Ecclésiaste Deudjui

Cameroun, février 2008

Cela fait exactement dix ans. Notre pays a failli basculer dans la guerre civile et dans le chaos. Tout s’est passé en quelques jours, à la fin de ce funeste mois de février 2008…

 

rapport des Nations-Unies sur les émeutes de février 2008 au Cameroun
Le rapport des Nations-Unies sur les événements de février 2008 n’a pas épargné l’Etat du Cameroun. Source: calameoassets.com /CC-BY

 

Tout est parti de la grève

Tout est parti de la grève des automobilistes. Puisque comme on venait d’augmenter le prix du carburant, les syndicalistes des transporteurs avaient menacé d’exécuter une grève sur toute l’étendue de notre territoire national. Mais sauf que ça devait aller au-delà de la grève, des camarades qui m’avaient prévenu que « Gars, ce lundi ce sera chaud ! »

Et c’est comme cela que les rumeurs sont allées bon train, certains nous prédisant même le chaos total et la guerre civile dans notre pays. Certains nous informant que la grève des automobilistes allait certainement être récupérée par des nationalistes, et que des opposants allaient passer par là pour demander à Paul Biya de se retirer définitivement de la présidence de notre Cameroun…

 

Ensuite il y avait eu les villes mortes

La grève des automobilistes débuta le lundi 25 février 2008 à 6h zéro-zéro. Et comme une traînée de poudre, c’est toute la République qui se paralysa au même moment, sans aucun mot d’ordre ! Les bendskineurs et les taximen et les camionneurs avaient grevé parce que le prix du carburant était devenu très élevé, mais les Camerounais avaient « acheté » le vrai problème : coût élevé de la vie. Corruption. Népotisme. Longévité au pouvoir. Abandon de la jeunesse. Etc, etc.

Et c’est comme ça que dès ce fameux lundi, à 15 heures, tout le pays était déjà sclérosé ! Il n’y avait plus aucun commerce ouvert ! Il y avait des jeunes aux carrefours qui se mesuraient avec les forces de l’ordre et leurs camions blindés ainsi que leur gaz lacrymogène, et qui leur balançaient des morceaux de cailloux. Il y avait des vandales qui pillaient dans les boulangeries et dans les supérettes. Il y avait des hélicoptères qui circulaient au-dessus de nos têtes avec des mitrailleuses, et il y avait des activistes, qui ont été a mis au cachot parce qu’on les avait considérés comme les leaders de cette gigantesque sédition improvisée…

 

le combattant Mboua Massock
Le combattant nationaliste Mboua Massock a été incarcéré comme étant l’un des meneurs des manifestations de février 2008. /CC0

 

Puis il y a eu le bataillon d’intervention rapide (BIR)…

Le lundi et le mardi, c’était ambiance villes mortes. Les occidentaux ont appelé ça « les émeutes de la faim » alors qu’en réalité il s’agissait des émeutes pour la fin de la dictature. Mais le mercredi 27 février 2008, il y a eu le bataillon d’intervention rapide (BIR) !

La majorité des Camerounais ne connaissait pas ce corps d’élite. Mais quand Paul Biya les a fait installer à tous les carrefours de Yaoundé et de Douala pour venir remplacer les militaires et les gendarmes, nous avons pris peur ! Car les gars du BIR étaient des soldats rapides comme l’éclair. Ils étaient noirs comme le charbon. Ils étaient vraiment nerveux. Ils étaient armés jusqu’aux dents. Et surtout, surtout, ils tiraient sur nous avec des balles réelles…

Puis les Gouverneurs ont instauré le couvre-feu dans leurs régions de commandement respectives, et c’est comme ça qu’on s’est mis à entendre des coups de feu  la nuit, dès 22 heures et  jusqu’à 6h du matin. Certaines personnes en ont alors profité pour effectuer leurs règlements de compte avec des assassinats. Puis, il y a eu des manifestants et des adolescents ont disparu de leur domicile en pleine nuit. Jusqu’aujourd’hui on n’a toujours pas réussi à les retrouver alors que dix années ont passé ! Nous sommes déjà fin février 2018 !

 

…Et il y a eu le discours de Paul Biya

Si le Cameroun était un pays normal, on aurait eu un chef de l’Etat qui aurait cherché à cajoler sa population avec des mots doux dès le premier jour, ou au moins qui nous aurait caressés dans le sens du poil, comme le Général de Gaulle qui avait dit aux Français « Je vous ai compris ».

Mais le Cameroun n’est pas un pays normal : non seulement Paul Biya n’a pas pris la parole pendant les trois premiers jours des émeutes, mais en plus il ne nous a même pas cajolés lorsqu’il a prononcé son discours le jeudi soir. Il a plutôt parlé des « apprentis-sorciers » qui seraient tapis dans l’ombre et qui auraient manipulé la jeunesse afin d’obtenir ce vaste mouvement d’humeur généralisé. Il a terminé en disant que l’État resterait ferme face à toutes nos protestations.

« Force reviendra à la Loi », voilà même les mots qu’il avait prononcés exactement.

 

la mère du jeune Junior Mbeng qui pleure son fils disparu pendant les émeutes de février 2008
Cette maman a perdu son fils unique le 26 février 2008 à Bonabéri, alors qu’il venait d’avoir 18 ans. Source_ matango.mondoblog.or /image reproduite avec l’expresse autorisation de l’auteur

 

Retour sur les émeutes de février 2008

Cela fait donc exactement dix ans que le Cameroun a failli basculer dans la guerre civile et dans la guérilla. Tout s’est passé entre le lundi 25 février et le vendredi 29 février de l’année 2008…

En février 2008, les Camerounais manifestaient se plaignaient parce que Paul Biya prévoyait de modifier la Constitution (l’article 6.2) pour pouvoir se re-présenter à la présidentielle de 2011, et même à celle de 2018, comme c’est le cas d’ailleurs pour le mois d’octobre prochain. Et il l’a modifiée.

Durant les émeutes de février 2008, les Camerounais se sont levés comme une seule personne pour manifester leur ras-le-bol contre ce régime qui nous a détruits, qui nous asservit, qui nous appauvrit et qui nous assassine.

Pendant les émeutes de février 2008 ici au Cameroun, il y a quand même eu de bonnes personnes qui nous ont ramené la paix (pas Ndamè hein) comme l’excellentissime journaliste qui s’appelle Thierry Ngogang !

Durant ces quelques jours, on n’avait même plus vraiment besoin de se ravitailler. On montait dans les rues et on déversait notre colère pour que le monde entier entende enfin notre souffrance, et on espérait que les choses allaient enfin pouvoir s’améliorer ici au Cameroun. Mais voilà que nous sommes en 2018 et que les torpilleurs de notre Nation ne sont même pas encore vraiment prêts à vouloir s’arrêter…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, hommage aux victimes de février 2008

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Les Camerounais ont des abréviations qui ne veulent rien dire

Je ne sais pas si c’est la vieillesse qui me prend hein, mais quand je discute avec un adolescent on dirait que je suis déjà complètement largué ! Non seulement je ne comprends rien du tout à leur nouvel argot, mais en plus je suis totalement déconnecté avec leurs nombreuses abréviations.

Et je me console en me disant que ça ne veut strictement rien dire…

 

fautes d'orthographe par SMS
Les smartphones ont réduit l’accent sur l’orthographe. /CC0

 

RIP

Voici l’abréviation qui m’énerve le plus lorsque je discute sur Internet avec un adolescent camerounais. Puisque dès que tu leur dis que ton arrière-grand-père vient de mourir, ils vont directement te balancer « Rip ! » Dès que tu te connectes sur le Facebook de quelqu’un qui venait d’annoncer la disparition de son premier enfant, tu vas voir les « Rip » sur son mur jusqu’ààààààà… Jusqu’à tu vas penser que ces gens-là ont appuyé sur le bouton Rip-play.

Ce qui m’énerve encore plus, c’est que ça ne concerne même plus seulement les réseaux sociaux. Puisque j’ai déjà vu un type qui venait de divorcer d’avec son épouse, et qui lui disait « Rip ». J’ai aussi vu un employé qui venait de dire « Rip » à son ancienne entreprise. Bref, c’est son entreprise qui lui disait « Rip » puisque c’est son patron qui venait surtout de le renvoyer…

 

LOL

« Lol » c’est surtout quand tu n’as rien de bon à dire. Enfin, je crois. Puisque quand je discute avec l’un de mes neveux qui vit à Yaoundé, il me répond toujours « Lol ». Même lorsque je lui demande ce qu’il a mangé à midi ou bien s’il a regardé le match du PSG, il va toujours me répondre « Lol » quelle que soit la question que je venais de lui poser… Tsuip !

En fait hein, j’ai fini par comprendre que c’est une abréviation de débarras. Puisque si tu veux vraiment causer avec ta lolita, est-ce que tu vas te contenter de ses « Lol » ? Hein ? Est-ce que tu vas prendre le risque de planter votre conversation en plein milieu d’un no man’s lol, alors que tu peux bien lui répondre avec d’autres expressions qui sont, comment dire ça… plus significatives ? Hein ?

 

Dessin d'un homme qui veut déchriffrer les abréviations sur SMS
Les SMS des Camerounais sont truffés d’abréviations. Dessin: Glez Source: montraykreyol.org /CC-BY

 

MDR

Ceci, ça m’amuse un peu. Pas parce que c’est drôle hein, mais parce généralement je lis ceci lorsque je viens de balancer une blague qui me paraît amusante. C’est alors là que tu vas voir les gens te répondre avec des « Mdr », des smileys, des émoticônes, des images de rigolade, et cætera.

Bref, « Mdr » me fait beaucoup rire. Les Camerounais ont même transformé ça en « ddl » (die de lap) et les Togolais en « Mkl » (allez leur demander ce que ça veut dire). Mais ce qui me fait vraiment penser que je suis déjà en train de sérieusement vieillir, c’est quand on m’envoie des dérivatifs du genre « Ptdr » ou encore « Xptdr ». Mince alors ! Pourquoi l’académie des abréviateurs ne pense pas à nous établir un véritable dictionnaire universel, afin que les gens attardés comme moi ne soient plus complètement largués ? Hein ? Parce que sinon ça va finir dans un jargon que même les enfants qui sont nés pendant les émeutes de février 2008 ne vont plus réussir à maîtriser…

 

TFKW

Je viens de découvrir celui-ci. Et la première fois, j’ai tout de suite pensé que ça me rapporterait au moins 77 points si je réussissais à le placer dans un « Mot compte triple » sur un plateau de Scrabble. Mais bon, c’était juste un SMS. Une étudiante de la Faculté que je venais de baratiner. Elle avait pourtant promis qu’elle devait passer chez moi le lendemain pour qu’on fasse les bonnes choses, mais malheureusement elle a annulé.

« Tfkw », ça veut dire « Tu fais quoi ? » Mais plus encore, ça signifie « On dit quoi alors ? Tu fais quoi actuellement ? Est-ce je peux venir chez toi maintenant et on accomplit nos bonnes choses comme je t’avais promis hier ? » Mais quand ça tombe dans le parpaing d’un gars archaïque qui est déconnecté comme s’il était né avant la révolution industrielle et le charbon à vapeur, il va penser que la fille de la Fac s’était assise sur le clavier de son téléphone portable en voulant faire la cuisine. Il va penser au Scrabble. Il va même penser aux mots-fléchés hein, et c’est comme ça qu’il va passer à côté d’une occasion en or qu’il ne pourra plus jamais rattraper avec ce genre de midinette estudiantine hyper affriolante…

 

MDR, XPTDR, LOL
MDR, XPTDR et LOL sont très utilisés sur les réseaux sociaux. Source: Fotolia /CC0

 

Les Camerounaises et les Camerounais ont des abréviations qui ne veulent rien dire

Donc à chaque fois que je discute avec mon petit neveu qui habite à Yaoundé, il me répond toujours « Big lol ». Même lorsque je lui demande si son père va bien et si lui-même a bien composé à l’école, il va toujours me répondre avec des « Lol » et c’est pour cela que pour moi ces abréviations ne veulent plus strictement rien dire…

 

« Rip » ne veut rien dire ! Si tu es vraiment attristé par la disparition d’un individu, il faudra aller assister à sa veillée. Il faudra soutenir sa famille. Il faudra également te rendre à son enterrement.

« Hummm » ne veut rien dire ! Je m’adresse surtout aux filles qui se débarrassent de moi avec cette onomatopée lorsqu’elles ne veulent pas répondre à mes invitations.

