Partir, oui partir…pour éviter le KO !
Abidjan, la grande et belle capitale qui attirait tous les Ivoiriens et même les curieux d’Afrique est aujourd’hui l’épouvantail des habitants d’origines diverses qui la chérissaient. L’actualité n’est plus aux débats sur qui restera au pouvoir : c’est le sauve qui peut général. La violence qui gagne tous les quartiers de la métropole oblige les uns et les autres à partir et le spectacle de ces départs en masse est saisissant. Lire la suite de l’article…
La cour de justice de la CEDEAO interdit tout usage de la force en Côte d’Ivoire. Voici également une position que la ligue Arabe défendait dans le dossier libyen espérant que Kadhafi allait retenir ses chiens de chasse pour qu’ils arrêtent de jeter missiles et obus sur les insurgés. Malheureusement le recours aux juridictions internationales et aux organisations sous-régionales par des régimes aux aboies nous donne toujours la preuve qu’il s’agit d’une stratégie de répit pour mieux organiser l’offensive.
« Au lendemain du second tour de l’élection présidentielle, Laurent Gbagbo avait tout et le RHDP n’avait rien ! Aujourd’hui je crois que nous avons tout et lui presque rien ! ». Cette phrase tenue il y a environ une semaine sur les antennes de TCI par Patrick Achi le porte parole du gouvernement Soro consacre l’équilibre des forces en présence dans la crise post-électorale ivoirienne.
Le discours du Docteur Alassane Ouattara, Président élu de la République de Côte d’Ivoire en cette soirée du 15 mars 2010 fut bref ; moins d’une quinzaine de minute pour lancer un appel à l’unité et à la consolidation des acquis d’une Côte d’Ivoire fragilisée par trois de crise post-électorale. Fidèle à son principe d’une Côte d’Ivoire évoluant dans une Afrique digne et capable de résoudre ses problèmes, il a fait sienne les conclusions de la dernière réunion du conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine qui le confirme au poste de Président de la République.
Les conditions de travail des journalistes ivoiriens proches de l’opposition sont de plus en plus difficiles. Il ne se passe pas un seul jour sans que des problèmes ne surviennent. En fin de semaine dernière, les journaux proches du RHDP n’ont pas pu être distribués et la raison est tout sauf légale. « Les forces de Monsieur Laurent Gbagbo ont empêché la distribution des journaux. Tous les organes de presse ont produit les parutions du jour et les stocks étaient disponibles à EDIPRESSE.
Après Abobo et Anyama, Angré et le Plateau Dokoui il y a 48 heures, c’est aujourd’hui au tour de Williamsville et Yopougon de connaître leurs premiers affrontements musclés à l’arme lourde. La vaste offensive des FDS qui a accouché d’une souris à Abobo a visiblement jeté de l’huile sur le feu : les éléments du commando invisible ont décidé de passer la vitesse supérieure dans leur opération d’infiltration. « Désormais nous sommes tous sur la liste » affirme cet habitant de Cocody Riviera II. Chaque quartier peut avoir son front du jour au lendemain et Williamsville peut désormais en témoigner.
La crise post-électorale ivoirienne et la révolution armée libyenne sont deux conflits très différents car ces deux pays n’ont pas le même poids économique et géo-stratégique au plan international. Le pétrole libyen et le look BCBG des insurgés du pays de Kadhafi attirent plus les caméras des médias que le cacao ivoirien et l’allure de dozo* (chasseur) des éléments du commando invisible d’Abobo. Pourtant ces deux crises ont des points communs et ceux-ci peuvent se résumer en une seule phrase : un soutien diplomatique aux opposants et rien d’autre !
« Il faut bien que l’Afrique trouve des solutions au problème Ivoirien car nous sommes fatigués du néo-colonialisme diplomatique de la France et des Etats Unis » affirmait un cacique du régime LMP au lendemain de la mise sur pied du panel des cinq chefs d’Etats africains. Ce vœu si cher vient d’être exhaussé à Addis-Abeba la capitale de l’Ethiopie et haut lieu du panafricanisme. L’Afrique a pris ses responsabilités dans le dossier ivoirien et a donc trouvé des solutions contraignantes pour les deux camps en conflit.
