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Chirac et la Côte d’Ivoire, c’était une question de logique

Jacques Chriac, CC wikipedia.org

La disparition de Jacques Chirac  (Père a son âme)  le 26 septembre a suscité une forte émotion dans le monde, plusieurs réactions également. On s’est aussi souvenu de lui en Côte d’Ivoire où il a eu une forte influence sur la politique, en tant que chef d’État français. Les personnalités politiques ivoiriennes qui étaient dans de bons termes avec lui  se sont ouvertement émus de sa mort. Celles  qui ne  le portent pas dans leur cœur parce qu’ils ont des choses à lui reprocher ont en revanche préféré garder le silence. C’est leur choix, qu’elles peuvent sans doute justifier, mais au fond la relation du  président  Chirac à la Côte d’Ivoire n’a été guidée que par la logique.

La cohabitation Chirac-Jospin et le coup d’État du 24 décembre 1999

Nous nous rappelons le coup d’État en Côte d’Ivoire en 1999 contre Henri Konan Bédié, alors président de la République.  Chirac qui est de la droite et proche du régime ivoirien de l’époque  est en cohabitation avec l’opposition socialiste. Alors qu’il est pour un déploiement de l’armée française dans Abidjan afin de rétablir de l’ordre constitutionnel, Lionel Jospin, le premier ministre socialiste qui détient la majorité au parlement s’y oppose. Parce que Konan Bédié un ami de Chirac ? Par simple rivalité avec le président Chirac ? Ou pour favoriser l’accession au pouvoir de ses camarades socialistes ivoiriens ? Ou pour ne pas s’ingérer dans une affaire ivoiro-ivoirienne ?

Dans tous les cas, ce refus, que les  accords de défense entre la  France et la Côte d’ivoire ne justifiaient pas, acte le putsch et par la même occasion proclame la chute d’un régime démocratiquement élu.

Les opposants ivoiriens de l’époque, dont le rdr (rassemblement des républicains) et les socialistes du fpi (front populaire ivoiriens), s’en réjouissent et ne voient aucun inconvénient à faire parti du gouvernement du chef de la junte  militaire. C’est certainement une aubaine pour ces organisations politiques légalement constituée de se rapprocher de leur objectif d’obtenir le pouvoir d’État.

Mais elles oublient, en particuliers les socialistes ivoiriens qui ont une longue histoire de lutte démocratique dans leur pays, qu’en acceptant de cautionner une action illégale pour la chute d’un régime démocratiquement élu, leur crédibilité est mise en cause. Ils se privent de plus de potentiels soutiens dans l’avenir. Et les socialistes ivoiriens l’apprennent à leur dépends lorsqu’ils sont effectivement au pouvoir.

L’insurrection armée du 19 septembre 2002 et l’indifférence de la France

Le régime de Laurent Gbagbo subit une tentative de coup d’État le 19 septembre 2002 qui se transforme en une rébellion. Entre-temps, Chirac et la droite remporte les élections générales de 2002 et arrivent à exercer pleinement le pouvoir. Le Régime socialiste ivoirien, attaqué, demande l’intervention de la France en raison des accords de défense qui lient la Côte d’Ivoire et l’ancienne puissance coloniale. Le président Chirac refuse logiquement de venir à la rescousse de socialistes ivoiriens qui ne s’étaient pas embarrassé 3 ans auparavant d’acter en intelligence avec leurs amis socialistes français, un accès au pouvoir par coup d’État. Et puis il y a aussi le principe de non ingérence dans un conflit entre ivoiriens, qu’avait déjà invoqué le premier ministre socialiste  à l’époque pour ne pas faire barrage au coup d’état contre Bédié, qu’avance le gouvernement français. En lieu et place d’une intervention française, les socialistes au pouvoir en Côte d’Ivoire ont droit à une force d’interposition qui coupe leurs pays en deux.

Les Forces françaises sécurisent ainsi logiquement les intérêts français dans la partie non occupée du pays après avoir mis à l’abri leur compatriote de la zone rebelle.

Politiciens puérils et sans principes démocratiques

En vouloir à Chirac au point de ne pas s’incliner devant sa mémoire est la preuve d’une immaturité politique ; c’est même un comportement puéril de ces politiques ivoiriens qui refusent de voir leur propre responsabilité dans le déclin de leur pays : avoir cautionné un coup d’État qui est pour  la Côte d’Ivoire une boîte de pandore. Tous les drames (charniers, tentative de coup d’État, rébellion, guerre civile, conflits interethniques, massacres, détournement et corruption à grande échelle, tribalisme, gabegie, manipulation politique, prédation économique) que le pays connaît par la suite en sont la source logique.

Entre parenthèse : il est intéressant de remarquer la stabilité du Sénégal. Comme la Côte d’Ivoire, ce pays de la sous-région ouest-africaine est, à la fin des années 90, confronté à de réels obstacles à une alternance politique démocratique.  Malgré les épreuves et les difficultés, les opposants de ce pays avec à leur tête Abdoulaye Wade, ne succombent pas aux sirènes des moyens anti-démocratique, ne serait-ce que pour espérer gérer les affaires de l’État.  Ce n’est pas le cas de ceux de la Côte d’Ivoire ; D’où certainement le mépris de Wade, une fois au pouvoir, pour les socialistes ivoiriens avec qui il semblait à couteau tiré alors que chacun gérait son pays de son côté. Laurent Gbagbo même, dans les interviews qu’il accordait, se plaignait de ce dédain, dont il disait ignorer la cause.

Pour revenir au président Chirac, de belles paroles même de personnalité politiques ivoiriennes à sa mémoire ne veulent rien dire si la logique, la loyauté aux principes démocratiques et à ses amis,  la persévérance et l’amour pour son pays et ses compatriotes …. Si tous ces principes  qui l’ont animé ne servent pas de leçons aux politiques de la Côte d’Ivoire. Il n’y a pourtant rien à espérer de ces derniers. L’aigreur des ex gouvernants et l’euphorie du régime actuel emmènent cet agrégat de requins, dauphins, pique-bœufs et autres égoïstes et égocentriques assoiffés du pouvoir à oublier l’essentielle : L’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire.

Le Président Chirac, lui, est décédé en paix chez lui, entouré des ses proches, comme le signe  du devoir accompli dans un esprit de logique, pour le rayonnement de son pays et la dignité de ses compatriotes. Père a votre âme, Monsieur Chirac, vous pouvez reposer en paix.


La mémoire de l’étoile, Dj Arafat, dévoile des sorciers

Arafat Dj en concert au Tchad en 2014. CC wikipédia

Cela fait prêt d’une douzaine de jours qu’à la suite d’un accident de moto nous a quitté le roi du Coupé-décalé, Arafat Dj, de son vrai nom Ange Didier Houon – Père a son âme. Sa  disparition est une énorme perte pour la Côte d’Ivoire et le monde des arts musicaux modernes. Elle  confirme pourtant la mauvaise foi,  voire la méchanceté, que certaines catégories d’individus lui ont montrées de son vivant. Ces adeptes des pratiques secrètes, illicites et effrayantes semblent même utiliser sa disparition tragique à leur profit.

Le monde des politiciens

Il n’est un secret pour personne, Dj Arafat avait pour « mentor » un politicien. Mentor ? Disons plutôt vieux-père en nouchi, ou protecteur en français. Ce dernier a même dit de lui : « C’est mon fils », avec ce que cette expression comporte comme sous-entendu en considérant le dense et  particulier contexte culturel et linguistique ivoirien. Enfin soit.

Véritable relation de protection ou pure manipulation par des politiciens   dépassés, mais surtout malins, animés de la volonté de se façonner une image d’officiels branchés devant une jeunesse désœuvrée dont Dj Arafat était l’idole ? Une chose est sûre, cette relation privilégiée n’a pu éviter le drame à l’artiste. Sans que la responsabilité du roi du coupé-décalé soit totalement avérée dans l’accident qui l’a emporté, la protection dont il bénéficiait des politiques  lui semblait une caution à tous les excès, sur la route notamment. « Il était abonné aux frasques, aux parades dangereuses à moto en pleine agglomération, souligne l’hebdomadaire satirique ivoirien L’Eléphant Déchaînésous le regard parfois amusé des forces de l’ordre, dont il ne venait jamais à l’esprit, de peur de représailles diffuses, d’oser la moindre verbalisation contre la star du coupé-décalé. […] À force de tout lui pardonner, déplore encore L’Eléphant Déchaîné, la République a laissé l’artiste, assuré d’une certaine impunité, s’installer dans une vie dangereuse, quasiment tous les dimanches, avec ses parades à moto, sur les voies très fréquentées de la 8e tranche, à Angré. ».  Ces autorités politiques étaient-elles donc vraiment de réels protecteurs pour  l’artiste ? Le fait que le gouvernement n’a  pas spontanément interrompu ses vacances pour l’organisation des obsèques de cette icône de la musique ivoirienne et offrir au plus tôt une sépulture à son corps meurtri par la violence de l’accident qu’il a subi en dit long à ce sujet.

Tweets sur tweets (pour témoigner sa peine depuis son lieu de vacance) comme leur nom l’indique ne sont ni plus ni moins que du bruit. Ces gazouillis ne peuvent valoir le grand attachement que ces tweeteurs prétendaient témoigner à la star de son vivant. Le verset biblique ne semble pas si bien dire : « Et là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Luc 12, 34).

L’organisation même de funérailles grandioses par le gouvernement ne saurait témoigner suffisament de l’affection pour un artiste qui, dans ses derniers jours, se plaignait auprès de sa grand-mère d’attaques et d’un manque de soutien flagrants pour l’organisation de son concert. La plus grande  reconnaissance serait de faire bénéficier à ses enfants à bas âge d’une prise en charge sociale. Alpha Blondy l’a réalisé pour le fils de son ami, l’homme qui l’a fait, Roger Fulgence Kassy. Pourquoi ceux qui prétendent regretter Arafat Dj et qui en ont les moyens et le pouvoir n’en feraient pas autant pour ses enfants ?

Pseudo croyants et autres serviteurs de Dieu

Ces  catégories d’individus y vont de leurs commentaires au sujet de la disparition  d’Arafat Dj : « Il est mort sans connaître Dieu », entend-t-on de leur part, comme si l’on connaissait la relation personnelle qu’entretenait  cet époux, ce père de famille, cet artiste, ce concepteur, ce créateur, ce  féru de travail, cet homme pas du tout hypocrite, ce chef d’entreprise avec Dieu. Si Dieu ne se trouve pas dans ces différents aspects de sa vie, alors Dj Arafat que  ces gens  prennent plaisir à dénigrer au nom justement de Dieu n’a pas existé. Donc, de grâce, qu’elles se taisent.

Bon, en supposant qu’il n’aurait pas été croyant… qui de ces personnes,  soucieux de son salut et qui le voyait  égaré, a eu l’initiative de porter la Bonne Nouvelle à cette créature de Dieu, comme le commande Jésus à ses apôtres en Marc 16, 15 ? Une chose est certaine, ceux qui pensent créer la peur et augmenter  ainsi leur fidèle en prétendant à travers leur propos que Dj Arafat a eu une fin tragique parce qu’il n’aurait pas été croyant, ces gens mêmes ne connaissent pas encore Dieu. Sinon, en ce moment même, elles se lamenteraient pour ne pas avoir contribué à sauver une âme que, justement par la grâce de Dieu, ils prétendent avoir vu en perdition.

Certains même ont déjà eu la prétention de le juger et de lui prédire l’enfer sans se soucier de la faute qu’eux, pauvres mortels aussi, commettent ainsi en se faisant passer pour Dieu. Un  pasteur, qui a flairé une occasion de faire le buzz en se servant de la dépouille de la pépite de la musique ivoirienne, a même proposé de le ressusciter, avec le secret espoir d’être davantage connu et  sans doute de se faire beaucoup plus de fidèles.

L’artiste  ivoirien éclairé

Un célèbre artiste ivoirien d’une très très grande clairvoyance rappelle avoir mis en garde Dj Arafat contre son irresponsable entourage, que ce dernier allait causer sa « perte ».  Et malheureusement, selon lui, ceux qui étaient avec lui la nuit du drame l’ « ont poussé à ça jusqu’à la dernière minute, jusqu’à le mettre sur une moto sans casque ».

Notre artiste éclairé doit sans doute se réjouir, pour avoir eu raison. Sauf que sur la mémoire d’un défunt, on ne cherche pas à montrer son intelligence ou on ne prouve même pas qu’on avait raison. La sagesse veut qu’on se montre simplement humain ; on s’incline devant la mémoire du défunt, on fait preuve  de compassion et d’empathie pour la famille éplorée. Ce n’est à  l’honneur de personne de ne rien faire pour empêcher un danger qu’on a heureusement pressenti, de s’abattre contre la potentielle victime. Pire, il n’y a rien de digne d’avoir été particulièrement en conflit permanent avec cette personne qu’on dit avoir prévenu du drame, si bien qu’on a contribué à l’isoler davantage, parce qu’on nourrissait le secret espoir d’avoir raison un jour.

Ce comportement cache mal une antipathie née de la jalousie pour  un artiste d’une véritable  spontanéité, d’un naturel et d’un génie fascinants et dont l’aura lui attirait la collaboration de stars et l’amour spontané de millions de fans qu’il appelait affectueusement les chinois.

Seulement, les basses manœuvres contribuent étrangement au rayonnement d’une étoile, surtout quand celle-ci est  montée, définitivement dans les cieux,  rejoindre ses semblables, les anges. Repose en paix Ange Didier Houon, alias Dj Arafat, dit  Daïshikan. Père a ton âme, que tes détracteurs et tes sorciers le veuillent ou pas.

Yako* à  ta femme, à tes enfants, à ta mère, à ta grande famille, aux « Chinois » (tes fans), au monde des arts modernes, à toute la Côte d’Ivoire.

