Hippolyte Batumbla

Au domicile d’une femme réfugiée au Maroc

Anny Marie MANGUMBE est une congolaise engagée pour la cause  des femmes subsahariennes au Maroc. Elle figure parmi les 7 138 réfugiés et demandeurs d’asile. Entre vie associative et débrouillardise, elle parvient tant bien que mal à joindre les deux bouts.

Il est midi. Dame Anny passe la journée à la maison, en ce mardi 4 juin, veille de la fête de l’Aid El Fitr au Royaume chérifien. A Sidi Moussa, ce quartier populaire au bord de la mer, à Salé, le soleil est mi-figue mi-raisin. La brise marine caresse le visage des milliers de jeûneurs. Le marché du coin tonne de mille bruits. Cet endroit de commerce jonche les deux côtés de la route. Les bruits s’intensifient au fur et à mesure qu’on s’y approche.

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Anny MUGUMBE sort les poulets dans le four de sa cuisine à Sidi Moussa. CP: Hippolyte Batumbla

Des appartements de Sidi Moussa se dévoilent au visiteur après une petite distance parcourue sur la bretelle droite de la chaussée. Et c’est dans une de ces modestes maisons que logent Anny et son mari. Une cuisine, une douche, un petit salon et une chambre à coucher forment le logis. Elle apparaît avec un foulard de tête et des habits qui se marient avec sa corpulence. Visage tendre et sourire aux lèvres, la quadragénaire avance au milieu de la maison. Elle prend place à même le sol sur le tapis rouge et la causerie commence. Dame Anny hésite un instant puis articule le mot ‘’bienvenue’’ avec le ton d’une mère attendrie. Cette hospitalité qui ne passe pas inaperçue se noue parfaitement avec celle du Maroc des émirs, pays du phosphate et du tourisme.

A 12 heures 30 minutes, le muezzin de la mosquée fait un appel aux nombreux musulmans du coin pour la prière.  Cette heure coïncide à l’instant même où d’un geste maternel, dame Anny Marie indique le salon. Les précisions sont faites pour l’entrevue. Elle donne son aval par un sourire suivi d’un signe d’acquiescement par la tête. Elle entame donc la causerie.  Elle aborde directement son insertion sociale au Maroc qui est un parcours du combattant. Présidente de l’Association de femmes réfugiées et migrantes au Maroc, elle encadre et forme les femmes réfugiées subsahariennes aux activités génératrices de revenu. L’association compte 10 membres dans le bureau et a formé plus de 50 femmes récemment. « Les femmes subsahariennes souffrent le martyr au Maroc. Nous voulons les aider avec les moyens du bord. Nous voulons également qu’elles connaissent leur droit et surtout qu’elles parviennent à se prendre en charge », dit-elle en renouant son foulard de tête.

Elle ajoute que les femmes réfugiées en général ont du mal à s’intégrer sur le marché du travail marocain même avec un diplôme. La plupart d’entre elles étant des femmes de ménage ; bon nombre ne faisant pas forcément partie  des 7138 réfugiés et demandeurs d’asile reconnus par le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR). Pour elle, les femmes subsahariennes sont nombreuses à faire encore la mendicité ou la prostitution.

Entre temps, son mari M. Jean, veut se rendre utile. Il s’assure que tout va bien puis s’arrête un moment avant de sortir de la maison. Son épouse sourit légèrement. Ensuite, elle croise les jambes au sol, jette le regard sur ses documents, avance la main, tire finalement le terroir de la table. Elle y sort sa carte de présidente d’association. Elle montre par la suite une lettre écrite en arabe classique. C’est elle qui officialise la mise en place de sa structure au Maroc.  La dame se positionne sur le côté droit et continue sa causette.

Une battante rompue à la tâche

Sur la petite table du salon, dame Anny soulève des colliers rouges, blancs, bleus… C’est elle qui les confectionne au prix de 20 à 25 dirhams selon la qualité. Toujours pour mettre un point d’honneur, elle part sur Casablanca, achète des poulets, les fume au four puis les revend à domicile, souvent aux étudiants au prix de 30 dirhams l’unité. Ces poulets fumés se vendent par commande. Elle vend aussi du poisson et des légumes, des feuilles de manioc ; des mets prisés par les subsahariens.  Des fois, elle fait des faveurs aux apprenants pour qui, elle prépare lors de ses temps libres. Sinon dans une journée ordinaire, cette femme tente le tout pour le tout. « Je vends tout ce que je trouve pour ne pas attendre de quelqu’un », confie celle qui a fui la guerre dans son pays d’origine, la République démocratique du Congo.

Elle arrête momentanément de placer des mots. Le souvenir de son départ lui revient. Là, sa voix vacille. Puis elle confie ceci : « Mon pays est exposé aux guerres tribales interminables. Passant des journées la peur au ventre, j’ai fini par fuir. Je suis venue en Centrafrique où mon chemin a croisé celui d’une femme qui m’a été d’un secours inoubliable. C’est finalement en 2013 que j’ai rejoint mon mari au Maroc puisque nous étions en contact ». Toute chose qui fait que la dame s’éloigne de la politique ; selon elle, grâce aux politiques les gens s’embrasent partout dans le monde.

L’astre du jour se cache toujours dans les nuages au milieu de la journée. La météo annonçait ce temps ténébreux hier. A 13 heures 05 minutes, dame Anny soupire profondément. Puis elle enchaine avec ses difficultés au quotidien.  Le poulet qui ne se vend pas tout le temps, ou encore son mari qui souffre du cancer. S’ajoute le manque d’argent pour faire face à cette maladie qui ronge depuis des années son conjoint. Au-delà de sa nostalgie sans remède, il lui arrive de penser à ses quatre enfants qu’elle a dû laisser derrière elle au pays de Patrice Lumumba. D’ailleurs si dame Anny a quitté Hay nada pour aménager à Sidi Moussa, c’est bien pour des raisons économiques.

Soudain, son téléphone sonne. Ça y est ! C’est parti pour une conversation en lingala, cette langue de son Congo natal. Une, deux, trois, quatre minutes s’écoulent. Elle parle avec son mari qui s’assure encore une fois que tout se déroule convenablement. Finalement, elle raccroche le téléphone puis reprend la parole. Sa voix est rassurante puisqu’elle ne vacille pas du tout.

S’il y a un événement qui la choque, c’est bien la mort d’un jeune homme récemment. Tout à coup, son visage se crispe. Ce souvenir est présent.  Elle soulève la tête et fixe le plafond comme en prière ; puis confie doucement : « C’était un jeune respectueux et dévoué pour sa réussite. Mais il est mort à la fleur de l’âge. Si vous avez des enfants et vous voyez cela, forcément c’est un sentiment de tristesse qui habite votre cœur de mère ».

Il faut dire que si cette amazone surmonte des difficultés au Maroc, c’est parce qu’elle est aussi une femme de prière. Pas étonnant qu’elle s’exprime aisément : c’est une évangéliste pratiquante. Deuxième personnalité de son église après le pasteur, elle rend visite aux familles   majoritairement subsahariennes et parmi lesquelles figurent 30 mille fidèles chrétiens étrangers en terre marocaine. « Nous organisons souvent les campagnes d’évangélisation », renchérit-elle tout en montrant les photos de ces campagnes sur le mur du salon.

Maman Anny comme l’appelle son entourage, est également une femme engagée au service de la communauté congolaise du Maroc notamment pour l’émancipation des femmes congolaises.  Chaque lundi, elle les entretient sur la foi en Dieu autour des versets bibliques.

Une terre de refuge

L’horloge indique 15 heures piles. Finalement, elle enlève le foulard de tête puis se dirige vers la cuisine pour vérifier les poulets dans le four. Elle revient, s’installe à la même place.  A la question de savoir qu’est-ce qui l’a marqué au Maroc, sa réponse est sans équivoque. MANGUMBE ne regrette pas son arrivée au royaume chérifien, « sa terre d’asile et de paix ». Elle dit être réconfortée quand elle se souvient de son tragique départ à Bunia à l’Est de la RDC.  Son objectif du moment reste la quête de nouveaux partenaires et gagner un siège social digne de nom pour l’association qu’elle préside depuis 2017.

Elle reste tout de même optimiste en ce qui concerne la création d’une activité commerciale à plein temps au Maroc, compte tenu du pouvoir d’achat favorable aux affaires. Cette amazone qui allie vente de poulets, de perles et de légumes, souhaite également ajouter une autre corde à son arc si les moyens lui permettent, c’est-à-dire investir dans l’immobilier sur place.

Il est 16 heures 07 minutes. Et c’est en ce moment précis que la dame plaide solennellement pour toutes les femmes réfugiées au Maroc. « Je voudrais que le gouvernement marocain  aide ces femmes qui viennent de loin, à obtenir le titre de voyage », lance-t-elle debout avec à la main le chargeur de son téléphone.

