Kahofi SUY

L’épineux dossier des ex-combattants en Côte d’Ivoire

Une opération de DDR à Anyama
Une opération de DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion) à Anyama

 

Soupçonnés d’être les nouveaux braqueurs, les vrais coupeurs de route et autres bandits de grand chemin qui attaquent les domiciles, les ex-combattants n’ont plus bonne presse auprès des populations ivoiriennes. Le gouvernement ivoirien en est conscient et tente par tous les moyens de trouver une solution au problème.

Tel un boulet au pied d’un bagnard, le régime d’Alassane Ouattara traîne le lourd dossier des ex-combattants, un héritage encombrant de la crise postélectorale que le gouvernement ivoirien tente tant bien que mal de gérer. Les ex-combattants mettent de l’huile sur le feu de la réconciliation et de la reconstruction. Au total  on compte 65 000 jeunes hommes et femmes ayant appartenu aux différents groupes qui se sont battus depuis 2002. Il s’agit principalement des membres des groupes d’autodéfense, les jeunes miliciens affiliés aux Forces de défense et de sécurité (FDS pro-gbagbo) et les jeunes recrues proches de l’ancienne rébellion des Forces nouvelles fidèle à Guillaume Soro. Tous ou presque ont combattu ou revendiquent un statut de soldat susceptible d’être intégré dans l’armée. Certains après les opérations de profilage ont été intégrés aux forces en charge de la sécurité notamment au sein des FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire), de la police et de la gendarmerie.

C’est principalement à ce niveau que les frustrations naissent, car tous les ex-combattants ne peuvent intégrer l’armée ! La frustration de se savoir impuissant sans son uniforme, son arme ni même une option d’insertion pousse par moment les jeunes gens à porter leur grogne sur la place publique. Les récents évènements de Bouaké, de Daloa et de Man où les populations ont été à la limite prises en otage par des jeunes qui détiennent encore des armes sont là pour souligner la tension qui règne au sein des ex-combattants. Il faut impérativement caser ces jeunes gens d’où la création de l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (ADDR). De source officielle, ce programme de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants va coûter 92 milliards de francs Cfa (40 millions d’euros). En attendant que les programmes touchant aux projets d’autonomisation ne soient financés, 30 000 anciens soldats devraient être réinsérés d’ici la fin de décembre 2013 et 35 000 autres en 2014.

SUY Kahofi 


Le jeu vidéo célébré à l’ISTC

Les jeux vidéo, un véritable levier de créativité
Les jeux vidéo, un véritable levier de créativité

Elle pourrait bien passer inaperçu pour le commun des motels mais pour les puristes et les fins connaisseurs il est hors de question de ne pas se souvenir de cette journée. Elle, c’est bien la journée internationale du jeu vidéo que les étudiants de l’ISTC (Institut des Sciences et Techniques de la Communication) ont voulu marquer par un moment d’échange ce 25 novembre. La salle CERCOM de l’Institut a été lieu de rencontre des férus de la manette et de l’économie qui gravite autour de cette véritable industrie. Sur les origines de cette journée célébré à travers le monde Mr Gomet Arnaud, chargé de cours en communication publicitaire à l’ISTC nous explique qu’elle naît de la volonté d’un amoureux des jeux vidéos.

« Cette journée a été initié par un jeune français d’origine antillaise qui s’appelle Michael Newton. A l’image des autres journées internationales dans les autres secteurs ou discipline, il a voulu consacrer cette journée aux jeux vidéo afin qu’on puisse en faire la promotion » nous indique Mr Gomet Arnaud.

La journée internationale du jeu vidéo est un moment pour montrer l’aspect éducationnel du jeu vidéo, donner l’opportunité aux gens de le célébrer, de comprendre le fonctionnement de industrie et surtout l’importance des applications du jeu vidéo pour l’éducation, pour la science et la culture. Pour faire cadrer la célébration du jour avec toutes ces réalités, les étudiants ont décidé de réfléchir sur les origines du jeu vidéo autour d’une question fondamentale : comment les jeux vidéo sont nés des mangas ? Emmanuel Mansilla, développeur web dont le passe temps est la conception des jeux vidéo, a permis aux étudiants de remontrer dans le temps. Le développeur web a démontré que la barrière entre manga et jeu vidéo est très poreuse et que ces deux supports ludiques et didactiques s’influencent. Cet exposé accompagné de démo sur écran aura donné l’occasion aux étudiants de découvrir ou de redécouvrir le jeu vidéo dans sa conception et son développement.

Le jeu vidéo industrie, loisir et média est certainement un univers que les étudiants de l’ISTC auront à tutoyer dans l’avenir. C’est la raison pour laquelle les communicateurs de demain, qu’ils soient graphistes, infographes ou marketeurs ont pris le temps de célébrer cette journée.

SUY Kahofi


Revue de la semaine du 18 au 23 novembre 2013

Lutter contre la vie chère pour le bonheur de chaque ivoirien
Lutter contre la vie chère pour le bonheur de chaque ivoirien

Une semaine d’actualité s’achève en Côte d’Ivoire sur un air de réconciliation nationale avec la présence au palais présidentiel de Charles Konan Banny et de tous les membres de la CDVR, la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation. Sur le sujet Fraternité Matin titre : réconciliation, les recommandations de Charles Konan Banny. Selon L’Inter, l’ancien patron de la BCEAO estime que les arrestations compliquent la réconciliation nationale. Autre révélation cette fois ci à la une de L’Intelligent d’Abidjan, toujours à mettre à l’actif du président de la commission : « il y a eu des entrave à la mission de la CDVR ». Le rapport de la CDVR qui marque la fin de deux ans d’activité pousse Le Nouveau Réveil est souligné que la mission de Banny n’est ni un échec ni une réussite. Pourtant, tient à rappeler La Matinale, son travail a été bien apprécié par le président Alassane Ouattara. Le Démocrate va plus loin et barre sa une avec ce titre : « Ouattara félicite Banny ». Des félicitations également pour le Gouvernement, cette fois ci de la part des syndicats, qui cette semaine ont bien accueilli le décret portant revalorisation du smig. Bonne nouvelle pour les travailleurs, le smig passe à 60.000 f CFA barre à sa tribune Fraternité Matin. Le quotidien à capitaux publics nous indique que le gouvernement satisfait une revendication vieille de 6 ans ! Les syndicats dans l’ensemble apprécient cette revalorisation du smig car selon Le Jour plus le gouvernement donne espoir aux travailleurs. Sur le sujet Le Démocrate est à la limite jubilatoire ! Augmentation généralisée des salaires, le smig passe du simple au double, 60.000 F CFA le plus petit salaire exulte le confrère. Pour être précis sur les chiffres, rendez-vous dans les colonnes de La Matinale qui précise que l’ancien smig était de 36.607 f contre 60.000 aujourd’hui. Toujours dans l’analyse de cette décision qui transforme la vie des travailleurs, Abidjan 24 souligne que le smig dans le secteur privé augmente lui aussi. Toujours au chapitre société mais dans la rubrique cherté de la vie, c’est Jean Louis Billon le ministre du commerce et des PME qui s’est livré à un exercice vérité face aux populations lors des rendez-vous du Gouvernement. Cherté de la vie, le ministre Jean Louis Billon accuse les populations titre Soir Info. Pour Fraternité Matin il ne s’agit pas d’accusation mais de propositions. En effet dans un contexte de libéralisation des prix, il est important pour les populations de veiller à l’affichage et faire le bon choix quand, selon Le Nouveau Réveil, on sait que la Côte d’Ivoire reste pour le moment un pays où tout semble cher. L’Inter estime donc que pour une amélioration du commerce intérieur Billon propose ses solutions.


