais du Cameroun pensent que si tu ramasses le porte-monnaie d’un inconnu sur ton passage, ça devient directement ta propriété. Tous les Camerounais qui sont à Douala ramassent l’argent par terre sans même chercher à savoir à qui cela appartenait. Tous les Camerounais de Yaoundé sont des fouineurs de portefeuille. Tous les Camerounais du monde entier rentrent d’abord avec ton porte-monnaie dans leur maisonnette, et c’est le lendemain à 5h30 qu’ils reviennent balancer tes pièces d’identité sur la route où tu les avais égarées…

 

Tous les Camerounais savent bien mentir

Je ne parle pas uniquement des adultes comme Pierre La Paix hein, mais je parle également de nos adolescents et même surtout de tous nos enfants. Parce que quand je vois comment mes petit-frères me mentaient correctement lorsqu’ils étaient encore à la maternelle, je me dis que les autres nationalités n’ont pas encore atteint cette compétence. Quand je vois comment un vendeur de ceintures t’entourloupe sur sa marchandise, j’ai envie de lui dire que « Yes ! Tu es fort ! » Quand je vois comment certains ministres (surtout celui de la Communication) mentent comme ils respirent, comment certaines épouses te mystifient tous les jours alors que vous dormez pourtant sur le même matelas, comment les gigolos sont des mythomanes invétérés et que leurs homologues sont les militants du RDPC, je suis quand même un peu désespéré. Parce que le Cameroun est le seul pays au monde où les gens qui disent la vérité peuvent se compter sur les doigts d’une seule main d’un lépreux ou bien d’un manchot…

 

petits enfants en classe
Les Camerounais inculquent la malhonnêteté dès leur plus bas-âge. Source: www.myleneflicka.com /Image reproduite sous autorisation

 

Tous les Camerounais connaissent détourner de l’argent

Ce sont toujours les ministres norr, ça va encore être qui ? En dehors des ngomnas qui sont des chefs de terre et aussi de quelques Délégués du Gouvernement qui sont dans les Régions francophones. Hein ? Ça va encore être qui ? Si ce ne sont les gens des Impôts qui deviennent multimilliardaires en moins de deux ans d’exercice –seulement !– au Port. Hein ? Tous les Camerounais sont des détourneurs ! Puisque même quand tu discutes avec le gars qui gère votre petite tontine au sous-quartier, lui il cherche seulement comment il va escroquer le modique argent que vous êtes parvenus à économiser au sein de votre minable cotisation… Tsuip !

Et je ne vous parle même pas des détourneurs en puissance, c’est-à-dire des étudiants qui ont déjà calculé comment ils vont bouffer l’argent de l’Etat lorsqu’ils seront dans l’Administration ! Et je ne vous parle même pas de votre propre famille ! Parce que si on te nomme Directeur aujourd’hui et que tu ne fais pas recruter tous tes cousins et tous tes neveux qui sont au chômage dans ton village, les gens de ta tribu vont te maudire et ils vont ensuite te lancer le tonnerre. Puisqu’ils vont dire que tu es même quel genre de Camerounais qui ne sait pas voler l’argent du Gouvernement pour mettre les gens de son entourage à l’abri de la pauvreté…

 

Tous les Camerounais connaissent retirer la puce dans un téléphone

Vrai-vrai hein, tous les habitants du Cameroun sont des malhonnêtes ! Parce que si tu perds ton téléphone et que tu rappelles ton  numéro dans les trois minutes qui suivent (je dis bien cent quatre-vingt secondes), c’est une femme qui va te répondre et elle va te dire que « L’abonné que vous appelez est actuellement hors-service. Veuillez rappeler ultérieurement. »

Quoi ? Ton propre numéro est déjà hors de service ? Malchance ! Alors que c’est parce que même le plus petit Camerounais sait déjà que quand on ramasse un téléphone, quand on vole un téléphone ou bien quand on veut utiliser un téléphone qui ne nous appartient pas, tous les Camerounais savent que la première chose à faire c’est d’abord de désactiver la micro-Sim…

 

vol de téléphone
Il y a beaucoup de voleurs de téléphones dans nos métropoles. Image: www.e-metropolitain.fr /CC-BY

 

Tous les Camerounais sont de vrais malhonnêtes

Donc sérieusement hein, ce n’est pas parce que je viens de perdre mon portefeuille (et surtout l’argent qu’il y avait à l’intérieur) que je vais commencer à vilipender toute une population de 25 millions d’habitants. Nôôô ! Ça n’a rien à voir ! Surtout que j’ai quand même retrouvé ma carte d’identité que quelqu’un avait pris la peine de fixer sur un gros poteau carré de la Sonel…

 

Tous les Camerounais sont des malhonnêtes ! Parce que quand un garçon fait la cour à une fille, c’est uniquement parce qu’il a envie de la déshabiller dans les plus brefs délais.

Toutes les Camerounaises sont des malhonnêtes ! Parce que quand une fille accepte que tu la déshabilles, c’est uniquement parce qu’elle a prévu de manger tout ton argent correctement.

Tous les politiciens camerounais sont de vrais malhonnêtes, à commencer par monsieur Paul Biya ainsi que son nouvel acolyte Jean de Dieu Momo.

 

Et c’est aussi comme ça que les Camerounais sont des opportunistes et des profiteurs. C’est aussi comme ça que les patrons camerounais sont des oppresseurs et des exploiteurs. C’est aussi comme ça que la malhonnêteté a été transformée érigée en sagesse et en intelligence ici chez nous, et que la médiocrité a fini par prendre le dessus sur la probité mais également aussi sur la Vertu.

Hein ? Vous m’entendez bien ? Je vous répète encore que tous les Camerounais sont de bons malhonnêtes !

 

Ecclésiaste DEUDJUI, ceci n’a rien à voir avec mon portefeuille

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Je n’aime pas les femmes qui se prennent pour le diamant !

J’avais rencontré une fille sur WhatsApp et quand je lui ai demandé si on pouvait se voir, elle a commencé à me poser des conditions du genre « J’espère que tu ne vas pas m’emmener au bar hein, moi je ne suis pas une fille de bars ! », « Tu dois d’abord m’envoyer l’argent de transport par Orange money » ou encore « Si tu ne veux pas que je vienne te voir en compagnie de mes quatre sœurs, tu laisses tomber ! »

Malchance ! On ne s’est même pas encore vus mais tu veux déjà que je te considère comme un diamant ?

femmes diamant refuse de parler à un dragueur
Parfois les femmes diamant ne te répondent même pas lorsque tu leur parles. Capture: Youtube /Dessin reproduit sous autorisation

Je n’aime pas les femmes qui m’imposent le lieu du rencard !