*Sincères condoléances


Les Éléphants de Côte d’Ivoire, les Ivoiriens s’en foot

Tout en étant indifférents aux résultats de leur équipe nationale de foot, les Ivoiriens gardent un œil sur elle. Rencontre avec une dizaine de supportrices et supporteurs désabusés, sélectionneurs à leurs heures.

Ils la regardent en corner, comme on dit au pays, avec l’espoir qu’elle obtienne de meilleurs résultats, pour tirer des boulets contre toute l’équipe et son sélectionneur, ou encore pour proposer leurs solutions. L’élimination de Éléphants en quarts de finale de la CAN 2019 confirme le désamour des Ivoiriens pour leur équipe, mais également leur attachement à celle-ci. Ils ne s’embarrassent pas de dire ce qu’ils en pensent, parce qu’au fond, les Éléphants de Côte d’Ivoire, les Ivoiriens s’en foot.

Yao, 35 ans, teinturier

« Y’a pas beaucoup d’argent ici. Nos joueurs jouent de sorte à être rapidement éliminés pour retourner jouer en Europe, dans leurs championnats respectifs. Mais il faut dire que notre sélectionneur (Ibrahim Kamara) ne fait pas notre affaire. Nous avons de bons footballeurs : Cornet, Zaha, Pépé, Gradel… C’est une chance pour la Côte d’Ivoire d’avoir de tels joueurs qui prouvent leur valeur en club, dans les plus grands championnats. Mais le coach est incapable de les encadrer. Il ne peut même pas les faire jouer dans un système de jeu. Je préfère donc écouter radio Bouaké. »

Silvia, 32 ans, ingénieure des travaux publics

« Prier pour la victoire de ceux-là, pourquoi ? J’ai d’autres choses à faire. Mais bon, c’était mon souhait qu’ils gagnent [le quart de finale contre l’Algérie], mais malheureusement ils ont perdu. J’avoue que je n’ai pas suivi le match, je ne croyais pas trop à la victoire de notre équipe à cause de ses précédentes prestations. »

(l’article continue après la vidéo)

 

M. Traoré, 73 ans, retraité

« Nous avons de bons joueurs, mais c’est par chance que nous avons atteint les quarts de finale. Nous n’avons pas de fond de jeu. Nos joueurs ont produit leur football en fonction de leur entraîneur. Il était incapable de contrer les tactiques des coachs adverses. Et puis beaucoup de nos joueurs banquettent dans leurs clubs. En les sélectionnant, on les fait souffrir sur le terrain, déjà qu’ils viennent d’horizons divers et n’ont pas de vécu ensemble. J’ai été impressionné par le défenseur de l’ASEC Mimosas Wonlo Coulibaly. Il est la preuve qu’il faut mieux considérer nos footballeurs locaux. Il faut investir dans les tournois de jeunes pour y tirer notre future équipe nationale, sinon en 2023 [année de la CAN en Côte d’Ivoire, ndlr] nous allons subir le même sort que l’Égypte cette année. Et par-dessus tout, l’entraîneur doit retourner à l’école. Et puis son patron, le président de la Fédération, et son équipe doivent céder la place à de nouveaux dirigeants. Ils doivent partir, ils ont montré leurs limites dans la gestion de notre équipe. Produire un tel jeu, avec tout l’argent [4,2 milliards de FCFA, soit 6,4 millions d’euros, ndlr] qui a été mis à la disposition de cette équipe, c’est simplement un scandale. »

Modeste, 29 ans, étudiant

« Nous n’avons pas de système de jeu, nous jouons avec la chance. La stratégie de l’entraîneur a commencé à se dessiner en quart de finale, mais c’était trop tard puisque l’Algérie était mieux préparée que nous. Il fallait commencer à jouer comme ça dès le début de la compétition pour espérer aller plus loin. Mais comme toujours, on a préféré l’improvisation. Si on veut remporter des coupes, il nous faut rompre avec les mauvaises habitudes. »

Michael, 25 ans, étudiant

« Pour les quarts de finale, on n’a manqué de chance. Mais au début de la compétition, nos joueurs manquaient de confiance. C’est parce que l’entraineur lui-même manque d’expérience. On dirait qu’il n’avait pas les mots pour coacher et motiver ses joueurs. On voyait bien à la télé qu’il restait muet alors que ses joueurs étaient en difficulté pendant le jeu, comme s’il n’avait rien préparé comme tactique de jeu. Quand les joueurs se disputaient sur le terrain, il restait encore muet. Mais je crois qu’on ne doit pas désespérer de cette équipe. Elle a juste besoin de jouer beaucoup plus ensemble et dans un nouvel esprit. Et puis on n’a pas besoin d’un entraîneur blanc. Le sélectionneur actuel doit simplement prendre conseil auprès de ses prédécesseurs à la tête des Éléphants. François Zahui peut lui être utile, c’est un coach très rigoureux, expérimenté et il a une bonne influence sur ses joueurs. Il l’a prouvé en 2012 quand il était le sélectionneur. À l’époque, ils n’avaient certes pas remporté la coupe, mais ils ont atteint la finale sans perdre un match et sans encaisser le moindre but. C’est peut-être Zahui qu’il faut à la tête des éléphants. »

M. Koffi, 60 ans, retraité

« Je n’ai rien contre cette équipe. Depuis le temps de Drogba, les Eléphants trouvent leur jeu en avançant dans la compétition. Nos joueurs ont fait de leur mieux. La preuve, ils n’ont été éliminés qu’aux tirs au but. Mais malheureusement, c’était au moment où l’équipe gagnait en puissance. Mon souhait, c’est qu’à l’avenir on détecte plus des joueurs locaux qu’on pourra sélectionner. Hervé Renard [sélectionneur et vainqueur de la CAN 2015 avec la Côte d’Ivoire, ndlr] l’a fait en son temps. Martial Yeo [sélectionneur et vainqueur de la CAN 1992 avec la Côte d’Ivoire, ndlr] l’avait fait avant lui. Il n’y a donc aucune raison que ça ne fonctionne pas encore »

(l’article continue après la vidéo)

Jacques, 40 ans, mototaxi

« Le dernier match des Éléphants est acceptable. Si ils avaient joué comme ça depuis le début de la compétition, ils auraient certainement fait mieux qu’un quart de finale. Je crois qu’on peut garder l’entraîneur. Ce sont les joueurs qui doivent plutôt s’appliquer. »

Fatou, 51 ans, secrétaire administrative et restauratrice

« Je supporterai toujours nos Éléphants. Leur dernier match était satisfaisant. Seulement, il faut limoger l’entraîneur. Il donne l’impression de ne pas connaître ses propres joueurs. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de favoritisme dans cette équipe, je ne comprends pas qu’on maintienne un joueur sur le terrain alors qu’il n’est pas performant. Pourtant, il y a d’autres joueurs sur le banc qui feraient l’affaire. En fait, ce sont tous les dirigeants de la fédération qu’il faut chasser ».

Jean-Louis, 17 ans, élève

« Les Éléphants se sont débrouillés sur le terrain, au quart de finale surtout. C’est parce qu’ils ont un bon niveau, contrairement à leur entraîneur qui faisait des choix approximatifs. »

Conclusion : les Éléphant de Côte d’Ivoire, ce n’est pas que l’affaire des joueurs, du coach et des dirigeants de la fédération ivoirienne de football. Cette équipe concerne tout les Ivoiriens, sans distinction d’âge, de sexe et de profession. Même si elle fédère, il me semble qu’il ne serait pas inutile de prendre en compte les remarques de ses premiers supporteurs que sont les Ivoiriens. Ce n’est qu’en les écoutant que notre sélection nationale procurera à nouveau de la joie à ses fans.


La Maison Connectée Des Savoirs (MCDS) de Grand-Lahou récompense ses lecteurs

Installation des lecteurs. Crédit photo :  Aly Badra

Ce samedi 6 juillet 2019, la Maison Connectée de Savoir (MCDS), ce tiers-lieu éducatif  de la ville de Grand-Lahou, a organisé, dans la joie et  la gaieté, une cérémonie de remise de prix aux lauréats des différents concours qu’elle a organisés.

L’orthographe, le dessin et la lecture sont les disciplines dans lesquelles les lecteurs ont composé. Ce sont au total plus d’une centaine d’élèves  du primaire et de la 6ème  qui ont pris part à ces concours.

Le dessin concernait les élèves de niveau CP (Cours Préparatoire) et CE (Cours Élémentaire.). Ceux   des niveaux CM (Cours Moyen) et 6ème se sont en revanche exercés  à l’orthographe.

Les prix varient certes, mais dans l’ensemble, les lauréats ont reçu en récompense de leurs efforts des sacs de sports, des jeux de société, des fournitures scolaires et des livres.

Pour avoir honoré la cérémonie de leur présence, chacun des invités  s’est vu offrir un cadeau de la Maison Connecté des Savoirs et son partenaire, les Éditions Les Classiques Ivoiriens.

Comme le montrent ces images ce fut un moment studieux,  de reconnaissance des efforts fournis, de joie et de gaieté, mais surtout de communion entre jeunes lecteurs, invités et enseignants.

 Les jeunes invités attendent sagement le début de la cérémonie. Crédit photo : A. B.

 

Le manager général de la MCDS entretient les jeunes invités sur les bienfaits de la lecture et les fondements de ces concours. Crédit photo : A. B.

 

Les jeunes lecteurs, très attentifs. Crédit photo : A. B.

 

Emmanuela, la plus brillante de tous, reçoit son prix des mains du patriarche Coulibaly. Crédit photo : A. B. 

 

La codirectrice de l’école Papa Nouveau reçoit symboliquement des cadeaux pour son école; Crédit photo : A. B.

 

Le concours de lecture se déroule séance-tenante. Crédit photo : A B.

 

Chacun des invités à eu droit à un cadeau. Crédit photo : A. B.

 

Photo de famille dans la gaieté. Crédit photo : Aly Badra


Festival Afropolitain : le slam tout feu tout flamme à l’Institut français d’Abidjan

Dans la soirée du 26 juin 2019, sur la scène de l’Institut français d’Abidjan, le slam était à l’honneur. Les slameurs africains du festival afropolitain ont gratifié les spectateurs de performances remarquables tant par leur style que par les messages véhiculés.

Le slameur ivoirien Kapégique en prestation. Crédit photo : Georges Kouamé

– Le style

Le style était simple, débarrassé de superflu, comme le réclame l’art du slam. Tous accompagnés d’une simple guitare ou d’un piano, nos artistes déclament leur texte poétique. Ceux-ci sont soit dits en Nouchi pour ce qui est de Kapégique, le slameur ivoirien, soit en français et en langue locale pour les Powets du gabon, pour Marriusca du Congo et pour Kamal du Bénin. Les Powêts par exemple innovent par leur style traditionnel inspiré des remarquables et joyeux conteurs africains.

La simplicité des prestations augmentait le caractère intimiste de cette scène slam. Elle offrait aussi aux spectateurs non seulement de communier avec les slameurs, mais aussi de savourer des textes aux messages forts et variés.

Les Powets du Gabon en prestation. Crédit photo : Georges Kouamé

– Le message

Comme le style, le message est simple et rappelle les besoins essentiels des populations africaines. C’est avant tout pour Kapégique, le slameur ivoirien, la recherche de la paix. Son message est donc une mise en garde contre une  nouvelle guerre civile dans son pays en 2020 à la faveur des prochaines élections présidentielles après celle de 2010 qui a fait plus de 3000 morts. À cet effet Kapégique revisite le  fameux  titre du célèbre artiste congolais Zao :

« La guerre civile, ce n’est pas, ce n’est pas. Quand la guerre arrive tout le monde est cadavré. »

Le message est aussi avec les Powets du Gabon une quête de la différence, de la diversité, et non de la « demoncratie » ou encore de la « démo crass ie », comme ils le slament si bien. Marriusca la slameuse congolaise fait aussi de ce message sa thématique. Elle utilise l’image d’un arc-en-ciel qui n’est plus beau sans sa diversité pour rappeler le besoin des hommes de s’aimer afin de préserver l’humanité.

Le message de Kamal est autant simple que réaliste : le besoin pour les pays africains de ne pas se faire re-coloniser par les Russes et les Chinois après avoir subi la colonisation occidentale. La solution à ce déclin est le travail, selon le slameur béninois.

Style et message sont parfaitement conjugués par ces artistes de génie si bien que les spectateurs en redemandent chaque fois à la fin de leur temps de scène. Vivement la prochaine édition du festival afropolitain. Mais avant découvrez ici des vidéos des prestations de nos slameurs.

Les Powets du Gabon

Festival #afropolitain2019 Les slameur Gabonais, le groupe les #Powets, en plaine prestation.

Publiée par N'guessan Jean Christ Koffi sur Samedi 29 juin 2019

Kapégique de Côte d’Ivoire

#afropolitain2019 Le Slameur ivoirien #Kapégique déclame une #poésie sur la beauté de son pays

Publiée par N'guessan Jean Christ Koffi sur Samedi 29 juin 2019


Festival Afropolitain : Sandrine Burckel, maquilleuse, milite contre la dépigmentation

Infirmière de profession, mais qui a le maquillage pour passion, Sandrine Burckel est une jeune femme exposante au festival afropolitain 2019, dans la catégorie art visuel.

La maquilleuse Sandrine Burckel Crédit Photo : Georges Kouamé.

À son stand, pas de photos exposés ni de modèles réels. Juste du matériel et des produits de maquillage. La raison ? Ses visiteurs sont justement ses modèles. Ils sont gratifiés séance tenante d’un make up réalisé par ses  soins. Ce ne sont pas les  mondoblogueurs qui diront le contraire.