Côte d’Ivoire : journalistes décédés ou assassinés ?

Maître Affoussiata Bamba Lamine le ministre de la communication
Maître Affoussiata Bamba Lamine, ministre de la Communication

Mort naturelle ou assassinat déguisé ? Les journalistes et les populations ivoiriennes continuent de se poser des questions. En effet au pays d’Alassane Ouattara le mois de novembre 2013 semble être un mois triste pour les journalistes, deux d’entre eux ont déjà trouvé la mort dans des conditions plutôt troubles.

Près d’une semaine après le décès du journaliste Désiré Oué, rédacteur en chef à Tomorrow Magazine, abattu de 4 balles en pleine poitrine, et 24 heures après l’enlèvement du Dieusmonde Tadé, journaliste au quotidien Le Nouveau Réveil par des inconnus ; maître Affoussiata Bamba Lamine la ministre de la Communication est montée au créneau pour dénoncer le comportement de certains journalistes.

Le ministère de la Communication constate que certains organes de presse tirent des conclusions hâtives de ces situations malheureuses, alors qu’aucune enquête en l’état actuel de la procédure ne permet de donner l’identité, encore moins les motivations des auteurs. Le ministère de la Communication invite les journalistes à rester fidèles aux faits, comme le recommande la déontologie de leur métier, et à ne point se substituer à la police, bien qu’ils aient le droit d’exprimer leur solidarité à leurs confrères.

Ces deux faits interviennent après la mort dans des conditions plutôt troubles d’un autre journaliste du quotidien Le Démocrate le 6 novembre dernier. Le corps de Atta Yao Bini Thomas a été retrouvé sans vie dans la lagune à Marcory-Anoumambo. Deux morts suspectes et un enlèvement sont forcément des actes qui suscitent des interrogations dans un pays où le mot liberté d’expression semble ne pas avoir la même définition pour le pouvoir, l’opposition et les professionnels des médias.

Pour les quotidiens proches de l’opposition qui tire à boulets rouges sur le régime des houphouétistes, ces morts de journalistes ne sont en réalité que des assassinats ciblés de confrères ayant la langue trop pendue pour se taire face aux dérives autoritaires du président Alassane Ouattara et ses proches. Le gouvernement de son côté rassure, et affirme que la protection des journalistes et autres professionnels des médias reste une priorité.

SUY Kahofi


La contrefaçon, un danger pour les Ivoiriens !

Destruction de produits contrefaits par les Douanes Ivoiriennes
Destruction de produits contrefaits par les douanes ivoiriennes

« L’impact du non-respect de la propriété intellectuelle sur la santé publique et l’économie » c’est autour de ce thème que le think tank Ivoirien Audace Institut Afrique (AIA) a réuni ce 12 novembre les consommateurs, les experts et les industriels pour parler de la contrefaçon et de la protection de la propriété intellectuelle. L’immeuble Carbone sis Abidjan-Cocody a servi de cadre à ce séminaire de 24 heures ponctué par des exposés.

Ce séminaire trouve tout son sens dans le contexte ivoirien car après 10 ans de crise, le pays a perdu en grande partie ses moyens de lutte contre la fraude et la contrefaçon. Une situation qui a fait du pays un véritable dépotoir de produits d’origines douteuses ! Alimentation, industrie, produits pharmaceutiques et cosmétiques, textiles et boissons, aucun secteur n’échappe au fléau de la contrefaçon. Un fléau qui représente donc un véritable danger pour l’économie ivoirienne, la liberté d’entreprendre et la propriété intellectuelle.

« A la base de liberté, il y a la propriété et la propriété intellectuelle est une part importante du droit de propriété. Ce droit à la propriété intellectuelle a du mal à être respecté partout dans le monde, mais particulièrement en Afrique. Il y a beaucoup de contrefaçons qui sont dangereuses pour les populations, un véritable problème de santé publique avec des gens qui tombent malades, qui meurent, qui souffrent et il y a également un aspect économique » nous explique Gisèle Dutheuil, directrice d’Audace Institut Afrique.

Sur le volet économique, il est important de noter que la contrefaçon fait perdre à l’économie ivoirienne plusieurs milliards de F Cfa par an à cause des fraudes douanières, mais aussi de nombreux emplois à cause de la concurrence déloyale imposée aux entreprises légalement constituées. Au-delà, un produit contrefait menace directement la santé du consommateur d’où la nécessité pour les autorités ivoiriennes de s’engager pour freiner le fléau.

« Notre souhait en temps qu’industriels, c’est que les autorités prennent des décisions fortes et rigoureuses pour amener les contrefacteurs à arrêter leurs activités. Il faut des sanctions plus prononcées pour que ces personnes arrêtent ces activités illégales qui pénalisent l’économie, mais qui sont des sources de problèmes pour les populations » plaide Anicet Papouet Kpalou, coordinateur Afrique de l’Ouest d’Unilever chargé de la sécurité et de la protection des marques.

Il est vrai que les autorités au plan national ont un rôle important à jouer au plan des législations et de la répression, mais il est capital pour les acteurs économiques de s’engager ensemble pour sensibiliser les populations. Les consommateurs doivent être mieux informés sur les produits qu’ils achètent au quotidien et les personnes les mieux placées pour mener cette sensibilisation sont les industriels eux-mêmes.