Anny Marie MANGUMBE lance un signe d’au revoir au seuil de son appartement. A côté sur la bretelle gauche, le petit marché de Sidi Moussa grouille de plus bel.  Aussi, les bruits des vagues de la mer se mêlent-ils à ceux des véhicules sur la chaussée. Demain, c’est la fête de Ramadan au Royaume et cette ambiance grandit chaque instant.


#MondoChallenge : en Guinée, le vin de palme entre tradition et alcoolisme

Dans la société traditionnelle africaine, tout le monde ou presque l’a goûté, ne serait-ce qu’une seule fois. Les uns pour s’enivrer, d’autres pour la coutume : la Guinée ne déroge pas à cette tradition séculaire. Le vin de palme y a traversé le temps et l’espace, entre tradition et alcoolisme. 

Vin-de-palme
Le vin de palme à domicile

Sur les côtes maritimes guinéennes, depuis des lustres, une goutte de ce vin extrait de sève de palmier est une pépite de saveur. Beaucoup par chez moi vous diront que « Bangui » (en jargon populaire guinéen) a une myriade de vertus thérapeutiques. Sa consommation est même encouragée chez les enfants, le sucre naturel qu’il renferme étant supposé développer leur intelligence.

Bien que ses bienfaits ne soient pas prouvés scientifiquement, le vin de palme reste au cœur des habitudes.

Dans bien des cérémonies de réjouissance populaire, dans les centres-villes en Guinée tout comme en rase campagne, parmi les vins qui coulent à flot, le vin de palme ou vin blanc figure en bonne place. Ceci pour deux raisons.

Premièrement, en plus d’être local, naturel, il n’est pas coûteux comparativement aux autres vins produits par les industries de la place ou ceux importés. C’est une aubaine pour les  »pauvres » qui cherchent à fêter sans avoir à débourser une fortune considérable. D’autant que tout le monde est servi en bonne et due forme.

Deuxièmement, le vin de palme est une partie intégrante de la tradition Guinée. En pays Baga par exemple, un acte nuptial n’aura tout son sens que lorsque le vin de palme aura été tiré jusqu’à la lie. Une goutte versée au sol pour les ancêtres scelle le mariage pour toujours. De manière générale, cette conception traditionnelle de la boisson (de vigne ou de palme) est expliquée par le géographe français Alain Huetz :

« Pour de nombreux groupes ethniques d’Afrique Noire, la boisson est au centre de la convivialité et des relations sociales et devient parfois l’élément central des manifestations rituelles et des cérémonies religieuses. »  Cette pratique s’observe également en Guinée forestière où la tradition est de mise.

Un vin à différents visages

Par ailleurs, ce dérivé de la sève de l’Elaeis guineensis (nom scientifique du palmier à huile) ne va pas sans problèmes du fait de son caractère alcoolique. Les coins de vente se multiplient partout au bord de la mer, dans les quartiers de Conakry ; et les jeunes s’en désaltèrent au point de perdre la raison. Le vin de palme n’est plus bu à l’état naturel ; il faut l’associer à d’autres alcools pour le rendre efficace, dit-on.

L’usage abusif soutenu par sa commercialisation non réglementée est un danger qui prend forme en Guinée, 45e pays le plus consommateur d’alcool au niveau panafricain. Dans son rapport de 2017,  l’Organisation mondiale de la Santé a fait état de l’augmentation du taux d’alcoolisme en Afrique. Ce rapport indique que la consommation de l’alcool sur le continent est la plus importante au monde.

Il y a lieu de préciser qu’une quelconque consommation du vin blanc n’est pas reconnue par les préceptes islamiques. Raison pour laquelle une bonne partie de la population guinéenne, même désireuse, n’en consomme pas.

La destruction abusive de la flore du fait de la récolte de ce vin est aussi considérable que sa consommation. Des palmiers sont élagués puis finalement coupés sans le moindre reboisement. Encore et encore, le vin de palme est tiré jusqu’à la lie et la nature s’en plaint.

Comme on dit par là : « Et n’oubliez pas de boire avec modération ! »  Autrement dit,  »Un verre ça va, deux verres, bonjour les dégâts ».



Bamba, le mentor des nouveaux étudiants guinéens au Maroc

A 20 ans, il rame contre le courant hors de la Guinée. De Ghana au Maroc, les compétences autant linguistiques que professionnelles s’assemblent.  Alexis Bamba Tokpa cherche une licence en marketing à Institute for Leadership and Communication Studies (ILCS) de Rabat. Déjà, sa proactivité ne peut être égalée que par son sens du service à l’égard des milliers d’étudiants guinéens de la capitale et des autres villes du Royaume chérifien. Tenez-vous bien !  Ce n’est pas tout.

Entre Bamba et Pierre Corneille existe un océan de générations. Mais qu’à cela ne tienne, ce jeune homme confirme l’une des citations populaires du poète français : « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ».

« Alex »,  le volontaire dévoué

De l’ambassade guinéenne en passant par l’Agence marocaine de coopération internationale (Amci), ses pas de guerrier se posent partout où les papiers administratifs sont demandés à ses amis étudiants.  « Je suis là pour apprendre, c’est vrai. Mais cela ne m’empêche pas de faire quelque chose pour les autres. Se rendre utile est fondamental à mes yeux », laisse entendre Bamba alias ‘’Alex’’ pour les intimes.

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Bamba avec des étudiantes au siège de l’Amci à Rabat (Maroc) pour régler leurs papiers universitaires. CP: Alexis Camara

Ainsi, cette affirmation s’entrecoupe-t-elle avec les propos d’Abdourahamane Touré qui fait licence 1 en économie et gestion à l’université Mohammed V de Rabat. « Je n’avais jamais rencontré Alexis auparavant. Or, il était là pour nous accueillir à l’aéroport de Casablanca. Grâce à lui, j’ai rejoint sans problème ma faculté ».

Alex affirme que son objectif premier au Maroc, est d’obtenir sa licence en marketing et par la suite mettre en place une agence de communication. Mais ces projets ne sont en rien irréalisables. Il souhaite tout de même acquérir plusieurs expériences pour atteindre cet idéal ici, à Rabat.

Cependant, cet écolier de la prestigieuse école Sainte Marie de Dixinn à Conakry, tient son engagement de loin. Il faut rappeler que de passage à Coyah dans son pays, il s’inscrit comme membre du Centre d’Ecoute, de Conseil et d’Orientation (Cecoje) pour combattre comme ses pairs, la maladie à virus Ebola qui avait décimé des vies en Guinée notamment dans cette localité en 2014.

Légitimer ses actes  au Maroc

On peut dire que cette confrontation à la vie associative a largement porté fruits en centaine de milliers. Puisque le jeune Bamba en déposant ses valises à Accra (Ghana) pour parfaire son anglais le 31 décembre 2016, intègre l’Association des Etudiants Guinéens au Ghana (AEGG).

Aujourd’hui à Rabat, il ne nie pas avoir des difficultés dans ce volontariat avec ses pairs. Le retard et souvent le changement de filière à la dernière minute des nouveaux étudiants, constituent des problèmes majeurs qu’il gère de connivence avec le l’ambassade guinéenne au Maroc.

Il étudie dans une école privée, l’ILCS de Rabat. Mais il entend par volontarisme, aider tout le monde sans la moindre exception.  C’est pourquoi dans les jours à venir, Alexis Bamba Tokpa veut se présenter à la présidence de l’Association des Stagiaires et Etudiants Guinéens au Maroc (Aseguim). Une belle manière selon lui, de légitimer ses actes afin que la communauté estudiantine s’épanouit davantage sur tout le territoire marocain qui compte  à ce jour 16 000 étudiants africains.


Agdal, le petit paradis du Maroc

Mosquée BADR boulevard Fal Ouls Oumeir, 10000-Rabat
La Mosquée Badr sur le boulevard Fal Ouls Oumeir, 10000-Rabat
Crédit photo: Hippolyte Batumbla Camara

Je débarque à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, mercredi 17 octobre 2018. L’horloge indique 7 heures piles du matin. L’hôtesse de l’air précise qu’il fait 17 degrés. Le vent glacial invite le bleu que je suis au royaume à prendre immédiatement mon vieux polo, rangé dans ma valise de voyageur dépaysé. L’aéroport est tellement spacieux qu’il faut prendre son courage à deux mains pour le parcourir. Se rendre au carrousel à bagages n’est pas une mince affaire. J’essaye tout de même d’imaginer à quoi ressemble Agdal : mon objectif à atteindre dans ce monde de fraîcheur.

Une fois mes bagages en main et tout le contrôle de la douane marocaine derrière moi, je saute dans le premier train. Direction Agdal, ce quartier de la capitale, Rabat, qui fait partie de l’arrondissement Agdal-Ryad.

Ma position dans cette locomotive me permet de voir la lueur du jour. La nature, si belle ce matin d’octobre, accueille les rayons du soleil naissants. C’est là, à cet instant même, que je me rends compte d’un fait bien réel : je suis arrivé au Maroc.

Le salam marocain

Ici, tout est immense. Même le port de Casa n’échappe pas à ce principe. On y voit, sur un vaste terrain aménagé à cet effet, d’énormes conteneurs superposés. Aussi, le pays est-il en chantier continue, avec ces bulldozers stationnés un peu partout et plusieurs bâtiments en construction sur le passage.