Je dis hein, si une fille veut m’inviter avec son argent n’est-ce pas elle peut m’inviter là où elle veut ? Hein ? Ou alors je raisonne mal ! Parce que je n’aime pas quand je dis à une fille que « Trouve-moi ici au cafétariat ! » et qu’elle commence à me tracasser le cerveau : « Je dis hein, je ressemble à une fille qui peut s’asseoir jusqu’à manger dans un cafétariat ? »

Malchance !

Parfois même tu l’invites et c’est plutôt elle qui décide du lieu où vous devez vous rencontrer. Parfois tu veux la rencarder dans un jardin public afin de pouvoir discuter avec elle de façon romanesque, mais la fille te parle déjà d’un grand restaurant italien qui se trouve là-bas à Bonapriso (elle connaît le prix d’un plat à Bonapriso ?). Parfois tu lui proposes simplement de te retrouver dans un petit bistrot sympa qui est même situé dans son propre quartier à elle, mais la bonne dame exige que tu l’emmènes au poisson braisé qui est situé loin là-bas vers la sortie de la ville à Youpwè…

Je n’aime pas les femmes qui me disent ce qu’on va manger et boire !

Je ne suis pas en train de dire que je vais te forcer à manger la même chose que moi j’ai commandée hein, mais quand même ! Il y a quand même les bonnes manières ! Quand même ! Tu ne peux quand même pas commander un gros poulet rôti que je ne suis même pas certain que tu vas pouvoir terminer toute seule, alors que moi le financeur tu as bien vu comment je commandais mes petites brochettes de 400 FCFA seulement avec la moutarde et le piment.

Quand même !

Il faut quand même un peu respecter le gars mougou qui t’a fait sortir norr, sinon ça risque de me décourager pour de bon. Parce que moi je n’aime pas les filles qui boivent les sachets d’eau quand elles achètent avec leur propre argent, mais quand tu l’invites elle commence à demander les grands vins, les grands whiskies, les grands champagnes, les grandes Guinness, etc.

Et puis d’ailleurs, il y a aussi certaines panthères qui ne consomment que les petites bouteilles qu’on avale très rapidement mais qui coûtent extrêmement cher (Heineken, 1664, Bailey’s, Windhoek…) ! Parce que c’est Pierre La Paix Ndamè qui va solder toutes les factures. Moi je n’aime pas ça ! Je préfère encore que tu flattes mon égo en caressant ma poitrine et en me disant que « Bé’éé, s’il te plaît est-ce que j’ai le droit de commander encore deux autres morceaux de crocodile ? »

femme en train de rigoler avec un homme
Certaines femmes s’amusent avec vos sentiments alors qu’elles sont déjà prises. Dessin: El Carne Source: timeofgist.com.ng /Image reproduite sous autorisation

Je n’aime pas les femmes qui simplifient mon environnement !

Tu vas voir une fille qui habite dans une maison un taudis en terre cuite qui va bientôt s’écrouler, ou bien dans une maison en carabottes que le réchauffement climatique va bientôt démanteler, mais c’est elle la première à venir se plaindre chez toi que « On n’a pas bien mis la peinture sur votre maison en carreaux-ci hein ! »

Malchance ! Il y a d’abord la peinture sur votre bicoque du sous-quartier là-bas à Ntaba-Nlongkak ou bien à Makèpè-Missokè là où tu habites ? Hein ? C’est même devenu quoi ? Parce que ce qui m’énerve avec certaines filles camerounaises, c’est qu’elles vont toujours faire semblant comme si ton domicile était une pourriture. Elles vont toujours critiquer la situation géographique de ton quartier (« Pourquoi tu habites loin dans le quartier comme ça ? »). Elles vont parfois te reprocher ton cercle de connaissances, c’est-à-dire tes amitiés et ta fratrie (alors que ses propres enfants sont sales comme des cochons). Elles vont te dire que tu as un petit téléviseur, un minuscule matelas, une chambrette vraiment exiguë et une garde-robe qui est déjà très archaïque (waaaaaaah, tout ça pour moi ?). Alors que là où elle vit hein, il n’y a même pas de plafond pour empêcher à la pluie de rentrer dans leur maisonnette lorsqu’il y a des inondations comme ces derniers jours…

Je n’aime pas les filles qui sacralisent l’acte sexuel !

C’est bien vrai qu’il ne faut pas coucher avec le premier venu et qu’on ne peut pas non plus coucher avec toutes les femmes du monde, et ça je suis bien d’accord ! Mais si tu es une femme et que tu apprécies déjà sincèrement ton petit ami, le problème c’est encore quoi ? Hein ? Parce que vrai-vrai hein, moi j’ai parfois du mal à comprendre pourquoi certaines Camerounaises accordent encore autant d’importance à l’acte sexuel…

Et chez certaines filles, c’est même carrément devenu comme une monnaie d’échange ! Elle ne te donnera le bas-ventre que lorsque tu lui auras bien rempli son ventre à elle. Puis elle couchera avec toi comme si elle t’accordait une récompense ou une faveur, ou bien comme si tu étais le seul à « prendre du plaisir » pendant vos rarissimes ébats pornographiques.

Moi je n’aime pas ça ! Je n’aime pas les filles qui disent que « Ça ne fait même pas encore six mois qu’on se connaît et tu veux déjà qu’on fasse l’amour ? » Malchance ! Et toi, est-ce que tu as même attendu six millisecondes avant de commencer à me soumettre tes premiers problèmes d’argent ?

girl power à l'Africaine
Le féminisme pousse aussi certaines femmes à mépriser les hommes qui les désirent. Source: exmbenguiste.blogspot.com /Dessin reproduit sous autorisation

Je n’aime pas les Camerounaises qui se prennent pour le diamant brut !

Donc quand j’avais rencontré cette fille-là sur WhatsApp, je lui avais demandé si on pouvait se caler un bon petit rencard dans un tourne-dos. Mais la donzelle m’a tout de suite refroidi, puisqu’elle a commencé à me poser des conditions du genre « Si tu ne veux pas nous inviter à la piscine avec mes copines, eh bah tu laisses tomber ! »

Je n’aime pas les filles qui pensent qu’elles sont trop belles ! Parce que ce n’est pas la beauté qui peut définir la valeur d’une épouse, et en plus la beauté est un élément purement relatif et surtout temporaire.

Je n’aime pas les filles qui pensent qu’elles sont trop riches ! Donc comme elle a une grosse voiture décapotable, elle va essayer de marcher sur ta tête comme si tu étais devenu un « ambassadeur ».