« Chaque acteur dans le processus de lutte contre la contrefaçon et le respect de la propriété intellectuelle à sa part de responsabilité. Il y a les mesures qui sont du domaine des pouvoirs publics mais aussi celles qui sont du domaine des opérateurs économiques. La sensibilisation fait donc partie des mesures que les industriels peuvent promouvoir pour protéger le consommateur car qui mieux que le producteur d’un bien pour informer le consommateur ? Il faut donc sensibiliser à la base les Ivoiriens sur les dangers liés à la consommation des produits contrefaits » soutient Denis Bohoussou, directeur général de l’Office ivoirien de la propriété intellectuelle (OIPI).

Les 24 heures d’échange sur la propriété intellectuelle et la contrefaçon ont été marqués par quatre principales communications. « Le cadre normatif de la propriété intellectuelle » et « la propriété intellectuelle et santé publique » animée en matinée. L’après-midi deux autres sous-thèmes ont meublé les échanges. Il s’agit de « Propriété intellectuelle : outil de développement économique » et « Défis de la protection de la propriété intellectuelle ».


Le corps enseignant à l’école des droits de l’homme

EIP-CI aide au renforcement des capacités du corps enseignant
EIP-CI aide au renforcement des capacités du corps enseignant

L’ONG Ecole Instrument de la Paix section Côte d’Ivoire (EIP-CI) entend apporter son soutien à la vulgarisation des droits de l’homme et de la citoyenneté en milieu scolaire. C’est ce qui motive l’organisation d’un séminaire de formation à l’intention du corps enseignant les 12, 13 et 14 novembre au Camp PC de l’Université de Cocody. 20 enseignants et représentants de 4 écoles primaires et secondaires de deux communes d’Abidjan participent à ce séminaire dont le support didactique est « Le Guide de l’Education aux Droits de l’Homme » édité par EIP-CI.

Ce guide dont la rédaction s’est faite avec l’appui du Canton de Genève (Suisse) est un ouvrage pratique sur les textes clés relatifs à la promotion et à la protection des droits de l’homme. Pour Yves Nicolet, conseiller politique de l’Ambassade de Suisse en Côte d’Ivoire, « l’action du Canton de Genève auprès de EIP-CI s’inscrit dans la longue tradition suisse de promotion des droits de l’homme » qui se matérialise par la présence sur le territoire helvétique du siège d’importantes organisations œuvrant dans la protection de la dignité humaine.

Lors de cérémonie officielle marquant l’ouverture des travaux, Soho Marie Gisèle, secrétaire général de EIP-CI a tenu à remercier les autorités suisses pour l’appui apporté à la Côte d’Ivoire dans la promotion des droits de l’homme par le canal de EIP-CI. Des remerciements qu’elle a également adressés à deux autres partenaires que sont les ministères de l’éducation nationale et celui des droits de l’homme et des libertés publiques. Elle n’a pas manqué de saluer l’intérêt que les enseignants apportent à ce séminaire qui leur permettra d’accroître leur capacité de compréhension des questions liées aux droits de l’homme.

L’Education aux Droits de l’Homme et à la Citoyenneté (EDHC) est une discipline nouvelle dans le curricula de formation des élèves ivoiriens. Aussi il est important d’outiller les enseignants afin qu’ils puissent mieux instruire les apprenants. L’initiative d’EIP-CI est donc à saluer estime pour sa part Nianmessou Benoît coordonnateur national disciplinaire de l’EDHC au ministère de l’éducation nationale. Enseigner les droits de l’homme aux élèves et étudiants, les réarmer moralement au niveau des valeurs afin de faire d’eux des citoyens utiles à leur pays dans le futur, une initiative du Gouvernement Ivoirien qui découle de la volonté des Nations Unies d’instaurer une décennie des droits de l’homme.

SUY Kahofi


Côte d’Ivoire : ces militaires qui parlent un peu trop…aux journalistes !

Ange Kessi Kouamé, procureur militaire d’Abidjan
Ange Kessi Kouamé, procureur militaire d’Abidjan

En Côte d’Ivoire on a coutume de dire que l’armée est la «grande muette» parce que sa gestion de l’information est foncièrement différente de celle de nombreuses autres entités. Malheureusement, si l’armée ivoirienne revendique cette tradition et ce devoir, certains de ses éléments l’oublient bien trop souvent !

Il est aisé de voir des commandants de l’armée ivoirienne, principalement des ex-com zone, s’étaler à la Une de nombreux quotidiens ivoiriens. Certains ont même fait la Une de magazines people ! Ces derniers ne se gênent pas pour se prononcer sur l’actualité sociopolitique du pays, plus grave de donner des informations relatives à des opérations militaires sans le consentement de leur hiérarchie.

Ces sorties médiatiques créent le lit d’une cacophonie dans la compréhension des questions liées à la sécurité des Ivoiriens. Entre le point de vue de ces militaires qui s’étale dans la presse et la position officielle de l’armée, qui doit-on croire finalement ? C’est pour éviter ces contradictions que le procureur militaire est monté au créneau pour mettre en garde les journalistes et les militaires qui s’adonnent à ce jeu d’interviews en dehors des codes des procédures militaires. Les rapports médias – armée sont régis par des règles clairement définies par la loi, dispositions que se fait fort de rappeler Ange Kessi Kouamé le procureur du tribunal militaire d’Abidjan.

« Le militaire ne doit pas parler aux journalistes s’il n’a pas l’accord de son chef. Et qui est le chef ? C’est la plus haute hiérarchie c’est-à-dire le ministre de la Défense, le chef d’état-major ou le commandant supérieur en ce qui concerne la gendarmerie. Voici donc les trois autorités habilitées à donner l’autorisation à un militaire quel que soit son grade à s’exprimer devant la presse ».

Tout militaire qui sort de ce sentier clairement balisé s’expose à des poursuites judiciaires ! Contrairement aux idées reçues, les relations entre la grande famille des journalistes et l’armée sont bonnes. La décision d’interdire les sorties médiatiques des militaires n’est pas une action pour museler la presse, mais plutôt pour rendre saine et légale toute interview, statistique ou information qu’un militaire peut donner aux journalistes. Les poursuites judiciaires soulignées plus haut sont aussi bien valables pour les civils (journalistes) que les militaires. Il est donc important pour les hommes de médias de se référer à la hiérarchie militaire avant tout contact avec un officier ou sous- officier quelque soit son rang.

« Il faut que nos journalistes arrêtent de tendre le micro sans autorisation aux militaires, qu’ils soient professionnels et qu’ils regardent de temps en temps le code pénal, de temps en temps le droit et qu’ils s’acquittent du devoir de se former » insiste le procureur du tribunal militaire d’Abidjan.

Et pour faciliter la compréhension média – armée, le procureur militaire d’Abidjan annonce l’organisation très prochaine de cadre d’échange pour mieux instruire les journalistes sur la communication militaire.