Premier, deuxième puis troisième arrêt. Terminus pour ce petit voyageur qui, pour la première fois, foule le sol d’Agdal. Une remarque : tous les édifices sont peints en blanc. Certainement un signe manifeste du salam* recherché quotidiennement par le Marocain.

Je reconnais tout de suite le fameux petit taxi bleu dont on m’a toujours parlé au pays. Ah oui, le Maroc est bien connu en Guinée. Qui ne sait d’ailleurs pas là-bas qu’il n’existe pas de visa entre ces deux Etats ?

Agdal et ses surprises

De par sa modernité, Agdal séduit. C’est un quartier chic aux routes larges, aux avenues splendides, aux espaces publiques propres, aux centres de loisirs florissants, sans oublier des fast-foods aux menus qui font saliver. J’ai eu la chance de goûter au tacos marocain, cette tortilla à base de maïs, repliée ou enroulée sur elle-même comportant toujours une garniture de viande, de fromage ou de coriandre fraîche hachée. Tiens, la famille Bencheqroun m’invite à prendre le traditionnel couscous du vendredi.

S’il y a une chose que j’ai bien aimé à Agdal, c’est bien cette joie de vivre des habitants et surtout la sécurité qui y règne en maître. En plus, il y a le tramway moderne qui vous transporte à seulement 6 dirhams dans la ville. Que dire des avenues… Les plus connues restent celle des Nations unies et de France. La mosquée Badr, se tenant fière avec un dom vert, est le référentiel, la Tour Eiffel du coin.

Par dessus tout, écoles, instituts, universités et autres facultés rendent Agdal-Ryad cosmopolite, d’autant que plusieurs nationalités se côtoient tous les jours.

Pour découvrir le civisme dans ce petit coin de paradis, rendez-vous en face des panneaux de signalisation qui jonchent les rues : voitures, motos, vélos et autres engins tous s’arrêtent net au feu rouge. Je n’ose même pas imaginer ce qui pourrait arriver si cet ordre ne régularisait pas la circulation du quartier aussi dense qu’un essaim d’abeilles.

Ah oui, mon fantasme prend de l’ampleur tous les jours. Il tourne désormais autour du palais royal. J’espère le visiter dans ses moindres cloisons avant de plier bagages, direction la capitale marocaine.

 *Salam un mot arabe qui signifie « paix ».


Mondial 2018 : l’espoir de l’Afrique repose désormais sur les épaules des Lions

Pour son retour en Coupe du monde, le Sénégal a battu la Pologne 2-1, mardi 19 juin à Moscou, dans le groupe H du Mondial 2018. C’est la première victoire d’une équipe africaine en Russie, les Lions de la Teranga permettent ainsi aux Sénégalais, mais aussi aux millions de supporters africains, de rêver…

Ce billet a initialement été publié sur  guineeverdure.mondoblog.org

Après 16 longues années d’absence au Mondial, l’équipe du Sénégal jouera donc le deuxième tour de la Coupe du monde. Le Japon et le Sénégal prennent conjointement la tête du classement de leur groupe avec leurs victoires respectives sur la Colombie et la Pologne, (le groupe H = Sénégal, Japon, Pologne et Colombie). Les Lions sont aujourd’hui deuxième, avec trois points, ils doivent maintenant affronter le Japon puis la Colombie.

Selon Aliou Cissé, entraîneur du Sénégal depuis mars 2015, c’est une grande fierté de représenter l’Afrique toute entière : « tout le continent est derrière nous, je reçois des coups de fil de partout, les gens  croient en nous », a-t-il dit sur lequipe.fr  avant d’ajouter que son équipe a gagné grâce à la discipline, mais aussi grâce à sa force dans les transitions offensives et défensives en première période de match.

Les réactions…

Cette déclaration du sélectionneur sénégalais a tout son pesant d’or sur les réseaux sociaux. Des milliers de supporters africains se sentent sauvés par le bâton magique du football sénégalais grâce à la victoire des Lions. En tous cas, l’espoir est permis…

Un autre internaute plante le décor en rappelant les exploits des poulains d’Aliou Cissé lors des qualifications pour ce mondial au pays de Vladimir Poutine.

Le sort bien connu des autres

Heureusement que le Sénégal a battu la Pologne, sinon le début de cette Coupe du monde aurait été bien triste pour les cinq équipes africaines.
Le Sénégal porte seul l’espoir de l’Afrique dans la mesure où le sort des autres équipes africaines est déjà scellé. Mis à part le Nigéria, qui connaîtra son sort après sa rencontre avec l’Islande vendredi, et la Tunisie qui doit encore gagner ses deux prochains matchs (contre la Belgique et contre l’Angleterre), le Maroc et l’Egypte ont déjà rangé leurs drapeaux…

Le Maroc doit plier bagage après ses deux défaites, d’abord contre l’Iran, puis contre le Portugal de Christiano Ronaldo sur un score d’un but à zéro.

Les Pharaons d’Egypte ont eux aussi été battus deux fois, par l’Uruguay (0-1) et par la Russie (3-1). Ils espéraient se frotter les mains en misant sur une défaite de La Céleste uruguayenne face à  l’Arabie Saoudite. Hélas ! Le groupe A réservait ses surprises… et l’Uruguay a fait la différence ce mercredi 20 juin contre l’Egypte (1-0). Malheureusement pour les Pharaons, les carottes sont cuites.

La Tunisie a échoué en fin de match contre l’Angleterre (2-1), elle a fait face à une équipe anglaise déterminée pour les huitième de finale et a perdu en toute fin de course. Il n’y a désormais plus une lueur d’espoir pour la Tunisie.

Quant aux Super Eagles du Nigéria, ils n’ont pas su tenir tête à la Croatie (2-0), ils n’ont malheureusement pas été à la hauteur de leur niveau en qualification. Il leur reste un match à jouer contre avec l’Islande.

Au final, les yeux restent braqués sur l’équipe du Sénégal qui semble bien partie pour le deuxième tour de ce Mondial 2018. L’espoir de l’Afrique repose donc désormais sur les épaules des Lions.

 

 


Mondial 2018 : les Lions ou l’espoir de tout un continent

drapeau-senegal
Crédit photo: Diomandé Sékou avec son aimable autorisation

Pour son retour en Coupe du monde, le Sénégal a battu la Pologne 2-1, mardi 19 juin à Moscou, dans le groupe H du Mondial 2018. C’est la première victoire d’une équipe africaine en Russie, les Lions de la Teranga permettent ainsi aux Sénégalais, mais aussi aux millions de supporters africains, de rêver…

Après 16 longues années d’absence au Mondial, l’équipe du Sénégal jouera donc le deuxième tour de la Coupe du monde. Le Japon et le Sénégal prennent conjointement la tête du classement de leur groupe avec leurs victoires respectives sur la Colombie et la Pologne, (le groupe H = Sénégal, Japon, Pologne et Colombie). Les Lions sont aujourd’hui deuxième, avec trois points, ils doivent maintenant affronter le Japon puis la Colombie.

Selon Aliou Cissé, entraîneur du Sénégal depuis mars 2015, c’est une grande fierté de représenter l’Afrique toute entière : « tout le continent est derrière nous, je reçois des coups de fil de partout, les gens  croient en nous », a-t-il dit sur lequipe.fr  avant d’ajouter que son équipe a gagné grâce à la discipline, mais aussi grâce à sa force dans les transitions offensives et défensives en première période de match.

Les réactions…

Cette déclaration du sélectionneur sénégalais a tout son pesant d’or sur les réseaux sociaux. Des milliers de supporters africains se sentent sauvés par le bâton magique du football sénégalais grâce à la victoire des Lions. En tous cas, l’espoir est permis…

Un autre internaute plante le décor en rappelant les exploits des poulains d’Aliou Cissé lors des qualifications pour ce mondial au pays de Vladimir Poutine.

Le sort bien connu des autres

Heureusement que le Sénégal a battu la Pologne, sinon le début de cette Coupe du monde aurait été bien triste pour les cinq équipes africaines.
Le Sénégal porte seul l’espoir de l’Afrique dans la mesure où le sort des autres équipes africaines est déjà scellé. Mis à part le Nigéria, qui connaîtra son sort après sa rencontre avec l’Islande vendredi, et la Tunisie qui doit encore gagner ses deux prochains matchs (contre la Belgique et contre l’Angleterre), le Maroc et l’Egypte ont déjà rangé leurs drapeaux…

Le Maroc doit plier bagage après ses deux défaites, d’abord contre l’Iran, puis contre le Portugal de Cristiano Ronaldo sur un score d’un but à zéro.

Les Pharaons d’Egypte ont eux aussi été battus deux fois, par l’Uruguay (0-1) et par la Russie (3-1). Ils espéraient se frotter les mains en misant sur une défaite de La Céleste uruguayenne face à  l’Arabie Saoudite. Hélas ! Le groupe A réservait ses surprises… et l’Uruguay a fait la différence ce mercredi 20 juin contre l’Egypte (1-0). Malheureusement pour les Pharaons, les carottes sont cuites.

