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Les déclinaisons latines, une chanson, la honte…

Je ne vous ai encore jamais raconté la honte de ma vie avec un grand H… C’est à propos des déclinaisons latines. Désormais j’en rigole. La honte, c’était plus au départ. Mais en tout cas, je ne m’attendais vraiment pas à un tel succès !

En seconde, âgée de 14 ans, début d’année scolaire : je dois apprendre mes déclinaisons latines. Pas que la première ou la deuxième. Non non. Toutes les déclinaisons latines. De la première à la cinquième avec les modèles pour les différents genres : masculin, féminin et neutre (oui, pour faciliter la tâche, il y a 3 genres en latin).

Déjà que le latin et moi, ça fait deux… Je ne sais vraiment pas quelle idée m’est passée par la tête pour vouloir continuer cette langue au lycée ! Bref. J’ai mes déclinaisons à apprendre par cœur. Je n’ai pas trop de problèmes avec le par cœur, je fais du théâtre depuis de nombreuses années. Sauf que quand je n’en ai pas envie, c’est une autre histoire…

Me voici à me triturer les neurones pour essayer de trouver un moyen cool de les apprendre. Et là, ça fait « ding » dans ma tête : je n’ai qu’à faire une chanson ! Brel l’avait déjà fait pour la première déclinaison, me restait à faire les 4 autres.

Réalisation de la chanson des déclinaisons latines

Pour m’amuser (et aussi un peu pour apprendre), sur un ordinateur, je commence à monter les sons en chantant par-dessus avec le micro de mes écouteurs. Il faut télécharger les musiques en MP3 et après être bien coordonnée lors du chant des « déclinaisons ». Oui, je chante faux, mais peu importe, le son est pour moi seule !

Je choisis des airs, connus pour la plupart : samba, kalinka, french cancan, etc. Ne me demandez pas comment j’ai effectué le choix des airs, je n’en ai aucun souvenir !

Le son terminé, je monte une petite vidéo. Comme ça, je vois les mots en même temps que je les entends (héhé, mémoire visuelle et auditive : y’en a dans ma p’tite tête 😉).

Tout est terminé. Au final, j’ai passé pas mal de temps là-dessus au lieu d’apprendre mes déclinaisons. Je regarde ma vidéo à plusieurs reprises et, à force, les déclinaisons commencent à rentrer. Et encore maintenant, lorsque j’oublie une déclinaison latine, j’essaye de me remémorer l’air et les « paroles ». En somme, ça fonctionne plutôt bien.

Évidemment, au bout d’un moment, mon père me demande ce que je fais. Je lui montre la vidéo et il trouve ça génial. Il trouve ça tellement génial qu’il me dit que je devrais la mettre sur YouTube. Je rechigne. Quelle idée ! Je ne vais quand même pas poster une telle idiotie sur la toile !

Et puis, après tout, ça lui fera plaisir quand même à mon papa. De plus, il n’y aura sûrement que 3 bêta qui tomberont sur la vidéo. Alors autant le faire. Voici ladite vidéo, pour que vous aussi puissiez en profiter ! 😉

Un succès inespéré…

Mais, car il y a un mais, à mon plus grand désespoir, la vidéo fonctionne un peu trop bien… J’en ai un peu honte même : je chante faux, les finitions ne sont pas géniales, le travail est un peu bâclé.

Lorsqu’on tape « déclinaisons latines » sur Google, je me retrouve en 2e page. Si on fait une requête vidéo « déclinaisons » ou « déclinaisons latines » ou encore « déclinaisons latin », je suis la 1re. Pareil dans YouTube, 1re. Pour parler nombre de vues, à l’heure où je vous écris, je dépasse les 14 500 vues. Sur les derniers 28 jours, un peu plus de 1 000 vues.

Depuis le début de la publication, en 2014, j’ai seulement ajouté une image de couverture à la vidéo et modifié la description suite à certains commentaires. C’est tout.

Explication de la réussite de cette vidéo

Encore aujourd’hui, j’ai des difficultés à savoir pourquoi cette vidéo fonctionne si bien. Le référencement joue désormais, mais à la base, elle ne devait pas être très bien référencée… Ma chaîne YouTube n’est pas fulgurante : je m’en tire avec un peu plus de 20 abonnés ! 😂.

Je pense que le format joue : 3 minutes 23. C’est un bon format, ni trop long, ni trop court. Ensuite, peut-être que les airs contribuent à ce mini engouement : plutôt joyeux, entraînants, célèbres pour la plupart. Enfin le côté ludique : la police de caractères n’est pas trop « formelle », des couleurs en arrière-plan, etc.

Oui dernière idée : c’est peut-être quelque chose de recherché, les déclinaisons latines en chanson. Les autres vidéos sur le sujet sont plutôt ennuyeuses (ce n’est pas pour me jeter des fleurs, loin de là… je vous invite à aller jeter un coup d’œil par vous-même).

Si vous avez des idées quant à la réussite de cette vidéo, n’hésitez pas à les poster en commentaires !

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Mon échange Brigitte Sauzay en Allemagne, à Prien-am-Chiemsee

Afin de valider son échange Sauzay, il faut rédiger un rapport. Voici le mien, rédigé juste après mon retour d’Allemagne, en 2015.

Cet article est le deuxième d’une série de trois, retrouvez aussi L’échange Brigitte Sauzay, pour vivre 3 mois dans une famille allemande et 5 ans plus tard, que reste-t-il de mon échange Sauzay ?.

Intentionnellement, je n’ai rien modifié de mes écrits de l’époque, même si, avec le recul, certains points me semblent peut-être à relativiser. Retrouvez donc aussi mon ressenti 5 ans après mon échange Sauzay.

Échange Brigitte Sauzay à Prien-am-Chiemsee, du 2 janvier au 29 mars 2015

Introduction

L’Allemagne est un pays qui m’a plu de suite, après y avoir fait mes premiers échanges (2 semaines en juin 2012 et le second de 10 jours en août 2012). (Re)découvrir une culture ainsi que l’idée de m’améliorer dans une langue me plaisait beaucoup. De plus, cet échange Brigitte Sauzay s’intégrait très bien dans mon parcours scolaire, étant en section AbiBac.

Après une escapade de quelques jours à travers l’Allemagne avec ma famille (visite des plus grandes villes de Bavière : Nuremberg, Ratisbonne, Munich, Neuschwanstein, etc.), je suis finalement arrivée le 2 janvier à Prien-am-Chiemsee, une bourgade d’environ 10 000 habitants qui se situe sur les bords du lac de Chiemsee, au sud de l’Allemagne, en Bavière (à environ 1 heure en voiture de Munich et de Salzbourg).

Ma famille d’accueil était composée d’une fratrie de 4 enfants : ma correspondante (Georgie, 15 ans), sa petite sœur (Gita, 7 ans), son petit frère (Jonathan, 10 ans) et son grand frère (Anand, 17 ans). Les parents étaient en mariage libre : la mère vivait avec les enfants à la maison, et le père venait de temps en temps, notamment le week-end.

Georgie, ma corres, et moi, à Salzbourg en 2014 © Clara Delcroix
Georgie, ma corres, et moi, à Salzbourg en 2014 © Clara Delcroix

Nourriture et repas

Organisation culinaire d’une journée

La répartition des repas dans une journée est très différente entre l’Allemagne et la France. De plus, dans la famille, plusieurs personnes étant végétariennes, je n’ai presque jamais mangé de viande (à part la charcuterie) et pas beaucoup de repas traditionnels de Bavière ou d’Allemagne. En complément, vous pouvez consulter l’album d’images de mes repas dans la page Facebook de mémé Moniq.

Le premier repas de la journée (le petit-déjeuner, Frühstuck en allemand) était différent en semaine ou le week-end.

En semaine, il se composait de pain (pain noir ou complet ou des petits pains ronds, des Brötchen aussi appelés Semmeln en Bavière) et de confiture, de flocons d’avoine, de muesli (Müsli en allemand) ou de semoule (Griesbrei).

Le week-end, c’était le petit-déjeuner allemand typique. En plus des pains et de la confiture (et du miel, du Nutella et autres pâtes à tartiner sucrées telles que celles aux noix de macadamia et chocolat blanc), on retrouvait différents éléments : de la charcuterie (Aufschnitt en Allemand), du fromage (la plupart du temps, du fromage à pâte dure, mais on retrouve aussi du camembert, ainsi que le fameux Frichkäse ou fromage à tartiner), divers produits à tartiner comme la pâte à tartiner aux lentilles corail, celle aux oranges-raifort ou encore betterave rouge-raifort, etc.

Niveau boissons, c’est du thé, parfois avec du jus d’orange ou du café.

Les jours d’école, à l’heure de la pause, de 9 h 45 à 10 h environ, on a le Brotzeit où chacun mange son Pausenbrot, sandwich accompagné éventuellement de fruits.

Le déjeuner (Mittagessen) se prend à midi les jours de cours. La plupart du temps un seul plat principal le compose. On y ajoute quelques fois un fruit ou un dessert. Petite curiosité : le repas de midi peut très bien être sucré (riz au lait, Kaiserschmarrn, etc.). À la maison, on le mangeait plutôt entre 13 h et 16 h.

 

Un petit-déjeuner allemand traditionnel, mélange de sucré et de salé © Clara Delcroix
Un petit-déjeuner allemand traditionnel, mélange de sucré et de salé © Clara Delcroix

Pas de goûter en Allemagne, mais beaucoup de grignotage entre les repas me semble-t-il !

Le repas de soir (Abendessen) se mange entre 17 h et 22 h, mais plus généralement entre 18 h et 19 h (une fois on l’a même mangé à 2 h du matin vu qu’on rentrait du bal de fin d’année). À la maison, il se compose généralement de sandwichs (toutes sortes de choses sur la table et chacun se sert pour faire ses sandwichs) accompagnés parfois de légumes en salade (souvent de concombre). Pour compléter le tableau, j’ai mangé à de rares occasions des gratins, des pâtes, de la quiche et de la soupe (le tout sans réelle grande variété).