« Ufk » ne veut absolument rien dire, parce que moi je préfère « Tu fais quoi ? »

 

Je préfère les phrases qui sont bien faites, bien construites, et avec zéro faute d’orthographe et de grammaire. Je préfère les messages qui sont clairs comme l’eau de roche et sans aucune ambiguïté. Je préfère que si tu n’as rien à me dire, alors que tu ne m’écrives rien. Je préfère que les gens continuent à me traiter de préhistorique et de vieux-jeu, simplement parce que je fais des phrases qui commencent toujours par une majuscule et qui se terminent avec une vraie ponctuation comme dans les superbes poésies proverbiales de mon ami Pierre La Paix Ndamè

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je n’abrège jamais

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Le 11 février n’a jamais été la Fête de la Jeunesse…

Depuis exactement cinquante-deux éditions depuis le dimanche dernier, le régime de Ahidjo et ensuite de Biya nous ont leurrés qu’il existait une Fête nationale de la Jeunesse ici au Cameroun. Et ils ont aussi réussi à nous faire accroire que ça se déroulait le 11 février…

 

défilé du 11 février à Fondjomekwet
Défilé du 11 février dans le petit village de Fondjomekwet, à l’Ouest du cameroun. Crédit: patrimoine-fondjomekwet.com /CC-BY

 

Il n’y a jamais eu de jeunesse au Cameroun

Du moins, je parle de notre époque. Parce que dans l’ancien Cameroun il y avait bien des Présidents de la République qui avaient 36 ans d’âge, des généraux 40, et des chefs d’entreprises qui venaient à peine de célébrer leur 25ème anniversaire…

Mais aujourd’hui il n’y a plus de jeunesse ! Puisque pour nous berner, on nous a dit menti que ça continuait jusqu’à soixante-dix-sept ans ! On te considère encore comme un bambin lorsque tu viens de traverser la quarantaine. On te fait croire que tu ne peux rien diriger si tu n’as pas encore atteint tes cinquante-cinq ans. On te désintéresse de la chose socio-politique. On te déresponsabilise avec les bières, et on te fait finalement penser que « L’avenir du Cameroun, eh beh ça ne concernera que les vieillards ! »

 

Il n’y a jamais eu de Fête de la Jeunesse

La vraie Fête de la Jeunesse, ça ne devait être la fiesta ! Ça devait être une occasion pour discuter avec nos enfants et pour préparer leur avenir dans les lendemains tortueux du Cameroun. Ça ne devait pas être une kermesse. Ça devait être la mise en valeur des quelques rares jeunes Camerounais qui réussissent à s’en sortir dans ce panorama capharnaümesque, et non la mise en exergue de plusieurs folklores universitaires et scolaires.

Puisque depuis ma naissance, on ne m’a jamais présenté une jeunesse qui devait me servir de modèle ou bien d’exemple. On a même détruit celle qui devait nous servir de référentiel comme les Samuel Eto’o ou bien les Charles Ateba Eyené. On a plutôt toujours donné la parole à des gérontocrates. On a toujours organisé des défilés qui font en réalité la propagande des Partis uniques au Pouvoir. On a toujours pensé à faire la java, puisque la Fête de la Jeunesse n’est pas différente ici de nos anniversaires, de nos mariages, de nos baptêmes, de nos enterrements, de nos cérémonies de remise des vœux au chef de l’État, etc.

 

Ahmadou Ahidjo et Paul Biya
Le président Ahidjo (assis, en blanc) en compagnie de son Premier ministre Paul Biya (à sa droite), ont institué puis consolidé la fête de la jeunesse. Source: betatinz.com /CC0

 

Il n’y a jamais eu de bons discours pour la jeunesse

Je parle des discours-fleuves de notre chef de l’État. Je parle des discours de Monsieur Paul Biya qui vient de lire son 36ème « message à l’endroit de notre jeunesse ». Parce que non seulement ses allocutions sont insipides, mais en plus elles sont toujours froides et fades. Les discours de Paul Biya sont prévisibles et on peut même déjà les pré-deviner à l’avance. Ils sont généralement cyniques. Parce que si tu aimes tes enfants comme mon père nous avait aimés quand on était encore tout petits, tu ne vas pas leur demander de se lancer dans le bendskin ni le call-box. Tu ne vas pas leur demander de cultiver la résilience. Tu ne vas pas les envoyer dans l’agriculture sans aucuns moyens. Tu ne vas pas les laisser se pervertir dans les bars et dans les auberges et dans les jeux de hasard. Tu ne vas pas les abandonner dans la débrouillardise et dans le banditisme.

Parce que si Biya aimait vraiment sa jeunesse comme il le prétend devant les caméras, il n’allait plus nous embrouiller avec son émergence de 2035 ni avec ses mêmes-mêmes promesses qu’il nous rabâche depuis le 11 février de 1983. Et il allait aussi commencer à partager son Pouvoir avec notre jeunesse…

 

Il n’y a aucune date historique pour la Fête de la Jeunesse

Le plus dramatique, c’est que les jeunes Camerounais ne connaissent pas leur histoire. Puisque le Cameroun avait obtenu son Indépendance le 1er janvier 1960, et que Monsieur Ahmadou Ahidjo en était devenu le 1er Président à l’âge de 36 ans seulement. Ensuite il y avait eu le référendum dans la partie britannique du Cameroun, le 11 février 1961. Les Anglophones du Nord, musulmans, avaient préféré rejoindre le Nigeria. Mais les Anglophones du Sud (Southern Cameroons) avaient rallié les Francophones dans ce qui deviendra La « République fédérale du Cameroun », le 1er octobre 1961.

En 1967, Ahidjo décida que le 11 février deviendrait désormais la Fête de la Jeunesse ici au Cameroun. Puis le 20 mai 1972, il proclama la « République Unie du Cameroun » et il fit adopter une nouvelle Constitution après un suffrage référendaire. Il céda son Pouvoir le 06 novembre 1982 à son Premier ministre Paul Biya, et il mourut à Dakar (Sénégal) en 1989 alors qu’il n’avait plus jamais remis les pieds au Cameroun depuis le mardi 19 juillet 1983…

 

les leaders nationalistes de l'UPC assassinés
Ces grands leaders nationalistes ont sacrifié leur jeunesse pour le Cameroun. Source: afrikblog.com /illustration reproduite avec l’aimable autorisation de ses concepteurs

 

Le 11 février n’a jamais été la Fête de la Jeunesse au Cameroun…

Donc depuis le samedi 11 février 1967 qui ne représente aucune référence historique pour le Cameroun, le Président Ahidjo nous avait imposé « sa » Fête de la Jeunesse. Puis Biya nous a menti que nous sommes le « fer de lance » de notre Nation. Et ils ont aussi réussi à nous faire accroire qu’il restait 364 jours pour célébrer avec eux la vraie Fête de la Vieillesse…

 

Le 11 février n’est pas la Fête de la Jeunesse, puisque qu’il n’y a pas assez de jeunes à la Présidence, à la Primature, à la Défense, à la Direction générale de nos entreprises étatiques ni à la supervision de notre éducation, de notre sport et de notre culture.

Le 11 février n’a jamais été notre fête, puisque 50% des Camerounais ont moins de vingt ans et pourtant 85% de nos dirigeants ont plus de 77 ans !

Le 11 février ne deviendra jamais une fête pour la jeunesse camerounaise, tant que vous ne réfléchirez pas sur le profil-type de nos futurs Camerounais de demain.

 

Parce que dans l’ancienne époque après la colonisation, il y avait des Présidents de la République qui pouvaient avoir 36 ans d’âge, des députés 35, et des nationalistes qui avaient combattu pour le Cameroun depuis l’âge de 21 ans seulement : Ernest Ouandié, Félix Moumié, Ruben Um Nyobè, Osendé Afana, Gabriel Tabeu, Raphaël Fotsing et plusieurs autres encore.

Et c’est pour ça que si nous voulons vraiment retrouver le contrôle de notre pays, il faudra d’abord que les jeunes camerounais s’inscrivent massivement, mais alors très-très massivement sur les listes électorales comme mon ami Pierre La Paix Ndamè.

Et ensuite nous verrons si ces gens-là seront encore capables de nous subtiliser notre jeunesse.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je ne fête pas le 11 février

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Ici il n’y a pas seulement les homosexuels et les lesbiennes…

Pendant la Coupe des Confédérations en 2003, il y a un type qui m’avait dragué à Yaoundé, jusqu’à m’emmener manger la viande de soya là-bas à la Briquetterie. Et j’avais accepté hein ! Mais c’est parce que je ne savais pas qu’il y avait déjà les homosexuels et les lesbiennes ici au Cameroun…

 

deux femmes lesbiennes Noires qui s'embrassent
Photographie de deux lesbiennes qui s’embrassent. Crédit: Zanele Cline /Image reproduite avec l’aimable autorisation de la Galerie Stevenson

 

Il y a les homosexuelles

À l’époque j’étais naïf comme un adolescent qui vient d’avoir sa puberté. Et si j’ignorais encore l’existence des homosexuels, qu’est-ce que c’était pour les homosexuelles ? Parce que pour vous dire vrai hein, il y a beaucoup-beaucoup-beaucoup de lesbiennes ici au Cameroun…

Elles ont leurs secteurs, si tu entres là-bas pour commencer à dire que tu vas baratiner une fille, c’est ta malchance ! Elles ont leurs habillements aussi : quand moi je vois une fille qui met des dreadlocks et qui baisse toujours son pantalon comme si elle avait oublié sa ceinture, je commence déjà à la soupçonner. Elles ont leurs sports favoris, aussi, comme le football sur gazon et l’haltérophilie gréco-romaine, mais ne partez pas répéter que c’est moi qui vous ai raconté tout ceci. Puisque ce qui me fait mal dans cette histoire, c’est que j’ai perdu une jolie brunette qui avait les fesses et qui avait les formes, mais qui m’a quitté parce qu’elle a préféré aller sortir avec une autre lesbienne !

 

Il y a les homosexuels

En dehors du jour où le gars-là m’avait offert quelques brochettes de soya alors que je ne m’imaginais même pas qu’il me baratinait, j’ai rencontré plusieurs autres homosexuels. J’ai même eu un rendez-vous avec l’un de mes lecteurs et il était très gai (je comprends maintenant pourquoi). Mais ce qui m’a quand même surpris, c’est qu’il n’utilisait pas son vrai prénom sur Internet. Et il regardait toujours autour de lui par méfiance, parce que les homosexuels sont encore véritablement stigmatisés et menacés ici au Cameroun !

Bref, ils ont aussi leurs secteurs. Ils ont leur façon de marcher comme s’ils étaient assis sur un vélo alors qu’ils sont pourtant normalement debout. Ils ont leurs puissants réseaux que si on « t’introduit » là-bas dedans hein, hum, tu vas sauf que te retrouver milliardaire comme dans les blagues. Ils ont leurs supermarchés où ils achètent facilement leurs lubrifiants et leurs couches jetables. Ils ont un aspect androgyne pour certains, et c’est pour ça que tu ne sauras jamais celui qui joue le rôle de l’homme et tu ne sauras jamais celui qui joue le rôle de la femme…

 

un homme Noir qui se maquille
Les métrosexuels sont des hommes hétérosexuels qui ont du goût. Source: www.anastyboy.com /CC-BY

 

Il y a les métrosexuels

C’est un mot que je viens de découvrir. Auparavant je croyais que c’est un gars qui aime faire l’amour dans les métros, mais ce n’est pas ça. J’ai aussi cru que c’est un gars qui était performant au lit jusqu’à on le comparait déjà à un métronome sexuel, mais ce n’est pas cela non plus. Car un métrosexuel, c’est tout simplement un hétérosexuel qui a du goût !

Concrètement, ça veut dire que si ton voisin pratique le maquillage comme la plupart des hommes qui vivent au Congo, c’est un métrosexuel ! S’il marche toujours avec son miroir et ses gels de douche dans son « sac à main », c’est un métrosexuel ! Si ton cousin vient pour t’aider à choisir la robe de mariage de ta future épouse, c’est un métrosexuel ! Si tu as des amis qui sont coiffeurs dans des salons de coiffure pour dames, ou alors qui sont des décorateurs ou bien des fleuristes, eh bien ce sont des métrosexuels !

Mais par contre si un Camerounais s’intéresse à la manucure-pédicure alors là c’est tout simplement un chômeur !

 

Il y a les transgenres

Les transgenres sont un peu des Docteur Jekyll et Mister Hyde. Ce sont des gens qui ont une double corporalité personnalité. Ce sont des garçons qui se sont retrouvés coincés dans le corps d’une fille, ou vice-versa. Ce sont des gens qui ont la morphologie d’une femme avec la mentalité d’un homme. Ou vice-versa. Parfois ce sont des personnes qui ne se reconnaissent dans aucun sexe ni dans aucun genre, comme la fille (ou bien le monsieur, je ne sais pas quoi dire) qui m’avait dit un jour que « Monsieur Deudjui, appelez-moi tout simplement par mon prénom et ne mettez rien devant ! Ni Monsieur, ni Madame. »

D’accord madame !

 

statistiques des violences faites aux homosexuels en 2016
L’homophobie est un fléau international. Crédit photo: SOS Homophobie /CC-BY

 

Ici au Cameroun il n’y a plus seulement les homosexuels avec les lesbiennes…

Donc le jeudi 26 juin 2003 avant le décès du Lion Marc-Vivien Foé, moi j’étais à la Briquetterie en train de déguster de merveilleuses brochettes de viande de brousse. Le type qui m’avait dragué m’avait payé deux bières, il m’avait payé le taxi et puis je lui avais finalement filé mon numéro de téléphone.

Est-ce que moi je savais alors que c’était un homosexuel ?

 

Ici au Cameroun, il y a aussi les hermaphrodites. C’est-à-dire que tu vois un individu qui a le sexe d’un homme et qui a aussi le sexe de la femme en même endroit.

Ici dans les rues de Douala, il y a également les travestis. C’est-à-dire que tu vois une prostituée qui a les pamplemousses et qui te sourit avec un joli visage, mais au milieu de ses jambes elle possède un gros-gros bangala !

Ici dans le Cameroun de Pierre La Paix Ndamè, j’ai constaté qu’il n’y a plus seulement les homosexuels et les lesbiennes : car il y a également les homophobes !

