Boukari Ouédraogo

L’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ne doit pas rester impuni

Les deux journalistes de Radio France Internationale (RFI) ont été kidnappés et assassinés alors qu’ils sortaient de la cour d’une personnalité du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) à Kidal dans le nord du Mali. Un assassinat qui concerne tout le monde, d’autant qu’on ne voit pas en quoi ces journalistes sont mêlés à la crise qui secoue le Mali. L’assassinat de ces innocents doit être puni avec énergie. Sinon, ces bandits prendront goût…et aucune piste ne doit être écartée.

(ph.https://www.parismatch.com/)
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C’est sur Twitter que j’ai appris d’abord l’arrestation des journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Ma première réaction, c’est de me dire « encore des enlèvements » mais moins d’une heure après, je voyais d’autres tweets annonçant l’exécution de ceux qui étaient, il y a quelques minutes seulement, des otages. Incroyable. C’est en écoutant RFI, ensuite, que j’ai eu confirmation de la mort de cette journaliste et son technicien. Ils ont été kidnappés et tués alors qu’ils avaient juste fini une interview avec un chef du Mouvement national de libération de l’Azawad (MLNA). J’ai du mal à faire des réponses à de multiples questions qui m’assaillent l’esprit.  Comment ont-ils su que Ghislaine et Claude étaient chez lui ? Qui sont ces assassins ? Que reproche-t-on à Ghislaine et Claude ou peut-être à RFI ? Ont-ils refusé de leur accorder une interview ? Si c’était le cas, le refus d’une interview valait-il le coup qu’ils soient éliminés ? Qu’est ce qui… ? Qu’est ce qui… ? Qu’est ce qui… ? Toutes, ces questions, pour dire que l’enquête doit commencer immédiatement.

La communauté internationale a désormais la preuve, si elle en doutait encore que ces bandits, ne sont pas des enfants de chœur. Ils n’ont même pas laissé le temps à ces journalistes de négocier. En Afrique, on reproche souvent beaucoup de choses à RFI. Mais le journaliste, c’est contre les principes et les règles déontologiques du métier, n’a pas le droit de prendre parti pour un camp lorsqu’il couvre des conflits ou des crises telles que celles qui secouent le Mali en ce moment. Si Ghislaine et Claude s’adonnaient à des pratiques contraires à la profession, ils n’auraient pas connu une carrière pareille. D’ailleurs, l’interview avec ce cadre du MNLA (mouvement qui a bien  collaboré avec les groupes islamistes et terroristes) est la preuve que les deux journalistes de RFI, faisaient leur travail sans parti pris. Après le bombardement de l’armée française, RFI a continué à donner la parole à tous les protagonistes.

On voit bien que rien ne justifie l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Alors, la communauté internationale doit être sans pitié pour ces bandits. Si on peut tuer des personnes neutres de cette manière, cela traduit la barbarie de ce groupe. Il faudrait utiliser donc les grands moyens pour que ces assassins payent afin que les âmes de Ghislaine Dupont et Claude Verlon reposent en paix. Pas pour eux-mêmes, parce qu’en embrassant ce métier, ils savaient ce qui les attendait. En se rendant au Mali, ils savaient le risque qu’ils prenaient. Ils doivent payer pour les milliers d’innocents persécutés chaque jour par ces bandits.

Si ces bandits pensent que c’est de cette manière qu’ils feront taire les journalistes, les professionnels des médias ? Ils se mettent le doigt dans l’œil. Ces assassinats ne feront que raviver l’amour que les collègues et confrères de Ghislaine et Claude ont pour ce métier. La lutte continuera bien sûr. La parole sera donnée à tous. L’œil des aveugles, la voix des sans voix continuera son travail.


L’héritage de Thomas Sankara (audio)

Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987. 26 ans après l’assassinat du Président Burkinabè, que reste t-il de son héritage ? Ce que retiennent ceux qui se réclament de son idéologie, ce sont les valeurs d’intégrité qu’il a voulu inculquer à son peuple. Cependant, comme vous le constaterez dans cet élément audio, les hérités de Thomas Sankara, notamment les hommes politiques, sont divisés. 

 


Sams’K Le Jah du Balai Citoyen : « Beaucoup sont déçus par l’opposition »

L’artiste « reggaemaker » burkinabè Sams’K le Jah a créé avec son ami Smockey, un autre artiste, le mouvement « Balai Citoyen » dont l’objectif, selon eux, est d’assainir la scène politique burkinabè et susciter une prise de conscience des  jeunes sur leurs conditions de vie. Le mouvement s’est illustré à travers des participations des marches contre l’institution d’une deuxième chambre et la vie chère au Burkina. Dans cet entretien Sams’K Le Jah parle du groupe, du sankarisme et de certains problèmes sociopolitiques.

 

Sams'K Le Jah estime que le "Balai Citoyen" est différent du mouvement "Y'en a marre"
Sams’K Le Jah estime que le « Balai Citoyen » est différent du mouvement « Y’en a marre »

 

Boukari Ouédraogo (B.O) : Vous avez créé depuis quelques mois le « Balai Citoyen » avec des amis. Peut-on dire que ce mouvement est une copie parfaite de « Y’en a marre » qu’on a connu au Sénégal

Sams’K Le Jah (SKJ): Copie parfaite ? Non. Ce n’est pas une copie parfaite. Nous sommes engagés dans la lutte depuis des années. Nous nous sommes retrouvés pour mettre ensemble nos efforts. C’est vrai qu’on s’inspire de bon nombre de mouvements qui ont existé comme « Y’en a marre » au Sénégal. J’ai particulièrement rencontré les leaders du groupe. On a discuté et nous nous sommes donné des idées. Copie conforme ce n’est donc pas le cas.

B.O : Quelle est donc la différence entre « Y’en a marre » et le « Balai Citoyen »?

SKJ : La première différence, c’est la date de naissance (rires). En plus, les réalités sociopolitiques ne sont pas les mêmes. Nous ne pouvons pas forcément appliquer ce qu’ils ont fait au Sénégal ici (ndlr, Burkina Faso). Nous aussi nous avons nos réalités sociopolitiques. Nous sommes obligés de fonctionner en tenant compte de cela.

B.O : L’objectif du « Balai Citoyen » en ce moment, c’est de lutter contre l’instauration d’un Sénat mais aussi la cherté de la vie. A part cela, quels sont les autres objectifs de votre mouvement ?

SKJ : L’objectif pour nous, c’est d’avoir un pays normal. Il faut d’abord dire que j’utilise le terme pays « normal » avant François Hollande. Il ne faut pas penser que c’est lui qui m’a inspiré. Non (rires). Pour nous, c’est avoir un pays avec une vraie démocratie. Un pays où ceux qui ont édicté des règles démocratiques respectent eux-mêmes ces règles préétablies. Parmi ces règles se trouve la clause de l’article 37 qui limite le mandat présidentiel à deux quinquennats. Contre le Sénat, pour la bonne et simple raison que Blaise  (ndlr Blaise Compaoré, Président du Faso) ne peut pas aujourd’hui se rappeler qu’il doit renforcer la démocratie. La Constitution existe depuis 1991. Ce n’est pas à deux ans de la fin de son mandat qu’il va se rappeler qu’il doit renforcer la démocratie. Comme je le dis dans l’une de mes chansons la panoplie d’institutions n’est pas signe de vitalité démocratique, quand le judiciaire devient la concubine de l’exécutif. Il y a des institutions qui existent. Il faut arriver à les faire fonctionner normalement avant de nous proposer d’autres choses. En plus d’être budgétivore, parce c’est ce même président, c’est son parti qui il y a dix ans en 2002, avait dit que la deuxième chambre était budgétivore lourde de façon administrative… patati-patata. On se rend compte qu’économiquement et socialement, le Burkina n’a pas fait de progrès dans le sens du positif. Mais comment cela se fait que dans cette situation de galère, que ce soit maintenant qu’on veuille mettre en place le Sénat. Il y a une contradiction qu’on ne peut pas accepter. Si Sénat il doit y avoir que ce soit après Blaise, pas avant lui.

Quand je te dis un Burkina normal, c’est d’avoir un Burkina débarrassé de toutes les injustices même si cela relève de l’utopie. Qu’on arrive à se battre pour assurer le minimum de dignité, d’éducation de santé au peuple, que les jeunes apprennent à rêver. Aujourd’hui pour avoir une parcelle, c’est la croix et la bannière. Sous la révolution avec une photocopie de ta pièce d’identité, tu avais une parcelle. Aujourd’hui,  il y a des mairies  qui se sont enrichies de façon illicite sur la vente des parcelles. Dans l’administration, il y a trop de corruption. C’est tout cela qu’on veut combattre. Il faut qu’on arrive à être une force citoyenne qui impose des vues à l’administration. Quand tu prends un pays comme les Etats-Unis, quand tu déposes un dossier, tu as un numéro et tu peux appeler pour savoir à quel niveau se trouve le dossier et combien tu dois payer. Il faut qu’on arrive à cela. Il faut que les uns apprennent à voir un changement à la tête de l’Etat. Quand vous avez un premier ministre (ndlr, Luc Adolphte Tiao) qui va s’assoir à la télé pour dire qu’ils ne peuvent pas mettre fin au délestage, c’est un aveu d’impuissance, d’incompétence. Nous voulons des gens compétents. Nous voulons des gens qui veulent qu’il y ait un changement qualitatif pour le peuple.

« On lutte de façon désorganisée »

B.O : Vous ne pensez donc pas qu’il y a nécessité de renforcer la démocratie au Burkina en rapport avec la suppression du Sénat parce que Sams’ K Le Jah a toujours dénoncé le manque de démocratie dans ce pays ?

 SKJ : Qu’est-ce vous appelez démocratie ? Si la démocratie doit être pour que Blaise Compaoré sa famille et ses amis aient tous les privilèges au détriment du peuple, je n’appelle pas cela la démocratie. La démocratie, c’est le pouvoir du peuple par le peuple. Le sénat, le peuple dans sa grande  majorité a dit qu’il n’en veut pas. Il ne faut pas forcer. Après son congrès, le CDP  (ndlr Congrès pour la démocratie et le progrès) appelle au dialogue. C’est parce qu’ils se rendent compte qu’ils n’ont pas le rapport de force en leur faveur. S’ils avaient le rapport de force en leur faveur, ils allaient imposer le Sénat. Le travail au sein du « Balai Citoyen », c’est de continuer la sensibilisation auprès de la jeunesse. Beaucoup sont déçus par l’opposition. Ils sont déçus parce qu’ils luttent, mais rien ne change. Rien ne change parce qu’on lutte de façon désorganisée. Si on sort, on s’organise, on lutte et on impose notre vision, vous verrez que les choses vont avancer. Ce n’est plus une question de gauche ou de droite. C’est une question d’être avec le peuple.