Crédit photo : Georges Kouamé

 

Crédit photo : Georges Kouamé

Mais la jeune femme maquilleuse est plus remarquable par la singularité des maquillages qu’elle utilise. À base de produit naturels, notamment le miel, l’huile d’olive, le citron, ils servent, selon elle, à revaloriser la peau noire. Celle-ci, à cause de la dépigmentation est dévalorisée et perds de ses qualités, alors que sans produit éclaircissant, mais simplement entretenue, toujours selon Sandrine,  c’est une peau qui résiste au temps.  Son vieillissement est par exemple beaucoup plus lent qu’une autre peau. Elle tient bon contre les éléments.

Selon la maquilleuse strasbourgeoise d’origine camerounaise, sa propre peau illustre bien ses propos. Et nous le confirmons. Jugez en vous-même par cette vidéo où non seulement elle apparait, mais où elle explique également la cause de son rejet de la dépigmentation.

 


Reforme de la loi sur la filiation en Côte d’Ivoire : et si on élevait le niveau du débat

En plus de « l’intérêt supérieur de l’enfant né hors mariage », les autorités expliquent les reformes sur la filiation par  certaines exigences de la société ivoirienne actuelle et le souci de  se conformer à « ce qui se fait ailleurs  dans le monde dans ce domaine ». Ces justificatifs, qui ne sont pas de plus appuyés d’exemples concrets, ne sauraient à eux seuls expliquer ces modifications. Ils comportent non seulement des  limites, mais la reforme en elle-même n’a pas été élaborée  dans l’esprit  dans lequel elle est supposée se faire ; c’est-à-dire les renforcements, d’abord de l’égalité homme-femme et ensuite de la protection de l’ordre public. Une élévation du niveau du débat sur cette reforme pour éviter d’en faire une triste aventure s’impose. La discussion empêchera ainsi l’inégalité et l’injustice dans le couple,  renforcera le rôle de l’institution  judiciaire et mettra les personnes en face de leur responsabilité.

Groupe d’enfants africains. CC Pixabay.com

1- Inégalité homme-femme et injustices

Corrigeant une injustice vis-à-vis de l’homme, le  nouveau texte prévoit que  « le mari peut, désormais, désavouer l’enfant né dans le mariage s’il prouve qu’il ne peut en être le père. Cela, en se fondant sur les données acquises de la science médicale ». Parallèlement l’homme peut reconnaître son enfant né de son « commerce adultérin », non plus après le consentement de son épouse légitime, mais  après une simple notification de celle-ci par un acte d’un commissaire de justice (un huissier). Ces nouvelles lois comportent des injustices et des inégalités. Elles  vont à l’encontre de l’esprit de renforcement de l’égalité entre l’homme et la femme dans le mariage, qui, selon le gouvernement, aurait motivé ces innovations.

Pourquoi en effet l’enfant de l’épouse dont l’époux doute de la paternité devrait subir des textes ADN qui prouvent qu’il en est le père avant de le reconnaître, alors que ce n’est pas le cas pour l’enfant né d’un « commerce adultérin » de l’homme ?

Autant est reconnu à l’époux le droit de douter de sa paternité, autant l’épouse devrait également pouvoir remettre en question la paternité de son époux au sujet d’un enfant née en dehors du cadre familial légale. La justice voudrait que des tests ADN  soit valables dans les deux cas pour mettre toutes les parties en présence en face de leur responsabilité. Cela, en vue d’une réelle protection de la famille ; de  l’enfant adultérin aussi qui, malgré tout, est un être humain.

2- Respecter la fonction judiciaire

– Ne pas abuser de la justice

L’homme pourrait reconnaitre l’enfant né de son commerce adultérin, comme le souhaite la reforme, après une simple notification de l’épouse légitime par une commissaire de justice.  Mais, l’action de l’huissier dans ce processus ne doit pas constituer d’une part  l’illusion du respect de l’époux infidèle pour son épouse et d’autre part une banalisation de cette fonction judiciaire. Son action se limite en effet uniquement à une notification de la femme, rien de plus. L’on abuse ainsi des services d’un agent de la Justice pour imposer à la femme la traitrise de son époux.

– Le commissaire de Justice doit être au service de la Justice

Le rôle du commissaire de justice dans le processus de reconnaissance de l’enfant adultérin doit être réel et impartial. Son action doit en effet consister à s’assurer de la paternité du père infidèle après réalisation de tests ADN (réalisés aux frais de ce dernier) le prouvant. Si c’est avéré qu’il est le père  de l’enfant né hors mariage comme il s’en réclame, l’huissier devrait alors veiller au  dédommagement de l’épouse par l’époux adultère pour le préjudice morale et psychologique subi. Ces mesures se justifient par le fait qu’au mariage l’homme et la femme se sont juré fidélité et respect. De plus, ces compensations qui ne sont pas nouvelles[1] devraient apaiser la femme. Elle est  non seulement meurtrie par la traitrise de son époux, mais ses enfants nés dans le mariage auront, selon la reforme sur la filiation,  les mêmes droits que l’enfant né de la tricherie de cet époux. Ces règles, dans le fond, sécurisent véritablement le mariage et au-delà l’intérêt supérieur de la famille, première cellule sociale.

3- La responsabilité en vue de la quiétude sociale

–  Mettre le conjoint adultère devant ses responsabilités

L’époux adultère pourrait être tenté de fuir ses responsabilités vis-à-vis de l’enfant né hors mariage en ne le reconnaissant pas par exemple. À ce niveau les tests ADN, réalisés aux frais de l’éventuelle plaignante, son amante, devraient clore le débat et le mettre devant ses obligations vis-à-vis de son enfant adultérin, s’il est prouvé qu’il en est le père. Si c’est le cas, il devra rembourser, à sa maîtresse, une partie  du coût des tests.

L’homme peut aussi  évidemment faire jouer sa liberté en demandant le divorce.  L’épouse aussi d’ailleurs. Dans ce cas, la loi devra garantir une protection totale à l’épouse en sommant l’époux fautif d’assurer  les ressources nécessaires pour l’entretien de  son ancienne conjointe et leurs enfants. Cela, pour l’équilibre de cette famille désormais monoparentale.  Le mari et son épouse étant traditionnellement des partenaires sociaux en Afrique, cette digne assistance devrait symboliquement combler la défection de l’époux.

Pour la gouverne du gouvernement ivoirien, prompt à copier ce qui se fait partout, ces mesures s’appliquent  aussi ailleurs,  notamment dans les États civilisés à travers le monde.

Ne pas faire de l’adultère un délit ne signifie pas l’institutionnaliser

Ces  mesures semblent sévères certes, mais tout est en fait une question de responsabilité, de justice et de bon sens.  Il s’agit de mettre des adultes  en face de leur Responsabilité. Tous ont en effet une obligation de contribution à l’ordre sociale et public.  Et un des obstacles à cette quiétude est indéniablement l’abandon des enfants à la seule charge d’une ancienne épouse. Il y a aussi, en plus des limites de l’assistance sociale, l’incapacité du père de famille nombreuse à assurer ses devoirs de protection  et d’éducation envers ses enfants. Il faut préciser que ces familles trop nombreuses sont le résultat de la polygamie sournoise. Celle-ci résiste au temps, à travers des mariages coutumiers et religieux, sous prétexte que l’adultère n’est pas un délit.  Il n’est pas un crime certes, mais il ne faut pas le banaliser puisqu’il constitue une cause de divorce, de drames et de désordres sociaux

L’adultère  peut simplement être   rendue coûteux, à travers toutes les mesures précédemment évoquées. Cela, pour épargner la société de tous les drames et hontes qui lui sont liés. Non seulement  il ne sera plus à la portée de tous, mais les personnes qui le pratiqueront sauront surtout ce à quoi s’attendre. Les victimes auront également de quoi apaiser leur cœur. Autant de situations qui, au moins, dissuadent  d’être infidèle.

Des hommes seraient même tentés de ne pas se marier officiellement pour jouir d’une certaine liberté matrimoniale. Mais divers avantages sociaux, fiscaux et même financiers accordés aux couples mariés légalement  devraient faire réfléchir ces mâles à deux fois avant de s’engager dans un tel égarement. La sanction en outre de pères incapables de s’occuper d’une progéniture trop nombreuse devrait davantage les dissuader à donner libre cours à leurs pulsions.

En somme, la reforme sur la filiation en Côte d’Ivoire sera salutaire si  elle est vraiment réalisée dans un esprit de Justice. Mais elle le sera surtout en prenant effectivement en compte l’intérêt supérieur de l’institution familiale, première cellule sociale. Dès lors, l’ordre public suivra naturellement, en attendant que les injustices au niveau de la pension de la défunte femme fonctionnaire[2] soient corrigées, pour une véritable égalité homme-femme dans le mariage.

 

[1] En cas de fautes de l’homme vis-à-vis de son épouse, la tradition et le bon  sens aussi d’ailleurs, veut qu’il lui fasse des cadeaux pour l’apaiser.

[2] Le veuf devrait en bénéficier pour l’entretien de la famille, comme cela s’applique également pour la veuve.


Réforme de la loi sur la filiation en Côte d’Ivoire ou le projet d’une légalisation sournoise de la polygamie

Fin mars 2019, le gouvernement ivoirien a adopté des projets de loi relatifs au mariage, à la minorité, aux successions et à la filiation. En dépit de quelques  évolutions au niveau des trois premiers, la reforme sur la filiation s’annonce assez complexe. Elle véhicule en effet certaines injustices et pourrait de plus implicitement proclamer une légalisation inavouée de la polygamie en Côte d’Ivoire.

Crédit photo : afro-moderne.mondoblog.org
  • Une reforme patriarcale

La reforme sur la filiation en Côte d’Ivoire répond, selon les autorités, du besoin de ne considérer que l’intérêt supérieur de l’enfant né hors mariage qui « n’est plus, ainsi, comptable des actes de ses père et mère ». C’est bien beau, mais on se garde bien d’informer sur les chiffres et les statistiques sur les individus qui sont concernés par la non reconnaissance de leur père à leur naissance. Aucune enquête ou tout autre étude non plus sur les raisons pour lesquelles des enfants ne sont pas reconnus par leur père n’a été utilisée comme argument pour motiver la réforme.

Il serait judicieux de prendre en compte ces éléments et de les porter à la connaissance de la population. Cela pour ne pas donner l’impression que ces reformes sont le fait de patriarches soudainement riches, qui ont donc eu les moyens de contracter au moins un mariage parallèle, mariage illégal parce que non reconnu par la loi. Ce sont ces unions coutumières ou religieuses.

Et pour revenir à ces super mâles, vu leur statut de patriarche, ils seraient fort embarrassés lors de la reconnaissance de leurs enfants adultérins. Ils doivent en effet avoir l’autorisation de l’épouse légitime à cet effet, selon la loi actuelle. La reforme viendra  proclamer la fin de ce détail qui met l’époux en face de son devoir de fidélité et de respect vis-à-vis de son épouse et vice versa. Cette loi valorisante pour l’épouse légitime qui n’a rien à se reprocher sera ainsi abrogée. Selon la reforme, son avis  ne compte plus, l’homme l’informe simplement de la reconnaissance de son enfant adultérin avec la complicité de la justice.

  • La justice au service de l’adultère et de l’injustice

L’homme pourra en effet reconnaître son enfant né de son « commerce adultérin » non plus après le consentement de son épouse légitime, mais  après une simple notification de celle-ci par un acte d’un commissaire de justice.

L’on est tenté de se demander à quoi répond la notification de l’épouse par un huissier avant que l’époux ne reconnaisse son enfant adultérin, puisque l’avis de cette femme ne compte pas. Pour son dédommagement ? Ou pour toutes autres compensations ? Ou encore pour tout autre règlement par rapport aux enfants légitimes ? Rien ne le dit. Une chose est sûre, on a l’impression que des services de la justice sont mis à la disposition d’un acte immoral, l’adultère. Le pire, on dénue à l’épouse légitime le droit de protester contre l’immoralité de son époux.

On lui offre sournoisement le choix entre le divorce et une certaine vie conjugale. Elle peut en effet demander la séparation en raison de l’infidélité de son époux. Cependant en dehors de la vie maritale une femme est non seulement mal vue dans la  société ivoirienne, mais elle paraît non plus n’avoir aucune existence. Endurer les infidélités de l’homme ou accepter d’être marginalisée. Telle est  la position de l’épouse qui finalement semble se trouver entre le marteau et l’enclume.  Il est encore évident que l’égalité homme-femme qui a motivé les reformes sur le mariage, parallèlement aux innovations sur la filiation, est ici mise à mal.

  • Une réforme qui fait une part belle à la polygamie

La réforme annoncée sur la filiation donne ainsi implicitement un statut légal aux multiples mariages contractés soit de façon traditionnelle soit suivant certaines religions. On donne ainsi en Côte d’Ivoire l’impression de faire de l’adultère une vertue, sinon d’en être indifférent, alors que la loi la considère comme un motif de divorce.

La relation extraconjugale est de plus dans les faits la cause de plusieurs drames sociaux. De nombreux faits divers liés à cet acte de traîtrise d’un des membres du couple en sont la preuve. L’adultère n’est certes pas un délit en Côte d’Ivoire, mais à partir du moment où il est la cause de tragédies, de désordres sociaux ainsi qu’un motif de divorce, toute reforme devrait être plus pour le décourager que pour l’encourager. Cela semble pourtant difficile à réaliser puisqu’il est le fondement de la polygamie, polygamie que cette reforme sur la filiation en Côte d’Ivoire cautionne implicitement.

Finalement l’intérêt de l’enfant né hors mariage qui paraît la raison pour laquelle ces reformes de la loi sur la filiation sont annoncées n’en serait pas la cause réelle. La situation de ce rejeton paraît simplement manipulée en vue d’accorder plus de crédit à la polygamie. Ce dessein inavoué met en danger l’institution familiale et constitue à long terme un facteur de désordre social et public. Ce que dit  pourtant vouloir  éviter le gouvernement en engageant ces reformes. Allez y comprendre quelque chose.


