J’ai rencontré Oscar, le caricaturiste du satirique Le Lynx
« Il possède des capacités à travailler de façon autonome ; c’est un étudiant intelligent qui a de l’avenir », disait de lui en 1989 Dr Paul Condé, Doyen de la Faculté des Sciences Biomédicales de l’université de Conakry (Actuelle Gamal). Vingt-deux ans après, la déclaration s’est avérée prémonitoire pour Oscar, Chef du service Illustration et Caricatures de l’hebdomadaire satirique Le Lynx. Chaussé de verres correcteurs et armé d’un sourire charmeur, il me reçoit ce vendredi après-midi dans les locaux exigus et surchauffés du Journal. Petit tour dans son bureau: occupé. On se contentera des fauteuils du couloir d’entrée qui sert d’antichambre. J’ouvre le débat : « Monsieur, vous
« Après la pluie, c’est le beau temps ». « La pluie du matin réjouit le pèlerin ». Voilà le genre de dictons dont on n’entend jamais prononcer à Conakry. Après les premières averses, la capitale guinéenne, ex-« Perle de l’Afrique occidentale », offre une image propre à elle. Des montagnes d’ordures charriées par les eaux de ruissellement, des caniveaux bouchés, une odeur pestilentielle omniprésente….Bienvenue à Conakry, la poubelle urbaine.
« Chaque heure dans cette maison ouvrait une tombe et faisait couler des larmes ». Bureau du Conservateur de la Maison des Esclaves de l’Ile de Gorée, au Sénégal. Cette citation, punaisée au mur, est tracée sur une simple feuille de papier de la main du regretté Joseph N’DIAYE, Ancien Conservateur de la Maison. On ne se rend pas au Sénégal pour une première fois sans faire le détour à Gorée. Et l’on ne sort pas indemne d’une visite de Gorée, symbole de « l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire de l’Humanité ».





Ce dimanche 10 avril, au septième jour de mon séjour à Dakar, j’ai mis le nez dehors pour humer l’air. La semaine qui s’achève, hyper chargée, a été dominée par la formation avec les Mondoblogueurs. Navette entre l’hôtel Thialy (Patte d’Oie) et le CESTI (Centre d’Etudes des Sciences et Technologies de l’Information). On a beaucoup ri, échangé, surfé, et surtout fixé des images. Clic par ci, shoot par là. Mettez un Smartphone entre les mains d’un blogueur et vous le transformez en un paparazzi comme pas deux. Tout Dakar est sur Facebook via le Samsung Teos GT-I5800 !
Enamorate ! (Tombe amoureux !). C’est sous ce pseudo que je la connaissais avant cette rencontre de Dakar avec RFI Mondoblog. Avant, j’adorais me balader sur son blog, Un autre Pérou, à mes moments libres. Son style direct et percutant m’a depuis longtemps charmé. A la faveur de cette initiative de portraits croisés, je découvre Christelle Bittner, une blonde française de 31 ans. Bronzée, l’œil pétillant et charmeur, les cheveux dans le vent. Bon chic. La France a épousé le Pérou, me dis-je.
« Tu vas voir, Dakar c’est beau et grand » ! « L’aéroport international Lépold Sédar Senghor est impressionnant. C’est tout le contraire de Gbessia » ! « Oh, tu pars pour Dakar ? non mais c’est magnifique la capitale sénégalaise» ! Et encore et encore… Aujourd’hui j’ai un mal de chien à me remémorer du nombre de fois qu’on m’a bassiné les oreilles avec de telles phrases. Du coup, avant mon départ de Conakry, l’image idyllique de Dakar que je me suis construite dans la tête était à faire pâlir Manhattan de jalousie. Une vision que Sénégal Airlines a réussi à émousser au bout de 1H 25 minutes de vol.
Située dans le quartier de Kouroula dans la Commune Urbaine de Labé, la Radio Rurale Régionale Moyenne Guinée est indissociable du quotidien de la population de cette région. Emettant sur 104.3 en Modulation de Fréquence, elle a réussi, en l’espace de deux décennies, à s’imposer comme un média incontournable au service d’une population foncière rurale. Son Directeur, M. Bhoye Barry « Colonel », m’a reçu dans ses locaux et m’a accordé l’entretien qui suit.