B.O : On vous voit très souvent aux côtés de l’opposition dans les différentes manifestations. Ne craignez-vous pas qu’on vous confonde avec l’opposition qu’ils ont critiquée ?

SKJ : Je ne peux pas être là pour espérer que les gens me jugent positivement ou négativement. J’ai du travail à faire. Comme les rastas le disent, je suis un homme vivant. J’ai ma mission à mener.  Un point. Un trait.

B.O : Alors quelle est la différence entre ce que vous faites et ce que l’opposition fait parce qu’on a l’impression que c’est la même chose ?

SKJ : D’abord nous ne sommes pas un parti politique. En plus, nous ne menons pas nos actions pour que les gens nous fassent les yeux doux. Nous sommes sur le terrain d’abord pour nous-mêmes parce que nous nous disons qu’à travers la lutte, nous pouvons améliorer les conditions de vie des uns et des autres. Nous sommes des artistes. Nos clients, c’est le peuple. Quand Sams’ K Le Jah et Smockey sortent un CD, c’est le peuple qui achète. Si ce peuple ne vient pas à nos concerts, s’ils n’achètent pas les CD, cela ne nous permet pas de mener nos activités qui sont la musique. Il faut donc réunir les choses pour que le peuple soit dans une certaine condition et permettre aux citoyens de jouir de ce que ce pays produit. Comme on le dit, il faut permettre à chacun d’avoir sa part du gâteau.  

B.O : «  A part Blaise Compaoré, personne ne peut diriger le pays ». C’est ce qu’on attend souvent dire. Que pensez-vous de ça ?

SKJ : C’est normal. Quand vous avez des gens petits d’esprit, ils ne peuvent que penser de cette façon. Le Burkina Faso existait avant Blaise Compaoré, le Burkina Faso existera après Blaise Compaoré. Quand quelqu’un vous dit, si on remplace Blaise qui va prendre le pouvoir ? il remet en cause l’éducation que ses parents lui ont donnée. Ses parents ont investi inutilement sur celui qui pense comme cela. Quelqu’un qui a un minimum d’esprit ne peut pas penser comme cela. Avec ou sans Blaise Compaoré, le Burkina Faso existe, a existé et existera. C’est notre conviction.

B.O : Dans tout ce que vous faites en ce moment, qu’est-ce qui est le plus difficile ?

SKJ : C’est le combat lui-même. Il s’agit de se mettre dans une dynamique. Je ne pense pas aux difficultés du combat. Je ne pense pas aux conséquences négatives du combat. Je sais que j’ai un combat à mener, c’est tout.

« Tu seras jugé en fonction de tes actions »

B.O : Vous et Smockey, êtes des artistes. Alors est-ce que le combat que vous menez n’occupe pas votre temps ?

SKJ : Etre sur le terrain n’empêche pas notre création musicale. Bien au contraire, on a  de nouveaux sujets, de nouveaux thèmes pour écrire des chansons. Depuis ces deux dernières années, avec ma guitare, je ne sais même plus combien de chansons j’ai composées. Le quotidien nous inspire tous les jours. Il y a trop de choses à dire.  Cela n’empêche pas nos activités. C’est vrai que souvent, tu sors de chez toi à 6 heures ou 7 heures et tu rentres chez toi à 3 heures ou 4 heures du matin. Mais ce n’est pas tous les jours que cela se fait. Beaucoup de jeunes croient en nous. Il faut qu’on mérite leur confiance. Pour mériter leur confiance, il faut continuer de travailler. Il faut leur donner des garanties pour leur dire qu’on n’est pas au-devant de la lutte pour espérer se faire remarquer pour espérer et avoir des financements. Il y a beaucoup de gens qui le diront. « On a vu des leaders passer au-devant de la lutte, après ils ont eu une 4×4, une villa et ils ont vendu la lutte ». Non. Je n’ai pas besoin d’ouvrir mon ventre pour montrer ma sincérité. Comme on le dit chez les Rastas « let you work be seen », tu seras jugé en fonction de tes actions.

B.O : Est-ce que le Balai Citoyen à vocation devenir un parti politique un jour ?

SKJ : Ce n’est pas ma préoccupation. Déjà (il hésite) je n’aime pas la politique politicienne… Noon, je veux rester quelqu’un d’indépendant. Personnellement, ce n’est pas dans mes rêves. Je peux, peut-être, être conseiller ou bien maire ou député s’il y a des candidatures indépendantes. Mais à vouloir être dans un parti politique, dans une certaine mesure abuser des uns et des autres, ce n’est pas dans ma vocation.

 

Le slogan du Balai Citoyen sur le dos du shirt de Sams'K Le Jah
Le slogan du Balai Citoyen sur le dos du shirt de Sams’K Le Jah

B.O : Député, maire et la présidence  du Faso?

 SKJ : Je suis déjà président (il sourit). J’ai du monde derrière. J’ai beaucoup de fans derrière moi. Cela me suffit largement.

B.O : Je veux dire diriger ce pays…

SKJ : Dans ce que je fais, je dirige déjà le pays. Je n’ai pas besoin d’être à Kossyam (quartier abritant le palais présidentiel du Burkina) pour diriger ce pays. Diriger ce pays suppose susciter, donner de l’espoir à certaines personnes, leur redonner confiance, leur dire que chacun dans son coin peut diriger ce pays.

B.O : Si vos partisans vous y poussent ?

SKJ : Personne ne peut me pousser. Rassurez-vous. Je n’ai pas 16 ans ! J’ai plus de 43 ans.

« Quand on a tué Sankara, beaucoup sont restés les bras croisés »

B.O : Vous dites que le « Balai Citoyen » a un programme de société. De quoi s’agit-il ?        

SKJ : Le programme de société du « Balai Citoyen », c’est un Burkina normal où existent le mieux vivre pour les uns et les autres. Bientôt, on va organiser des conventions de jeunesses. On va demander à chaque groupe de faire des propositions sur leur vision pour le Burkina. Nous ferons une synthèse et nous produirons un document que nous allons proposer ou plutôt imposer à ceux qui vont prendre les devants pour leur dire voici ce que la jeunesse dans sa grande majorité veut pour ce pays. Donc vous êtes tenus de l’appliquer. Il y a des chefs d’Etat, ce n’est pas par manque de volonté, mais c’est parce qu’on leur impose des choses de dehors. Si on arrive à leur imposer des choses du dehors, il faut qu’on arrive à leur imposer des choses depuis l’intérieur parce qu’ils ne sont pas là pour les gens du dehors ils sont là pour le peuple. On dira qu’on a tué Sankara parce qu’il voulait le développement de son peuple. C’est parce qu’à l’époque, il n’avait pas de mouvement à l’image du Balai Citoyen. Ce n’est pas pour insulter ceux qui étaient là, mais c’est parce ceux qui étaient là n’avaient pas atteint un certain niveau d’organisation. La preuve, quand on a tué Sankara, tout le monde est resté les bras croisés tellement ils ont été pris dans le choc. S’il y avait des mouvements comme le « Balai Citoyen », Norbert Zongo n’aurait pas été assassiné. Il faut qu’on arrive à instaurer des mouvements qui élèvent le niveau de vigilance, un mouvement sentinelle. Même moi qui vous parle, on peut m’éliminer. Mais ma crainte n’est pas de me faire éliminer. Il faut que ce pour quoi on se bat, que la jeunesse comprenne que soit on nous élimine tous ou bien ils nous écoutent.

B.O : D’abord, on vous a connu en tant que défenseur de l’idéologie sankariste. Aujourd’hui, vous avez élargi le combat. Le constat, les partis sankaristes sont divisés. Quelle analyse faîtes-vous de la situation?

SKJ : Je trouve déjà que les parties sankaristes nous compliquent la tâche. L’un des combats qu’on va également mener, même si c’est en dehors du « Balai Citoyen », c’est de forcer ces gens à trouver un  seul représentant pour parler au nom de Thomas Sankara. Il n’y a pas deux Sankara. Il y a un seul Sankara. Les fantoches qui se disent partis sankaristes, il va falloir qu’on sache qui est qui, qui fait quoi et avec ou avec qui. On est fatigué que des gens viennent se dire sankaristes parce qu’ils ont mangé dans le même plat que Thomas Sankara. Ils sont sankaristes parce qu’ils ont salué Sankara. Non. Arrêtez ça ! Thomas Sankara, de façon claire, il avait un projet de société. Vous êtes là des partis sankaristes incapables d’exploiter cela. Il faut que les gens arrêtent !

B.O : Est-ce que parmi ces partis, il y a certains qui vous inspirent confiance ?

SKJ : Je ne suis pas là pour juger quelqu’un. Ce que je veux, c’est qu’il y ait un seul pour représenter Thomas Sankara et on va travailler ensemble pour mettre en œuvre le projet de société de Thomas Sankara. On ne veut pas qu’il y ait des comédiens qui se sentent sankaristes quand il y a seulement des élections. Pour nous, il ne faut pas que les partis sankaristes  attendent seulement les élections pour commencer à exister. Il y a des partis sankaristes qui ont des députés à l’assemblée qui gagnent des millions  par an. Est-ce qu’ils ne peuvent pas se mettre ensemble pour créer ne serait-ce qu’un forage par an ? C’est dans les actions qu’on juge les gens. Il ne faut pas attendre d’être président avant de commencer. Nous sommes des artistes et avec des amis qu’on a rencontrés en France, j’ai pu faire un forage dans un village. J’ai compris que c’était possible. Cela ne coûte pas plus de cinq millions. Alors que ces hommes gagnent plus de cinq millions par mois. C’est un minimum. J’ai discuté avec un ingénieur des BTP qui m’a fait savoir qu’avec 30 millions on peut construire un centre de santé avec des logements pour les infirmiers. Est-ce qu’ils ont besoin d’arriver au pouvoir avant de faire ça ? Qu’ils arrêtent de mentir au peuple (sa voix commence à monter). On n’a pas besoin de prendre la place de Blaise avant de commencer à travailler pour le peuple. Ils ont des millions, ils achètent des 4×4 de 50, 70 millions, qu’ils utilisent cet argent … C’est vrai qu’ils ont besoin de 4×4 pour circuler, mais ils sont d’abord des représentants du peuple. Travaillez pour le peuple. C’est en posant des actes concrets comme ça qu’on pourrait avoir de vrais opposants. Si c’est demander aux gens de venir à « la place de la révolution » (ndlr, la place de révolution s’appelle désormais place de la nationale, mais certains refusent cette appellation) pour dire on ne veut pas ceci. Mais tu as fait quoi ? C’est là où on voit les gens.