Spécialités culinaires de Bavière

  • Weißwurst mit Semmel : deux saucisses blanches (saucisse de veau et de porc, épicée de persil et de citron) accompagnées d’une boule de pain et de moutarde sucrée
  • Knödel (sorte de quenelle), il en existe différentes sortes (liste non-exhaustive) :
    • Semmelknödel (au pain)
    • Spinatknödel (aux épinards)
    • Kartoffelknödel (aux pommes de terre)
  • Back-Camembert : on pourrait penser camembert égale France, mais en Allemagne le camembert pané et frit est très répandu (petite précision : c’est bon, mais j’ai jamais vraiment trouvé que ça avait le goût de camembert)
  • Krapfen : beignet (le plus courant est le Aprikosen-Krapfen ou beignet à l’abricot)
  • Leberkäse : pain de viande à base de corned-beef, de lard et d’oignons
  • Butterbretzel : un bretzel coupé en deux et tartiné de beurre
  • Currywurst : la plupart du temps découpée et servie accompagnée de ketchup au curry et de frites ou d’un Brötchen
  • Topfenstrudel : sorte de chaussons aux pommes mais pas aux pommes, au Quark (sorte de fromage blanc)
  • Spätzle : sorte de pâtes, la plupart du temps revenues avec de l’oignon et du fromage
  • Dampfnudel : pain blanc ou au lait gonflé à la vapeur (personnellement, je trouvais que ça ressemblait à un pain cuit à moitié)
  • Obazda (fromage blanc, beurre et camembert mélangés et assaisonnés de poivre et de paprika)

École

En Allemagne, je n’étais pas scolarisée dans une école publique, mais dans une école Waldorf (ces écoles privilégient les activités manuelles et artistiques en complément des activités intellectuelles). Ce type d’école est beaucoup moins présent en France qu’en Allemagne (environ 10 fois moins) : 230 écoles de ce type en Allemagne contre une vingtaine en France.

Les cours commençaient tous les jours (mais le samedi, il n’y a pas d’école) à 8 h. L’école étant à moins de 5 minutes à pieds de la maison, je me levais vers 7 h. Les deux premières heures sont consacrées à l’Epoche (un cours spécifique d’une à plusieurs semaines). Par exemple une Epoche de chimie, mais il n’y a pas d’autres cours de chimie en dehors de cette période.

Cette Epoche est suivie d’un quart d’heure de pause autour de 10h, appelée Brotzeit en Allemagne, soit le temps du pain (voir la partie sur la nourriture). Après cette pause, les cours reprenaient pendant 2 Stunde (heures de cours, donc 45 minutes en Allemagne).

Nous avions ensuite la pause de midi, puis, selon les jours, 2 à 4 Stunden dans l’après-midi.

La classe est composée d’une bonne vingtaine d’élèves. Malheureusement, j’ai trouvé dommage que quasiment aucun d’entre eux n’ait tenté de discuter avec moi. Le matin, c’était à peine si 2-3 personnes me disaient bonjour. Je ne me suis donc pas fait, à mon grand regret, d’amis à l’école.

J’ai l’impression que les professeurs m’ont plutôt appréciée, vu que j’écoutais les cours et essayais même parfois de participer.

Le lac de Chiemsee, à Prien-am-Chiemsee © Clara Delcroix
Le lac de Chiemsee, à Prien-am-Chiemsee © Clara Delcroix

Loisirs

Comme ma correspondante fait de la gymnastique, je l’ai accompagnée à ses entraînements. Au début de mon séjour, on y allait deux fois par semaine, puis la fréquence a diminué à une fois par semaine pour la deuxième partie de mon séjour. Les gens étaient plutôt sympathiques, on y discutait beaucoup, mais je n’ai pas eu de nouvelles des personnes de la gym depuis mon retour.

J’ai aussi suivi un cours de danse avec l’école et ainsi participé au bal de fin d’année (Abschlussball) qui était bien.

Le soir, après les cours, Georgie allait souvent voir son petit copain s’il ne venait pas à la maison. Sinon, elle restait fréquemment dans sa chambre pour faire ses devoirs – ou autres choses – et régulièrement, elle faisait un jogging. De ce fait, je devais me trouver seule des occupations. J’avais rapporté un pull-over à tricoter, ainsi que ma guitare et de quoi dessiner.

De plus, je me suis très bien entendue avec la petite sœur de ma correspondante qui est très manuelle, comme moi. Je lui ai appris plusieurs choses en tricot et en crochet. Je m’occupais souvent d’elle le soir (vers la fin de mon séjour, aussi pour les devoirs parfois), un peu comme une jeune fille au pair devant s’occuper des enfants…

Les deux dernières semaines, je faisais parfois la cuisine, mais c’était un peu un défi pour moi avec le peu d’équipements et d’aliments que j’avais en comparaison à ce que nous possédons chez moi, à la maison.

Le week-end, nous sommes très souvent allés à Steinplatte, en Autriche. C’est une très grande station de sports d’hiver avec ses 42 km de pistes skiables, ses 13 remontées mécaniques et ses 1 120 m de dénivelée. Cela m’a permis de m’améliorer en ski et aussi de prendre confiance en moi sur la neige, car au début (par exemple) je n’osais pas sauter au FunPark (lieu avec des sautoirs), alors qu’à la fin je le faisais.

En revanche, je regrette d’avoir fait aussi peu de visites de villes, de lieux, car Munich n’était pas loin, le lac de Chiemsee, le château d’Herrenchiemsee, etc non plus. Je n’ai visité que Salzbourg, la dernière semaine, après avoir dû lourdement insister ! Mais j’ai eu raison, car c’était vraiment agréable même si le climat n’était pas de la partie. On a vu le jardin Mirabell, la maison de naissance de Mozart (ainsi que la Getreidegasse par la même occasion), la Residenzplatz, etc.

Steinplatte, station de ski autrichienne © Clara Delcroix
Steinplatte, station de ski autrichienne © Clara Delcroix

Différences France – Allemagne

  • Les passages piétons. En France, nous avons des passages piétons et des feux rouges, mais nous traversons n’importe où n’importe quand (en faisant tout de même attention à ne pas nous faire écraser). En Allemagne, on ne traverse qu’aux passages piétons et quand le feu est vert. Cette différence se remarque aussi en France lorsque je me balade avec Georgie (ou d’autres correspondantes). Elle ne fait pas attention pensant que l’on traverse réellement sans regarder (alors qu’on le fait en anticipant, sans même s’en rendre compte) et a risqué de se faire écraser à plusieurs reprises.
  • Le vélo. Le vélo est important en Allemagne. Mais quand je dis important, c’est très important. Qu’il pleuve, neige, grêle, vente ou que ce soit verglacé, on se déplace à vélo. De plus, les pistes cyclables sont sur les trottoirs, c’est-à-dire délimitées par une peinture sur le sol et interdiction aux piétons d’être sur cette zone.
  • L’eau gazeuse est beaucoup plus présente que l’eau plate. Si vous allez au restaurant et demandez de l’eau, on vous servira de l’eau à bulles ; il faut préciser si l’on veut de l’eau plate. En parlant des restaurants, l’eau est payante (et n’allez pas demander de l’eau du robinet, on vous prendrait pour un fou), ainsi que le pain (il n’y a pas de corbeille de pain sur la table).
  • Repas de midi. Les Allemands sont étonnés par notre pause de midi qui dure une heure complète et que la plupart du temps on mange pendant plus de 30 minutes.
  • Petit-déjeuner. Autre différence déjà évoquée lorsque j’ai parlé des repas : les charcuteries et le fromage au petit-déjeuner.
  • Inviter ses amis au petit-déjeuner est une coutume allemande sympathique. D’ailleurs dans ma famille d’accueil, ils sont plutôt du matin (enfin, la « grasse mat’ » le dimanche, ils ne connaissent pas, si on se lève à 10 h, c’est déjà très tard) et le soir, ils sont très vite fatigués (aux environs de 9 h, tout le monde dans les chambres et dodo !).
  • Automobiles. Sur le parking d’Aldi ou Edeka, il n’est pas rare de voir des Porsche ou des Mercedes…
  • Les bouteilles sont consignées.
  • Bises et câlins. On ne se fait pas la bise en Allemagne. Avec les personnes proches, c’est un câlin pour dire bonjour et avec les autres, on leur sert la main.
  • Les places de cinéma sont numérotées.
  • Manger des glaces en hiver, c’est normal ! D’ailleurs dans de nombreuses rues, on trouve un glacier.
  • Les Allemands ont un niveau en langues étrangères nettement supérieur aux Français.
  • Et tant d’autres…

Pour conclure, je trouve que mon séjour s’est bien passé, malgré quelques petits points négatifs dont certains sont indiqués dans les parties précédentes. Cela a enrichi mon vocabulaire allemand.

© Clara Delcroix
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5 ans plus tard, que reste-t-il de mon échange Sauzay ?

Mon échange Brigitte Sauzay, c’était il y a presque 5 ans. Mais depuis ce temps, qu’en reste-t-il ?

Cet article est le premier d’une série de trois, retrouvez aussi L’échange Brigitte Sauzay, pour vivre 3 mois dans une famille allemande et Mon échange Brigitte Sauzay en Allemagne, à Prien-am-Chiemsee.

Relations avec ma correspondante, Georgie

Après 5 années, j’ai toujours des contacts avec ma correspondante, Georgie. De temps à autre, nous nous écrivons, plus rarement nous nous appelons. Mais depuis un peu plus de 2 ans, nous ne nous sommes plus revues « en vrai ». Et même si je suis allée en Allemagne, je ne suis jamais retournée à Prien-am-Chiemsee. 😕

En tout cas, nos discussions avec Georgie, sur le plan linguistique, sont souvent amusantes. La règle du « on parle français en France et allemand en Allemagne » ne tient plus ! Désormais, il nous arrive même de parler anglais (surtout l’année dernière, lorsque j’étais en Lituanie, et que je parlais constamment anglais). Mais en général, c’est surtout un mélange de plusieurs langues qui prédomine : on utilise le premier mot qui nous vient en tête, peu importe si celui-ci est en français, en allemand ou en anglais ! 😀

En tout cas, je peux m’estimer chanceuse, car dans les personnes que je connais ayant effectué un échange Sauzay, rares sont celles à avoir gardé le contact après plusieurs années. Nombreux sont ceux à s’être plaint de leur corres, de ses habitudes de vie… À un moment, c’était presque la compétition à qui aurait la pire…

En outre, la situation géographique n’est pas pour nous aider, Georgie et moi : à vol d’oiseau, ce sont près de 750 km qui séparent Lille de Prien-am-Chiemsee, plus de 900 km par la route…

Georgie, ma corres, et moi, à Salzbourg en 2014 © Clara Delcroix
Georgie, ma corres, et moi, à Salzbourg en 2014 © Clara Delcroix

Des trajectoires différentes

Et puis, en 5 ans, nous prenons des trajectoires très différentes. Surtout dans les années terminant le lycée et celles qui suivent. On choisi son orientation professionnelle, mais c’est aussi l’occasion de partir à l’étranger : voyager, travailler, étudier…

Depuis la fin de notre échange, j’ai intégré Mondoblog, j’ai vécu une année en Lituanie, j’ai commencé à travailler (pour les Haut-Parleurs de TV5Monde, en lien avec le Labo 148 de Roubaix, mais aussi pour Radio-Campus Tours, etc.) et, cette année, je vais terminer ma licence.