Je n’aime pas les femmes qui ont de belles fesses avec une jolie poitrine encore bien debout, parce qu’elles font comme si tu as gagné à la loterie lorsqu’elles acceptent finalement de venir à tes rendez-vous.

Puisque quand je regarde comment certaines araignées se comportent ici dans notre Cameroun, on pourrait même croire qu’elles sont plus précieuses que le diamant massif de Yokadouma : « Si tu veux me parler tu m’appelles ! », « Je ne décroche pas les appels WhatsApp ! », « On ne m’invite pas par SMS ! », « Je ne me couche pas dans les auberges ! », « Je ne me déplace jamais pour un homme ! ».

O’okokolo’ooo, ma sœur ! Tout ça pour moi ? Et après tu t’étonnes que les gars deviennent dangereux dès qu’ils ont réussi à te déshabiller sur leur « minuscule » petit matelas que tu avais insulté là…

Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’aime le vrai diamant

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Cameroun : l’affaire Dôvv

La semaine dernière dans le quartier Essos à Yaoundé, il y a une dame qui est entrée dans le supermarché Dôvv et qui a proposé de payer les factures de quelques clients qui se trouvaient à côté d’elle. Mais la nouvelle s’est tellement vite répandue qu’il a fallu appeler la Police pour venir sécuriser la dame ainsi que tout le magasin…

 

l'intérieur du supermarché Dôvv
L’affaire Dôvv a permis de faire la publicité des magasins Dôvv. Image: www.quotidieneconomie.com /CC-BY

 

Le fait divers

La nouvelle s’est vite répandue comme une traînée de poudre. Puisque même sur les réseaux sociaux, tout le monde ne parlait que du supermarché Dôvv ! Et sur les photos on voyait des gens qui se bousculaient devant le magasin, d’autres qui se surchargeaient de marchandises, et d’autres encore qui se livraient à des actes de vandalisme mais également aussi des pillages !

Et donc en quelques minutes seulement, tout le carrefour était déjà plein ! On a dû téléphoner aux Forces de l’Ordre pour venir rétablir l’ordre, justement, et le supermarché a été fermé au grand public jusqu’à la restauration de l’ordre public…

 

Les rumeurs

Entre-temps les rumeurs allaient bon train. Tantôt on disait qu’il y avait une femme qui avait promis de payer les factures de tous les clients du supermarché qui se trouvaient à l’intérieur, tantôt on disait que son budget s’élevait à plus de deux milliards !

Tantôt les gens disaient que c’était une décérébrée, tantôt on racontait qu’elle était entrée dans le Famlà’à et qu’on lui avait demandé de dépenser tout cet argent obligatoirement avant la fin de la journée. Et c’est comme ça que ces mêmes rumeurs ont circulé sur les réseaux sociaux, et il y a des gens qui payaient leur taxi pour venir également se « servir » gratuitement dans ce supermarché. On a même raconté que la dame avait été séquestrée par la Police pour les besoins d’enquêtes, et qu’elle devait répondre devant la Justice de son initiative de payer inexplicablement les factures des clients inconnus qui s’étaient retrouvés à côté d’elle…

 

 

La version officielle

En réalité hein, toutes ces rumeurs-là étaient fausses ! Car il s’agissait simplement d’une dame qui était entrée dans le supermarché Dôvv en compagnie de sa petite fille, et qui avait effectué des achats d’un montant de 114 000 francs CFA. Et après cela, elle avait proposé de payer les quelques petites factures de quelques petits clients qui s’étaient trouvés à côté d’elle, mais sans plus. Et il se trouve que ces clients-là avaient fait circuler la « bonne nouvelle » autour d’eux, puis sur leurs smartphones, puis ils avaient déformé la petite offre de la dame en la transformant en une proposition internationale, et c’est comme ça que tout le Cameroun avait été informé de cette affaire et que tout le monde entier avait commencé à se servir dans le supermarché parce qu’on racontait qu’il y avait une femme là-bas qui voulait dépenser coûte-que-coûte un montant d’environ presque deux milliards…

 

L’interprétation

Et moi ça me fait mal. Parce que si en moins de vingt-cinq minutes on peut alerter tout le Cameroun sur un petit problème alimentaire comme celui-là, ça veut dire que les Camerounais sont encore au stade des besoins élémentaires ! Bref, nous sommes tous des aliénés. Ça veut dire que chacun de nous peut abandonner son travail (lorsqu’il en a) parce qu’il y aurait une femme à Essos qui pourrait lui offrir deux bouteilles d’huile d’arachides. Ça veut dire que nous ne croyons encore exclusivement qu’à la sorcellerie et au Mu’nkwagnè. Ça veut dire que ce pays mérite une exorcisation générale. Parce que sur une simple rumeur et sur une simple intention de bonne volonté d’une dame qui était probablement un peu maboule, voilà qu’il a fallu faire intervenir la Police et la Gendarmerie parce que les gens venaient de partout-partout afin de pouvoir bénéficier de la générosité de cette « bienfaitrice »…

 

Clarisse Wopso durant ses derniers jours
Les Camerounais se moquaient de Clarisse Wopso durant sa maladie. Source: youtube /Image reproduite sous autorisation

 

Le syndrome Dôvv

Donc le mercredi 1er août 2018 dans le quartier Essos à Yaoundé, il y a une dame qui est entrée dans un  supermarché Dôvv et qui a eu la mauvaise idée de vouloir imiter Pierre La Paix Ndamè en réglant quelques factures…

 

L’affaire Dôvv. Les Camerounais aiment le gratuit, les Camerounais aiment les rumeurs, les Camerounais adorent la facilité et c’est pour ça que 220 personnes étaient mortes à Nsam en 1998 à cause du simple carburant…

L’affaire Dôvv. Les gens d’ici ne croient plus à la générosité anodine. Les Camerounais se sont moqués de Wopso lorsqu’elle était vivante. Les Camerounais sont surtout obsédés par le mysticisme et le maraboutisme.

L’affaire Dôvv. La publicité du supermarché Dôvv me rappelle indiscutablement l’affaire de la Mida, et ça nous démontre que la plupart des Camerounais sont en réalité des misérables et des morts-vivants !