B.O : Il y a la théorie du « balayeur balayé ». Vous n’avez pas peur de cela ?

SKJ : Si on doit me balayer parce que j’ai vendu la lutte, qu’on me balaie. On ne souhaite pas être des gens qui vendent la lutte. « Balayeur balayé », si on balaie, peut-être qu’il y a des jeunes plus chauds que nous qui trouveront qu’on est trop lent. En ce moment, on cède la place. On n’a pas peur de cela. Ma seule peur, c’est qu’un jour qu’on dise que j’ai vendu la lutte. Je ne pense pas à moi, mais je pense à mes enfants.

B.O : Revenons au sankarisme. Pour ceux qui ne le connaissent pas, qu’est ce que c’est ?

SKJ : C’est un mode vie. Etre intègre, honnête, digne, travailleur. C’est ce que Thomas Sankara nous a enseigné : l’intégrité, la dignité, le travail. Il ne faut être des caméléons équilibristes, ne pas être tricheur. « Pionnier oser lutter savoir vaincre. Vivre en révolutionnaire mourir en révolutionnaire armes à la main. La patrie ou la mort nous vaincrons » (propagande du temps de la révolution burkinabè entre 1983 et 1987). C’est la patrie d’abord. Ce n’est pas une patrie où c’est un minable individu, qui a bénéficié du soutien de gens lugubres pour obtenir les devants, qui fait chier tout le monde.

B.O : On a vu le gouvernement burkinabè qui a pris des mesures après les multiples marches et mouvement sur la vie chère, le Sénat. Que pensez-vous  de ces mesures-là ?

SKJ : C’est une fuite en avant. Les histoires de boutiques témoins, c’est une fuite en avant. Vous-même qui êtes assis, honnêtement, est-ce que vous avez déjà vu des boutiques témoins ? Je n’ai pas besoin de mettre de l’essence pour rejoindre une boutique. Il faut que le gouvernement ait le courage de dire que le kilo de riz fait tant de franc Cfa partout, même chose pour l’huile, le savon le sucre. On ne veut pas de boutique témoin. D’ailleurs, mes amis me disent que la tonne de ciment coûte moins chère à Ziniaré (ndlr, ville d’origine de Blaise Compaoré) qu’à Ouagadougou. Pourquoi ? Il y a quelqu’un qui m’a dit qu’il est allé vérifier, mais tu ne peux pas acheter ce ciment et sortir de Ziniaré avec. Tu construis sur place.

B.O : Que pensez-vous de ce drame des émigrés clandestins dont le bateau a chaviré à Lampedusa ?

SKJ : Ce n’est pas la première fois qu’il y a eu ce type de drame à Ceuta. Blaise à l’époque avait dit que si rien n’était fait l’envahissement allait continuer. Mais quelque part nous sommes tous responsables de cette situation.

B.O : Comment ?

SKJ:  Nous avons échoué à convaincre les jeunes Africains de rester en Afrique. Il y a des jeunes Africains qui sont prêts à débourser deux millions dans l’espoir d’avoir un visa américain pour aller aux Etats-Unis. Si on arrive à leur démontrer qu’avec deux millions on peut devenir des hommes d’affaire dans ce pays, ils ne partiront pas. En plus, si l’Occident cesse de soutenir des dictateurs comme les Blaise, les Sassou, les Idriss et tous ces gars qui sont au pouvoir depuis des années et qui ne veulent pas partir et imposent la bonne gouvernance, vous verrez que moins de jeunes voudront partir là bas. Le fait le plus énervant, c’est que l’Occident, que ce soit l’Europe ou les Etats-Unis se soient construits grâce à l’immigration. Donc aujourd’hui, c’est inadmissible qu’on demande un visa à un citoyen du monde pour se rendre ici ou là. La Déclaration nous permet de jouir de nos libertés d’aller et venir. C’est une fois une bêtise de nos politiciens qui ont imposé ces questions de visas. C’est ce qui pousse les gens à aller se suicider de la sorte. Les Erythréens, les Somaliens, c’est parce que ça ne va pas chez eux. C’est l’Occident qui a monté l’Erythrée pour demander une séparation d’avec l’Ethiopie. Ils ont financé la guerre de l’Erythrée contre la Somalie. Au lieu que l’Ethiopie croule, elle n’a fait que monté. L’Ethiopie, ce n’est pas n’importe quoi dans l’histoire de l’humanité. C’est toujours en Afrique, qu’il y a des foyers de guerre…

B.O : Les révolutions qui ont échoué dans les pays arabes, la poussée des islamistes en Afrique noire. Est-ce que tout cela vous surprend ?

SKJ : Je n’appelle pas ça de l’islamisme, mais du fanatisme. J’ai lu le Coran. Le Coran n’incite pas les gens à la violence. Le Coran prône le respect de l’autre. Jésus dans les évangiles a dit d’aimer son prochain comme soi même. Mohamed est venu compléter cet amour par le respect, la solidarité agissante quand il dit de s’occuper de l’étranger, de la veuve et l’orphelin. La zakat qu’on fait… Le jour de la fête partager sa nourriture avec ses voisins, c’est ce que Mohamed est venu enseigner. Mais maintenant, il y a des gens qui n’ont pas lu le Coran, qui ne connaissent rien dans l’histoire de l’islam. Il y a des gens qui peuvent boire un verre de bière qui sont saouls. Il y a des gens qui peuvent finir un casier et ils sont sereins. On ne peut pas imposer un certain nombre de choses aux gens. C’est une histoire de « feeling ». C’est comme si quelqu’un vient dire « Sams’K Le Jah coupe tes dreads ». On a déjà eu ces genres de débats… Je leur dit, « tu ne connais pas la Bible, tu ne connais pas le Coran. Je porte des dreads comme les rastas. Dans l’islam il y a des gens qui portent des dreadlocks. Jésus est un africain, Mohamed est un africain. Tous les peuples sont africains parce que l’origine de l‘humanité, c’est l’Afrique. Donc arrêtez de faire de la comédie, arrêtez de dire du n’importe quoi aux gens ». Je ne crois pas que ce soit des musulmans. Pour moi ce sont des voyous. Il y a pleins de gens parmi eux qui sont des trafiquants de drogue, d’armes avec des complices.

B.O : Vous avez un message particulier ?

SKJ: C’est d’inviter les jeunes à s’inscrire au « Balai Citoyen ». « Monter vos clubs « cibals » parce que bientôt, on va lancer de grandes manifestations d’envergure nationale.  Luc Adolphe Tiao a dit qu’ils ne peuvent pas finir les délestages. On va le faire partir s’il ne peut pas le faire. On l’a mis là pour cela ». 


Déclarations choques de Thomas Sankara : Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens

Le 15 octobre de chaque année depuis 1987, les Sankaristes, ceux qui adhèrent à l’idéologie de Thomas Sankara, ses sympathisants  commémorent la disparation du l’ancien chef d’Etat burkinabè Thomas Sankara. A l’occasion du 26 anniversaire de son assassinat, je vous propose des déclarations choques du guide la révolution burkinabè.

thomas sankara
Le capitaine Thomas Sankara: « Oser inventer l’avenir »

 

« Une jeunesse mobilisée est dangereuse, une jeunesse mobilisée est une puissance qui effraye même les bombes atomiques. Il y en a qui possède les bombes atomiques et qui ont des problèmes avec d’autres peuples qui, eux, ne possèdent pas la bombe atomique, mais pourquoi ils n’osent pas l’utiliser ? Parce qu’ils savent très bien, parce qu’ils savent très bien, que dans ces peuples que osent les attaquer, ils trouvent une jeunesse mobilisée, une jeunesse à mourir.» 14 mai 1983 s’adressant aux jeunes de Bobo Dioulasso

«  Alors je continue pour dire – c’est bien à cela que je pensais – que le cinéma africain doit être aussi protégé du mauvais cinéma africain afin que le bon cinéma africain transcende et se maintienne ». Interview publiée dans Libération du 5 mars 1987.

«  Je n’y pense pas. Ca peut arriver. Mais je préfère ne pas y penser. Je me dis que coup d’Etat ou pas coup d’état, la solution résidera dans la capacité des masses à nous protéger. Bien sur quelqu’un peut sortir de la foule et tirer sur le président voilà, il est mort. C’est une chose qui peut arriver à tout moment. Le plus important c’est qu’à tout moment aussi le peuple ait besoin de chacun de nous. Parce-que nous faisons un travail utile. Nous ne marquons pas des buts à tous moment, mais nous sommes tous utiles dans l’équipe ». Jeune Afrique 4 octobre 1987 

«  La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabé ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabé mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? »  Jeune Afrique 4 octobre 1987

«  L’homme qui vit au palais y est parce qu’il a besoin de ce cadre pour des raisons de protocole et de sécurité. Mais il faut des efforts pour avoir son esprit hors du palais. C’est pourquoi je vais souvent dans les provinces voir les gens, discuter avec eux. Je dois être accessible, ce qui me permet de connaître, de comprendre certaines choses. En tant que dirigeant il vous faut être au dixième étage ce qui vous permet de voir très loin ; mais de temps en temps, il faut descendre au rez-de chaussée pour voir également dans la rue ce qu’il se passe ». Jeune Afrique In Jeune Afrique 4 octobre 1987

« La paix, c’est aussi l’Iran et l’Irak. Combats fratricides complexes, incompréhensibles ; où l’on ne sait plus qui est dans quel camp, tant les imbrications sont nombreuses. Mais où l’on peut retenir simplement que ces armes dont les cliquetis signifient la mort chantent aussi la tristesse pour les femmes, les enfants, les vieillards, ces armes-là, sont fournies chaque jour par ceux qui se nourrissent du sang des autres, par ceux qui jubilent lorsque le fer tue et que le feu brûle ». (17 novembre 1986 lors de la visite de François Mitterrand à Ouagadougou)

« L’attention des parents pour les filles à l’école devra être égale à celle accordée aux garçons qui font toute leur fierté. Car, non seulement les femmes ont prouvé qu’elles étaient égales à l’homme à l’école quand elles n’étaient pas tout simplement meilleures, mais surtout elles ont droit à l’école pour apprendre et savoir, pour être libres. Dans les futures campagnes d’alphabétisation, les taux de participation des femmes devront être relevés pour correspondre à leur importance numérique dans la population, car ce serait une trop grande injustice que de maintenir une si importante fraction de la population, la moitié de celle-ci, dans l’ignorance ». 8 mars 1987 à l’occasion de la commémoration de la journée internationale de la femme.

