Ecclésiaste Deudjui

Et si le vrai modèle du Cameroun, c’était le Brésil ?

Un ami m’a dit hier que si Eto’o Fils était un Brésilien, il aurait sûrement gagné le Ballon d’Or en 2006. Est-ce que je sais ? Je travaille à France Football ? Et puisque nous étions dans un bar, tout le monde a pensé que mon ami était en train de faire une plaisanterie.

Sauf moi ! Parce que quand je regarde autour de nous, j’ai constaté que les Camerounais sont de plus en plus admiratifs de la tradition sud-américaine…

 

groupe de supporters Brésiliens
groupe de supporters Brésiliens

 

LE MODÈLE DE LA CHEVELURE CAMEROUNAISE, CE SONT LES GREFFES BRÉSILIENNES

Je vous apprends quoi ? C’est même devenu la terreur des gars qui ont de nouvelles copines. Quand une fille lui dit « Je veux les mèches », le gars commence à pisser dans son pantalon…

Au début moi je ne paniquais pas trop, parce que j’achetais encore les mèches NINA qu’on vendait à 1.500 francs CFA seulement. Mais depuis quelques années, c’est devenu Shanghai ici à Douala !

La vendeuse te montre un petit lot cheveux comme ça-là, et elle te dit que ça coûte dans les 62 à 64 mille francs CFA… Mince ! Et le pire c’est qu’on te dit que tu dois acheter quatre lots comme ça hein ! Surtout si ta copine veut le genre de coiffure pour ressembler à Chantal Biya…

Non, franchement, je suis contre ce modèle. Au lieu d’importer les sérums antitétaniques qui manquent dans nos hôpitaux, nous on préfère plutôt importer les cheveux ? C’est même quoi ça ? Est-ce que nos femmes ne peuvent pas faire les nattes comme les filles qu’on drague dans les collèges ? Hein ? Est-ce qu’elles ne peuvent pas laisser leurs cheveux au vent, ou alors les raser à la façon nappy ? Est-ce qu’il y a besoin des cheveux d’une Brésilienne pour être jolie comme une Camerounaise ?

LE MODÈLE DE LA TÉLÉVISION CAMEROUNAISE, CE SONT LES SÉRIES BRÉSILIENNES

Je ne suis pas encore marié hein, et heureusement ! Parce que je redoute déjà ce moment fatidique où tu dis à ton épouse « Chérie, chauffe-moi un peu la sauce-là », et elle te répond « peux-tu attendre que Léonardo embrasse Cataluna »… Non, mais je rêve !

Je demande hein, c’est la malchance ? C’est quoi cette histoire que des histrions brésiliens sont plus intéressants que ton propre mari ? Hein ? Vous croyez qu’on ne sait pas comment ils produisent ces piètres séries ?

Déjà, ça s’appelle des Soap Opera ; c’est-à-dire des opéras de savon. Parce que quand on inventait ces feuilletons-là aux États-Unis, c’était pour faire la publicité du savon pendant que les ménagères regardent. C’est pour ça que pendant les pauses on vous montre les laits de beauté, les mayonnaises, les serviettes hygiéniques, etc.

Les séries brésiliennes, moi je sais comment on concocte ça : on crée un faux suspens qui n’a aucun sens, on met un peu d’huile sur les cheveux des acteurs, on choisit des actrices qui sont jolies et qui n’ont même pas de cicatrice… Et pour bien faire rêver les femmes, on crée des histoires d’amour qui n’ont ni queue ni tête. Mais ce qui m’étonne avec ces scénarios stupides, c’est que c’est le genre que les Camerounaises aiment regarder !

Franchement, et nos marmites brûlent tous les jours vers les 19 h 30 ? Hein ? Pourquoi on ne nous montre pas plutôt les séries camerounaises, avec des réalisateurs camerounais ? Pourquoi il faut toujours attendre soixante-cinq épisodes pour savoir si Léonardo va finalement embrasser Cataluna ?

LE MODÈLE DE LA CONDUITE CAMEROUNAISE, CE SONT LES AUTO-ÉCOLES BRÉSILIENNES

A’aka ! Quelle conduite brésilienne ? Quand tu entres dans ces auto-écoles, c’est toujours le code Rousseau qu’on va te présenter (si jamais on te présente quelque chose). Mais on sait que quand tu vas lire « auto-école brésilienne », tu vas rapidement courir pour venir concourir à notre permis de conduire…

Wèè’kè ! Et puis si vous croyez que je raconte seulement des histoires, demandez à un moniteur de là-bas quelle est la langue qu’on parle au Brésil. Demandez-lui si là-bas le volant est à gauche ou bien à droite. Demandez-lui si ce sont les Noirs ou bien les Blancs qui habitent à Rio de Janeiro.

Pourquoi je complique même ? Demandez-lui « À Brasilia, quelle est la couleur du feu quand le feu passe au rouge ? »

LE MODÈLE DE NOTRE SPORT MAJEUR, C’EST LE FOOTBALL BRÉSILIEN

N’est-ce pas quand une équipe aligne trois passes au championnat de vacances, on dit déjà que ce sont les Brésiliens ? Vous n’avez pas encore remarqué ça ? Même moi quand j’étais au lycée, nous on jouait les inter-classes avec le maillot jaune, le short bleu et les chaussettes blanches. Et quand on gagnait un match on était le « Brésil », mais quand on perdait on devenait la « 3e M3 espagnole »…

Je sais, c’est bizarre.

Mais dans les corpos, dans les Coupes Top, dans les clubs de vétérans, dans les santés, etc., dès que tu fais un petit pont ou alors un passement de jambes, on dit déjà que tu es Neymar, Pelé, Garincha ou encore Ronaldinho.

Mais personne ne va dire que tu es virevoltant comme l’était Bonaventure Djonkep.

 

Ronaldo, l'un des fleurons de l'histoire du football brésilien
Ronaldo, l’un des fleurons de l’histoire du football brésilien

 

ET SI LE VRAI MODÈLE DES CAMEROUNAIS, C’ÉTAIENT UNIQUEMENT LES ÉTRANGERS ?

Donc d’après mon ami d’hier, Samuel Eto’o aurait eu le ballon d’Or en 2006 s’il s’appelait « Eto’odinho ». Et il aurait ainsi coiffé tous les champions du monde italiens, et principalement leur capitaine Fabio Cannavaro.

Le modèle de notre musique, c’est qu’on écoute les artistes étrangers dans nos radios, dans nos télés, dans nos concerts et dans nos boîtes de nuit.

Le modèle de notre vestimentaire, c’est qu’on s’habille avec les costumes et les cravates au détriment de nos pagnes, de nos boubous et de nos kabas.

Le véritable modèle dans les affaires, c’est qu’on préfère toujours traiter avec les gens qui viennent d’un autre continent (alors qu’il y a des fournisseurs qui sont à côté de notre porte).

Parce que c’est comme ça ici, nous on n’aime que ce qui vient de l’autre côté. On aime les banques suisses, la friperie française, les montres canadiennes. On aime les religions occidentales. On aime quand tu dis que ta valise vient de la Belgique. On aime manger dans les restaurants japonais avec les baguettes. On aime quand quelqu’un a déjà fait 6.000 km avant de venir proposer son idée à Paul Biya, parce qu’une bonne idée ne peut pas ressortir de Dibombari…

En fait, nous on part toujours du principe que rien de bon ne peut jamais provenir de nous-mêmes !

 

 

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Au Cameroun, le spectacle commence par la Justice…

 

Quand je regarde l’actualité dans notre pays, j’ai souvent beaucoup de mal à me retrouver ! Que ce soit en football, je n’y comprends pas grand-chose. Que ce soit en musique, je suis complètement déconnecté.

En fait, j’ai compris qu’il faudrait que je me reconvertisse en juriste. Car croyez-moi, c’est le seul moyen de comprendre les divertissements qui se passent au Cameroun…

 

Joseph-Antoine Bell, dont la candidature à la tête de la FECAFOOT a été rejetée
Joseph-Antoine Bell, dont la candidature à la tête de la Fécafoot a été rejetée

 

LE SPORT CAMEROUNAIS COMMENCE PAR LA JUSTICE

Quand tu veux suivre notre football, on ne va jamais te parler des footballeurs ! On va te dire que le Comité de normalisation a déjà revisité les statuts. On va te dire que l’Assemblée générale a élu Tombi A Roko à la Fécafoot, mais que Abdourahmane Ahmadou est contestataire du processus électoral.

Avant ça, il y avait eu des plaintes que les gens avaient déposées au TAS (Tribunal arbitral du sport). Bien après, on avait incarcéré Iya Mohamed pour des affaires de malversation financière. Avant de m’intéresser à notre football camerounais, je ne savais même pas ce que c’est que la Chambre de conciliation et d’arbitrage…

LA CULTURE CAMEROUNAISE PASSE TOUJOURS PAR LA JUSTICE

Avant qu’on ne dégage Ama Tutu Muna, j’avais déjà appris beaucoup de choses sur le droit public. Par exemple, je ne savais qu’un simple ministre pouvait s’opposer à son premier ministre. Je ne savais pas que tu peux dissoudre une société comme la CMC, et puis la remplacer par la Socam pour faire les mêmes-mêmes choses.

Quand tu suis une émission de culture au Cameroun, le thème principal c’est toujours les droits d’auteur. Souvent c’est un compositeur qui se plaint parce qu’il n’a pas reçu sa part de guitare. Souvent c’est un humoriste qui n’est pas là pour faire rire, et qui se plaint que la culture ce n’est pas seulement la musique. Parfois c’est un ancien administrateur qui vient pour expliquer les droits mécaniques, les droits voisins, la gestion collective. Il y a même des avocats qui se battent pour qu’on ait enfin une salle de cinéma ici au Cameroun…

LA TÉLÉVISION CAMEROUNAISE, C’EST PARFOIS UNE AFFAIRE DE JUSTICE

Je sais qu’on a chassé Afrique Média parce que ses panélistes bavardaient un peu trop fort, mais je n’ai pas vraiment bien compris la suite.

Il paraît qu’ils avaient contesté la décision du CNC (Conseil national de la communication) de les suspendre, et que la police les avait expulsés manu militari. De toute façon même s’ils sont désormais en Guinée équatoriale ou bien ailleurs, la loi camerounaise est claire là-dessus : ils n’ont plus le droit d’émettre sur notre territoire !

Et puis ce n’est pas le seul problème, il y a aussi l’affaire de la carte de presse. Jusqu’aujourd’hui, les juristes se creusent la tête pour savoir ce qu’on doit mettre dans la définition d’un vrai journaliste

MÊME l’AMOUR EST PARFOIS UNE AFFAIRE DE JUSTICE

Pas toujours hein, et heureusement ! Mais je pense que si les Camerounais (es) faisaient valoir leurs droits, on serait de plus en en plus au tribunal pour des affaires de concupiscence…

En attendant, il y a toujours nos bonnes vieilles affaires de divorce. C’est là où tu comprends que l’expression « biens communs » est directement liée aux commissaires-priseurs. C’est là où tu te rappelles tout ce que le maire vous disait à la mairie, et que toi tu prenais pour une simple récitation.

En fait, j’ai toujours pensé que le seul bon moment dans une histoire d’amour, ce n’est que le commencement. Parce qu’après le début, on va seulement consulter les avocats et les huissiers. On va discuter tous les jours sur les affaires de l’héritage. On va chercher à savoir qui aura la garde des enfants. On va se renseigner sur les droits que possèdent les femmes en veuvage, et ainsi de suite.

L’amour est un spectacle qui est censé être joyeux, mais dans certains cas il se termine par le judiciaire !

 

c'est parfois le Premier Ministre qui prend les décisions sur notre football
C’est parfois le premier ministre qui prend les décisions sur notre football

 

AU CAMEROUN, LA JUSTICE EST PARFOIS LE PLUS GRAND DES SPECTACLES

Donc je regrette un peu d’avoir fait informatique à l’université, au lieu de choisir le droit comme tout le monde. Car dorénavant je suis largué, je suis dépassé, je suis mis à côté de la plaque. Je n’arrive même pas à comprendre la législation qui réglemente l’activité des câbleurs…

Pour écouter de la bonne musique camerounaise, il faut d’abord savoir si Ndedi Eyango est un Américain ou bien un Camerounais.

Pour connaître le meilleur joueur de notre championnat de football, il faut comprendre pourquoi on a rejeté la candidature de Joseph-Antoine Bell.

Pour payer les primes de nos sportifs et de nos artistes, payer les droits des retraités et payer les militaires de la Minusca, c’est toujours une décision qui appartient à notre ministère de la Justice.

Et au final, les vrais acteurs sont devenus de simples pions dans leur propre pays. Ce ne sont pas des footballeurs qui gèrent notre football. Ce ne sont pas des artistes qui gèrent notre culture. Et comme dans presque tous les domaines, ce sont toujours les juristes à qui on accorde le dernier mot.

Et c’est normal, puisqu’ils tiennent leur jurisprudence avec les comportements de notre chef de l’État !

 

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Je dis hein, vous vous retrouvez même ici au Cameroun ?

Une petite m’avait invité à la veillée de sa grand-mère, mais je n’ai pas pu la rencontrer ! Pourtant la fille m’avait bien dit de marcher tout droit, de traverser une borne fontaine, puis de contourner derrière l’église qui est située net-net en face de la boulangerie…

Après 45 minutes sans me retrouver, j’ai donc décidé de rentrer chez moi. Ensuite j’ai appelé la fille pour lui demander de m’oublier, et de ne plus jamais m’inviter quelque part !

Dis donc ! Vous faites même comment pour vous retrouver ici au Cameroun ?

 

les marchés camerounais sont des capharnaüms - crédit: Ecclésiaste Deudjui
les marchés camerounais sont des capharnaüms – crédit: Ecclésiaste Deudjui

 

JE DEMANDE HEIN, VOTRE MONTRE-LÀ EST MÊME À L’HEURE ?

Franchement, c’est comme si on avait cassé la montre de tous les Camerounais ! Je vous dis vrai ! C’est comme si quand un Camerounais entre dans une horlogerie, le vendeur lui demande : « Vous voulez qu’on casse votre montre maintenant ou bien après l’avoir achetée ? »

Je suis sérieux hein, je ne plaisante pas. C’est comme si quand tu pars acheter ton pendule à Yokadouma ou bien ton réveil à Yagoua, le brocanteur te demande que « Tu veux un décalage de combien d’heures ? Hein ? Tu veux avoir l’heure des Philippines alors que tu habites au Cameroun ? »

Parce que sinon, dites-moi pourquoi est-ce que les Camerounais n’arrivent jamais à l’heure ! Tout le monde a une montre Swatch au poignet, mais personne n’arrive jamais à l’heure ! Même le marié qui a mis sur les billets que son mariage va commencer à 19 heures, lui-même il arrive à 23h30 ! Même la fillette de trois ans dont vous organisez l’anniversaire, vous voulez qu’elle s’endorme à quatre heures du matin ? Ya’ah ! Même là-bas dans nos télévisions, parfois tu attends une émission à 20h mais ça va commencer vers les vingt-et-une heures et trente…

Franchement, soyons sérieux ! Dans les enterrements, on enterre toujours le cadavre en retard (c’est vrai qu’il n’est pas pressé mais…). Dans les réunions de travail, on commence toujours le briefing à l’heure du débriefing. Dans les veillées comme celle où j’ai failli assister l’autre jour si je m’étais retrouvé, on te fait venir à 18h mais c’est à 22h30 qu’on va te distribuer le Nescafé…

 

JE DIS QUE HEIN, VOUS N’AVEZ PAS LES ADRESSES SUR VOS MAISONS-LÀ ?

Je me suis séparé avec la fille-là pour rien comme ça, parce qu’elle n’arrivait pas à m’indiquer la maison où il y avait la veillée de sa grand-mère.

Ici au Cameroun, on ne regarde jamais sur la carte ! Si tu parles du Nord à quelqu’un, il va directement voir Fotokol et Kolofata. Si tu lui parles de l’Ouest, il va te dire que c’est le village des Bamilékés et des Bamouns… Non, ici au Cameroun on ne regarde jamais la boussole ! Si tu veux même parler d’un plan à quelqu’un, il va se dire que tu veux l’embarquer dans un plan pour aller cambrioler l’une de nos microfinances…

Ici chez nous, on connaît plutôt « derrière la mosquée ». Vouaaaaaaala ! Si tu dis qu’on te laisse à l’« entrée Bépanda », il y a plus de 300 entrées mais le bendskineur va savoir là où tu pars. Mais si tu viens dire qu’on te dépose à « 341, Avenue des Cocotiers », hum, j’espère que tu n’as pas un malade qui t’attend à l’hôpital…

Franchement, nos destinations m’ont toujours dépassé ! Quand tu vas dire « Feu-rouge » sans préciser, on va te déposer là-bas à Déido. Quand tu vas dire « Rond-point » sans rien ajouter, on va toujours te déposer là-bas à Déido. Quand tu vas même dire « École publique », malgré les centaines d’écoles publiques qu’il y a ici à Douala, le taximan va seulement te dire : « Dedans ! »

Parce que comme tu n’as rien précisé, n’est-ce pas ça signifie que ça se trouve là-bas à Déido ?