 

Parce que s’il s’agissait de les inviter à une causerie éducative ou alors à une vaste campagne de sensibilisation sur leur propre santé, personne de ces mendiants-là ne viendrait ! S’il s’agissait de les rassembler pour les inscrire sur les listes électorales, personne parmi eux ne répondrait présent ! S’il s’agissait de leur demander de travailler dur dans la vie, de réfléchir positivement, d’oser inventer ou encore d’aller s’exprimer lors de la Présidentielle du 07 octobre qui arrive, la plupart des Camerounais allaient te répondre que « Ah’ka ! Est-ce que c’est ça qu’on mange ? »

Mais ils sont prêts à courir voyager pour Essos parce qu’on leur a raconté qu’il y aurait une femme là-bas qui pourrait leur distribuer gratuitement quelques petits sachets de spaghettis…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je n’étais pas à Dôvv

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Je suis un homme impuissant

J’ai rencontré une ancienne petite amie et je suis remonté sur elle l’autre jour, mais malheureusement je n’ai pas pu jouir ! Et la fille a commencé à me lancer des noms d’oiseaux de toutes les espèces, puis elle a terminé en me disant que je suis devenu un homme impuissant…

 

couple qui ne se parle pas dans la chambre
L’impuissance sexuelle détruit la complicité dans certains couples. Dessin: Ferrand Source: nosconsolations.blogspot.com /Image reproduite sous réserve d’autorisation

 

Je ne suis pas une machine

Les femmes s’imaginent souvent que les hommes sont des moteurs à réaction hein, mince ! C’est même devenu quoi ? Hein ? Est-ce que moi je suis un robot ? Est-ce que je suis obligé de jouir à tous les coups (c’est le cas de le dire) ? Est-ce que moi je suis obligé de marquer des buts à chaque match comme Lionel Messi ou bien Cristiano Ronaldo ? Hein ? Mince alors !

Parce que quand j’avais dit à mon ancienne petite amie que je n’en pouvais plus, elle a commencé à me poser des questions du genre « Tu ne m’aimes plus ? », « Tu as une autre femme ? », « Est-ce que tu as déjà fait le nettoyage de tes reins avec les produits traditionnels ? »

 

Je ne suis pas un omnivore

Moi je ne suis pas une machine hein, et mon cerveau fonctionne parfois comme un ordinateur. Puisque quand une fille ne me plaît pas m’attire pas physiquement, c’est souvent très difficile pour que mon troisième pied se mette très rapidement au garde-à-vous…

Mais malheureusement les femmes ne comprennent pas ça. Car c’est vrai que quand vous vous déshabillez ça nous excite immédiatement et notre bangala devient tout de suite tendu à l’instant Y, mais cela n’est pas suffisant. Il faudra au moins que la femme t’attire au moins un peu physiquement pour que tu ne débandes pas rapidement à l’instant Z. Il faudra qu’elle soit parfois lascive et/ou sensuelle, voire même entreprenante et entrepreneuse (c’est à la mode norr). Il faudra qu’elle te surprenne avec ses faits et gestes, sa langue, ses doigts, et aussi qu’elle réussisse à te « réveiller » avec ses manières érotiques ou bien avec ses déguisements de sadomasochiste

 

homme impuissant qui prend du viagra
Certains hommes ont recours au viagra pour améliorer leurs performances sexuelles. Source: wikihow.com /CC-BY

 

Je ne suis pas un vibromasseur

J’entends souvent certaines Camerounaises qui disent que « C’est ça qui fait l’homme ! » en pointant vers mon pantalon. Comment ça c’est ça ? Donc si je suis blessé partout-partout et que là-bas il n’y a pas de blessure sur mon bangala, vous allez vraiment me faire accroire que je suis véritablement en bonne santé ?

Et le pire c’est que non seulement tu dois posséder un gros engin pénis bien en place, mais les femmes exigent aussi une carrosserie qui pourra bien faire fonctionner tout cet appareillage. Massa ! Et c’est pour ça que tu vas voir une Camerounaise qui va flirter avec un homme qui n’est même pas beau, qui n’est pas intelligent, qui n’est même pas d’abord riche pour commencer, mais la fille va s’attacher à lui parce qu’il est capable de faire des allers-retours sur son bas-ventre et entre ses cuisses sans même commencer à signaler qu’il va bientôt se fatiguer…

 

Je ne suis pas un malade

Est-ce que c’est parce que je suis monté sur une femme sans bien me redresser qu’elle a le droit de me demander si j’ai déjà nettoyé mes reins un jour ? Hein ? Ça la regarde avec quoi ? Jusqu’à elle a commencé à me conseiller la grande Guinness, le mbita kola, les écorces traditionnelles du village et que sais-je encore… Tsuip !

Je lui ai dit que moi je ne suis pas malade. Et que si elle veut encore me parler de toutes ses coctions ainsi que de ses décoctions, elle doit d’abord enfoncer dans son crâne que moi je ne suis pas un grabataire. Parce que chaque fois que je télécharge une vidéo pornographique sur WhatsApp, mon organisme réagit toujours normalement. Et en plus je n’ai pas encore le mal de cœur. Je n’ai pas encore attrapé un AVC. Je n’ai pas les maux de tête irréguliers que les grands médecins appellent les céphalées. Et pour terminer hein, ce n’est pas parce que j’avais fait trois ans sans la voir culbuter qu’elle va réapparaître comme ça dans ma vie et qu’elle va commencer à me demander d’aller consulter les marabouts !

 

homme impuissant déprimé près de sa compagne
Un homme impuissant est souvent ridiculisé par sa compagne. Dessin: Hergo-Pat /CC-BY

 

Je suis un Camerounais impuissant !

Donc malheureusement hein, je n’avais pas vraiment assuré. Mais au lieu de se fâcher jusqu’à me traiter de colibri et de ouistiti, elle aurait d’abord dû me demander si je n’ai pas joui parce que j’avais ressenti un quelconque problème…

 

Je suis un homme impuissant ! Parce que je ne suis pas un générateur électrique, et donc parfois je peux monter sur une femme sans complètement réussir à la satisfaire.

Je suis probablement un homme impuissant, puisque rien ne me prouve que les enfants que j’aurai un jour seront effectivement les miens (vous connaissez même les femmes ?).

Je suis définitivement un homme impuissant sur toute la ligne, puisque je ne serai jamais aussi résistant au lit que mon ami Pierre La Paix Ndamè.

 

Et c’est malheureusement le cas de beaucoup d’hommes ici au Cameroun, qu’ils soient mariés ou bien qu’ils soient encore des célibataires. Puisque dans notre pays-ci hein, les mâles comme nous seront toujours mesurés sur le seul baromètre de leur virilité sexuelle : « Ah’ka ! Est-ce que c’est un homme là-bas ? », « Est-ce qu’il peut mettre une femme enceinte ? », « Est-ce qu’il peut même d’abord se lever devant une femme qui est nue ? »

Est-ce qu’il a même le droit de se placer devant les Camerounais alors qu’il est un homme impuissant ?

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je suis un nain puissant

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Je touche un gros salaire !

