Abidjan se débarrasse de ses ordures
Abidjan la perle des lagunes et capitale ouest-africaine de la joie met les bouchées doubles pour pouvoir se débarrasser des nombreux tas d’ordure qui ont proliféré depuis le début de la crise post-électorale. En effet depuis plusieurs semaines les entreprises d’assainissement de la capitale privées de l’appui des bailleurs extérieur n’ont pas pu libérer la ville de ses ordures. Aujourd’hui c’est petit à petit que la ville retrouve son visage de capitale.
Les bennes et balayeuses de la SAS (Société Abidjanaise de Salubrité) exécutent leur ballet quotidien apportant avec elles un lot toujours plus important d’ordure. Malgré le déploiement exceptionnel d’engin les autres entreprises à l’image de la SAS ont du mal à enlever les dépotoirs sauvages. « C’est vrai que les engins vont et viennent mais c’est pas du tout facile je m’en rend compte moi-même ! Ce dépotoir est monté en trois semaines et pour le moment il nargue les travailleurs ». Ces propos sont de Christine Kouadio une habitante de Cocody Danga qui chaque voit les effort entrepris par les balayeurs pour enlever les ordures. « C’est petit à petit que tout va disparaître » déclare Isaac un jeune charretier. Son job à lui consiste à récupérer le contenu des poubelles moyennant des pièces de monnaie. Les charretiers ont une action plus efficace sur le terrain : ils ont la chance de pouvoir collecter les ordures foyer par foyer. Ils soulagent donc les entreprises de la collecte porte à porte. Dans cette opération de toilettage de la capitale tous les quartiers ne sont pas logés à la même enseigne. Le plateau centre des affaires occupe la première position, Cocody le quartier présidentiel et ses ramifications suivent, viennent les quartiers d’habitation populaire tels que Treichville ou Yopougon. Il est vraiment salutaire que cette opération d’enlèvement des ordures en cette période de saison des pluies soit une priorité. La prolifération des ordures a occasionné le retour du choléra dans la capitale notamment dans le district sanitaire d’Adjamé ou la maladie a tué 6 personnes en l’espace de quatre jours.
Les abidjanais placent beaucoup d’espoir en cette opération d’enlèvement des ordures car la capitale était méconnaissable il y a quelques semaines. En l’absence des bailleurs de fond comme la Banque Mondiale qui avait déboursé à l’époque la bagatelle somme de six milliards pour rendre le cadre de vie du district d’Abidjan propre, on se demande si les Mairies d’Abidjan et les entreprises pourront mener à bien cette tâche ardue.
Suy Kahofi
Le Ministre français des affaires étrangères, Mme Alliot Marie à propos de la crise Ivoirienne soulignait que « les sanctions économiques à l’endroit du régime Laurent Gbagbo finirait tôt ou tard par l’asphyxier ». Je ne veux pas douter de cette stratégie mais les sanctions économiques n’ont pas seulement un côté positif c’est-à-dire faire plier bagage à un régime déchu. Elles peuvent avoir des retombées désagréables pour le gouvernement élu et les populations.L’argent le nerf de la guerre
La Côte d’Ivoire c’est 63 ethnies réparties sur 332.462 Km². Le pays n’a donc pas l’avantage d’avoir une langue nationale comme le bambara au Mali ou le wolof au Sénégal. Pourtant en Côte d’Ivoire il existe un langage que de nombreuses personnes partagent et utilisent même dans leurs échanges. Il s’agit du nouchi, quelque chose que je définirais comme un français Ivoirien ou un créole Ivoirien !Origine et composition d’un langage
Les lampions viennent donc de s’éteindre à Addis-Abeba capitale de l’Ethiopie sur le sommet de l’Union Africaine qui a été consacré en grande partie aux crises qui secouent le continent et surtout à celle que traverse la Côte d’Ivoire. Les conclusions sur le sujet Ivoirien sont diversement interprétées à Abidjan mais une chose est sûre, c’est le camp Gbagbo qui doit se frotter les mains. Les Chefs d’Etats africains, ceux qui sont très éloignés de la Côte d’Ivoire et des réalités du pays ont décidé de peser dans la balance en faveur d’une autre médiation ou plutôt d’une mission. Les conclusions dit-on seront contraignantes pour les deux camps mais à quel point ?L’UA ne peut pas s’aventurer à dire haut et fort qu’elle reconnaît Ouattara comme vainqueur de l’élection présidentielle et revenir se dédire aux yeux du monde. L’Afrique serait trop ridicule et donnera raison au Président Sarkozy qui affirmait en des termes plus diplomatiques que le seul cerveau qui n’ait pas évolué depuis des décennies est celui de l’africain ! La position de l’UA est claire : Alassane Ouattara est président et si les nouveaux médiateurs s’amusent à remettre en cause les acquis du second tour de l’élection présidentielle, ce que tout le monde veut éviter se reproduira. L’indignation, la colère et l’amertume du ministre Sidiki Konaté (FAFN) sont infimes face à la colère de nombreux militants du RHDP que j’ai croisé durant ces dernières 48 heures. « Si on continue de nous voler notre victoire nous irons chasser Gbagbo nous-mêmes : on n’aura pas besoin de l’ECOMOG » affirme Désiré un jeune homme de 28 ans ! « Je ne sais pas pourquoi on dialogue avec quelqu’un qui se maintien avec la force ! Il faut le déloger par la force un point c’est tout ! Il a encore un mois avec son groupe ce qui signifie que le peuple va souffrir pendant un mois » souligne Coulibaly un enseignant à la retraite. Même les militants les plus modérés ne cachent pas leur pessimisme ! « Je préconise le dialogue mais on connait la réponse de Gbagbo si on lui demande partir : le peuple m’a choisi, j’ai prêté serment selon la constitution patati patata…et retour à la case départ » s’indigne Koffi N’dri Carlos avant de conclure « c’est encore une perte de temps et des Ivoiriens qui vont continuer de souffrir ».