Et puis il y a aussi un truc qui m’interloque. Quand Petit-Pays construisait à côté d’un rond-point à Makèpè, c’est devenu le « rond-point Petit-Pays ». Quand la mère de Samuel Eto’o habitait dans un carrefour à Bonamoussadi, c’est devenu le « carrefour Samuel Eto’o ». Il y a même un quartier qui s’appelle Nylon (rien à voir avec le plastique), et qu’on retrouve à la fois à Bafoussam, à Douala et à Yaoundé.

Donc vous voulez me dire que les noms de quartiers sont finis ici dehors ?

 

PARDON DITES-MOI ! VOUS TERMINEZ TOUJOURS VOS CHOSES PAR LE COMMENCEMENT ?

Je ne sais pas comment les gens font pour se retrouver ici au Cameroun ! Eux ils commencent toujours leurs choses par la fin, et ils terminent toujours leurs choses par le commencement.

Le gars qui vient te dire qu’il a déjà envie d’apprendre à conduire, sois en sûr qu’il possède déjà son permis de conduire… Le gars qui vient te dire qu’il ne sait pas comment il va faire pour obtenir son permis de bâtir, sois-en sûr qu’il a déjà commencé à bâtir… Le gars qui vient te dire que « wèèèh ! Je vais même faire comment pour me marier avec la fille-là éééh ? », sois en sûr qu’il a déjà quatre enfants avec la fille en question, qu’il habite avec elle depuis les attentats du 11 septembre, et qu’il est même déjà parfaitement (re)connu dans la belle-famille !

Tu vois, moi-même j’ai dit « belle-famille » alors qu’il ne l’a même pas encore épousée

 

ESSAYEZ DE M’ÉCLAIRER SUR VOTRE NOMENCLATURE…

Quand Charles Ateba Eyené contestait notre nomenclature, on était là pour dire que « A’aka ! Lui aussi il bavarde trop. »

Vous-même dites-moi, voici les noms de nos carrefours : Sorcier, Sans Caleçon, Famlà’a, Trois Bordelles, Tournant-Dangereux, Mille Problèmes, Immeuble De La Mort, etc…

Si un enfant grandit dans un carrefour comme « Matango », comment voulez-vous qu’il devienne un non-saoulard ? Hein ? Dites-moi ! Si vous élevez votre enfant dans un carrefour comme « J’ai raté ma vie », vous pensez vraiment qu’il va réussir la sienne ? Hein ? Si pour aller à Village (qui n’est même pas ton village pour commencer), tu peux traverser Brazzaville, Dakar et Madagascar, comment tu auras encore l’envie de demander le visa normalement ? Hein ? Vous ne savez pas que les noms-là jouent sur notre psychologie ?

 

certaines pistes sont impraticables
certaines pistes sont impraticables

 

VRAI-VRAI HEIN, COMMENT VOUS FAITES MÊME POUR VOUS RETROUVER ICI AU CAMEROUN ?

Donc je n’ai plus jamais rappelé la fille de la veillée, même si je reconnais que ce n’était pas de sa faute. Ou alors disons que j’ai profité de cette histoire pour définitivement me séparer d’elle […]

 

Je dis hein, pourquoi c’est quand le feu passe au rouge, que tous les bendskineurs de Douala commencent à accélérer subitement ? Hein ?

Je demande hein, pourquoi c’est toujours le Chef de l’Etat qui choisit le coach des Lions Indomptables ?

Je veux savoir hein, pourquoi quand il faut acheter les avions de la Camair-Co, on confie ça aux gars de la Primature et de la Présidence, alors qu’ils ne connaissent rien de bon dans l’aéronautique ? Hein ?

 

Et dans tous les domaines c’est pareil, parce qu’on ne met jamais les bonnes personnes aux bons endroits. On organise toujours les choses à la dernière minute, et on est très-très à l’aise dans le désordre. J’ai même parfois l’impression que nos dirigeants achètent leur calendrier à Yokadouma…

« Vous voulez un décalage de combien d’années ? Vous voulez avoir la date du Moyen-Âge alors que nous sommes déjà au 21ème siècle ? Hein ? Comment vous faites même pour vous retrouver là-bas au Cameroun ? »

 

 

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Nous sommes Camerounais, est-ce qu’on fabrique ?

Je demande hein, les Togolais sont même normaux ? L’autre jour je buvais avec un ami qui vient de Lomé, et on a passé notre soirée à taper les commentaires. Mais quand j’ai voulu lui glisser l’argent du taxi avant de rentrer chez moi dormir, il m’a dit « Non, ça va ! ».

Je me suis donc levé et je l’ai abandonné là, en me demandant s’il sait même dans quel pays il se trouve. Parce que nous ici au Cameroun, on nous a appris qu’il ne faut jamais refuser quelque chose…

 

il ne faut pas chercher la femme idéale
Il ne faut pas chercher la femme idéale

 

NOUS SOMMES CAMEROUNAIS, EST-CE QU’ON FABRIQUE LA BIÈRE ?

Si le Togolais-là était Camerounais, il allait bien me comprendre. Parce qu’ici au Cameroun, nous on ne fabrique pas la bière ! Même si c’est le PDG de la Camair-Co que tu croises dans un bar, demande-lui : « Tu bois quoi ? » Tu vas voir comment il va sauter de sa chaise, et puis il va dire à la serveuse d’apporter n’importe quelle bouteille qui mousse.

Il fabrique ?

Et c’est la même chose avec les autres Camerounais, qu’ils soient riches ou bien qu’ils ne soient pas pauvres. Tu vois un multimillionnaire qui est dans un séminaire avec les dirigeants de Bolloré, et c’est lui le premier à demander : « Dis-donc ! Il n’y a même pas les petites bières dans votre réunion-ci ? »

Avec les panthères alors c’est grave ! Tu l’appelles à 14 heures, elle est fatiguée, elle n’a même pas envie de sortir parce qu’elle est rentrée ce matin à 8 h 30, mais elle vient quand même parce qu’elle sait que tu vas lui donner le chawarma et quelques bouteilles de Heineken… Tsuip ! Est-ce qu’elle travaille aux Brasseries ?

Tu vois même les gens qui sont prêts à voyager pour aller boire la bière dans les enterrements. Je ne comprends pas… Ils ne pouvaient pas acheter leur bière ici à Douala avec l’argent du transport-là ?

 

NOUS SOMMES CAMEROUNAIS, EST-CE QU’ON A LE MOULE POUR FABRIQUER ?

Fais un peu l’expérience ! Tu dis à ton pote que ta nga va venir avec sa copine. Tu crois qu’il va refuser parce qu’il est marié ? Mouff ! Il va s’adapter, mon ami ! Même si la copine-là est grasse jusqu’à ce n’est plus bon, ce n’est pas son problème ! Même si elle est squelettique comme les nouveaux cure-dents que les Chinois fabriquent, où est alors le problème là-dedans ? Même si elle arrive et qu’elle est njouksa-njouksa, avec les pieds mabongos comme pour le chef suprême des armées camerounaises, ça te fait mal de quel côté ? Hein ? Tu peux fabriquer un être humain ? Et puis d’ailleurs, est-ce que tu as même d’abord le moule pour commencer ?

Au Cameroun, on ne choisit pas la femme qu’on va baratiner. Si tu veux rester là pour faire les chichis, c’est ton affaire ! Si tu veux rester là pour dire que « Ma femme doit être comme Charlotte Dipanda, elle doit avoir les fesses de Beyonce, elle doit être cultivée comme Kalla Lobè et se coiffer comme Chantal Biya… », reste là pour l’attendre ! Tu crois que si ton père avait attendu ce genre de femme, tu crois que tu serais là pour nous expliciter le genre de femme que tu veux avoir ?

 

NOUS SOMMES CAMEROUNAIS, EST-CE QU’ON TRAVAILLE À LA BANQUE ?

Tu donnes l’argent de taxi à un Togolais et il ose même refuser ? Il se prend même pour qui ?

Non, franchement, l’affaire-là m’énerve. Quand je vois comment nos députés d’ici, on leur donne le crédit de 2.000 francs CFA dans le téléphone, et eux ils acceptent gaillardement. Le Togolais-là pense qu’il les dépasse ? Quand je vois comment nos musiciens d’ici, tu montes sur le podium et tu mets 500 FCFA dans son t-shirt pendant qu’il transpire, et lui il accepte en te remerciant au micro. Quand je vois comment dans les grands bureaux de nos petits ministres, tu leur glisses l’argent du carburant et ils mettent ça au fin fond de leur 2e tiroir, en exposant leurs 32 dents. Quand je vois comment les Lions indomptables grèvent pendant les compétitions internationales, à cause des primes d’entraînement, je me demande même sur quoi le Togolais-là compte. Il croit qu’il dépasse tous les Camerounais que je viens de citer là ? Hein ? On lui donne l’argent de taxi et lui il refuse ? Dis donc ! Alors que pour une Camerounaise, elle peut plutôt t’empoisonner parce que tu as oublié de lui donner son argent de transport

 

NOUS SOMMES CAMEROUNAIS, EST-CE QU’ON REFUSE LE TRAVAIL ?

Jean-Miché Kankan parlait comme les blagues hein. Il disait : « Ce que je vois je fais, ce que je ne vois pas je ne fais pas ». Mais aujourd’hui, tu vas même d’abord voir le travail où pour commencer à refuser l’autre ?

Sérieux, au Cameroun le travail n’est pas donné à n’importe qui. Même pour frapper les parpaings, on va d’abord te sélectionner. Même pour vider les conteneurs, on va d’abord vérifier si ton nom n’est pas sur la liste noire. Même pour aller décharger les sacs de riz qui pèsent sur ta tête comme si c’étaient les sacs de fer, on va d’abord te demander que : « Je dis hein, tu dis même que c’est qui qui t’a envoyé ? »

Et c’est la même chose à Hysacam pour devenir un ramasseur d’ordures, c’est la même chose pour nos vigiles qui risquent leur vie dans l’obscurité, c’est la même chose pour les jeunes filles qui souhaitent simplement devenir des femmes de ménage.

Et qui deviennent les objets sexuels des patrons dans les domiciles ?

 

même les enfants acceptent la bière
Même les enfants acceptent la bière

 

NOUS SOMMES CAMEROUNAIS, QU’EST-CE QU’ON FABRIQUE MÊME AU JUSTE ?

Le lendemain j’ai appelé mon ami togolais pour m’excuser et reconnaître qu’il n’est pas gourmand comme mes compatriotes. Parce que quand on y réfléchit bien, qu’est-ce que les Camerounais fabriquent même au juste ?

 

Quand tu leur promets quelque chose, ils t’agressent sur ça comme si c’était devenu une obligation.

Quand tu demandes à quelqu’un ce que tu peux lui offrir pour son anniversaire, il te répond « N’importe quoi mon frère ! Est-ce que je fabrique l’autre ? »

Quand ton père meurt ou bien une autre personne décède, c’est tout le monde qui vient discuter les choses qu’il avait laissées dans sa maison (ils vont te dire qu’ils ne fabriquent pas).

 

Et si tu viens dire aux gens là que c’est de la mendicité, ils vont te demander si Robin des Bois était un Camerounais. Parce que dans notre pays-ci, ce sont même souvent les riches qui acceptent l’argent des pauvres !

 

 

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Chers Camerounais, prenez soin de votre vie!

Le dimanche 23 août 2015 à Bépanda, j’ai assisté au décès d’un jeune footballeur. Il évoluait à la Dynamo de Douala, et une crise cardiaque l’a foudroyé à la 33ème minute de la rencontre.

Pour tout vous dire, ça fait déjà quatre joueurs qui meurent de cette manière dans notre championnat en 2015…

N'entrez plus dans des véhicules qui ne sont jamais contrôlés
N’entrez plus dans des véhicules qui ne sont jamais contrôlés

 

NE METTEZ PLUS VOTRE VIE DANS LES MAINS DU SPORT CAMEROUNAIS !

Je vous en prie, ne remettez plus votre vie entre les mains de l’olympisme camerounais. Parce qu’en regardant nos compétitions sportives, tu ne vois même pas quel genre de maladie nos soi-disant soigneurs-là sont même capables de guérir…

Parfois ce sont des cousins qu’on a ramassé au quartier, pour leur donner cinq-cinq mille francs. Parfois ce sont des badauds à qui on a mis la tenue de la Croix-Rouge, alors qu’ils n’étaient même pas catholiques pour commencer. Parfois, quand tu regardes les Lionnes Indomptables, tu vois comment les « secouristes » se mélangent avec le mécanicien pour pousser l’ambulance, alors qu’il y a une joueuse qui souffre à l’intérieur… Tsuip !

Je vous le dis hein, ne confiez pas votre vie entre les mains de ces fanfarons ! C’est comme ça que ma mère a failli perdre son œil en 1984, dans un combat de boxe qu’elle regardait. C’est comme ça que j’ai un ami qui a failli mourir pendant un match de basket-ball ! C’est comme ça que moi-même qui vous parle, je me suis évanoui dans un match du championnat de vacances, en 2003. Et alors que je perdais connaissance, l’arbitre ne faisait que dire que : « Dis-donc ! S’il ne peut plus se lever qu’on le mette dehors ! »

Comment pouvais-je sortir puisque je ne pouvais même plus me lever ?

NE FAITES PLUS CONFIANCE À NOS SERVICES HOSPITALIERS

Le joueur de Dynamo qui est décédé n’avait pas passé de visite médicale. Je suis sûr que quand il est entré à l’hôpital pour la réclamer, les docteurs lui ont répondu: « Mon frère, quand je te vois là je sens que tu peux même jouer un match de rugby. »

Et puis je ne vous parle même pas des erreurs médicales, parce j’ai une amie qui est aujourd’hui infirme (on lui avait mal injecté la quinine). Pour les cas de chirurgie alors c’est grave !

Chers Camerounais, arrêtez de faire confiance au système hospitalier ! Vous-mêmes vous ne voyez pas que quand il est malade, notre président part toujours se soigner à l’étranger ?

Arrêtez de vous mettre en rang devant les dispensaires qui sont à côté des pompes funèbres ! Arrêtez d’emmener les malades là où on demande « Est-ce que tu as déjà acheté son carnet à la pharmacie ? » Évitez les urgences où en arrivant avec un corps ensanglanté, on te regarde comme si tu venais acheter des friandises.

Des endroits où quand tu n’as pas 2.499 francs CFA pour un médicament, on te laisse mourir comme un chiffon. Et ensuite on explique à la radio que tu es décédé d’une « courte maladie »…

 

NE REMETTEZ PLUS VOTRE VIE ENTRE LES MAINS DES CHAUFFARDS

Quand je suis allé à Makénéné pour une réunion de famille, je pensais seulement « Hum ! Donc vrai-vrai ma vie va s’arrêter ici ? »

Notre chauffeur ne faisait que téléphoner au volant. Ce chauffard ouvrait sa bouteille d’eau alors qu’il roulait à 140 Km/h et qu’il ne regardait même pas la route devant lui… Parfois même il conduisait avec sa main gauche, comme s’il était en train de s’amuser avec la vie des gens dans sa voiture…

Je vous dis la vérité hein, ne remettez plus votre vie entre les mains de certains chauffards ! Quand un bendskineur veut trop accélérer, demandez-lui de ralentir. Quand un chauffeur de taxi veut vous montrer qu’il est plus rapide que Lewis Hamilton, dites-lui d’aller s’inscrire en F1 plus tard mais que pour le moment il serait préférable modérer sa vitesse. Quand un chauffeur de camion ou un gros-porteur veut s’amuser à taper les commentaires avec les piétons, ordonnez-lui de s’arrêter et de bavarder autant qu’il voudra. Ensuite, et seulement ensuite, il pourra repartir.

Même si c’est votre ami qui veut vous raccompagner après une soirée bien arrosée alcoolisée, dites-lui simplement « Merci ». Mais n’oubliez pas de lui dire « Non » auparavant…

 

FAITES ATTENTION À VOTRE HYGIÈNE DE VIE

C’est vrai que le gouvernement camerounais ne prend pas soin de notre vie. C’est vrai que lorsqu’un Camerounais meurt à l’extérieur du pays (et même à l’intérieur), ça n’intéresse pas grand monde. Mais je crois qu’il y a quand même des choses que nous pouvons faire à notre petit niveau.

Par exemple, je vous conseille de ne plus vous installer dans les marécages. Parfois ton enfant attrape une maladie dans cette saleté-là, et après tu t’en prends à la sorcellerie. Je vous conseille d’utiliser les préservatifs en cas de besoin. Je vous conseille de ne plus écouter les charlatans qui disent qu’ils sont des guérisseurs miraculeux, ou encore les pasteurs qui vous escroquent au nom du Seigneur.

Camerounais, vous êtes beaucoup plus intelligents que ça.

Il y a beaucoup de choses qu’on peut faire à notre petit niveau. Notamment, comme on sait déjà que les pompiers arrivent toujours trop tard (quand ils arrivent), évitez de laisser les bougies allumées avant de dormir. Il vaut mieux vérifier la bouteille de gaz avant de sortir. Ou ne jamais laisser les enfants seuls avec des objets dangereux, un drame est très vite arrivé.