#Mondochallenge : Côte d’Ivoire, l’alcool, un tueur silencieux

Bouteilles de koutoukou dans un cabaret, Crédit photo : Christ Koffi
Bouteilles de koutoukou dans un cabaret, Crédit photo : Christ Koffi

L’Ivoirien adore faire la fête. Qui dit fête, dit laisser aller à tous les excès qui vont avec, particulièrement à une consommation démesurée d’alcool. Mais beaucoup d’autres Ivoiriens n’ont pas besoin de faire la fête pour ingurgiter quotidiennement de l’alcool. Et si la Côte d’Ivoire, malgré ses apparences, ne se trouve pas parmi les grands consommateurs d’alcool , c’est simplement parce que l’alcool qui y est le plus consommé  échappe à tout contrôle depuis sa fabrication jusqu’à sa mise sur le marché. Et cet alcool, dont le plus célèbre est le koutoukou, encore appelé gbêlê, fait des dégâts parmi ses consommateurs, de jeunes adultes en général.

  • Un fait divers lié au goût de l’alcool

Jeudi 15 janvier 2015, Yopougon (Abidjan), 9 heures du matin, un homme, la quarantaine, que nous appellerons Mike est au boulot. Il a veillé, il est gardien de nuit de véhicules. Et ce jeudi matin là, il a pratiquement fini de libérer ses clients qui viennent récupérer leur voiture pour se rendre au travail. Il vaque donc normalement à son occupation quotidienne quand il est soudain pris d’un malaise. Il s’adosse contre un véhicule, tient difficilement sur ses jambes. Les habitants et les vendeurs et vendeuses des environs présents à ce moment là n’ont pas le temps de s’approcher de Mike pour s’enquérir de ce qui ne va pas,  ce dernier s’affale au sol, dans la poussière, et rend l’âme. Son corps couvert d’un drap ne sera enlevé de ce carrefour que dans l’après-midi.

Cette mort subite de Mike causa une forte émotion parmi les gens qui le connaissaient et même parmi les femmes qui, le matin, pour se rendre au marché, se faufilaient entre les voitures dont il était le gardien.

Mais passées les émotions, cette mort tragique, au fond, n’a surpris personne car Mike avait la réputation d’un buveur quotidien de Koutoukou. Il aurait même fait de cet alcool local, dont la dose n’est connue que par ses fabricants clandestins, sa seule consommation de la journée.

Ce qui veut dire qu’à côté de son alcool quotidien, il ne prenait pas la peine de se nourrir. Quoi de plus normal puisque avec 50 francs CFA, on peut s’acheter du Koutoukou. Il y en a même en version améliorée dans des petits sachets, made in Ghana et vendus à 100 francs CFA l’unité. Soit dit en passant, cette version est très prisée par les conducteurs de mototaxi de Bouaké. Ce qui pourrait, en plus de la méconnaissance du code de la route de ces derniers, expliquer les fréquents accidents dont ils sont les auteurs dans la deuxième  ville de la Côte d’Ivoire.

  • Mais, c’est quoi cet alcool local qui fait tant de dégâts parmi les Ivoiriens d’environs 27 ans et plus ?

Il y a trois grandes boissons locales en Côte d’Ivoire :

Le vin de palme encore appelé bangui ; Avec 100 franc CFA, on peut s’offrir, dans les rues d’Abidjan, un demi litre de cette boisson douce et alcoolisée . Des jeunes gens en vendent en vélo à travers la ville.

Mais attention, certains vendeurs de bangui sont gagnés par l’appât du gain. En effet, ces derniers augmentent leur quantité de Bangui en y ajoutant de l’eau sucrée, puis de la levure pour que leur mélange prenne l’aspect mousseux de la boisson originel. Imaginons les effets d’un tel mélange sur un individu qui en fait sa boisson quotidienne.

Le Tchapalo : il résulte du maïs ou du sorgho fermenté, puis  bouilli. Cette boisson est très nourrissante selon Oumar, un ami qui en est un consommateur attitré. Pour lui, cette boisson est en plus un bon déconstipant. Elle peut être alcoolisée ou pas. C’est selon la préférence. Avec 100 francs CFA, on peut s’offrir une calebasse, environs 33 cl, de ce breuvage.

Tchapalo en pleine préparation Crédit photo : Christ Koffi
Tchapalo en pleine préparation Crédit photo : Christ Koffi

Le koutoukou. Fortement alcoolisé, il est de loin le plus dangereux. Mais, il est pourtant le plus prisé, certainement parce qu’il est le moins cher, mais aussi le plus fort. Il est fabriqué clandestinement en brousse à partir de la distillation du vin de palme fermenté, puis livré dans les centres urbains, officiellement clandestinement aussi.

  • Les  raisons du succès de l’alcool en Côte d’Ivoire

Des Mike, je le constate, parce qu’aucun chiffre ne le dit, il y en a des milliers dans toute la Côte d’Ivoire, surtout à Abidjan. Et plusieurs raisons conduisent ces jeunes adultes à l’alcool.

Le chômage qui touche, selon les chiffres officiels, entre 20 et 30% de la population active en Côte d’Ivoire est de loin l’une des raisons majeures. La deuxième raison est le sous-emploi. Il concerne une très part des actifs. Il faut dire que le petit coût des alcools locaux est largement à la portée de ces deux catégories de personnes qui ne peuvent que si adonner à cause de la forte pression sociale que leur condition précaire les fait subir dans une ville, et un pays en générale où la vie est de plus en plus dure malgré ses 9 % de croissance en moyenne sur plusieurs années. Selon la banque mondiale, la pauvreté touche 5O% de la population Ivoirienne. 

Une autre raison du goût de certains Ivoiriens pour l’alcool est la dureté de leur activité, ajoutée à leur faible revenu. Ce qui explique qu’en ville les consommateurs du koutoukou et des autres alcools locaux sont les débrouillards et les tâcherons ; dans les campagnes, ce sont les personnes qui travaillent la terre ou exercent une activité très physique.

En somme, autant faut-il vivre, autant le koutoukou est-il nécessaire pour cela, son faible coût le rendant accessible aux actifs les plus défavorisées de la société ivoirienne. Mais, dans le même temps, sa forte teneur en alcool, qui reste d’ailleurs inconnue, les tue à petit feu.

Finalement, on se rend compte que l’alcool est certes un tueur  silencieux en Côte d’Ivoire, mais il n’y a pas que lui qui tue sournoisement, il a pour associées  la précarité et la pauvreté.


Le Christ a déjà fait le job, à nous d’en profiter

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Jésus Christ sur la croix CC Wikimedia

Une fois n’est pas coutume, surtout pendant ce triduum Pascal consacré au Christ, penchons-nous juste en quelques lignes sur le mystère de la pâque chrétienne comparativement à notre vécu de tous les jours.

 L’Église catholique romaine se trouve en ce moment dans la semaine sainte qui a débuté le dimanche dernier avec la fête des rameaux ou  l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem (Mat 21, 1-11).

Cette entrée dévoile le Courage du Christ face à l’épreuve de l’humiliation, de la souffrance, puis de la mort qui l’y attend. Jésus  est accueilli à Jérusalem en roi. Cela peut être réconfortant pour ce qu’il aura à endurer. Contrairement à  un roi de l’époque se déplaçant dans des chars avec des gardes et tout le faste, Jésus, lui, va sur une ânesse et sur un ânon, même pas un âne, encore moins un cheval ou encore dans un char, mais sur un ânon comme un serviteur. Sa vocation de serviteur ou de ministre est confirmée par le fait qu’il est  accueilli par les laissés pour compte qui lui  lançait des acclamations : “Hosanna pour le fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les hauteurs du ciel !”(Matthieu 21, 9). Entendons par là : « Sauve-nous fils de David ! Béni sois-tu, toi qui est en mission pour le sauveur des sauveurs, sauve-nous par ta grandeur d’âmes et d’esprit. »

Par ailleurs cette entrée humble et pacifique de celui que le simple peuple considère comme son roi tranche avec celle de nos dirigeants actuels, ces nouveaux seigneurs, se déplaçant à coût de milliards dépensés dans d’interminables cortèges de grosses cylindrés et entourée d’une impressionnante garde armée jusqu’aux dents, comme s’il avaient quelque chose à protéger, leur pouvoir certainement et tous les avantages qui y sont rattachés.  Il serait donc difficile de croire que de tels chefs, contrairement au Christ dont la foule couvrait le chemin de rameaux, sont pour la paix. D’ailleurs, leur quête du pouvoir dans le sang (rébellion armées, guerre civile, conflits tribaux), leur gestion du pouvoir par l’oppression, les injustices, les détournements et leur entêtement à se maintenir au pouvoir vaille que vaille dévoilent des chefs de guerre, contrairement au roi simple et pacifique que représente le Christ qui, déjà, était différent des chefs de son ton temps, militaires qui se déplaçaient à cheval.

Cependant, l’entrée de Jésus à Jérusalem s’adresse à  chacun de nous en ce sens  que nous devons être animés de courage, aller au devant de notre destinée, durcir notre visage pour aller droit, tout droit vers le but, comme le dirait Saint Paul en Philippiens 3 v14. Jésus lui-même le dit : “Celui qui a mis la main à la charrue et puis regarde en arrière, n’est pas bon pour le Royaume de Dieu.” (Luc 9, v62)

Jésus-Christ couronné d’épines wikimedia commons

Ce cheminement n’est pas sans embuche. Et  le premier obstacle, cela peut paraître surprenant pour certains, ne vient pas de l’extérieur ou d’autrui, mais de soi-même. Cela se manifeste par la peur, le doute et l’angoisse qui peuvent nous détourner de notre objectif, par exemple Pierre marchant sur l’eau, mais s’enfonçant une fois animé de peur (Matthieu 14, 30). Mais comme le Christ, au jardin de Gethsémani, il faut demander que la volonté de Dieu se fasse, c’est-à-dire que le succès que nous avons entrevu en nourrissant notre projet, se fasse en dépit de tous les obstacles auxquels l’on sera confronté. Et c’est avec notre accord ou notre apport, celui de notre personne que nous obtiendrons le succès. Il suffit simplement de vivre notre passion, c’est-à-dire de nous donner corps (le Christ flagellé), âme (le Christ couronné d’épines et insulté) et esprit (le christ ne répondant pas aux mensonges et aux lamentations, source de distractions) à ce à quoi nous aspirons, comme quand l’on est par exemple amoureux d’une personne et qu’on est prêt à braver tous les obstacles, même à supporter des humiliations pour avoir les faveurs de celle-ci.

A ce propos Jésus le dit lui-même :

« En vérité, en vérité, je vous dis que vous serez dans le deuil et les larmes pendant que le monde se réjouira. Vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse deviendra joie. / Quand une femme est sur le point de mettre au monde, elle est dans la tristesse car le moment de ses douleurs approche. Mais quand l’enfant est né, sa joie est telle qu’elle ne se rappelle plus son angoisse : pensez donc, un nouvel être est apparu dans le monde ! » (Jean 16, 20-21).

Jésus descendu de la croix, entre les bras de sa mère CC easter resurection sculptur

De quels propos décourageants ne sommes-nous pas confrontés dans la réalisation de nos projets ? Quelles moqueries ne subissons-nous pas ?  Quelle angoisse n’endurons-nous pas ? À quelles  sirènes ne sommes-nous pas tenté de céder, les raccourcis, les distractions et l’abandon notamment ? Mais comme le beau temps après la pluie, ou  comme la naissance d’un nouveau né après 40 semaines de grossesse, ou encore comme la résurrection du Christ après un éprouvant chemin de croix qui déboucha sur une  mort horrible et humiliante sur la croix, ainsi se réalise notre succès au bout de la persévérance. C’est un instant de bonheur qui efface des mois ou des années de sacrifices, de privations, voire de douleur à l’image de la mère heureuse de prendre dans ses bras son nouveau-né après de longues souffrances. Comme quoi, notre chemin de croix est en réalité un chemin de victoire, de succès, mieux de gloire.

Et le lavement des pieds des apôtres par le maître, Jésus, le jeudi saint vient confirmer que le fondement premier  de tout véritable succès est le service. L’Homme doit être au centre de nos préoccupations si nous voulons obtenir le succès comme depuis 2000 ans le message du Christ perdure.  En clair, il faut se faire le serviteur.  Combien d’œuvres et de réalisations aux lendemains des indépendances, dans nos jeunes États d’Afrique n’ont-ils pas été détruits lors de soulèvement populaires, de rebellions armées, de guerres civiles ? Tout simplement parce que l’on veut se servir de ses États pour s’enrichir plutôt que de se mettre au service de ses États par de l’estime et de la considération pour ces populations.

Réfléchissons-y : Quel peuple à l’abri des besoins ou ne subissant pas l’exclusion, les brimades et l’oppression, serait tenté de se soulever ? Comme quoi ce qui s’obtient dans le sang et par la Brutalité disparaît également de la même façon. Alors que ce qui se fait dans le service et le respect de la dignité humaine est perpétuel comme le message humble, pacifiste et simpliste du Christ. Quoi de plus normal que 2000 ans après, sa résurrection soit célébré avec le même faste.

En somme la Pâques, résurrection du Christ ou passage d’un état d’esclave à celui d’hommes libres, ou la victoire du ministre, c’est-à-dire du serviteur sur les prétentions, ou encore le succès de la persévérance, de la confiance, de la foi sur l’empressement et les raccourcis,   vient nous dire que le Christ a déjà fait le job par son ministère et son sacrifice. À nous donc d’en profiter en laissant ce modèle de développement à tous les plans qu’est le Christ pénétrer nos cœur, pour que remplis de la force du serviteur souffrant et l’emportant sur tous esprits malsains, nous allions au devant de nos nobles aspirations de Bonheur  et de Paix pour nous-mêmes, mais également pour l’humanité tout entière.