Georgie, quant à elle, vient de terminer le lycée (le Gymnasium allemand) : il y a un décalage d’un an entre la France et certaines régions d’Allemagne et elle a vécu 6 mois en Inde et 6 mois à Paris, lui faisant « perdre » une année scolaire. Désormais, elle s’apprête à partir pour 6 nouveaux mois en Équateur.

L’échange Sauzay, avec du recul, bonne ou mauvaise idée ?

De mon échange Sauzay, j’en garde un bon souvenir, et même de bons souvenirs, au pluriel. Certes, tout n’était pas parfait, mais je n’ai pas de regrets. C’est une expérience que, je pense, il faut saisir si on en a l’opportunité. 😊

Être immergé dans une autre culture pendant 3 mois lorsqu’on est âgé de 14 ans, c’est quand même assez exceptionnel ! On se rend compte que tout n’est pas comme chez soi, que ce soit sur le plan culturel, scolaire ou familial. Vivre 3 mois loin de ses parents à cet âge, ça permet aussi de grandir, de mûrir, d’apprendre à se débrouiller plus ou moins seul. De prendre confiance en soi aussi.

Et sur le plan linguistique, l’allemand ?

Concernant l’allemand, comme toute langue, si on ne l’entretient pas, on oublie rapidement !

Après ma Terminale AbiBac, j’ai complètement arrêté l’allemand. Un ras-le-bol d’une part, un manque de possibilités de l’autre : dans ma licence avec l’option journalisme, seuls les cours d’anglais était possible, pas d’autre langue vivante.

Indéniablement, mon niveau d’allemand a baissé. Mais, ayant repris l’allemand cette année, je me rends compte que tout revient quand même vite ! Avec un peu de motivation et d’engagement, j’espère bien vite retrouver « mon niveau ». 😁

Et comme je l’expliquais dans le premier article de la série, encore aujourd’hui, j’ai des restes de mon séjour en Bavière. Si on me dit « Servus » pour me saluer en Allemagne, je le comprendrais sans problème. De même, il me reste parfois des bribes de prononciation issues de Bavière (comme le -ig à la fin des mots prononcé -ik, comme dans lustig ou Honig). Mais ce n’est en rien gênant ou handicapant.

Les souvenirs de mon échange Sauzay : un chapeau, mais surtout la langue allemande ! © Clara Delcroix
Les souvenirs de mon échange Sauzay : un chapeau, mais surtout la langue allemande ! © Clara Delcroix

Une sensibilité accrue aux Allemands et à leur culture ?

Pour ce point, c’est plus au moins objectif : non seulement mon échange Sauzay a influencé ma relation à l’Allemagne et aux Allemands, mais aussi la section AbiBac.

En tout cas, il est vrai que désormais, « j’accroche » facilement avec les Allemands. Je comprends bien leur culture, et je m’entends souvent bien avec eux.

L’année dernière, en Lituanie, l’une de mes meilleures rencontres était allemande : ma colocataire Natalie, avec laquelle nous sommes restées très proches depuis nos retours respectifs. Et devinez qui cette année, à l’université, a rencontré des Allemandes dans l’amphi ?

De plus, j’essaie de garder un œil sur l’actualité allemande. J’aime aller en Allemagne et il m’arrive d’écouter de la musique allemande, de lire en allemand, livres ou journaux, et je suis une grande fan de Karambolage sur ARTE. Mais comme dit précédemment, difficile de dire si tout cela est issu de l’AbiBac ou de l’échange Sauzay… sûrement un mélange des deux. 😉

Et vous, comment avez-vous vécu votre échange Sauzay ? Quel(s) souvenir(s) en conservez-vous ?

© Clara Delcroix
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L’échange Brigitte Sauzay, pour vivre 3 mois dans une famille allemande

Un échange Brigitte Sauzay permet de vivre 3 mois en immersion dans une famille allemande. Grâce à ce programme, il y a presque 5 ans, je suis partie à Prien-am-Chiemsee, au sud de l’Allemagne.

Cet article est le premier d’une série de trois, retrouvez aussi Mon échange Brigitte Sauzay en Allemagne, à Prien-am-Chiemsee et 5 ans plus tard, que reste-t-il de mon échange Sauzay ?.

Qu’est-ce qu’un échange Sauzay ?

Dans le cadre du cursus AbiBac (baccalauréat français et Abitur allemand), faire un échange nous était grandement recommandé, notamment les échanges Sauzay ou Voltaire. Si vous vous le demandez, Brigitte Sauzay était une interprète de langue allemande. Elle a notamment travaillé auprès de plusieurs chefs d’État français.

L’échange Sauzay est, en principe, réalisable en 4ème, 3ème, 2nde et 1re. En général, pour une durée totale de 6 mois : 3 mois en France et 3 mois en Allemagne (mais les plus jeunes peuvent réduire un peu la durée). Mais après, tout dépend des établissements. Le plus simple est donc de se rapproche de son enseignant d’allemand.

Pendant l’échange, l’élève vit dans une famille d’accueil : la famille de son(sa) correspondant(e). C’est l’occasion de partager le quotidien d’une famille allemande, d’un collégien ou lycéen allemand, voire de créer des amitiés outre-Rhin.

C’est aussi une bonne opportunité pour s’améliorer en langue allemande ! Pour ma part, avant l’échange, nous nous étions mises d’accord avec ma correspondante : en Allemagne nous parleront uniquement allemand, et en France uniquement français. Je connais certaines personnes qui se sont retrouvées à parler uniquement allemand ou uniquement français lors de leur échange. C’est un peu dommage, car, pour moi, l’idée est que les deux partis puissent s’améliorer.

Dernier point concernant les cours normalement suivis en France : normalement, sur la durée de l’échange, il ne faudra pas rattraper les cours français. J’ai passé quelques DS en Allemagne, mais ils étaient plus décoratifs qu’autre chose : au final, ils n’ont jamais été indiqué dans le relevé de notes de mon lycée.

Nouvelles architectures, nouveaux paysages : ici, un chalet allemand en Bavière © Clara Delcroix
Nouvelles architectures, nouveaux paysages : ici, un chalet allemand en Bavière © Clara Delcroix

Quelle durée pour un échange ?

Un échange Brigitte Sauzay, comme indiqué précédemment, a une durée totale de 6 mois : 3 mois en France et 3 mois en Allemagne. D’autres options existent. Le programme Voltaire s’effectue sur une durée totale de 12 mois : 6 mois en France et 6 mois en Allemagne. Et enfin, on peut prendre part à un programme individuel, de durée libre : par exemple 20 jours (10 jours en France et 10 jours en Allemagne) ou 4 semaines (2 semaines en France et 2 semaines en Allemagne).

Avant mon échange Sauzay, j’avais déjà fait 2 échanges plus cours avec l’Allemagne, entre ma 4ème et ma 3ème : 2 semaines à Ratisbonne et 10 jours à Francfort-sur-le-Main. Ces petits échanges sont un bon moyen pour avoir un aperçu de la vie quotidienne allemande et pour se tester dans un environnement inconnu, voire s’habituer à vivre loin de sa famille (qui peut être très déchirant selon les personnes !).

Mon échange Sauzay s’est bien déroulé : je n’ai jamais eu de gros mal du pays pendant les 3 mois, et j’étais même un peu triste de devoir (déjà) rentrer.

Concernant les échanges Voltaire, je n’ai vu que de rares personnes avec lesquelles ça a fonctionné… Je suis un peu sceptique du fait de partir seul 6 mois à l’étranger lorsqu’on est âgé de 14 ans. En général, au bout de 3 mois, ça « explosait » : il y avait des problèmes avec la corres ou la famille d’accueil, si bien que l’élève changeait de famille… et repartait pour 3 autres mois !

3 mois dans une famille, 3 mois dans une autre, puis retour en France… Pour moi, cela s’apparente davantage à deux échanges Sauzay qu’à un Voltaire…

Autre point auquel on ne pense pas forcément : un échange Voltaire, c’est certes partir 6 mois à l’étranger, mais c’est aussi partager son quotidien pendant une année complète… avec un(e) inconnu(e). Et même si on aime beaucoup la personne, ça peut-être compliqué.

Personnellement, au bout de 6 mois à côtoyer ma corres, j’avais des difficultés à la supporter. Je n’imagine même pas si ç’avait été 12 mois. J’avais juste envie de retrouver mon « indépendance », ma « liberté ». Car la corres « nous suit partout », plus ou moins : à l’école, à la maison, aux activités extra-scolaires… Et pourtant, ma corres et moi sommes encore en contact aujourd’hui, 5 ans plus tard !

Bref, vous l’aurez compris, dans certains cas un échange Voltaire peut très bien se passer, et parfois ça échoue. C’est pareil pour l’échange Sauzay. Et même les échanges plus courts.

Y a-t-il certaines régions à privilégier ?

En général, on choisi son ou sa corres sur des critères d’affinité. Mais, si on annonce à son enseignant d’allemand qu’on va faire un échange Sauzay à Prien-am-Chiemsee, sans se décomposer, son visage émet quand même un certain doute. Prien-am-Chiemsee, c’est la Bavière. Le sud sud de l’Allemagne. À côté de la frontière autrichienne : de l’autre côté c’est le Tyrol !

La région est certes magnifique : bucoliques paysages montagneux et pittoresques villages aux chalets en bois (oui, comme dans Heidi… qui se déroule dans les Grisons, en Suisse d’ailleurs). On y trouve même un resplendissant château de contes de fées au nom imprononçable : Neuschwanstein. Et puis, comment comptez-vous vous intégrer dans une région où l’alimentation est uniquement composée de bretzels, de Weißwurst, et de moutarde sucrée (süßer Senf), le tout accompagné de pintes de bière d’un litre au minimum (vive la fête de la bière de Munich, l’Oktoberfest, soit dit en passant !) ?

Et il faudra forcément apprendre à yodler (oui, les fameux yodel-a-i-ou), afin de se faire entendre au-delà des montagnes. Sans oublier, bien sûr, l’achat de vêtements locaux pour mieux se fondre dans la population locale : Dirndl pour les femmes (robe traditionelle), Lederhose (culotte de cuir), chaussettes jusqu’aux genoux et chapeau à plume pour les hommes.