Nos ancêtres en Afrique avaient engagé une certaine forme de développement. Nous ne voulons pas qu’on assassine ces grands savants africains. 2 octobre 1984 à Harlem

« Nous avons, en matière d’agriculture, trois stades à atteindre : la sécurité alimentaire, l’autosuffisance alimentaire et enfin la puissance alimentaire. Au premier stade, il s’agit de faire en sorte que chaque Burkinabé puisse avoir quelque chose à manger, quelle que soit l’origine de cette production alimentaire… Ce que nous souhaitons faire par contre, c’est intensifier l’agriculture dont l’effet d’entraînement pourra être générateur d’un développement interne, endogène… L’une des tâches les plus urgentes à résoudre par notre Révolution sous peine de se retourner en son contraire est bien celle de l’éducation de nos enfants. Il faut apprendre à l’enfant à être d’abord et avant tout un être social, c’est-à-dire un homme et non un individu ». 12 mars 1985 interview accordé au journal Al Moudjahid

 

« Il faut que l’école nouvelle et l’enseignement nouveau concourent à la naissance de patriotes et non d’apatrides. Mettre un enfant à l’école doit cesser d’être perçu comme un simple placement comptable, si tant est vrai que la transformation continue des sociétés qui incombe aux générations successives comporte des éléments quantifiables et non quantifiables ». 17 octobre 1986 Appel de Gaoua surl la qualité de l’enseignement.

« Il n’y a pas de révolution sociale véritable que lorsque la femme est libérée. Que jamais mes yeux ne voient une société où la moitié du peuple est maintenue dans le silence. J’entends le vacarme de ce silence des femmes, je pressens le grondement de leur bourrasque, je sens la furie de leur révolte. J’attends et espère l’irruption féconde de la révolution dont elles traduiront la force et la rigoureuse justesse sorties de leurs entrailles d’opprimées. »8 mars 1987, Ouagadougou

« Selon la doctrine de défense de la Haute-Volta révolutionnaire, un peuple conscient ne saurait confier la défense de sa patrie à un groupe d’hommes quelles que soient leurs compétences. Les peuples conscients assument eux-mêmes la défense de leur patrie ».  Discours d’orientation politique du 2 octobre 1983

« La Révolution démocratique et populaire a besoin d’un peuple de convaincus et non d’un peuple de vaincus, d’un peuple de convaincus et non d’un peuple de soumis qui subissent leur destin ». 4 août 1987

« Si les masses comprennent mal, c’est encore de notre faute. Et il faut rectifier, nuancer, il faut s’adapter aux masses et non vouloir adapter les masses à ses propres désirs, à ses propres rêves. Les révolutionnaires « ont pas peur de leurs fautes. Ils ont le courage politique de les reconnaître publiquement, car c’est un engagement à se corriger, à mieux faire. Nous devons préférer un pas ensemble avec le peuple plutôt que de faire dix pas sans le peuple ». 4 août 1987

« En matière de biens immobiliers, je citerai d’abord un réfrigérateur, je signale qu’il est en panne (rires dans la salle). Cet appareil n’est pas actuellement à ma disposition. Il a été prêté à un couple d’amis, parce que de par mes fonctions, j’ai reçu ce matériel au palais de la Présidence. Je possède également deux téléviseurs avec magnétoscope qui sont installés à mon domicile et dans mon salon de travail. J’ai également installé un téléviseur à mon lieu de travail, parce que j’ai souvent besoin, partout où je me trouve d’être à l’écoute de nouvelles du monde (rires dans la salle). A titre personnel, je possède un salon complet et une bibliothèque qui devrait être livrée incessamment. Peut-être d’ici la fin du mois. C’est une commande personnelle. Je possède également trois guitares sèches. Je les cite parce que leur attribue beaucoup de valeur ». Déclaration des biens de Thomas Sankara devant la Commission du Peuple chargée de la Prévention contre la Corruption (CPPC) du 19 février 1987Lire le texte complet ici

« Les médias occidentaux, la presse impérialiste a souvent affirmé que le Burkina Faso était un pays surarmé. Vous avez souvent lu dans les journaux que notre pays a reçu des tonnes et des tonnes de matériel militaire. Fort heureusement, cette même presse s’est condamnée, s’est déjugée et a reconnu que le Burkina Faso était sous-équipé militairement. Ce n’est pas nous qui l’avons dit, ce sont eux qui l’ont écrit. C’est vrai, nous sommes sous-équipés, donc tous les propos qu’ils avaient répandus sur notre compte n’étaient que dénigrements. Aujourd’hui ils sont face à leurs propres dénigrements, face à leurs propres mensonges ». 3 janvier 1986

 

« D’autres avant moi ont dit, d’autres après moi diront à quel point s’est élargi le fossé entre les peuples nantis et ceux qui n’aspirent qu’à manger à leur faim, boire à leur soif, survivre et conserver leur dignité. Mais nul n’imaginera à quel point «  le grain du pauvre a nourri chez nous la vache du riche« (. ..) Analysant un tableau publié en 1983 par le Club du Sahel, Jacques Giri dans son ouvrage « Le Sahel Demain« , conclut avec beaucoup de bon sens que l’aide au Sahel, à cause de son contenu et des mécanismes en place, n’est qu’une aide à la survie. Seuls, souligne-t-il, 30 pour cent de cette aide permet simplement au Sahel de vivre ». Discours de Sankara à l’ONU le 4 octobre 1984

Je parle au nom des femmes du monde entier, qui souffrent d’un système d’exploitation imposé par les mâles. Pour ce qui nous concerne, nous sommes prêts à accueillir toutes les suggestions du monde entier, nous permettant de parvenir à l’épanouissement total de la femme burkinabè. En retour, nous donnons en partage à tous les pays, l’expérience positive que nous entreprenons avec des femmes désormais présentes à tous les échelons de l’appareil de l’État et de la vie sociale au Burkina Faso. Des femmes qui luttent et proclament avec nous, que l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère et nous en appelons à toutes nos sœurs de toutes les races pour qu’elles montent à l’assaut pour la conquête de leurs droits.  Discours de Sankara à l’ONU le 4 octobre 1984 (texte intégral)

« On parle du Plan Marshall qui a refait l’Europe économique. Mais l’on ne parle pas du Plan africain qui a permis à l’Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leurs économies étaient menacés, leurs stabilités étaient menacées. Qui a sauvé l’Europe ? C’est l’Afrique. On en parle très peu. On parle si peu que nous ne pouvons, nous, être complices de ce silence ingrat. Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous en avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l’Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme ». 29 juillet 1987, sommet de l’OUA Addis Abéba

 


Barrages Mondial 2014 : toutes les équipes ont leur chance de qualification

Les équipes africaines abordent la dernière étape des éliminatoires de la Coupe du Monde Brésil 2014 à partir du week-end du vendredi 11 octobre 2013. Dix équipes de foot : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cameroun, l’Algérie, la Tunisie, le Sénégal, l’Ethiopie, le Nigeria et l’Egypte sont en lutte pour arracher les cinq places qualificatives. Pour ce dernier tour il est difficile de faire un pronostic, car toutes les équipes ont le niveau pour se qualifier. 

Coupe du Monde 2014
(ph. Boukari Ouédraogo)

Burkina Faso # Algérie, une rencontre équilibrée

Voici une rencontre où les deux équipes pensent qu’elles ont eu un bon tirage en s’affrontant lors de cette dernière phase des éliminatoires. L’Algérie (trois participations à la Coupe du Monde) et le Burkina Faso sont deux nations sur une phase ascendante au niveau du football africain. Malgré une Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2013 ratée, pendant laquelle les Fennecs sont sortis à la grande surprise générale au premier tour, l’entraîneur des Fennecs Vahid Halilodizc a su redonner une âme à cette équipe. Le Franco-Serbe dispose d’un grand réservoir de joueurs évoluant dans des championnats de haut niveau en Europe. Sa rigueur tactique a permis aux Fennecs de se qualifier presque le doigt dans le nez à ces barrages. Le Burkina Faso son adversaire est l’équipe vice-championne d’Afrique. Les Etalons sont aussi une équipe sur phase ascendante. Ils ont remporté tous leurs matchs officiels après la CAN 2013 (Quatre victoires, dont deux à l’extérieur). Dans les confrontations entre les deux équipes, les statistiques donnent l’Algérie vainqueur avec un match amical remporté en juin (2#0) devant les Etalons. Mais lors des trois derniers matchs officiels, c’est le Burkina Faso qui est sorti vainqueur. Malgré l’absence d’Alain Traoré, les Burkinabè ont mûri et peuvent compter sur des talents comme Jonathan Pitroipa, Bakary Koné, Steeve Yago, Charles Kaboré, Mohamed Koffi, Djakaridja Koné entre autres. Leur mental pourrait leur permettre de se transcender une nouvelle fois et s’imposer dans cette double confrontation.

Jonathan Pitroipa (droite) sera l'homme à surveiller comme du lait sur le feu par les Algériens (ph. Boukari Ouédraogo)
Jonathan Pitroipa (droite) sera l’homme à surveiller comme du lait sur le feu par les Algériens (ph. Boukari Ouédraogo)

Ethiopie # Nigeria ou la première victoire de Goliath sur David ?

Sur le papier, le Nigeria (quatre participations au Mondial) devra écraser cette équipe d’Ethiopie dont le nom parmi les équipes qualifiées pour les barrages vient comme un cheveu dans la soupe selon les analystes non avisés. Mais les Walyas sont la preuve qu’il n’existe plus de petites équipes en Afrique. Le champion d’Afrique doit se méfier des « rastas » qui ont surpris tout le monde depuis quatre ans. La force de cette équipe réside dans le fait qu’il s’agit de joueurs qui se connaissent tous. Cette sélection est composée à 90 % d’éléments de l’équipe de Saint-Georges qui a disputé les phases de groupe de la Ligue des champions. Les Ethiopiens pourront prendre leur revanche face au Nigeria qui les avait battus lors de la CAN (2#0). Les champions d’Afrique en 1962, dans cette rencontre, ont été réduits en infériorité numérique.  Lors des éliminatoires de la CAN 2012, les deux formations s’étaient croisées. Si les Super Eagles ont disposé facilement du «Petit Poucet» de ces barrages à domicile (4#0), ils ont eu plus de mal au match retour (2#2). Le Nigérian est un géant du football africain habitué à participer à la Coupe du Monde. Avec leur titre de champion d’Afrique, les Super Eagles entraînés par Stephen Keshi voudront faire honneur à leur titre à Rio. Les Nigérians doivent surtout se méfier de l’altitude au match aller, mais aussi faire attention à cette équipe qui sait bien voyager. Exemple : menée face à la Centrafrique et réduite à 10, elle s’ est relevée.  Les Ethiopiens ont renversé la rencontre et se sont qualifiés (3#1) grâce à cette victoire. Le géant Nigeria doit faire attention à ce petit du football africain. Comme on le dit  « le petit marteau casse les gros cailloux ».