Mercredi 23 mars, il est pile 6H du mat ! Nous arrivons, enfin, à Labé. A part les courbatures, dues à la surcharge sur les 400 km Conakry-Labé, le voyage s’est globalement bien déroulé. Il a été « bonne », le voyage. Si, si vous avez bien lu « b.o.n.n.e ». « Bonne Voyage », m’avait-on souhaité au départ de Conakry ! En Guinée, un voyage commence souvent, très souvent, par une faute grammaticale. Bizarrement ! Allez savoir pourquoi. Quoi qu’il en soit, personne ne s’en plaint. Pour ma part, je ne pouvais répondre que par un « merci ».
« L’EAU, C’EST LA VIE » ! Formule bien célèbre. Formule que j’ai apprise dans ma vie d’écolier au village où, les dimanches matin, j’affrontais la rosée sur le chemin des champs. « L’eau, c’est la vie ». Cette formule cardinale, certains se la répètent machinalement, mécaniquement. Ils l’admettent ainsi, parce que le prof l’a dit en classe dans le cours de biologie. Ce sont souvent ceux qui, à la fin de chaque repas, se désaltèrent d’un grand verre d’eau minérale glacée. Ceux qui ont grandi dans une maison, avec piscine, où ils n’ont pas besoin de faire plus de trois mètres pour prendre leur douche.
Vendredi, 18 mars 2011. Il est 16 heures. Nous sommes dans le quartier de Sangoyah. Un commerçant du marché local s’active pour transférer son stock de riz à la maison. Il juge la sécurité de son magasin mal assurée. Soudain, un groupe de jeunes surgit. Ils exigent de contrôler la nature du riz que le commerçant est entrain de faire transférer. Celui-ci refuse d’obtempérer. Un autre groupe de jeunes vient défendre le commerçant. Le ton monte. Les esprits s’échauffent. Le commerçant parvient à convaincre que son riz n’est pas le «Sunshine du Président ». Il s’en tire à bon compte et continue à transbahuter son riz.
« Il n’y a pas de sot métier », dit l’adage. Mohamed Diallo, ouvrier de son Etat, en sait quelque chose. Très tôt ce matin dans un quartier de Conakry, une pelle à la main, Mohamed s’affaire dans un chantier de construction situé en bordure de mer. L’air détendu et enjoué, il remplit avec frénésie une brouette de sable. Après quelques brouettées, il prend une petite pause, savourant la matinale brise marine. Mohamed aime son nouveau job qu’il qualifie de « gratifiant ».
Moi : Bonjour Monsieur. Y a-t-il un cyber à côté ?
Mercredi, 23 février 2011. Me revoilà à Pountougouré! Le village qui m’a vu naître et grandir. Je respire un grand coup. Perché à plus de 1500 m d’altitude sur les contreforts du Foutah Occdidental, le voyageur en provenance de Conakry qui arrive ici réalise une véritable bouffée d’oxygène ! La pureté de l’air, quoique un peu sec à cause de l’harmattan, vous donne une sensation de bien-être. Le chant mélodieux des oiseux remplace le vacarme des rues perpétuellement embouteillées de la capitale. La fraicheur du climat « foutanien » vous fait oublier, l’espace d’une nuit, la chaleur moite et les moustiques de Conakry.
« …des ampoules qui scintillent partout. Des lampadaires autour de la mosquée, dans la rue ; des guirlandes accrochées dans ma chambre, mon lit est inondé de lumière…. » ! Je me réveille brusquement, interrompant le rêve ! Il est 9 heures en ce mercredi, 16 février 2011. C’est jour férié. Dans ma tête, résonnent encore le bruit du moteur et les refrains des cantiques chantés la veille à la gloire du Prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui). Cette nuit, c’était le Maouloud célébrant sa naissance. Chez nous, avec 95% des musulmans de la population, le Maouloud est tout un évènement pour certains. Comme pour tout évènement, on s’y prépare.