Trêve de plaisanterie et de clichés (excepté le fait que la région est magnifique, ça pour le coup c’est vrai) : le gros problème pour les enseignants d’allemand, c’est l’accent bavarois. Entre r roulés et mots qui différent par rapport à l’allemand enseigné à l’école, ils s’inquiètent. Allez-vous comprendre les locaux ? Et vont-ils vous comprendre ? N’allez-vous pas revenir avec un gros accent bavarois ?

Eh bien, disons que comme pour les accents régionaux français, en général, dans les grandes villes le problème ne se pose pas trop. Et même à Prien-am-Chiemsee et ses 10 000 habitants, dans ma classe, seul un élève avait un fort accent. Désormais, je ne rencontre aucun problème pour me faire comprendre dans les autres parties de l’Allemagne, impressionnant, non ?

Bien sûr, encore aujourd’hui, j’ai des restes de mon séjour en Bavière. Si on me dit « Servus » pour me saluer en Allemagne, je le comprendrais sans problème. De même, il me reste parfois des bribes de prononciation issues de Bavière (comme le -ig à la fin des mots, comme dans lustig ou Honig). Mais ce n’est en aucun cas gênant ou handicapant.

Comment se passe un échange Sauzay ? Quelles sont les démarches ?

La première étape : trouver un(e) correspondant(e), corres pour les intimes. Parfois votre collège ou votre lycée peut vous aider. Il faut en parler à votre enseignant d’allemand.

Pour ma part, j’ai utilisé le site de l’OFAJ, l’Office Franco-Allemand de la Jeunesse. Il existe une rubrique « Petites annonces » spécialement créée dans cette optique. Cette même rubrique est aussi très utile pour trouve un(e) correspondant(e) dans le cadre d’autre échanges, plus courts ou plus longs.

Vous pouvez aussi répondre à des annonces existantes, si certaines vous intéressent. J’ai débuté mes recherches environ une année en avance, afin d’avoir vraiment le temps de trouver la personne avec laquelle ça semblait coller au mieux.

L'échange Sauzay peut aussi être un moyen de visiter d'autre villes, comme ici Salzbourg, avec le jardin Mirabell © Clara Delcroix
L’échange Sauzay peut aussi être un moyen de visiter d’autre villes, comme ici Salzbourg, avec le jardin Mirabell © Clara Delcroix

En guise d’exemple, voici l’annonce que j’avais rédigée à l’époque :

Hallo,

Ich heiße Clara DELCROIX. Ich bin ein Mädchen alten 14 Jahren (30.10.1999). Ich wohne in dem Norden von Frankreich, in Lille. Ich habe ein Fisch ohne Name. Ich habe eine Schwestern, Yseult, alten 16 Jahren. Meine Eltern raucht und meine Mutter probiert anhalten. Meine Mutter ist Deutschlehrerin und mein Vater hat ein sehr kompliziert Beruf, aus Kürzung arbeit er am Computer.

Ich liebe Natur, lesen und basteln (kochen, stricken, töpfern…). Ich mag am Computer spielen. Ich klettere und mache Leichtathletik (aber ich mag fast alles Sport). Ich mag auch dem Musik : jetz lerne ich allein Gitarre und ein bisschen Harmonika aber ich kann auch Flöte und Maultrommel spielen.

Ich habe schon zwei Austausch machen : der erste war dicht Regensburg (im Bayern) und der zweite war dicht Frankfurt. Ich habe ein gut Niveau in Deutsch, vielleicht A2 oder B1. Nächst Jahr will ich Abibac machen. Und ich will ein Program Sauzay machen am nächst Schuljahr (2014-2015) aber, wenn du willst, du kannst kommen am Frühling. Wir können auch Skype machen oder Email schreiben. Wenn der Stadt wo du wohnt nicht weit ist, wir können vielleicht uns zu treffen mehr oft 😉

Bis bald!

J’avais déjà un bon niveau d’allemand. Et peut-être bien que ma maman, enseignante d’allemand, avait relu le message avant que je ne le poste… 😉 Bien sûr, il n’était pas parfait (je m’en rends compte en le relisant maintenant). Mais ce n’est pas grave de faire des fautes ! Votre correspondant(e) en fera aussi sûrement. Et l’idée est justement de progresser.

J’ai reçu plusieurs réponses à mon annonce. Birgit, Selina, Anna, Luise, Inga, Katrin… Mais soit les dates ne correspondaient pas, soit la durée, soit tout simplement « la personne »…

Et puis fin janvier 2014, j’ai reçu le mail de Georgie :

Chère Clara

Je m’appelle Georgie et j’ai 14 ans. Une fille come toi je cherchais exactement. Je fait aussi beaucoup de sport. Toutes semaines je fais du acrobatics deux fois. J’aime faire du ski, du mountainbiking et l’escalade au de-hors. J’aime vraiment jouer du violin depuis l’age de cinq ans j’ai . Je suis avec les scouts, où j’ai appris à jouer de la guitare. Un peu je sais jouer aussi du piano. J’ai un grand frère, un petit frère et une petite sœur. Ma mère est enthnologue et mon père est manager de la culture. Je vais à la neuvième classe et il serait pour moi le meilleur pour faire l’échange dans la dixième classe dans l’anné 2015. Nous serions très heureux et tu pourais avoir une chambre privée. Nous habitons dans une petite ville prè lac de Chiemsee. Cet village est entre Munic et Salzbourg.

Donc, écrives-moi bientot

Georgie 😊

Après plusieurs mails et des échanges sur Facebook, c’était conclu : je partirai en premier dans la famille de Georgie, puis Georgie viendra en France.

D’ailleurs, j’ai l’ai laissé le message de Georgie tel quel, sans le corriger, afin de vous montrer que le niveau de langue nécessaire pour un échange Sauzay est tout relatif. Notons qu’après être venue 3 mois chez moi en Seconde, Georgie a passé 6 mois à Paris en Terminale. Au final, elle parlait le français couramment !

J’avouerai qu’à l’époque, ma principale tâche avait été de trouver ma correspondante. Point. Comme les dates nous convenaient à toutes les deux et que l’on semblait bien s’entendre, tout était bon !

Ma maman s’est ensuite occupée de l’organisation « administrative ». J’aurais donc du mal à vous indiquer précisément les démarches. En tout cas, désormais, il faut remplir un dossier d’échange, et au besoin on peut faire une demande de subvention. Mais je vous renvoie vers le site de l’OFAJ qui sera sûrement bien plus à jour que mes informations.

Alors, prêts à sauter dans le grand bain ? Ou bien avez-vous vécu cette expérience ? Qu’en avez-vous pensé ?

© Clara Delcroix


Sur les traces de Romain Gary à Vilnius, en Lituanie

Romain Gary, auteur et romancier français, est né à Vilnius, dans l’actuelle Lituanie. Mais quelles traces y a-t-il laissées ?

Tout d’abord, connaissez-vous Romain Gary ? Diplomate et romancier français, il est né sous le nom de Roman Kacew en 1914 à Vilnius, dans l’actuelle Lituanie. Mais à l’époque, Vilnius faisait partie de l’Empire Russe. Et lors de l’intégration de la Lituanie à la Pologne, Romain Gary est devenu polonais. Par la suite, il déménagera à Varsovie (Pologne) en 1926, puis à Nice (France) en 1928.

C'est de l'appartement n°4 au n°18 de l'actuelle rue J. Basanavičiaus que Romain Gary a passé son enfance à Vilnius © Clara Delcroix
C’est de l’appartement n°4 au n°18 de l’actuelle rue J. Basanavičiaus que Romain Gary a passé son enfance à Vilnius © Clara Delcroix

Sa mère était russe, de confession juive. Et elle n’avait qu’une obsession : que son fils devienne un grand homme. Petit exemple qu’on peut lire sur la quatrième de couverture de La promesse de l’aube.

« – Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D’Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es !

Je crois que jamais un fils n’a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j’essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu’elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l’Armée de l’Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j’entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports :

– Alors, tu as honte de ta vieille mère ? »

Fait notable : Gary a gagné deux fois le prix Goncourt, or normalement, c’est impossible. En 1956, son ouvrage Les Racines du ciel est primé. Et en 1975, c’est La Vie devant soi, signé sous son pseudonyme Émile Ajar qui le remporte. C’est donc le seul auteur a avoir reçu deux fois ce prix Goncourt.

La promesse de l’aube

La promesse de l'aube - Romain Gary © Clara Delcroix
La promesse de l’aube – Romain Gary © Clara Delcroix

Je dois reconnaitre qu’avant de venir en Lituanie, je ne connaissais pas vraiment Romain Gary. Peut-être avais-je déjà entendu son nom, mais c’est bien tout. Puis, j’ai cherché des ouvrages à lire en rapport avec la Lituanie, avec Vilnius, sa capitale où j’habite. Et c’est alors que j’ai trouvé La promesse de l’aube, un roman d’inspiration autobiographique que Gary a rédigé en 1960.

Il y décrit son enfance à Vilnius, puis son déménagement en Pologne et en France, et enfin son engagement militaire auprès de l’aviation militaire. Mais surtout et avant tout, c’est l’amour que sa mère avait envers lui qui y es dépeint, de manière drôle et émouvante.

« Avec l’amour maternel, la vie vous fait, à l’aube, une promesse qu’elle ne tient jamais. »

Et si vous n’êtes pas très lecture, le livre a été adapté au cinéma en 2017 par Éric Barbier.

Comme expliqué précédemment, le début de l’intrigue se déroule à Vilnius, et certains éléments sont encore bien visibles de nos jours (comme les immeubles organisés autour de cours).

Un passage m’a très vite semblé intéressant :

« Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au no 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… »

Je n’ai pas été la seule intriguée par ce passage : François-Henri Désérable a essayé de retrouver les traces de ce voisin de Romain Gary dans son roman Un certain M. Piekielny, paru en 2017.

Mais pour ma part, ce qui m’a intéressée, ce n’est pas M. Piekielny, non. Mais bien la rue Grande-Pohulanka.

Entrée dans la cour de l'immeuble où vécut Romain Gary à Vilnius © Clara Delcroix
Entrée dans la cour de l’immeuble où vécut Romain Gary à Vilnius, l’actuel 18 rue J. Basanavičiaus  © Clara Delcroix

Romain Gary à Vilnius

La rue Grande-Pohulanka, à Wilno, ou plutôt devrais-je dire Vilnius. La ville où je vis actuellement. Où est-ce donc ? Après une rapide recherche, je me rends vite compte que ce nom de rue n’existe plus dans l’actuelle Vilnius.