 

Puisque quand je veux parler de ce sujet avec certains voisins de mon quartier, ils me disent toujours que « Il faut les tuer ! » (sic) Quand j’explique que l’homosexualité n’est pas une maladie et que ce n’est pas non plus une malédiction, certains Camerounais me demandent de fermer ma large sale bouche. Quand j’essaie de dire aux gens que je ne suis pas pour la légalisation mais que je suis 200 % contre la pénalisation, certains blogueurs me menacent publiquement et d’autres personnes me bloquent aussi sur Facebook : « Je demande hein, Ecclésio. Donc tu es déjà dedans ? »

Et pourtant c’est parce qu’il y a déjà trop de misanthropie et de discrimination ici au Cameroun…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne suis pas un homophobe

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Tout ce que j’ai compris avec l’arrivée des poupées au Cameroun

Depuis quelques jours que Pierre La Paix m’a annoncé l’arrivée des poupées chinoises, il y aurait comme une sorte d’effervescence ici sur les réseaux sociaux. Et cela m’a permis de comprendre le comportement de plusieurs individus ici au Cameroun…

 

love doll poupées chinoises
Ces poupées chinoises sont fabriquées en silicone. Source: sextoy.in /CC-BY

 

J’ai compris que les Camerounais adorent la sexualité

Ça, je le savais déjà ! Puisque dans les groupes WhatsApp et à l’intérieur des snack-bars, c’est la seule raison pour laquelle les garçons s’intéressent font souvent semblant de vouloir s’intéresser à certaines Camerounaises…

Mais c’est vrai ! Puisque quand tu sors avec une jolie fille, tes amis vont premièrement te demander si tu l’as déjà « validée ». Quand tu cites les qualités de ta petite amie, tu dois d’abord absolument commencer par ses fesses et ensuite par ses lèvres pulpeuses. Quand tu as une secrétaire ou bien une co-chambrière qui arrive toujours devant toi avec des habits sexy, tu as presque souvent envie de lui faire accroire que tu l’aimes déjà.

Et ensuite tu disparais dès que tu vas finalement réussir à la faire passer à ton abattoir…

 

J’ai compris que les Camerounais en ont marre des Camerounaises

Je ne dis pas cela au hasard. Car si vous constatez que les Camerounais attendent ces poupées chinoises comme si on était en train d’attendre les 420 000 derniers ordinateurs de Paul Biya, c’est parce que c’est grave ! C’est parce que les Camerounais sont déjà fatigués des Cameruineuses. C’est parce que les panthères sont devenues plus que dangereuses. C’est parce que les araignées n’ont même plus un seul grain de sentiment. C’est parce que le ndjansang a déjà privatisé tout le dehors, et que les filles d’aujourd’hui sont devenues de plus en plus exigeantes. Les filles de maintenant vont te demander le taxi, la nourriture, l’argent du lait, l’argent du lait de l’enfant, l’argent de la coiffure, les greffes brésiliennes, les robes, les escarpins, les interminables problèmes de la belle-famille, les avortements, les garnitures, les voyages, le mariage, etc.

 

poupée sexuelle en petite tenue
Les poupées sexuelles sont de plus en plus réalistes. Source: bottom-of-the-glass.blogspot.com /CC-BY

 

J’ai compris que les Camerounaises sont très-très jalouses

Jalouses sur la poupée ? Mon frère, j’avoue que je suis un peu surpris. Parce que depuis que nous on attend tranquillement nos poupées chinoises, il y a certaines filles qui me demandent que « Est-ce que les idiotes-là pourront accoucher ? », « Est-ce qu’elles sauront aussi faire la cuisine ? », « Est-ce qu’elles vont souvent vous réveiller à 05h du matin pour vous proposer une bonne fellation ? »

Je sais ? Est-ce qu’elles sont déjà arrivées ?

Mais c’est vrai que les Camerounaises ont quand même un peu raison de s’inquiéter. Puisqu’avec ta poupée en silicone, tu ne vas dépenser qu’une seule fois et pour toute la vie ! Elle ne va jamais te faire de crise de jalousie puisqu’elle n’est pas contre la polygamie ni contre les partouzes. Elle ne va jamais fouiner dans ton téléphone portable. Elle ne va jamais ouvrir son clapet lorsque tu regardes tes matchs de football. Elle va accepter toutes les positions kamasutriques que tu vas lui demander de prendre. Elle ne sera jamais en période de fécondation. Elle ne va jamais te turlupiner avec l’argent de la Saint-Valentin ou bien du 08 mars ; et encore moins avec l’argent de la cotisation puisqu’elle n’aura même pas d’abord besoin de cotiser pour commencer…

 

J’ai compris que nous utilisons déjà les objets sexuels

Ça aussi je le savais déjà. Puisque sur mon annuaire www.doualatour.net, il y a certaines clientes qui m’appellent souvent pour me demander des godemichés, des ceintures en cuir, des vibromasseurs, des vêtements sado-maso, etc.

Mais ce qui me surprend c’est la demande avec les poupées chinoises ! Car je ne savais pas que les Camerounais avaient déjà atteint traversé ce stade. Je ne savais pas qu’on n’était plus au niveau du pénis artificiel. Je n’imaginais pas qu’un Camerounais pouvait débourser presque deux millions de francs CFA, et cela pour acquérir un sex-toy avec lequel il n’allait même pas pouvoir bavarder (est-ce qu’il achète ça pour bavarder ?). Je savais que les Camerounais sont déjà bien pervers dans leurs pratiques et dans leurs ébats sexuels hein, mais je ne savais pas qu’on allait se déverser comme ça comme des mouches tsé-tsé parce qu’on nous a informés qu’il y aura bientôt l’arrivage de quelques maigrelettes poupées chinoises.

 

pénis artificiel rose
Plusieurs Camerounaises utilisent des vibromasseurs. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Tout ce que j’ai retenu avec l’arrivée des poupées chinoises au Cameroun…

Donc depuis quelques jours, il y aurait comme une sorte d’effervescence libidineuse sur les réseaux sociaux et dans les chaumières camerounaises. Et c’est cela qui m’a permis de comprendre le comportement de certains compatriotes…

 

Ce que moi j’ai compris, c’est que les Camerounais sont des hétérosexuels et que les Camerounaises sont des lesbiennes : puisque toutes les poupées qui vont arriver seront des poupées de sexe féminin !

Ce que j’ai aussi compris, c’est que nous aimons apparemment les filles qui sont de petite taille comme les femmes chinoises. Nous aimons les filles qui ont une chevelure synthétique. Nous allons acheter ces poupées-là parce qu’elles ne deviendront pas grasses avec le temps comme certaines Camerounaises.

Ce que j’ai enfin retenu avec cette gigantesque importation de joujoux sexuels, c’est que les Chinois sont décidément restés de sacrés commerçants !

 

Puisque quand ils venaient de débarquer ici au milieu des années 1990, ils avaient d’abord commencé par nous tromper avec leurs fausses chaussures et avec plusieurs autres chinoiseries. Puis ils se sont lancés dans les camelotes d’équipements électroménagers. Puis ils sont tombés directement dans les beignets-haricot et ensuite dans la prostitution. Puis ils ont commencé à nous embobiner avec leurs produits moins chers, à pratiquer l’agriculture et à se lancer dans la santé publique, les matières premières et régulièrement dans les travaux publics.

Et voilà maintenant qu’ils veulent aussi nous envahir avec leurs poupées chinoises !

 

Ecclésiaste DEUDJUI, j’attends ma poupée

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WhatsApp au Cameroun, ça chauffe dans les inbox !

J’ai un groupe sur WhatsApp qui s’appelle aussi « Les Camerounaiseries », comme celui que j’avais créé sur Facebook. Mais sur WhatsApp, les gens ne parlent pas trop de la désorganisation qu’il y a dans le concours de Miss Cameroun. Généralement, les gens ne parlent pas de la politique. Les gens du groupe sont surtout là pour regarder les profils des jolies filles qui sont connectées, et pour aller les baratiner en…


Comment habiter chez un Camerounais sans le fatiguer ?

Pendant les vacances de l’année 2016, un ami est venu squatter chez moi parce qu’il avait rencontré quelques difficultés. Le premier jour il m’a dit « Ecclésiaste, je vais rentrer demain mercredi ». Puis le mercredi il m’a dit que « ça te gênerait que je reste chez toi jusqu’à ce dimanche soir ? » et je lui avais répondu « non », évidemment.

Mais je l’ai fait partir le lundi matin parce qu’il n’a pas su comment on peut cohabiter avec un Camerounais sans le fatiguer…

 

dessin individu regarde télévision
Il ne faut pas seulement regarder la télévision. Dessin: CHRIB /image réutilisée avec l’aimable autorisation de l’auteur

 

Règle N°1 : Il faut participer aux tâches ménagères

Mon ami dont je vous parle, il n’a jamais participé aux tâches de la maison. Pourtant c’est bien connu que quand tu viens quémander l’asile politique dans le domicile d’un tiers Camerounais, eh bien il faudrait quand même que tu mettes un peu la main à la pâte !

Alors que quand moi je me levais et que lui il dormait encore, j’étais parfois obligé d’attendre que le bon monsieur se réveillât afin que je puisse –enfin ! – dresser mon matelas. Parfois quand je lui disais que je partais faire la lessive, le salopard faisait jusqu’à il ajoutait même ses pantalons déchirés sur mes propres vêtements sales. Parfois quand j’appelais ma cousine qui vit à PK14 pour venir m’aider à faire le nettoyage, mon type se permettait même de la baratiner devant moi (mince alors !). Et il la baratinait comme ça en jouant-lui ses mots-fléchés hein, et pourtant nous on cherchait une troisième personne qui allait pouvoir nous aider à faire déplacer le congélateur…

 

Règle N°2 : Il faut participer aux charges financières

Même si tu ne participes pas aux tâches ménagères parce que tu préfères plutôt t’amuser avec la télécommande, ça peut se compenser digérer si tu participes quand même un peu aux charges financières. Parce que vrai-vrai hein, il y a des gens ici que, quand ils viennent pour squatter dans ton appartement ou bien dans ta chambrette, ils ne regardent même pas un peu les factures qui traînaillent là-bas au bas de votre fenêtre (je n’ai pas dit de payer hein, mais je dis qu’ils ne font même pas un peu semblant de vouloir regarder ces factures)…

Alors que normalement, quand tu décides d’habiter chez quelqu’un de façon provisoire, il faudrait parfois acheter quelques yaourts à ses petits enfants. Il ne faut pas seulement penser à venir vider son réfrigérateur, mais il faudrait aussi le remplir par surprise. Il faut montrer à la personne qui t’héberge que « Je ne suis pas un parasite chez toi hein ! » Et lui faire comprendre que si tu n’avais pas rencontré ces difficultés qui t’ont mis à genoux, tu n’allais jamais te retrouver sous son toit en train de te discuter quelques plats de nourriture avec sa nièce.

 

homme noir vaisselle assiettes
Il faut participer aux tâches ménagères. Crédit photo: Adolph Tomasino /CC0, image utilisée avec l’aimable autorisation de son auteur

 

Règle N°3 : Il faut savoir se rendre invisible

Je crois même que ça c’est le point focal. Ça veut dire que si tu habites chez un Camerounais de façon temporaire ou même pour l’éternité, il faudra toujours t’arranger de façon à te rendre complètement in-vi-si-ble !

Même si tu sors pour aller vadrouiller mais pourvu que tu reviennes très tard dans la soirée, tu auras déjà marqué un très grand pas ! Même si tu traînes dans les carrefours (pas le supermarché hein) pour aller taper les commentaires avec les parieurs-chômeurs du quartier qui n’ont rien à faire, ce sera fondamental ! Parce que si moi j’héberge quelqu’un chez moi et que je le vois devant mes yeux le matin, à midi et le soir avant de me coucher, eh bien il va très-très vite me fatiguer ! Je n’aurai même plus l’impression que c’était mon meilleur ami auparavant. Je vais commencer à le trouver envahissant, indisposant et gênant. Je vais même me substituer à sa grand-mère pour lui demander que « Je demande hein, Pierre La Paix Ndamè ! Tu n’avais pas prévu d’aller visiter ton grand-père à Dibombari ? »

 

Règle N°4 : Il faut toujours donner sa date de départ

Ceci est la conséquence logique de la règle N°3. Puisque quand tu disparais le matin pour chercher à te rendre invisible, il faut bien que tu rentres le soir pour nous dresser le compte-rendu de toutes tes (dé)marches. Mais attention ! Ce compte-rendu-là doit absolument nous renseigner sur la nouvelle date de ton départ…

C’est un peu ce qui s’était passé avec mon ami le deuxième jour. Puisque quand il était rentré le mercredi soir fatigué, il m’avait directement annoncé que son voyage pour le Congo avait été reporté. Puis il a mis ses deux mains sur les hanches, il m’a regardé fixement et il m’a demandé : « Ça te gênerait que je reste chez toi jusqu’à ce dimanche soir ? » Et je lui avais répondu que « non », évidemment.

Mais après ça il ne sortait plus beaucoup, il ne participait jamais aux tâches ménagères ni financières de la maison, et il commençait déjà à s’installer progressivement dans ma petite garçonnière. Il a même commencé à me faire comprendre qu’il ne maîtrisait plus précisément la nouvelle date de son voyage hypothétique…

 

homme Noir couché en bas du bureau
Il faut se rendre le plus invisible possible. Source: Facebook.com /CC0

 

Comment habiter chez un Camerounais sans même se déranger ?