SUY Kahofi


URPCI : un nouveau mandat pour le président Karamoko Bamba

Karamoko Bamba reconduit à la tête de l'URPCI
Karamoko Bamba reconduit à la tête de l’URPCI

C’est dans une belle ambiance de retrouvailles que l’URPCI a organisé ce samedi 09 novembre son assemblée générale visant à renouveler ses instances dirigeantes.

Avec plus de 120 radios membres et le millier d’acteurs actifs passé, on peut sans risque de se tromper dire l’URPCI est la faitière de média la plus importante de Côte d’Ivoire. Cette organisation qui a pion sur rue dans le pays à cause de sa force d’action de proximité a renouvelé ses instances dirigeantes au cours d’une Assemblée Général qui a regroupé 116 radios.

Autour du thème « la contribution des radios de proximité à la promotion et à la protection des droits l’homme« , les membres de l’URPCI ont longuement réfléchi sur leur contribution à la construction d’une Côte d’Ivoire nouvelle. Au cours de ses assises de 24 heures il a été également question de faire le bilan de l’action de la faitière. Les activités de reconstruction post-crise des radios ont principalement été à l’ordre du jour. Dans l’ensemble l’URPCI a pu capter des fonds qui ont permis l’équipement des stations soit en émetteurs, en ordinateurs, en mixeurs et enregistreurs ou tout autre élément susceptible d’aider les radios, pour certaines totalement détruite à donner de nouveau de la voix. L’organisation solidement installée et proche des populations par le canal des radios de proximité bénéficie aujourd’hui de la confiance d’institutions comme l’UNICEF, l’ONUCI, la CDVR ou encore l’Ambassade des Etats Unis.

Le bilan moral présenté par l’équipe sortante a visiblement satisfait l’assemblée et cela s’est ressenti lors du vote du nouveau président. Karamoko Bamba le président sortant a été reconduit à la tête de l’organisation pour un troisième mandat qu’il place sous le signe de la consolidation des acquis. Yao Bruce Kadio de radio Attécoubé est quant à lui nommé PCA de l’URPCI. Une belle ambiance de retrouvailles a prévalue lors de cette assemblée générale, signe de l’unité au sein de la faitière.

« Je retiens de cette assemblée générale que l’URPCI est une organisation forte qui une fois encore a démontré son esprit d’attachement aux valeurs démocratiques. La réélection du président Bamba est la preuve que nous sommes satisfaits de son bilan et qu’il a su maintenir l’unité au sein de la famille des radios de proximité » se réjouit Konan Kan Christian, gestionnaire de Radio Elite.

Bien que les acquis de l’URPCI soient importants, il plus que juste de noter que les défis avenir seront aussi importants. En effet il s’agit pour la nouvelle équipe dirigeante de doter l’organisation d’un siège appartenant à son patrimoine, mener la lutte pour la régularisation des radios crées pendant la crise de 2002 ou encore intégrer la commission d’attribution de la carte professionnelle. Au-delà il s’agira aussi et surtout d’agir pour la levée du décret sur la redevance annoncée de 3 millions f CFA imputable à chaque radio de proximité. Sur ce dernier point, le président Karamoko Bamba se veut claire, une série d’action seront menées pour faire comprendre aux autorités compétentes qu’une telle disposition « tuerait » à la limite les radios.


Le GOG 16 pour parler d’énergie

Promouvoir plus de projet pour une auto-suffisance énergétique de l’Afrique
Promouvoir plus de projet pour une auto-suffisance énergétique de l’Afrique

Le Ministère du Pétrole et de l’Energie de Côte d’Ivoire, la PETROCI et l’Union Internationale du Gaz s’unissent pour la réussite de la 16ème édition de la conférence du Golfe de Guinée sur le pétrole et le gaz (GOG16) organisée par le Groupe CWC à Abidjan, du 6 au 8 novembre 2013.

Comptant parmi les plateformes les plus anciennes et les plus réputées centrées sur le secteur énergétique ouest-africain,  le 16ème GOG regroupe plusieurs experts qui réfléchissent sur l’auto-suffisance énergétique de l’Afrique. L’accès à l’énergie pour tous et à moindre coût avec le Gaz comme solution, les experts du continent veulent croire en cette politique et c’est ce qui motive la conférence d’Abidjan. L’accès à l’énergie demeure la condition première du développement des activités économiques et si l’Afrique semble disposer de grandes quantités de matières premières capables de soutenir sa politique énergétique, elle demeure largement déficitaire sur le plan de la production.

Pour combler ce déficit, il faut donc des projets trans-nationaux de grandes envergures comme ceux impulsés par la CEDEAO pour l’Afrique de l’ouest. « L’Objectif principal est d’amener le gaz du Nigéria vers le Togo, le Bénin et le Ghana pour permettre une production de l’électricité à moindre coût » indique Dabiré Bayornibè, expert en politique énergétique. Ce projet a été initié depuis des décennies mais la phase réelle des constructions des pipe-lines débuté en 2005 s’est heurté à un certains nombre de difficultés. Cela n’a pas empêché la l’exécution du projet si bien qu’en 2009 des essaies de marche industrielles ont été effectué pour aboutir depuis 2011 à une phase d’exploitation.

Au-delà de ces projets à des échelles sous-régionales, les Etats Africains doivent accepter d’entreprendre des réformes institutionnelles en profondeurs qui garantirons une promotion des politiques d’énergie propres, des prix stables et surtout accessibles aux couches les plus défavorisées.


La Côte d’Ivoire pays le plus corrompu de l’UEMOA

Corruption : la Côte d’Ivoire, mouton noir de l’UEMOA
Corruption : la Côte d’Ivoire, mouton noir de l’UEMOA

La bonne gouvernance semble ne pas être la tasse de thé des nouvelles autorités Ivoiriennes. Cette expression que le Sieur Alassane Ouattara et ses sbires chantent en cœur dans chacun de leur discours est bien loin d’être une réalité. La corruption gangrène encore et toujours le système socio-économique Ivoirien et les preuves qui le montrent parlent d’elles-mêmes. En effet selon l’indicateur Mo Ibrahim de l’année 2012, l’administration publique ivoirienne est classée parmi les administrations les plus corrompues en Afrique et caracole en tête du classement dans l’espace UEMOA ! Une véritable contradiction d’avec le discours officiel du Chef de l’Etat qui « prétend » lutter contre la corruption.