La Tunisie a échoué en fin de match contre l’Angleterre (2-1), elle a fait face à une équipe anglaise déterminée pour les huitième de finale et a perdu en toute fin de course. Il n’y a désormais plus une lueur d’espoir pour la Tunisie.

Quant aux Super Eagles du Nigéria, ils n’ont pas su tenir tête à la Croatie (2-0), ils n’ont malheureusement pas été à la hauteur de leur niveau en qualification. Il leur reste un match à jouer contre avec l’Islande.

Au final, les yeux restent braqués sur l’équipe du Sénégal qui semble bien partie pour le deuxième tour de ce Mondial 2018. L’espoir de l’Afrique repose donc désormais sur les épaules des Lions.

 

 


Que faut-il savoir sur le vote contesté de la Guinée contre le Maroc ?

C’est déjà connu : la coupe du monde de Football  sera organisée en 2026 par le trio Etats-unis-Canada-Mexique. Un vote effectué en Russie le mercredi 13 juin 2018, lors du 68ème congrès de la fédération internationale de Football (FIFA). Malgré ce résultat, la Guinée et le Liban soutiennent mordicus avoir donné leur voix au Maroc et non à United 2026. Explications.

Cet article a été publié sur guineeverdure.mondoblog.org.

Le vote guinéen en défaveur du Maroc a fait couler beaucoup d’encre et de salive, tant sur les réseaux sociaux que dans les médias nationaux et internationaux. Antonio Souaré, président de la Fédération guinéenne de football (Feguifoot), est traité de tous les noms d’oiseaux par plusieurs internautes guinéens pour avoir trafiqué son suffrage pour United 2026. Mais M. Antonio, lui-même ambassadeur de la candidature du Maroc, nie en bloc un quelconque marchandage de voix au détriment du royaume chérifien.

Le Liban n’est pas resté en reste, et a lui aussi remis son vote en cause. Sur Football Lebanon, le secrétaire général de la fédération locale Jihad El Chohof a ainsi soutenu que son pays a voté pour le Maroc, au contraire du résultat dévoilé par la FIFA.

Du coup, une question mérite d’être posée : que s’est-il donc passé en Russie pour que le Maroc se retrouve à la touche avec 65 voix contre 134 ?

Pour Guinéenews, les causes de cette malheureuse situation sont à rechercher au niveau du système de vote électronique instauré pour la première fois par la FIFA.

Le rêve marocain

Tout le monde sait que le football génère de l’argent. On dit même que l’organisation du championnat mondial 2026 va engendrer plus de 14 milliards de dollars. Une bonne raison pour jouer du lobbying. Et justement, beaucoup de langues s’accordent à dire qu’il y aurait eu une sorte de « foot business » au Congrès de Moscou,

Dans le dossier  de candidature du royaume chérifien, il faut le reconnaître, les projets sont ambitieux et les maquettes inspirantes : des TGV, des stades modulables, des infrastructures de santé… Il y avait de quoi rêver en livrant cette bataille pour le prochain Mondial.

« L’histoire aurait été belle : un pays en développement en Afrique du Nord remportant la partie face à trois géants américains et défiant tous les pronostics », peut-on lire dans les colonnes de Le Monde Afrique.

Selon la même source, en livrant main nue une bataille contre la première puissance économique mondiale, le Maroc voulait s’affirmer comme acteur d’influence sur le continent africain. Car, sous l’impulsion du  roi  Mohamed VI, le pays a multiplié nombre d’investissements et des projets de coopération depuis 2010.

Une relation historique

Il est à souligner que les relations guinéo-marocaines ne datent pas d’hier. Faut-il rappeler qu’il n’existe pas de visas d’entrée pour les passeports officiels depuis une décennie entre ces deux pays ? Ou rappeler le rôle joué par la compagnie Royal Air Maroc, qui a ravitaillé la Guinée lors de l’épidémie Ebola, en 2014 ?

Pendant cette période tragique, tous les matchs officiels guinéens se sont d’ailleurs opérés sur le territoire marocain. Aussi, quand le Pr Alpha Condé était à la tête de l’institution, la Guinée a joué un rôle dans la réhabilitation du Royaume au sein de l’Union Africaine.

Et récemment encore, le Maroc et la Guinée se sont engagés dans une entraide mutuelle notamment dans le secteur de l’assainissement et de l’agriculture.

En fin de compte, il reste à savoir si l’organisation de la coupe du monde de Football nécessite une immixtion politique derrière chaque candidature, ou si elle reste réellement réservée aux pays les plus offrants.


Mondial 2026 : que faut-il savoir sur le vote contesté de la Guinée contre le Maroc ?

mondial-2026
Crédit photo: Hippolyte Batumbla

C’est déjà connu : la coupe du monde de Football  sera organisée en 2026 par le trio Etats-unis-Canada-Mexique. Un vote effectué en Russie ce mercredi 13 juin 2018 lors du 68ème congrès de la fédération internationale de Football (FIFA). Cependant la Guinée et le Liban soutiennent mordicus avoir donné leur voix au Maroc et  non à United 2026. Les explications…

Le vote guinéen en défaveur du Maroc (qui est officiel) a fait couler  beaucoup d’encre et de salive tant sur les réseaux sociaux que dans les médias nationaux et internationaux. Antonio Souaré, président de la Fédération guinéenne de football (Feguifoot), est traité par plusieurs internautes guinéens de tous les noms d’oiseaux pour avoir trafiqué son suffrage pour United 2026.

Mais M. Antonio, lui-même ambassadeur de la candidature de ce pays, nie en bloc un quelconque marchandage de voix au détriment du royaume chérifien. Le Liban n’est également pas resté sans remettre en cause son vote. Sur  Football Lebanon, le secrétaire général de la fédération locale Jihad El Chohof, soutient que son pays a voté pour le Maroc à la différence du résultat dévoilé par la FIFA.

Du coup, une question mérite d’être posée, c’est-à-dire que s’est-il donc passé en Russie pour que le Maroc se retrouve à la touche avec 65 voix contre 134 ?

A en croire Guinéenews, les causes de cette malheureuse situation sont certainement à rechercher au niveau du système de vote électronique instauré pour la première fois par la FIFA.

Le rêve marocain

Tout le monde sait que le football génère de l’argent. On dit que l’organisation de ce championnat mondial 2026 va engendrer plus de 14 milliards de dollars. Une raison de plus pour jouer le lobbying. En tout cas, beaucoup de langues s’accordent pour dire qu’il y aurait eu une sorte de « foot business » à ce Congrès de Moscou,

Dans le dossier  de candidature du royaume chérifien, il faut le reconnaître, les projets sont ambitieux et les maquettes inspirantes : des TGV, des stades modulables, des infrastructures de santé… Il y avait de quoi rêver en livrant cette bataille contre leur puissant adversaire.

« L’histoire aurait été belle : un pays en développement en Afrique du Nord remportant la partie face à trois géants américains et défiant tous les pronostics », peut-on lire dans les colonnes de Le Monde Afrique.

Selon la même source, en livrant main nue une bataille contre la première puissance économique mondiale, le Maroc se voulait être un acteur d’influence sur le continent africain. Car le pays a multiplié nombre d’investissements et des projets de coopération depuis 2010, sous l’impulsion du  roi  Mohamed VI.

Une relation historique

Il est à souligner que les relations guinéo-marocaines ne datent pas aujourd’hui. Faut-il rappeler qu’entre ces deux pays, il n’existe pas de visas d’entrée pour les passeports officiels depuis une décennie. Sans oublier le rôle joué par la compagnie Royal Air Maroc, qui a ravitaillé la Guinée lors de l’épidémie Ebola, en 2014.

Pendant cette période tragique, tous les matchs officiels guinéens se sont opérés sur le territoire marocain. Aussi, quand le Pr Alpha Condé était à la tête de l’institution, la Guinée a joué un rôle dans la réhabilitation du Royaume au sein de l’Union Africaine.

Et récemment encore, le Maroc et la Guinée se sont engagés dans une entraide mutuelle notamment dans le secteur de l’assainissement et de l’agriculture.

En fin de compte, il reste à savoir si l’organisation de la coupe du monde de Football nécessite une immixtion politique derrière chaque candidature, ou si elle reste réservée aux pays les plus offrants.

 


Le Nimba, image expressive de la femme en Guinée

En Guinée, en dehors des textes de loi qui lui sont consacrés, la société traditionnelle offre aussi une place importante à la femme. Surtout dans la communauté baga, où c’est elle qui assure presque toutes les activités visant le bien-être familial. C’est pourquoi le Nimba, ce buste incarnant le portrait imagé de la femme, cesse désormais d’appartenir seulement à ce groupe ethnique pour rejoindre la culture de tout un pays.