Côte d’Ivoire # Sénégal, le match de la revanche

Didier Drogba (ph. wikipedia)
Didier Drogba et les Éléphants doivent oublier leurs querelles de leadership (ph. Wikipédia)

Éléphants  (deux participations à la Coupe du Monde) et Lions (une participation au Mondial) se retrouvent un an après leur dernière confrontation qui s’est terminée en queue de poisson. Après un match héroïque, mais perdu à Abidjan, les Lions du Sénégal ont été humiliés sur leurs propres installations au retour à Dakar. Le public du Stade Léopold Sédar Senghor n’a pu supporter cette humiliation et s’est adonné à des actes de vandalisme. Il s’agit désormais pour Demba Bâ et ses coéquipiers de prendre leur revanche face à Didier Drogba et ses camarades. Les Éléphants connaissent de nombreuses querelles intestines dont la plus récente est celle qui oppose Tioté à Arthur Boka. Les Sénégalais pourraient profiter de ce manque de cohésion et d’unité au sein des Eléphants. Mais attention, lorsqu’il s’agit de la cause nationale et surtout de football, Didier Drogba, Yaya Touré et Didier Zokora peuvent souvent taire leurs divergences. Si pour le moment Sabri Lamouchi n’inspire pas confiance à de nombreux Ivoiriens au point d’être traité de stagiaire par certains, les Sénégalais eux ont un entraîneur expérimenté, familier du football africain. Il a connu des passages réussis au Gabon et au Mali avant d’arriver dans cette tanière.  Giresse va certainement travailler sur la psychologie de son onze pour  terrasser les Eléphants qui ont de bonnes individualités et dont les joueurs sont parmi les meilleurs du continent. Si les Sénégalais veulent se qualifier pour la Coupe du Monde, ils doivent oublier le cauchemar de Dakar. Les Lions ont également de bonnes individualités. Papiss Cissé, Moussa Sow, Dame Ndoye devraient être surveillés par les Ivoiriens. Mais dans une rencontre de ce genre, le collectif est le plus important. L’équipe la plus soudée, la plus unie pourrait sortir vainqueur de la double confrontation.

Ghana # Egypte souvenir revanche ou confirmation d’Angola 2010

Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2010. L’Egypte s’impose en finale (1#0) devant le Ghana (deux phases de Coupe du Monde). Trois ans après, les deux formations se retrouvent. Elles font partie des plus grandes équipes du continent. Après l’affiche Côte d’Ivoire # Sénégal, celle-ci est la plus alléchante. Les Black  Stars voudront prendre leur revanche. Pour cela, ils ont les arguments, car ayant l’équipe la plus homogène et dont les joueurs comme Ayew, Gyan, Badu, Essien (qui revient) etc. savent mettre leur individualité au service du collectif. Éliminé en demi-finale de la CAN 2013, le Ghana a cependant eu des difficultés à se qualifier pour ce dernier tour face à la Zambie surtout tandis que les Egyptiens ont marché sur l’eau avec six victoires en autant de matchs. Ce qui pourra faire la force des Black Stars, c’est que les joueurs ghanéens sont presque tous titulaires dans leur club en Europe tandis que le championnat d’Egypte est arrêté depuis belle lurette. Le manque de rythme pourrait être fatal aux Pharaons. Aboutreika et ses camarades pourraient être orphelins du public à cause des problèmes sociopolitiques que connaît l’Egypte. Les Ghanéens ont d’ailleurs souhaité que le match retour en Egypte se joue sur terrain neutre. Si les Égyptiens première équipe africaine à participer au Mondial souhaite se qualifier, il faudra faire un bon résultat sur le sol ghanéen. Les Brésiliens d’Afrique comme on surnomme les Ghanéens voudraient bien être sur le sol dont ils portent le nom.

Cameroun # Tunisie, encore une autre revanche en vue ?

Si en 1990, la Tunisie n’a pas participé à la Coupe du Monde, c’est justement à cause du Cameroun qui l’a éliminée lors de la double confrontation.

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Samuel Eto’o et ses coéquipiers doivent mettre leur égo de côté s’ils veulent se qualifier (ph. Wikipédia)

 

Le moment est venu donc pour les Tunisiens de prendre leur revanche. Cependant, les Aigles de Carthage ne rassurent pas. Ils ont obtenu leur qualification grâce au tapis vert contre la Sierra Leone alors qu’ils avaient perdu à domicile contre cette même formation (1#2). Mais en général, les équipes qui ont une deuxième chance savent se rattraper. Le Cameroun a généralement pris le dessus lorsqu’il affrontait la Tunisie. Malgré les nombreux problèmes que connaissent les Lions indomptables, avec notamment Samuel Eto’o qui quitte la sélection et revient quand bon lui chante, ils veulent se faire pardonner auprès de leur public après leur absence aux CAN 2012  et 2013.  Deux absences qui les ont blessés, mais un « lion blessé est encore plus dangereux ». Samuel Eto’o et ses coéquipiers doivent mettre leur ego de côté pour penser au maillot camerounais. Samuel Eto’o, le meilleur joueur africain de sa génération a toujours émis le souhait de disputer la Coupe du Monde au Brésil. Alors, il doit faire briller ses camarades en sonnant d’abord le rassemblement. Cette rencontre est celle des équipes en difficulté même si sur le papier le Cameroun part favori.  La Tunisie aussi a toutes les chances de participer à la troisième Coupe du Monde de son histoire tandis que le Cameroun recherche la sixième.


Transport en commun à Ouagadougou : Sotraco toujours bourrée, toujours en retard

Pour circuler dans une ville comme Ouagadougou, l’on a besoin forcement d’un bon moyen de transport. Marchez sous cette canicule qui sévit même au mois de décembre est difficilement supportable quand on doit parcourir une longue distance. Ceux qui n’ont pas de vélo ou de moto ont deux choix. Le bus ou le taxi. Mais je ne conseille pas le premier en l’occurrence la SOTRACO.

 

Ouagadougou bus
Arrêt de bus à Ouagadougou (ph. Boukari Ouédraogo)

 

Cette photo a été prise le samedi 7 septembre 2013 à Ouagadougou, au Centre-ville, devant la gare de bus de la Société de Transport en Commun de Ouagadougou (SOTRACO). C’était au moment même où cette entreprise de transport en commun menait une large campagne publicitaire sur l’achat d’une trentaine de bus pour mieux desservir la capitale burkinabè. C’est ce paradoxe qui m’a choqué. Arrivé au niveau de l’arrêt non loin de « La Maison du Peuple » j’ai vu cette scène et  j’ai d’abord pensé à un attroupement dû à un accident. Pas une journée sans accident à Ouagadougou. Tout le monde le sait. Lorsque je me suis rapproché, je me suis rendu compte que ces personnes luttaient pour entrer dans le bus. Après avoir fait ma photo, j’ai interrogé une jeune fille qui m’a fait savoir qu’ils attendaient le bus depuis très longtemps. C’est pourquoi chacun luttait espérer avoir une place sinon, il faudra attendre encore pendant plusieurs minutes ou plusieurs heures. Mais bien sûr, le bus ne pouvait pas contenir tout ce monde. Il fallait donc continuer la lutte. J’étais choqué de voir ces mamans lutter avec des jeunes filles et des jeunes hommes pour entrer dans un bus. Quelqu’un m’avait dit que « la galanterie s’arrête dans le bus ». J’ai compris pourquoi ce jour là.

Ces situations sont fréquentes à Ouagadougou. Les bus de la SOTRACO s’illustrent surtout par leur grand retard sur les différentes lignes. Il n’y a pas longtemps, j’étais en stage dans une entreprise locale. Je n’avais pas de moto. La distance ne me permettait pas de me rendre à vélo. (J’avais un petit vélo tout terrain en bon burkinabè). J’ai donc décidé d’y aller par le bus. Mais pendant une semaine. J’ai bavé! Jamais je n’ai été à l’heure au bureau ! J’ai commis l’erreur de me fier au programme de la SOTRAOCO que j’ai trouvé sur son site Internet.

Ce n’est pas à première fois que j’ai vu une telle scène à Ouagadougou en lien notamment avec la SOTRACO. Elles sont fréquentes. Souvent, les bus sont tellement remplis que certains passagers ont une partie de leur corps dehors. Dans de telles conditions, un accident est vite arrivé. La SOTRACO doit faire des efforts pour mettre sa clientèle à l’aise et aussi assurer une régularité au niveau des arrêts car comme on le dit bien, « le temps, c’est de l’argent ». Espérons que la trentaine de bus annoncée va permettre aux clients d’arriver plus vite et dans de bonnes conditions surtout avec la rentrée scolaire qui a sonné depuis le 1er octobre au Burkina Faso. 


Footballeur africain, donne-moi ton âge, je te dirai que tu triches

Lorsque vous demandez à un football africain quel est son âge, plutôt que de vous répondre, il vous pose la question suivante : « Mon âge de football ou bien mon vrai âge ? » Oui, bien évidemment, parce que les footballeurs africains ont deux, trois… plusieurs âges.

 

L'ancien défenseur nigérian Tarbo West a plusieurs fois été accusé de falsification sur son âge
L’ancien défenseur nigérian Tarbo West a plusieurs fois été accusé de falsification sur son âge

 

Difficile de connaître l’âge réel d’un footballeur africain. Lors des compétitions des petites catégories notamment la compétition des moins 17 de la FIFA, le constat que l’on fait en général, c’est que les jeunes représentants du continent africain sont plus costauds que leurs camarades des autres continents. Il n’y a pas longtemps, je regardais des images de la CAN 1999 des moins de 17 ans organisée en Guinée-Conakry. Le gabarit des joueurs m’a fait sourire. Ces joueurs-là n’avaient pas 17 ans !

La tricherie sur les âges est très fréquente en Afrique. Pour illustrer cela, lors de la récente Coupe d’Afrique des moins de 17 ans remportée pour la Côte d’Ivoire, neuf joueurs ont été écartés pour avoir falsifié leur âge. Les jeunes Africains qui veulent à tout prix se rendre en Europe où les attendent des contrats mirobolants n’hésitent pas à frauder sur leur âge en présentant de faux documents, de fausses identités. C’est ainsi qu’un joueur de 21 ans (de la catégorie espoir ) avec un petit gabarit, mais qui ne peut pas s’imposer avec des joueurs de son âge diminue le sien sur le papier pour jouer avec ses petits frères dans une catégorie inférieure dans laquelle il devrait en principe faire valoir ses talents. Malheureusement, cette tricherie se passe avec la complicité des fédérations, des agents de joueurs, d’entraîneurs et même de certaines autorités politiques.