Et puis le reste, bof, ça ne nous regarde pas. Nous sommes déjà habitués à leur laxisme depuis 1982…

Le jeune artiste M'Eric, disparu par négligence
Le jeune artiste M’Eric, disparu par négligence

 

MES CHERS COMPATRIOTES, JE VOUS SUPPLIE DE PRENDRE SOIN DE VOTRE VIE

Le footballeur décédé s’appelait Léopold Angong Oben, il n’avait que 26 ans. Il a laissé une petite amie et un enfant de quelques mois, et il s’en est parti pour l’éternité.

Si vous étiez au stade le jour-là, vous auriez vu comment le gars agonisait devant ses propres coéquipiers. Et vous auriez vu comment les secouristes ne savaient même pas par où ils devaient commencer…

Vous avez la vie devant vous, ne la confiez pas à ces brigands qui prétendent s’occuper de la population camerounaise.

Vous avez des projets pour votre avenir, évitez de vous mélanger dans les histoires de maraboutisme, d’argent facile, de disputes d’héritage, de crimes rituels, etc.

Que vous soyez un jeunot ou bien un vieillard, n’oubliez jamais que vous n’avez qu’une seule vie ici sur terre, je dis bien une seule vie ici sur terre !

 

Parce qu’au Cameroun, quand tu meurs, les gens t’oublient comme si tu n’avais jamais existé ! Voilà pourquoi je vous demande de prendre soin de votre famille, ainsi que de votre propre corps. Je vous demande de profiter de la vie comme tout le monde, et de bien regarder vos enfants grandir.

Parce que si vous comptez sur nos dirigeants, chers Camerounais, ils ne prendront jamais la peine de prendre soin de votre existence !

 

 

PS : cet article est dédicacé à Charles Ateba Eyené, à Koulibaly System, à Javis Nana, à Sorel Bélia, à Louis-Paul Mfédé, à M’Éric le graphiste, ainsi qu’à tous ceux qui meurent au Cameroun par négligence.

 

 

Ecclésiaste DEUDJUI

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Au Cameroun, il y a aussi le « business » de l’éducation

Le premier caramel que j’ai mangé dans ma vie, je l’avais acheté à ma maîtresse du cours préparatoire. Et comme elle vendait aussi les bonbons et les sucettes pendant les cours, c’est toujours chez elle que notre argent de beignets finissait pendant la récréation… Tsuip !

Au Cameroun, il y a un truc que j’ai déjà remarqué dans tout notre système éducatif : c’est le business !

 

on change les livres scolaires chaque année
on change les livres scolaires chaque année

 

IL Y A LE COMMERCE DES INSTITUTRICES

Comme j’achetais mes caramels à Nkongsamba en 1989, c’est aussi comme ça que vos enfants achètent leurs caramels à leur maîtresse de l’école primaire.

Quand tu arrives dans certaines écoles, tu vas voir les bonbons-sifflets remplis sur la table de la maîtresse. Et dès que la récréation arrive, c’est cette dernière qui vous impose de venir vite consommer sa marchandise…

Dans nos écoles primaires, tout commence d’abord par le business ! L’instituteur vous vend les cahiers, il vous vend les crayons, il vous vend la craie et il vous vend aussi le Bic rouge (il est libraire ?). Parfois même son fournisseur n’est personne d’autre que votre directeur !

IL Y A LES ASSOCIATIONS DE PARENTS ESCROQUÉS

Les APEE (Associations des parents d’élèves et enseignants) comme on les appelle. Au départ on avait créé ça pour dissimuler la paresse de notre gouvernement, mais aujourd’hui c’est devenu du n’importe quoi !

Dès que tu inscris ton enfant dans un collège ou dans un lycée, on va te demander les frais de couture ! Quand il va rentrer de l’école le 1er jour alors qu’il n’a même pas encore tous ses cahiers, il va te demander les frais d’informatique ! Après quatre jours de cours seulement, on va te dire qu’il lui faut absolument une tenue de sport comme pour Michael Jordan, sinon le prof de sport va commencer à le mettre dehors pendant les cours d’histoire…

Les APEE, ce sont de véritables machines à sous ! Car non seulement la pension est chère, les livres sont inaccessibles, la ration de l’enfant est insupportable, mais ces gens-là trouvent toujours moyen de vous exiger des frais exigibles.

Et vous savez pourquoi ? C’est parce qu’ils utilisent votre enfant comme une simple monnaie d’échange !

IL Y A LA MAGOUILLE DANS LES ENSEIGNEMENTS SUPÉRIEURS

Est-ce que vous savez qu’au Cameroun, tu peux acheter ton doctorat comme si tu achetais un pantalon dans un prêt-à-porter ? Hein ? Est-ce que vous savez que le prix pour que ton enfant devienne un enseignant, c’est 2 millions de francs CFA, et le prix pour le concours de l’Enam c’est plutôt 4 millions qu’il faudra débourser ? Hein ?

Dans nos universités, les professeurs vendent sexuellement les résultats à certaines jolies filles. Ils donnent leurs meilleures leçons pendant les cours de répétition. Ils organisent des travaux dirigés, et tout le monde sait que si tu donnes 5.000 francs CFA au chef de votre groupe, on va te déclarer « présent » pendant le reste du semestre…

Et puis je ne vous dis pas, les écoles supérieures coûtent encore très-très-très cher ! Je ne vous parle même pas des publicités à la télévision, où chaque établissement vient dire qu’il a eu 100 % aux examens. Je ne vous raconte même pas ce qui se passe dans les salles de composition du BTS, où le surveillant vient dire que « Donnez-moi mille-mille francs, et je vais vous laisser tricher comme vous voudrez ! »

IL Y A AUSSI LE « BUSINESS » DES MINISTÈRES DE L’ÉDUCATION

Comment est-ce que dans un pays, on peut avoir quatre ministères pour s’occuper de la même chose ? Hein ? Est-ce qu’on ne peut pas mélanger l’éducation de base, les enseignements secondaire et supérieur, ainsi que le ministère qui s’occupe de la formation professionnelle ? Hein ?

Au lieu de ça on nous impose un système éducatif qui ne cadre pas avec nos réalités, notre histoire, notre culture, et encore moins avec nos besoins technologiques !

Parce que dans chaque rentrée scolaire, on nous fait acheter de nouveaux livres ! Tu ne peux même pas laisser ton manuel à ton petit frère qui te suit directement. Tu ne peux même pas aller échanger tes bouquins au « poteau » comme auparavant. Tu ne peux même pas comprendre le système LMD qui te donne la DMLA, parce que nos fonctionnaires ne sont là que pour effectuer des négociations avec les éditeurs…

Partout où il y a l’argent de notre éducation qui circule (livres, tenues scolaires, jeux universitaires…), eh bien c’est là-bas que tu vas les voir !

 

cours de répétition au quartier - Crédit: Ecclésiaste Deudjui
Cours de répétition au quartier – Crédit: Ecclésiaste Deudjui

 

L’ÉDUCATION NATIONALE EST DEVENUE UNE GRANDE ENTREPRISE

Donc quand je fréquentais à l’école publique Saint-Martin de Nkongsamba, je ne sortais jamais pendant la récréation. La maîtresse vendait le pain-haricot, les chewing-gums, les gros beignets qu’on vend avec le sucre, et elle avait aussi le ndjindja qu’on vend souvent dans les petites bouteilles de foleré…

En 2002, Paul Biya avait dit que l’école primaire serait gratuite ; mais les prix ne font que s’incrémenter depuis.

En 1990 sous l’effet de la crise économique, notre gouvernement a carrément supprimé la bourse universitaire.

Depuis l’opération Coup de Cœur en 1994, les proviseurs sont devenus des vendeurs de places dans les établissements secondaires.

Et comme je vous raconte tout ceci, c’est parce que voici la rentrée scolaire qui arrive ! Il y aura des parents qui vont stresser, d’autres qui vont s’endetter, d’autres encore qui vont se surpasser. Mais puisque nous sommes au Cameroun, je suis désolé de vous avouer qu’il y en a d’autres qui vont profiter pour s’enrichir.

 

 

Ecclésiaste DEUDJUI

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Cameroun : comment reconnaître un fonctionnaire fictif ?

Comme je ne rends pas trop visite aux membres de ma famille, certains cousins m’ont dit l’autre jour que je suis un cousin fictif.

Hum ! Fictif comment ? Hein ? Parce que s’il faut même voir, mon nom ne figure pas sur la liste des fonctionnaires fictifs qu’on a recensés au Cameroun.

D’ailleurs je vais vous expliquer comment les reconnaître…

 

Charles Ateba Eyené, dont le salaire continue de passer depuis sa disparition en 2014
Charles Ateba Eyené, dont le salaire continue de passer depuis sa disparition en 2014

 

IL Y A LES TITULAIRES QUI NE SONT JAMAIS PRÉSENTS AU POSTE

Mes cousins-là m’amusent hein, ils font comme si je suis invisible. Pourtant quand il y a mariage ou bien baptême dans notre famille, je suis toujours le premier à arriver avec mon appareil photo numérique. Ils veulent me voir que comment ?

Dans la fonction publique camerounaise, il y a des gens qui peuvent faire dix ans sans que leurs collègues ne mettent l’œil sur eux ! Parfois ils sont dans la même ville, mais ils sont toujours absents au poste de travail. Parfois ils ne veulent pas aller dans la brousse où on les a affectés, et ils négocient un arrangement à l’amiable avec leur chef de service sur leur salaire.

Vous allez passer par où pour les démasquer ?

 

IL Y A LES GENS QUI SONT DEJA MORTS DEPUIIIIIIIS

Moi au moins mes cousines savent que je suis encore vivant, parce que de temps en temps je change mon profil sur Facebook. Mais comment l’Etat va savoir qu’un fonctionnaire de Ndikiniméki vient de décéder ? Hein ?

Dans notre administration, on fait le business sur les cadavres ! Quand le banquier se rend compte que tu ne viens plus chercher ton salaire depuis un bon moment, il ne dit rien, mais il se partage ça avec ses collègues. Quand un enseignant trépasse et que toute sa famille comptait sur son salaire, son épouse vient supplier le proviseur que « Ééh ! Chef ! Pardon ne dites pas au ministre que mon mari est mort, parce qu’il m’a laissé au moins 4 bouches à nourrir. »

C’est comme le cas de Charles Ateba Eyené norr ! Tout le Cameroun sait qu’il est mort le 21 février 2014 ; mais est-ce que vous savez que son salaire continue de passer jusqu’aujourd’hui ? Hein ? Vous voulez me dire que c’est lui qui perçoit ça de l’autre côté ?

 

IL Y A LES DÉSERTEURS QUI NE VIVENT PAS DANS LE DÉSERT

Je ne vous apprends rien, tous les Camerounais rêvent de partir du Cameroun ! Parfois quand tu n’as pas encore l’argent pour entamer les démarches du visa, tu t’engages dans la fonction publique. Tu sais qu’on va te trimballer pendant deux ans et qu’on peut même te demander de raser tes cheveux, mais tu sais qu’à la fin il y aura au moins ton rappel

Et avec ce rappel, tu vas bien te rappeler de tes anciennes copines. Tu pourras partir en aventure comme on dit ici, ou alors te lancer dans une nouvelle affaire. Tu pourras aussi mouiller la barbe de deux ou trois supérieurs hiérarchiques, pour que ton salaire continue de passer même si tu te retrouves déjà en Mauritanie.

Il y a même quoi d’étrange ?

 

IL Y A LES CRÉATURES ADMINISTRATIVES

Pas ce que Jacques Fame Ndongo part dire à la télé qu’il est la créature de Paul Biya ! Si tu veux vraiment voir ce qu’on appelle la créature d’un créateur, il faut d’abord maîtriser la création d’un fonctionnaire.

Un ministère Y informe le MINFOPRA (le ministère des fonctionnaires) qu’il a besoin de personnel. Le MINFOPRA examine la liste des gens qu’on a envoyée, puis la transfère au ministère des Finances. Celui-ci vérifie qu’on peut les intégrer au fichier solde de l’Etat, donc qu’on peut les payer. Ensuite il renvoie cette liste au MINFOPRA qui l’enregistre avant d’aller en informer le ministère Y.

C’est facile norr ?

Sauf que dans la liste que le ministère Y avait envoyée au départ, il y avait beaucoup de personnes qui sont fictives ! Vous me comprenez ? Le MINFOPRA a aussi élargi la liste-là avec des gens qui sont totalement imaginaires. Vous me suivez bien ? Le ministre ministère des Finances a aussi dit que « A’aka ! Vous voulez seulement manger vous deux ? J’ajoute aussi ma part ! »

Et c’est comme ça qu’à la fin du mois, tu vas voir quelqu’un qui se retrouve avec 14 matricules de la fonction publique camerounaise…

 

Michel Ange Angouing, ministre de la fonction publique du Cameroun
Michel Ange Angouing, ministre de la Fonction publique du Cameroun

 

CAMEROUN : COMMENT RECONNAÎTRE UN ADMINISTRATEUR IMAGINAIRE ?

Donc je le redis encore, ce n’est pas parce que je ne rends pas visite que vous allez penser que je suis un cousin imaginaire. Car si j’étais vraiment fictif comme certains fonctionnaires, vous n’auriez même pas l’occasion de me voir pour me raconter ce genre de choses…

 

Pour reconnaître un fonctionnaire fictif, c’est le genre de personne qui a triplé son salaire depuis qu’on l’a envoyé à la retraite.

Pour savoir qu’un fonctionnaire est louche, c’est quand il vit déjà au Gabon, mais qu’il vient toujours retirer son salaire à Bamenda.

Pour reconnaître un vrai fonctionnaire qui n’existe pas, c’est quand son oncle vient toujours percevoir son argent par procuration (pendant cinq ans ? Mon frère !).

 

Et donc on a recensé 10.375 fonctionnaires fictifs au Cameroun ; je dis bien 10.375 fonctionnaires imaginaires ! Et si tu calcules ce que ça coûte au contribuable camerounais pendant seulement 12 mois, tu vas presque te retrouver dans le vertige : 24,9 milliards de francs CFA !

 

 

Ecclésiaste DEUDJUI

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Un jour, moi aussi je deviendrai un courtisan Camerounais

Avant, quand mon père n’était pas encore parti à la retraite, il y avait toujours au moins 15 personnes autour de lui ! Les gens lui disaient qu’il était beau, qu’il était propre, qu’il avait raison, et qu’il était même très sage. C’est comme les types qui disent aujourd’hui que Paul Biya est l’homme le plus intelligentissime du monde !

Un jour, vous allez comprendre que ces gens-là ne sont que de bons flatteurs…

 

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Nos hommes politiques sont des flatteurs

 

UN JOUR, MOI AUSSI JE DRAGUERAI À LA MANIÈRE CAMEROUNAISE

Pour draguer comme un Camerounais, c’est très simple ! Si la fille te dit qu’elle s’appelle Mélanie, tu dois lui répondre « Waouh ! Quel beau prénom ! ». Si elle te dit qu’elle se prénomme Pascaline, tu dois lui répondre « Waouh ! Quel beau prénom ! ». Si elle te dit que son 1er prénom c’est Marie-Antoinette, tu dois lui dire que tu adores son prénom parce que ça te rappelle un peu l’histoire de la révolution française… Tsuip !

Les Camerounais, ils sont extraordinaires dans la drague ! Quand tu es noire ils disent qu’ils n’aiment pas trop les filles qui font le maquillage. Quand tu fais le maquillage ils disent qu’ils n’aiment pas les filles qui sont noires comme le charbon. Quand tu as déjà accouché ils disent que ça prouve que tu n’es pas une fille stérile. Quand tu n’as pas d’enfant, ils disent que c’est exactement la qualité de femme-là qu’ils étaient en train de rechercher…

Quand tu as un peu le gros corps, ils aiment les filles qui sont bien potelées comme Zakougla. Quand tu es plutôt maigrichonne, ils aiment maintenant les filles qui sont mannequins jusqu’ààààààà…

Un peu comme les filles qui sont sur la couverture des magazines people.

 

UN JOUR, MOI AUSSI J’ENVERRAI MON CV AVEC DES BOUQUETS DE FLEURS

Tu as déjà vu comment on demande le travail ici chez nous ? C’est presqu’avec des bouquets de fleurs !

Dans ta demande manuscrite, tu dois préciser que tu admires la société-là à mort ! Dans ta lettre de motivation, tu peux mentionner que tu connais le PDG de cette entreprise, et que depuis qu’il est petit il a toujours été très pertinent et très intelligent (tu étais là ?)

Dans ton Curriculum Vitae, tu ne dois mettre que les informations qui intéressent les recruteurs. Et si tu connais le sport préféré du DRH, il faut à tout prix mettre ça parmi tes hobbies même si tu n’as jamais eu de hobby.

Un jour, moi aussi j’enverrai mon CV en indiquant que je suis du même village que le grand patron.