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Le Nimba (D’mba). Crédit photo: Muséum Toulouse avec son aimable autorisation

Le masque est un porteur de message en pays baga, une ethnie minoritaire qu’on retrouve dans la capitale guinéenne et au Bagataye (Boké), à plus de 300 km au nord. Il est craint et sacré dans la mesure où les populations le comprennent comme un élément spirituel incarnant les génies, les divinités, les esprits ou mieux, les âmes des ancêtres.

Pour ce qui est du Nimba ou D’mba, c’est un masque qui met la femme en exergue, lui donnant une place de choix dans la société traditionnelle baga. Ce buste fait de fibre de raphia ou de feuilles mortes idéalise la würan (femme en baga), une nourricière aux seins tombants (voir photo).

Elle est la déesse de la fertilité et de la fécondité. Pour la célébrer, on danse le d’mba à pas carrément lents, avec de légères inclinaisons du corps, en temps de récolte et en dehors. C’est souvent accompagné par des jets de riz dans tous les sens. A travers cette danse, considérée comme le plus beau spectacle du milieu, le D’mba présente la femme qui s’applique à faire de ses enfants des citoyens et des individus conscients de leurs responsabilités.

Toutes ces valeurs alignées derrière ce bois merveilleux font de lui une fierté nationale. C’est pourquoi, le président Alpha Condé, en visite au Vatican le 16 janvier 2017, avait offert au Pape François la reproduction en métal du Nimba. Ce symbole a été apprécié du pape, qui a déclaré « C’est bien, parce que l’Italie a tant besoin de fécondité ».

Récemment, le Nimba a été l’emblème du journal papier des 46 ème assises de la presse francophone organisée à Conakry par l’Union de la presse francophone (UPF) du 20 au 26 novembre 2017.

Le premier président guinéen Ahmed Sékou Touré l’avait  également bien saisi. C’est pourquoi en 1960 à la foire internationale des œuvres culturelles aux Etats Unis, le premier masque Nimba avait voyagé et représenté la jeune nation guinéenne.

Loin de mettre les hommes à l’écart, il est difficile de ne pas considérer la femme qui est représentée par ce masque à la fois mythique, sacré et symbole culturel dans la société moderne guinéenne.


En Guinée, les propos haineux sur la toile sont réprimandés par la loi

Dans cette dernière décennie, la connexion en Guinée n’est plus un luxe : l’affluence sur les plateformes de discussions se passe de tout commentaire. Cette pratique alimente à sa façon la situation sociopolitique du pays, dominée par les manifestions populaires ainsi que de multiples propos incitant à la violence sur la toile.

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L’utilisation des  réseaux sociaux, notamment Facebook a pris de l’ampleur en Guinée. Si, dans les années 2000, on pouvait compter  au bout des doigts les utilisateurs d’Internet (encore plus les utilisateurs des réseaux sociaux) dans ce pays ouest africain de 13 millions d’habitants, ils se comptent de nos jours par centaine de milliers.

Et c’est là que tout se passe, se voit et se dit, surtout. Avec la situation sociopolitique du pays très tendue,  plusieurs propos à caractère ethnique, haineux, dominés par l’incitation à la violence, ont été émis par bon nombre d’internautes guinéens.

C’est pourquoi, l’Association des blogueurs de Guinée (Ablogui), dans son communiqué de ce lundi 19 mars 2018, a levé le ton pour condamner cette violence numérique et a appelé à la prise de conscience sur la toile. « Nous appelons les utilisateurs des réseaux sociaux à plus de responsabilité. La jouissance de nos libertés individuelles est subordonnée à la paix et au respect de l’intérêt supérieur de la République.» Autrement dit, Ablogui invite tous les internautes en Guinée à faire attention aux contenus publiés sur les plateformes de discussion.

Le ministre guinéen des Télécommunications est ferme sur la question. Invité de l’émission ‘’Les Grandes Gueules’’ de la radio Espace fm, Moustapha Mamy Diaby explique que la responsabilité de tous est en jeu.

« Nous avons des outils juridiques, nous avons la loi 37 relative à la Cyber sécurité. Cette loi a été portée à la disposition de nos magistrats, de nos officiers de police judiciaire », peut-on lire sur MosaiqueGuinée.com.

La loi à laquelle le ministre fait allusion légitime en Guinée la censure en ligne. Son article 29 stipule que l’émission d’injures, d’une expression outrageante, tout terme de mépris ou toute parole violente qui ne renferme l’imputation d’aucun fait sont passibles de six mois à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende allant de 20 à 30 millions de francs guinéens.

Pour éviter de mettre de l’huile sur la braise en passant par la toile, Moustapha Mamy Diaby a interpellé les procureurs de la République à faire respecter ces nouvelles dispositions juridiques sur la Cybercriminalité dans tout le pays.


La crise sociopolitique en Guinée prend de l’ampleur

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    Les femmes de l’opposition républicaine
    dans les rue le 07 mars 2018. Crédit photo: Naby Elma Camara

L’heure est grave. Pendant toute la journée d’hier lundi 12 mars 2018 et aujourd’hui, la capitale guinéenne,  notamment Kaloum, le centre ville, est en ébullition. Femmes, enfants et jeunes manifestent pour exiger la reprise des cours dans tout le pays. Une conséquence de la grève des enseignants déclenchée le 12 février dernier.

Partout sur le trottoir, des barricades, des pneus brûlés par endroit et bon nombre de voitures caillassées. « C’est une nuit agitée que les populations de Conakry et environ s’apprêtent à passer. À Kaloum, le centre administratif et des affaires, les manifestants sont redescendus dans les rues cette nuit, brûlant des pneus et bloquant toute circulation…», peut-on lire sur le Déclic.info.

Cette vague de manifestations sur un fond de colère continue jusque dans la haute banlieue paralysant toutes les activités. Selon toujours le Déclic.info, la même atmosphère règne à Lansanaya Barrage, où les jeunes survoltés jettent des pierres sur tout ce qui bouge. Une scène de panique qui s’est poursuivie jusqu’à Tombolia. Mais là, le mouvement de manifestants a été très vite dispersé par les forces de l’ordre.

« Sortis depuis la nuit d’hier, lundi 12 mars 2018, les jeunes manifestants de la commune urbaine de Boké maintiennent toujours leurs barrages au niveau du carrefour Dembaya, situé au cœur de la ville. Après de longues échauffourées (entre 9 heures et 12 heures) avec les forces de l’ordre qui tentaient de libérer la route, les jeunes manifestants ont pour le moment réussi à faire fuir les hommes en uniforme et renforcé les barrages » rapporte le correspondant local de Guinéematin.com qui est sur les lieux.

Mais depuis le 7 mars dernier, les femmes de l’opposition républicaine, vêtues de blanc-rouge, ont battu le pavé sur l’axe le Prince. Elles fustigent les injustices faites aux femmes dans le pays et exigent surtout le retour des enfants du secondaire à l’école.

Pour l’heure, l’opposition elle-même maintient la « ville morte » demain mercredi 14, rejointe par le Groupe Organisé des Hommes d’Affaires (GOHA) qui prévoit également de partir en grève jusqu’au jeudi 15 mars, cela en fermant toutes les boutiques des commerçants affiliés à leur organisation.


Se battre et triompher

Oui il m’arrive de douter. Il est des jours où je veux tout lâcher, voire arrêter de me battre dans cette vie égoïste et injuste. Dans ma tête, les neurones soulèvent très souvent des questions d’ordre prioritaire. En tout cas plus  que les guerres nucléaires entre le pays de  Kim et de l’Oncle Sam. Tellement que j’ai peur de tout perdre par endroit: pourquoi ça ne marche toujours pas? Pourquoi ce que je veux, ne se réalise pas ?

En réalité, je ne suis jamais parvenu à trouver une réponse. A chaque fois que je me rapproche de ce que je crois être la solution véritable, tout s’écroule et se dissipe comme de la poussière.

Mais je reste convaincu que ma force réside autour de moi. Mes frangins qui me tiennent compagnie à toute épreuve.

Je crois en l’avenir. Je sais que le bien-être est personnel et s’invente progressivement. Par le geste d’un bâton magique, il ne sortira pas tout de même. Aucun miracle ne se fera. Il faut s’y mettre pour créer ce que nous appelons bonheur qui est la somme des efforts accumulés.

Et je sais une seule chose, l’unique d’ailleurs : en chacun  sommeille une foulitude de dons; aux nombres desquels figurent le sourire et la paix du cœur, ces luxes gratuits arrachés à beaucoup de personnes. En éveil, ils forment la crème de la vie. Il suffit de les  transmettre pour que le monde avance. Pour que mes rêves plus grands que l’Afrique soit une réalité.

 « Quand une multitude de petites gens dans une multitude de petits lieux, changent une multitude de petites choses, ils peuvent changer la face du monde », souligne l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano.

Enfin, j’arrive à la conclusion selon laquelle pour toujours, je me dois de réussir. Il faut que ça marche. C’est pourquoi tous les jours, je réalise qu’il faut mettre à profit ce que nous avons de meilleur, pour finalement trouver ce trésor. Si vous venez de commencer à y voir clair ou du moins à en prendre conscience, c’est normal. Bienvenue!