Falsifier son âge pour aller en Europe

Pourquoi font-ils cela ? D’abord, cette manière de procéder permet à certaines nations d’Afrique de s’imposer dans les compétitions de petites catégories. Ainsi, des joueurs de plus de 20 ans, mais prétendant avoir moins de 17 ans se retrouvent à disputer des compétitions de cadets d’abord entre eux, et ensuite contre des enfants âgés réellement de moins de 17 ans. Mais, le jeu est faussé.

Ensuite, il y a les agents de joueurs, qui dans l’optique de placer des joueurs à l’étranger, fabriquent des faux documents pour eux. Les joueurs ne comprennent pas tout de suite que cette tricherie  ne les aide pas. Elle tue le football et le talent. Pour intégrer les centres de formation, c’est la même procédure. Des vieux joueurs qui ne seraient même pas remplaçants s’ils jouaient avec des gars de leur âge trichent pour se faire recruter. Beaucoup de recruteurs sont conscients du phénomène, sont informés, mais ferment les yeux ou même y participent !

Lorsque des agents de joueurs repèrent un joueur jugé vieux, ces derniers les aident à faire de faux documents en diminuant leur âge. Les autorités administratives y contribuent puisque ces papiers sont faits dans les mairies, les commissariats, les préfectures… Après cette étape, ils mettent tout en œuvre pour que ce joueur puisse jouer en équipe nationale des petites catégories pour être vendable.

La conséquence de tout cela, c’est que ces petits génies repérés supposément jeunes n’arrivent pas à percer au moment même où ils sont attendus.  D’abord, un jeune de 21 ans se rajeunit de  quatre ou cinq ans pour pouvoir jouer en équipe cadette se retrouve à 21 ans (l’âge du papier) avec un âge réel de 25 ou 26 ans. Sur les papiers, ils sont nés le 31 décembre. Cela permet de pouvoir participer pendant toute une année à une compétition. Les plus subtiles ou les moins malins gardent leur date d’anniversaire. Certains choisissent par erreur le 1 janvier.

La tricherie sur les âges tue le football

Il arrive qu’au moment où ils doivent être au sommet de leur carrière, ces derniers n’arrivent plus à jouer dans une équipe de haut niveau. Pour les tricheurs qui ont de la chance, le simple fait de taper le ballon chaque soir dans un pays occidental leur confère le titre de « professionnel » ! Ils ont de temps en temps, des convocations en sélections. N’arrivant plus à s’imposer en Europe, ils ont honte de retourner en Afrique. Certains parmi eux ont moins de 18 ans , mais ont un ou deux enfants.

Sinon, comment comprendre qu’à partir de 28 ans, certains joueurs africains sont annoncés vieux, alors qu’il s’agit de l’âge de la maturité, de l’expérience pour encadrer les jeunes ? A 25 ans, certains footballeurs n’arrivent plus à courir sur le terrain. Nii Lamptey, Taribo West, Rigobert Song, Adel Apoula etc. sont soupçonnés d’avoir falsifié leur âge.

Falsifier son âge fait partir des moyens pour des footballeurs africains. D’autres changent carrément leur identité. Un ami m’a d’ailleurs expliqué une fois comment cela se faisait. « A l’école, on avait un tournoi de l’USSU-BF a disputer, j’étais trop frère selon l’entraîneur pour jouer. On a donné mes papiers à un gars plus âgé d’une autre classe ». Il s’agissait en fait de deux homonymes parfaits. Ils avaient les mêmes noms et prénoms. La différence se trouvait au niveau de leur âge. J’ai posé la question à un entraîneur burkinabè. « Les enfants se font du mal. Quand ils arrivent au centre de formation avec un âge falsifié, ils subissent des entraînements des joueurs de ce niveau. Ce qui ne leur permet pas de progresser. Quand ils se blessent, ils sont soignés en fonction de cet âge. Puisqu’ils ont triché, ils prennent plus de temps pour guérir, certains rechutent d’autres sont rattrapés plus tard », confie Oscar Barro, coach du Racing Club de Bobo Dioulasso (RCB) qui reconnaît que le phénomène existe au Burkina Faso. Effectivement, je me rappelle bien qu’il n’y a pas longtemps, un joueur burkinabè dans championnat local a été suspendu pour  avoir retranché près de 10 ans sur son âge afin de jouer avec les moins de 17 ans. Autre conséquence que ne prennent pas en compte les joueurs, c’est quand trichant sur l’âge, ils perdent tous leurs documents à savoir les diplômes pour ceux qui font des études.

La falsification des âges ne concerne pas uniquement les Africains. La supercherie existe aussi en Amérique du Sud. Récemment, l’attaquant de Monaco Falcao était soupçonné d’avoir triché sur son âge. La FIFA a décidé d’introduire des tests d’Imagerie par résonance magnétique (IRM). Cela a permis de détecter certains tricheurs, mais ne semble pas résoudre le problème. Il y a des joueurs qui passent toujours à travers les mailles. En plus, l’IRM ne concerne que les joueurs de moins de 18 ans parce qu’après cet âge, l’ossification prend fin. Mais dans la catégorie junior, il n’y a aucune méthode. 


Au Burkina Faso, les vidéoclubs ont la peau dure

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, est considérée comme la capitale du cinéma africain parce qu’abritant de façon biennale le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Pourtant, beaucoup de jeunes n’ont pas vu leur premier film dans les salles de ciné, mais dans les vidéoclubs. Alors qu’avec l’avènement du numérique, l’on avait prévu la disparition des vidéoclubs, ils ont su s’adapter et refusent aujourd’hui du monde.

 

Programme de films dans un vidéo-club d'un quartier de Ouagadougou. Séance de 19 heures et 20 heures
Programme de films dans un vidéoclub d’un quartier de Ouagadougou. Séance de 19 heures et 20 heures (ph. Boukari Ouédraogo)

 

Bruce Lee, Sylvester Stallone, Jackie Chan, Arnold Schwarzenegger, ou plutôt Rambo, Terminator, ces acteurs ou ces noms de films, c’est dans les vidéoclubs que les Burkinabè les ont découverts. Les vidéoclubs au Burkina sont de petites salles de fortune érigées dans des cours souvent construites en matériaux définitifs ou à l’aide de pailles. Un téléviseur y est installé avec les lecteurs CD et DVD. Des bancs de fortune sont installés pour servir de sièges. Parfois, il s’agit de briques. 

Ces salles refusaient du monde parce que jusqu’à une certaine époque, notamment à partir de 1998 avec la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) organisée par le Burkina Faso, peu de personnes avaient une télé chez eux. Suivre donc un film avec les magnétoscopes n’était pas permis à tout le monde. Seuls quelques privilégiés pouvaient aussi se rendre dans les salles de ciné notamment le samedi.

La télévision nationale diffusait, à l’époque, les films d’action, de western ou encore de karaté uniquement le week-end. Pour se rattraper, les Burkinabè et les Ouagalais ont choisi les vidéoclubs afin de  suivre les « films où on tue », les films karaté et dans une moindre mesure, les films d’humour chaque soir.

Les « films hindous », comme le célèbre film Disco Dancer avec comme acteur principal Mithun Chakraborty, ont toujours eu la cote au Burkina.  Ceux qui possédaient des magnétoscopes n’avaient pas toujours les moyens d’acheter les cassettes DVCAM à près de 2000 francs ou la louer à 500 francs la journée. Ainsi, il est plus simple de se rendre dans un vidéoclub pour 100 francs Cfa.

Le numérique n’a pas tué les vidéoclubs

Avec la prolifération des lecteurs CD et DVD piratés notamment, l’on a prédit la mort des vidéoclubs. Les CD et DVD ne coûtent désormais plus qu’entre 400 et 500 francs Cfa. La location journalière coûte 200 francs CFA. Un lecteur peut s’acheter même à 1000 francs Cfa. En plus de cela, la gamme des films disponibles a varié. On trouve désormais des films africains, dont sont friands les Burkinabè sur le marché.  Plus besoin de rester scotché devant sa télévision pour suivre les séries indiennes, américaines, brésiliennes.  Il suffit de s’acheter un CD et de copier ces films sur son ordinateur. Avec tous ces changements, les vidéoclubs ne pouvaient pas, selon ce qui était prédit, survivre. Certains tenanciers, en prévision, ont commencé à se convertir en salle de projection de matchs européens communément appelés « Maison Canal » parce que ces matchs sont suivis principalement sur les chaînes Canal +.

Les vidéoclubs se sont pourtant adaptés au changement et le numérique est même devenu une opportunité. Auparavant aucun vidéoclub ne pouvait proposer des films africains comme Yaaba, Tilaï, Buud Yaam, Ezra…, qui  ne passaient d’habitude que sur les écrans lors du Fespaco, lorsque la télévision nationale le veut bien ou grâce aux ciné-clubs, avec les cinémas ambulants. Aujourd’hui avec la piraterie, tous ces films sont désormais disponibles.  Il fallait plusieurs semaines pour avoir de nouveaux films. Avec la piraterie, avant même qu’un film ne soit disponible sur le marché américain, il l’est dans les vidéoclubs du Burkina  Faso.

Les productions de Nollywood, les films nigérians avec les histoires à rebondissements basées surtout sur la sorcellerie, les histoires d’amour dignes des télénovelas brésiliennes, sont en train de remplacer les films hindous. L’avènement du numérique d’ailleurs offre désormais une possibilité de faire suivre des films diversifiés aux « vidéophiles » avec encore plus grande facilité que par le passé. La mort annoncée des vidéos clubs n’a pas eu lieu. Ils continuent au contraire de connaître le même engouement, sinon même plus. Pourquoi ?

D’abord, le coût abordable est la première raison. Il suffit de payer 100 francs Cfa pour suivre un film dans un vidéoclub à Ouagadougou. Ensuite, il y a l’ambiance qui règne avec les commentaires et des pronostics comme c’est le cas des matchs de football. En plus de cela, tout le monde ne peut pas avoir un lecteur vidéo chez lui et s’acheter un DVD à 500 francs Cfa. Dans les villages, le manque d’électricité dans certaines zones du Burkina ne permet pas à tout le monde d’avoir une télé et un lecteur. Ils choisissent donc les vidéoclubs. Le numérique a aussi réduit les coûts pour les tenanciers qui dépensent moins que d’habitude pour faire voir un film.