Et donc si je bavarde comme ça, c’est parce que moi aussi j’ai déjà habité chez quelques Camerounais et chez quelques Camerounaises : à Sangmélima on m’avait chassé, à Yaoundé on m’a expulsé, et même ici à Douala j’ai un ami qui m’avait régulièrement foutu à la porte ! …

 

Sans te fatiguer, il faut que tu apportes de la bonne humeur dans la maison où on te loge.

Sans fatiguer tes hôtes, il faudrait que toi-même tu sois un hôte de bonne éducation, et que tu ne vives pas dans cette maison-là comme si tu étais un espion ou alors un voyeur.

Si tu veux habiter chez un Camerounais sans même te fatiguer et sans le turlupiner (même si tu es son épouse), il faudrait quand même que tu apprennes un peu à corriger tes sales caractères.

 

Parce que si tu es un ronfleur comme mon ancien meilleur ami, ce ne serait vraiment pas une très bonne chose. Si tu amènes souvent les prostituées à la maison alors que tu n’es même pas dans ton domicile, ce serait vraiment très exaspérant et très désespérant. Si tu passes toujours ton temps à rentrer soûl et à venir perturber les gens avec tes odeurs de cigarettes, on n’aura même plus envie de te supporter là-bas jusqu’à la semaine prochaine.

Et on risque même de te chasser le lundi matin comme un malpropre, parce que tu manges comme un éléphant alors que tu n’as jamais regardé les factures que le bailleur venait souvent déposer là-bas au bas de votre fenêtre…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne fatigue personne

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Est-ce que je suis un garçon ou alors une fille ?

C’est très facile de me regarder et de dire que « Ecclésiaste est un garçon ! ». c’est très facile de dire « Pierre La Paix est un garçon ! » ou « La Miss du Cameroun est une fille ! »

Mais laissez-moi vous expliquer qu’en réalité ce n’est pas aussi facile que cela en a l’air…

 

50% d'hommes et de femmes sur notre planète
Il y a presque autant d’hommes que de femmes sur notre planète. Source: medium.com. /CC0, image totalement libre de droits

 

Je suis un garçon social

Les gens disent que je suis un garçon parce que j’ai l’habitude de regarder des matchs de football et aussi de porter des pantalons. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que je m’habille et me comporte de cette façon parce que j’avais déjà été pré-conditionné dès le bas-âge…

Puisque dans notre société, le sexe de l’enfant va doit automatiquement conditionner son genre.

Et c’est pour ça que si tu viens au monde avec le bangala, tes parents vont immédiatement te masculiniser. Ils vont directement te passionner pour les disciplines mécaniques par exemple. Mais si tu viens au monde avec le sexe féminin, ils vont plutôt te faire des tresses, ils vont t’acheter des poupées Barbie, ils vont faire la broderie avec toi et c’est comme cela que tu vas grandir en étant persuadée que tu étais déjà une fille…

 

Je suis un garçon hormonal

Heureusement que je suis un garçon à la base ! Car non seulement je regarde les matchs de football du PSG, mais en plus je suis rempli de testostérone qui m’a doté des caractères sexuels secondaires comme la voix grave, le gros ventre, les poils sur le torse, la barbe drue, etc.

Je suis aussi un garçon génial génital parce que mon appareil reproducteur reproduit parfaitement des spermatozoïdes en quantité. Je suis donc un garçon testiculaire. Je suis un garçon chromosomique puisque je possède à la fois des chromosomes X et des chromosomes Y. Je suis un garçon génétique et héréditaire, puisque mon physique actuel (1,73m pour 75 Kg) est dû au gène SRY qui est un gène qui déclenche le développement morphologique et osseux de tous les individus qui sont biologiquement issus de la condition masculine…

 

deux poupées Barbie
La société pousse les petites filles à jouer avec des poupées. Crédit photo: Alexas Fotos /pixabay.com CC0

 

Au commencement j’étais neutre !

Ce qu’il faut savoir, c’est que le sexe d’un individu va toujours dépendre, indépendamment de toute volonté,  des spermatozoïdes de son papa et non pas de l’ovule de sa maman (encore une histoire de chromosomes, qui sont de types identiques chez la femme : XX, et non pas XY comme chez l’homme !). Il faut aussi savoir qu’on accouche un peu plus de garçons que de filles sur toute l’étendue de notre planète (51% contre 49%). Mais les gens ont l’impression que les femmes sont plus nombreuses que les hommes parce que nous on meurt dans les guerres, dans les accidents de travail, dans les prisons libyennes, dans les alcools et aussi… dans les AVC qu’il y a dans le mariage !

Au commencement j’étais neutre ! Tout comme les filles d’ailleurs…  En apparence, nous n’étions pas différents ! Pendant trois mois après la fécondation, les organes génitaux du garçon et de la fille sont totalement identiques, ce n’est qu’après ces douze semaines que les deux sexes se dessinent. La testostérone, qui détermine le masculin, commence à faire ses effets, c’est à partir de là que les organes sexuels masculins  (la prostate et le pénis) commencent à se manifester. On pourra donc bientôt apercevoir avec évidence le sexe masculin (qui est externe) sur les échographies…

 

Je suis un hétérosexuel

Je dis ceci parce que je suis un garçon et que je suis exclusivement attiré par des femmes. Mais… Il y a des femmes qui m’ont séduit mais qui pourtant étaient des hommes à l’intérieur ! Il y a des hommes qui m’ont dragué mais qui pourtant étaient des femmes à l’intérieur ! Il y a des personnes qui ne sont ni des hommes ni des femmes dans leur esprit, ou alors qui se retrouvent dans les deux personnalités à la fois… Que faire ?

Je suis un hétérosexuel parce que les gens disent que je suis un garçon et qu’ils attendent que je me mette en couple avec une personne dont ils diraient qu’elle est une femme. Mais j’aurais très bien pu être un transgenre (un homme qui est dans le corps d’une femme ou alors une femme qui est coincée dans le corps d’un homme). J’aurais bien pu devenir un travesti (un individu qui se comporte et qui s’habille comme dans le sexe opposé). J’aurais bien pu naître intersexuel (un hermaphrodite qui possède les deux sexes à la fois) ou alors devenir un transsexuel qui a remplacé son sexe d’origine à partir d’une opération chirurgicale.

J’aurais même pu devenir un homosexuel, et pourtant personne n’allait venir me voir pour me demander si en réalité j’étais un garçon ou alors si je me considérais plutôt comme une fille…

 

deux homosexuels qui courent sous la bannière gay
Dans les couples homosexuel(le)s, s’agit-il de personnes qui se considèrent comme deux hommes, comme deux femmes, ou comme un homme et une femme ? Crédit photo: Alexas Fotos /pixabay.com CC0

 

Est-ce que je suis un garçon ou alors est-ce que je suis une femme ?

Donc comme je disais, c’est très facile de me croiser en route et de dire que « Ecclésiaste Deudjui est un garçon ! », « Jacques infâme Ndongo est un monsieur », « Charlotte Dipanda est une demoiselle ! »

Et pourtant ce n’est pas aussi facile que vous vous imaginez…

Est-ce que je suis un garçon ? Je pleure souvent quand je suis seul, j’écoute beaucoup la musique douce, j’aime passer du temps avec les enfants et j’ai une fascination pour la coiffure et pour les fleurs.

Est-ce que je suis une fille ? Je suis un peu dur de caractère, je suis un fan des combats de boxe, je ne sais pas faire la cuisine et je n’aime pas du tout regarder les séries brésiliennes.

Est-ce que je suis un garçon ou alors une fille ? Hein ? Est-ce que vous-mêmes vous êtes un garçon ou alors vous êtes une femme ?

 

Parce que dans la société camerounaise, les gens se basent encore exclusivement sur les apparences physiologiques pour déterminer la sexualité de certains individus. Les gens sont très condescendants envers les personnes mâles qui leur paraissent efféminées. Les gens sont très moqueurs envers les filles qui ont l’air de « garçons manqués » et qui d’ailleurs sont devenues des footballeuses.

Les Camerounais ne connaissent pas encore la différence qu’il existe entre le « sexe » et le « genre », et c’est pour ça qu’ils sont des homophobes discriminateurs qui n’ont même pas encore compris que la sexualité ne devrait plus se résumer à la génitalité…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je suis un garçon

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Pourvu que 2018 ne soit pas comme 2017 au Cameroun…

À l’orée de la nouvelle année qui commence, je n’ai pas vraiment envie de vous présenter mes vœux. Mais j’espère quand même que 2018 ne sera pas comme l’année 2017 qui vient de s’achever ici au Cameroun…

 

2018
Je vous souhaite une excellente année 2018. Crédit photo: Andrew-art /pixabay.com CC0

 

Pourvu qu’on ne nous prenne plus pour des idiots

Pourvu qu’on ne nous distribue plus des ordinateurs aussi ridicules ! Et que sans vergogne, un soi-disant professeur d’université vienne se placer devant les caméras, et qu’il déclare en mondovision que « 32 gigas, ça équivaut à 500 gigas dans l’ancienne technologie » (sic).

Pourvu que nos dirigeants ne prennent plus des décisions aussi stupidissimes ! Comme par exemple la fermeture injustifiée de Général Express et ensuite sa réouverture anticipée. Comme de laisser multiplier les supermarchés étrangers qui vont nous apporter les maladies à cause de leurs produits biochimiques. Comme de falsifier les résultats de nos concours administratifs, jusqu’à ce qu’un mort s’en retrouve même major (devant Junior et Brenda Biya) lors de la dernière publication des admissibilités de l’ENAM…

 

Pourvu que nos vies soient dorénavant respectées

Parce que pour vous dire vrai hein, notre vie ici ne compte pas ! Même si tu es un génie, même si tu es sportif comme Zacharie Noah ou musicien comme Lisa T. et Mbarga Soukous, qui nous ont quittés en 2017, ta vie ici ne comptera plus après dès l’annonce de ta disparition…

Même si tu t’appelais Benjamin Massing ! Car le 10 décembre dernier, on a vu comment ce héros n’a même pas bénéficié de soixante secondes de silence en sa mémoire, alors qu’il est mort le dimanche matin et que la finale de la Coupe du Cameroun devait se jouer dans l’après-midi… Tsuip !

Depuis 2014, les Camerounais n’ont jamais rendu hommage aux civils qui meurent tous les jours à l’Extrême-Nord à cause de Boko Haram. Ils ne se préoccupent même pas des innocents qui sont décédés dans le Nord-Ouest et dans le Sud-Ouest à cause de la crise anglophone. Ils sont là ils connaissent seulement organiser de grosses funérailles pour se pavaner et se faire voir, mais personne ici ne va vous respecter si jamais vous veniez à disparaître en 2018.

 

trois jeunes rebelles
En 2017, la crise anglophone s’est transformée en mouvement sécessionniste. Source: Facebook.com /CC

 

Pourvu qu’on arrête avec les faits divers

Il y a eu trop de faits divers superfétatoires en 2017 : Parfait Ayissi contre Bonita, Sosthène Fouda contre Vision 4, Longuè Longuè contre (Tchop Tchop + Lady Ponce + Fingon Tralala), etc.

Il y a aussi eu Orange Cameroun qui a été correctement secouée par Camtel. Il y a eu l’Américain Patrice Nganang qui a insulté Paul Biya jusqu’à ce qu’on l’arrête avant de le réexpulser vers les États-Unis. Il y a eu l’affaire de l’amputation de Bello Ibrahim à Ombessa. Il y a eu la tragédie de l’évêque de Bafia qui se serait « suicidé » contre son propre gré. Il y a eu l’homosexualité présumée de Charlotte Dipanda. Il y a eu la bastonnade infligée à Maahlox.

Mais ce qui devient vraiment préoccupant, c’est la banalisation des actes de violence ! Puisqu’on a vu un type qui est quitté de la Suisse pour venir assassiner ses trois enfants à Nkondengui. On a aussi vu des gendarmes de la promotion 2015 qui sont devenus sérieusement nerveux, et qui tirent à balles réelles sur tout ce qui bouge (en particulier sur leurs supérieurs, sur leurs concubines et sur les éventuels témoins oculaires)…

 

Pourvu qu’on devienne sérieux avec le divertissement

Le divertissement ne veut pas dire l’amusement. Puisque dans les pays sérieux, c’est même devenu une véritable industrie. Alors je ne comprends pas pourquoi nos Miss ne sont jamais belles alors que les Camerounaises sont les plus jolies femmes du monde ! Je ne comprends pas pourquoi on a encore créé la Sonacam, alors qu’il existait déjà plusieurs sociétés qui s’occupaient des droits d’auteur… Tsuip !

Bref hein, c’est la même gabegie qui sévit également dans le milieu du sport. Et c’est pour ça que la Fifa a dissout la Fécafoot pour mettre sur pied un énième comité de normalisation pour notre football. On a remporté la Coupe d’Afrique 2017 par pur hasard. On a été ridiculisés pendant la Coupe des confédérations. On n’a pas pu se qualifier pour la prochaine Coupe du monde et Hugo Broos a été licencié. Le président de la CAF s’est même mis en colère, jusqu’à ce qu’il promette de nous retirer l’organisation de la Coupe d’Afrique de 2019.