 

UN JOUR, MOI AUSSI JE LANCERAI DES ATALAKOUS AUX GENS

Dans les boîtes de nuit c’est grave ! Si tu t’appelles Samuel Eto’o et que les gens se disent que tu as un peu, c’est le DJ qui va commencer : « Eto’ooooooo… Eto’o ! Eto’ooooooo… Eto’o ! » Ensuite il va annoncer au micro que tu viens d’entrer dans la salle, et raconter comment tu es un pacha. Si tu t’assois sans le regarder, il va insister pour que tu ne « gâtes pas ton nom ». Dis donc ! Ou tu es un président ou tu n’es pas un président…

Et c’est la même chose avec tes voisins du quartier, ils vont t’appeler « Baobab » chaque fois qu’ils vont te voir au carrefour. Ou bien « Maestro », ou bien « Ambassadeur », ou bien « Pichichi », ou bien « Sénateur ». Tout ça c’est pour que tu leur déposes quelques bières sur la table…

 

UN JOUR, MOI AUSSI JE DIRAI QUE PAUL BIYA EST LE SEUL PRÉSIDENT QU’IL NOUS FAUT AU CAMEROUN

Parmi tous les courtisans que je viens de citer, voici vraiment ceux qui me font le plus de mal. Non seulement parce qu’ils me font du mal à moi, simple Camerounais, mais surtout parce qu’ils font du mal à toute la population camerounaise

Un jour, je n’ai pas du tout envie d’être comme eux ! Ils disent que Paul Biya a toujours raison, et qu’il ne se trompe jamais. Ils disent que notre président a un bon cœur, mais que c’est son entourage qui a un mauvais cœur. Ils disent que même si le type-là est au pouvoir depuis 1982 (et dans l’administration depuis 1961), il a encore la santé mentale d’un jeune homme de 17 ans ! Et le plus grave, en 2015, c’est qu’ils veulent nous faire croire qu’il n’y a pas un autre Camerounais dans le monde qui peut occuper notre poste de chef de l’Etat.

Vous voyez alors le summum de la flatterie ?

 

Les Camerounais mentent pour atteindre leurs objectifs
Les Camerounais mentent pour atteindre leurs objectifs

 

NON, MOI JE NE SERAI JAMAIS UN COURTISAN CAMEROUNAIS UN JOUR

Et donc depuis que mon père est parti à la retraite en 2005, il n’y a même plus 2 personnes autour de lui (sauf si on compte son épouse). Les gens ne viennent plus lui dire qu’il est beau, qu’il est propre, qu’il a raison, et qu’il est même très sage.

Il va même d’abord les voir où pour qu’on lui dise ce genre de choses ?…

 

Un jour, je ne dirai jamais à une fille que j’ai envie de passer le reste de ma vie avec elle, alors que j’ai seulement envie de passer le reste de la nuit soirée avec elle.

Un autre jour, je ne dirai jamais à mes amis qu’ils sont sur le bon chemin, alors que j’ai déjà constaté qu’ils sont en train de foncer contre le mur.

Un jour si je réussis à trouver le travail ici à Douala, je ne dirai jamais à mon patron que son entreprise se porte à merveille, alors que je suis seulement en train de calculer comment il va « bien me regarder »…

 

Et pourtant au Cameroun c’est le contraire, les gens sont devenus des flagorneurs. Ils apprécient la photo des mbeinguètaires, ils disent que tu es le meilleur bailleur, ils n’ont jamais rencontré un homme valable comme le Délégué du gouvernement. Ils vont même jusqu’à flatter la fille qui vend les condiments au marché central, parce qu’ils espèrent qu’elle va leur donner le « cadeau ».

Et vous pensez qu’on peut avancer dans un pays où il n’y a que des courtisans ?

 

 

Ecclésiaste DEUDJUI

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J’ai testé les nouvelles mesures de sécurité au Cameroun

Le week-end dernier j’étais à Makénéné pour notre réunion de famille. Ce qui m’a surpris dans ce pays qui est en guerre, c’est que je n’ai même pas été contrôlé pendant mes multiples voyages.

La seule fois où la police nous a interpellés, c’était au niveau de Nkongsamba. Et pendant que je fouillais ma poche arrière pour voir si je n’avais pas oublié ma carte d’identité, le chauffeur est venu nous dire : « C’est bon ! »

Il venait de mettre 1.500 francs à l’intérieur de son permis de conduire…

 

les voyages en bus se font sans véritable sécurité
Les voyages en bus se font sans véritable sécurité

 

J’AI TESTÉ LES DÉTECTEURS DE MÉTAUX

Vrai hein, les premiers jours j’ai d’abord cru qu’on était dans un film américain. Quand il y a eu attentat-suicide à Maroua la 2e fois, Douala est subitement devenue une zone de couvre-feu ! À la rue de la Joie, j’ai vu comment les gens s’alignaient devant les boîtes de nuit pour qu’on les contrôle. J’ai même vu un vigile envoyer ses grosses mains dans le caleçon d’une fille androïde, les gens qui étaient dans le rang ont seulement dit : « Mon frère ! C’est toujours pour la sécurité comme ça ? »

Quand j’ai changé de milieu pour aller boire le vrai vin dans la zone estudiantine, on nous a fait passer à un détecteur de métaux. Et comme j’avais les clés de ma chambre dans la poche de mon pantalon, le détecteur a fait « pip-pip ». Les gens se sont écartés de moi comme si j’avais attrapé la maladie de la vache folle… Tsuip !

Mais ce qui est surprenant, c’est que le videur m’a laissé entrer sans même vérifier que c’étaient effectivement ce signal était dû aux clefs. Quand j’ai voulu les lui montrer, il m’a hurlé dessus : « Entre là-bas, dis donc ! On t’a dit que j’ai du temps à perdre ? »

J’AI TESTÉ LA FERMETURE DES BARS À 19 HEURES

Quand nous sommes arrivés à Makénéné il était presque 19 heures, les bars étaient en train de s’ouvrir ?

Je suis entré dans un bar et j’ai demandé à la serveuse de m’apporter vite une Mützig avant qu’on ne vienne fermer l’établissement. Elle ne voulait pas être précipitée : « Tu ne vois pas que le commissaire lui-même est en train de boire ses Gold Harp là-bas à côté ? Tu es pressé pour aller où ? »

Non, franchement, aucun bar ne ferme à 19 heures au Cameroun ! Ça doit être un poisson d’avril en retard. Ça doit être une plaisanterie pour détendre un peu l’atmosphère pendant ces moments de tension. Ça doit être un préfet qui ne savait pas comment faire pour passer au journal de la CRTV à 20 heures. Parce que je vais le redire encore ici, aucun bar ne ferme à 19 heures dans le pays.

C’est vrai que parfois la police peut surgir au milieu de la nuit dans un snack-bar et vous demander vos pièces d’identité. Mais comment les policiers vont voir vos papiers avec nos multiples jeux de lumière ?

J’AI TESTÉ LES COMPORTEMENTS SUSPECTS

N’est-ce pas, on vous a dit qu’on avait attrapé 2 gars à l’église de Bépanda parce qu’ils étaient suspects ? Hein ? Pourquoi on ne vient pas aussi vous dire qu’on les a déjà relâchés ?

Franchement, votre suspicion, c’est vous seuls qui savez comment la définir. Mais de grâce, ne venez pas nous faire plonger dans la paranoïa ici au Cameroun !…

Parce que si c’est comme ça, il faudrait d’abord soupçonner toutes les filles qui attachent leur ceinture au niveau de leur ventre… Je suis sérieux ! Qu’est-ce qui nous prouve que les larges ceintures-là ne sont pas des explosifs ?

Et puis, ce n’est pas parce que quelqu’un a la tête en l’air que vous allez penser que c’est un terroriste ! Prenons mon cas par exemple ! L’autre jour j’avais rendez-vous avec une araignée à Bonamoussadi, et comme la go ne venait pas j’ai commencé à m’impatienter. Après 15 minutes seulement, je transpirais déjà à grosses gouttes. J’ai commencé à regarder les gens de façon bizarre, et j’ai même commandé une Malta Guinness (il n’y a pas plus suspect qu’un homme qui boit la Malta Guinness).

À un moment donné, mes mains sont carrément devenues moites. Et je vous jure que si la fille n’était pas venue dans les secondes qui ont suivi, quelqu’un allait composer le 1500 et se décider à me dénoncer à la gendarmerie…

J’AI TESTÉ L’INTERDICTION DE LA BURQA

Franchement je n’ai pas testé l’autre, là ! Je vais d’abord m’approcher d’une femme qui a la burqa par rapport à quoi ? Hein ? Qu’est-ce qui me prouve même d’abord que c’est une femme qui est à l’intérieur ?

Non, sérieusement, je pense que celui qui a interdit la burqa ne devait pas s’arrêter en si bon chemin. Il devait aussi interdire le jogging et les pull-overs. Il devait interdire les kabas que nos grand-mères portent dans les villages. Il devait aussi interdire les longues robes de mariage. Il devait demander aux femmes qui marchent avec les vibromasseurs-là que « Je demande hein, est-ce que vous êtes même d’abord obligées de maigrir ? »

Le type qui a pris sur lui d’interdire la burqa dans son territoire de commandement, il devait d’abord interdire la gandoura à notre président de l’Assemblée nationale; parce que c’est ce dernier qui avait dit que « les terroristes sont parmi nous ». Comment est-ce qu’il a fait pour savoir ce genre de choses ?

De toute façon là-bas à Makénéné, je n’ai vu personne arborer la burqa ! Les gens buvaient eux leur bière à côté du commissaire qui buvait ses Gold Harp, et personne n’est venu nous turlupiner avec ses histoires de détecteurs de métaux.

Vous voulez venir changer la vie des gens ?

 

la fermeture des bars à 19h n'est qu'une rigolade
La fermeture des bars à 19 h n’est qu’une rigolade

 

CAMEROUN : J’AI TESTÉ LES NOUVELLES MESURES D’INSÉCURITÉ

Donc quand je farfouillais ma poche arrière pour voir si je n’avais pas oublié ma CNI là-bas à Douala, c’est là que le chauffeur est venu nous dire que « C’est bon ! J’ai déjà donné l’argent, donc asseyez-vous on part ! »

Quand j’avais pris le ticket de Douala pour Bagangté, le chef d’agence nous avait dit que « Tous ceux qui n’ont pas leur carte d’identité doivent me donner 1.000 francs CFA. »

Quand je m’étais installé au milieu du gros porteur, aucun passager ne savait même ce qu’il y avait dans mon sac à dos.

Quand on a donc rencontré la police sur le chemin du retour, à Nkongsamba, j’ai entendu un brigadier dire à son collègue : « Chef ! Le chauffeur t’a déjà donné les 1500-là ? »

Et c’est comme ça que nous on fonctionne avec la sécurité ici, dans un laxisme qui n’a même pas d’équivalence. Parce que dans les lieux publics, dans les transports en commun, dans les domiciles et même dans les villages, personne de nous ne fait preuve de vigilance !

Et si tu viens leur dire que le Cameroun est dans une période de crise, ils vont te regarder comme si tu étais un marabout : « Donc on ne doit plus vivre parce qu’il y a Boko Haram ? »

 

 

Ecclésiaste DEUDJUI

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Montre-moi ton bureau camerounais, et je te dirai qui tu es

J’étais dans le bureau d’un avocat l’autre jour, à Bonanjo. Ou le type voulait seulement me provoquer oooh ! Il m’a fait attendre plus de 25 minutes en face de lui, parce qu’il était en train de manipuler son ordinateur portable. Un Mac. À un moment il s’est arrêté et il m’a regardé, comme s’il voulait enfin m’adresser la parole. Puis il s’est remis à faire des bruits bizarres avec ses longues phalanges, sous prétexte qu’il dactylographiait avec la méthode aveugle… Tsuip !

Je suis sorti de son cabinet sans même lui demander la permission, car j’en avais déjà marre. Et si son but c’était de m’impressionner avec ses chaises Louis XIV qu’il y avait partout dans la pièce, je dois lui dire qu’il a menti !

Car je connais déjà tous les bureaux qu’il y a ici au Cameroun !

 

l'activiste Delor Magellan Kamga a utilisé la rue comme bureau de revendication
L’activiste Delor Magellan Kamga a utilisé la rue comme bureau de revendication

 

IL Y A LES BUREAUX DES NOUVEAUX MILLIONNAIRES

Je parle des gens que l’argent a surpris norr, vous ignorez quoi ? Les gens que quand ils étaient tout petits, ils vendaient le maïs avec les prunes à l’intérieur du marché central…

Les nouveaux riches, c’est très facile de reconnaître leur bureau ! Déjà que c’est plus vaste que leur propre appartement. Déjà qu’il y a la moquette dans leur bureau alors qu’il n’y a même pas le Gerflex dans leur maison. Déjà qu’il y a un grand canapé en cuir, mais également des fauteuils au mur et des chaises en face de sa table…

Les nouveaux riches, on dirait qu’ils veulent seulement impressionner les gens qui leur rendent visite. Sinon pourquoi il y a en même temps un split et un climatiseur ? Hein ? Ce n’est pas la même chose ? Pourquoi il y a un large écran plat sur le mur alors que personne n’a même le droit d’aller augmenter le volume ? Hein ? Pourquoi il y a aussi toutes ses photos de famille depuis qu’il a l’âge de 9 ans ? Est-ce que ça a un rapport avec le travail ?

 

IL Y A LES BUREAUX DES ENTREPRISES QUI NE PAYENT PAS LEURS IMPÔTS

Je parle de milliers et de milliers d’entreprises. Parce qu’on le veuille ou non, la plupart de nos entreprises sont essentiellement des esquiveuses fiscales !

Dans leurs bureaux, il y a une pagaille-là qui m’a toujours dépassé. Parfois tu vois quelqu’un concentré devant un ordinateur, alors que l’ordinateur-là est éteint. Parfois il y a déjà la poussière sur les dossiers qu’on a traités ça ne fait même pas encore 30 secondes. Parfois c’est le menuisier qui vient vous demander de vous lever d’abord, parce qu’il veut partir avec votre table. Parfois il y a deux ventilateurs qui tournent rapidement jusqu’ààààààà… mais qui ne vous donnent même pas une seule goutte d’air ! Parfois tu trouves les employés en train de taper eux leurs commentaires, ou bien en train de manger eux leur pain-haricot. L’avocat-là croit qu’il va me montrer quoi que je n’ai pas encore vu ici ?

 

IL Y A LES BUREAUX DES CRÉATEURS D’ENTREPRISES

Est-ce que ce sont même des bureaux ? Il y a plein de gars, ici qui te disent qu’ils ont monté leur entreprise, mais va alors leur demander de te recevoir ! Tu vas voir comment ils vont commencer à manger la bouche : « Heu… c’est-à-dire que… le premier ministre a dit que… » Philémon Yang a quoi à y voir avec ton bureau qu’on te demande ?

Je ne leur en veux pas, c’est parce que leur bureau se trouve dans leur mallette ! Quand le gars a gagné un marché, il ouvre son sac et tu vois alors les agrafeuses, les trombones, les papiers en-tête… Si tu insistes trop pour qu’il te reçoive, il va aller quémander le studio de son grand-frère qui est installé là-bas à Bali !

Donc si un jour vous traitez business avec un Camerounais qui vous reçoit toujours dans les snack-bars et dans les glaciers modernes, ne cherchez plus où se trouve son bureau : c’est juste en bas de votre table !

 

IL Y A LES BUREAUX DE NOS TECHNICIENS ET DE NOS RÉPARATEURS

A’aka ! Je n’ai même pas envie de perdre le temps sur la qualité de bureaux là. Quand c’est un bailleur, c’est la véranda de sa maison. Quand c’est une call-boxeuse, c’est son parapluie avec sa chaise en bois. Quand c’est un contrôleur routier, c’est un bungalow qu’on a confectionné avec les vieux bambous de Chine. Quand c’est un colleur de roues, le gars est lui gaillardement installé sur le siège d’une voiture qui a perdu toute sa carrosserie. Quand c’est un réparateur de vélos, tu vois comment ton type se noie dans une montagne de vieux vélocipèdes abandonnés, et après il sort sa grosse tête pour te demander que « Je te cherche même combien de cylindres ? ».

Et c’est la même chose avec les réparateurs de frigo, ainsi qu’avec les réparateurs de téléviseurs. Ils aiment quand ils travaillent à côté des vieux appareils gâtés jusqu’ààààààà…

Mieux encore les coiffeurs que quand il n’y a pas de client dans son salon, il peut au moins s’amuser à tourbillonner avec sa modeste chaise roulante.

 

IL Y A LES BUREAUX DES FONCTIONNAIRES CAMEROUNAIS

Je n’aime pas trop la politique hein, pardon. Je sais seulement que quand tu entres dans le bureau d’un fonctionnaire camerounais, il y a toujours la photo de Paul Biya quand il accédait encore au pouvoir (donc le type là aura toujours 49 ans ?). Parfois il y a aussi la casquette du RDPC sur la table de bureau, ou alors l’écharpe du CPDM si c’est un fonctionnaire du Sud-Ouest. Mais dans tous les cas il y a des tonnes de documents qui ne servent à rien, parce que je n’ai toujours pas compris pourquoi les Camerounais refusent de s’informatiser, et donc de tout décentraliser… Tsuip !