Les films pornos ont la cote dans les vidéoclubs

Un vidéoclub qui ne propose pas des films pornographiques n’en est pas vraiment un ! En fait, ce sont les films qui rapportent le plus. Mais pour un fan non averti, il ne saura jamais quand ces genres de films sont programmés. Il n’y a jamais d’affiche. Vous ne verrez jamais la pochette d’un film pornographique à l’affiche. Ils sont généralement représentés par des boîtes d’allumettes, de cigarettes ou une simple feuille vierge accrochée négligemment. Les séances commencent généralement à partir de 23 heures. Une heure à laquelle les enfants commencent à rentrer chez eux.  Et tenez -vous, ces programmations rapportent plus à un 200 francs Cfa. Car, malgré la discrétion les salles refusent du monde. Dans les salles de cinéma, les films pornos sont interdits.

Ceci donc est exemple que le numérique malgré le bouleversement qu’il a provoqué est une véritable opportunité contrairement aux craintes de départ. Malgré tout, le numérique dans le monde du cinéma fait toujours débat. Après quelques hésitations, le Fespaco a décidé d’inclure les films en numérique dans la catégorie officielle. On verra ce que cela va donner. 


Disparitions d’athlètes africains aux Jeux de la francophonie : et s’ils avaient été kidnappés ?

L’ambassade de France au Congo semble avoir eu raison de refuser au départ d’octroyer des visas aux footballeurs congolais de peur qu’ils prennent la fuite. Effectivement des athlètes ont disparu. Mais au lieu de s’inquiéter sur les sorts de ces derniers, tous les commentaires condamnent soit la fuite supposée de ces derniers ou soit tentent d’expliquer cela en accusant leurs Etats. Pourtant, il faut voir cette affaire sur un autre angle.

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Ça fait rire ou pleurer lorsque des athlètes qui sont supposés aller défendre les couleurs de leur pays prennent la fuite une fois arrivés à destination quand il s’agit d’un pays européen ou d’Amérique du Nord. Les nombreux articles ou billets de blogs que j’ai lu sur Internet condamnent, comme je le disais plus haut, ou expliquent la disparation de ces athlètes. Pour certains, il s’agit d’une honte pour l’Afrique. Les Africains de leurs points de vue ne devraient pas fuir leur pays de cette manière et accusent souvent les chefs de délégation de manquer de vigilance et de n’avoir rien fait pour éviter pareil situation. J’ai pu constater que ce point de vue ressort fréquemment dans ce billet d’une bloggeuse béninoise présente aux Jeux de la Francophonie.

D’autres analysent la disparition  sur un autre angle. Si les athlètes ont pris la poudre d’escampette c’est parce que les politiques de développement dans leur pays ont échoué. Cela est vrai puisque combien d’athlètes se plaignent des conditions d’entraînement ou de préparation dans leur pays ? Combien sont-ils ceux qui se naturalisent parce qu’ils n’ont pas le minimum qu’il faut chez eux pour être des champions ? Murielle Haouré aurait-elle remporter ses deux médailles d’argent aux Championnats du Monde s’il était resté en Côte d’Ivoire? Je dis non. 

La naturalisation des athlètes est une forme de fuite sur lesquels nous fermons les yeux même. Ça passe mieux lorsqu’on dit que X athlètes courent désormais pour un autre pays. Même si l’objectif  reste le même que ceux des « fuyard » : se faire une place au soleil.  Vous constaterez avec moi qu’on n’enregistre aucune disparition d’athlètes lors des compétitions qui se déroulent sur le continent. 

Apparemment, je suis en train de dévier de l’objectif de mon billet. Je reviens donc sur le sujet qui me concerne. En Afrique, lorsqu’on se lève et qu’on ne voit pas son voisin, son frère, son ami, quelqu’un en bref, l’on s’inquiète pour la sécurité ou la santé de cette personne. Je pense bien qu’en Occident c’est pareil puisque je n’y ai jamais été. J’estime juste. Alors un bon matin, on se rend compte que des athlètes ont disparu alors qu’ils participent à des compétitions qui peuvent changer leur vie, ce que l’on a de mieux à faire c’est de les juger sans chercher à comprendre.

 La question que je me pose, et s’ils ont été kidnappés ? Qu’est ce qui prouve qu’un méchant barbu n’a pas organisé un guet-apens à ce groupe d’athlètes. Ils pourraient ainsi, pour son propre plaisir, les mettre en compétition pour le plaisir de ses yeux et ensuite les enfermer dans une cellule. Qu’est ce qui prouve qu’un fou aligné (ça peut-être un groupe aussi) n’a pas kidnappé ces jeunes pour pratiquer sur eux des expériences scientifique? Ce serait une occasion de comprendre pourquoi les Noirs sont-ils forts en sport. Ce serait bien sûr une manière d’étudier la domination de Usain Bolt sur les 100 et 200 mètres. 

Depuis que j’ai commencé à entendre parler de disparation d’athlètes africains, jamais je n’ai encore entendu dire que l’un d’entre eux a été retrouvé et rapatrié chez lui. Au Canada, jusqu’à preuve du contraire, aucun des 106 athlètes, qui ont disparu et ont par la suite demandé l’asile,  n’a été rapatrié dans on pays. Quelque part, ces fuites arrangent quelqu’un. Des gens. 


Afrique du Sud: Le dernier combat de Nelson Mandela

Nelson Mandela est dans un état critique. C’est l’information médicale émanant des autorités sud-africaines. Cet homme qui a marqué l’histoire de l’humanité nous montre dans ces dernières heures qu’il a les germes de la lutte dans le sang.

La vie de Nelson Mandela  a été faite de combat (ph.wikimediacommons)
La vie de Nelson Mandela a été faite de combat (ph.wikimediacommons)

Nelson Mandela est maintenu en vie de façon artificielle. En d’autres termes, l’ancien président sud-africain ne vit que grâce aux machines. Mais qui aurait pu imaginer qu’avec tout ce que cet homme a subit durant toute sa vie, il aurait pu vivre jusqu’à 95 ans ?! Après avoir passé sa vie à fuir la police, les complots, les tentatives d’assassinats, voir ses frères mourir sous les coups de balles du régime de l’apartheid, passer 27 ans derrière les barreaux dans des conditions pénibles, les travaux forcés malgré la tuberculose, le cancer, la vie dans une cellule minuscule, sale, les isolations, les tortures etc. personne n’aurait pensé que Mandela aurait pu tenir pendant tout ce temps. Oui. Souffrir fait vieillir et même si elle endurcie, elle raccourcie la vie de l’homme a-t-on l’habitude dire. Mais Mandela a dérogé à la règle.
Pendant ces dernières années, pour ceux qui ne l’ont que par les médias, les livres, Nelson Mandela a montré qu’il n’était pas quelqu’un qui baissait aussi facilement les bras. Pendant ces dernières années, malgré la vieillesse, la maladie, il a toujours tenu. Plusieurs fois hospitalisé, il est ressorti victorieux face à la mort. Il ne veut pas céder aussi facilement, faisant ainsi durer le suspens car, tous mortels que nous sommes, nous savons bien que personne d’entre nous n’échappera à la grande faucheuse. Mandela le sait, et à la mort, il le dit : « tu ne me prendras pas aussi facilement ». Comme s’il s’adressait encore au système de l’oppresseur.

Même sur son lit de mort, Nelson Mandela nous donne une leçon de vie : C’est le message qu’il veut transmettre à la jeune génération après sa mort : lutter toute sa vie, ne jamais abandonner même s’il te reste une seconde de vie, même si tu as le couteau à la gorge. Car comment lutter contre la mort ? Au contraire, Nelson Mandela ose, refusant une fois de plus de jouer aux défaitistes.

La vie est combat. Tout homme que nous sommes, nous devons retenir cette leçon.  Lorsqu’on lit la biographie de cet homme, on se rend bien vite compte que ce héros n’est pas devenu ce qu’il représente pour l’humanité aujourd’hui par hasard. Il a compris très tôt que « le travail,… seul fait l’homme » pour reprendre les expressions de Flavien Ranaivo. C’est pourquoi dès son arrivée à Johannesburg, il s’est mis à travailler pour vivre et financer ses études. Pourtant, cet orphelin dès l’âge de 9 ans aurait pu finir comme un bandit de grand chemin.

Ce que Mandela a montré à l’humanité, c’est qu’il n’était pas seulement contre la ségrégation raciale, mais il s’est aussi opposé aux pratiques traditionnelles rétrogrades comme le mariage, forcé qu’il a refusé. Mandela était juste contre la domination de l’homme par l’homme. Il était pour la justice, le pardon, la paix etc. Pour couronner le tout, il cède son pouvoir à Thabo M’Beki alors que rien ne l’obligeait. Un exemple d’humilité dont pourraient s’inspirer nos chefs d’Etats.


Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel…

Pere-noel

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des jouets par milliers,

Je suis assez grand pour demander de petits souliers

Mais n’oublie pas  la flamme de la paix

Pour que les rebelles du M23 et l’armée de Kabila fument le calumet

Qu’au Mali, Ensardine, MLNA, Moujao libèrent le nord du pays

Pour que la terre de Soundiata redevienne un Maliba uni.

 

Petit Papa Noël, apporte dans ton sac assez de fric

Pour que cesse la guerre en Centrafrique

Ici, l’argent c’est le nerf de la guerre,

Même si au Bas-Oubangui, diamant, or, pétrole devaient nous éloigner de cette galère.

 

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des jouets par milliers,

Souviens toi de la situation en Palestine et en Israël, tragique

D’un coup de bâton, transformes les cœurs de pierre en cœur rouge d’amour,

N’oublie, pas à la place de ta hotte, le bâton magique

Pour soigner les âmes là bas quand tu y fera un tour

 

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des jouets par milliers

N’oublie pas de semer la graine de l’entente entre Chrétiens et Musulmans

Qu’au Nigeria, Boko Haram arrête de tuer des innocents au nom de l’Islam

Que personne ne soit stigmatisé parce qu’il est musulman

Pour Dieu, ont coulé, trop de sang, trop de larmes, tuer c’est haram

 

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des joueurs par milliers,

N’oublie pas ces milliers de jeunes cerveaux

 Qui chaque jour, à la recherche d’un emploi galèrent de bureau en bureau

Lassés de rédiger des demandes d’emploi

Elles offrent leurs corps, ils vendent leurs âmes pour travailler ici-bas.

 

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des jouets par milliers,

N’oublie pas les enfants de tout âge dans les rues, mendiants

Quelques galettes pour leur quotidienne pitance

Ils n’ont pas besoin de jouets

Mais un toit où dormir dans un lit douillet.

 

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des jouets par milliers,

Donne-nous le secret de la Démocratie au Ghana

Pour que partout en Afrique après une élection

A la place d’un bain de sang, qu’au vainqueur le perdant dise félicitation

Pour qu’à la paix, on chante Hosana.