 

Parfait Ayissi sur Vision 4
Parfait Ayissi a été vilipendé sur les réseaux sociaux pour une affaire de moeurs présumée. Capture: Ecclésiaste Deudjui /CC0

 

Pourvu que 2018 ne soit pas comme l’année 2017 ici au Cameroun

Donc très sincèrement, je n’ai pas vraiment envie de vous présenter mes meilleurs vœux. Mais si je devais souhaiter quelque chose, c’est juste que 2018 ne ressemble plus à l’année 2017 qui vient de se terminer ici au Cameroun…

 

Pourvu que les ordures disparaissent en 2018 ! Puisque depuis quelques temps, on a remarqué que nos carrefours sont remplis d’immondices parce que la société de salubrité a des difficultés de gestion.

Pourvu que les incendies s’éteignent en 2018 ! Car outre l’Assemblée Nationale qui a pris feu le 16 novembre dernier, il y a aussi beaucoup de marchés et beaucoup de domiciles qui sont partis en fumée en 2017.

Pourvu que les Camerounais s’inscrivent massivement sur les listes électorales en 2018 comme Pierre La Paix Ndamè, puisque c’est la seule manière de participer à notre destin.

 

C’est la seule façon pour que notre jeunesse trouve enfin son mot à dire. C’est le seul moyen pour que nous puissions fabriquer de nouveaux Cabral Libii. C’est la seule solution si nous voulons vraiment transformer notre pays, puisque ce n’est pas en vociférant sur les réseaux sociaux que nous allons empêcher à nos enfants désespérés de se diriger là-bas vers la Libye.

Mais si on ne fait rien au contraire, je vous assure, j’ai bien peur que 2018 ne soit la copie crachée de l’année 2017 que nous venons miraculeusement de traverser ici au Cameroun…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, meilleurs vœux pour 2018

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Mon hit-parade des blogueurs camerounais en 2017

Je sais que je vais me faire quelques ennemis à l’issue de la publication de ce hit-parade. Mais il me fallait rendre hommage à ces nombreux blogueurs camerounais qui m’ont marqué en 2017…

 

un dîner entre l'ONU et les blogueurs camerounais
J’ai la chance de côtoyer souvent plusieurs blogueurs camerounais. Crédit photo: René Jackson /CC-BY

 

Atome Le Rapopraticien

Son blog s’appelle « Voilà-moi ! ». Enfin, son blog commercial. Puisqu’il détient un autre blog qui s’appelle « Enfant de Mambanda », mais celui-là n’intéresse pas les gens puisque ça ne concerne pas le kongossa sur nos célébrités…

Bref, Atome le Rapopraticien est un avant-gardiste et je n’ai pas vraiment peur de le dire. Car malgré son jeune âge (si, si, c’est un enfant), il m’impressionne parce qu’il a développé un sens aigu du marketing, du branding, de l’entrepreneuriat, de la communication digitale, bref, du show-business ! Et ce qui m’étonne c’est la capacité qu’il a eue de fédérer toute une équipe autour de lui son projet. Et ce qui me plaît c’est qu’il s’amuse à la provocation dans ses articles et qu’il l’assume. Et ce qui m’a séduit c’est qu’il est généralement assez pertinent –même quand il a tort !– dans ses analyses musicales. Et ce qui me fait prendre le risque de le classer dans mon hit-parade alors que je suis généralement un garçon assez difficile, c’est parce que Youdjeu Alain est demeuré un blogueur qui possède encore les valeurs de la modestie mais également aussi celles du respect…

 

Ecclésiaste Deudjui et Atome
Moi (à gauche) en compagnie du blogueur Atome. crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Minette Lontsie

Son blog s’appelle « Le Mobile Au Kamer ». Et même si je le visitais déjà depuis quelques années, j’étais loin de m’imaginer que ce blog était une véritable mine d’or !

Et je soupèse mes mots. Parce que Minette Lontsie, au-delà de sa timidité et de sa pudeur apparentes, est une véritable spécialiste du paysage télécommunicationnel de notre pays. C’est sur son blog que j’ai appris par exemple que Camtel dispose du meilleur débit de connexion Internet au Cameroun. C’est sur son blog que j’ai découvert la plupart des codes USSD de tous nos opérateurs. C’est sur son blog que j’ai appris à utiliser Orange Money et MoMo à bon escient (je sais, les panthères n’avaient pas besoin de son blog), et c’est sur lui que je me réfère également pour vérifier que je ne me suis pas fait embobiner par les différentes « promotions » sur la data…

Bref, c’est une mine(tte) d’or. Surtout que cette fille-là écrit bien, elle est didactique, elle effectue des tests au préalable, elle donne des conseils de grand-mère, elle renseigne, elle donne les prix des articles et elle effectue des comparaisons avec les autres prestataires, etc, etc.

 

Minette Lontsie à l'IFC Douala
Minette Lontsie qui présente son blog à l’IFC de Douala. Crédit photo: Didier Ndengue /CC-BY

 

Didier Ndengue et Carole Leuwé

J’ai hésité entre les deux parce que ce sont deux blogueurs légèrement différents. Et aussi parce que Didier Ndengue est mon vice-président au sein de notre association et donc il pouvait me sanctionner

Non, sérieusement, j’ai franchement hésité entre ces deux activistes. Parce que Didier Ndengue est très prolixe, il est Camerounais et il blogue de temps en temps au sein de l’IFC, mais aussi parce que c’est un auteur qui est capable de faire un billet sur presque tous les sujets (c’est pour ça que son blog n’a pas de thème). Tandis que Carole Leuwé est notre Mama Culture & Traditions, puisqu’elle ne fait pas de distinguo ni de différenciation entre les Arts. Elle écrit pour plusieurs médias et magazines, mais son blog principal c’est « Vision Artistik » même si c’est vrai qu’elle a un autre blog qui s’appelle « Happy Health 237 » et qu’elle avait exclusivement consacré à la santé…

Bref, tous les deux sont des journalistes. Les deux se sont engagés pour des causes sociales. Les deux m’ont déjà reçu à leur radio. Les deux écrivent toujours avec passion. Les deux méritaient de figurer dans mon hit-parade des blogueurs camerounais qui m’ont marqué ici en 2017 !

 

La blogueuse Carole Leuwé
Carole Leuwé est un personnage très respecté dans le milieu des blogueurs camerounais. Source: Voices /CC0

 

Fabrice Larry Nouanga

En réalité hein, il s’appelle Fabrice Hervé Nouanga. Mais comme il voulait séduire certaines de ses lectrices, voilà pourquoi il s’est fabriqué le pseudonyme Larry…

Son blog s’appelle « Les MboAttitudes » (je sais, ça ne veut rien dire). Mais lui il m’a expliqué qu’il voulait passer au scanner les attitudes de notre Mboa. Et pour l’instant, il se débrouille plutôt pas mal. Surtout que si vous êtes ami(e) avec lui sur Facebook, vous aurez remarqué que chaque lundi, comme tous les lundis, il va vous annoncer sa chronique salée et parfois pimentée sur RFI-Mondoblog, et qu’il va la publier le mardi qui va suivre.

Ses thèmes de prédilection sont simples : le concubinage, la pauvreté, les gigolos, les mbenguistes, les Camerounaises préfabriquées, la langue française, le sexe, la longévité de Paul Biya, les Facebookeuses, la bière, etc.

 

Les blogueurs Fabrice Nouanga, Anna Keds, Mérimé Wilson et Tchakounté Kemayou
Fabrice Nouanga (au centre) en discussion avec Anna Kedi Siane (de dos), Mérimé Wilson (souriant) et Tchakounté Kemayou. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Voici mon coup de cœur des blogueurs camerounais en 2017

Donc même si je sais que Pierre La Paix va me maudire parce que son nom n’a pas figuré dans ce hit-parade, il fallait absolument que je l’établisse. Il fallait que je dise combien je suis admiratif de ces blogueurs camerounais qui m’ont marqué ici en 2017…

 

Il y a eu Elodie Crescence Nguimbus Nonga. Car non seulement c’est une blogueuse charismatique et une entrepreneuse, mais j’ai bien aimé la nouvelle orientation qu’elle venait récemment de consacrer à son blog.

Il y a eu Tchakounté Kemayou. Ce blogueur est un sociologue hors-pair. C’est un comportementaliste de génie. Et même si ses articles sont parfois plus longs que la Bible de Jérusalem, je pense que vous ne lui donnez pas encore suffisamment de reconnaissance.

Il y a eu Aurèle Simo, Henri Lotin et Ulrich D’Pola. Car même si leurs blogs sont différents, le point commun c’est qu’ils sont pédagogiques, éducatifs et surtout très inspirants et très motivateurs pour notre jeunesse.

 

Et si je pouvais encore continuer, j’allais vous parler de Mathias Mouendé Ngamo et de son blog sur la protection notre environnement. J’allais vous parler de Mérimé Wilson et de ses entretiens avec les CEOs. J’allais vous parler des « Mapanes » de Frank William Batchou. J’allais vous casser les oreilles avec Christine Djafa, Fotso Fonkam, Jean-Éric Bitang ou encore Dania Ebonguè (c’est un homme) et Junior Haussin.

Parce que comme me disait Salma Amadore hein, il y a tellement de bons blogueurs au Cameroun que ça ne valait même pas la peine que je commence à vouloir les énumérer ici…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, joyeux Noël et bonne année

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Au secours, les Camerounaises me poursuivent à cause des fêtes

Depuis que le 1er décembre a sonné, il y a plein de filles qui me téléphonent pour me demander que « Bonjour mon chéri, comment tu vas ? » Et pourtant elles m’avaient déjà abandonné hein ! Mais je pense que c’est à cause des fêtes que beaucoup de Camerounaises ont récemment recommencé à me poursuivre…

 

arbre de Noël
Les fêtes de fin d’année sont déjà là. Source: pixnio.com / CC0

 

Il y a mes ex qui veulent revenir

Depuis que le 1er décembre a sonné, j’ai déjà repris contact avec une dizaine de mes ex ! Pas parce que je les regrette hein, mais c’est parce qu’elles m’envoient me saturent avec des SMS du genre « Bonjour mon chéri coco, tu es même où depuis ? »

Malchance ! Est-ce que j’avais voyagé ? Est-ce que j’ai déménagé ? Est-ce que j’ai même d’abord changé mon numéro de téléphone pour commencer ? Parce que quand tes ex veulent revenir vers toi parce que c’est déjà la période des fêtes de Noël, elles utilisent des prétextes ridicules ! Elles sont même prêtes à te mentir qu’elles avaient attrapé la malaria, et qu’elles ont disparu parce qu’il y a un crocodile qui avait avalé leur SIM 4G et que c’est pour cela qu’elles ne te contactaient même plus à travers les réseaux sociaux…

 

Il y a les filles que je draguais auparavant mais qui me baratinent dorénavant

Il y a des filles qui me prenaient à la légère en février mais qui me prennent au sérieux depuis le 1er décembre. Malchance ! Est-ce que c’est simple ? Surtout que parmi toutes ces filles que je baratinais et qui m’envoyaient au répondeur, il y en a qui me demandent carrément que « Tu as prévu quoi pour les fêtes ? », « Tu seras où ? », « Tu vas me garder quoi ? »

Ahn bon hein ! Donc c’est pour ça que vous m’avez recontacté ?

Puisque dans l’ordre naturel des choses camerounaises, c’est toujours l’homme qui doit courir ramper vers la femme. Mais je ne comprends pas pourquoi à l’approche de ces fêtes, toutes les femmes que j’avais draguées et qui m’avaient barré sont dorénavant en train de me baratiner…

 

bisou entre schtroumfs
Les Camerounaises tombent rapidement « amoureuses » durant cette période. Dessin: Peyo / CC-BY

 

Il y a des filles qui me font les appels de balle

Même dans la rue c’est devenu grave ! Tu siffles une fille au marché, elle te file son numéro de téléphone. Tu fais un clin d’œil à une inconnue qui est sur la moto, elle s’arrête et elle te demande de venir lui faire un bisou. Tu tapes les fesses d’une serveuse dans un bar, et elle te répond avec un large sourire. Tu souffles à ta voisine « Bonjour », et elle commence à te raconter sa vie privée puis elle enchaîne en te demandant si tu voudrais bien devenir son petit ami… Tsuip !

Depuis le vendredi 1er décembre, il y a plein de femmes qui m’ont déjà lancé les appels de balle. Il y a les call-boxeuses, les étudiantes, les boulangères, les vendeuses de beignet-haricot. Il y a certaines de mes collègues. Il y a quelques adolescentes que je ne remarquais même pas dans mon quartier, et il y a aussi trois filles que j’avais sifflées au hasard mais qui étaient venues curieusement me communiquer calmement leurs numéros de téléphone…

 

Il y a les conversations sur WhatsApp

Est-ce que je pouvais parler des Camerounaises sans parler de WhatsApp ? Hein, Pierre La Paix Ndamè ! Est-ce qu’on peut encore parler de drague et de baratinage au Cameroun sans mentionner les réseaux sociaux ? Hein ?