Huit ans de crise et d’enlisement politique c’est long, ennuyeux et triste à cause des conséquences désagréables du conflit socio-politique Ivoirien. Malgré cette situation de crise tout ne fut pas si triste en Côte d’Ivoire bien au contraire. Les huit dernières années ont été riches en évènements culturels, musicaux et surtout sportifs qui ont permis aux Ivoiriens d’oublier les bruits de bottes et de mitraillettes. Ces évènements portent la marque de certains Ivoiriens qui ont su déchaîner les passions et unir tout un peuple. Deux se sont brillamment illustrés : Douk Saga et Didier Drogba !Le foot est l’opium du peuple !




28 novembre + 6 semaines et toujours le statu quo ! Au cœur du conflit ivoirien la reconnaissance totale de l’un des deux hommes forts d’Abidjan. Si la communauté Internationale reconnaît Ouattara comme Président en lui apportant tout son soutien ferme, Laurent Gbagbo est fort du soutien de ses militants et d’une armée qui lui a juré fidélité. Au milieu de ce débat de clans interposés le peuple Ivoirien qui semble payer le plus lourd du tribu. Les morts (officiellement 250), les déplacés internes, les réfugiés se comptent par milliers.Inflation, pauvreté et fracture ethnique font le quotidien des Ivoiriens. Les positions sont de plus en plus tranchées et elles se radicalisent mêmes ! « De la même manière que certains sont prêts à mourir pour Gbagbo, d’autres sont prêts à le faire pour Ouattara » nous indique un leader de la société civile.
La tension est visiblement retombée ce matin à Abobo PK 18 quartier situé dans le nord de la capitale Ivoirienne Abidjan après 48 heures de violence qui ont fait 10 morts dont 7 policiers. Malgré les craintes et la peur visible sur les visages des interrogations circulent : qui sont les hommes qui ont tenu tête à l’armée Ivoirienne ? Si ici certains habitants ne soutiennent pas ouvertement ces hommes de l’ombre, on cache difficilement son admiration pour ces épouvantails qui ont calmé les ardeurs des miliciens.« Depuis la marche du RHDP réprimée dans le sang nous sommes livrés à nous-mêmes ! Seules quelques patrouilles de l’ONUCI nous rassurent mais une fois la nuit tombée c’est chacun pour soit » affirme Drissa un résidant de PK 18. Pour lui les affrontements de ces dernières heures sont le fruit d’une « opération très bien préparée par l’armée ». En effet depuis deux semaines sur les portails de certaines concessions l’étrange lettre ‘’D’’ avait été inscrite. Ce symbole pour désigner les maisons marquées devait indiquer aux FDS où frapper. Cette opération dont le commanditaire reste dans l’ombre s’étend du Plateau Dokui à Anyama. Malheureusement le mot est passé et chacun a pu prendre ses dispositions ! Explication avec Tanoh un jeune homme se présentant comme un ‘’élément de sécurité’’ du quartier. « Nous avons demandé aux populations d’effacer la marque ‘’D’’ et de rester chez elles. On savait que les miliciens allaient nous attaquer alors nous nous sommes préparés pour nous défendre » déclare le jeune homme. A propos des armes dont ils disposent le jeune homme préfère laisser le soin à un autre camarade de nous répondre. Ce dernier prononcera une seule phrase : « notre arsenal de défense vient de ceux qui nous agressent, nous tuent et violent nos sœurs ». Pourtant il m’est difficile de croire que ces jeunes gens à l’allure si inoffensive et surtout sans entraînement militaire puissent « manier avec autant d’aisance des lances roquettes de type RPG ». Mon inquiétude est partagée par un officier qui malgré son agacement à notre vu lâche sa colère. « Petit frère que les médias occidentaux arrêtent de dire que l’armée s’attaque à des civiles aux mains nues ! Nous avons perdu 7 hommes en deux jours face à des hommes qui connaissent les tactiques les plus poussées du combat urbain. De grâce il y a des rebelles ici et il faut les déloger : nous compter le faire ! ».
Les 7 et 8 janvier 2010, sur initiative de Media Fondation for West Africa dont le siège se trouve à Accra au Ghana, les organes de presse d’Afrique se sont réunis dans la capitale ghanéenne pour réfléchir sur les nouvelles stratégies visant à promouvoir la presse et les médias en Afrique de l’ouest. Invité spécial de cette rencontre, la presse Ivoirienne qui dans un contexte de crise post-électorale devait recevoir de une aide éditoriale et faire un monitoring de la situation des médias en Côte d’Ivoire.
Malgré les propos de plus en plus hostiles à l’endroit de l’opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, sa radio est la plus écoutée… 