Toutefois, la maison natale de Romain Gary, elle, est toujours présente. Elle se situe au 18 rue Jono Basanavičiaus (ou, si on l’écrivait en lituanien : Jono Basanavičiaus gatvė 18). Parenthèse pour ceux qui connaîtraient la ville : ça se situe dans le prolongement de la rue Trakų, peu avant l’église orthodoxe de Vilnius.

Une plaque (en français et en lituanien) indique l'emplacement de l'immeuble où Romain Gary vécut avec sa mère de 1917 à 1923 © Clara Delcroix
Une plaque (en français et en lituanien) indique l’emplacement de l’immeuble où Romain Gary vécut avec sa mère de 1917 à 1923 © Clara Delcroix

À deux pas, à l’angle des rues Mindaugo et Jono Basanavičiaus, encore une trace de Romain Gary : un jeune enfant tenant une galoche entre ses mains (photo en couverture de cet article). Hum… Quel lien ?

Certains y reconnaitront un passage de La promesse de l’aube :

« C’est ainsi que mon martyre commença. Au cours des jours qui suivirent, je mangeai pour Valentine plusieurs poignées de vers de terre, un grand nombre de papillons, un kilo de cerises avec les noyaux, une souris, et, pour finir, je peux dire qu’à neuf ans, c’est-à-dire bien plus jeune que Casanova, je pris place parmi les plus grands amants de tous les temps, en accomplissant une prouesse amoureuse que personne, à ma connaissance, n’est jamais venu égaler. Je mangeai pour ma bien-aimée un soulier en caoutchouc. »

Et pour terminer ce petit tour du quartier, un restaurant a été ouvert en hommage à l’écrivain : Gary Best Food.

Romain Gary en Lituanie

Bien qu’étant né en Lituanie, Romain Gary est nettement plus populaire en France qu’il ne l’est dans ce pays balte.

Toutefois, lors du centenaire de la naissance de l’écrivain, des archives ont été rouvertes : passeport et autre certificat de résidence prouvent que Gary est bel et bien né à Vilnius. On peut retrouver tous ces documents scannés sur le site des archives nationales lituaniennes. Mais ce site étant en lituanien, ce n’est pas forcément facile pour tout le monde.

Dons si vous avez 3 minutes, ce reportage de France Inter résume bien l’ensemble :

Et voici le web-documentaire de Loïc Salfati évoqué dans le reportage ci-dessus. Idéal pour en découvrir davantage sur Romain Gary, tant sur son enfance à Vilnius que ses œuvres futures.

Et vous, connaissiez-vous Romain Gary ? L’avez-vous déjà lu ?

© Clara Delcroix
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Mardi gras en Lituanie : Užgavėnės ou le carnaval lituanien

Dans la soirée du 5 mars, j’ai pris part aux célébrations d’Užgavėnės sur la colline de Tauras à Vilnilus (Lituanie). Užgavėnės correspond au Mardi gras. Mais le but principal des festivités, c’est de chasser l’hiver et d’accueillir le printemps.

Užgavėnės se tient le jour avant le Mercredi des cendres, ce qui correspond à Mardi gras en France. En Lituanie, ce jour n’est pas férié. Aussi, on le célèbre parfois durant le week-end précédent.

À l’origine, Užgavėnės est un festival agricole, mais au début du XXe siècle, il s’est urbanisé. Et désormais il est célébré par de nombreux Lituaniens (même ceux résidant à l’étranger !). Précisons qu’il s’agit à la base d’une fête païenne, mais qui se trouvera rattaché au christianisme par la suite.

Où célébrer ? Un peu partout en Lituanie, sur la place principale des villes et villages. Toutefois, la « capitale » d’Užgavėnės n’est pas Vilnius, mais le Musée de Plein Air de Lituanie situé à Rumšiškės, pas loin de Kaunas. C’est l’endroit qui attire le plus de participants.

Beaucoup de traditions énoncées dans cet article sont d’origine samogitienne (de Samogitie, la région au Nord-ouest de la Lituanie).

Déguisements et masques : ça ressemble au carnaval

Comme pour le carnaval en France, en Lituanie, on se déguise et on défile. Et c’est une vieille tradition : certaines sources de la fin du XIXe – début du XXe siècle mentionnent que les femmes se déguisaient en homme et les hommes en femmes, et allaient rendre visite à leurs voisins.

L’essentiel lors de cette journée est de s’habiller d’une manière différente de tous les jours. Et l’idée principale est d’effrayer l’hiver (soyons laids et assumons 😛).

On trouve donc des masques plus grotesques les uns que les autres (fabriqués en écorce, peau de mouton ou autre, crânes d’animaux, papier, carton…). Mais outre les démons et sorcières, les principaux sont :

  • ours
  • crâne
  • cavalier à cheval
  • la Mort
  • chèvre
  • médecin

 

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Ci-dessus, quelques photos des festivités sur la colline de Tauras, où j’étais. D’ailleurs, j’apparais sur une photo. Me retrouverez-vous ? 😄

Dans les défilés, on trouve aussi d’autres personnages costumés. Ils représentent des groupes ethniques qui, dans la communauté agricole, symbolisaient les « autres » : les personnes qui exerçaient des professions non-agricoles. Comme :

  • Tsiganes
  • Hongrois : connus pour être médecins, dans les processions, ils proposent de vérifier l’état de santé des gens et de leur vendre des médicaments
  • Juifs : connus comme marchands, ils essaient de vendre des choses aux gens lors des défilés
  • mendiants

Ainsi que trois figures emblématiques :

  • Lašininis et Kanapinis
  • Morė

Je reviendrai plus tard sur ces deux derniers points.

Et la nourriture ?

Il est de coutume de manger 7 à 12 fois pendant cette journée (et des choses grasses !) afin de se préparer au mieux pour affronter le carême : pois, beignets, œufs, koldūnai (raviolis locaux), šaltiena (aspic lituanien, à base de porc), kiunkė (ragoût de viande et de pommes de terre)…

Mais le roi demeure le blynai ou blini en français. Peu importe qu’ils soient nature, au varskė (lait caillé) ou à base de pommes de terre, l’essentiel, c’est leur forme : ronds, comme le soleil qui va venir avec le printemps. Étonnement, il semble que cette tradition soit plutôt récente : elle serait apparue dans la seconde moitié du XXe siècle.

CC Unsplash Brigitte Tohm https://unsplash.com/photos/EIJD83grkK0
Miam, des blinis !

Lors d’Užgavėnės, les enfants et adolescents sonnent aux portes pour demander des blynai et du café. Si blynai il n’y a pas, alors on doit sortir le porte-monnaie et donner de l’argent. Bon, les enfants sont quand même tolérants et acceptent aussi les bonbons et les fruits. Un air de ressemblance avec Halloween… 😉

Chasser l’hiver, telle est l’idée !

La destruction de Morė

Une poupée de chiffon ou de bois représentant une figure féminine : voici Morė (ou Kotrė), l’effigie de l’hiver. On peut la rattacher à Morana, déesse slave de l’hiver (mais aussi des cauchemars et de la mort).

L’un des événements lors d’Užgavėnės consiste à brûler cette poupée. Bon, en réalité, l’essentiel est de la détruire, donc on peut aussi la noyer par exemple. Pourquoi ? Pour que le printemps revienne plus rapidement, pardi !

Pendant ce temps, on danse des danses traditionnelles. Et lorsque la poupée brûle, on lui crie « Žiema, žiema, bėk iš kiemo ! », qui signifie « Hiver, hiver, fuis ! »

Le combat entre Lašininis et Kanapinis

Deux autres personnages important lors d’Užgavėnės sont Lašininis et Kanapinis.

Lašininis (on pourrait traduire par porcinet) représente un homme obèse. Il personnifie la satiété et symbolise la période de Noël au mardi gras, ou plus simplement l’hiver.

Kanapinis (traduction : homme de chanvre) représente un homme très mince. Il personnifie le jeûne et symbolise la période du mercredi des Cendres à Pâques, ou plus simplement le printemps.

La tradition veut que Kanapinis combatte Lašininis, puis le vainque (le printemps l’emporte sur l’hiver). Kanapinis et Lašininis peuvent avoir des équipes qui s’opposent dans une épreuve de tir à la corde (chacun tire une extrémité de la corde).

Allez, je vous montre tout ça en image dans une petite vidéo :

On dit…

On dit que si on mange bien à Užgavėnės, on sera rassasié toute l’année. Et si on travaille toute la journée d’Užgavėnės (pas vraiment le temps de fêter dans ce cas), il n’y aura pas de repos pendant l’année et le travail ne sera pas terminé.

Pour en savoir plus sur l’histoire du festival et son évolution au fil des ans (en anglais), je vous conseille Užgavėnės: a rural and urban, religious, socialist, and Lithuanian festival of Shrovetide.

Comment se déroulent les festivités de Mardi gras dans votre pays ?


Chronique d’une française en Erasmus à Vilnius en Lituanie – n°3

On poursuit sur ces deux dernières semaines en Erasmus à Vilnius, en Lituanie. Toujours le visa russe, mais aussi des rencontres dans la rue ou au supermarché, et des températures qui descendent !

L’article précédent est ici.

Where is Drogas ?

29.11.2018

Bon je vous arrête tout de suite, Drogas n’a rien à voir avec la drogue. C’est plutôt en rapport avec les drogueries. On y trouve notamment tout ce qui a trait aux soins corporels : savon, shampoings, après-shampoings, masques en tout genre, sels de bains, crèmes hydratantes, etc.

Pour rentrer du centre ville, je prends le trolley n°2. Je peux aussi prendre le n°4, mais en l’occurrence j’étais dans le n°2. La voix du trolley (une voix de femme) annonce « Klinikų stotelė ». C’est mon arrêt !

Je sors. Je commence à partir vers ma gauche pour rentrer chez moi. Et puis non, au final, je vais à droite, je vais aller à ce supermarché RIMI où je n’ai jamais mis les pieds.

Quand soudain, une femme me tombe dessus. Elle commence à me dire quelque chose en lituanien. Mais c’est rapide, trop rapide. Et puis trop long. Je ne comprends rien !