J’ai déjà remarqué que quand on me demande si je suis bien payé et que je réponds toujours « Oui, je suis très-très bien payé », la plupart des Camerounais me regardent comme si j’étais devenu un extraterrestre ! Surtout que dans que dans notre pays-ci hein, c’est très difficile de voir quelqu’un qui déclare publiquement qu’il est le bénéficiaire d’un gros salaire.

 

l'argent du salaire
Quelques billets de banque camerounais. Source: www.regards-dafricains-defrance.com /CC-BY

 

Je mérite mon salaire !

La raison pour laquelle les Camerounais ont souvent peur honte de reconnaître qu’ils ont un gros salaire, c’est parce que parfois ils ne le méritent pas (et je ne parle pas seulement des fonctionnaires). Je parle ainsi de tous ces gens qui sont assis dans les bureaux climatisés du matin jusqu’à 14h30, et qui pianotent seulement sur Internet à la recherche des vidéographies pornographiques !

Je ne parle pas de moi. Parce que moi j’ai des rapports volumineux que je dois produire chaque semaine, j’ai des tâches qui s’empilent les unes sur les autres sans prévenir, j’ai des articles à rédiger, des vidéos à préparer, j’ai un site web à administrer (www.doualatour.net) et j’ai des communautés virtuelles à organiser, sans compter les réunions de coordination et les ateliers auxquels je dois assister pratiquement tous les jours de la semaine…

 

Je ne suis pas un voleur !

Moi je ne vole pas ! C’est vrai que je plane de temps en temps lorsque je suis dans mes alcools, mais je me suis juré de ne jamais devenir un escroc ni un détourneur d’argent public ici au Cameroun…

Par contre, on a des ministres qui sont des voleurs ! On a des hommes d’affaires qui sont des arnaqueurs. On a des gens ici qui touchent seulement 75 000 francs CFA de pension par trimestre, mais qui sont des propriétaires de grands immeubles et de vastes châteaux. On a des Camerounais ici qui ont honte de te dire qu’ils gagnent beaucoup-beaucoup  d’argent parce que leur argent est un argent sale et malhonnête. On a des gens ici qui sont riches parce qu’ils possèdent beaucoup de biens et sont mariés à beaucoup de femmes, mais ils ne pourront jamais nous expliquer d’où leurs proviennent toutes ces richesses.

Sinon, ils seraient obligés de reconnaître en mondovision qu’ils sont des voleurs !

 

Un artisan camerounais au travail
Les artisans camerounais ne bénéficient pas d’un salaire. Photo: roueslibre.canalblog.com /CC-BY

 

Je sais pourquoi les gens ont un « petit » salaire

Les Camerounais n’ont pas forcément un petit salaire comme ils aiment à raconter. Parce que si tu pars regarder sur leur fiche de paie, tu vas t’apercevoir que certains parmi eux perçoivent de très-très gros émoluments !

Mais le problème, c’est que la société camerounaise est essentiellement pauvrissime. Alors quand tu vas dire à ta petite amie que tu perçois un bon salaire, elle va immédiatement te soumettre tous ses problèmes d’argent (déjà qu’elle le fait lorsque tu n’as même pas de salaire). Quand tu vas dire à ta famille que tu es dans une grosse entreprise, ils vont commencer à te multiplier les charges. Quand tu vas dire à ton père que tu viens de trouver un emploi et que le salaire est vraiment « bon » et régulier, il va directement te couper les vivres. Et la prochaine étape c’est qu’il va te demander une bouteille de whisky ou bien un bon vieux champagne de la saison hiver 1897…

 

C’est d’abord quoi un « gros » salaire ?

Quand je dis aux gens que je touche un gros salaire comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, généralement, ils pensent que je m’amuse. Mais quand ils constatent que je suis sérieux, ils ne comprennent pas que le mot « gros salaire » c’est d’abord et avant tout une question d’interprétation. Parce que si on donne mon même salaire à Samuel Eto’o Fils par exemple, lui il va trouver que c’est un salaire tellement dérisoire ! Mais par contre si on le donne à un gars qui n’a pas encore d’enfant, qui n’a pas de petite amie et qui ne se surcharge pas avec des envies inutiles ; si on le donne à un Camerounais et que ça couvre au moins son transport pour se rendre à son travail, si ça lui permet au moins de boire ses bières et de pouvoir se régaler dans un bon restaurant, et aussi un peu d’épargner quand même ; si on me donne ce salaire comme on me le donne actuellement, pourquoi voulez-vous que je ne puisse pas aussi considérer que je suis le bénéficiaire d’un mirobolant salaire ?

 

Samuel Eto'o gros salaire à Anzhi
Samuel Eto’o était le joueur le mieux payé au monde lorsqu’il évoluait à l’Anzhi Makachkala. Image: sport.gentside.com /CC-BY

 

Je suis satisfait de mon salaire !

Parce qu’en fait hein, tout ce que j’ai raconté-là se résume à ceci : « Est-ce que ton salaire te permet de t’occuper de tes charges les plus importantes ? » Hein ? Et si la réponse est « Oui » hein, alors je ne vois pas pourquoi les Camerounais vont toujours te regarder comme si tu étais devenu un extraterrestre…

Je touche un gros salaire ! Ce n’est pas le montant qui est important hein, mais c’est parce que mon salaire est proportionnel au gros travail que j’effectue au sein de toutes mes activités.

Je touche un salaire qui est colossal ! Parce que quand j’ai fini de boire mes Guinness Smooth et de manger ma viande brousse, il me reste encore un peu d’argent pour pouvoir inviter une autre Camerounaise.

Je touche un salaire que je trouve quand même assez valorisant, puisqu’il me permet souvent d’aider certains amis lorsqu’ils sont en difficulté.