La Fondation Mo Ibrahim consolide et diffuse chaque année des données sur la bonne gouvernance en Afrique. L’Institution tient compte de plusieurs critères pour évaluer chaque pays. Ainsi avec un score de 28,6 points sur un total de 100, l’administration ivoirienne occupe au plan national, le 32ème rang sur 52 pays classés. Dans l’espace CEDEAO, l’administration Ivoirienne occupe la 11ème place sur les 15 pays concernés et a réalisé un score de 28,6. Dans l’espace UEMOA, l’administration publique a obtenu 28,6 et occupe l’avant dernière place sur 8 pays en lice ! Ce classement n’est pas un constat isolé : d’autres organisations et non des moindre dressent le même bilan au sujet de la corruption en Côte d’Ivoire. Nous citerons à titre indicatif l’ONG Transparency International. Les indicateurs de l’ONG sur la corruption en Côte d’Ivoire sont alarmants. Le pays occupe le 130ème rang sur 176 pays classés dans le monde. Dans l’espace CEDEAO, l’indicateur de Transparency classe la Côte d’Ivoire 12ème sur 15 États avec un total de points de 29 sur 100. Dans l’espace UEMOA, la Côte d’Ivoire est le pays le plus corrompu selon la même étude avec 29 points et un rang déshonorable 8ème sur 8 pays.

Ce triste constat interpelle chaque Ivoirien et en premier le Chef de l’Etat qui dans sa politique de normalisation de la vie publique a décidé de mettre sur pied des structures de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance. Nous citerons le Secrétariat National à la Gouvernance et au Renforcement des Capacités (SNGRC) qui a lancé une campagne de sensibilisation sur les méfaits de la corruption. Celle-ci se matérialise par une campagne d’affichage et des spots diffusés en boucle à télé et à la radio. Visiblement il faut plus pour déraciner un mal qui gangrène le pays depuis plusieurs années et qui s’est accentué avec les dix (10) ans de crise que le pays. Corrompus et corrupteurs doivent comprendre qu’ils font du mal à leur propre pays et contribue à éloigner les potentiels investisseurs d’un système qu’on sait désormais miné par la corruption. L’heure est aussi venue d’appliquer les textes de loi qui pénalisent la corruption en Côte d’Ivoire et ce sans tenir compte du grade, du rang, de la distinction ou du corps auquel appartient « le hors la loi ». La lutte contre la corruption ne doit pas être une histoire de discours politiquement orientés mais plutôt d’actions de sensibilisation doublée d’une forte volonté judiciaire.


SANTE : la Côte d’Ivoire lance une nouvelle campagne contre la poliomyélite

Les familles de plus en plus réceptives au vaccin contre la polio
Les familles de plus en plus réceptives au vaccin contre la polio

Une nouvelle campagne de vaccination contre la poliomyélite en Côte d’Ivoire vient d’être lancée. Celle-ci se déroulera du 25 au 28 octobre 2013 sur toute l’étendue du territoire nationale. Elle vise comme chaque année les enfants de 0 à 5 ans qui demeure la cible première du virus à travers le monde.

Depuis la fin de la crise post-électorale, la Côte d’Ivoire a enregistré des résultats très encourageants dans ses programmes de lutte contre la polio. En effet sur les dernières campagnes le pays a pu réaliser un taux de vaccination supérieur à 90% soit un peu plus de 600.000 enfants qui ont reçu les deux goûtes du vaccin oral en 2012. Des chiffres qui sont à mettre à l’actif de tous les partenaires du système de santé en commençant par le Ministère de la Santé Publique et tous les acteurs de la chaîne de vaccination. Il s’agit entre autre des vaccinateurs, des superviseurs et des enquêteurs qui veillent à ce que chaque enfant puisse recevoir le vaccin. Cet engagement de tous les acteurs dans la chaîne de vaccination est un élément important dans le processus d’éradication de la polio, un défi qui s’inscrit au compteur des OMD, les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

« L’engagement de tous les acteurs dans la lutte contre la polio est l’un des gages clés pour réussir l’objectif de l’éradication. Il faut que chaque famille, chaque leader communautaire ou religieux comprenne que la polio demeure une menace pour les enfants et qu’il faut s’engager ensemble pour le vaincre » soutien Sarah Crowe, porte-parole de l’UNICEF à New York.

Sur le terrain il est important de noter que malgré la persistance des préjugés de nombreuses familles accueillent de plus en plus positivement le vaccin contre la polio. Ce changement de comportement est le fruit de la sensibilisation des agents vaccinateurs qui malgré les frustrations et une certaine hostilité par endroit refusent de baisser les bras. Dans chaque foyer, ils informent les parents sur la nécessité de vacciner leurs enfants pour les protéger des paralysies liées à ce mal.

« Je félicite les mères de familles qui nous accueillent bien lorsque nous arrivons avec nos thermos pour vacciner leurs enfants. C’est encourageant d’entendre les mamans nous interpeller lorsque nous écumons rue. Certaines nous disent « venez vacciner mon enfant » ou encore « ma voisine cherche des agents vaccinateurs« . Ceci est le symbole que notre message a eu un impact auprès des Ivoiriens » nous explique Eric K. un agent vaccinateur.

Bien sûr tout n’est pas aussi facile pour les agents vaccinateurs : il y a encore hélas des personnes qui s’opposent à la vaccination. Ces refus occasionnent l’intervention des chefs d’équipe puis des superviseurs et le cas échéant des agents des forces de l’ordre (police) ! Les agents vaccinateurs n’hésitent plus à faire appelle aux hommes en uniforme pour « convaincre » les récalcitrants du bienfondé de la vaccination. L’objectif n’est en rien l’intimidation mais plutôt cette volonté de faire comprendre à chaque citoyen que la Côte d’Ivoire ne doit pas être à l’avenir une Nation faite de paralytiques.

Si la campagne s’étend sur quatre (4) jours, il est important de noter que les opérations de monitoring et d’enquête terrain s’étendront jusqu’au 30 octobre 2013. L’objectif de ce monitoring est de transmettre aux partenaires via le Ministère de la Santé Publique des données fiables sur les campagnes de vaccination. Les agents commis au monitoring s’assureront que le marquage à la craie a été bien effectué à l’entrée des domiciles et qu’aucun enfant n’a été oublié.