Pour savoir que tu es dans un bureau de fonctionnaires, les gens arrivent à 10 h, ils sortent manger à 11 h, ils reviennent prendre leur sac à 14 h, et ils sont déjà chez eux à 15 h.

Mon avocat-là veut même me montrer que quoi ?

 

le bureau de certains vendeurs d'aliments, c'est sur l'axe-lourd
Le bureau de certains vendeurs d’aliments, c’est sur l’axe lourd

 

MONTRE-MOI TON BUREAU CAMEROUNAIS, ET JE TE DIRAI CELUI QUE TU PEUX ÊTRE…

J’ai donc claqué la porte de cet avocat-là en catimini, et je suis rentré chez moi sans même regarder mon derrière. Comment ça !

 

Dans les bureaux camerounais, il y a toujours une cafetière alors que personne n’aime boire le Nescafé ici.

Dans les bureaux de Yaoundé et même de Douala, les gens passent le temps à s’intriguer et à raconter le kongossa les uns sur les autres.

Dans les bureaux du Grand-Nord, ou bien dans ceux du Grand-Sud, il y a toujours un vigile maguida qui joue essentiellement le rôle de la secrétaire…

 

Et puis les gens sont toujours en costard pour les hommes, et en tailleur pour les dames ; comme s’ils avaient besoin d’une cravate et d’une jupe droite pour bien réfléchir. Alors que ce qu’il nous faut ce sont des ateliers de fabrication, des chaînes de montage, des usines de production. Il nous faudrait aussi de vastes plantations et des hectares de champs, parce que notre développement passera forcément par une excellente agriculture.

Et par les bureaux qui seront mis en place pour soutenir ce genre d’initiatives !

 

 

Ecclésiaste DEUDJUI

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Radioscopie du tribalisme à la camerounaise

Je discutais avec un étudiant de Ngoa-Ekellé l’autre jour. Je crois qu’il doit faire sociologie. Il m’expliquait comment le Cameroun est un pays qui ne connaît même pas la xénophobie (ah bon ?). Je n’ai pas eu besoin d’un laser pour lui prouver que nous sommes un vrai peuple de tribalistes.

J’ai juste eu besoin de quelques rayons X.

 

Au Cameroun, on vérifie d'abord l'ethnie avant de s'engager pour le mariage
Au Cameroun, on vérifie d’abord l’ethnie avant de s’engager pour le mariage

 

ON DIT QUE LES DOUALAS SONT DE GROS FAINÉANTS

Ce n’est pas le tribalisme ça ? Hein ? Vous qui jugez les Doualas alors que vous ne les connaissez même pas !

Ce n’est pas tribaliste, de dire que ce sont de vrais gros fainéants ? Hein ? De raconter partout que leurs filles connaissent seulement vendre le pain-haricot le matin, et les beignets-haricot le soir ? Hein ?

Si vous voulez mon avis, je trouve cela très tribaliste ! On dit que les gars Douala connaissent seulement attendre 16 h pour aller jouer à la santé. On dit que du matin jusqu’au soir, ils sont là devant les kiosques du Parifoot. On dit que la seule voiture qu’ils utilisent pour quitter la maison parentale, c’est un long corbillard noir ! On dit que dès qu’ils ont moindre deuil, ils profitent pour barrer les routes qui passent devant leur maison au quartier. On dit que ce sont eux qui se brossent les dents le matin en plein carrefour. On dit même que parfois tu les vois avec de gros costumes et de grosses chaussures, alors qu’ils ne savent même pas ce qu’ils vont manger à la maison le soir…

 

ON RACONTE QUE LES BAMILÉKÉS SONT CHICHES JUSQU’À CE N’EST PLUS BON

Est-ce que ça c’est même un secret ? Mais ce qui m’étonne, c’est que les Bamilékés du Cameroun assument leur chicheté-là avec indifférence (c’est comme ça qu’on écrit « chicheté » ?).

En tous cas, tribalisme ou pas tribalisme, on raconte beaucoup de choses sur les gens de l’Ouest. Que si tu pars dans n’importe quel village du Cameroun, tu vas trouver la boutique d’un Bamiléké dans le village-là. Qu’ils aiment faire la tontine jusqu’ààààààà… Et qu’ils n’épousent jamais les femmes qui viennent d’un autre village.

Les Bamilékés ? Pardon cessez de dire qu’ils ne subissent pas le tribalisme ! Sinon, pourquoi vous dites qu’un gars N’graphi sera jamais président de la République du Cameroun ? Hein ? Vous croyez que nos oreilles sont bouchées quand vous racontez ça partout, partout ?

Vous dites que les Mbouda aiment trop manger l’avocat ; et alors ? Vous dites que les Dschang aiment trop manger la viande du porc ; et alors ? Vous dites que les Bagangté aiment trop se vanter dans le vide ; et ça fait quoi ? Vous dites que les Bandjounais sont sales, que les filles Bafoussam ne savent même pas faire l’amour, et que les Bafang passent leur temps à célébrer les crânes des ancêtres au lieu d’aller prier dans les églises occidentales…

Ce n’est pas ça le tribalisme ?

 

ON DIT MÊME QUE LES EWONDOS AIMENT TROP LA SEXUALITÉ

Bon là, je ne suis pas trop certain que je peux contredire […]

Franchement, qui peut me citer une seule femme Ewondo qui n’aime pas faire les galipettes ? Personne ? Même si c’est une fille Sangmélima, même si c’est une fille Boulou’ou, même si c’est une fille Etonn’, Béti, Monatélé… Qui peut me citer une seule femme de là-bas qui n’aime pas trop faire les galipettes ?

Moi j’appelle ça le tribalisme ! Déjà, on les appelle les Nkwa’as. On dit que les Etonn’ ont 5 minutes de folie par jour. On dit que les Ewondos vendent le terrain avec la fronde. On dit que dès qu’ils ont touché leur salaire, le lendemain c’est déjà tout fini jusqu’à ils empruntent les allumettes à la voisine. On dit que leurs filles adorent la bastonnade jusqu’ààààààà (vous avez déjà vu qui qui adore la bastonnade ?).

On dit que quand tu rencontres une fille Yaoundè le matin, le soir c’est sa grand-mère qui vous accueille dans sa chambre : « Allez vous coucher sur mon lit, moi je vais allez dormir chez tonton Atangana ».

Mékanéva’aa.

 

N’EST-CE PAS ON RACONTE QUE CE SONT LES ANGLOPHONES QUI ONT APPORTÉ LA BORDELLERIE ICI ?

Les Banyanguès plus précisément. Ou c’est vrai oooh, ou ce n’est pas vrai oooh ! En tous cas je suis persuadé qu’il n’y a jamais de fumée sans feu.

Nos prostituées anglophones d’ici, elles se transmettent la bordellerie de génération en génération. Et quand elles « travaillent » leur argent, ça part rester dans les microfinances de Kumba ou bien de Buea. C’est avec ça qu’elles envoient leurs enfants à l’école, et qu’elles s’occupent un peu de leur famille au village.

Je sais, j’exagère. Mais les préjugés disent que quand on vend le poisson braisé à Kumba, il y a pour 500 et pour 600. Et que si tu veux pour 1 000 francs CFA, la vendeuse va te demander d’aller l’attendre à l’auberge…

 

ON PENSE PARFOIS QUE TOUS LES NORDISTES SONT EUX DES MUSULMANS

Vrai, vrai hein, il y a des gens ici qui pensent que tous les Nordistes sont eux des musulmans. Je vous jure ! Il y a des gens ici qui pensent que là-bas, il fait chaud du matin jusqu’au soir. Alors que le froid qu’il y a à Ngaoundéré, on dirait que c’est un froid qui sort tout droit du congélateur.

Franchement, le tribalisme commence d’abord avec les Nordistes ! On ne les distingue pas, on les met tous dans le même panier : les Foufouldés, les Wadjos, les M’bororos (c’est comme si on mélangeait un Yambassa avec un gars de Bertoua). On dit que les Toupouris sont tous pourris. On sait que là-bas il y a Boko Haram et les coupeurs de route, mais ça ne nous émeut pas normalement comme il le faudrait. On sait que là-bas il y a l’analphabétisation infantile, mais ça nous regarde même avec quoi ? On sait que là-bas il y a le choléra, et que parfois on assassine les albinos dès leur naissance, mais est-ce que ça nous concerne ? Vous avez déjà entendu un Sudiste dire qu’il va aller passer ses vacances là-bas au Nord ?

 

On dit que les Etonn' ont 5 minutes de folie par jour
On dit que les Etonn’ ont 5 minutes de folie par jour

 

RADIOSCOPIE COMPLÈTE DU TRIBALISME À LA SAUCE CAMEROUNAISE

Donc mon petit étudiant de Ngoa-Ekellé-là, qu’il arrête ses discours que nos « intellect-tueurs » sont en train de lui fourrer dans le crâne. Car ce que les gens-là lui disent, ça ne s’appelle pas de la sociologie !

 

Nous sommes tribalistes, parce que nous pensons que toutes les jolies filles de Kribi sont des mamy wata.

Nous sommes tribalistes, parce que quand je suis allé à Ebolowa l’autre jour, mes amis m’ont dit de ne pas manger la tête du poisson qu’une fille va me donner (on dit qu’elles ont le charme).

Nous sommes tribalistes, parce que si tu rencontres une femme et que tu commences à lui donner tout ton argent comme un imbécile, tout le monde va dire que tu viens de Bamenda.

Nous sommes tribalistes, parce que quand tu vas dire à ton père que tu es tombé amoureux d’une jolie fille Bafia, il va te dire : « Ééh mon fils ! Pardon quitte vite derrière les problèmes ! »

 

Et c’est la même chose avec les Bassa’a, c’est la même chose avec les pygmées, c’est la même chose avec les gens qui sont originaires des peuples Bamouns. C’est la même chose avec l’équilibre régional. C’est la même chose qui se passe dans toutes nos entreprises. Ce ne sont pas les compétences qui nous intéressent, mais exclusivement les origines ethniques.

Des choses que les Camerounais passent le temps à renier, alors que nous savons pertinemment que nous sommes essentiellement des tribalistes !

 

Ecclésiaste DEUDJUI

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Cameroun : leurs gestes trahissent leurs paroles

Franchement, je ne sais même pas pourquoi les Camerounais aiment gaspiller leur salive ! Quand tu les rencontres dans la rue, ils sont toujours en train de dire que « Pardon je ne veux plus le bavardage dans mes oreilles ! » Parfois, quand tu discutes avec une femme qui habite déjà avec un homme, elle est toujours en train de dire qu’elle ne comprend même pas ce qu’il y a dans la tête de son mari.

Alors que si tu veux savoir tout ce qu’il y a dans le cerveau d’un Camerounais, tu n’as même pas besoin d’attendre qu’il ouvre sa large bouche.

Ses gestes suffisent !

 

Ce Camerounais n’a pas l’air très emballé par ce que veut la fille…
QUAND UN CAMEROUNAIS MET LES MAINS SUR LA TÊTE, ÇA VEUT DIRE QU’IL EST DÉPASSÉ

Tu vas aller demander quoi à quelqu’un qui met les mains sur la tête ? Hein ? Toi-même tu ne vois pas que c’est clair comme l’eau de roche ?

Ici, chez nous, quand quelqu’un met les deux mains sur la tête au même moment, ça veut dire qu’il est vraiment dépassé par les événements. Soit on vient de lui annoncer que le FC Barcelone a perdu contre le Recreativo Huelva (adieu son Parifoot), soit on vient de lui montrer la photo des 4 dernières gagnantes du concours Miss Cameroun (elles sont belles avec quoi ?). Soit encore, il a appris que sa petite amie vient d’accoucher de jumelles à l’hôpital Laquintinie, alors qu’elle lui disait chaque fois qu’elle était encore complètement vierge…

Sans blague, les mains sur la tête ça veut tout dire ici chez nous. Ça veut dire que tu ne t’attendais pas du tout à ce que tu viens d’entendre. Tu pouvais même mettre tes deux mains au feu de bois ! Et en général tu ouvres grandement ta bouche, puis tu écarquilles tes larges yeux. C’est là que tu commences à embêter les gens avec des questionnements qui n’ont même pas de raison d’être…

QUAND UN CAMEROUNAIS SE ROULE PAR TERRE, ÇA VEUT DIRE QU’IL Y A UN DEUIL QUELQUE PART

Il s’agit là d’un deuil grave hein, pas n’importe lequel ! Si c’était un simple deuil, tu allais simplement mettre les deux mains sur la tête et tu allais nous poser tes interrogations stupides (« C’est vraiment vrai qu’il est mort ? »). Mais là c’est ton propre père qui est décédé, ou alors ta propre mère. En tous cas c’est un deuil qui te concerne directement-directement.

Et comme on t’a annoncé ça au carrefour –et que tu veux montrer à la foule que tu es vraiment très émotif–, il faut immédiatement que tu t’enroules par terre.

Même si c’est dans la poussière, à terre ! Même si c’est sur le goudron avec les bendskineurs qui accélèrent n’importe comment-là, à terre ! Même si c’est sous la pluie et que tout le monde est en train de fuir pour s’abriter comme s’ils avaient le sucre de la SOSUCAM sur le corps, à terre ! Toi tu dois sauf que rester dans la boue, pour montrer aux gens que tu es vraiment très attristé par cette mauvaise nouvelle qu’on vient de t’annoncer…

Ce geste, c’est surtout les femmes bamilékées qui l’ont inventé pendant le maquis des années 1950 (elles attendent même quoi pour déposer un brevet ?). Donc quand tu vas croiser une Camerounaise qui se roule par terre à côté de toi, il ne faut surtout pas que tu croies qu’elle est en train de subir une crise d’épilepsie !

QUAND UN CAMEROUNAIS GRATTE SA TÊTE AVEC LA MAIN, ÇA VEUT DIRE QU’IL NE SAIT PAS QUOI DIRE

Un Camerounais qui gratte son crâne avec la main, ça ne veut pas dire qu’il a trop d’insectes dans les cheveux. Nôôô. Ça veut simplement dire qu’il est un peu coincé. C’est comme les enfants du cours élémentaire 2 norr ? Dès que la maîtresse demande que 1+1 font combien, tu vois comment tous les gaillards de derrière commencent à se peigner la chevelure avec leurs ongles… Tsuip !

Le grattage de tête avec la main droite (pour les droitiers), ça veut dire « Wèèèh, qu’est-ce que je vais même dire ici éééh ? ». Ou alors : « Je peux même faire comment pour m’en sortir dans cette sale histoire ? ».

Et pourtant les vraies gens qui doivent se gratter la tête ici au Cameroun, ils sont plutôt là pour avaler l’argent de notre République. Je parle en vrac de certains ministres, de certains députés, de certains ambassadeurs. Je parle de certains directeurs généraux ainsi que de certains sénateurs. Ces gens-là devraient se gratter la tête quand on leur pose des questions sur notre avenir, puisqu’ils ne daignent jamais nous apporter les bonnes réponses.

Enfin bref, je rêve d’un Cameroun où notre chef de l’Etat se gratterait la tête à la télévision nationale, quand on lui poserait la question de savoir : « Monsieur le Président, qu’avez-vous fait pour la jeunesse de votre pays ? »

QUAND UN CAMEROUNAIS SE COGNE LES GENOUX, ÇA VEUT DIRE QU’IL ATTEND QUELQU’UN AVEC RAGE

Laissons un peu la politique aux politiciens dis-donc ! Je connais quoi dans les affaires de Paul Biya ? Donc, quand un Camerounais se cogne les deux genoux l’un contre l’autre, ça veut dire qu’il attend un autre Camerounais avec la raaaaaaage.

Je vais même prendre quel exemple éééh ? Voilà ! Supposons que tu viens dire à une femme que tu as rencontré son mari à l’auberge avec sa meilleure voisine… Hein ? Ou bien tu apprends que c’est ton fils qui volait l’argent de la réunion que tu cachais en bas de ton oreiller… Vous voyez un peu ce genre de colère ?

Supposons que tu es un propriétaire, et que ton locataire a déjà fait presque 9 mois sans te donner l’argent du loyer. N’est-ce pas un jour tu vas te décider qu’ « aujourd’hui c’est aujourd’hui ? ». Puis tu vas aller t’asseoir à ta véranda (les bailleurs ont toujours une véranda), tu vas l’attendre, et tu vas subitement te mettre à frapper tes deux genoux l’un contre l’autre ? Hein ? Est-ce que tu auras même besoin d’ouvrir la bouche ?

Et je te rappelle que plus tu seras énervé, plus tu vas accélérer tes cognements là comme si on t’avait jeté sans caleçon au fin fond d’un congélateur.