Bonne fête de Pâques à chacun ; A chacun ? L’on ne peut et ne doit être heureux tout seul. Bonne fête de Pâques donc à tous.

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Qui a dit que le Prado (le Président de la République Alassane Dramane Ouattara) se présentera à la présidentielle de 2020 ?

Ça spécule énormément en Côte d’Ivoire au sujet de la candidature de ce 4 × 4 Tout-terrain politique qu’est le Prado pour un 3ème mandat à la présidentielle de 2020. Le débat ne devrait pourtant pas avoir lieu puisque tout, pour ne pas dire vraiment beaucoup trop  *:)) Marrant dans les manœuvres  du Prado  prouve que lui pense certainement déjà à l’après présidence au terme de son 2nd (et dernier pour certains)  mandat qui prend  fin en octobre 2020.

Alassane Dramane Ouattara by Basile Zoma. Archive : 31 octobre 2010

Dans un premier temps, le Prado, en grand démocrate,  n’est vraiment pas, comme son protégé Compaoré, pour les conduites à risque, notamment le tripatouillage de la constitution  dans le but de s’éterniser au pouvoir ; il est pour l’alternance, puisqu’il en est lui-même le produit. Mieux, il est pour le renouvellement de la classe politique ivoirienne. Il a en effet clairement affirmé son souhait de voir une nouvelle génération à la tête de l’État en 2020.  Il avait même, à cet effet, il y a quelques mois,  invité son aîné et  néo-ancien principal soutien HKB (Henri Konan Bédié) à se joindre à lui. Dans un contexte de début de divorce avec cet indispensable allié politique, il lui avait pourtant lancé un appel sincère et honnête, sans donner l’impression que c’est plutôt ce dernier et non  lui qui était encore intéressé par la fonction suprême *:)) Marrant, comme le pensait certains analystes politiques très avertis.

C’est  parce qu’il veut voir une nouvelle génération à la tête de l’État que le Prado s’est en outre depuis longtemps clairement fait le carburateur  de la jeunesse. La preuve, son gouvernement compte de jeunes ministres, même si d’une part la très grande majorité de ses ministres, comme lui ne sont pas des petits  jeunes et  que d’autre part l’entrée de  certains de ses ministres en politique date de Mathusalem. Mais en fait rien ici ne milite en défaveur de l’amour du Prado pour la régénération de la classe politique. Par conséquent son désire de tenir parole de ne pas se représenter en 2020 pour un 3ème mandat demeure indubitablement intact *:)) Marrant.

Dans un deuxième temps, pour ceux qui doutent encore de la bonne foi du Prado… Comme la dénomination de l’un de ses ministères, il affirme encore une fois vraiment sa « promotion de la jeunesse ». La nouvelle constitution ivoirienne  a ainsi rabaissé l’âge à la candidature à la présidence à un âge plus jeune (35 au lieu de 40 ans).  C’est vraiment louable même si dans le même temps, le verrou de la limite maximale d’âge fixée à 75 ans dans l’ancienne constitution a sauté dans la nouvelle qu’il a promulguée si bien qu’à un grand âge tout individu peut prétendre à la fonction suprême, lui en premier, en 2020 il aura 78 ans.

Mais diantre, cette malignité ne suffit pas à soupçonner le Prado *:)) Marrant, l’Houphouétiste revendiqué, assumé et fier, d’être nostalgique de l’époque du père fondateur Houphouët qui ne quitta le pouvoir qu’avec son rappel à Dieu !

Prétendre que le Prado avait ingénieusement, par de savant coups de volant, manœuvré pour se relancer sur la ligne de départ de la présidentielle de 2020  serait faire un faux procès à ce sage démocrate qui n’est pas obsédé par  la présidence de la République comme son ancien homologue Abdoulaye Wade en son temps.  Le Prado lui, a en effet, dans un troisième temps, des dauphins. Pas un seul mais plusieurs, comme lui-même l’a confié, au moins 4 qu’il s’est stratégiquement gardé de nommer. Mais bon, l’existence de ces dauphins même et leur nombre encore plus rendent vraiment peu probable sa candidature en 2020 car ce demi dieu pour ses partisans a le choix parmi ces 4 successeurs aussi anonymes qu’inexistants *:)) Marrant

Bon, on l’avoue, il a le choix sans cependant avoir le choix : s’engager pour un 3ème mandat pour la présidentielle de 2020. Car contrairement à certains chefs d’État africains ADOrateur du pouvoir, le Prado aura, lui, le mérite de s’engager pour de nobles causes : éviter les divisions dans son camp, qui ressemble déjà à un panier à crabes, afin de garantir la paix en Côte d’Ivoire ; se passer de la vaine aide d’un Shadary Houphouétiste afin d’espérer toujours contrôler le pouvoir à défaut de le perdre en s’en retirant dignement *:)) Marrant.

Et puis enfin pour ceux qui doutent encore de la bonne foi du Prado,  les dissensions avec le « jeune homme » comme lui-même appelle avec condescendance Guillaume  Soro, son ancienne allié, qui ne fait aucun mystère de sa candidature en  2020… ses mésententes avec ce dernier ne sont donc que de simples divergences de vue entre un éventuel future fils prodigue, mais pour l’heure « fils rebelle » et un père Prado agacé que ce tout jeune ex PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE de Côte d’Ivoire  n’attende pas son heure qui n’existe sur aucune horloge politique *:)) Marrant.

Cette  querelle, pour ces analystes politiques qui seraient tentés de faire des rapprochements hâtifs, ne ressemble pas du tout à celle sournoise d’Œdipe et son père car jamais  la mythologie grecque ne s’invitera dans la politique ivoirienne, sinon on ne l’appellerait pas « politique ivoirienne » *:)) Marrant.

Pas non plus la peine de rappeler que  cette histoire s’est terminée par un drame car on voit bien que la route qui mène à 2020 ne s’annonce pas du tout tumultueuse pour la Côte d’Ivoire, comme le ne le prouverait d’ailleurs pas non plus les ressentes manœuvres… disons nominations du Prado dans l’armée, ce dernier n’étant pas encore une fois intéressé par un 3ème mandat.

Pas donc besoin d’attendre juillet 2020 pour voir si le Prado fera le plein pour la présidentielle 3 mois plus tard, car là, 16 mois avant, on le voit bien… ses réservoirs débordent *:)) Marrant !


La politique africaine pour les nuls (2)

Quelqu’un dirait que si on vous explique la politique ivoirienne et que vous avez compris quelque chose, c’est la preuve que vous n’avez rien compris. Cette remarque est étrangement valable pour la politique africaine en général. Mais celle-ci a beau être animée par des magiciens, ce n’est finalement pas sorcier, quiconque peut la comprendre.

Pouvoir démocratique, moderne et inclusif ou pouvoir villageois, traditionnel et patriarcal ?

En dehors du Swaziland qui a au moins l’honnêteté de ne pas s’identifier à la démocratie, la majorité des pouvoirs africains s’en réclament. En tant que tels, ils sont supposés modernes et inclusifs comme leurs répliques occidentales. Mais le constat est que ces pouvoirs, qui siègent dans des palais somptueux, en plein centre ville, et censés tenus par des lettrés, sont pareils, comme par hasard, à ceux des villages africains oubliés par le train du développement et qui ne fonctionnent que selon une certaine tradition.

Du Maghreb au Cap, du golf de guinée à la corne de l’Afrique, il n’y a rien de nouveau sous le soleil de la politique africaine. Ces pouvoirs africains sont en effet exercés par un groupe d’individus, généralement des mâles d’un certain âge et qui entretiennent des affinités ethniques, tribales, régionales et souvent amicales. Et pour ne pas donner l’impression d’être des pouvoirs qui excluent, mais leur ingéniosité confirme pourtant la règle (le pouvoir exclusifs de vieux mâles usés), ils incluent certains jeunes gens et des femmes. Ceux-ci font non seulement en général partie du clan, mais aussi n’ont de jeune et de femme que leur apparence, parce qu’ils ont le même esprit que ces patriarches de la politique : l’égocentrisme.

Il est en effet difficilement compréhensible que des individus qui appartiennent à des catégories sociales marginalisées prennent plaisir à s’asseoir à la même table 🍗🍗🍗 que ceux dont la vision, le manque de vision, sinon la cécité politique, est un obstacle à leur épanouissement, voire à l’évolution de tout un pays. Les adeptes des « honneurs passagers », comme les appellent feu Bernard Dadié et de biens mal acquis se servent donc de ces jeunes gens et femmes pour créer une diversion sans laquelle leur pourvoir disparaîtrait. À ce sujet, la transition inclusive préconisée par un pouvoir Bouteflika archaïque aux abois et vomi par l’ensemble des Algériens est très significative. Mais…

« Chasser le naturel, il revient au galop »

L’exclusion est tellement flagrante que ces chers patriarches sont obligés de faire croire qu’ils dirigent des États et non leurs villages. Pour masquer leur clanisme, tribalisme, ethnocentrisme et autre, ces pouvoirs africains là usent de la technique du saupoudrage.

 Le Saupoudrage ou le leurre d’une intégration nationale

Le saupoudrage, évoqué pour la première fois par l’artiste ivoirien Alpha Blondy, est cette stratégie politique qui consiste à réaliser un leurre d’intégration nationale. Plus clairement, le saupoudrage, c’est lorsque le régime met en évidence dans son pouvoir et avec soin quelques individus appartenant à certaines régions du pays autres que la sienne.

Avec soin parce que ces saupoudrés là, comme leur nom l’indique, sont censés être peu consistants, de plus en surface, à la merci des intempéries politiques, des remaniements ministériels par exemple, alors que nous savons tous, et les corrompus du pouvoir en tête, que le plus jouissant se trouve à l’intérieur, en profondeur, dans les coins et recoins, notamment dans les ministères, les directions des services publics, les procédures d’octroi de marché public, la réalisation et la supervision des travaux publiques, etc.

Et lorsque, quelques fois, le navire du pouvoir, sous le poids déséquilibrants de ses propres injustices, malversations et détournement en tout genre tangue sérieusement au point de se renverser, les premiers et les seuls à être jetés à la flotte pour sauver ce navire là sont les corps  étrangers ou les saupoudrés. Ils sont remplacés par d’autres corps étrangers ou d’autres saupoudrés (qui en bavaient) en attendant que le navire tangue de nouveau aussi dangereusement sous le poids de ces mêmes injustices et autres (et ainsi de suite jusqu’à la chute de ce régime).

Mais pourquoi les saupoudrés peuvent-il accepter un tel jeu de dupe ?

D’abord, ce sont des saupoudrés, ils honorent donc leur statut. Et puis, autant le saupoudreur n’a rien et n’est rien sans le pouvoir, de même le saupoudré n’aura rien et ne sera rien sans le saupoudrage. Et puis encore, le saupoudré est un corps étranger qui, comme tout le monde, veut s’en sortir. N’étant pas spécialement compétent, et ne pouvant indéfiniment attendre que le pouvoir revienne enfin à sa région (où il n’a par ailleurs aucun poids traditionnel, économique et politique), il ne devra son salut qu’au saupoudrage. Même si à la chute du pouvoir qui l’a saupoudré, il risque d’être un paria dans sa région d’origine. Mais, heureusement, il aura lui aussi (comme son boss le président qui l’a saupoudré) pensé à préparer son avenir en ayant pris soin de détourner les deniers publics copieusement et méticuleusement, sans état d’âme.

Et si jamais dans un moment de lucidité passagère, le saupoudreur remarque que le saupoudré en fait trop au point de compromettre son pouvoir, il peut à la rigueur, au cas où il n’aurait pas d’autres individus à saupoudrer sous la main… mais plus parce que ce saupoudré fait parti d’une véritable stratégie politique (être par exemple l’explication d’un futur supposé vote massif de sa région en faveur du pouvoir par reconnaissance, plébiscite qui cache en réalité une véritable fraude), le saupoudreur fin stratège, déplace donc son saupoudré détourneur de deniers publics d’un poste plus juteux à un poste non moins juteux.

Ce jeu de promotion mal voilée s’explique au fond par le fait que le plus important aux yeux du régime est non seulement de ne pas perdre son leurre d’intégration nationale en l’écartant complètement de son pouvoir, mais surtout et avant tout de ne pas attirer l’attention sur ses propres malversations en mettant celui-ci à la disposition de la justice. D’ailleurs, comme on  peut bien le remarquer, de tels pouvoirs font plutôt la promotion des injustices que de la justice…

Ainsi en est-il de la politique africaine. Vraiment nul.

 

Retrouvez la partie 1 ici.


#Mondochallenge : Il n’y a pas meilleur héritage pour nos garçons que le féminisme

En partant du simple principe que le féminisme est la lutte pour la libération de la femme, pour une grande visibilité de celle-ci dans la société, sinon pour une égalité de ses droit avec l’homme, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’il n’y a pas combat plus noble, et il n’y a pas non plus meilleure héritage que l’on puisse laisser à la génération future, au garçon surtout,  car une femme libérée, émancipée et autonome, c’est toute la société qui en profite.  Ces états de fait en témoignent.

1- La femme, première patriote

Plus patriotes que les femmes il n’y a certainement pas. Et le patriotisme de la femme se révèle par exemple d’abord dans les saintes écritures, autant que dans notre histoire récente.

Dans la Bible d’abord, en son ancien testament notamment, le patriotisme de la femme est visible à travers certains personnages féminins  dont l’amour pour la patrie a poussé à  réaliser  des sacrifices et des prodiges pour sauver  celle-ci. Ce sont la reine Esther et Judith ainsi que Ruth la Moabite.