SUY Kahofi


Revue de la semaine du 07 au 12 octobre 2013

Koffi Annan impressionné par les efforts de la Côte d'Ivoire
Koffi Annan impressionné par les efforts de la Côte d’Ivoire

Une délégation de l’organisation The Elders porté sur les fonds baptismaux par Nelson Mandela a séjourné en Côte d’Ivoire cette semaine dans le cadre d’une mission d’observation du processus de réconciliation nationale. Dirigée par Koffi Annan l’ancien patron de l’ONU, la délégation a eu un tête à tête avec le Président Alassane Ouattara mais aussi avec l’opposition principalement le chef du FPI Pascal Affi N’Guessan nous indique L’Intelligent d’Abidjan. Processus de réconciliation national en Côte d’Ivoire, Annan pour des compromis nécessaires barre en manchette Fraternité Matin et Le Démocrate dans la même veine soutient qu’il s’agit d’un message fort de Koffi Annan pour la Côte d’Ivoire. L’ancien secrétaire général de l’ONU pour la Côte d’Ivoire a qui Alassane Ouattara a déclaré et je cite Le Patriote : « nous voulons bénéficier de vos conseils ». La réponse à cette requête est à lire chez nos confrères de L’Expression quand contre toute attente c’est Koffi Annan qui se dit impressionné par les avancées de la Côte d’Ivoire. Morceau choisi : « Economie, sécurité et réconciliation…je suis impressionné par Ouattara ». La Matinale à la limite jubilatoire soutien que Ouattara reçoit le satisfecit de Koffi Annan. La réconciliation sans la justice est-elle possible ? En tout cas Koffi Annan s’est prononcé au terme de sa visite sur le dossier le procureur de la CPI contre Laurent Gbagbo. L’intelligent d’Abidjan relaie ces propos prêtés à Annan : « Si la CPI décide que Gbagbo n’est pas coupable… » que doit-elle faire ? Le temps complète la phrase en soulignant « …que si Gbagbo n’est pas coupable qu’on le libère ». Pour Pascal Affi N’guessan il ne doit plus y avoir de spéculations sur le cas Gbagbo, il doit être libéré martèle l’homme à la une du quotidien Le Nouveau Courrier. Tous ces appels à la libération de Laurent Gbagbo cadrent-ils avec la réalité de la justice internationale ? En tout cas Soir Info nous invite à titrer nos propres conclusions sur le cas Gbagbo avec tout le film de l’audience de Laurent Gbagbo le 09 octobre. Pourquoi Gbagbo n’a pas été libéré ce fameux mercredi de l’espoir s’interroge L’Inter pendant que Le Temps note que la question de la liberté provisoire est à l’étude et que le verdict est attendu le 11 novembre 2013. Le Nouveau Courrier qui s’attarde également sur la question de la liberté provisoire du l’ancien président Laurent Gbagbo propose trois schéma qui sont à l’étude et s’étale sur ce qui peut se passer avant le 11 novembre. D’ici là, L’Intelligent d’Abidjan se fait fort d’exposer les fuites qui ont empêché la libération de Gbagbo le 09 octobre.

A la semaine prochaine !


La Côte d’Ivoire en quête d’une véritable liberté économique

La Côte d’Ivoire peut-elle assainir son système économique ?
La Côte d’Ivoire peut-elle assainir son système économique ?

Audace Institut Afrique (AIA), la Fondation Atlas et Fraser Institute ont organisé ce mercredi 09 Octobre 2013 à Abidjan un forum dédié à la liberté économique en Côte d’Ivoire. Au cours de ce forum les participants ont touché du doigt les tares qui empêchent la Côte d’Ivoire d’être une destination sûre pour les investisseurs.

Il ressort de l’audit 2012 de la liberté économique des chiffres qui traduisent les efforts supplémentaires que la Côte d’Ivoire doit entreprendre pour rassurer les investisseurs et garantir à chaque citoyen un climat des affaires sain. En effet sur les 152 pays indexés par l’étude de Fraser Institute, la Côte d’Ivoire occupe la 129ème place avec un score cumulé de 5,76. De façon plus détaillée la Côte d’Ivoire obtient 6,45 sur 10 concernant l’indice relatif à la taille de l’Etat, 6,56 pour l’indice d’une monnaie saine, 6,25 pour la liberté du commerce international et 2,95 pour son système juridique.

Ces chiffres démontrent que globalement les fondations de la liberté économique sont fragiles dans le pays et que les droits de propriété sont mal protégés. L’environnement des affaires reste hostile avec une corruption importante ce qui freine l’entreprenariat. Malgré les efforts du Gouvernement il est encore difficile et surtout coûteux d’exploiter une entreprise en Côte d’Ivoire dans le cadre économique formel. Cette situation explique en grande partie la précarité des emplois et surtout le taux de chômage important dans le pays surtout celui qui touche les jeunes. Emmanuel Martin responsable de Libre Afrique, le projet francophone de la Fondation Atlas et Directeur de l’Institute for Economic Studies – Europe estime que tous les thèmes qui concourent à l’assouplissement de la réglementation des affaires méritent d’être améliorés. Il faut entre autre abandonner le contrôle drastique des prix, réduire et simplifier les formalités administratives, trouver une solution à la corruption ambiante par une police et une justice de qualité enfin simplifier la fiscalité intérieure et élargir l’assiette fiscale. Tous ces chantiers importants ne sont pas seulement l’affaire du Gouvernement Ivoirien d’où l’appel de Gisèle Dutheuil la Directrice d’Audace Institut Afrique à un engagement de chaque citoyen Ivoirien dans la promotion de la liberté économique.

La plus mauvaise note de la Côte d’Ivoire se situe au niveau de son système juridique. Le pays obtient 2,95 sur 10 soit un chiffre largement en dessous de la moyenne d’Afrique subsaharienne et mondial. Un chiffre inquiétant que François KOMOIN, le président du Tribunal de Commerce et du Centre International de Développement du Droit (CIDD) veut voir très vite changer. Pour y arriver il faut un engagement des pouvoirs publics, des hommes de loi et de chaque Ivoirien. Il y a va de la notoriété et de la réputation du pays dans un contexte marqué par une globalisation de l’économie.


Un ancien-(nouveau) Président à la tête du PDCI

Henri Konan Bédié, le vieux-jeune reste à la barre du navire !
Henri Konan Bédié, le vieux-jeune reste à la barre du navire !

C’était l’évènement politique de ce week-end en Côte d’Ivoire. Le 12ème congrès du PDCI a bien eu lieu au Palais des Sports de Treichville et a permis aux trois candidats en lice pour la présidence du parti de se départager.