 

il ne l'embrasse pas, il cherche le Visa Schengen
Il ne l’embrasse pas, il cherche le Visa Schengen

 

CAMEROUN : LEURS GESTES VONT TOUJOURS TRAHIR LEURS PAROLES

Franchement, je ne sais même pas pourquoi les Camerounais aiment toujours gaspiller leur pauvre salive. Alors que si tu restes dans un coin et que tu observes leurs mouvements, tu n’auras même plus besoin de supporter le charabia qu’ils sont tout le temps en train de se dire…

 

Quand les Camerounais haussent leurs deux épaules en même temps, ça veut dire qu’ils ne connaissent pas la réponse à la question que tu leur poses.

Quand les Camerounais sucent la canne alors qu’il n’y a aucune canne entre leurs dents, ça veut dire qu’ils sont énervés, mais que ça va passer d’un moment à l’autre.

Quand les Camerounais se saluent en se cognant le front, ça veut dire qu’ils sont dans une cérémonie, et que bientôt ils vont s’asseoir pour aller boire le vin ensemble.

Et quand les Camerounais posent leur joue à l’intérieur de leur main droite, ça veut dire qu’ils sont vraiment dépassés par les souffrances qu’on nous fait subir ici au Cameroun (« Wèèèh, je vais même faire comment ? »).

 

Parce que pendant le même moment, il y a des gens ici qui se mettent à genoux dans les grandes loges, pour obtenir de grandes nominations. Pendant le même moment, il y a des jeunes garçons qui se courbent devant leurs directeurs, pour que leur profil de carrière se redresse. Pendant que nous on baisse notre tête, il y a des responsables qui nous narguent en plein jour, comme les membres du comité de normalisation de la FECAFOOT.

Parce que paraît-il, ils disent que nous on n’a pas encore compris ce que signifient « les gestes qui parlent ».

 

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je suis Maroua

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Avant 2035, il nous faudra d’abord le développement personnel

J’ai assisté à un Voir-bébé il y a quelques semaines. Je vous le dis tout de suite, je ne sais même pas si le bébé-là était un garçon ou bien une fille. Toujours est-il que quand je suis allé boire mes Mützig avec son père, il m’a dit qu’il aimerait que son enfant obtienne sa licence professionnelle avant d’atteindre 2035.

2035 ? N’est-ce pas c’est le même mot que Paul Biya utilise pour nous embrouiller ? Parce que pour vous dire la vérité, on ne pourra jamais se développer en 2035 si on ne développe pas d’abord l’esprit des gens qui habitent ici au Cameroun…

 

les Camerounais n'exploitent pas leur potentiel
Les Camerounais n’exploitent pas leur potentiel

 

AVANT 2035, IL NOUS FAUDRA D’ABORD CONNAÎTRE L’ÉDUCATION CIVIQUE

C’est terrible ! On est dans un pays où l’éducation civique ne veut plus rien dire ! Les gens ne savent même pas ce que signifie leur citoyenneté. Ils ne connaissent ni leurs devoirs envers la République, ni leurs droits envers la société camerounaise…

Avant 2035, il nous faudra d’abord mettre l’accent sur l’éducation civique !

À partir de la maternelle, il faudra qu’on dise à nos enfants qu’ils ne doivent plus jeter les ordures n’importe comment dans la nature. À partir de l’école primaire, il faudra qu’on apprenne aux écoliers que « pisser sur les murs des voisins, ce n’est vraiment pas bon pour l’émergence ». À partir du lycée ou bien du collège, on devra inculquer aux élèves qu’ils ne doivent plus dire « le cul de ta mère » à n’importe qui, et surtout de n’importe quelle manière…

Au Cameroun, personne ne respecte les feux de signalisation. Et vous, vous voulez qu’on atteigne le développement comment ? Au Cameroun, les gens ne connaissent même pas les gestes des premiers secours. Les relations de bon voisinage sont détériorées dans les sous-quartiers. Les bailleurs et les locataires ne s’entendent même presque jamais. Les femmes mariées ne connaissent pas leurs droits dans le mariage divorce. La politesse a foutu le camp, de même que la bienséance et cette galanterie disparue qu’autrefois on appelait le romantisme.

Si mon ami veut que son bébé obtienne sa licence en 2035, il faudra d’abord qu’il commence par une très très bonne éducation […]

AVANT 2035, IL NOUS FAUDRA D’ABORD INTÉGRER LE PATRIOTISME

Le patriotisme ce n’est pas seulement d’aller retirer sa carte d’électeur à Elecam. À vrai dire, ça n’a rien à voir ! Le patriotisme ce n’est pas de raconter partout, partout qu’on supporte les Lionnes indomptables, ou bien qu’on soutient l’armée camerounaise. Vous voyez un peu, c’est un peu beaucoup plus compliqué que ça. Parce j’ai parfois l’impression que tous les Camerounais adorent le pays-ci, mais que personne ne l’aime en réalité…

Avant 2035, il nous faudra d’abord connaître le patriotisme ! C’est-à-dire que quand on te nomme ministre de l’Agriculture, tu dois faire tout et tout pour que l’agriculture de ton pays se développe. C’est-à-dire que quand tu es disc-jockey dans une boîte de nuit à Yaoundé, tu dois mettre 20 % de musique étrangère, et 80 % de musique camerounaise. C’est-à-dire que tu ne dois pas détourner les budgets publics qui sont censés aider les enfants de ton propre pays (n’est-ce pas tu as dit que tu aimais ta patrie ?). C’est-à-dire que si tu es devenu un spécialiste, tu dois faire en sorte que les gens du pays profitent de ton expertise mais également de tes connaissances…

Avant 2035, il nous faudra avant tout maîtriser le chauvinisme ! C’est-à-dire que si tu es président de la République du Cameroun, tu ne dois plus rester enfermé dans ton château de verre. Tu dois plutôt sortir pour saluer les foules, pardon, tes compatriotes que tu dis qu’ils t’ont élu. Et quand on viendra te dire qu’un Camerounais est en difficulté quelque part dans le monde (ou bien qu’il est mort), tu devras obligatoirement prendre la parole pour montrer que la Nation camerounaise est compatissante.

Tu comprends ? Tu dois vite apprendre ça avant 2035 !

AVANT 2035, IL NOUS FAUDRA AUSSI MAÎTRISER CE QUE C’EST QUE L’ÉTHIQUE

L’éthique c’est un peu comme l’éducation civique norr, je vais encore vous apprendre quoi ? L’éthique c’est quand les enfants obéissent à leurs parents. L’éthique c’est quand un professeur évite de coucher avec toutes ses élèves. L’éthique c’est quand un prêtre ne se retrouve pas dans les affaires de mœurs. L’éthique c’est quand tu peux chanter le bikutsi sans raconter la pornographie. L’éthique c’est quand tu décides que tu ne vas jamais ressembler au Pr Joseph Owona. L’éthique c’est quand les gens ne se moquent pas de ton honnêteté. L’éthique c’est quand un médecin ne considère pas son travail comme un commerce. L’éthique c’est quand tu fais des compliments à quelqu’un pendant qu’il est encore vivant. L’éthique c’est quand tu tombes amoureux d’une fille sans vouloir seulement la déshabiller. L’éthique c’est quand tu peux reconnaître que ton petit-frère est plus fort que toi. L’éthique, c’est quand tu es un intellectuel qui n’est pas là seulement pour faire la vantardise.

Parce que la seule chose qui te préoccupe, c’est qu’il y ait la Justice dans le pays qui t’a vu grandir !

AVANT 2035, IL NOUS FAUDRA D’ABORD APPRENDRE À TRAVAILLER

Les Camerounais ne connaissent pas encore bien le travail ! Eux ils pensent que pour travailler, il faut beaucoup transpirer. Eux ils pensent que pour devenir productif, il faut beaucoup bavarder et il faut absolument se rencontrer… Tsuip !

Au Cameroun, les gens ne travaillent pas encore pour l’émergence ! Tout ce qui les intéresse, c’est le salaire et les frais de mission. Tout ce qui les intéresse quand ils obtiennent un emploi, c’est que ça va leur permettre de tester leurs nouveaux habits (et aussi de ne pas s’ennuyer à la maison).

Avant 2035, il faudra qu’on nous apprenne la ponctualité ! Il faudra qu’on sache comment on se prépare avant une compétition. Il faudra qu’on nous apprenne comment on travaille avec rigueur, comment on interprète les données statistiques, comment on respecte les délais, les normes et les procédures.

Avant 2035, on devra dire aux Camerounais que le bon travail finit toujours par payer un jour ; et que pour devenir compétitif ici dehors, ce n’est pas la sorcellerie : il faut seulement faire ce qu’on appelle « la répétition des gestes ». Et puis je vais vous faire une confidence, parfois tu commences un travail en 2015, mais c’est en 2035 que tu vas obtenir la récompense…

 

le développement personnel commence par le respect
le développement personnel commence par le respect

 

D’ICI 2035, IL NOUS FAUT DÉVELOPPER « LE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL »

Donc voilà, j’ai fini mes Mützig et je suis rentré me coucher parce qu’à vrai dire je ne supporte pas beaucoup l’alcool. Mais j’ai dit à mon ami de respecter ce que je viens de dire, même si jusqu’aujourd’hui je ne lui ai jamais demandé si son enfant-là était finalement un garçon ou bien une fille…

Avant 2035, on doit dire aux Camerounais que chacun de nous est unique et irremplaçable !

Avant d’atteindre 2035, chaque Camerounais devra savoir que le Cameroun-ci nous appartient à nous tous.

Avant qu’on n’arrive à votre « émergence », vous devez d’abord expérimenter la solitude. Parce que celui qui n’arrive pas à vivre seul à seul avec lui-même, comment pourra-t-il vivre avec 23 millions de personnes ?

Et puis je vais vous dire, il faut qu’on cesse de vous faire croire qu’il existe deux types de Cameroun : un Cameroun pour les milliardaires, et un autre Cameroun pour les prolétaires…

Et donc c’est ça, il faut qu’on sache toutes ces choses-là avant d’atteindre 2035. Il faut qu’on ait confiance en nous, il faut qu’on soit motivé, il faut qu’on apprenne à parler public. Il faut qu’on apprenne à dire aux gens-là qu’on n’est pas d’accord, lorsque nous ne sommes pas d’accord. Il faut qu’on apprenne à travailler sur des projets qu’on n’est même pas certains d’apercevoir, mais pourvu que nos enfants puissent en bénéficier un jour…

Et vous allez voir que quand nous serons comme ça avant d’atteindre 2035, ces grands manitous ne vont plus nous malaxer n’importe comment comme ils nous malaxent-là. Parce que ce qu’il y a dans notre tête pour le moment, c’est cette chose étrange à la fin que les psychologues ont appelée l’aliénation mentale.

Et que moi j’appelle « le sous-développement personnel ».

 

 

Ecclésiaste DEUDJUI

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Immigration : pourquoi les Camerounais partent en aventure ?

Il y a deux ans jour pour jour, mon petit-frère était porté disparu. Ma famille de Yaoundé croyait qu’il était à Douala, et ma famille de Douala croyait qu’il se trouvait à Yaoundé. Mais c’est plutôt un non-membre de la famille qui a appelé depuis Bamenda, pour nous dire que mon petit frère était déjà loin là-bas en Algérie.

Mince alors ! Mes oncles et mes tantes ont commencé à mettre les mains sur la tête, et chacun d’eux regardait mon paternel comme si c’était lui le responsable : « Je dis hein, Pablo ! Pourquoi ton enfant a lui aussi voulu partir en aventure ? »

 

Le Cameroun, territoire de mendicité et de débrouillardise
Le Cameroun, territoire de mendicité et de débrouillardise

 

ILS PARTENT PARCE QUE LE BLANC C’EST LE BLANC

Vous n’avez pas encore remarqué un truc ? Quand tu réalises quelque chose de bien ici au pays, les gens disent que tu « fais comme un Blanc ». Quand tu t’habilles de façon présentable, les gens disent que tu t’habilles comme un Blanc. Quand on veut te parler d’un appareil ultra-sophistiqué qui peut même envoyer un homme sur la Lune, on te parle de « l’appareil du Blanc »… Vous croyez que les jeunes Camerounais ne remarquent pas ça ?

Le Blanc c’est le Blanc, c’est donc ce que nous on croit ici. Et quand tu manges mal, on dit que tu manges comme un Noir. Quand tu gardes ta couleur de peau naturelle, on dit que yich, tu es noire comme le charbon (et on court derrière les filles qui font le maquillage)… Quand tu gardes tes cheveux crépus comme si tu viens d’avoir un deuil bamiléké, on te demande que « C’est quoi ça ? Tu es même normal ? Ton gars n’a pas l’argent pour aller t’acheter les mèches brésiliennes ! » Tsuip !

Ne cherchez plus, c’est pour cela que nos enfants veulent partir en aventure ! Parce que quand notre chef de l’Etat est malade, c’est là-bas que lui-même il part se soigner. Quand les enfants de nos députés obtiennent leur baccalauréat A4 espagnol, c’est là-bas qu’ils partent pour continuer leurs études […]

Ne cherchez plus, le Blanc, c’est le Blanc ! Et donc nous on copie bêtement tout ce qu’ils font l’autre côté, jusqu’à s’approprier même leurs religions monothéistes. Alors que Mahomet est blanc avec la peau satinée, Bouddha est blanc avec les yeux bridés, Jésus-Christ est blanc avec les yeux complètement bleus comme le logo de Facebook.

Le seul Noir qui joue un rôle majeur dans les Saintes Écritures, n’est-ce pas c’est notre pauvre cousin Lucifer ?

ILS PARTENT PARCE QUE CEUX QUI SONT LÀ-BAS NE VEULENT PLUS REVENIR

Vous n’avez pas encore remarqué un truc ? Quand c’est un Noir qui part s’installer en Europe, on dit que c’est un immigrant ou bien un immigré. Quand c’est maintenant un Blanc qui vient s’installer en Afrique noire, on dit que c’est un « expatrié » ! Vous ne voyez pas qu’il y a quelque chose qui cloche ?

C’est donc pour cela que nos frères partent en aventure. Parce que ceux qui sont partis avant eux ne font même pas semblant de vouloir tenter d’essayer de revenir… Oui, norr, on voit seulement leurs photos sur Instagram. Sur WhatsApp, ils se filment sur les Champs-Elysées. Et quand ils (re) viennent ici au pays, ils mettent des bottillons qui sont tellement costauds que hein, hum, toi le gars qui vit au mboa tu ne peux même pas supporter la qualité-là !

Et puis parfois, ils nous narguent sans le savoir, et ils nous font rêver même sans le vouloir. Ils te parlent de l’avion en « whitisant » comme s’ils étaient des Blancs, ils ne mangent même plus n’importe quoi… Ils ne marchent plus avec n’importe qui, et ils nous disent qu’ils vont résoudre tous les problèmes de la famille avec les euros claquants. Mais dans toutes ces choses-là qu’ils nous racontent, ils ne vont jamais nous raconter comment ils vivent !

ILS PARTENT PARCE QUE DANS NOTRE PAYS-CI TU NE PEUX MÊME PAS T’ÉPANOUIR

Quand tu veux ouvrir ton petit commerce, il y a tout de suite 3 agents des impôts qui vont venir te demander où est ta patente (et avec la nouvelle loi de finances, ça va être grave seulement). Quand tu vas perdre tous tes biens dans un incendie ou bien dans une inondation, aucune agence d’assurance ne va assumer de te dédommager (tu es en France ?). Quand tu vas te faire cambrioler et que tu vas aller te plaindre chez le commissaire, il ne va même pas attendre que tu termines ton bavardage : « Je demande hein, tu sais même qui avait gagné la Copa America ? » Quand tu vas travailler quelque part et qu’on va te licencier sans préavis, tu vas d’abord commencer par où pour pleurnicher ? Hein ? Et même si on te paye tous tes droits, ton salaire d’abord c’était combien ?

Au Cameroun, ils ont de bonnes raisons de partir en aventure ! Ce sont les mêmes qui sont au pouvoir depuis presque 40 ans, parce qu’ils ne font que faire des ratures sur notre pauvre Constitution. Et pendant ce temps-là, nous on galère, nous les Camerounais du bas peuple. Pendant ce temps-là le chômage ne fait que grandir et s’agrandir. Les étudiants ont vu leurs bourses multipliées par le chiffre zéro. Nos parents qui ont été limogés dans les années 1980, jusqu’aujourd’hui ils réclament toujours leurs indemnités. Et puis si tu es un enfant de cultivateur ici chez nous, on va effacer ton nom quand tu vas vouloir entrer à l’ESSTIC, à l’IRIC, ou encore à la Magistrature…

ILS PARTENT PARCE QU’IL N’Y A PAS DE RÊVE ICI CHEZ NOUS

Lecteur, les gens ne rêvent pas au Cameroun. Ce n’est pas comme aux États-Unis où, du jour au lendemain, tu peux te retrouver multimilliardaire !