Ainsi, près avoir été suppliée par son tuteur Mardochée de faire quelque chose pour obtenir les faveurs du roi pour son peuple contre qui se préparait une conspiration en vue de leur extermination, la reine Esther dut jeûner et humilier son corps trois jours de suite :

« saisie d’une angoisse mortelle.  Elle avait enlevé ses vêtements de reine et revêtu des vêtements de misère et de deuil. Au lieu des riches parfums, elle s’était recouverte la tête de cendres et d’ordures. Elle humiliait sévèrement son corps : loin de le parer de bijoux, elle le couvrait de ses cheveux défaits » (Esther 14, 1-3).

Judith également dut abréger son deuil pour sauver son peuple affamé et assoiffé, assiégé qu’il était par la puissante armée assyrienne.

Là où les hommes n’avaient aucun pouvoir ou étaient prêts à capituler, ces femmes ont pourtant obtenu le succès. Esther obtient du roi, par la grâce de Dieu, que son peuple soit épargné, la conspiration qui le visait se retourna plutôt contre celui qui en était l’instigateur (Aman) ;

Judith,  elle, élimina, grâce à son courage et par la ruse, le général (Holoferne) de l’armée qui assiégeait son peuple. Celui-ci put donc contrattaquer aisément et vaincre ses soldats paniqués et en déroute.

Ruth la Moabite quant à elle nous apprend que la véritable nature du patriotisme n’est  ni la violence, ni le mépris, encore moins la xénophobie ou même le fait de partager  un lien de sang avec des individus. C’est pour cette étrangère au peuple de sa belle mère Noémie l’Israélite,  une mise en pratique de l’amour. L’amour de Ruth pour cette femme qu’elle a suivi dans son pays lui vaudra de faire entièrement parti de  son peuple, de donner, par la loi du lévirat, une descendance à Noémie là où ses propres fils avaient échoué, et d’être même une aïeule de Jésus Christ que le christianisme présente comme le sauveur de l’humanité.

Dans un environnement aussi patriarcal que celui de la Bible, la femme à le pouvoir de sauver les siens, il va sans dire que plus de liberté pour elle serait un avantage indéniable pour l’ensemble de la communauté.

Et cela d’autant plus que plus proche de nous et dans l’histoire récente de certains pays, en Afrique particulièrement, des femmes ont démontré leur pouvoir de protestation dans des moments de crise a priori sans issus.

À ce sujet, l’on peut se souvenir de deux grèves du sexe menées par les femmes et qui leur ont permis d’atteindre leur but.

  • 2002 : Grève du sexe au Liberia pour établir la paix

Lauréate du prix Nobel de la paix 2011, Leymah Gbowee avait lancé en 2002 une grève du sexe pour obliger le régime de Charles Taylor (président du Liberia de 1997 à 2003) à associer les femmes, jusque-là écartées du processus de négociations, aux pourparlers de paix. Une pression à laquelle ne résiste pas Charles Taylor, ex-chef de guerre devenu président.

« Pas de réforme, pas de sexe ! »,

tel est le mot d’ordre du mouvement lancé, en mai 2008, au Kenya, par l’Organisation de développement des femmes, lasses de voir s’éterniser une crise politique entre le président, Mwai Kibaki, et le premier ministre, Raila Odinga.

« Les grandes décisions sont prises sur l’oreiller, donc nous demandons aux deux dames (les épouses du premier ministre et du président) lorsqu’elles se retrouvent dans l’intimité avec leurs maris, de leur demander : ‘Mon chéri, peux-tu faire quelque chose pour le Kenya ?’ « ,

explique alors Patricia Nyaundi, avocate membre de l’organisation. Très structurées, les femmes kényanes proposent même un dédommagement aux prostituées afin qu’elles s’associent au mouvement et interdisent toute échappatoire aux mâles en manque. Pour la coalition d’ONG féminines, l’objectif de la grève est atteint : le président et le premier ministre, qui ne se parlaient pas depuis des mois, se rencontrent à plusieurs reprises, des rencontres qui permettront une décrispation de l’atmosphère politique, indispensable au développement.

2- La femme, agent de développement

La vie serait moins difficile sous certains cieux s’il y était reconnu en la femme sa capacité à favoriser le développement et si elle était soutenue en ce sens. En Colombie par exemple,  face à la passivité des hommes, les femmes décident de faire encore la grève du sexe jusqu’à ce que les autorités s’engagent à construire une route pour désenclaver le petit village de Santa María del Puerto de Toledo de las Barbacoas, sur la côte Pacifique. Après trois mois de « jambes croisées », les pelleteuses débarquent dans le village.

Il faut reconnaître qu’une femme qui a accès au travail, peut non seulement s’épanouir, mais c’est une source de revenu en plus à la maison et un soutien financier pour son époux et toute  la famille. Il va sans  dire que quand elle est en outre éduquée, c’est son environnement immédiat et toute la société qui gagne en dynamisme à plusieurs niveaux, notamment sur les plans économique et social. En Afrique par exemple de simples vendeuses arrivent à assumer les charges familiales par  leur activité.  Les plus en vue sont les célèbres Nana Benz du Togo jusque dans les années 90 et toutes ces femmes qui tiennent un petit commerce quelque part sur le continent.

Un véritable accès à l’instruction et à la formation pour ces femmes et jeune filles, loin d’en faire des concurrentes aux hommes, comme on le pense dans des sociétés patriarcales, est un atout grâces aux opportunités économiques qu’elles offrent. La prise en charges de l’instruction et de la formation  de femmes déjà actives économiquement, et même des filles  ouvriraient à la gent féminine la porte à un plus grand engagement en politique.

Ce qui ne serait pas nouveau par exemple pour des femmes africaines. Car en Afrique il a eu des reines. La Reine Abla Pokou, fondatrice du royaume Baoulé, en Côte d’Ivoire,  en est l’illustration  parmi d’autres. La femme en politique sera un réel avantage pour son pays car en raison de sa capacité à porter et à donner la vie,  celle-ci est à même d’être un contrepoids au pouvoir patriarcal,  autoritaire, autoritariste, égoïste et égocentrique des hommes.

Ces derniers ont des femmes pour les conseiller dans le secret de leur chambre pourrait-on objecter, mais celle-ci sont dans l’ombre de leur époux, alors qu’à l’origine, c’est l’homme qui était dans l’ombre de la femme que celle-ci fût reine ou reine-mère. Son opinion comptait car l’on était conscient qu’étant celle qui porte et donne la vie, elle ne pouvait décider ou conseiller qu’au profit de l’intérêt général comme le démontra symboliquement la reine Pokou en sacrifiant, selon la légende, son fils unique pour sauver son peuple.

Avec la modernité et l’ère coloniale cependant, en Afrique, pendant que les femmes était invisibilisées, des hommes parce que simplement homme ou pour avoir lu Marx, Hegel ou à cause de leur grand diplôme en économie ou même pour avoir combattu pendant des guerres de décolonisation, et souvent grâce au plafond de verre qu’ils érigent contre la femme, maintiennent la société sous leur pouvoir.

3- Combattre les injustices subies par la femme, c’est garantir la paix

Mais le féminisme c’est aussi lutter contre les injustices et les inégalités entre femmes, notamment au niveau des sociétés qui pratiquent l’héritage selon le système matrilinéaire. Dans ces communautés, la veuve et ses enfants ne peuvent hériter des biens du défunt époux et père. Ceux-ci reviennent aux enfants de la sœur de ce dernier. C’est une aberration non seulement dans un monde moderne, mais aussi en considérant le fait que  les époux ont été unis par les liens du mariage et que le patrimoine familial que convoite la belle famille de la veuve a été constitué par l’association et  la collaboration de l’homme et de la femme avec quelques fois le soutien de leurs enfants. Dans quelle société peut-il régner la quiétude sociale et la paix avec de telles frustrations et injustices ? En œuvrant  donc pour la  reconnaissance à la veuve le droit que lui reviennent les biens qu’elle et son défunt époux ont constitué, le féminisme se fait une garante de la paix non seulement dans les familles mais dans  l’ensemble de la communauté.

En somme, au delà de la lutte pour les droits de la femme, le féminisme  préserve de tout temps la mère-patrie, est un facteur de développement et  une garante de la paix sociale. Il n’y a donc pas meilleur héritage aux générations à venir, particulièrement à nos garçons exposés à une culture machistes qui  tend à réduire la femme à son corps, notamment à travers une pornographie de plus en plus agressive.


Ça tue pas Africain gros nez

Le « Ça tue pas Africain gros nez », cette expression familière utilisée au quotidien, dans des situations compliquées, par les Africains eux-mêmes, particulièrement en Côte d’Ivoire, pour montrer leur infaillibilité, mais qui cache assez mal leur lâcheté et leur mollesse et pérennise donc bien des maux au propre et au figuré d’une société aux abois, est évoqué dans toute sa réalité dans  cet extrait de son journal intime par cet adolescent ivoirien qui nous replonge par la même occasion au cœur du parler français ivoirien : le Nouchi.

Les congés de fin d’année

Les gens ont fêté 31* (*lexique en fin de texte), congé est gbra*, school a recommencé, mais moi, yè pas pu fraya*  aussi paé actuellement yé suis gbôklô*, man. Depuis une semaine yè pas fangan*.  Moi-même yé peux pas bien broder*, mais comme yé suis habitué et puis yè envie d’écrire là, c’est pour ça yé me force. Le 26, y’a’ais commencé à chier on dirait diable. Yé vomissais aussi on dirait quand mes grandos s’en vont boire blanco* et puis ils sont trop gbé* là. Tout poulet que yè daba* le 25 là, yè même pas eu le temps de digérer ça, yè tout vomi et puis tout chié un coup. Y’étais devenu feuhh*.

Â, le cœur de ma komôte* était mort hè. On m’a bombé* très tôt pour m’envoyer à l’hôpital,  kaba-kaba*. Là-bas, docteur dit c’est les bactéries qui m’ont fait chier con’en. Ma madré pensait que c’était battérie de voiture, elle était gné’gué* et puis son rognon était bien chaud contre moi : « Dabali* de dôme* là suffit pas, c’est batterie, il s’en va  gbô* main’nant », elle a kiaille*. Si docteur n’avait pas gbaé*  là, elle allait même pas sciencer*, elle allait m’engager* pour mettre dessus, hein. Docteur a dit non, elle n’a qu’à blêblê*, c’est pas batterie de voiture, c’est microbe. Si c’était batterie-là, j’allais douffe* très tôt. La komôte*  a compris ; elle avait un peu honte aussi, mais ma santé lui faisait plus mal que la honte. Mes kakolis* en speed   et mes kassements* de tuyaux avaient tué son cœur,  tellement y’étais devenu feuhh, les gens pensaient que y’allais kreuh*.

On dit ya full de gens qui ont douffe, ou bien qui étaient gbôklô*,  les petits bakrômans* là surtout. Moi, mon luck, on m’a vite gnou* pour m’envoyer à l’hôpital, sinon actuellement, peut-être que y’étais en train de brodé à droite de Jésus.

Des môgônis* en béze* ont dit dans journal parlé que c’est choléra qui avait fait sale* comme ça. Ils ont commencé à gbaer que c’est paé Babi* est sale que ya eu maladie là. Nous-mêmes, dans nô quarrer SICOGIE là, l’eau de caca coule jusqu’ennnnnn, personne le calcule aussi,  après l’eau là même a honte et puis ça arrête seul de couler. Mais ça dure avant que ça s’arrête hè. Quand ça coule con’en, devant ya des tanties du quarrer qui vendent gbofloto*,  zéh*, plékéite*, blissi*, bred avec microni, tout ça. Moi-même, mes komôtes vendent à coté aussi. Ya des môgô-malhères* même du quarrer qui alignent briques dedans. Toi, tu veux passer, tu payes grô* (25F), aller, grô, retour. Si tu veux pas payer, c’est que tu ‘as walk dans l’eau de caca là genre Johnny Walker. Lui, c’est le par-te-nai-re d’un de nos vié-pères du quarrer. Il peut gbagboter* Babi*-Korhogo aller-retour, sans yôhi*. Si tu veux pas walk  dans l’eau de caca aussi, et puis tu veux pas payer leur jeton, et puis tu veux pas aller passer ailleurs aussi, donc faut avoir force, fangan, houmien. Mais faut être prêt dèh, paé dans discours* là même dé’à, les noucis* (voyous) là vont te maga*tapé et puis grouper sur toi pour te botter non, tu vas prendre drap que c’est  pour eux que trou de caca là est bouché.

Quand l’eau de caca là coule con’en, les tontons du quarrer vont voir le maire, il n’aquà venir déboucher trou de caca là. Ils disent quand ils arrivent là-bas, Maire là dit, ha, c’est pas lui qui doit faire ça, ils n’onquà aller voir société qui nous gère l’eau là, eux c’est leur bobidjo* qui est là. Quand ils foncent là-bas, les môgôs là aussi disent eux, ça ment trop sur eux paé État n’a pas lah* leur jeton depuis 1900 tchoé tchoé, et puis d’ailleurs, si on regarde bien même, c’est pas eux qui doivent faire ça là aussi. Ils n’onquà aller voir le last-des-maires* de Babi, c’est lui qui gère les ways* con’en. Mais lui-même, tu n’as pas besoin de foncer dans son bureau pour le voir, télévision là, c’est pour eux. Il est dé’a sorti dedans depuiiis pour tchapa* que gnanman-gnanman-salité* qui gbé* Babi, l’eau de caca qui coule, tout ça, lui c’est pas son travail. C’est travail de maire, d’aillère même, ya ministre de gnangnan-gnanman-salité et puis l’eau de caca main’nant. Donc ils n’onquà aller se plaindre  chez ministre là que l’eau de caca et puis gnanman-gnanman-salité a gbé leur quarrer*.