 


En Guinée, les violences faites aux femmes éclipsent leur rôle historique

L’histoire guinéenne n’aurait pu être écrite sans la partition jouée par les femmes. Ce billet rappelle le rôle joué par quelques héroïnes à l’orée de l’indépendance et les violences basées sur le genre ainsi que les droits des femmes, remisés souvent au fond du placard.
Une vendeuse au long des rails à Dixinn entrain d’expliquer l’effet de la sensibilisation sur elle lors des élections communales du 4 février 2018. Crédit photo: Hippolyte Batumbla Camara 

Qui connaît le passé du premier pays en Afrique de l’Ouest à avoir obtenu son indépendance, le 2 octobre 1958, reconnaîtra que les femmes ont été à l’avant-garde de son obtention. Tout commence en 1954. Des femmes comme Hadja Mafory Bangoura (1910-1976) lèvent le ton à travers des chants et danses populaires pour dénoncer le truquage de l’élection législative de la même année. Considérée comme « Mère-courage » de la nation guinéenne, Mafory aura été cette pionnière qui s’est battue au premier rang du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) contre les « exactions » du pouvoir colonial et surtout pour l’émancipation des femmes.

En 1955, une autre femme est injustement éventrée lors d’une révolte populaire. M’Balia Camara en état de famille, fut tuée à coup de sabre par David Sylla, un chef de canton corrompu.

Nous sommes en 1977 : « La révolte des femmes du marché de Conakry, une contestation inusitée, raconte le site perspective.usherbrooke.ca , incite le gouvernement guinéen à adopter des réformes. Le régime met notamment de l’avant des mesures visant à libéraliser l’économie, en plus de normaliser ses relations avec la France. »

C’était une victoire des femmes  dans le régime de Ahmed Sékou Touré, une manière pour elle, de faire revenir la petite entreprise c’est-à-dire permettre aux citoyens de pratiquer librement le commerce sur toute l’étendue du territoire national.

Cependant, l’histoire des femmes quoique légendaire dans ce pays en Guinée, s’efface progressivement pour donner place à une vague de mépris et de brutalités à l’encontre de celles-ci. Elles sont nombreuses ces dames qui subissent des violences conjugales ou qui ne sont pas rétablies dans leurs droits dans la société guinéenne contemporaine.

Sur le site mosaiqueguinee.com, Mme Mariama Diallo alias Tantie 500,  est celle qui a son effigie sur les billets de 500 francs guinéens. Ne bénéficiant pas des bonnes grâces de son droit à l’image, elle brise le silence qui n’a que trop duré. « Si j’ai ma photo sur les biais de 500 Gnf, ce n’est pas donné à n’importe qui. C’est une chance et une fierté de représenter la beauté de la femme guinéenne, normalement on doit me dédommager. Je souffre beaucoup, quand je vais au marché, on dit c’est elle qui a sa photo sur les billets de 500 Gnf. On me croit riche… Je souffre beaucoup. Je demande à l’Etat de m’aider…»

Pourtant, la constitution guinéenne du 7 mai 2010 dans son article 8, offre une place de choix à la promotion de la femme. « Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits. Nul ne doit être privilégié ou désavantagé en raison de son sexe…».

Mais très malheureusement l’heure est grave. En mai 2017, Dr Mamadou Bano Barry a affirmé sur Guinée7.com que 92% de femmes âgées de 15 à 48 ans ont été victimes de violences quelle que soit la nature, y compris l’excision.
Force est vraiment de reconnaître que bien des cas prennent des tournures graves  jusqu’à ce que mort s’en suive.

« C’est le lundi 19 février 2018 aux environs de 1h du matin  au village de Hermakono, sous-préfecture de Sangardo, qu’on a été informé de l’assassinat d’une femme par son mari. Cet assassinat fut perpétré à l’aide d’un couteau. Malgré la série de questions, le motif n’est pas connu. Le présumé auteur du crime s’appelle Mamadi Baro, âgé de 40 ans environ. Quant à la victime, elle s’appelle Doussou Traoré, âgée de 30 ans, mère de trois enfants… », peut-on lire sur Guinéenews.org.

Mais cette situation n’est pas restée seulement au pays ; avec un couple guinéen, elle s’est transportée dans les valises jusqu’à Liège en Belgique. Oumou Tabara Diallo dit Yayé, a été retrouvée morte puis enterrée dans la cour de leur habitation. Et tenez-vous bien, c’est  son mari qui aurait commis cet acte.

Des exemples fuseront de partout pour rendre compte des conditions combien de fois difficiles et tristes de ces femmes en Guinée. « Sans cesse, les dirigeants guinéens rappellent que la construction de la nation, ne peut s’opérer sans la participation de l’élément féminin, tiré de sa situation injuste d’infériorité et de sujétion…», note Claude Rivière dans Cahiers d’Etudes Africaines en 1­968.

 


L’entrepreneuriat au féminin est bien possible en Guinée

Mme Sona Marce à l’Eglise Sainte Odile de Coyah. Crédit photo : Marcy Déline

Elle a un nom : Mme Marce Sona Kpoghomou, professeure de chimie au lycée, habite avec sa modeste famille à Coyah, à plus de 40 kilomètres de la capitale Conakry. Son engagement social n’a d’égal que son rêve de prendre part à la promotion tous azimuts des femmes dans un pays où les droits des femmes ne sont pas bien portants.

Mme Sona veut ajouter quelque chose à l’humanité depuis son milieu social. Et tenez-vous bien ! Elle ne compte sur personne pour y parvenir. C’est pourquoi à quelques heures de la célébration de la traditionnelle fête des femmes dans les quatre coins du monde, l’enseignante monte au créneau. « Il faut que les femmes se réveillent. Plus question de dire « je n’ai pas étudié », il y a la terre pour entreprendre des activités agricoles. Il faut créer, même avec zéro franc. On peut partir de rien pour aboutir à un résultat incroyable. C’est possible ! »

Assise sur une chaise avec un portefeuille et un trousseau de clé en main, elle a des rêves plein la tête. Mais elle tient surtout à prendre part à la formation des femmes par des rencontres ayant pour sujet les questions qui touchent le genre directement. Car pour elle, tout ce que l’homme peut entreprendre, la femme avec un peu de bonne foi est capable d’accomplir de plus grand. En tout cas, elle constitue la preuve tangible de ce qu’elle avance.

Depuis 2012, cette mère de 8 enfants a fondé une école qui continue son petit chemin à Coyah, la ville cachée au nord par le ‘’Chien qui fume’’. Aujourd’hui , elle a en charge 19 enseignants dans cet établissement formant les enfants de la petite section jusqu’à l’examen d’entrée en 7ème année. Dans les années à venir, Sona Marce compte enrichir le contenu pédagogique de son école en insérant l’anglais comme deuxième langue d’apprentissage.

« Si les femmes veulent revendiquer leur place dans la société, c’est le moment où jamais de se mettre au travail. » Espérons que l’invitation tombe dans de bonnes oreilles. Pour ce qui est de sa part, la prof de chimie semble gagner le pari parmi 156 452 habitants que compte la ville et 12 millions pour tout le pays du Prof Alpha Condé.


Faire du « Cogito, ergo sum » pour les oubliés du rêve africain

Crédit photo: Hippolyte Batumbla

 Chers lecteurs et lectrices à la fleur de l’âge dans les confins du continent,

Par nos actions, le moment est venu pour les peuples d’Afrique de forger un destin commun.  Un destin qui est motivé par la volonté de vivre soi-même. Notre continent à plus que jamais besoin de nous. Il appelle chaque jeune depuis son milieu social  à l’engagement dans l’amour. Et je n’ai pas de théories ni de grandes philosophies pour vous convaincre. Je n’en ai aucune pour vous dire que ce combat est noble. Je viens juste main nue, une main fraternelle tendue vers vous  afin d’échanger et entreprendre en compagnie de nos traditions sous le grand arbre à palabre du village.

Notre village à tous est cette Afrique aux passés combien de fois légendaires. Puis-je étaler ici ses incommensurables traditions qui jusque là font  battre pour toujours le cœur de nos cités. De manière originale,  descendons d’un degré et acquiesçons le retour à l’africanisation de nos faits et gestes ainsi que de nos habitudes de pensée. A un moment donné de notre histoire, regardons ce que nous sommes pour évaluer ce que nous sommes vraiment capables d’accomplir de si majestueux, sans compter sur qui que ce soit.

Dans ces lignes, chers jeunes, je n’utiliserai pas encore une fois de grandes pensées d’honorables moralistes pour vous parler d’une richesse que vous possédez déjà naturellement : la force et la volonté de vivre soi-même. Ces pouvoirs capables de transformer une cité, une communauté, un pays voire un continent. Notre façon de voir compte beaucoup pour transformer tout auprès de nous.

Tout commence en famille

Et moi votre frère d’une vingtaine de pluies, sans expériences mais convaincu que l’Afrique notre cher continent a besoin de tout un chacun pour ne serait-ce qu’apporté, un grain de sable pour poser  les fondations de notre maison commune. Et cela d’une manière sincère.