Je sors ma phrase magique : « Atsiprašau, aš nekalbu lietuviskai. » (= excusez-moi, je ne parle pas lituanien). Et la dame semble désappointée. Elle tourne les talons mais j’ajoute « But maybe you speak English ? ». La dame se retourne : « Yes ! Hi ! Do you know where is Drogas ?
– Yes I do. Come, come, come, it’s right here. »

La dame commence à me suivre. On fait à peine deux pas qu’elle s’exclame : « But is it far ?
– No, no, really, just come here, you’ll see it ! »

Elle s’avance de quelques pas supplémentaires et aperçoit l’enseigne que je lui pointe du doigt. « Thank you very much ! Goodbye ! »

Et oui, je connais mon quartier, je peux même aider les Lituaniens à trouver leur chemin ! 😃

Un problème dont on parle trop peu : les cheveux frisés

Ceux qui me connaissent le savent : de nature, mes cheveux ne sont pas lisses. Mais je n’ai jamais pensé que je rencontrerai des problèmes avec ça en Lituanie.

Déjà, pour se fondre dans la masse des Lituaniens, c’est un peu loupé… Mais bon, ce n’est pas très important ça.

Le bon côté, c’est que tout le monde trouve ça super beau, parce que tout le monde a les cheveux lisses ici.

Mais, le mauvais côté, c’est que dans les magasins, il n’y a rien, mais alors absolument rien pour les cheveux frisés et bouclés. Je n’ai jamais vu ça.

En France, je prends limite les trucs pour cheveux afro, au moins ça hydrate bien. Mais ici… Je ne vais pas prendre un truc cheveux abîmés : ils ne sont pas abîmés ! Ils ont juste besoin d’une hydratation basique. Mais ça n’existe pas. Pas dans les supermarchés en tout cas. Et à Drogas, peut-être un ou deux produits mais c’est bien tout.

Et le problème, c’est qu’avec le froid, les cheveux dessèchent encore plus que d’habitude. Bref, nous pouvons clore cette parenthèse #ClaraSePlaint.

Les cerises congelées

29.11.2018

Suite de l’histoire précédente. Je vais donc au RIMI d’Antakalnio. C’est un supermarché pas trop loin de chez moi, mais je n’y suis jamais allée. Peut-être qu’ils vendent des produits qu’on ne trouve pas ailleurs… Qui sait ?

Petit point sur les supermarchés en Lituanie : selon si l’on va à Maxima, RIMI, Iki ou Lidl, les produits différent. Si on cherche des choses bien françaises, mieux vaut aller à Iki. Pour des produits plus allemands, Lidl, évidemment. Maxima, d’après ma prof de marketing est le plus grand supermarché en Lituanie. Mais Rimi, propose un hypermarché pas trop trop loin de chez moi (un hypermarché, c’est encore plus grand qu’un supermarché), et on y trouve vraiment de tout !

Disons qu’à côté de chez moi, les supermarchés sont très nombreux. Ce n’est pas ça qui manque. Mais dans l’ensemble, ils restent très petits (ça me fait penser aux Aldi et Lidl français) et on retombe toujours plus ou moins sur les mêmes produits, surtout en ce qui concerne les fruits et légumes !

Revenons à nos moutons. Dans ce Rimi, je commence à regarder tous les rayons. Je passe devant les bandelė (brioches et autres pâtisseries, on en trouve dans tous les supermarchés pour 3 francs 6 sous), puis le pain et j’arrive aux produits frais.

Une vieille dame m’apostrophe : « Atsiprašau ! » (= excusez-moi). Je lui réponds « Aš nekalbu lietuviskai… » (= je ne parle pas lituanien). Mais la dame me regarde avec insistance. Et moi, ça m’embête de ne pas pouvoir l’aider.

La dame me dit alors « frozen » (oui oui, en anglais 🙃) et je comprends le problème : elle n’arrive pas à attraper un paquet. Mais lequel ? Je pointe du doigt des cerises congelées et demande « Šita ? » (= ça ?). La dame répond « Taip, taip ! » (= oui, oui !). Ouf, c’est le bon paquet ! La dame est trop heureuse, elle s’exclame « Ačiū labai ! Ačiū ! » (= merci beaucoup, merci !). Je ne sais pas dire « de rien » en lituanien, donc je me contente de faire un grand sourire et je pars.

Service de traduction – épisode 2

30.11.2018

Je vais tout d’abord récupérer ma traduction au bureau de poste. Ça va, il n’a pas oublié ma tête depuis hier. Je lui demande si c’est bien 8 €. Oui, c’est ça. Je sors mon dernier billet, un billet de 5 €, puis je vais chercher le reste dans mes pièces. 1 € et 1 €. Hum. Je n’avais pas très bien vu en comptant mes sous avant de partir, j’avais vu une pièce de 2 € et une pièce d’1 €. Oups.

Est-il possible de payer par carte de crédit ?
– Non…
– Vous savez où il y a un distributeur dans le coin ?
– À GO9, le gros centre commercial de Gedimino. [C’est à deux pas.]
– Je peux laisser mon sac et tout ici, je reviens dans un instant ?
– Oui, oui, pas de problème. Vous pouvez m’apporter un billet de 10, j’ai 2 €.

Hop hop hop, me voici à chercher le distributeur, montant au 1er étage, demandant à des commerçants… en fait il est au -1. Je retire de l’argent et retourne à mon bureau de traduction. Je récupère ma traduction.

Ils ont traduit mon nom par « Клара Мариеке Эдвиге Делкройх« . Si vous savez lire le russe, vous comprendrez que c’est une traduction lettre pour lettre et donc qu’à l’oreille ça ne sonne pas trop pareil… Soit.

Direction le centre de demande de visa.

Visa pour la Russie – épisode 2

30.11.2018

La dame d’hier n’est pas là. C’est un monsieur. Je lui présente mes documents. Il est étonné : j’ai tous les documents, je n’ai rien oublié ! (Pour une fois…)

On discute un peu. Une dame le rejoint. Elle ne parle pas anglais (le monsieur traduit en russe pour elle). On commence à discuter sur les prénoms en français. Oui, en Lituanie, ça les étonne toujours que j’ai trois prénoms : Clara, Marieke et Edwige. Même dans mon adresse mail pour l’université, il se sont plantés : marieke.delcroix@université machin truc chose…

Donc à chaque fois, j’explique que c’est la tradition en France, nous recevons les prénoms de nos grand-mères. Mais dans mon cas, ce sont juste des prénoms comme ça, parce que mes grand-mères s’appellent en réalité Monique et Jeanne.

Voilà. Le monsieur m’explique que la Russie est un très beau pays. Et que je pourrai même perfectionner mon Russe là-bas parce que Moscou et Saint-Pétersbourg, ce sont des villes où on tombe facilement amoureux (ah, Nathalie de Bécaud)… Quoique, Paris n’est pas mal non plus pour tomber amoureux.

30 minutes après mon arrivée, je paye les 56 € de frais de visa et je repars. Je pourrais récupérer mon passeport avec visa à partir du 10 décembre, c’est ouvert de 9 h à 17 h.

Quand je récupérerai mon passeport, je ne dois pas oublier un document spécifique. Le monsieur se souviendra de moi, mais bon c’est la procédure, alors ne pas oublier le document !

Et le froid s’empare de Vilnius

30.11.2018

Depuis plusieurs jours, le mercure est descendu à -7°C. Par contre, la température ressentie, elle, est à -14°C. Brrr… Et dire que ça va encore descendre. -20°C, voire -30°C…

La neige recouvre les trottoirs et s’ils ne sont pas assez salés, on manque de déraper. Alors on adopte un style pingouin pour marcher. 😅

Par contre la Néris (la rivière qui coule dans Vilnius), s’est parée de blocs de glace pour un effet des plus beaux.

Les blocs de glace dans la Néris © Clara Delcroix
Les blocs de glace dans la Néris

Visa pour la Russie – épisode 3

04.12.2018

9 h 40. Je suis en train de prendre mon petit déjeuner, sur le point de partir en cours. Mon téléphone sonne. *Imaginez l’accent russe* « Clara Marieke Edwige ?
– Yes, it’s me.
– Yes, the embassy is asking us some documents to prove that you’re really going to Kaliningrad.
– Bus ticket, is it okay ?
– Yes, sure !
– I also have the booking confirmation from the hostels.
– Yes, bring everything that you can ! »

~ Interlude : le cours de marketing ~

Je me dépêche de partir du cours, et pars vers le centre de demande de visa. En chemin, j’imprime mes documents à Copy1 (Antakalnio g. 50, à côté de Šilo tiltas). 0,56€.

Au centre des visas, je présente tous mes papiers (toutes les réservations de bus et d’auberges de jeunesse), le monsieur (avec son accent russe) me dit : « Yes, it’s perfect. Everything is here. And it was really quick. Perfect ! We’ll bring it to the embassy right now ! »

Tout est ok, je me dépêche pour ne pas être en retard à l’école française.

Et un peu de nourriture pour finir

Les découvertes de la semaine en terme culinaire.

  • Želė tortas : littéralement, un gâteau de gelée. En gros, du varskė (lait caillé) gélifié avec des morceaux de gelée aux fruits dedans
  • Varškės apkepas : à mi-chemin entre le cheesecake et le gâteau, à base de varskė (lait caillé)
  • Varškės pyragas : gâteau à base de varskė (lait caillé)
  • Grybukai : des biscuits en forme de champignon
  • Kūčiukai : des petits biscuits au pavot, spécifiques pour la saison des fêtes de fin d’année (on peut les manger dans du lait, comme des céréales)

On se retrouve la semaine prochaine pour de nouvelles aventures. 😉


Chronique d’une française en Erasmus à Vilnius en Lituanie – n°2

Oups, petit mea culpa pour commencer : je n’ai pas écrit ma chronique la semaine dernière ! Qu’à cela ne tienne, me revoici cette semaine. Par contre, écrire deux semaines en un article, ça fait un article… très long ! Donc je divise en deux parties.

Tout d’abord, le lien de la chronique précédente.

Panne d’appareil photo

22.11.2018

Depuis mon voyage à Riga, mon appareil photo est en panne. Il me dit « erreur carte mémoire ». Soit. Je vais à FotoFoto (Švitrigailos g. 11b), une boutique de photo où ils ont vraiment de tout. J’y étais passée samedi 17, mais le réparateur n’est là qu’en semaine. Aujourd’hui, c’est jeudi soir. J’arrive vers 18 h 40, je viens directement après mon job d’animatrice à l’école française.