Ici au Cameroun, les gens ne rêvent pas. Si tu es bendskineur, les gens ne vont jamais t’imaginer au volant d’une grosse voiture ! Si tu es call-boxeuse, les gens vont chuchoter qu’on va t’enterrer avec le parapluie-là dans ton cercueil. Si tu gères un petit bar, les gens vont toujours prendre le crédit en disant que : « Barman ! Dépêche-toi de me donner une bière glacée rapidement ! » Sans savoir que si on était dans un pays qui se respecte, le petit barman-là pouvait même devenir votre président de la République un jour…

Au Cameroun, les gens ne rêvent même pas un peu. Si tu es amoureux d’une Camerounaise, il n’y a pas un jardin public où tu peux aller lui dire que tu l’aimes de tout ton cœur. Il n’y a pas de salle de cinéma dans notre République, où tu peux aller manger les pop-corn avec tes meilleurs amis. Il n’y a pas de salle de représentation pour les pièces de théâtre, les grands opéras, et les comédies musicales. Il n’y a même pas de sensations fortes, quand tu pars t’asseoir dans un stade pour regarder un match de notre championnat dans n’importe quelle discipline […]

Rien n’est fait pour que les Camerounais rêvent de rester ici. Les artistes que tu admires à la télé, tu les vois en train de discuter le prix des sandalettes au marché central. Les ministres que tu prenais pour des modèles, tu vois comment ils entrent en prison chacun, chacun avec des menottes sur les poignets. Et puis les gens comme Charles Ateba Eyené qui se sont battu pour notre postérité, tu vois comment leur mémoire s’étiole chaque jour dans l’indifférence la plus généralisée.

Aux âmes bien nées, la patrie camerounaise est non reconnaissante !

 

Le sport camerounais ne fait plus rêver grand-monde
Le sport camerounais ne fait plus rêver grand monde

 

CAMEROUN : POURQUOI PARTIRONT-ILS TOUJOURS EN AVENTURE ?

On a tout fait pour que mon petit-frère retourne vivre ici au Cameroun, mais je vous assure que ça n’a pas été chose facile. Surtout que le gars considérait l’Algérie comme une escale avant de continuer pour l’Italie…

En aventure, les Camerounais risquent leur vie sur les fils barbelés qu’il y a dans les polices d’immigration frontalières.

Quand ils partent en aventure, ils se jettent sur les trains qui roulent à très très grande vitesse à l’entrée des tunnels électriques.

Là-bas dans la chaleur du désert, ils marchent jusqu’à ce qu’ils ne sentent même plus la plante de leurs jambes.

Mais ils préfèrent continuer jusqu’à la mer, parce qu’ils sont à la recherche d’une vie meilleure. Ils préfèrent manger dans la même assiette que les chameaux de leurs passeurs touaregs, parce que c’est tout ce qu’on leur propose comme nourriture. Ils préfèrent supporter les nuits blanches, s’entasser dans des grottes obscures, risquer leur vie sur les embarcations de fortune qui peuvent les balancer dans l’océan à n’importe quel moment.

Tout ça parce que dans leur propre pays, les dirigeants ont passé le temps à ne leur faire subir rien que des mésaventures !

Ecclésiaste DEUDJUI

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Quatre leçons à tirer de la rencontre Biya-Hollande

Comme tous les Camerounais qui respectent la redevance audiovisuelle, j’ai regardé la CRTV le vendredi 3 juillet 2015. Même si tu voulais regarder Canal2 ce jour-là, c’est toujours les images de la CRTV que tu avais, toutes les chaînes locales effectuaient la même retransmission.

J’ai donc regardé comment Paul Biya était en train de recevoir son ami François Hollande, et je me suis permis de tirer quelques conclusions de cette rencontre au sommet.

En voici quelques-unes.

 

Samuel Eto'o était invité au dîner de gala offert en l'honneur de François Hollande
Samuel Eto’o était invité au dîner de gala offert en l’honneur de François Hollande

 

1- SI BIYA VEUT QUE LE CAMEROUN SOIT PROPRE, LE CAMEROUN-CI SERA PROPRE

Avant je croyais vraiment que les Camerounais ne connaissent pas la propreté hein, franchement. Parce que dans notre pays-ci les gens pissent n’importe où et balancent leurs ordures n’importe comment dans la nature…

Franchement ! Je me suis même dit à un moment que nos BTP ne connaissent pas comment on bouche un nid-de-poule ! Mais dès l’annonce de la visite de François Hollande, j’ai aussitôt compris que je m’étais trompé sur toute la ligne !

Du lundi au vendredi, mince alors ! Ce sont les travaux que tu voulais voir ? On a délocalisé les petits commerçants (il ne faut pas que Hollande sache qu’on vend des prunes au bord de la route), on a nettoyé les caniveaux et les drains, on a badigeonné tous les poteaux d’Eneo avec la peinture blanche, et puis on a bien bitumé quelques routes principales… Tout ceci en 5 jours seulement !

Je sens que si Barack Obama arrive alors ici, on va élargir le périmètre des travaux jusqu’au village de Fendjemenkouet !

2- LA DURÉE D’UNE RENCONTRE N’EST PAS IMPORTANTE COMME VOUS PENSEZ-LÀ

En tous cas, c’est ce que Paul Biya a voulu nous faire accroire. Comme la visite de Hollande ne durait même pas 6 heures, les gens ont interprété ça comme un manque de respect de la France. Et c’est pour ça que l’homme-lion est directement monté au créneau pour se défendre : « Vous croyez qu’en 6 heures de temps tu ne peux pas monter sur une petite qui vient te rendre visite ? Hein ? Surtout si elle arrive le soir à partir de 17 h 50… »

Enfin bref, il n’a pas exactement utilisé ces termes. Mais quand il levait son verre pour le toast avec son ami français François, il voulait qu’on retienne surtout le passage du maître de l’Elysée au Cameroun. Et c’était aussi une façon de dire que même si le Corrézien-là a refusé de dormir ici, où est même votre problème là-dedans ?

3- FRANÇOIS HOLLANDE N’EST PAS ENCORE PRÊT À SE MARIER LÉGITIMEMENT

Je sais que dans une visite d’Etat ce n’est pas trop ça qu’on regarde, mais j’avoue que ça m’a un peu intrigué quand même. Comment l’un des hommes les plus puissants du monde, François Hollande, peut-il se déplacer bras ballants comme s’il était célibataire comme les nous-ci-là ? Hein ? C’est toujours pour fuir la pension alimentaire ?

Non franchement, il faut qu’il arrange ça vite. J’ai encore du mal à le voir coincé entre la calvitie de son homologue, et la grosse perruque de notre première dame. C’est vrai que Julie Gayet est actuellement bloquée sur un plateau de tournage ; mais il ne pouvait pas voir le réalisateur pour négocier même 48 heures ? Dis donc !

Et c’est comme ça qu’il a vécu 6 ans avec Trierweiler sans jamais lui promettre les fiançailles. C’est comme ça qu’il a eu 4 enfants avec Ségolène Royal sans jamais rencontrer le père de la fille ! Est-ce que c’est comme ça qu’un président de la République doit alors se comporter ?

4- ON NE DURE PAS AU POUVOIR PARCE QU’ON VEUT, MAIS PARCE QU’ON PEUT !

Voici alors la phrase-clé de cette rencontre : « Ne dure pas au pouvoir qui veut, mais qui peut ! » Encore une phrase mythique de notre Paul Biya national, qui avait déjà sorti « Quand Yaoundé respire, le Cameroun vit », « Je ne commente pas les commentaires », « Le Cameroun c’est le Cameroun », « Me voici donc à Douala », « À ceux qui ont annoncé mon décès, je leur donne encore vingt ans sur terre ». C’était en 2004 qu’il a dit ça hein, donc le type là est encore au pouvoir jusqu’en 2024 au moins […]

Non blague à part, qui n’aime pas le pouvoir ? Si on vous met là-bas vous êtes sûrs que vous allez organiser des élections démocratiques ? Hein ? Vous saurez comment le pouvoir est sucré ?

Prenons le cas de Paul Biya par exemple ! Quand il roule dans ses berlines fumées, on bloque toutes les routes de Yaoundé. Quand il veut serrer la main d’un ministre, le ministre-là se courbe jusqu’à ce que son menton touche même le sol ! Quand il veut petit-déjeuner dans son palais présidentiel qui est en or, vous croyez qu’il va aller s’aligner chez le maguida pour demander s’il y a encore le pain croustillant ?Tsuip !

Et d’ailleurs, il ne connaît même pas le prix des allumettes pour commencer (il fait quoi avec ?). Il peut décider de changer le prix du maquereau rien qu’avec sa signature ! Il n’a jamais payé l’eau, ni l’électricité, ni le câble. Il n’a jamais eu affaire avec un bailleur. Et vous voulez que le bon monsieur laisse tout ça comme ça ? Hein ? Sous prétexte que vous avez inventé de pseudo concepts comme la longévité au pouvoir ?

 

La lutte contre Boko Haram a été mise au centre des préoccupations
La lutte contre Boko Haram a été mise au centre des préoccupations

 

UN MILLIARD DE LEÇONS À TIRER DE LA RENCONTRE BIYA-HOLLANDE

Voilà donc pourquoi j’ai allumé la CRTV ce fameux  vendredi. Pour regarder François Hollande, mais aussi pour respecter nos redevances. Pour une fois qu’on ne nous montrait pas que des présentatrices hyper maquillées…

La leçon que je tire de cette visite d’affaires, c’est que Samuel Eto’o est encore important pour Paul Biya. Le footballeur a bien reçu son carton d’invitation.

L’autre leçon que je retire, c’est que si tu as la double nationalité comme Lydienne Eyoum, tu peux détourner l’argent des Camerounais et on va te libérer dans les mois qui arrivent.

La 3e leçon que je retiens, c’est que l’ambassadrice de France peut entrer au palais présidentiel avec un simple pyjama (si elle était Noire, elle allait voir !)

Et puis les gens d’Afrique Média ont un peu fermé leur bouche, parce qu’ils racontaient partout que c’est la France qui ravitaille Boko Haram. J’ai retenu que Michel Sapin n’est pas venu ici pour nos beaux yeux, mais exclusivement pour parapher de conventions bilatérales. J’ai également appris que Paul Biya pouvait se présenter devant des journalistes, et répondre aux questions taboues qui concernent même l’âge de sa propre retraite.

Questions auxquelles il a répondu avec arrogance, bien entendu. Même si de temps en temps il regardait si François Hollande lui accordait toute sa bénédiction…

 

 

Ecclésiaste DEUDJUI

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C’est une chose étrange à la fin que le Cameroun

Ou comment la lecture d’un livre de Jean d’Ormesson amène à une réflexion sur le pays de Paul Biya…

J’ai lu un livre de Jean d’Ormesson  hier soir ! Le titre, « C’est une chose étrange à la fin que le monde ». Si le père-là m’avait consulté avant de rédiger ce chef-d’œuvre, je lui aurais conseillé d’ajouter quelques pages pour parler un peu de notre Cameroun. Parce quand tu parles des mystères du Cosmos et de la Vie, tu ne peux pas ne pas parler du Triangle de Paul Biya. Surtout que c’est peut-être le pays le plus étrange du monde…

les Camerounais aiment se retrouver autour d'une bière
les Camerounais aiment se retrouver autour d’une bière

 

C’EST UNE CHOSE ÉTRANGE À LA FIN QUE LA « PAIX » CAMEROUNAISE

Jean d’Ormesson aurait dû commencer par ce chapitre, parce que les Camerounais ne connaissent même pas bien la paix. Eux ils pensent qu’ils vivent dans le pacifisme, alors qu’ils habitent sur un brasier qui peut exploser à n’importe quel moment ! Parce que la paix, ce n’est pas seulement l’absence de la guerre…

On dit que nous on habite dans la paix. Vous en êtes vraiment sûrs ? Et les crimes rituels de Mimboman alors ! Et les émeutes de février 2008 ! Hein ? Et les bébés qu’on nous vole dans les hôpitaux en pleine matinée ! Et les gens qui réclament leur salaire depuis les années 80 ! Hein ? C’est toujours votre qualité de paix-là comme ça ?

Les gens ont faim, mais ils disent qu’il y a la paix. Les gens n’arrivent pas à se soigner correctement, mais ils twittent qu’il y a la paix. Les gens ne peuvent même pas à obtenir un emploi décent malgré tous leurs diplômes, mais j’ai vu un hashtag qui dit que nous sommes sûrement le peuple le plus pacifique au monde… Tsuip !

Et c’est comme ça que nos policiers se bagarrent avec nos militaires, alors qu’on dit qu’il y a la paix. C’est comme ça que les enfants s’entretuent pour la succession de leur père, alors que j’ai lu sur Facebook qu’il y a la paix au Cameroun. C’est comme ça que nos prisons sont remplies de criminels et de meurtriers récidivistes, et pourtant j’ai entendu dire que notre président va recevoir son Prix Nobel en Norvège !

C’EST UNE CHOSE ÉTRANGE À LA FIN QUE LA « PRÉSIDENCE » CAMEROUNAISE

Justement. Si Jean d’Ormesson habitait à Bafoussam, il allait savoir que notre palais présidentiel est presque devenu un sanctuaire ecclésiastique. Il allait savoir que le type qui habite là-bas est devenu mythologique comme un dieu, et d’ailleurs certains ministres disent même publiquement qu’ils sont généalogiquement ses créatures (vous voyez jusqu’où peut aller la bêtise camerounaise ?)

C’est une chose étrange, à la fin, que notre président de la République. On ne le voit jamais en public, on ne le touche pas, on ne lui parle pas. On ne le voit jamais dans une interview télévisée, surtout si la télévision-là est camerounaise. On n’a jamais aucun compte à lui demander ! On a toujours besoin de notre Zorro pour régler les moindres problèmes du football (même les primes ?) ! On aimerait le rencontrer à Nkongsamba, à Lomié, à Bagangté, à Ngaoundéré, ou tout simplement dans un conseil de ministres ! Les gens passent à la radio pour nous dire ce que le type-là pense, ce qu’il prévoit, ce qu’il envisage d’ici 2035. Certains nous disent même qu’il est intelligent jusqu’ààààààà… mais que c’est son entourage qui nous saccage le Renouveau depuis 1982.

Et moi je me demande pourquoi notre Prince-là ne vient jamais se justifier lui-même, alors qu’il sait que les Camerounais sont fâchés de lui mal mauvais. Hein, prési ! Est-ce à dire que nous sommes si négligeables que ça ?

C’EST UNE CHOSE ÉTRANGE À LA FIN QUE LA « PAUVRETÉ » CAMEROUNAISE

Jean d’Ormesson se dit que les Camerounais sont très pauvres ! Qu’ils vivent avec moins de 1 dollar et demi par jour, comme on raconte dans les manuels d’économie de Harvard. Mais je veux savoir ! Expliquez-moi comment ces Camerounais remplissent les bars du matin jusqu’au matin, et du lundi jusqu’au lundi. Hein ? Expliquez-moi comment ils ne dorment jamais affamés, même quand ils te disent que ça ne les laisse pas ! Expliquez-moi comment ils font pour gérer 4 petites amies en même temps, alors que vous-mêmes vous savez comment les Camerounaises sont des Cameruineuses… Hein ?

La pauvreté camerounaise, c’est une chose très étrange. On dit que les gens d’ici n’ont pas l’argent, mais ils sont toujours en train de dépenser des fortunes dans les jeux de hasard. On dit qu’ils sont très-très-très pauvres (et même un peu endettés), mais ils construisent des immeubles et des châteaux forts dans les villages des Bamilékés. Et ils roulent en Limousine le jour de leur mariage ; et ils payent le coach des Lions Indomptables pour sortir dernier de sa poule ; et ils payent la chaise du président de l’Assemblée Nationale à presque 9 millions de francs, pendant que les sénateurs se plaignent que leur salaire mensuel est passé à 835.000 francs CFA « seulement »… Tsuip !

Franchement, j’ai parfois envie d’être pauvre comme certains responsables Camerounais.

C’EST UNE CHOSE ÉTRANGE À LA FIN QUE LA « NORMALITÉ » CAMEROUNAISE

Quand je dis normal, je parle de notre saleté. Un Camerounais laisse un bac à ordures pour aller balancer ses détritus sur le goudron. Quand je dis normal, je parle de notre incivisme. Un Camerounais va te dire « le cul de ta mère », avant d’aller pisser sur une plaque où on a écrit « INTERDIT D’URINER ICI ». Il gère ça ?

La normalité camerounaise, c’est une chose extrêmement étrange. Ici personne n’arrive jamais à l’heure quelque part ! Ici les gens qui détournent l’argent du contribuable, on les considère comme des héros. Ici quand tu obtiens ton permis de conduire, ça veut dire que tu vas maintenant apprendre à conduire. Ici quand quelqu’un est malade il n’y a pas l’argent pour acheter ses médicaments, mais quand il meurt, il y aura tout l’argent du monde pour organiser un enterrement inoubliable… Tsuip !

Au Cameroun, la corruption est devenue une seconde nature. Les gens qui viennent de mbeing ont vraiment beau mentir. La jalousie est devenue une religion nationale, ainsi que l’égoïsme pour ne pas dire l’individualisme. Le kongossa, c’est par comme ça que nous on s’informe ici. Les incendies et les inondations sont devenus monnaie courante. La justice populaire va bientôt remplacer le pouvoir judiciaire. L’exode rural a surpeuplé nos deux métropoles. Les dirigeants sont critiqués tous les jours à cause de leur médiocratie, mais leur caravane continue seulement. Et au final on vit dans un pays où tout devient normal, surtout lorsqu’on s’éloigne de la normalité.