 

Alors la prochaine fois que quelqu’un vous dira qu’il perçoit un costaud salaire, n’allez pas vous imaginer que c’est forcément un multimilliardaire. Parce que pour mon cas par exemple, je suis un simple jeune petit Camerounais qui se débrouille encore. Je ne gagne même pas grand-chose ! Puisque dans notre pays-ci hein, c’est même d’abord difficile de voir un patron qui peut payer ses employés avec un salaire qui va leur permettre de pouvoir bien s’en sortir…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je touche un griot salaire

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À part ça, l’équipe de France a remporté la Coupe du monde…

Depuis ce dimanche soir, l’Équipe de France est devenue championne du monde de football. Mais à part ça hein, le Cameroun est en train de subir l’une des périodes les plus tumultueuses de son histoire…

 

blessure du journaliste Grégoire Djamarla lors de la crise camerounaise
Une preuve de la crise camerounaise, c’est la blessure du journaliste Grégoire Djamarla qui faisait partie du convoi du MINDEF dans le Sud-Ouest. Source: kamerinfos.com /CC

 

Il y a la situation en zone anglophone

C’est vrai que l’Équipe de France est devenue championne du monde en pratiquant un football ultra-défensif, mais c’est la situation en région anglophone qui me préoccupe. Puisque depuis septembre 2016, quand cette guerre crise a commencé, j’ai vraiment le sentiment que les choses ne font que s’envenimer de jour en jour…

La preuve : la semaine dernière il y a eu des affrontements sanglants à Buea, ainsi que dans plusieurs autres villes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les sécessionnistes ont même attaqué –à balles réelles– un convoi de notre ministre de la Défense qui s’était rendu dans cette partie du pays pour soi-disant une « mission d’inspection ». Et ça me fait peur. Parce que même si pour le moment on continue de boire nos bières à Douala et à Yaoundé, il serait vraiment grand temps de résoudre cette crise avant qu’elle ne dégénère pour se métamorphoser en guerre civile !

 

Il y a le processus électoral

Le lundi 9 juillet 2018 en matinée, le Président de la République a convoqué le corps électoral pour la prochaine Présidentielle qui aura lieu ici au Cameroun le dimanche 7 octobre. Ce qui signifie que les inscriptions sur les listes électorales sont désormais closes. Ce qui signifie aussi que les candidats auront jusqu’au 19 juillet pour soumettre leur dossier de candidature. Ces candidats devront beaucoup prier pour être retenus dans la liste finale le 8 août, qui va laisser elle-même permettre le lancement de la campagne électorale à partir du 24 septembre de cette année. Et c’est le 7 octobre entre 8h et 18h que les électeurs comme Pierre La Paix pourront effectuer leur choix en se rendant dans nos dizaines de milliers de bureaux de vote…

 

programme de la présidentielle 2018
Programme du processus électoral pour la Présidentielle 2018 au Cameroun. Source: CRTV /CC0

 

Il y a l’affaire de la vidéo

Je ne sais pas si c’était lié aux élections ou pas, mais durant cette semaine, on a vu une vidéo qui circulait sur les réseaux sociaux et qui montrait des militaires en train d’abattre froidement et sauvagement des paysannes !

Et cela me fait froid dans le dos, même si personnellement je n’ai pas pu regarder cette vidéo puisque j’ai toujours été une âme sensible. Toujours est-il que le gouvernement camerounais accuse les instances étrangères (comme Amnesty International) de tentatives de déstabilisation, quand ces instances soutiennent au contraire mordicus qu’il s’agirait s’agit bel et bien de deux militaires de l’Armée camerounaise !

Claudy Siar lui-même s’en est mêlé puisque visiblement cet Antillais serait déjà plus camerounais et plus africain que les vrais-vrais Camerounais eux-mêmes… Tsuip ! Mais toujours est-il que ces accusations demandent des preuves. Toujours est-il que ça reste des exactions ignobles et abominables. Toujours est-il que les panafricanistes sont déjà en train de voir la main des occidentaux, « tapis dans l’ombre », derrière cette vidéo, et notamment celle des Américains puisque leur ambassadeur avait osé demander à Paul Biya de ne plus se re-présenter lors de la Présidentielle de 2018…

 

Il y a la candidature de Paul Biya

Et comme par hasard, Paul Biya ne l’a pas écouté. Un vendredi 13 en plus, qu’il a choisi pour annoncer sa candidature sur Twitter. Et pour le dépôt physique, il a envoyé son dossier par ses tchindas puisqu’il ne se déplace jamais lui-même pour des broutilles.

Bref, Paul Biya a annoncé sa candidature un vendredi 13 en nous faisant accroire que c’est parce que nous avons trop insisté avec nos nombreux appels du Peuple. Il l’a fait par Twitter pour nous démontrer qu’il est un Président moderne androïd, et qu’il n’a plus rien à voir avec le charlatan qui n’a fait que nous berner depuis le samedi 6 novembre 1982. Il a pensé à se présenter devant nous comme un candidat du moindre risque (donc il y a quand même un risque !), et il a réussi à nous faire oublier qu’il est carrément en train de solliciter une septième mandature à la tête de notre République…

 

Paul Biya
Le président Paul Biya lors d’un déplacement à Pékin, en mars 2018. Source_ Europe 1 Crédit photo: LINTAO ZHANG POOL /AFP, image reproduite sous réserve d’autorisation

 

À part le Cameroun hein, l’Équipe de France est devenue championne du monde…

Donc après une Coupe du monde russe réussie sur tous les plans (sauf pour la VAR qui était là seulement pour éliminer les Africains), l’Équipe de France est redevenue championne du monde de football après 1998. Mais à part ça hein, le Cameroun est en train de traverser l’une des périodes les plus dangereuses de son histoire…

À part l’accident de la circulation qui a fait trente-trois morts sur la route de Ndikiniméki, Kylian Mbappè est devenu la révélation et Luka Modric a été désigné comme meilleur joueur de ce mondial.

À part les centaines de millions de francs CFA que les gens ont cotisé pour le Plan d’Assistance Humanitaire d’Urgence, le meilleur buteur de la Coupe du monde s’appelle Harry Kane avec ses six buts.

À part les villes mortes qui continuent de sévir dans les villes anglophones et malgré les dizaines de morts qu’on a déjà enregistrées, le reste du pays continue de respirer comme si rien de tout cela ne s’était jamais passé.

 

Dans le Cameroun de Mr Paul Biya, qui vise une quarante-troisième année au Pouvoir, les habitants sont déjà devenus presque comme des zombies. La mort est devenue vraiment insignifiante. Le tripatouillage électoral ne va pas émouvoir grand monde. Les Camerounais et les Camerounaises vont se faire diriger par un sénile qui est né le 13 février de l’an 1933, et qui atteindra bientôt l’âge de cent ans.

Mais ce n’est pas très grave puisque l’Équipe de France est quand même devenue championne du monde…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, à part ça tout va bien

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Non, les mbeinguètaires ne sont pas des super-Camerounais !