« Ah bah en fait le réparateur est déjà parti. Il part à 17 h. » Ils regardent quand même mon appareil photo. « Ça peut provenir de ci ou de ça… On peut le mettre sur la file d’attente du réparateur. Pour l’instant c’est au plus deux semaines d’attente. Ça coûte 20 €. S’il y a une pièce à changer, on vous déduira cette somme du montant total. » Marché conclu. Je paye. Je pars.

5 minutes me séparent de l’arrêt de bus. Je suis presque arrivée et m’apprête à prendre le trolley. Mais un pressentiment. Je vais vérifier que j’ai ma carte de transport au cas où il y a des contrôleurs… Pas de portefeuille… Tête de linotte, tu as dû l’oublier au magasin !

Retour à la boutique de photo. Pourvu que ce ne soit pas fermé, il est très peu après 19 h. Ils ferment à 19 h. Ouf, il y a encore de la lumière. J’entre. « Hi ! It’s me again. I think I forgot… » Je regarde vers le comptoir. « Yes, I did. I forgot my… my wallet. Thanks, bye ! »

Ah là là, quand on n’a pas de tête…

Et un appareil d’occasion

J’en ai profité pour demander au monsieur où acheter un appareil photo d’occasion. Il m’a conseillé de regarder sur skelbiu.lt (le bon coin local, c’est génial !). Je trouve un Pentax K20D pour 150 €. Je contacte le vendeur. Le lendemain, 23 novembre, je récupérerai l’appareil.

Les services d’immigration, encore et toujours

23.11.2018

Le 22 novembre, je reçois un mail en lituanien. « Jums siunčiamas dokumentas Nr. […] Data 2018-11-22 » Oui, j’ai coupé le numéro de référence de mon dossier, ce sont les trois petits points entre crochets. Trois pièces-jointes sont attachées. Évidemment tout est en lituanien. Je demande à une amie lituanienne si ça veut dire que je peux récupérer le papier aux services d’immigration. Elle me dit que oui.

Le 23 novembre, je me rends à nouveau au central de police (Naugarduko g. 100), qui abrite aussi les services d’immigration. Je récupère mon document. La dame m’explique quelque chose en anglais. Je ne comprends pas tout. Je comprends « in two weeks » et « Antakalnio ».

Du coup, je lui demande si elle parle des services d’immigration près d’Antakalnio (oui, il y a deux trucs différents pour l’immigration, je n’ai toujours pas compris pourquoi). Elle confirme. Je lui demande si je recevrai un mail. Non, pas de mail. Je rendrai donc visite aux services d’immigration d’Antakalnio à partir du 7 décembre.

Mémé a compris comment mon adresse fonctionne en Lituanie

23.11.2018

Ah, une lettre dans la boîte aux lettres : c’est pour moi ! C’est la carte d’anniversaire de mes grands-parents. Avec près d’un mois de retard. Il faut dire que mémé a eu quelques difficultés avec mon adresse lituanienne. Mais bon, mémé n’a pas été la seule à avoir du mal avec mon adresse en Lituanie. Donc je vais vous expliquer comment les adresses fonctionnent.

En gros, l’adresse se compose comme suit (non, ce n’est pas mon adresse, ni celle de quelqu’un que je connais) :

Prénom Nom
Antakalnio g. 45-12
Vilnius 10325
LITHUANIA (en anglais pour un courrier international, mais LIETUVA dans une adresse en lituanien)

Prénom, Nom, ça se passe d’explications.

Antakalnio c’est le nom de la rue. Le « g. » signifie « gatvė » (= rue). Mais on peut aussi trouver « pr. » pour « proskpektas » (= avenue), par exemple Gedimino pr. pour Gedimino prospektas (la grande avenue de Vilnius, les Champs-Élysées locaux à une moindre échelle), et sûrement d’autres choses.

Mais quand on parle avec des Lituaniens, on dit tout simplement Gedimino, Trakų, ou Konstitucijos. Inutile de préciser si c’est une rue, une avenue ou autre. Et c’est aussi valable pour les adresses postales. On pourrait écrire « Antakalnio 45-12 » sans problème.

Nous arrivons aux numéros. Dans mon exemple, 45 c’est le numéro du bâtiment. Et 12 correspond au numéro d’appartement dans le bâtiment. Donc, oui, il faut écrire les deux numéros – et dans le bon ordre ! Sinon le courrier a quelques difficultés pour arriver, en effet.

À noter : un bâtiment peut avoir plusieurs entrées. Une entrée pour les appartements 1 à 30, une deuxième de 31 à 60 et une troisième de 61 à 90 par exemple.

Ensuite le nom de la ville, le code postal, le pays. Rien de bien spécifique.

Et les étages ?

Tant qu’on est dans le bâtiment, un autre élément très perturbant : les étages. Si on se donne rendez-vous au 1er étage, et bien on parle du rez-de-chaussée en Lituanie ! Donc un Lituanien qui se plaint de devoir aller au 3e au étage va uniquement au 2e étage. Et quand au début, j’ai dit à tout le monde que j’habitais au 4e étage sans ascenseur, c’était le 5e étage sans ascenseur pour les Lituaniens. Ils ont vraiment du se dire que je ne savais pas compter. 😅

Je ne vous raconte pas la galère dans les ascenseurs ! Quel numéro choisir ? Ça demande toujours un instant de réflexion (bon, après 3 mois, je commence quand même à m’y faire). Mais a priori, dans ces mêmes ascenseurs, il n’y a pas d’étage 0, on passe du 1 (le rez-de-chaussée, donc 0 en France) au -1 (1er sous-sol). Je n’ai jamais vérifié, je devrais le faire.

Et Decathlon débarque en Lituanie

24.11.2018

Bon, c’est pas l’événement le plus important du siècle, mais à mes yeux ça compte. Decathlon, MA boutique, débarque en Lituanie. Dire qu’en France j’habite à quelques kilomètres du Decathlon Campus de Villeneuve-d’Ascq, qui est un très très gros Decathlon, l’un des plus grands du monde, si ce n’est le plus grand. 😌

Le 24 novembre, Decathlon a donc ouvert ses portes pour la première fois en Lituanie, à Vilnus. L’adresse : Vikingų gatvė 5 (c’est pas loin d’Ikea). Il faut que j’y fasse un tour. Ce n’est pas encore fait. Mais c’est sur ma « to do list » (une « to do list » longue comme le bras, mais bon…).

Une ampoule à changer, c’est si compliqué

27.11.2018

Mes bailleurs (1home) ne sont pas très efficaces. Nous avons pour contact une dame pas très compétente.

En gros, dès notre arrivée dans l’appartement, nous remarquons deux éléments qui clochent avec mes colocataires :

  • le support de douchette est cassé (le truc qui permet de chanter « Il pleut, il pleut bergère… » sous la douche parce que la douchette est en l’air donc ça fait comme de la pluie)
  • notre boîte aux lettres est ouverte, elle n’a pas de serrure et nous n’avons pas de clef pour la fermer

Mon colocataire estonien avait déjà envoyé un mail en arrivant, en juillet, pour signaler ces problèmes. L’agence ne bouge pas le petit doigt.

À notre arrivée, ma coloc allemande, mon coloc allemand et moi-même décidons d’envoyer un nouveau mail à la dame (notre contact). « Le réparateur va passer. » Bien. Nous attendons. Mais le réparateur ne donne pas signe de vie.

Les problèmes durent

Le 10 septembre, je reçois un mail des supérieurs de la dame : une enquête de satisfaction. Je ne me démonte pas : je dis que c’est bien, mais qu’il y a ces deux problèmes. Ils me répondent, demandent plus de détails, et me disent que ça va être réglé (18 septembre).

5 novembre. Toujours rien de réparé. Je relance la supérieure. Le 8 novembre, je reçois une réponse : ils ont rappelé à notre contact (la dame incompétente) qu’il fallait réparer notre support de douchette.

Par contre, pour la boîte aux lettres, je suis obligée de vous copier-coller la phrase réponse : « The letterbox lock is open so that all of you can get access to the mail:) ». C’est du foutage de gueule ou bien ? Je veux dire… il y a d’autres moyens pour que nous ayons tous accès à notre boîte aux lettres. Je ne sais pas moi… Installer une serrure et nous donner la clef ? Ça peut être une bonne option, non ? Parce que là oui, c’est sûr, on n’y a tous accès, mais pas que nous en fait : tout l’immeuble y a accès !

Finalement, le 15 novembre : oh magie, le réparateur est là et il répare le support de douchette. La boîte aux lettres reste un mystère non élucidé.

On revient à l’ampoule

Pour en arriver au 27 novembre. Je fais la cuisine et je vois la lumière qui commence à clignoter, puis s’éteint. L’ampoule a claqué (je ne suis pas électricienne, mais je peux garantir à 99,9% la véracité de cette affirmation). J’envoie un mail à notre charmante dame incompétente. « Le réparateur passera dans la semaine. »

J’ai demandé à ce que ce soit plus rapide qu’avec la douche.

4 décembre. La semaine est passée, le réparateur non. Je renvoie un mail, un peu plus énervée, expliquant que ce n’est pas très pratique de cuisiner dans le noir (on n’a pas de fenêtre dans notre cuisine). J’attends la réponse.

ISIC, carte étudiante internationale

28.11.2018

Je me suis enfin décidée à acheter mon ISIC (carte étudiante internationale) parce que ma carte étudiante lituanienne n’arrive pas (oui, ça fait 3 mois que j’attends, ils ont quelques soucis de production).

Je me renseigne auprès de ESN Vilnius University. Ils s’occupent des étudiants internationaux et sont vraiment géniaux. Ils sont très rapides à répondre et sympas qui plus est.

Je reçois donc ma réponse : « ISIC you can buy in Gedimino str. 1. 2 floor, the company is called Kiveda. Also you can visit ISIC site. There are more options for sure. »

Je me rends donc sur le site et complète un formulaire en ligne. À l’écran, il s’affiche que je peux récupérer ma carte à Kiveda. Je vais à Kiveda.

Les gens sur qui je tombe sont désagréables au possible. En fait, la carte n’est pas prête, ils doivent la produire. Je n’ai pas tout compris. J’attends et quelques minutes plus tard, voici ma carte. La dame me dit « Ten euros ! ». J’explique que je n’ai pas besoin du titre de transport donc que normalement je dois payer 9 €. Elle me rabroue « Yes, it’s what I said : 9 €. ».

Je paye et me dépêche de partir. Au moins j’ai une carte pour prouver mon statut étudiant.

Visa pour la Russie – 1er épisode

29.11.2018

C’est décidé, au mois de janvier, je pars en Russie. Au programme : Moscou, Saint-Pétersbourg et Kaliningrad (si quelqu’un a des conseils sur ces destinations, c’est bienvenu 😊).