Parce que depuis que décembre a commencé, toutes mes messageries sont saturées ! Il y a des filles qui me répondent dorénavant en inbox alors que je les avais contactées depuis le lundi 17 avril ! Il y a des correspondantes à Yaoundé qui m’appellent déjà « Béé’é », « Chou », « Mon cœur » alors qu’on ne s’est même pas encore rencontrés hein ! Il y a même une fille qui m’a écrit l’autre jour parce que nous sommes dans un même groupe pornographique de partouze, et elle a commencé en me disant directement que « Comment allez-vous ? Moi je vis à Douala. Est-ce qu’on pourrait se rencontrer les 24 et 25 décembre ? »

 

conversation WhatsApp avec les Camerounaises
Les conversations sur WhatsApp sont devenues plus directes. Source: Facebook.com / CC

 

Au secours, les Camerounaises me pourchassent à cause des fêtes

Donc depuis que le 1er décembre avait sonné, il y a plein de filles qui me téléphonent déjà pour me demander que « Bonjour mon chéri Ecclé, comment tu vas mon amour ? » Et pourtant elles m’avaient déjà jeté au frigo hein ! Mais je pense que c’est à cause de la fête que toutes ces araignées-là ont recommencé à me poursuivre…

 

Au secours, les filles auront besoin des mèches brésiliennes, des jouets pour leurs enfants et des robes de soirée pour les festivités de la Saint-Sylvestre.

Au secours, les filles auront envie de bien manger, de bien danser et aussi de bien avaler le vin et les bières.

Au secours, au secours, les femmes d’ici me poursuivent déjà trop à cause de la fin d’année.

 

Parce que depuis que le monde est monde et que le Cameroun est devenu le Cameroun, les panthères sont devenues très faciles pendant la période du mois de décembre. Elles deviennent subitement très gentilles, accessibles, tolérantes et parfois compréhensives. Elles deviennent aussi serviables. Elles apprennent même souvent à faire le premier pas, mais c’est aussi comme ça qu’elles vont disparaître dès le 2ème jour du mois de janvier 2018.

Et c’est exactement pour ça que je veux que les Cameruineuses arrêtent de me poursuivre…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne poursuis personne

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Patrice Nganang n’avait pas le droit de s’attaquer à Paul Biya…

Quel que soit ce qu’un dirigeant ait pu faire ou encore quelle que soit sa durée au pouvoir, Patrice Nganang n’avait pas le droit de s’attaquer personnellement à Paul Biya. Et pire encore, il n’avait pas le droit de déclarer publiquement qu’il était déjà prêt à vouloir l’assassiner.

 

les publications de Patrice Nganang sur Facebook
Depuis plusieurs mois, Patrice Nganang multiplie des posts dans lesquels il s’en prend nommément à la famille présidentielle. Source: facebook.com / CC

 

Le rappel des faits

Dans la soirée du mercredi 6 décembre 2017, Patrice Nganang a été interpellé à l’aéroport de Douala alors qu’il s’apprêtait à retrouver sa famille au Zimbabwe. Et avec ses deux passeports, des agents l’ont conduit à la Direction du SED (Secrétariat d’État à la Défense) et ensuite à la Police Judiciaire de Yaoundé.

Bref, on lui reproche(rait) la tribune qu’il a publiée dans Jeune Afrique et dans laquelle il avait déclaré, je cite, « Seul le changement au sommet de l’État peut régler le conflit anglophone au Cameroun » (sic). Mais ce qui me paraît plus réprimandable, ce sont ses nombreuses publications provocations sur Facebook depuis déjà plusieurs semaines. Comme le 3 décembre 2017 à 19h27, où il s’en est violemment pris à notre chef de l’État en disant que « Si je l’attrape un jour devant moi, lui Paul Biya, je vais lui planter une balle dans la tête ! » (je paraphrase).

 

Qui est Patrice Nganang ?

Pour ceux qui ne le connaissent pas, parce qu’il n’est ni un footballeur, ni un musicien et ni un « détourneur » de fonds publics, Alain Patrice Nganang est un excellentissime écrivain bagangté qui est né le 17 mars 1970. Je l’avais découvert dans son roman « Temps de chien », mais ensuite j’ai aussi lu « La promesse des fleurs », « Mont plaisant », ses poésies, ses chroniques, ses tribunes, etc.

Alain Patrice Nganang enseigne la littérature aux États-Unis et c’est un esthète. Il a notamment remporté le Grand Prix littéraire d’Afrique noire en 2003 et le Prix littéraire Marguerite Yourcenar en 2001. Mais c’est récemment, en 2007 qu’il s’est vraiment lancé dans l’activisme et dans les revendications socio-politiques, avec pour principal adversaire ennemi un type qui est assis à Etoudi depuis 1982 et qui se fait appeler monsieur Paul Biya !

 

Une affiche réclamant la libération de Patrice Nganang
Plusieurs internautes sont mobilisés pour réclamer la libération de Patrice Nganang. Source: Facebook.com / CC

 

Le contexte actuel ne s’y prête pas

Même si je suis un grand fanatique de Patrice Nganang depuis bientôt une décennie, je pense que le contexte actuel ne se prête pas aux attaques proférées envers notre président. Parce que non seulement nous avons Boko Haram qui nous perturbe encore là-bas à l’Extrême-Nord, mais il y a aussi la guérilla centrafricaine qui nous mobilise énormément dans la Région de l’Est. Et si en plus de ça il y a la crise « dite » anglophone qui ne fait que se métamorphoser en organisation terroriste, je pense que le moment est très-très mal choisi pour penser à assassiner notre Président de la République (même si c’est en hypothèse).

Parce que quoi qu’on dise hein, la priorité doit toujours revenir à la Sécurité Nationale. La priorité doit être accordée à la Paix. La priorité doit rester de maintenir l’Ordre Public coûte que coûte ! Parce que s’il y a la guerre aujourd’hui dans notre Cameroun, ce sont les gens qui l’ont provoquée qui seront sûrement les premiers à partir se réfugier là-bas à l’étranger…

 

On ne badine pas avec la mort

Même si tu n’es pas d’accord avec Paul Biya comme moi-même, je le critique souvent assez régulièrement dans mes articles, est-ce que c’est alors une raison pour vouloir lui mettre une balle dans la tête ? Hein, Patrice Nganang ? Est-ce que les idées politiques devraient se combattre en utilisant des armes à feu ? Est-ce que tu voudrais vraiment que nous retournions à l’époque de la barbarie ?

Parce que même si c’est vrai que Paul Biya est déjà déphasé et que sa longévité est vraiment devenue un goulot d’étranglement, on peut encore lui demander calmement de se retirer. On peut encore tranquillement discuter avec lui. On peut encore le battre lors des prochaines élections présidentielles de 2018. Mais quoi qu’il arrive, on n’a pas le droit de déclarer publiquement qu’on est déjà prêt à vouloir assassiner un chef de l’État !

 

le roman Lapromesse des fleurs de Patrice Nganang
La Promesse des fleurs, l’un des romans que j’ai lus de Patrice Nganang. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui / CC-BY

 

Patrice Nganang n’avait pas le droit de vouloir assassiner Paul Biya…

Donc même si c’était une figure de style ou alors une hypothèse irréalisable comme il l’aurait déclaré à la Police, Patrice Nganang n’avait pas le droit de publier ce genre de chose. Il n’avait même pas le droit de dire qu’il était déjà prêt à vouloir assassiner n’importe quel citoyen camerounais…

 

Patrice Nganang n’avait pas le droit ! De se moquer des militaires, de réduire les gendarmes à une bouteille de bière et de se ficher de la gueule de nos policiers.

Patrice Nganang n’avait pas le droit de partir au Nord-Ouest et au Sud-Ouest et d’en revenir en nous réclamant le sécessionnisme.

Patrice Nganang n’avait pas le droit de soupçonner la Première Dame de forniquer avec un Congolais, parce que ce sont des choses outrages qui ne se font pas dans un pays qui se veut sérieux.

 

Car on aura beau être le meilleur écrivain de tous les temps, ça ne nous exonère pas du respect des institutions républicaines. On aura beau devenir un potentiel Prix Nobel comme Pierre La Paix Ndamè, ça ne nous donne pas le droit de demander la division de notre propre pays. On aura beau devenir un lanceur d’alertes, un activiste ou encore un influenceur de renom comme Patrice Nganang l’est devenu sur les réseaux sociaux, ça ne lui donne pas le droit de s’attaquer à la vie d’un individu ici sur notre planète.

Et pire encore s’il s’agit de notre chef de l’État.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne veux tuer personne

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Peuple camerounais, vous ne luttez pas contre le Sida !

Vendredi dernier c’était la Journée internationale de la lutte contre le VIH-Sida. Mais lorsque je vous observe, vous le peuple camerounais, je n’ai pas encore l’impression que vous luttez véritablement contre cette épidémie…

 

campagne de prévention VIH-Sida au Congo
Un exemple de campagne de Prévention contre le Sida, organisée par la MONUSCO au Congo. Crédit photo: MONUSCO/ Michael Ali. Source: flickr.com / CC-BY

 

Il y a encore de la stigmatisation

Même dans les films camerounais tu peux constater ça. Puisque dès qu’un personnage est atteint de VIH-Sida, c’est tout le scénario qui le rejette. On lui fait croire que sa vie est déjà foutue, et c’est comme ça que les gens vont penser qu’il faut considérer les PPVVIH (personne portant et vivant avec le VIH) comme des persona non grata ici dans notre société…

C’est faux ! Et pourtant même dans la vraie vie, il y a encore beaucoup-beaucoup de stigmatisation envers les personnes qui sont officiellement déclarées séropositives. Il y a leur discrimination lors de l’embauche. Il y a leur « excommunication » au quartier et parfois aussi dans leur famille. Il y a les nombreux ostracismes dont ils sont victimes dès que quelqu’un prend connaissance de leur carnet de vaccination, et que la personne décide subitement de les classer directement dans la catégorie des personnes indésirables.

 

Il y a beaucoup de désinformation

Parce que jusqu’aujourd’hui en 2017, il y a encore des Camerounais qui pensent que si tu deviens un peu maigrichon, ça voudra probablement dire que tu es déjà certainement devenu un sidéen…

C’est faux ! Le Sida n’est pas un Syndrome Inventé pour Décourager les Amoureux. Le Sida ne se transmet pas par la nourriture ou bien par les câlins la salive. Le Sida n’est pas une maladie honteuse ou bien une maladie issue de la malédiction. Le Sida est simplement une infection virale parmi plusieurs autres, et cette infection est devenue aujourd’hui quasiment guérissable.

Parce que grâce aux antirétroviraux qui sont presque gratuits et qu’on dispense déjà dans tous les dispensaires, tu peux désormais vivre normalement. Tu peux conserver ton poids de boxeur, tu peux faire des enfants qui sont beaux et sains, tu peux te marier comme tout le monde, tu peux vieillir, tu peux construire, tu peux devenir un écrivain de poésie comme mon ami  Pierre La Paix Ndamè, etc.

 

plaque d'un hôpital évangélique de Ngaoundéré
Un hôpital évangélique de Ngaoundéré qui assure la prise en charge des PPVVIH. Crédit photo: Elin Beckmann /wikimedia commons CC

 

Il y a la discrimination contre les homosexuels

Je dis ça parce que dans les campagnes de prévention contre le VIH-Sida, la plupart des messages sont généralement toujours hétéro-centrés. Et pourtant s’il faut voir, il y a au moins 10% de la population camerounaise qui sont des personnes homosexuelles !

Est-ce que ça veut donc dire qu’elles n’ont pas aussi le droit à la santé ? Est-ce que ça veut dire qu’elles n’ont pas aussi le droit de se soigner et ensuite de (sur)vivre ? Est-ce que c’est parce que je serais un homosexuel que les campagnes de prévention contre le Sida ne devraient pas aussi me concerner et me toucher ? Hein ? Est-ce que vous avez un peu réfléchi à ça ?

Parce que statistiquement, la prévalence VIH dans les communautés LGBTI du Cameroun est dix fois plus élevée que celle de la population générale (37% contre 3,9%). Ce qui signifie que si vous ne luttez pas contre le VIH dans les milieux gays et lesbiens, ça voudra dire que vous n’avez pas lutté contre le Sida qui sévit ici au Cameroun…

 

Il y a la sexualité incontrôlée

Que les Camerounais soient des hétérosexuels ou alors des bisexuels, il reste que notre sexualité est devenue véritablement très incontrôlée.

Par exemple, combien de Camerounais peuvent être sexuellement fidèles envers un ou une seule partenaire ? Aucun ! Combien de Camerounais utilisent systématiquement le préservatif avec des inconnu(e)s ? Très peu ! Combien de Camerounais ont fait le test du VIH, combien connaissent déjà l’existence du préservatif féminin, et combien ont déjà fait l’amour après avoir ingurgité des casiers et des casiers de bouteilles de bières ? Hein ?

Donc sérieusement, nous avons une sexualité non contrôlée qui ne nous aide pas à lutter convenablement contre le VIH-Sida : nous regardons beaucoup les vidéos pornographiques, nous achetons parfois le piment djansangtérisé, et nous organisons les rencontres de groupes WhatsApp qui sont généralement métamorphosées en gangs-bangs et en partouzes.

 

préservatif féminin
Le préservatif féminin est encore très peu connu par les Camerounais. Crédit photo: Anqa. Source: pixabay.com /CC0

 

Peuple camerounais, vous ne luttez pas vraiment contre le Sida !

Donc vendredi dernier c’était le 1er décembre. C’était la journée internationale de la lutte contre le Sida. C’était une occasion pour moi de vous rappeler que nous ne luttons pas encore efficacement contre le VIH !

 

Vous ne luttez pas contre le Sida ! Parce que vous pensez toujours que c’est plus dangereux que le cancer. Que c’est plus mortel que le paludisme. Que c’est plus brutal que les AVC.