Pour parvenir à cet objectif du moment, il est important de faire case départ pour voir ce que nous faisons dans nos familles chaque jour. Une manière de prendre le mal par sa racine. Posons-nous la question : est-ce que je  fais bien le travail de maman et papa ? J’apprends bien mes leçons pour les rendre fier de moi ? Me préoccupe-t-il de ce que fait mes frères ou mes sœurs ? Qu’est-ce qui montre que je les aime ?

Des interrogations certainement banales mais qui  constituent la source du bonheur. D’autant que les relations entre les membres de la famille sont d’une valeur fondamentale. En fait, c’est là que le jeune apprend à aimer, respecter, et tolérer son entourage. Depuis cet endroit le processus commence. Les idées reçues par toutes les personnes autour de lui, orientent désormais ses pas tout au long de son existence. Il devient responsable sans trop se rendre compte.

J’ai toujours pris mon père pour modèle. Les soirs quand il rentrait du travail, il épiait chacun de ses  enfants autour de lui.  Et il demandait le lieu où les absents  se trouvaient.  Sans tarder, il commissionnait tous les autres enfants d’aller trouver les manquants et de revenir avec eux. A force de le répéter chaque soir, nous avons fini par nous y habituer.

Ici, je tente d’expliquer d’une manière  claire, cette responsabilité que chaque membre de la famille a de l’autre dans n’importe quelles circonstances et partout. Mon père nous a montré qu’il est responsable de tous les membres de sa modeste famille  en nous envoyant chercher nos frères absents. Et nous, responsables des autres en allant les appeler. Cela créé sans risque de me tromper le rapprochement, l’amour de l’autre. La famille grandit, devient unie et les enfants s’épanouissent sous le regard aimant des parents. Dans toute société l’amour entre ses composantes en est le fondement, le point de départ du développement social. Nous jeunes, constituons la substance qui anime et fait vivre cet amour dans nos familles.

C’est exactement notre force. Nous détenons ces astuces. Et c’est ce qu’attend la famille de nous chaque minute qui passe. Chers jeunes du continent, il n’est donc pas tard de passer à l’action. Chers jeunes, nos  familles ont besoin de nous pour enfin vivre le bonheur. Il suffit d’un simple geste de notre part pour le bien-être dans les foyers.

Quelle preuve d’amour !

Ensuite, il apparaît d’autres facteurs à comprendre : la foi religieuse. La plupart des jeunes que nous sommes,  appartiennent  à  une confession. Elle contribue énormément à notre façon de concevoir les choses. En principe, notre religion doit être une force pour combattre ce que nous défendons et à développer ce qu’on nous enseigne déjà à la maison : la tolérance, la pitié et surtout l’amour. Hélas ! Combien de jeunes se trouvent endoctrinés au point de perdre la raison.  Je ne peux pas comprendre que des jeunes soient divisés et désorientés jusqu’à ce point. Ils deviennent même des bourreaux prêts à tirer sur tout ce qui bouge et à saccager les édifices publics. Je pense réellement que notre religion est non pas ce qu’on nous dit dans les lieux de culte mais ce que nous mûrissons dans nos cœurs, source de notre bonheur personnel. Travaillons donc sur nos façons de voir, de mûrir parce qu’elles déterminent notre attitude dans nos familles ainsi que dans nos cités.

Qu’on me dise ici et concrètement quelle religion dépasse l’autre. Qu’on me dise ici quel est le chemin,  le seul et unique pour atteindre Dieu qu’on prétend connaitre. Ce qui est sûr, la barbarie, la fraude, l’immoralité et le manque d’amour  ne sont pas les sentiers du Créateur de l’univers.  En fait, j’ai grandi au creux de deux grandes religions monothéistes à savoir l’islam et le christianisme. Le premier est celui de ma mère et l’autre  de mon père. A aucun moment donné, je n’ai entendu mon paternel reproché la foi de ma mère ni elle faire l’inverse. Ils s‘aimaient et vivaient autour de leurs enfants dans une disparité de culte sans pareille. Et même après le décès de mon père en 2001, ma mère n’a pas accepté de se remarier par amour pour son feu époux. Elle s’est consacrée à l’éducation de ses enfants par amour. Une musulmane qui a nourri et éduqué ses enfants chrétiens par amour. Quelle preuve d’amour !

Prendre ses responsabilités en tout temps

S’il vous plaît, chers lecteurs et lectrices  je ne le dis pas parce que je veux remplir les pages. Bien au contraire. Je voudrais vous  faire comprendre que la religion ne doit absolument pas être source de  division entre les peuples sur le continent par l’action des jeunes. Mais plutôt un facteur de rapprochement, d’amour et de tolérance. Nous devons cultiver cette attitude positive autour de nous. Les confessions religieuses comprennent chacune des spécificités. Qu’on accepte ce que l’autre vit dans sa foi et lui qu’il fasse autant pour créer enfin une société dans laquelle chaque composante vit librement sa croyance religieuse.  Ainsi nous aurons accompli en tant que jeune, notre responsabilité première. Le plus souvent les jeunes sont mis à contribution pour des intérêts égoïstes et barbares au nom de la religion.  Le moment est venu de sortir de ces sentiers battus ou du moins des comportements qui ne favorisent nullement  les traditions africaines, gages de notre développement.

Les jeunes sont partout. Et c’est justement cette position qui fait d’eux les plus touchés par  ce phénomène d’endoctrinement religieux. Suis-je assez convainquant pour vous dissuader de faire case départ ? Je réponds non. Mais je reste convaincu que chaque jeune est sorti d’une famille. Une famille qu’il aime de tout son cœur. Une raison de plus pour se poser des questions. Des questions sur notre façon de vivre avec notre famille, nos amis nos connaissances. Cela nous permettra d’avoir la tête sur les épaules. Nous devons considérer que l’avenir de tout ce monde qui nous entoure, repose sur nous. Imaginez un instant que chaque jeune devienne  une pierre angulaire c’est-à-dire comme leader de son milieu ; nous n’aurions jamais connu  la misère et des troubles dans certaines de nos contrées.  Aimables jeunes gens, notre continent a besoin de nous au-delà de tout. Ne jamais oublier que l’amour du prochain permet de se reconnaitre en l’autre. Débordement de la joie de vivre.

Mettre  son  talent à la disposition des siens

Hélas après la religion, place à l’ethnie. S’il y a une chose qui freine dangereusement nos actions pour notre milieu, c’est bien cette étiquette ethnique. Evidemment, les partis politiques dans nos Etats s’en servent majestueusement pour assouvir leurs intérêts. L’ethnie est pourtant une richesse originale qui authentifie chacun parmi une foule de gens. Donc elle est notre identité première. Si vous ne le voyez pas très clairement, moi je le vois : nos propres richesses  et identités sont utilisées, retournées contre nous pour le triomphe d’une entité.

Mes bien aimés, voici que je cris haut et fort, la main sur le cœur pour dire stop. Nous avons fait une course de fond. Il est temps, grand temps qu’on s’arrête pour calculer le kilomètre parcouru. Calculons donc nos actions pour notre famille, notre société. Posons-nous les questions suivantes : qu’est-ce que je défends dans ma course et qu’est-ce que j’ai comme acquis pour le faire ? Ces questions nous permettent de nous réconcilier avec nous même afin de savoir qui nous sommes réellement. En tant que jeune, je sais que nous négligeons souvent ce rayon de notre vie. Nous ne partons pas à notre propre découverte. Pourtant si nous faisons cet exercice chaque jour de notre existence, nous verrons que le monde bouge grâce à nous. Nous sommes le bonheur des peuples. Mettons à l’esprit que ni la religion ni l’ethnie ne peuvent barricader notre chemin de réussite. Elles ne peuvent nullement obscurcir la lumière naturelle qui brille dans nos cœurs juvéniles. Et d’ailleurs c’est cette lumière que notre famille, notre ville entendent qu’on transmette à chacun.

Mes frères et sœurs jeunes du continent, vous qui lisez entre mes lignes, croyez-moi toutes les entités ont confiance aux jeunes  pour changer ou faire bouger les choses en leur faveur. Le temps est donc venu  de mettre  notre force à la disposition des siens.

La soif de goûter au bonheur par des initiatives concrètes

Aimables jeunes, le temps est venu pour qu’on mette en place des initiatives pour contribuer efficacement à la vie de notre société. Une façon de transmettre par nos actions, cette lumière naturelle qui nous illumine. Transmettons notre engagement dans l’amour  à tous ces gens autour  de nous à travers des causeries éducatives ainsi que des projets. Imaginez par exemple que des jeunes se mettent en panels ou en associations pour la gestion des ordures ou développer des activités agricoles, la vie serait encore agréable et le progrès en marche.

Nous devons comprendre désormais que nous avons un destin à forger par le travail. Beaucoup de jeunes restent les bras croisés sans agir. Il n’est pas tard de se lever et  d’accomplir la mission qui nous revient de droit : celle de prendre part au développement social.