C’est notre pays, on va faire comment ?

Beaucoup de Camerounais ont confié leur vie aux jeux de hasard
Beaucoup de Camerounais ont confié leur vie aux jeux de hasard

 

C’EST UNE CHOSE TRÈS ÉTRANGE À LA FIN QUE LE CAMEROUN DE PAUL BIYA

Et donc si Jean d’Ormesson m’aurait écouté il se serait focalisé sur notre pays-ci, et il aurait ajouté 4 chapitres sur son roman qui n’en demeure pas moins un best-seller.

Le Cameroun est un pays tellement étrange que la seule définition qui lui convienne, c’est de dire qu’il est lui-même !

Le Cameroun est un pays qui ne sait même pas exactement quel est le nombre de sa population.

Le Cameroun est un pays qui a effacé son histoire, oublié ses rebellions, déshonoré son 1er président.

Le Cameroun est un pays entièrement à part, parce que les gens d’ici ont osé cracher sur une étoile qu’ils n’auront plus avant 2 ou même 3 siècles : j’ai nommé Samuel Eto’o Fils !

Et c’est comme ça qu’ils vivent comme s’ils étaient des zombies, alors qu’ils sont quand même un peu intelligents. C’est comme ça qu’on ne sait pas si on est dans une dictature, ou bien si on est dans une démocratie. C’est pour ça qu’un marabout camerounais est plus important qu’un chirurgien camerounais. C’est pour ça que quand Yaoundé ne respire pas, on dit que c’est tout le Cameroun qui vibre.

C’est pour ça que tout devient étrange dans ce territoire ! Le sport, la culture, l’éducation, l’économie. Même le jardinage devient ésotérique. On est toujours enfermé dans les « à peu près », les « on va voir », les « impossible n’est pas camerounais ».

Et pendant que nous on tergiverse, vous croyez que les autres pays vont rester-là pour nous attendre ?

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Au Cameroun, on préfère les « Lionnes indomptables »

J’ai dragué Madeleine Mani Ngono en 2005, à Yaoundé. Elle sortait d’un entraînement avec son club de l’époque. Je me suis approché de la fille, et je lui ai dit : « Tu dribbles bien, hein ! » (Je sais, ce n’est pas terrible).

Toujours est-il que la fille m’avait repoussé au bout de quatre phrases seulement, mais cette histoire-là n’a plus d’importance ! Parce que c’est grâce à Mani que je suis tombé amoureux du football féminin camerounais.

 

Gaelle Enganamouit, 1ère africaine à réaliser un triplé dans un Mondial
Gaelle Enganamouit, 1ère africaine à réaliser un triplé dans un Mondial

 

IL N’Y A PAS DE CHAMPIONNAT DE FOOTBALL FÉMININ AU CAMEROUN

Comme les gens nous ont vu briller au Canada comme ça, ils vont croire que notre politique sportive est pensée jusqu’ààààààà… Et pourtant, je vais vous tuer le suspens : il n’y a pas de championnat de football féminin au Cameroun !

Les gens qui sont chargés d’organiser ça, eux, ils ne regardent que leurs per diem et leurs frais de mission. Ils ont suspendu notre championnat depuis quelques années, parce que ça ne leur « rapportait pas grand-chose ». Ils ont dissous nos équipes mythiques comme les Lorema, les Canon, et les Tonnerres. Résultat : nos filles n’ont plus d’encadrement pour développer leur potentiel ! Elles se mélangent parfois avec les garçons qui jouent à la santé dans leur sous-quartier. Elles rêvent de devenir des Samuelle Eto’o Fille, mais les gens de la Fecafoot les considèrent comme des lesbiennes qui sont presque devenues des garçons manqués (ou alors l’inverse). Sans savoir qu’on peut être en même temps un garçon manqué et une fille totalement réussie.

 

ENOH NGATCHOU EST MIEUX QUE VOLKER FINKE

Voilà enfin un Noir qui dépasse un Blanc. Venez me dire le contraire ! Puisqu’il n’y a pas l’argent dans le football féminin, vous avez mis un anglophone là-bas en disant que « A’aka ! Qu’il gère comme il peut là-bas ! » Et voilà que la surprise est en train de vous surprendre ; et bientôt vous tous aurez honte.

Enoh Ngatchou, c’est le porte-parole des nombreux entraîneurs qu’il y a ici au Cameroun. Il vous a prouvé qu’un Camerounais peut connaître la tactique. Il vous a prouvé qu’un Noir, avec un staff noir comme le charbon, peut maîtriser son équipe jusqu’à gagner même la vraie patrie de Paul Biya (Cameroun 2, Suisse 1).

Mais j’ai bien peur que cela ne serve à rien, parce que pour vous il n’y a que les expatriés qui peuvent comprendre le système 4-2-3-1. J’ai bien peur qu’on lui fasse ce qu’on a fait à Jean-Paul Akono après les Jeux Olympiques 2000 (on lui a dit « Dégage ! »), alors qu’il venait de remporter la compétition. J’ai bien peur que quand il faudra donner beaucoup de millions à un sélectionneur pour qu’il s’asseye sur notre banc, on va toujours chercher quelqu’un qui habite là-bas en France ou alors en Grande-Bretagne ou bien en Macédoine… Tsuip !

 

LE TRAITEMENT FINANCIER DES HOMMES ET DES FEMMES, CEST LE JOUR ET LA NUIT !

Lorsqu’il s’agit de l’équipe masculine, on fait semblant de durcir sur les primes mais on finit toujours par libérer les gars. Mais lorsqu’il s’agit de l’équipe féminine… Niètt !!

Vous vous rendez compte que Adoum laisse Garoua pour aller à Edmonton raconter ses sottises ? Il arrive là-bas avec le type qui a les favoris, et les gars disent aux joueuses de ne pas réclamer leurs primes si elles veulent toucher beaucoup d’argent au retour (il paraît que l’argent gagné sur le sol canadien est trop compliqué oooh).

Entre-temps leurs propres primes passent hein ! Joseph Owona et Adoum Garoua touchent 1 million de francs CFA par jour ! Sans compter qu’ils disposent de 50 millions de francs CFA de frais de souveraineté !

Parce que quand ils ont appris qu’on a gagné contre l’Équateur (6-0), ils sont rapidement montés dans l’avion avec une délégation de 49 personnes (pour venir se balader au Canada). Et dans cette délégation chacun touche 150.000 FCFA par nuitée, hormis les frais d’hébergement et de la restauration !…

Et pourtant ce sont nos filles qui laissent leurs poumons sur le terrain, mais c’est à elles qu’on demande de patienter d’abord ! Alors qu’elles se sont préparées dans l’anonymat le plus total, dans l’indifférence de tous ces « normalisateurs ». Alors qu’elles manquaient d’eau pendant les entraînements, de nourriture, d’argent de taxi, de survêtement ; et que c’est comme ça qu’elles ont remporté les Jeux de Maputo en 2012, et qu’elles ont été finalistes de la CAN en 2014.

Mais vous voyez, c’est à ces filles-là qu’on demande de patienter d’abord avant de percevoir l’argent qu’elles ont travaillé…

 

NON, LE « HEMLÉ’É » CAMEROUNAIS N’EST PAS (ENCORE) MORT !

Ça m’a un peu dérangé de vous parler de ces administrateurs véreux, le Ministre des Sports et le président de la Normalisation. Parce que ce sont des gens comme ça qui assassinent la jeunesse de notre peuple. Mais il ne faut pas que je perde l’essentiel : nos Camerounaises nous ont redonné le goût du « hemlé’é » !

Avec les Lionnes Indomptables, tu es sûr que les filles vont mouiller le maillot jusqu’à il y aura inondation sur le gazon. Tu es sûr que si la latérale perd le ballon, la stoppeuse va venir pour l’aider. Et si la stoppeuse perd aussi le ballon, c’est la libéro qui va surgir pour dégager le ballon-là avec la rage…

Avec les Lionnes Indomptables, il n’y a pas quelqu’un qui est là pour baisser son short à chaque minute. Il n’y a pas une joueuse qui va faire le classement alors que Enoh Ngatchou est encore en poste. Il n’y a pas une fille qui va dire que si sa sœur ne joue pas, elle non plus ne jouera pas. Il n’y a pas quelqu’un qui va entrer au stade pour faire les manières, pour se faire voir, alors qu’il y a toute une république qui se réveille à 2h du matin pour regarder vos maigres jambes !

Et pour vous dire la vérité, ça faisait déjà dix ans qu’on n’avait plus ressenti ce genre de sentiment : être content d’avoir une équipe nationale compétitive !

 

Enoh Ngatchou, le sélectionneur, considéré comme le grand artisan de cette réussite
Enoh Ngatchou, le sélectionneur, considéré comme le grand artisan de cette réussite

 

ICI AU CAMEROUN, NOUS ON PRÉFÈRE-NOUS LES « LIONNES » INDOMPTABLES OOOH !

Donc en 2005 j’ai courtisé Madeleine Ngono parce qu’elle me plaisait quand je la voyais jouer, et c’est en 2015 qu’elle a fini par me faire vibrer jusqu’à la moelle épinière ! Vous voyez alors comment la vie est capricieuse ?

 

Au Cameroun, nous on préfère Aboudi Onguéné parce qu’elle a les débordements que hein, hum, laisse seulement je ne peux pas t’expliquer sa qualité-là.

Dans le pays de Roger Milla, le seul footballeur africain à réaliser un triplé dans une phase finale de Coupe du Monde, c’est la joueuse Gaëlle Enganamouit.

Ici dans la patrie du regretté Marc-Vivien Foé, on a une milieu de terrain qui est plus intelligente que les 4 processeurs de mon ordinateur : elle s’appelle Raïssa Feudio !

 

Mais j’ai bien peur qu’après cette formidable épopée nord-américaine, nos jeunes filles retombent dans l’anonymat le plus complet. J’ai peur qu’après cette élimination contre la Chine (0-1), nos héroïnes retournent dans une indigence que vous ne pouvez même pas imaginer, et qu’elles disparaissent ainsi de notre mémoire…

Mais je n’ai pas vraiment de quoi m’inquiéter, à vrai dire. Parce que si tu te balades dans nos villes et que tu poses la question à n’importe qui, ils vont te répondre ce que tous les Camerounais pensent au fond de leur cœur : « Nous on préfère-nous nos Lionnes Indomptables ! »

 

Ecclésiaste DEUDJUI

WhatsApp: (+237) 696.469.637

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Le top 4 des superstitions camerounaises

Quand j’étais petit à Nkongsamba, je ne comprenais pas pourquoi c’était mon père qui devait manger la tête de la viande (pourquoi toujours lui ?). Et puis on disait à ma mère que les femmes n’ont pas le droit de manger la viande du serpent, sauf si elles sont déjà arrière-arrière-grand-mères (même goûter ? Dis-donc !).

Et à nous les enfants on disait que si tu croises les jambes devant quelqu’un qui te dépasse en âge, eh bien tes jambes vont rester collées comme ça jusqu’à la fin de tes jours…

 

Nous on pense que notre destin dépend de l'environnement
Nous on pense que notre destin dépend de l’environnement

 

1- AU CAMEROUN, IL N’EST PAS CONSEILLÉ DE PASSER AU MILIEU DE DEUX PERSONNES

Parfois tu discutes avec ton ancien camarade de classe, et puis vous vous écartez un peu. Mais quand les gens vous rencontrent sur leur passage, vous wandayez qu’ils préfèrent contourner 1000 km pour vous éviter, plutôt que de passer tout droit entre vous deux…

Je ne comprends pas, ça doit être un héritage de nos ancêtres qui avaient peur de passer au milieu de deux baobabs. Parce que chez nous ici, on pense que si tu passes au milieu de deux personnes, ils vont « capturer » toute ta chance. Ils vont t’ « attacher », ils vont t’ « enfermer », ils vont « t’encercler », ils vont te « mettre dans la bouteille » (tout ça pour toi ?). Et pourtant ça n’a même rien à voir ! Voilà Lionel Messi qui passe tous les jours entre les défenseurs, mais est-ce que ça l’empêche alors d’être le meilleur footballeur du monde ?

 

2- ON INTERDIT MÊME AUX GENS DE TE DONNER L’ARGENT AVEC LA MAIN GAUCHE

Je ne comprends pas nos commerçants ! Surtout nos commerçantes. Si ton bras droit est occupé et que tu lui donnes l’argent avec la main gauche, tu as seulement attaqué les abeilles ! Elle va te dire de changer de main rapidement, et que si tu ne veux pas payer normalement tu lui remets vite sa marchandise !

Je ne comprends pas… Et si je suis gaucher alors ?

Et puis c’est la même chose quand elle te rembourse, c’est la même chose quand ton patron te donne ton salaire au bar, c’est la même chose quand tu donnes l’argent de la semaine à ta petite amie (pour ceux qui donnent encore leur argent à une Camerounaise).

Ici chez nous on pense que si tu donnes l’argent avec la main gauche comme le FMI, c’est que tu vas récupérer ça avec la main droite comme la Banque Mondiale…

 

3- ICI CHEZ NOUS SI TU N’ES PAS LÀ, PERSONNE NE PEUT OUVRIR TA BIÈRE !

Ça ce n’est même pas une superstition, mais personne ici ne peut y désobéir : ouvrir la bière de quelqu’un quand il n’est pas là ! Vous êtes malades ?

Donc c’est devenu une loi ici, et d’ailleurs quand la serveuse arrive elle te demande d’abord si c’est ta bière. Si on lui dit que tu es allé pisser derrière le bar, elle préfère repasser dix fois. Ou mieux, elle laisse une fois son ouvre-bière sur votre table…

Dans le Cameroun de Paul Biya, tout le monde a peur de n’importe qui. « Vous ouvrez ma bière quand je ne suis pas là que je sais que vous allez mettre quoi dedans ? Hein ? ». Et c’est comme ça que l’autre jour je suis allé faire des galipettes avec une fille à Oyag, mais elle m’a d’abord demandé de retirer mon collier et mon bracelet… Tsuip ! N’est-ce pas elle croyait que j’avais mis ça pour capturer son énergie ?

Enfin bref ! On rit entre nous quand on est au bar, mais on se surveille. Car il y a des gens ici qui sont capables de t’empoisonner pour un moindre rien ! Donc si je me lève pour aller draguer une fille, je dois absolument dire à mon meilleur ami de rester surveiller ma bouteille et ma nourriture. On n’a plus confiance ici dehors !

 

4- ET MÊME SI TU AIMES FAIRE LE MÉNAGE N’IMPORTE COMMENT, IL NE FAUT JAMAIS BALAYER DANS LA SOIRÉE

Balayer dans la nuit ? Tu veux appeler les mauvais esprits ou quoi ! Hein ? Tu étais où dans la journée ?

Dans notre Cameroun-ci, on ne balaye pas dans la nuitée. D’abord parce que ça va faire un bruit qui va perturber les ancêtres, mais aussi parce que tu ne peux pas attendre le matin ? Dis-donc ! Tu veux montrer que tu es propre plus que les qui ? Et d’ailleurs tu crois que tu vas balayer la nuit comme ça sans que Eneo ne coupe la lumière ?

 

les Camerounais interprètent tous les signes
les Camerounais interprètent tous les signes

 

LE TOP 1 MILLION DES SUPERSTITIONS CAMEROUNAISES

Je me suis limité à 4 superstitions, parce que moi je ne crois plus à ces machins-là depuis 1989. Mais si quelqu’un se met à vous citer tout ce que les Camerounais imaginent ici dehors, vous allez seulement mettre les deux mains sur la tête !

 

Nous on croit que si tu attaches les feuilles de manioc après avoir avalé tes bobòlòs, tu es comme ça en train d’attacher tout ton avenir.

Nous on pense que si tu traverses quelque chose en route sans même regarder ce que tu traverses, tu vas attraper un éléphantiasis que hein, même les chirurgiens de Laquintinie vont dire que « Nous on ne peut pas-nous arranger la qualité-là oooh ! »

Nous on se dit que si ta mère t’accouche avec une longue tête qui est pointue vers l’arrière (et qui te donne le front de Kimbo), ça veut dire que tu ressembles à quelqu’un qui aura l’argent en 2035.

Nous, on est persuadé que si un papillon entre dans votre maison familiale, il faut vite le chasser sinon c’est toute votre famille qui va connaître la Malédiction…

 

Et c’est comme cela partout, et tout le temps. On ne siffle pas dans la nuit ici, on ne compte pas l’argent dans la main de quelqu’un ici, les femmes n’ont même pas le droit de manger le gésier… Dis donc ! Et c’est pour ça que les Camerounais crachent d’abord par terre avant de pisser contre les murs…

Et si vous remarquez bien, vous allez voir que ces superstitions sont en général des interdictions. Ce sont des intimidations, voire même de la discrimination. Sinon expliquez-moi pourquoi dans notre grande maison de Nkongsamba, en 1989, il n’y a que mon père qui avait le droit de gueuletonner avec la tête du crocodile !

 

 

Ecclésiaste DEUDJUI

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