Vous ne luttez pas contre le VIH ici au Cameroun, puisque c’est à cause de votre regard que certains patients ont souvent eu l’impatience de vouloir se suicider.

Vous ne luttez pas contre la propagation de cette épidémie ici à Yaoundé et aussi à Douala, puisque le taux de prévalence ne fait que s’incrémenter au sein de notre jeunesse.

 

Puisque les filles de quatorze ans sont déjà correctement sexuellement actives. Puisque les Camerounais ne vont jamais à l’hôpital pour effectuer leur bilan de santé. Puisque certains adolescents sont déjà des toxicomanes. Puisque les coiffeurs ne prennent même plus la peine de désinfecter et ensuite de nettoyer leur vieille lame de rasoir. Puisque dans les courts-métrages camerounais, les gens qui sont séropositifs sont souvent stigmatisés publiquement, ils sont dénigrés et ils sont répudiés s’ils sont des homosexuels.

Parce que vrai-vrai hein, je n’ai pas encore l’impression que vous avez déjà commencé à lutter contre le VIH-Sida ici au Cameroun.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je lutte contre le Sida

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Biya, il faut souvent savoir quitter les choses…

Après trente-sept ans de Pouvoir sans partage, Robert Mugabe a été chassé de son propre Parti comme s’il était un malpropre. Tout simplement parce qu’il n’a pas su quitter les choses avant que les choses ne le quittent…

 

robert mugabe et grace mugabe lors d'un meeting de la zanu pf
Robert Mugabe et son épouse Grâce lors d’un rassemblement du Parti au Pouvoir. Source: www.namibian.com /CC

 

Biya est déjà très âgé

Après trente-sept années de Pouvoir, Robert Mugabe tendait déjà vers les 94 ans ! Soit dix années de plus que notre Président qui, lui, fêtera ses 85 ans le 13 février de l’année 2018.

Paul Biya est déjà aussi très âgé. Il ne peut plus avoir la réactivité d’un Ali Bongo ou bien la spontanéité d’un jeune homme comme Pierre La Paix Ndamè. Paul Biya est déjà presque déconnecté. Il ne peut plus s’intéresser aux véritables problèmes des Camerounais. Il ne peut plus faire le tour des dix Régions puisque sa sénilité ne le lui permet plus. Il ne peut plus s’exprimer sur les nombreux problèmes du Cameroun à cause de sa santé, puisqu’il est vraiment beaucoup plus âgé et beaucoup plus usé et beaucoup plus fatigué que ma grand-mère !

 

Biya n’a pas désigné de successeur

Je ne sais pas si c’est un avantage ou alors un inconvénient. Mais ce qui est sûr hein, c’est que Biya ne va pas désigner un successeur ; puisqu’il se rappelle comment lui-même il avait trahi son prédécesseur Ahmadou Ahidjo

Bref hein, il n’a pas encore inscrit les gens de sa famille dans le listing de son successorat. Il se contente plutôt d’assassiner politiquement tous ses remplaçants potentiels, qu’ils fussent de la Majorité ou a fortiori de l’opposition. Il écrase ses adversaires comme Maurice Kamto, il en enrôle d’autres comme Issa Tchiroma, et il fait des deals financièrement juteux avec son vieil ami du SDF Ni John Fru Ndi.

Il n’a pas eu la maladresse  de désigner son épouse comme Robert Mugabe avait eu la disgrâce (sans jeu de mot) de vouloir faire en écartant son vice-président Mnangawa, mais c’est bien ce silence qui me fait peur : car si Biya n’a encore désigné personne, qu’adviendra-t-il de notre pays lorsque ce tyrannosaurus ne sera plus là ?

 

Paul Biya, première visite à Douala en tant que président
Première visite de Paul Biya à Douala en tant que Président du Cameroun. Credit: Isabelle Ebanda /commons.wikimedia.org

 

Biya a détruit tous ses adversaires

Je viens de le dire. Puisque quand toi-même tu n’arrives pas à désigner toi-même ton propre successeur, tu crois que tu vas accepter que les Camerounais choisissent un autre chef de l’Etat à ta place ?

Et cette destruction avait commencé depuis les années 1990’ et l’emprisonnement de Titus Edzoa. Puis on a eu l’enfermement de Marafa Hamidou Yaya et les humiliations sur le Professeur Vincent Sosthène Fouda. On a eu la décrédibilisation de Cabral Libii (il est même où depuis ?) et la naissance de candidats fantoches qui sont payés par le RDPC pour apparaître à trente-et-un jours des élections, et puis disparaître le lendemain de la proclamation des résultats de la victoire de Paul Biya par le président de la Cour Suprême de notre Cameroun…

 

Biya n’a pas envie de s’arrêter

C’est ce que je viens de vous dire. Puisque si tu ne désignes pas ton successeur et que tu écrases tes adversaires politiques comme Mugabe avait fait avec Morgan Tsvangiraï, il reste quoi ? N’est-ce pas il reste seulement toi ?

Et c’est pour cela que quand François Hollande était arrivé au Cameroun en juillet 2015, Biya lui avait dit cash que « Ne dure pas au Pouvoir qui veut, mais qui peut ». Et de renchérir en disant que « Les élections de 2018 sont lointaines mais certaines. » Mais ce qui m’a vraiment démontré que le type-là n’est pas encore prêt à nous rétrocéder notre Pouvoir, c’est quand il avait répondu à Ahmad Ahmad en disant que « Le Cameroun organisera la Coupe d’Afrique de football de 2019, j’en prends l’engagement. »

Donc le type-là est déjà vrai-vrai convaincu qu’il va remporter les élections présidentielles de 2018 hein…

 

Nelson Mandela
Nelson Mandela (à gauche) avait volontairement cédé le Pouvoir en Afrique du Sud après un seul mandat. Crédit: Maureen Keating /commons.wikimedia.org

 

Paul Biya, dans la vie il faut souvent savoir quitter les choses…

Donc pendant plus de trente-sept ans, Robert Mugabe a dirigé le Zimbabwe jusqu’à il somnolait même déjà pendant les conférences. Mais son propre pays l’a vomi comme un parasite, tout simplement parce qu’il n’a pas su quitter les choses avant que les choses ne le quittent…

 

Il faut souvent démissionner comme le Pape Benoît XVI l’avait fait en février 2013. Car le Pouvoir ne doit pas être subi comme une punition. Ça ne doit pas devenir un fardeau. Ça ne doit pas s’exécuter comme un pensum.

Il faut souvent laisser la place à une autre personne comme Mandela l’avait fait pour Thabo Mbeki en Afrique du Sud en 1999.

Il faut souvent partir de ton propre chef lorsque tu peux encore recevoir tous les lauriers ainsi que tous les honneurs, au lieu de te faire expulser par la fenêtre ou bien de sortir par la petite porte.

 

Parce que si Paul Biya veut continuer à perdurer au Pouvoir, il risquera d’être la victime d’un prochain coup d’Etat scientifique. S’il continue de penser qu’il est le seul « homme providentiel » qui a la capacité de piloter notre Cameroun depuis le 06 novembre 1982, il risquera de démissionner de force comme Robert Mugabe. Si Paul Biya ne veut pas toujours nous entendre, qu’il tripatouille le système électoral et qu’il ne pense même pas encore à vouloir se retirer, il va bientôt lui arriver ce qui est arrivé à d’autres chefs d’Etat longévicrates sur notre continent […]

Parce que dans la vie hein, il faut surtout savoir quitter les choses avant que les choses ne te quittent.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’ai quitté les choses

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Le problème de l’esclavage, ce n’est pas la Libye !

Depuis que CNN a diffusé son reportage sur les migrants africains qui sont vendus à Tripoli comme des esclaves, je vois beaucoup de personnes qui me donnent la sensation de s’émouvoir. Et pourtant le problème de l’esclavage n’a jamais été la Libye…

 

des migrants en cage
Le reportage de CNN a été repris par pusieurs médias, dont France 3 /CC

 

Il y a l’esclavage au Koweït, au Liban et en Arabie Saoudite

Depuis que CNN a diffusé son reportage, je vois beaucoup de personnes qui venaient de changer leur photo de profil sur Facebook. Et pourtant la même chose se passait déjà au Koweït depuis des décennies, mais ça ne leur disait rien. La même chose se produit déjà au Liban presque tous les jours, jusqu’à il y a même des filles qui se suicident parce qu’elles ne peuvent plus supporter leur asservissement mais jusqu’ici ça ne vous intéressait pas !

Ce qui se passe en Libye aujourd’hui et que les gens veulent nous donner l’impression que ça les émeut énormément, ça se déroule déjà régulièrement en Arabie Saoudite. Ça se déroule au Maghreb où les Noirs sont encore considérés comme des sous-hommes. Ça se déroule en Inde avec les Intouchables et les Parias. Ça se déroule aussi en Birmanie avec les Rohingyas, puisqu’ils viennent de fuir leur pays parce qu’ils étaient déjà régulièrement utilisés comme des marchandises…

 

Il y a l’esclavage avec les domestiques

Ça ne fait même pas encore une semaine comme je vous expliquais que les femmes de ménage au Cameroun, ce sont très généralement des esclaves ! On les recrute à la va-vite, on les exploite jusqu’à la lie (jusqu’au lit à vrai dire) et on les licencie quand elles sont déjà bien usitées.

Parfois on part chercher un petit neveu au village pour qu’il vienne pour accomplir tous ces pensums pour un salaire de misère. Parfois nous partons carrément acheter des « débroussailleurs » Anglophones là-bas à Bamenda. Parfois nous achetons des Maliens, des Mauritaniens, des Nigériens pour nous faire notre repassage.

Et jusqu’ici je n’ai pas encore vu quelqu’un qui m’avait donné l’impression de s’en émouvoir !

 

Claudy Siar qui harangue la foule
Claudy Siar était présent lors du rassemblement devant l’ambassade de Libye à Paris. Source: Facebook /CC-BY

 

Il y a aussi l’esclavage dans les mariages

Pourquoi est-ce que vous avez peur des mots ? Hein, Pierre La Paix Ndamè ? Pourquoi vous vous offusquez sur ce qui se passe loin en Libye, mais que vous ne vous indigniez pas sur ce qui se passe dans plusieurs foyers conjugaux ici au Cameroun ? Hein ?

Parce que les femmes d’ici on les achète avec la dot, et on les martyrise durant tout le mariage ! On les transforme en bêtes de somme. On leur donne l’argent de la ration uniquement si on s’est bien réveillé. On leur impose de nouvelles coépouses au nom d’un traditionalisme biaisé. On leur pompe des enfants comme ça nous chante. On les esclavagise et on les tyrannise, parce que la bonne épouse c’est celle-là qui doit tout nettoyer, tout essuyer, tout récurer, tout accepter, tout balayer, tout sucer, tout effacer, tout supporter, tout endurer. Et surtout la bonne épouse ne doit pas se plaindre, puisque l’aboutissement de la vie d’une Camerounaise eh bien ça restera toujours le mariage ! L

 

Il y avait déjà l’esclavage dans les pays africains

Au lieu de condamner la Libye et d’aller gesticuler devant les ambassades libyennes –qui n’ont aucune représentativité depuis que Kadhafi a été assassiné–, vous feriez mieux d’aller vous mobiliser devant les palais palaces présidentiels de tous les plénipotentiaires de notre continent Noir.

Car ces dirigeants-là, ils n’ont jamais rien fait pour aider notre population africaine. Ils se sont toujours contentés de s’enrichir individuellement et de dévaloriser le dynamise de notre jeunesse. Ils ont pillé nos ressources naturelles pour aller les vendre brader aux Occidentaux, et ils nous ont plongés dans la pauvreté extrême et dans le chômage institutionnalisé. Ils ne sont jamais montés au créneau pour protéger la vie de nos prisonniers à l’extérieur, de nos migrants, de nos malades, de nos militaires et de nos ingénieurs. Ils ont installé un climat de terrorisme politique avec pour seul objectif de perdurer au Pouvoir, et ils ont ainsi fini par briser les restes des petits rêves que nous nourrissions encore ici au Cameroun…

 

statue contre l'esclavage à Gorée
La statue contre l’esclavage à Gorée. Source: Wikipedia commons /CC

 

Le vrai problème de l’esclavage, ça n’a jamais été la Libye !

Donc quand je vois comment les gens me donnent l’impression de vouloir subitement s’émouvoir, c’est comme si c’est aujourd’hui qu’ils découvraient qu’il y a encore des esclavagistes en 2017 ! Et pire encore, c’est comme si le problème de l’esclavage c’était simplement un problème de la Libye.

Le problème de l’esclavage, c’est le problème des employeurs et des proxénètes qui exploitent leurs employés jusqu’à la lie, et qui ne les rétribuent pas ni ne les considèrent à leur juste valeur.

Le problème de l’esclavage c’est le problème des braconniers qui pratiquent quotidiennement les trafics d’organes humains.

Le problème de l’esclavage au XXIème siècle, c’est comme le problème de l’esclavage au XVIème et aussi au XVIIème siècle.

 

Parce que ce qui devrait normalement nous indigner, c’est parce que ce sont généralement les Noirs qui sont toujours traités comme des esclaves. Ce qui devrait nous révolter et même nous révulser, c’est parce que ce sont nos propres frères qui ont transformé leurs propres enfants en marchandises. Ce qui devrait véritablement nous choquer, nous énerver et aussi nous pousser à changer notre photo de profil sur Facebook, c’est parce que l’esclavage qu’on voit en Libye n’est que la conséquence de la désespérance qui sévit ici sur notre continent Noir.