Je suis tombé par hasard sur une conversation que ma cousine tenait avec l’un de ses dragueurs qui est localisé là-bas en Amérique du Sud. Et pendant que le gars lui demandait comment se porte notre famille, ma cousine ne faisait que lui dire que « On fait comment avec la voiture-là ? Hein ? On fait comment avec le conteneur ? On fait comment avec le congélateur que tu avais promis que tu allais nous envoyer-là ? »

Jusqu’à j’ai pensé que ce dragueur-là était déjà devenu un super-distributeur…

 

des euros
Beaucoup de Camerounais aiment les Mbeinguètaires pour les euros. Source: www.astanatimes.com /CC

 

Les mbeinguètaires ne sont pas des super-amants

Tu te rends compte que quand tu habites à Bafoussam alors que ta petite amie habite seulement à Yaoundé, elle te dit que c’est fini entre vous deux parce qu’elle n’arriverait plus (semble-t-il) à supporter votre distance ? Alors que quand tu déménages pour aller résider là-bas à Paris à plus de 6 000 km de Yaoundé, elle commence à t’appeler pour te dire que « Chéri, je t’aime », « Tu me manques » ou encore « La distance ne pourra jamais nous séparer. »

Ah bon hein ! Donc les Parisiens sont plus proches de Yaoundé que les gens qui habitent ici à Bafoussam ?

l'amour à distance
Les Camerounaises supportent l’amour à distance avec les Mbeinguètaires. Source: YouTube. Crédit: GameMixTreize /Image reproduite sous autorisation

Les mbeinguètaires ne sont pas des infirmiers

Je n’ai jamais compris pourquoi quand quelqu’un tombe malade ici au Cameroun, il téléphone immédiatement à tous ses mbeinguètaires : « Aïe ! Je te jure que j’ai mal au dos depuis le matin jusqu’ààààààà… »

Est-ce que les mbeinguètaires sont alors des infirmiers ? Hein ? Pourquoi quand ils arrivent ici avec des boîtes de Doliprane dans leurs petites valisettes roulantes, pourquoi pensez-vous toujours que c’est plus efficace que les Doliprane qu’on retrouve ici dans toutes nos pharmacies autorisées ? Hein ? Pourquoi quand c’est un mbeinguètaire qui te conseille de te reposer, tu te reposes vite-vite. Mais quand c’est un Camerounais du Cameroun qui te suggère que tu as besoin d’un peu de sommeil pour te rétablir, tu es le premier à lui dire que « Mouff ! Va là-bas ! Tu es médecin ? »

 

Les mbeinguètaires ne sont pas des cosmétologues

Vous ne voyez pas que quand un mbeinguètaire arrive au Cameroun pour passer ses vacances, en rentrant on lui demande toujours de laisser ses habits et ses chaussures ? Hein ? Vous n’avez pas encore remarqué ça ? Surtout que dès son arrivée à l’aéroport, on farfouille directement ses bagages parce qu’on espère récupérer ses parfums, ses lotions, ses huiles essentielles essentiellement et que sais-je encore !

Pire, on va même lui demander des conseils sur le ndjansang. On va lui demander si telle couleur peut bien se marier avec telle autre. On va trouver ses habillements ridicules très acceptables. Et quand ce mbeinguètaire va nous annoncer qu’il repart, tous ses chapeaux et ses écharpes et ses bretelles vont subitement redevenir à la mode !

dessin homme noir en Afrique et en Europe
Certains Mbeinguètaires sont des débrouillards là-bas à l’étranger. Illustration: Royauté Attié /Dessin reproduit sous autorisation

 

Les mbeinguètaires ne sont pas des machines à sous

Là alors c’est le corrigé. Moindre chose, on demande l’argent au mbeinguètaire. Moindre maladie, moindre concours, moindre voyage, on lui demande de nous envoyer des sous. Moindre manifestation au village, on veut qu’il participe. Moindre deuil ou bien moindre enterrement, on veut qu’il vienne ressusciter le mort donner la plus grosse contribution. Moindre rentrée scolaire, moindre loyer, moindre déménagement ou bien moindre commerce, on veut seulement qu’il nous envoie de l’argent coûte que coûte et en urgence. Et on ne veut même pas regarder si la personne a ses propres problèmes à régler là-bas à l’étranger hein…

 

Non, les mbeinguètaires ne sont pas des supra-Camerounais !

Donc quand je suis tombé par hasard sur cette conversation entre ma cousine et son dragueur qui est localisé là-bas au Brésil, j’ai failli penser qu’elle discutait avec un douanier : « On fait comment avec la machine à coudre-là ? Hein ? On fait comment avec les habits de l’enfant ? On fait comment avec l’argent du terrain que tu avais déclaré que tu allais nous envoyer-là ? »

 

Les mbeinguètaires ne sont pas des surdoués. Il faut arrêter de leur faire croire qu’ils sont forcément plus intelligents que les Camerounais qui sont restés au pays.

Les mbeinguètaires ne sont pas des innocents. Il faut arrêter de nous dire que quand c’est mauvais c’est à cause des Camerounais du Cameroun, et quand c’est bon c’est grâce à certains Camerounais qui sont à l’étranger.

Les mbeinguètaires ne sont pas plus talentueux que les gens que je vois dans notre pays-ci tous les matins et tous les soirs, en tous cas ils ne sont pas plus talentueux que mon ami Pierre La Paix Ndamè.

 

Parce que quand vous les placez toujours au-dessus de votre tête, ils vont finir par se dire que c’est cela la réalité. Quand vous leur donnez le droit d’aînesse alors qu’ils sont quelquefois vos petits-frères ou bien vos filleuls, vous n’êtes pas en train de leur rendre un service. Quand vous leur donnez toujours raison, toujours la parole et quand vous ne leur dites jamais leurs défauts en les regardant les yeux dans les yeux, ils vont finir par croire qu’ils peuvent vous acheter avec quelques euros ou bien avec quelques dollars.

Et certains mbeinguètaires finiront par penser qu’ils sont des super-Camerounais.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je ne suis pas un super-Camerounais

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Facebook et la recherche du buzz au Cameroun

C’est vrai que je suis très mal placé pour parler de ce sujet puisque lorsque moi-même j’effectue une publication sur Facebook, on peut dire que je suis à la recherche du buzz ! Mais je suis dérangé quand je vois des gens qui publient la photo de nos cadavres sur les réseaux sociaux. Je suis dérangé quand on publie les images de nos grabataires. Je suis d’autant plus désespéré lorsque je vois des midinettes qui font la publicité de leur nudité pour provoquer le buzz ici au Cameroun…

 

le pouce de Facebook
Toutes les publications sur Facebook recherchent les likes. Source: www.buzz-2-win.com /CC-BY

 

Il y a le buzz de la beauté

Et en général ça concerne les femmes camerounaises. Pas parce qu’elles sont très belles hein, mais c’est parce qu’elles ont besoin de se convaincre (et de nous convaincre aussi) que leur teint et leurs formes peuvent encore correctement passer sur le marché de nos hommes célibataires…

Par exemple, il y a des filles ici qui vont poster la photo de leur petit minois devant leur large miroir avec SnapChat, et qui vont mesurer leur beauté proportionnellement au nombre de réactions et de commentaires. Il y a des filles qui vont nous saturer le téléphone avec leur Instagram. Il y a des filles qui ont parfois envie de se faire draguer par des inconnus, et qui balancent leurs photos (retouchées) dans la totalité des groupes WhatsApp auxquels elles appartiennent… Tsuip !