Babi même qui schlengue con’en là, yé sais même pas pourquoi on appelle ça Babi. Les létchois* même qui sont brêzo*  là, ils sont plus clean que les môgô qui disent, eux ils sont des balbis* ou bien des balfaires*, yé sais pas quoi là.

Last-des-maires de Babi là gbaille* encore que, et puis d’aillère même si Babi est sale là, lui, c’est pas sa faute. Quand môgô là gbaille con’en, moi, ça me fait rice* paé si on veut bien voir même, Babi n’a jamais été sale. C’est les môgôs qui disent ils sont à Babi là qui sont sales. Et puis lui, last-des-maires là, lui avec tout son gbonhi*,  tous les dangereux-môgôs* dans pays là qui se blaguent que eux, ils ont jeton là, c’est eux-mêmes les premiers et puis les plus sales même. En plus de ça, ils sont malho* encore pour mettre dessus paé nous, nô facture de l’eau, mes grandos, ça ment sur* eux comment comment, ça là, ils ont toujours payé. Gbofloto*, placali*, piment, blissi*, zé*, APF* (Attiéké Poisson Fumé), tout ça que les komôtes avec les tanties du quarrer là vendent au bord de la route pour avoir un peu de gbringbrins* pour soigner maladie de 10 heures et puis 16 heures de leurs enfants, et puis pour se buy un morceau de fanci là, et puis à cau’ de ça on coupe billets pour leur donner, et puis elles-mêmes, ça ne les enjaille pas mais elles payent jeton de billet là quand même. Et puis yé sais que tous les gens qui sont comme nous là payent leurs factures, et puis les dioulatchès* avec les dioulamoussos* payent leur billet aussi. Donc là là, qui paye pas pour lui, et puis on va dire non, c’est paé ya pas jeton pour rendre le coin pro, clean, que c’est sale con’en ? Eux ils savent ce qu’ils font avec nô jeton là ho. Des  derniers-cris*  de noucis con’en ! C’est pour buy les lasts de kotché* pour  eux et puis leur chrome* (petites amis), et puis comme nous, on est bête là, on va les regarder pour dire : « Tchié, le vié-père là ou bien la vieille-mère là a dékrou*, hein. Il a ça sur lui quoi ! ». Ôpiiiiiiii !, c’est  le vié-père là a krou* le pière*  pour buy voiture tellement c’est un volère houai. Des gnatas* con’en ! Si c’est moi qui avais jeton comme eux là, c’est avion y’allais buy pour aller me fongnon* chez les whaïtis*.

Mais, est-ce que les môgôs-malhères* peuvent buy avion pour aller se fongnon dans pays de whaïtis ? Qui va les calculer là-bas ?  Et puis whaïtis même, ils sont pas dans les mélan’ements*, quèquin qui a jeton un coup con’en là, c’est pas jalousie ho, mais ils vont le faire pot*, et puis ils vont lui demander : « un frère, toi, ti fabriques pas laléh*, ti joues pas ballon, ti vends pas PS, ti n’as pas usine, ti n’est parent de Bill Gate, comment ti as fait pour avoir ton jeton là et puis à cause de ça on peut pas respirer dans pays là ? » Donc c’est mieux, les môgônis vont buy hammer, maybach, pagani zonda, zender, baracouda, tout ça, pour venir grê  ça sur nos routes gbôlô gbôlô* là. Et puis les toho-toho*, ça c’est nous là,  on va être gné’gué*  quand on va les voir. Les gens mêmes n’ont pas honte quoi : eux seuls, ils ont jeton pendant que tous le monde est galère.

D’ailleurs même, ils vont avoir honte pourquoi ? En ce moment, ils n’ont pas volé leur jeton là, ou bien ?  Si ils devaient avoir honte même, c’était au moment où ils volaient ou bien quand ils se jouaient les malhô pour avoir jeton là. Et puis encore si ça ne les gêne pas quand c’est eux seuls qui ont jeton, moi, yé comprends pourquoi. C’est parce que eux, ils marchent entre eux, gens qui ont jeton… Quels gens qui a jeton ? Entre eux volères ouai… Donc comme ils marchent entre eux volère qui ont jeton, ils se disent c’est tout le monde  qui vole et qui a jeton là. Et puis si ils sont en drap*  qu’autour d’eux, ya des gens qui sont quedalleux* là, ils vont calculer ceux là pourquoi ? Parce que c’est jeton qui doit être pour ceux-là même qu’ils ont pris pour remplir leur ventre.

Quand le lasso-des-maires de Babi là a fini de chier pour les tontons du quarrer là, les tontons là disent, eux-mêmes, ils étaient en drap depuis longtemps que bobidjo de môgô là dans pays là, c’est porter béze cafard blanc on dirait les noucis de l’enfer là ; c’est porter aussi chapeau des môgôs de la mafia, et puis attraper canne pour jouer les gourous. Tchourrrrrr, quel bon gourou même ? Un gourou en bois ouai ! Son bobidjo encore, c’est être parrain dans anniversaire des petits gos* et puis dans funest*. Les tontons là  sont  dégba*, ils disent que c’est pas eux ho, les maires là, leur bosse, et puis les ministres là, c’est eux-mêmes les tontons-là leur propre kpakpatoya* qui les fait se promener dans bureau des gens ils ont voté pour  leur gbaer de venir faire travail que eux-mêmes ils avaient promis de faire dans campagne.

Ils disent que Papa Romeo,… les tontons là disent lui qu’ils ont surnommé con’en là, on dit pas son nom dèh, paé son vrai nom là, c’est comme fétiche ; toi ti n’es pas prêt, et puis ti cherches pas palabre, faut pas te tromper pour dire son nom là, en tout cas faut pas te tromper pour dire son nom si tu parles mal de lui ; donc les tontons là disent que Papa Roméo a créé poste de lasso des maires de Babi et puis de ministre de gnanman-gnanman-salité* et puis l’eau de caca là cadeau pour ses bons petit, sinon eux, ils comprennent pas,  des gens  qui font pas leur travail comme ça là,  Papa Romeo peut pas le gbra*  même. On sait jamais, peut-être eux, ils cherchent femme pour lui waha, on sait pas.

Parmi les tontons là, ya n’en qui sont en boule. Ça chauffe tellement leur cœur que ils  sont djaouli* pour aller organiser marche en bas de fenêtre de Papa Romeo pour aller chier pour lui un peu. Mais les autres tontons soyés* là, les distra’ères* là, ceux qui aiment affaire de Papa Romeo avec son gbonhi* là, les plai’entin con ‘en, ils disent que c’est pas la peine, que souffrance là, eux-mêmes, ils sont habitués à ça depuis avant avant, donc c’est pas marche qui va changer quelque chose ; C’est mieux ils vont rester au quarrer pour jouer dame que d’aller gbagboter* kdo et puis on va les gazer, et puis les battrer ou bien les matterrazi pour mettre dessus.  Et puis ils terminent en disant : « D’aillère même, l’eau de caca, salité, tout ça là, ça tue pas Africain gros nez ! »

Eux, ce qu’ils savent pas, c’est que Africain là, c’est pas gros nez, chez Blanc même ya gros nez.  Mais Africain là, c’est son mind façon là qui fait et puis on l’appelle Africain gros nez. À  cau’ de ça même parmi Blanc même là, ya Africain gros nez aussi. Donc les tontons soyé là disent à la fin que l’eau de caca, saleté, tout ça là, ça tue pas Africain gros nez ho ! C’est dans ça aussi on est main’nant là, ya des gens qui ont kreuh* cadeau.

 

Lexique

31 (Saint Sylvestre)

gbra  (fini)

fraya (partir)

gbôklô (souffrant)

yè pas fangan (suis fable)

broder (écrire)

blanco (bangui)

sont trop gbé (saoulés)

daba (mangé)

feuhh(faible).

komôte (mère)

bombé (saisi)

kaba-kaba (dare-dare).

était gnégué (étonné)

Dabali (nourriture)

dôme (maison)

gbô (manger)

kiaille (crier)

gbaé (parlé)

sciencer (réfléchir)

engager (gifler)

blêbê (doucement),

douffe (rendre l’âme)

komôte (mère)

Kakolis en speed (diarrhées)

kassements de tuyaux (vomissements)

kreuh (mourir).

gbôklô (malade),

bakrômans (enfants de la rue)

gnou (pris)

môgônis (gens) béze (veste)

faire sale (faire des dégâts)

gbofloto (beignets),

zéh (attièké),

plékéite (placali),

blissi (banane braisé),

môgô-malhères (voyou)

grô (25F)

Babi (Abidjan)

gbagboter (marcher)

sans yôhi (sans férir).

discours (discussion)

noucis (voyous)

maga (surprendre)

bobidjo (tâche)

lah (payer)

last-des-maires (le gouverneur)

Babi (Abidjan),

ways (affaires)

tchapa (baragouiner)

gnanman-gnanman saleté (ordure)

gbé (encombre)

létchois (villageois)

brêzo (« civilisé »)

balbis, balfaires (frimeurs),

dangereux-môgôs (autorité)

gbaille (dire)

rice ((rire)

malho (malhonnête)

mentir sur (broyer du noir)

APF (Attiéké Poisson Fumé)

gbringbrins (argent)

dioulatchès (commerçant)

dioulamoussos (commmerçantes)

derniers-cris (les plus grands)

chromes (petites amis),

dékrou (faire un grand achat)

krou (détourné, caché)

le pière (argent)

gnatas (idiots)

fongnon (frimer)

whaïtis (Blancs).

mélan’ements (contradictions),

faire pot (assoir)

laléh (téléphone portable)

grê (rouler)

gbôlô-gbôlô (défoncé)

toho-toho (bêta),

gné’gué (émerveillé)

en drap (savoir)

quedalleux (pauvre)

petits gos (copines)

funest (funéraille).

dégba (déçus),

kpakpato-ya (commérage)

gbaer (dire)

gbra (virer)

djaouli (motivés)

soyé (traitres, lâches)

distra’ères (plaisantins)

gbonhi(clan)

 


En politique africaine, la meilleure place du dauphin, c’est derrière le requin

Avec la désignation par Joseph Kabila de son successeur à la candidature à la présidentielle en RDC, la politique africaine s’est enrichie du terme de dauphin. Ce mot n’y était certes pas courant, mais les individus qui l’incarnent, eux, sont présents depuis des lustres. Seulement, ne demandez pas aux dauphins de passer sur le devant la scène car ils préfèrent rester dans l’ombre, derrière le requin, cette personnalité importante et imposante à qui ils sont supposés succéder. Cette « humilité » sans bornes a bien ses raisons.

Couronne. Cc Wikimedia commons
  • Le pouvoir de la gérontocratie

Bien que l’Afrique d’aujourd’hui se veuille moderne et que ses dirigeants aient fait leurs études en Occident ou, comme Alassane Ouattara, y aient réalisé la grande partie de leur carrière professionnelle, les pouvoirs « démocratiques » africains, aussi surprenant que cela puisse paraitre, demeurent un prolongement des pouvoirs villageois africains.

Ces pouvoirs, comme au village, sont ceux des vieux. De l’Algérie au Zimbabwe en passant par la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Cameroun, le Nigeria, le Congo Brazzaville, etc., les chefs d’État sont au moins septuagénaires. Le plus inquiétant c’est que leurs opposants les plus en vue (notamment en Côte d’Ivoire) ont également le même âge. Ce qui revient à dire que c’est la même génération, celle des vieux, qui anime la vie politique de la majorité des États africains, et qui y détient donc le pouvoir.

Entre parenthèses : la relative jeunesse de certains chefs d’États africains ne les différencie pourtant pas de leurs homologues d’un certain âge. Ils sont en effet tous, jeunes et vieux présidents, animés du même esprit, celui de l’Afrique villageoise : le pouvoir sans partage ; sinon il y aurait par exemple en RDC une réelle alternance, ou même au Burundi, une alternance simplement. Finalement, jeunes et vieux dirigeants africains ne sont pas différents, incarnant tous une certaine Afrique traditionnelle.

Les pouvoirs des vieux à la tête d’États en Afrique auraient été louables s’ils ne flouaient pas les valeurs traditionnelles d’unité, de paix, de préservation des personnes et des biens. Mais il aurait été surprenant que ce n’en soit pas le contraire car ces vieux présidents, justement animés de l’esprit du village, préservent la paix, l’unité, les personnes et les biens au sein de leur propre clan au moyen des biens et services publics.  Et cela, au détriment des États modernes qu’ils dirigent, États composés de plusieurs régions, ethnies, tribus, religions, classes d’âge, voire d’individus d’origines diverses. Ces pouvoirs-là portent même atteinte aux valeurs occidentales d’intégration, d’inclusion, d’égalité des chances et de régénération qui ont présidé à leurs formations professionnelles et intellectuelles, car ces vieux ont soit fait des études, soit mené des carrières professionnelles en Occident, et souvent les deux.

Ces vieux qui verrouillent le pouvoir peuvent être identifiés comme de véritables requins, des requins de la politique. Ils sont toutefois conscients qu’ils ne resteront pas éternellement au pouvoir à cause d’obligations démocratiques, même de façade. Ils se choisissent donc des dauphins.

  • Le dauphin, un autre requin

Oui, ces sages d’Afrique, dont la sagesse ne tient qu’à leur grand âge et à la blancheur de leurs cheveux, quand ceux-ci ne sont pas noircis au yomo ou réduits à néant par le rasoir, ont pourtant des dauphins qu’ils se gardent bien de désigner (qui boit de l’eau par ses narines ?) pour ne pas légitimer et exciter certaines ambitions *:)) Marrant.

D’ailleurs, le dauphin même s’accommode très bien de ne pas être propulsé ou de ne pas se présenter de lui-même au devant de la scène, car avec le vieux, le doyen, ce requin à la tête de l’État, la meilleure place est bien derrière celui-ci.