Et vous n’avez pas besoin d’une chaîne étrangère comme CNN pour vous en apercevoir…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je dis NON à l’esclavage

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Ce que l’affaire Sosthène Fouda devrait nous enseigner…

Mardi dernier sous le coup de 22 heures, une vidéo a circulé sur WhatsApp et dans laquelle on reconnaissait Vincent Sosthène Fouda, candidat à la présidentielle de 2018, en train de bagarrer avec un autre Camerounais qui était torse nu et avec un bermuda.

J’ai tout de suite imaginé les leçons que nous devrions tirer de cette histoire…

 

Vincent Sosthène Fouda
Le Professeur Vincent Sosthène Fouda enseigne la sociologie au Canada et aux Etats-Unis. Source: Wikipedia /CC

 

Les Camerounais adorent les futilités

Mardi dernier vers les 23 heures, tous les Camerounais étaient déjà en possession de ladite vidéo. Parce que dès que ça concerne les histoires de fesses et de sans caleçon, tous les Camerounais vont t’écrire sur WhatsApp pour te dire supplier que « S’il te plaît, Pierre La Paix, est-ce que tu peux me procurer les images de Sosthène Fouda ? »

Alors que quand il faut travailler, il n’y a plus personne ! Alors que nous sommes restés un pays qui est encore très-très pauvre et véritablement très endetté. Mais lorsqu’il s’agit de Parfait Ayissi et de Bonita, lorsqu’il s’agit de l’homosexualité présumée de Charlotte Dipanda, nous devenons subitement très déterminés. Lorsqu’il faut faire le kongossa, jouer les voyeurs, les rapporteurs et les délateurs, nous sommes très-très forts ! Nous sommes concentrés sur les fêtes et sur les faits divers et nous sommes vraiment mobilisés lorsqu’il s’agit de faire le folklore…

 

Les Camerounais ne savent pas (encore) utiliser les réseaux sociaux

Je chante cela ici tous les jours ! Et je vais finir par penser que c’eût été mieux que les réseaux sociaux ne fussent pas encore disponibles ici dans notre Camaroès des crevettes. Sans blague ! Parce que si la connexion internet ne vous sert qu’à diffuser la pornographie et à rechercher de pseudo-buzz au détriment de la vie intime de vos propres compatriotes, alors votre cas est grave ! Si c’est seulement pour insulter les gens et pour diffamer que vous êtes sur Facebook, alors ça craint. Si votre travail sur Messenger et sur WhatsApp ce n’est pas de partager la connaissance, mais au contraire de partager des inepties et des futilités, alors c’est vraiment dommage.

Et ce qui est pire encore, c’est que quand je vois comment vous vous comportez comme des cochons comme ça sur les réseaux sociaux, je me dis que c’est sûrement comme cela que les Camerounais se comportent aussi dans la vraie vie.

 

un ouvrage de Vincent Sosthène Fouda
L’un des ouvrages de Sosthène Fouda qui est un intellectuel assez prolixe. Source: Wikipedia /CC

 

Les Camerounais ne connaissent pas la Loi

Tout ce bordel auquel on assiste depuis que certains personnes certains indigènes disposent déjà d’un téléphone Androïd, c’est parce qu’il n’y a pas une législation claire qui entoure ces nouvelles technologies ; puisque les Camerounais ne maîtrisent même pas d’abord leurs droits, ni leurs devoirs pour commencer. Ils passent leur temps à violenter la vie privée des gens sans même se rendre compte qu’il s’agit d’une véritable infraction pénale, donc passible de condamnation. Ils ne comprennent savent pas que c’est illégal de filmer quelqu’un sans son autorisation. Ils ne connaissent pas la notion de droit à l’image. Ils sont persuadés que tout ce qui circule sur les réseaux sociaux est librement diffusable puis partageable. Ils aiment seulement dire que « On veut voir ! On veut voir ! » sans savoir que ça peut leur arriver à eux aussi, et que ces publications-là peuvent les envoyer directement dans la prison centrale de Kondengui…

 

Les Camerounais ne savent pas faire attention

Mais une fois que j’ai dit tout cela, il faut quand même reconnaître que certains hommes publics ne savent pas aussi vraiment comment ils doivent se protéger. Sérieux ! Parce que si c’est moi qu’on filmait comme ça comme on a filmé Sosthène Fouda en caméra non-cachée et que je n’avais pas porté le caleçon pour couvrir cacher mes bijoux de famille, j’allais dire au paparazzi que « Arrête-moi rapidement ce téléphone ! » J’allais même d’abord me retrouver sans caleçon comment devant un groupe de trois personnes ? C’était la partouze ? J’allais faire comment pour me masturber comme ce sénateur qui a envoyé sa vidéo à une araignée qui a directement balancé ce streaming sur les réseaux sociaux ? Hein ? Ou bien comme cet adjoint au maire de Douala 5ème qui était complètement nu dans un hôtel, et qui a laissé son bangala pendouiller pendant que l’une de ses bordelles était en train de filmer cet enregistrement pornographique et de le diffuser instantanément en direct sur Facebook ?

 

Facebook
Les réseaux sociaux nécessitent un encadrement au Cameroun. Crédit: cameroun24.net /CC

 

Ce que l’affaire Sosthène Fouda devrait enseigner à tous les Camerounais

Donc le mardi 14 novembre 2017 sous le coup de 22 heures pile, il y a une vidéo qui circulait sur WhatsApp et dans laquelle on reconnaissait clairement Vincent Sosthène Fouda, presque nu comme un ver de terre, en train de bagarrer avec un Camerounais qui voulait l’étrangler et qui n’avait pour seul sous-vêtement que son bermuda…

 

Ce que cette affaire devrait nous apprendre, eh bien c’est simple : il faut que les Camerounais se concentrent désormais sur les priorités, au lieu de toujours déverser toute leur énergie lorsqu’il s’agit des futilités.

Ce que cette affaire devrait enseigner à certains journalistons de Vision 4, c’est que de telles images ne doivent jamais être diffusées dans un journal de 20H, ni ne doivent pas non plus faire l’objet de son grand reportage.

Ce que l’affaire Sosthène Fouda devrait enseigner aux autorités camerounaises avant toute autre chose, c’est qu’il est désormais urgentissime de vite concevoir une réglementation stricte sur l’utilisation de nos réseaux sociaux.

 

Parce que si on continue à laisser faire, ça va devenir du grand n’importe quoi ! Les gens vont continuer à annoncer de faux décès. Les imbéciles vont continuer à porter de fausses accusations. Les taupes vont continuer à faire leur travail de diffusion de documents qui sont pourtant classés « Top secret » ou encore « Confidentiel », et les corbeaux vont encore nous menacer de mort en passant par les faux profils puisqu’ils n’ont pas encore imaginé les leçons que nous devrions normalement tirer de ce genre d’histoires…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’ai tiré les leçons

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Donc les femmes de ménage sont vos moins chères ?

Chaque fois que je m’assois devant la télévision pour regarder une émission camerounaise, il y a toujours un panéliste qui va dire que « Pour parler comme les femmes de ménage… » Et ensuite il va enchaîner avec un faux français et avec des idées tordues, comme pour montrer que ces femmes-là n’ont même pas un peu un bon raisonnement… Tsuip !

Donc vous pensez que les femmes qui font le ménage chez vous sont vos moins chères ?

 

illustration d'une femme de ménage qui fait tout à la fois
Les femmes de ménage sont des machines à tout faire. CC 123rf.com

 

Le salaire des femmes de ménage

Quel salaire ? Donc vous pensez réellement que les femmes de ménage sont payées comme on doit normalement rémunérer un travailleur ?

Déjà que leur recrutement se fait à la va-vite : la fille vient et elle cite tous ses diplômes ainsi que ses compétences, mais le seul critère qui est déterminant c’est son tour de poitrine ! Elle vient et elle explique qu’elle avait déjà travaillé chez Pierre La Paix Ndamè comme femme de chambre, mais son futur « patron » ne fait que re-reluquer les dimensions de son popotin ! La fille accepte même qu’on va lui payer 15 000 FCFA seulement de salaire pour trente jours, mais est-ce que sa « matrone » va alors respecter ça : « Tu demandes ton salaire alors que c’est moi qui te nourris ici tous les jours ? »

 

annonce de recrutement de femmes de ménage
Plusieurs sites camerounais proposent des emplois de femme de ménage. Crédit: kerawa.com /CC

 

Le fonctionnement des femmes de ménage

En fait hein, la plupart de nos femmes de ménage fonctionnent avec leur dos sur le canapé. Parfois, elles ont plutôt le ventre sur le matelas. Quelquefois elles se mettent à califourchon ou bien à quatre pattes sur le sol, mais dans tous les cas il y a toujours leurs patrons derrière elles (ou bien dessus hein, ça dépend) en train de faire des va-et-vient en espérant que personne ne va les y surprendre…

Les femmes de ménage camerounaises, les hommes les considèrent comme des soubrettes ! Même si c’est un étranger qui arrive dans votre domicile, il va taper les fesses de la domestique et il va lui dire que « Tu es bien hein, ma chérie ! » Elle est ta chérie avec quoi ? Hein ? Donc elle est devenue « ta chérie » parce que tu as constaté qu’elle était une femme de ménage ?

 

dessin d'un homme qui trompe son épouse avec sa femme de ménage
Certains patrons camerounais couchent (en secret) avec leur femme de ménage. Source: cameroun24.net Dessin: GNAKAN /CC

 

L’emploi du temps des femmes de ménage

Est-ce que le calendrier romain peut même leur suffire ? Hein ? Parce que quand je vois les pensums de nos femmes de ménage, je me dis qu’on devrait tracer leur emploi du temps sur les anciens calendriers des Aztèques !

Sérieux hein ! Parce que pour la cuisine, elles sont dedans. Pour le ménage, elles sont dedans (c’est une lapalissade). Pour le baby-sitting et le gardiennage, elles sont aussi dedans. Et pour la lessive et le repassage hein, n’en parlons même pas : ce sont elles qui nettoient les sous-vêtements et les sales caleçons de leurs patrons et de leurs matrones…

Vrai-vrai hein, l’emploi du temps de nos femmes de ménage est incroyablement saturé ! Pourtant on les recrute en disant que « Bon ! Tu vas rentrer tous les jours à partir de 14h » ; mais laissez-moi vous dire que ces filles-là travaillent le week-end, la nuit, les jours fériés, les jours extraordinaires, qu’elles n’ont presque pas de vacances, et qu’elles ne peuvent même pas bénéficier d’un congé de maternité lorsqu’elles viennent souvent d’accoucher…

 

Une femme de ménage noire qui fait la lessive à la rivière
Les femmes de ménage sont parfois obligées de se déplacer pour faire la lessive. Crédit photo: Ribeira da Prata /CC

 

Le licenciement des femmes de ménage

Je dis hein, vous croyez qu’il y a un inspecteur du travail qui va venir me retrouver ici dans mes toilettes, et qui va me demander pourquoi est-ce que je viens de licencier ma femme de ménage ? Hein ? Vous croyez que je vais rendre des comptes à qui ? Hein ? Vous pensiez d’abord qu’elle était immatriculée à la CNPS ?

Bref, le licenciement des femmes de ménage est aussi simple expéditif que leur recrutement : tu la laisses rentrer chez elle le soir, et le lendemain matin tu n’ouvres pas ton portail. Tu peux aussi dire à ton chien méchant de lui bondir dessus. Et si elle insiste pour comprendre pourquoi tu veux la renvoyer, tu peux lui dire que c’est pour une « incompatibilité d’humeur ». Tu peux même devenir encore plus sévère, et tu vas directement au commissariat pour déclarer qu’elle venait de te dérober tous tes bijoux…

 

une femme de ménage noire qui effectue le repassage
Il n’y a pas de limite d’âge pour être femme de ménage. Crédit photo: dispatchlive.co.za /CC

 

Je demande que hein, donc les femmes de ménage sont vos moins chères ?

Donc ici au Cameroun, les gens considèrent encore les femmes de ménage comme si elles étaient des objets sexuels ! Les hommes ne les respectent pas du tout, et les entreprises les marginalisent. Sans parler des femmes des patrons qui passent le temps à les martyriser…

 

Donc les bendskineurs sont vos moins chers ? Parce que moi je suis dépassé quand je vois comment on les insulte tous les jours comme s’ils étaient des moins que rien.

Donc les call-boxeuses ne sont pas aussi les gens ? Parce que les autres personnes se moquent toujours d’elles, les gens se moquent de leur métier et les gens se disent qu’elles sont des zéros dans la société.

Je veux savoir ! Donc les colleurs de roues et les vendeurs de cigarettes sont vraiment les derniers des derniers ici dehors ?

 

Parce que chaque fois que je m’assois devant la télévision pour regarder une émission camerounaise, il y aura toujours un imbécile qui va dire que « Pour parler comme les villageois… », « Pour parler comme les vendeuses de beignets… », « Pour parler comme au sous-quartier… » Et ensuite il va enchaîner avec un mauvais français et avec des idées biscornues, comme pour démontrer que ces gens-là ne possèdent même pas un peu un bon raisonnement… Tsuip !

Je demande hein, donc vous pensez réellement que les Camerounais qui ne sont pas comme vous sont vos moins chers ?

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne suis pas votre moins cher

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