La soirée électorale devant désigner le nouveau président du PDCI-RDA, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire aura bien été longue. Prévue pour débuter à 21 heures, c’est finalement à 3 heures du matin que les 150 urnes positionnées pour l’élection ont commencé à recevoir les premiers votants. Plus de 3.500 personnes participaient à cette opération de vote qui devait permettre de départager trois hommes. Kouadio Konan Bertin dit KKB le bouillonnant président de la JPDCI et Alphonse Djédjé Mady le secrétaire général du parti doyen sont venus titiller le patriarche Henri Konan Bédié qui grâce à des amendements soigneusement apportés aux textes régissant le parti à pu se présenter malgré sa limite d’âge. Malgré de fortes contestations et un congrès sous fond de tension, c’est en toute civilité que les membres du plus vieux parti de Côte d’Ivoire sont allés choisir leur nouveau leader. Au terme du dépouillement ce dimanche 06 octobre matin, les résultats sont venus confirmer tous les pronostics des partisans d’Henri Konan Bédié qui avaient annoncé un plébiscite. Henri Konan Bédié se taille la part du lion dans l’électorat avec un peu plus de 3480 voies soit 93% des suffrages exprimés contre 123 voies pour Alphonse Djédjé Mady et 115 voies pour KKB. Malgré la belle cérémonie de clôture du congrès des inquiétudes persistent. Que sera le PDCI après ce 12ème vu que les sillons de méfiance sont désormais profonds et que des clans politiques sont clairement identifiés ? KKB restera-t-il président des jeunes ou Alphonse Djédjé Mady à son poste de secrétaire général ? Le PDCI enregistrera-t-il des défections avant 2015 ? Autant de préoccupations et d’inquiétudes qui resteront sans réponse tant que de nouvelles orientations n’auront pas été données au parti par son ancien-nouveau président Henri Konan Bédié.


La Poste de Côte d’Ivoire en mode E-commerce

Sanli Shop vient repositionner la Côte d'Ivoire dans l'espace du e-commerce
Sanli Shop vient repositionner la Côte d’Ivoire dans l’espace du e-commerce

La montée en puissance de la cyber-criminalité en Côte d’Ivoire oblige de nombreux prestataires de e-commerce à l’image de Paypal à refuser l’accès de leur plate-forme aux Ivoiriens. Pour le Gouvernement de Côte d’Ivoire, il s’agit d’un manque à gagner pour l’économie d’où la nécessité de lancer « un produit concurrentiel » made in Côte d’Ivoire.

Sanli Shop, c’est le nom de la nouvelle plate-forme de E-commerce 100% Ivoirienne lancée par La Poste de Côte d’Ivoire ; un outil qui vient répondre aux difficultés des Ivoiriens dans le commerce électronique au plan national et voir international. Sanli est une expression malinké qui traduit l’acte d’acheter et shop désigne la boutique (anglais). Sur le bienfondé de Sanli Shop et son mode de fonctionnement Issac Gnamba-YAO directeur général adjoint de La Poste de Côte d’Ivoire soutient que son entreprise veut se positionner dans l’industrie du e-commerce spécifiquement pour réveiller des activités traditionnelles qui sont l’acheminement des colis et paquets.

« Les volumes de lettres sont en pleine chute pendant que les volumes de colis et paquets sont en train de monter à cause du e-commerce. Le principe de Sanli Shop c’est de permettre à des boutiques, donc à des marchands de proposer leurs produits aux internautes et la Poste s’occupera d’adresser des solutions aux problématiques de paiement en ligne et d’acheminement des colis et paquets pour des livraisons à domiciles ou des livraisons à l’international » nous explique Issac Gnamba-YAO.

Etre à la mode des Technologies de l’Information et de la Communication dans un contexte de globalisation est une chose mais adapter les outils numériques aux réalités du développement économique d’un pays demeure une autre paire de manche. Partant de ce constat il est important de se poser une question : Sanli Shop existe mais répond-t-il aux besoins des consommateurs Ivoiriens ? Pour Monsieur Issac Gnamba-YAO la réponse à cette question est Oui car de nombreux sites sont en ligne mais il n’en existe aucun qui offre la possibilité de commander, de payer et de se faire livrer.

« Je pense que Sanli Shop vient se positionner comme un des leaders de cette activité pour permettre aux populations de rester à leurs bureaux, dans leurs chambres ou à leurs domiciles pour commander un produit et se faire livrer à l’adresse indiquée » soutient le directeur général adjoint de La Poste de Côte d’Ivoire.

De façon pratique tous les achats via Sanli Shop se feront grâce à des systèmes de e-money existant. Nous citerons entre autre Orange Money, MTN Mobil Money, Western Union en plus des cartes VISA et Master Card.


Revue de la semaine Ivoirienne du 23 au 28 septembre 2013

L’homme aux solutions aux pupitre de l’ONU
L’homme aux solutions au pupitre de l’ONU

La semaine d’actualité en Côte d’Ivoire a été marquée par la présence du président Ivoirien à New York. Son discours à la tribune de l’ONU à l’occasion de la 68ème Assemblée Générale de l’Organisation est un plaidoyer en faveur de l’Afrique croit savoir Le Démocrate. Selon Fraternité Matin le chef de l’Etat Ivoirien à la tribune de l’ONU ce 25 septembre a indiqué les grandes lignes des défis futurs, les grands enjeux de demain. Le Président Ivoirien profite même de l’opportunité qui lui est offerte pour faire un point sur les OMD et affirme que de nombreux pays africains sont en retard et seront en retard par rapport à l’échéance fixée rapporte L’Intelligent d’Abidjan. Pendant qu’il prêche l’unité et la paix à New York les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire attendent Alassane Ouattara. La colère monte dans le camp des ex-combattants selon L’Inter et la raison est le non-transfèrement de Simone Gbagbo à la CPI. Il s’agit pour les ex-combattants d’un acte de haute trahison car comme le père Gbagbo, la mère du régime mérite amplement une cellule VIP en Hollande. Toujours la colère, cette fois ci dans le camp des magistrats et des dozo nous indique en cœur Soir Info et L’Inter, le dernier confrère cité nous indiquant que la Côte d’Ivoire à beaucoup à craindre de cette confrérie que certains qualifient de milice pro-ouattara. Un autre problème qui menace aussi le pays, c’est la malnutrition qui sévit au nord selon un rapport des agences onusiennes et près d’un million de personnes sont concernées nous révèle Le Nouveau Courrier qui se désole de l’attitude d’Alassane Ouattara qui avait fait du nord son fond de commerce. Ouvrons la page politique nationale et celle-ci est marquée par le congrès avenir du PDCI et le dialogue pouvoir opposition. Sur le premier sujet L’Inter nous informe que rien ne semble empêcher KKB dans sa marche vers la présidence du PDCI. L’intraitable président de la jeunesse du parti doyen a pu payer les 18 millions de caution pour sa candidature ! Qui se cache derrière ce financement ? Difficile de répondre à cette question. Une chose est sûre Henri Konan Bédié aura des candidats sérieux en face de lui car en plus de KKB et Mady, il faudra compter avec Charles Konan Banny nous apprend Le Nouveau Réveil qui nous indique pourquoi Banny veut casser le PDCI. Le dialogue pouvoir-opposition est toujours à l’ordre du jour. Pour le quotidien Le Temps après avoir défié l’opposition, le régime est désormais à genoux devant le FPI. Une posture de soumission qui lui donne désormais des droits, chose qui pousse Le Quotidien d’Abidjan à indiquer que le président François Hollande demande que parmi les 3000 prisonniers qui seront libérés puisse figurer des pro-gbagbo. Notre Voie se demande plutôt si Ahoussou Jeannot est l’homme de la situation dans ce dialogue FPI-Gouvernement ? En effet l’ancien premier ministre revient aux affaires pour tenter d’apporter des solutions en vue de réchauffer le climat politique.