Contribuer à la vie de notre milieu social, c’est contribuer à l’amélioration des centaines de vie en Afrique. Nous sommes commis donc à cette tâche. Si tous les jeunes d’une manière sincère, se mettent au travail pour leurs communautés, on n’entendra plus jamais parler de conflits armés, de rébellion, de famine  et d’épidémies ravageuses sur le continent.

Aimables jeunes africains, il ressort de tout ce qui a été développé dans ses pages qu’il nous appartient de construire notre continent à partir de notre famille, de notre ville, de notre pays.  Les gestes d’amour, de tolérance dans la sincérité autour de nous, prouvent d’emblée notre volonté de changer le quotidien de nos frères.

Aimables jeunes, il ressort également de toutes les histoires du monde notamment celles de l’Afrique que les idées de vivre un lendemain meilleur restent les mêmes.  Et c’est là que nous devons agir en tant que jeunes. La soif de gouter au bonheur est le leitmotiv de tous les peuples du monde. Pour ce qui est de notre continent, il est urgent que les jeunes que nous sommes agissent maintenant par des actions concrètes soient en panels, en associations, ou soient en organisations non gouvernementales afin de trouver rapidement des solutions à nos maux qui n’ont que trop duré. En ce moment nous pourrons oser dire très sincèrement : nous avons la paix en Afrique grâce à nous jeunes du continent. Dans l’espoir que mon message tombera dans de bonnes oreilles et en vous souhaitant plein succès dans  tous vos projets sur le continent, recevez mes salutations les plus sincères et fraternelles.

Vive l’Afrique unie !

 

 


En Guinée, la crise sociopolitique s’intensifie, les élèves terrés à la maison et les activités au ralenti

Des élèves du lycée Donka exigeant la reprise des cours. Crédit photo: Naby Elma Camara

La crise a pris une autre dimension quand plusieurs collectifs de jeunes (la plupart activistes de la société civile) et l’opposition ont battu le pavé  à Conakry ce lundi 26 février.

Ces activistes des droits de l’homme demandent le retour des élèves à l’école. Et les leaders politiques, quant à eux, veulent les « vrais résultats » des élections communales du 4 février. Dernier bilan de cette  journée « ville morte »: 4 morts et plusieurs activistes arrêtés puis relâchés, des pneus brûlés par endroit et la route barricadée, notamment l’axe Hamdallaye-Bambeto jusqu’à Kipé.

Depuis le 12 février dernier, les cours sont perturbés au secondaire quasiment sur toute l’étendue du territoire national. Le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) dirigé par Aboubacar Soumah, réclame de meilleures conditions de vie, en particulier un salaire de base de 8 millions de francs guinéens par mois.

Au lendemain du scrutin qui s’est déroulé le dimanche 4 février 2018, les résultats ont été remis en cause par  les leaders de l’opposition, conduisant à des heurts entre militants dans plusieurs communes de la capitale  ainsi qu’à l’intérieur du pays. Toute chose qui  a également maintenu les apprenants à la maison.

Selon GuinéeNews.org, le syndicaliste Aboubacar Soumah doit rencontrer le président de la République à Sékhoutouréya pour une sortie de crise. Sur le même site,  la sortie de Dr Sékou Koureissy Condé dans une interview est sans équivoque. «La crise actuelle est intra-syndicale, et non une crise gouvernementale ou politique. C’est plutôt une crise de fonctionnement. Le syndicaliste Aboubacar Soumah a été muté, suspendu, poursuivi et son salaire suspendu… Toute chose, qui n’arrangeait pas puisque ne répondant pas aux textes. Aucun texte n’autorise le gouvernement à suspendre ou à muter un syndicaliste en période d’avis ou de préavis de grève. Cela frise l’intimidation».

Pour ce directeur exécutif d’African Crisis (une agence panafricaine de médiation),  la Guinée a tendance à apporter une solution politique et même électorale à toutes les questions qui se posent. Non. C’est pourquoi, nous sommes dans l’impasse.

« A quelques minutes de la rencontre entre le SLECG et le Prof Alpha CONDE au palais Sékhoutouréya, précise le site MosaiqueGuinée.com, cette fédération syndicale semble déterminée à défendre les intérêts des enseignants guinéens contre vents et marées ».

Pour l’heure, la ville morte continue d’être observée et certaines universités publiques et privées sont restées désertes ce mardi 27 février.


Quand le thé devient un véritable cérémonial pour les jeunes en Guinée

Très  tôt, Alsény apprête les accessoires du thé auprès de son échoppe à Tompetin. Crédit photo: Hippolyte Batumbla Camara

Dans la cité aux pieds du mont Kakoulima (1 107 m), le soleil se dessine à l’horizon. La brise marine souffle en ce petit matin du 28 février 2018. Il est 7 heures 40 minutes. Il fait si frais qu’on se croirait en décembre : on resterait bien se cramponner au lit, les pieds serrés contre le ventre sous une couverture assez lourde. Le silence règne en maître sur la route principale. Quelques femmes, des bassines sur la tête, arpentent la chaussée. C’est l’heure : direction le grand marché au cœur de la ville.

Ici, nous sommes à Tompetin (un des quartiers les plus vastes de l’agglomération). Les boutiques d’alimentations générales qui longent le trottoir s’ouvrent petit à petit. C’est le moment pour Alsény Sylla, 29 ans, d’apprêter les accessoires de l’attaya (nom du thé dans le jargon des accro). La manœuvre est simple : verser le résidu des feuilles de thé de la veille dans la poubelle, rincer les verres, chercher l’eau au robinet et enfin attiser le feu.

 A tour de rôle, chacun sirote son verre de thé.

Il est 10 heures. Le soleil brûle déjà le crâne. À en croire la météo, il fait 35 degrés. Chez Alsény, qui vend de l’essence au marché noir et tient une échoppe, un coin offre la possibilité de contempler l’interminable ambiance de la route nationale numéro 3. Le visiteur à une belle vue sur le bloc administratif de la préfecture, juste après la colline.

Le ‘’Grin‘’, comme on l’appelle, se remplit. Les amateurs de thé – qui trouve son origine en Chine – s’installent. Ils sont environ une dizaine de jeunes. Le thé boue déjà à cent degrés Celsius, dans le Brada (petit récipient  en métal pour sa cuisson, ou encore théière). Un jeune traverse la chaussée et vient rejoindre ses amis. La mine froissée, quelques gouttes d’eau dégringolent sur son visage d’ado. La vingtaine, il tire une chaise et lance la salutation au groupe.

Du coup, le thé est maintenant dans une tasse. Celui qui assure sa cuisson y ajoute du sucre. C’est parti pour le mélange avec un revers de main répété. « La mousse s’obtient ainsi. Après, je goutte pour vérifier la quantité de sucre», avance Kabinet Camara 27 ans, qui tient deux tasses en main. Quelques minutes s’écoulent. A tour de rôle chacun sirote son verre de thé.

Une vraie scène de passe-temps et d’anti stress

« Nous passons la plupart du temps à prendre l’attaya ; j’aime son caractère social et l’appétit qu’il me donne», laisse entendre Alsény Sylla tenant son verre rempli de mousse. Il ajoute ensuite que son groupe et lui peuvent consommer quelques 25 grammes de thé, soit deux à trois paquets par jour.

L’astre du jour brille au-dessus des têtes. Il est Midi. Comme s’ils répondaient à une invocation du saint Coran, la quinzaine de jeunes forme une ronde sous l’ombre du palmier qui se trouve là. D’ailleurs, c’est le seul arbre du coin. L’un parle du football ; il met l’accent sur les gestes du joueur qui ont marqués le match d’hier soir. L’autre s’indigne à voix basse  du manque grandissant d’emplois dans le pays. Certains évoquent la grève des enseignants, qui retient les écoliers à la maison depuis trois semaines. Plusieurs  d’entre eux, poussent des éclats de rire, en signe d’acquiescement aux idées évoquées. Une vraie scène de passe-temps et d’anti-stress.

La chaleur du soleil pèse sur les épaules. Le débat se poursuit de plus bel. Kabinet se prépare à servir le second tour de thé dans une atmosphère de discussions tendues. Oui, chacun tire le drap de son côté. Quand ils sont à couteaux tirés, le patron du lieu, Alsény, doit séparer les deux camps qui ne s’accordent pas du tout. « C’est vrai dans les grins, l’information s’obtient facilement, mais attention aux rumeurs que beaucoup rapportent, juste pour chercher à s’exprimer », précise Oumar Sylla. Il se ventile avec sa chemise, histoire d’atténuer la chaleur de la canicule.

L’astre du jour file au gré des heures et des minutes. Il est 17 heures finalement. Le groupe se disperse. Au Grin, les accessoires du thé sont visibles, rangés dans un bol au coin du palmier.

Un motard vient de se garer. Il achète un litre d’essence. L’homme demande une tasse de thé, mais Alsény l’informe que la dose est finie. Aussitôt, il allume la moto et disparaît dans une épaisse fumée noire, avec un ronronnement de moteur qui s’amenuise sur la chaussée.