Il faut laver l’affront subit par les FDS à Abobo et pour cela des soldats zélés sont prêts à raser ce quartier qui a juré fidélité au Président Ivoirien Alassane Ouattara. Au point de 21 heures 45 minutes les témoins que nous avons pu joindre hier (samedi 13 mars) à Abobo et qui sont terrées dans leurs concessions respectives ont pu nous confirmer que les affrontements étaient de plus en plus violents entre insurgés et FDS fidèles à Laurent Gbagbo. L’offensive annoncée par l’Etat major ivoirien est en cours, avec pour slogan « ça passe ou ça casse ». 
Encore une autre réquisition, pour ne pas dire une autre nationalisation. Après les banques et l’échec cuisant dans leur tentative de réouverture, c’est au tour du cacao d’être frappé par un décret de nationalisation. Désormais le gouvernement Aké N’Gbo veut se donner les moyens de contrôler l’achat et la commercialisation du café et cacao, une stratégie visant à contourner l’embargo de l’Union Européenne et refus des multinationales d’exporter les fèves.
Une agréable odeur de frite de pomme de terre s’échappe d’une cuisine à Cocody Angré. Les gamins invités à table semblent se plaindre du menu et la mère de famille débordée tente gentiment de réexpliquer aux enfants la situation du pays. Si seulement ces enfants issus d’une famille plutôt aisée pouvaient comprendre que juste à Abobo, des enfants comme eux dorment chaque soir l’estomac vide. Les projecteurs des médias sont braqués sur la révolution Libyenne pendant que dans les quartiers d’Abidjan et dans plusieurs villes les populations déplacées dorment à la belle étoile.
Ce mardi 08 mars 2011 marque dans de nombreuses régions du monde le centième anniversaire de la journée internationale de la femme mais c’est aussi la première journée internationale de la femme célébrée sous l’égide de l’ONU Femme, la nouvelle entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes crée par l’Assemblée Générale de ladite institution le 02 juillet 2010. Le thème officiel de cette journée : l’égalité d’accès à l’éducation, la formation, la science et la technologie vers un travail décent pour les femmes.
Face aux menaces, intimidations et le harcèlement policier du régime Laurent Gbagbo par le canal du nouveau CNP (Conseil National de Presse) qui lui est acquis, le collectif des journaux pour la défense des acquis du 28 Novembre 2010 avait décidé de suspendre ses parutions. Après une semaine d’action et surtout les appels des lecteurs à ne pas garder le silence, le collectif signe son retour dans les kiosques ce Lundi 07 mars. La décision a été prise le Samedi 5 mars à l’issue d’une réunion. 
Bouaké, Man, Séguéla, Korhogo…toutes ces villes partagent une triste situation depuis une semaine qui est celle de l’absence de l’électricité et d’eau potable. Le gouvernement Aké N’gbo fidèle à Laurent Gbagbo, après avoir pris le contrôle du centre de dispatching de la CIE (Compagnie Ivoirienne d’Electricité) et de la SODECI (Société de Distribution d’Eau de la Côte d’Ivoire) a décidé de mettre à exécution son plan machiavélique : punir les populations des zones centre, nord et ouest pour leur soutien au Docteur Alassane Ouattara reconnu par la Communauté Internationale comme vainqueur de l’élection présidentielle.
Les Ivoiriens, quelque soit leur bord politique, auraient acceptés de voir toutes images d’atrocités durant cette crise mais certainement pas celle de six femmes allongées sans vie à Abobo Gare. Aucun mot n’existe pour décrire cette barbarie avec laquelle des militaires à la solde de Laurent Gbagbo ont exécuté froidement des mères de familles venues manifester pacifiquement pour que l’usurpateur cède le pouvoir. Pour qu’un tel forfait soit commis, il a certainement fallu que ces hommes sans foi ni loi oublient qu’ils ont été portés eux-mêmes pendant neuf mois par des femmes.