Black Soul, l’animateur qui soigne par le reggae

Vendredi 7 septembre 2012. 20 heures temps universel à Ouagadougou. Après cinq minutes de pub, une voix grave et rock entonne un « assalam allekoum » sur les antennes de la 105.2.  C’est la voix de Black Soul, un animateur de la Radio Ouaga Fm. En plus du générique de l’émission, cette voix est facilement reconnaissable et annonce l’émission « reggae time ». Black Soul, récemment animateur de l’émission « reggaesoundflash » officie désormais sur cette station. Découverte de cet animateur engagé.

L'animateur Black Soul

Son look n’annonce rien d’un adepte du rastafari ou même du reggae. Cheveux toujours bien coiffés, chemise (ou souvent en tee-shirt) et pantalon bien repassés, rien ne laisse deviner qu’il s’agit du jeune animateur de « reggae time » sur la radio Ouaga. L’émission dure 2 heures. Mais en plus de cette émission, il anime une autre les dimanches à partir de 11 heures à savoir « Rasta Spirit ». Black Soul de son vrai nom Souleymane Koanda, a conquit la capitale burkinabè par son discours engagé, ses messages de sensibilisation et de conscientisation. Chaque instant d’animation se présente pour lui comme un médecin qui reçoit ses patients. « Je considère la musique reggae comme une clinique pour soigner les esprits» affirme Black Soul. Pas de public cible prédéfini. Il s’attaque et s’adresse à tout le monde : commerçants véreux, aux étudiants abonnés aux grèves, inscrits dans des luttes insensées, les politiciens, le système d’oppression etc. Black Soul s’inscrit dans une logique de la liberté d’expression. Ce qui a emmené certains de ses auditeurs à le surnommer « freedom fighter ». 

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Une secte se crée à la Confédération Africaine de Football (CAF)

La Confédération africaine de football a adopté le lundi 3 septembre 2012 lors de son assemblée générale, un honteux règlement stipulant que seuls les membres du comité exécutif peuvent briguer la présidence de l’instance dirigeante du football africain. Un règlement éliminant en principe le concurrent principal d’Issa Ayatou à la prochaine élection prévue en mars 2013, l’Ivoirien Jacques Anouma. Cette loi ferme aussi la porte à de nombreuses compétences amateurs du ballon rond.

Issa Ayatou président de la CAF (ph.Tunisports.net)

On peut donc dire que le plan mis en place par le président de la fédération algériennne de football (FAF) Mohamed Raouraoua pour permettre à son bras droit Issa Ayatou de poursuivre sa longévité à la présidence de la Confédération Africaine de Football (CAF) a bien fonctionné. Le bruit fait par certaines fédérations n’a rien donné. Le vote de cette loi limitative, qui dit que « tout candidat aux élections à la présidence de la Confédération africaine de football, outre les compétences nécessaires, devra être ou avoir été membre du comité exécutif de la CAF »,  s’est fait à main levé. Une astuce pour bien contrôler ceux qui s’opposeraient à cette mesure. Elle est passée comme une lettre à la poste à tel point que l’on se demandait si les voix qui s’étaient élevées contre cette proposition n’ont constituées qu’une tempête dans un verre d’eau.

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Arrêtez les propagandes, réparez nos routes

Il y a quelques semaines, je suivais le journal de 13 heures de la télévision nationale du Burkina. Elle diffusait une image sur la réfection d’une route par les autorités communales. A la fin, le présentateur saluait la réaction des autorités. Quand je fis la remarque, mes amis me firent comprendre que la veille, la télévision nationale avait diffusé un élément dans lequel, elle dénonçait l’état de cette route.

Depuis quand faut-il féliciter quelqu’un parce qu’il a fait ce qu’il devait faire ? Je me suis demandé pourquoi un si petit problème a eu besoin d’une telle médiatisation. La réponse, je n’ai pas tardé à la trouver. A l’approche des élections municipales du 2 décembre 2012, toute occasion est bien trouvée pour faire de la propagande. Sinon, plutôt que de se préoccuper d’un petit trou sur la chaussé,  il était plus indiqué que l’équipe de reportage fasse un élément sur ces nids de poules qui pullulent dans la ville de Ouagadougou provoquant des accidents. Car, l’image que j’ai vue n’est qu’un détail par rapport à la réalité. Les nids de poules ont envahis les routes. Pour en témoigner, nous avons pris l’exemple de l’avenue de la croix rouge situé dans le quartier luxueux de la zone du bois. La chaussée est tellement dégradée qu’il est presqu’impossible d’y circuler. Ceux qui n’habitent pas le quartier et qui fréquentent cette voie la nuit l’apprennent à leur dépend car pour circuler sur cette voie, il faut la connaitre par cœur. Ces nids de poules ont constitués par endroit de petits marigots. Et là, il ne s’agit que d’un quartier huppé de la ville de Ouagadougou.

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Marche royale de François Compaoré vers le palais de Kossyam

Les élections législatives et communales au Burkina Faso auront lieu le 2 décembre 2012. François Compaoré, le petit frère de l’actuel Président du Faso, Blaise Compaoré, est en tête de la liste provinciale du Kadiogo. A l’analyse, François Compaoré se trace la voie pour remplacer son ainé.

François Compaoré (ph.L'observateur Paalga)

Cette fois-ci, les pronostics semblent être bons. Un Compaoré pourrait remplacer un autre avant 2015 à la tête de la présidence du Faso. Les signes sont plus que visibles après la publication de la liste des candidats à la députation dans la province du Kadiogo dont Ouagadougou est le chef lieu. François Compaoré, le petit frère du Président du Faso Blaise Compaoré qui s’était passé de cette compétition, se contentant de son rôle de conseiller spécial à la présidence, a décidé cette fois-ci d’entrer dans la bataille. Pourquoi celui qui est surnommé « le petit président » s’implique tant dans la politique en ce moment? Quel intérêt a-t-il a se lancer à la course pour la députation ? Ce n’est certainement pas le costume de simple « honorable député » qui devrait intéresser François Compaoré. L’hémicycle n’est qu’une escale pour lui, le temps de remplacer son grand frère à la tête du « pays des hommes intègres ».

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Attaques en Côte d’Ivoire : parfum d’un coup monté

Les Ivoiriens se sont réveillés le lundi 06 août 2012 sous les coups de crépitement d’armes au camp militaire d’Akouédo (Abidjan) et aussi à Abengourou (Est de la Côte d’Ivoire). Les assaillants ont attaqué et son repartis sans être vraiment inquiétés. Ce qui emmène à se demander s’il ne s’agit pas d’un montage.

Les vieux démons font leur retour en Côte d’Ivoire. On savait bien que le pays de Félix Houphouët Boigny vivait dans une paix précaire. Mais personne n’aurait imaginé des attaques au moment où le pays préparait les festivités de ses 52 ans. L’attaque du camp d’Akouédo a fait entre 6 et 7 morts selon des sources différentes. Comment les assaillants ont-ils pu si facilement entrer dans ce camp? Défaillance sécuritaire ou mise en scène?

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Affaire Ismaël Sankara : vous-nous-fa-ti-guez !!!

Alors que je croyais qu’on allait enterrer définitivement l’affaire Ismaël Sankara, j’ai été surpris de recevoir un lien me dirigeant sur le portail lefaso.net sans un commentaire. J’ai compris que l’auteur qui a signé du nom de Bendré voulait que je jette un coup d’œil sur « Le démenti d’Ismaël Sankara », un droit de réponse à Jeune Afrique. Ce que l’auteur ne savait pas, c’est qu’il n’influencera en rien ma vision des choses à moins que ce dernier ne veuille que je réagisse.

Le rappeur Ismaël Saba dit Ismaël Sankara

Je me répéterais en disant que depuis quelques semaines, l’affaire Ismaël Sankara du nom d’un jeune artiste rappeur supposé être le fils du Président Thomas Sankara, le père de la révolution burkinabè alimentent la presse burkinabè. J’ai d’ailleurs écrit un billet « Ismaël : fils de Thomas Sankara et après ? » dans lequel je donnais mon point de vue sur cette question. Pour moi, que ce monsieur qui dit se nommer Ismaël Saba le fils de Sankara ou pas ne changerait pas mon point de vue sur le héros Thomas Sankara. Cela ne changera pas le Burkina Faso ni a fortiori le monde. Mais, en guise de commentaire (alors que j’avais oublié cette histoire évitant de lire les articles liés à ce sujet), j’ai reçu un lien signé Bendré, (je ne peux pas affirmer qu’il s’agisse du journal burkinabè Bendré ou pas) m’invitant sûrement à lire « Le démenti d’Ismaël Sankara » publié également sur le site de Jeune Afrique. De mon analyse, l’auteur a voulu me dire: « voilà, c’est tranché. Ismaël n’est pas le fils de Thomas Sankara. Le journaliste a menti. Voici la preuve». Je ne vois pas les choses de cette manière. En lisant le droit de réponse, j’ai même souri à cette question d’Ismaël Sankara au journaliste : « Si c’était vrai que j’avais dit cela, je peux donc supposer que si je lui avais aussi dit que j’étais le fils du pape, le journaliste écrirait ? » Cette partie de la question ne figure pas sur le droit de réponse publié sur le site de Jeune Afrique. Je me suis aussi demandé ce qu’aurait fait le journaliste.

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Ismaël fils de Thomas Sankara et après ?

Depuis quelques semaines, une affaire fait les choux gras de la presse burkinabè. Il s’agit du présumé fils adultérin de Thomas Sankara, Ismael dont le portrait a été publié par le journal Jeune Afrique. Si certains journalistes sont tombés à bras raccourcis sur cet écrit, la question qui se pose est de savoir quel problème y a-t-il si le guide de la révolution burkinabè a eu un enfant hors mariage. Il était un homme comme tous les autres avec ses qualités et ses défauts.  

Ismael, le pretendu fils de Thomas Sankara (afrokanlife.com)

La presse burkinabè est en ébullition depuis l’article publié par le Journal Jeune Afrique sur le supposé fils de l’ancien Président de la révolution burkinabè Thomas Sankara. Il s’agit précisément d’Ismaël Sankara. Jeune Afrique rapporte dans son portrait titré Burkina Faso : Ismaël Sankara, au nom du père ceci :

« Né le 1er avril 1987, Ismael Sankara a quitté le Burkina une semaine avant le coup de force du 15 octobre de la même année qui devait emporter son père. Pressentant sa fin, ce dernier avait décidé d’envoyer sa famille aux États-Unis. Ismael n’a que 6 mois lorsque son père est assassiné. Il grandira à Miami auprès d’une mère courage qui a vite tourné la page des événements pour se consacrer à l’éducation de ses enfants. Durant sa scolarité, il montre de l’engouement pour les sciences sociales, l’espagnol et la musique ».

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