Côte d’ivoire : Tour cycliste 2013 ou la réconciliation par les deux roues !

Le tour de la réconciliation sera lancé depuis le nord de la Côte d'Ivoire
Le tour de la réconciliation sera lancé depuis le nord de la Côte d’Ivoire

C’est ce 27 septembre 2013 que débutera la 20e édition du Tour cycliste de Côte d’Ivoire. Ce tour cycliste est placé pour cette édition sous le signe de la réconciliation nationale. Il sera lancé dans la région du Bafing précisément dans la localité de Touba au nord de la Côte d’Ivoire. Pas moins de 72 coureurs venus de huit pays d’Afrique et de France se disputeront chacune des étapes pour conserver le maillot jaune au soir du 6 octobre.

Comme chaque année où le tour se tient, c’est une grosse logistique et des moyens humains très importants qui seront mobilisés. C’est une caravane comprenant au moins 225 personnes et 40 véhicules de tous types qui fera escale à chaque étape dans les villes clairement identifiées par la FIC, la Fédération ivoirienne de cyclisme. Parmi ces 225 personnes, on comptera des journalistes, des coureurs, des accompagnateurs, des staffs médicaux, des chefs de délégations, des entraîneurs, des mécaniciens… Côté organisation pratique, l’accueil des délégations commence ce 25 septembre 2013 et s’achève demain pour permettre aux équipes de rallier Touba à 570 km d’Abidjan ! Concernant le programme de la compétition, le président de la Fédération ivoirienne de cyclisme prévient qu’il s’agira d’une compétition marathon.

« Nous aurons neuf jours de course, une course contre la montre de 24 km le 3 octobre à Sakassou, un jour de repos, une course contre la montre par équipe et huit étapes en ligne ce qui représente autour de 935 km de course. L’arrivée est prévue le dimanche 6 octobre à Abidjan », nous explique le président Allah Kouamé.

Voici un programme qui donne déjà une idée claire de la rudesse de ce tour auquel participeront trois équipes ivoiriennes. Notons que plusieurs entreprises accompagnent l’organisateur principal du tour cyclisme 2013 (FIC). Celles-ci offriront des trophées et des maillots aux coureurs les plus méritants.


Côte d’Ivoire : les chiffres du chômage toujours inquiétants !

Comment créer la richesse avec une jeune sans emploi?
Comment créer la richesse avec une jeunesse sans emploi?

Les résultats de la première enquête emploi en Côte d’Ivoire sont connus. Il ressort de celle-ci qu’une frange importante de la population active n’a pas encore accès à un emploi décent.

9,4 % c’est le chiffre principal de l’enquête emploi-2012, fruit de l’effort de l’AGEPE, l’Agence d’étude et de promotion de l’emploi dirigée par M. N’dri Philipe (directeur général). 9,4 % est taux de chômage moyen en Côte d’Ivoire mais les données changent d’une ville à l’autre, d’une région à l’autre. C’est le cas par exemple d’Abidjan avec un taux de chômage autour de 19,5 %. Sur le découpage zone rurale-zone urbaine, le chômage plafonne à 15,2 % pour la zone urbaine et 3,8 % en zone rurale. Par sexe, par tranche d’âge et par niveau d’instruction, les chiffres ne sont pas aussi reluisants. En Côte d’Ivoire, les femmes sont les plus touchées par le chômage. A côté d’elles figure les diplômés, car plus le niveau d’étude est élevé, plus les le chômage est important. Les chômeurs de niveau doctorat, BAC +4 à BAC +5 ont un taux de chômage encore plus élevé.

L’enquête au-delà de ces chiffres s’intéresse aussi à la situation salariale de ceux qui sont en activité. Force est de constater que certains ne touchent même pas le SMIG, le Salaire minimum interprofessionnel garanti. Quand on sait que le SMIG est évalué à 36 000 F Cfa, l’enquête révèle que 42,7 % de travailleurs reçoivent un salaire en dessous de la norme. Sur l’application du SMIG à 60 000 F Cfa qui n’est pas encore effectif, le chômage est 58,4%. Sur les autres chiffres de l’enquête, l’AGEPE révèle que le taux d’emploi informel est de 91,2 % avec un taux d’emploi salarié à 18,1 % et le taux d’emploi vulnérable à 70,4 %. Le taux de sous-emploi est plutôt élevé en Côte d’Ivoire et cette situation s’explique par la durée de l’emploi. Ces derniers chiffres démontrent très clairement que la Côte d’Ivoire a un secteur informel très important. Il s’agit donc pour les Ivoiriens de transformer ces offres du secteur informel en emplois plus productifs, en emplois décents.

Un autre taux inquiétant ressort de cette enquête de l’AGEPE : il s’agit du nombre important de chômeurs découragés. Ils sont découragés de chercher du travail parce que convaincus que toutes les portes leur sont fermées soit à cause de la corruption, soit à cause du manque de moyen, d’opportunités ou d’informations. On estime que 40,3 % des chômeurs sont frappés par le syndrome du découragement !

« Oui 40,3 % de personnes fatiguées de chercher du travail c’est beaucoup ! Ce chiffre se justifie par le fait que ces chômeurs ne s’informent pas sur ce qui se passe ou se qui est en train d’être fait en matière d’opportunité d’emploi. Ils ont tendance à rester chez eux et à se résigner au désespoir. Ils estiment être incapables de réagir face à cette adversité » nous indique M. N’Dri Philipe directeur général de l’AGEPE.

L’enquête emploi-2012 n’a pas pour but d’inquiéter les Ivoiriens bien au contraire. Ce travail donne des pistes de recherche sur la question du chômage en Côte d’Ivoire et les moyens pour le résorber. Au-delà il faut dans l’immédiat penser à des stratégies d’information en vue de permettre aux chômeurs découragés de se rapprocher des pôles d’emploi et des structures de promotion de micro-projet. Bien sûr dans ce schéma, les entreprises doivent elles aussi se rapprocher des structures étatiques pour pouvoir présenter leurs offres et les possibilités qu’elles ont d’aider à réduire le taux de chômage en Côte d’Ivoire.