Ce positionnement est tout à fait naturel pour le dauphin, faut éviter de se prendre un coup de mâchoire dans le dos de la part de ce requin qui ne veut pas laisser la place ; et surtout que derrière le requin, on peut se gaver en toute quiétude de ce qui déborde de sa gueule. Et puis, aussi dauphin qu’on est, on peut aussi jouer le petit requin derrière le vieux requin sans risque qu’il puisse vous demander un jour des comptes (si ce miracle se produisait*:)) Marrant) sans se compromettre lui-même. Parce qu’au fond, un requin ne met pas au monde un dauphin, mais bien un requin. Bonjour les détournements de deniers publics et les pratiques digne de la mafia, au vu et au su du vieux requin qui ne s’en émeut pas parce que ça détourne justement l’attention du petit requin du vrai pouvoir déjà occupé par lui, le requin usé,  vieillissant et sénile.

Mais attention, car dans certaines situations, comme en Côte d’Ivoire avec Guillaume Soro, il arrive que le dauphin soit fatigué de la dauphinité, se révolte,  revendique ouvertement sa requinité, et veuille se positionner en avant du vieux requin. Mais là, c’est une autre histoire.


Le cantique des cantiques revisité pour la Saint-Valentin

Personnages  inédits, décor exceptionnel, mais même esprit : l’amour. La fête de la Saint-Valentin est l’occasion toute trouvée de revisiter le magnifique texte poétique du cantique des cantiques dans la Bible ; cet exaltant  dialogue amoureux entre deux amants.

https://www.google.fr/search?as_st=y&tbm=isch&hl=fr&as_q=deux+amoureux+noirs&as_epq=&as_oq=&as_eq=&cr=&as_sitesearch=&safe=images&tbs=sur:f#as_st=y&hl=fr&tbs=sur:f&tbm=isch&q=deux+amoureux+africain&imgrc=uWnSAPNB-H9hVM:
CC pixabay

Lui :

Ma Tendresse, ma Belle, ma Chérie,

tu es aussi fragile qu’un bébé ;

aussi délicate qu’une fleur ;

aussi douce que le bonheur,

mais aussi redoutable

qu’une armée rangée en bataille.

Tu es apparue dans ma vie comme l’aurore.

Tu y rayonnes comme le soleil.

Tu es le clair de lune de mes nuits.

Tu es merveille.

 

ELLE :

Tu es mon soleil !

Mon amour, mon protecteur, c’est toi !

Comme un manguier entre les arbustes,

Tel es tu, toi, mon bien-aimé, parmi les garçons.

J’ai cherché ton ombre, je m’y suis assise…

Ton fruit est d’une saveur inégalable !

Je ne m’en rassasierai jamais !

 

LUI :

Tu es ma fleur,

Tu es mon miel,

Tu es ma fontaine,

Tu es ma Reine.

J’ai ouvert le paradis de mon cœur.

Je t’y ai installée.

Je t’en ai donnée la clef.

Fais en ce que tu veux.

ELLE :

Tu es mon papillon ;

Viens te poser sur moi.

Tu es mon abeille,

Viens bitumer en moi.

Tu es ma colonie de fourmis,

Viens me savourer !

Tu es mon étalon,

Viens t’abreuver à moi !

 

LUI :

Comme un nénuphar  parmi les broussailles,

tel es tu, mon Cœur, entre toutes les filles !

Tes yeux sont grands et beaux

comme un ciel étoilé dans un univers de lait.

Ta peau est un mélange de miel, de lait et de kaolin !

Tu es éclatante de splendeur !

 

ELLE :

Mon mirador, ma tour d’ivoire à la teinte de vigueur,

Et au parfum de chaleur,

Les sofas bruniraient de jalousie devant toi.

La graine de ton amour a germé

Sur la terre de mon cœur.

Son arbre : Passion ;

Ses fruits : Respect, fidélité, désir, sacrifice.

CC public domain pictures

LUI :

Toi et Moi,

Bras dans bras,

Ensemble pour tous les pas,

Rose-Robusta,

Sourire-Ivoire

Qui illumine les soirs

De son regard daigai-arabica.

Toi et Moi

Bras dans bras,

Ensemble pour l’éternité.

 

ELLE et LUI

Oui ! ensemble pour l’éternité !

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« Jeunesse » : c’est juste un concept politique (suite)

Parce qu’elles sont pauvres,  les personnes qu’on appelle « jeunes » sont exposées à la manipulation de politiques démagogues et aux abois. Et ceux-ci en profitent car ils ne s’en souviennent que pour leur politique ; d’où d’ailleurs le caractère uniquement politique du concept « jeunesse ».

  • « Jeunesse« , un concept véritablement politique

En considérant encore une fois les rassemblements dédiés aux personnes qu’on regroupe sous le vocable de jeunesse,   il y a bien, et il faut le reconnaître, des individus de bonne condition sociale, et vraiment qui font  envie, parmi eux. Ceux-là en sont simplement  les organisateurs, avec la caution et les bénédictions du régime en place. Ils ne sont là que par une simple volonté politique, pas par amour pour ces jeunes qui sont supposés être leurs congénères, ou parce qu’ils appartiennent à la même génération que ceux-ci. La preuve, les rassemblements des individus de cette tranche d’âge (qu’on qualifie de jeunes) sous des régimes précédents, ces jeunes de bonne condition sociale là n’étaient pas présents. À cette époque même, ils n’avaient pas cette situation sociale qu’ils considèrent comme modèle de réussite pour ces jeunes. Et c’est  là une autre preuve qu’ils ne doivent pas leur évolution à leur catégorie sociale, mais à leur militantisme politique. Ce qui veut dire que  leur état de jeune est relégué au second plan ou n’existe pas simplement. Ici leur statut de militants politiques est mieux adapté pour les identifier.  Et quand leur état de jeune réapparaît, comme par enchantement, c’est juste un moyen de manipulation des individus de cette tranche d’âge, en raison encore une fois de leur condition de vie difficile.

Et puis à ces rassemblements là ne sont pas invitées les associations de jeunes de l’opposition.   On préfère lancer des invitations globales à l’ensemble des  jeunes sans  les étiqueter politiquement. Cette option serait louable si ce n’était pas l’exception qui confirmait la règle. Qui oserait en effet inviter son adversaire politique à sa table ? Parce que cette foule de jeunes là est bien convoitée comme réservoir de voix et pour d’autres choses encore, il faut s’épargner la concurrence.  C’est là  une preuve que ces rassemblements là sont plutôt politiques que sociaux. Et par conséquent jeunesse est plutôt un concept politique qu’une réalité sociale, d’autant plus qu’il est évoqué par le pouvoir politique pour donner l’impression à des individus d’une  certaines tranches d’âges qu’ils ont du prix à ses yeux.

Que ces personnes qu’on appelle jeunes se détrompent, elles ne comptent pour aucun régime, sinon pour être manipulées. Parce que si on tenait à elles, on n’aurait pas besoin de crier sous tous les toits l’intérêt et l’amour qu’on leur porte à travers les manifestations qui sont organisées expressément pour elles, puisque les réelles institutions consacrées aux individus de leur tranche d’âge existent déjà. Ce sont au moins les ministères de l’éducation, de la formation technique et professionnelle, de l’enseignement supérieur, de l’emploi ainsi que les organismes publiques chargés de l’insertion professionnelle des diplômés, des chômeurs et des sans emploi. Si ces organismes et institutions étaient mieux organisés et pourvus en budgets (qui au passage sont dilapidés dans des manifestation et un ministère de la jeunesse qui n’a pas sa raison d’être), on ne parlerait pas de jeunes, Mais bien d’individus responsabilisés et responsables parce qu’ils auront été mieux outillés pour le reste de leur vie, à l’image des stars et célébrité et autres travailleurs de leur génération dont la plupart a bien bénéficié d’une formation et d’un encadrement sérieux pour être ce qu’elle est.

Une autre preuve que le terme jeunesse est juste un concept politique : il existe bien, en Côte d’Ivoire  par exemple, un ministère de la jeunesse, alors qu’il n’y a pas de ministères  de la vieillesse ou pour les personnes âgées. C’est vraiment absurde, n’est-ce pas ? Et cela d’autant plus que ne sont pas organisés des manifestations et des rassemblements pour ces vieux et vieilles.

Les institutions et manifestations pompeuses expressément crées et organisées pour la jeunesse (comme par hasard à l’approche des élections) sont à l’origine illusoires autant que ceux pour qui elles ont été créés. Elles sont de plus discriminantes car  un individu d’un âge moins élevé qui se trouverait dans une situation de pauvreté ne mérite pas davantage de soutiens ou plus d’attentions de la part des autorités  qu’un individu d’un âge plus élevé qui serait autant indigent, tous les citoyens étant a priori égaux devant la loi.

C’est contre la pauvreté qu’il convient de lutter plutôt que pour des individus d’une tranche d’âges, si toutefois ces institutions ont été réellement créées à cette  fin. Car ils pourraient en effet être des institutions sournoises de manipulation d’individus de condition sociale précaire ou qui rêvent d’une ascension sociale fulgurante. Des associations polémiques  de jeunes qui entretiennent des liens avec ce genre d’institution en sont la preuve. Ce sont par exemple les Imbonerakure, cette milice supposée  du régime burundais, l’ancienne fameuse milice GPP (groupement patriotique pour la paix) et  les controversés jeunes patriotes du temps  du régime Gbagbo en Côte d’Ivoire. Et puis on est sans ignorer que ce sont bien ceux qu’on appelle jeune qu’on envoie en guerre.

Ce sont là autant d’arguments pour montrer que  la jeunesse est plutôt un concept politique qu’une réalité social ; de jeunes, il n’en existe que pour être manipulés par les politiques. Sinon,  les individus de cette tranche d’âge sont autant des responsables que d’autres plus âgés, d’autant plus que l’avenir est censé reposer sur eux et qu’avant tout le présent leur appartient.


« Jeunesse » : c’est juste un concept politique (1)

La  « jeunesse » est présentée comme cette phase de l’évolution d’un individu avant l’âge adulte.  Les individus qui composent cette tranche d’âges, la plus grande part des populations des pays du tiers monde et aussi la plus vulnérable, fait l’objet de toutes les convoitises par des politiques qui voient en eux plus un véritable réservoir de voix et des individus manipulables que des personnes dont l’existence procède d’une franche planification. On ne s’en souvient donc quand on fait sa propre politique.

Garçon africain. Cc Pixabay
  • Les contradictions même au sein de ceux qu’on appelle la « jeunesse »

Il y a  en effet d’abord des individus qui normalement devraient appartenir à cette catégorie d’individus qu’on  appelle jeunes qu’on ne compte pas parmi ces derniers, ou qu’on ne voit pas quand on parle des jeunes, en raison de leur réussite sociale. Les plus en vue sont les célébrités, notamment les stars du foot. Didier Drogba, Yaya Touré, Lionel Messi, Chritiano Ronaldo, Samuel Eto’o par exemple sont-ils ou ont-il été  moins jeunes que ceux qu’on classe ou qu’on a classé  parmi ceux qu’on appelle les « jeunes » ? Évidemment pas, ils sont tous de la même génération. Et pourtant on ne  compte pas ces stars parmi la jeunesse. Soit dit en passant, le contraire serait très  embarrassant pour les régimes corrompus qui font brusquement de la jeunesse leur priorité (j’y reviendrai).

Parce que ces célébrités se trouvent à un haut niveau social, le message que je tente de faire passer peut paraître flou, je l’admets, mais on peut redescendre à un niveau social moins impressionnant. Considérons simplement les individus qui se trouvent dans cette même tranche d’âge que  ceux qu’on classe parmi les « jeunes », et qui ont un travail, une femme, des enfants ; même si ces derniers se sentent assez vigoureux et frais ou ont un âge moyen pour faire parti des « jeunes », ils  se sentent plus, et cela va de soi, comme des  gens qui ont des responsabilités à assumer et des devoirs à honorer,  que comme des individus qui appartiennent à une certaine tranche d’âge ou à cette catégorie sociale appelée « jeunesse ».

Il faut donc trouver un autre terme pour désigner le groupe d’individus qu’on appelle jeunesse. Et le terme qui conviendrait le mieux pour en parler, c’est bel et bien « pauvre », qui plus est lorsque à des rassemblements ou des manifestations  de jeunes, notamment les récents états généraux de la jeunesse ivoirienne, ne sont présents en grand nombre que ceux qui espèrent en tirer une situation social, en clair avoir une source de revenue pour pouvoir se prendre en charge. « Pauvre » étant, je suppose, assez dévalorisant, on pourrait le remplacer, à travers cet exercice langagier pervers dont raffolent les régimes imbus, par une expression moins honteuse, sinon plus ‘‘respectueuse’’. Les personnes en quête d’une situation sociale irait bien. Si celle-ci suffit à faire évoluer la situation de ces « pauvres », tant mieux. Mais la meilleure façon de résoudre un problème, ce n’est pas de l’édulcorer,  mais de le dévoiler dans toute sa réalité pour mieux l’affronter.

Ainsi c’est plus la situation sociale qui conditionne l’appartenance à cette catégorie sociale appelée jeunesse, que l’âge. En clair tu as beau avoir 50 ans, si « tu  n’a rien » ou « tu n’es rien »,  on te classera parmi les « jeunes », voir les enfants. De même quand tu as  20 ans et que tu as une situation sociale respectable, tu ne te sens pas jeune, mais responsable.

Et parce qu’elles sont pauvres,  les personnes qu’on appelle « jeunes » sont exposées à la manipulation de politiques démagogues et aux abois. Et ceux-ci en profitent car ils ne s’en souviennent que pour leur politique ; d’où d’ailleurs le caractère uniquement politique du concept « jeunesse ».

À suivre