Parfois aussi elles se filment en matelot et elles nous envoient la vidéo pour nous faire monter la température. Parfois presque nues. Parfois elles font ressortir leur poitrine et leurs fesses de façon presque libidineuse sur leur mur ou bien sur leur Story, et il y aura toujours des hypocrites pervers pour leur faire croire qu’elles sont les plus merveilleuses créatures de l’univers !

 

Il y a le buzz de la réussite

Est-ce que le vrai argent parle ? Hein ? Est-ce que l’argent fait le bruit ? Est-ce que les gens qui ont vraiment réussi dans la vie vont venir te dire qu’ils ont vraiment réussi dans leur vie ? Hein ? Et surtout en public ! Parce que quand moi je vois comment certains Camerounais utilisent encore Facebook, je me dis qu’on n’est pas bientôt prêts de sortir de cette nauséabonde auberge…

Franchement ! Parce que si moi j’étais vraiment un vrai PDG ou alors un vrai Directeur, je n’allais pas partir me filmer devant le bureau d’une autre personne. Franchement ! Surtout que la vraie réussite ne se déclare même pas. Car c’est pas parce que tu souffres là-bas à Mbeing et que tu nous envoies tes photos avec les faux Blancs que tu vas nous faire penser que tu as réussi là-bas. Nôôô ! C’est pas parce que tu gardes l’argent de votre réunion que tu vas venir nous mentir que c’est ta part. C’est pas parce que tes collègues t’ont invité dans un grand restaurant puisque c’était ton anniversaire, ou bien que ton cousin va te prêter sa voiture, ou bien que tu t’es retrouvé par hasard à côté d’une jolie fille qui te demandait tout simplement un tout petit renseignement de rien du tout, que tu vas essayer de nous convaincre (et de te convaincre aussi) que ta vie est légèrement plus intéressante que ce qu’elle ne représente dans la réalité…

 

Caricature Longuè Longuè sur Facebook
Longuè Longuè a fait le buzz sur Facebook pendant plusieurs semaines. Dessin: Popoli. Source: voila-moi.com /Image reproduite sous autorisation

 

Il y a le buzz du scoop

Le scoop c’est quand tous les Camerounais se bousculent pour diffuser une information (ou un document officiel) qui est même parfois erronée. Vous me suivez ? C’est-à-dire que si quelqu’un est grièvement malade, les Camerounais vont te dire sur Facebook qu’il est même déjà décédé. C’est-à-dire que pendant que toi tu agonises douloureusement sur ton lit d’hospitalisation, il y a des gens perturbateurs qui vont entrer dans ta salle de malade pour venir te photographier et ensuite publier ton image sur Facebook (surtout si tu es un personnage public). C’est-à-dire que ce qui m’étonne vraiment beaucoup ici au Cameroun, c’est quand je vois des gens qui font relayer la photo de leur propre père qui est enfermé dans un cercueil avec les yeux fermés. Ou bien quand je vois des gens qui commentent l’actualité qui se passe au Nord-Ouest et au Sud-Ouest en ajoutant le piment dessus, alors qu’ils n’ont même jamais déposé les pieds un demi-pied dans la partie anglophone de notre Cameroun. Yeuch !

 

Il y a le buzz de la vie privée

Est-ce que ça c’est même un buzz ? C’est juste qu’il y a des gens ici qui aiment nous raconter leur vie privée alors que ça ne nous intéresse même pas une seule seconde. Je suis sérieux hein ! Parfois je me connecte et j’apprends qu’il y a un inconnu qui a préparé le couscous maïs chez lui avec la sauce gombo. Parfois je vois une dame qui nous présente toute sa famille alors que je ne la connais même pas. Parfois mes « amis » changent leur photo de profil en fonction de leurs innombrables humeurs. Parfois j’apprends qu’il pleut actuellement à Edéa et qu’on y a coupé la lumière. Parfois il y a des jeunes filles qui nous demandent de voter si on les préfère en pantalon moulant ou bien en pantacourt collant. Bref, l’intimité a foutu le camp ! Les Camerounais(es) t’exposent leur vie personnelle de A jusqu’à Z sur les réseaux sociaux, sans savoir qu’ils sont en train de divulguer des informations très-très précieuses pour leurs nombreux ennemis.

Et ils impliquent leurs enfants et leurs proches alors que ceux-ci ne leur ont pourtant rien demandé…

 

dessin selfie devant un tombeau
On se photographie devant les tombeaux et on publie la photo sur Facebook. Dessin: ADAM ZYGLIS /THE BUFFALO NEWS. /Illustration reprise sur toursdelaliberte.blogspot.com et reproduite sous autorisation

 

Facebook et la recherche du buzz intégral au Cameroun

Donc je l’avoue hein, je suis très mal placé pour évoquer ce sujet puisque moi-même lorsque je parle de Pierre La Paix Ndamè sur mon blog, je suis subconsciemment à la recherche du buzz ! Mais le buzz ne doit pas plus être une raison pour que nous nous laissions chavirer vers cette multiplicité de dérives…

Le buzz sur Facebook, c’est ce qui permet à un imbécile de rien du tout de pouvoir te balancer (à toi ou bien à une personnalité) du n’importe quoi.

Le vrai buzz sur Facebook, c’est la pornographie que les gens diffusent. Ce sont les marabouts qui recrutent. Ce sont les gens de la diaspora qui veulent semer la zizanie en nous faisant penser que nous sommes des misérables.

La recherche du buzz qui sévit sur Facebook ici au Cameroun, c’est ça qui fait que nous ne respectons même plus les morts, les sinistrés, les malades, les accidentés, les handicapés, les déshérités et que sais-je encore !

 

Puisque comme nous sommes déjà plongés dans le e-Cameroun avec la e-réputation et le e-marketing, ce qui compte c’est exclusivement le buzz ! « Tu es la plus belle », « Tu es le plus drôle », « Tu es le plus intelligent » et « Tu es le plus sage ». Sans oublier « Tu es le plus renseigné ». Car même si une rumeur n’est qu’une rumeur, c’est-à-dire même si un kongossa n’est encore qu’un simple petit kongossa, les gens d’ici adorent quand ils sont les tout premiers à disséminer cette mauvaise information sur les réseaux sociaux.

Et c’est encore plus vérifiable lorsque ça se passe sur Facebook.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne recherche plus le buzz

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