Mais pour aller en Russie, il faut d’abord obtenir son visa. Partout, tout le monde dit que c’est très compliqué de rassembler tous les documents soi-même. Bah, en réalité, ce n’est non plus pas la mer à boire.

La liste des documents, pour moi, française en Lituanie, en 2018 :

  • Mon passeport avec minimum 2 pages vides et une copie de la page avec ma tête, mon nom, etc.
  • Un formulaire en ligne, rempli, imprimé, daté, signé et où on colle une photo d’identité
  • Une lettre d’invitation en Russie, ou « voucher »
  • Une assurance qui couvre les frais médicaux et le rapatriement
  • Et comme je suis française : le document qui certifie que j’ai le droit de résider en Lituanie jusqu’au mois de juin (celui que j’ai récupéré aux services d’immigration)

J’apporte tous mes documents au centre de demande de visa. La dame du guichet regarde mes documents. Tout est bon, sauf celui qui certifie mon droit de résider en Lituanie. Il est en lituanien, il faut le traduire en russe.

Le bureau de traduction

Je vais donc directement au bureau de traduction situé dans la Poste Centrale (Gedimino pr. 7), à gauche après l’entrée. Une Lituanienne me l’a conseillé. Oui, la 1re fois que j’ai dû traduire des documents du français en lituanien pour les services d’immigration, j’ai payé 49 € pour 2 pages. Un peu abusé.

Je présente mon document à traduire en russe au monsieur. Il le regarde. Il me demande si je suis française (à cause de mon nom, Delcroix), puis si j’ai déjà une traduction de mon nom en russe. Euh… pour le coup, non !

Moyennant 8 €, je pourrais récupérer ma traduction le lendemain.

Je demande s’il a besoin de ma carte d’identité ou de mon passeport pour mon nom. « Non, non, je me souviendrais de vous, c’est bon. »

Et le lien vers la chronique suivante. Si vous avez des questions, n’hésitez pas, les commentaires sont là pour ça ! 😉


En Lituanie, histoire d’une république pas comme les autres

S’étendant sur 0,6 km2, Uzupis est l’un des plus vieux quartiers de Vilnius. Actuellement, c’est surtout l’un des plus chers et prestigieux de la capitale lituanienne. Ce ne fut pas toujours le cas. La gentrification y est allée de son œuvre. Retour sur l’histoire peu commune d’un quartier de bohème devenu république des artistes.

Quartier des moulins, banlieue pauvre, à proximité des maisons closes… À l’époque, Uzupis était loin d’acquérir sa renommée. Vint le régime soviétique. Le quartier est délabré, abandonné. On n’ose même plus y mettre les pieds. Sa réputation ? Le quartier le plus dangereux de la capitale. Et cette étiquette lui colle à la peau jusque dans les années 2000.

Toutefois, l’Académie des arts de Vilnius à est à deux pas d’Uzupis. Et dans les années 90, les étudiants squattent le quartier. Ils commencent à s’installer illégalement dans les maisons vides, établissant leurs ateliers dans les caves et les greniers.

Un livre photo repose sur un piano © Clara Delcroix
Uzupis est un quartier de bohème, peuplé de nombreux artistes © Clara Delcroix

En 1991, c’est la chute de l’URSS. Les statues des dirigeants soviétiques sont détruites. Seuls résident les piédestaux, vides. Dans la rue K. Kalinausko de Vilnius, un buste de Lénine est démoli. À la place, on y érige celui de Frank Zappa, star du rock américaine. Ne vous y méprenez pas, Frank Zappa n’a aucun lien avec la Lituanie : il ne l’a même jamais visitée ! C’est avant tout un symbole de liberté – et une prémisse de l’indépendance d’Uzupis.

2 ans plus tard, le 1er avril 1997, Romas Lileikis et Tomas Čepaitis ont l’idée de faire d’Uzupis une république : l’indépendance est proclamée. R. Lileikis devient président à vie et T. Čepaitis ministre des Affaires étrangères (tous deux auto-proclamés). Le siège du gouvernement – qui est aussi le Parlement – est situé dans l’Užupio kavinė, un café. Mais c’est plus un canular qu’autre chose (on est le 1er avril pour rappel).

Une galerie d'art dans le quartier d'Uzupis © Clara Delcroix
À Uzupis, les œuvres sont présentes dans la rue, mais aussi dans les nombreuses galeries © Clara Delcroix

Et la République d’Uzupis s’installa

Sauf que… plus de 20 ans après, le canular dure et l’indépendance (bien que non reconnue officiellement) est célébrée tous les 1er avril.

Uzupis a son évêque, et une reine est élue chaque année. Seul critère de sélection pour cette dernière : être joliment assise sur son trône. N’importe qui peut devenir ambassadeur ou consul d’Uzupis, en laissant un message sur le site internet de la République par exemple. À une époque, Uzupis avait une dizaine de soldats, mais ils n’existent plus : le pays est pacifique, il serait donc étrange d’avoir une armée.

Et bien évidemment, la République d’Uzupis possède son hymne, son drapeau, sa devise (« Ne triomphe pas, ne te défends pas, ne te rends pas. »), sa monnaie (l’EuroUzh, 1 EuroUzh = le prix d’une bière dans le café-parlement = 2,20 €), et on peut y faire tamponner son passeport.

La constitution d'Uzupis existe aussi en français ! © Clara Delcroix
La constitution d’Uzupis existe aussi en français ! © Clara Delcroix

La constitution d’Uzupis a été écrite en 1998 (en 3 heures). Elle mérite qu’on y attache plus de temps. Ses 41 articles sont affichés sur les murs de la rue Paupio dans une trentaine de langues. Exemples d’articles :

  • 3. L’Homme a le droit de mourir, mais ce n’est pas un devoir
  • 12. Le chien a le droit d’être un chien
  • ou encore 37. L’Homme a le droit de n’avoir aucun droit.

Mais le plus simple, pour comprendre Uzupis, c’est bien d’y aller !

Tout a été réalisé dans le cadre d’un travail pour l’Académie ESJ Lille.


Chronique d’une française en Erasmus à Vilnius en Lituanie – n°1

Je suis à Vilnius, en Lituanie depuis plus de deux mois désormais, et je me rends compte que je n’écris pas beaucoup sur mon blog… alors qu’il m’arrive plein de petites anecdotes ! Je vais donc essayer de faire une chronique hebdomadaire avec toutes ces histoires. 😊

Le magasin de photos

12.11.2018

Je veux imprimer des photos pour les envoyer à mes grands-parents. Oui ma grand-mère s’est plainte auprès de mon père : a priori, je ne lui enverrais pas assez de courrier !

Je vais donc à la boutique de photos. J’énonce ma phrase en lituanien, toute belle, bien préparée : « Labas vakaras, ar kalbate angliškai? »

Mais non, le monsieur de la boutique de photo ne parle pas trop trop anglais, il le fait comprendre avec sa tête.

Du coup pour demander d’imprimer les photos, je dis : « Uhm… “tch-tch” foto ? », en montrant la clef USB (oui « tch-tch » c’est le bruit de l’imprimante).

Le monsieur dit : « Tomorrow. » Je m’apprête à partir. Mais le monsieur me fait comprendre qu’il peut transférer les photos sur l’ordinateur, mais qu’elles ne seront pas imprimées avant demain.

Je donne la clef USB. Le monsieur commence l’importation.

Je dis : « Small. » Bah oui, je ne vais pas prendre des photos grand format, elles ne rentreront pas dans l’enveloppe. Mais le « small », le monsieur ne comprend pas. Donc j’écris « 9*13 » sur son smartphone, les dimensions de la photo en somme. Le monsieur acquiesce.

Pour payer, le monsieur dit : « vienas keturiasdešimt », ou quelque chose comme ça. 1,40€, il le montre sur sa calculette. Je paie.

Vient le moment où il demande : « Vardas? » Ah oui, le nom. En général, avec « Delcroix » ils ont un peu du mal en Lituanie, ça doit être un peu trop français. Je sors donc mon portefeuille, sous l’œil intrigué du monsieur, et prend le premier document qui vient : mon permis de conduire. Je montre mon nom. Le monsieur commence à écrire D-E-L-C-Z-O-… ça part en cacahuète. Il ne termine pas d’écrire et dit : « Gerai, gerai ». Ça veut dire que c’est bon. Je pars, je pourrais récupérer mes photos demain.

Bah oui, c’est sûr que des Français, on n’en croise pas tous les jours dans la petite boutique de photos d’Antakalnio 73, le « Fotocentras ».

Les photos imprimées et mon nouvel investissement : une théière © Clara Delcroix
Les photos imprimées et mon nouvel investissement : une théière ©Clara Delcroix

La poste restante

13.11.2018

Je vais à la poste pour demander s’il offre un service de poste restante (sur une demande de mon papa).

À la poste, il faut demander un ticket à la machine. Il faut donc sélectionner pourquoi on vient à la poste. Heureusement la machine parle anglais. Je sélectionne « Information ». Le petit ticket s’imprime : 907.

Un écran affiche les numéros avec le guichet auquel il faut aller. Je patiente. Mince, le monsieur qui parle anglais ne semble pas être là aujourd’hui. Oui, à force d’aller à la poste, je connais les différentes personnes qui y travaillent (la poste est à deux pas de chez moi, Antakalnio g. 75).

907. « Ah, c’est mon tour ! »

Je ne suis jamais tombée sur cette madame, alors je tente : « Labas vakaras, ar kalbate angliškai? » La dame fait signe moyen-moyen avec la main. Je poursuis quand même en anglais (on ne sait jamais) : « Do you offer the poste restante service? » (je vous assure, ça se dit comme ça en anglais).

La dame s’adresse en lituanien aux autres gens qui attendent. Au début je ne comprends pas. Je pense que c’est parce que le bureau de poste va bientôt fermer et qu’il y a trop de monde qui attend.

Mais ensuite je comprends. Je ne peux vous dire exactement ce que la dame a dit, mais la traduction revient plus ou moins à : « Est-ce que quelqu’un parle anglais ? »

Un monsieur s’avance. Je lui dis : « Hi! », le monsieur répond : « Hi! », je poursuis : « I want to ask her if they offer the post restante service here. » Le monsieur est perplexe. Je réessaie : « Poste restante *prononciation à l’anglaise* ? Poste restante *prononciation française* ? » Non, définitivement, ça ne passe pas.

Donc j’explique : « When you don’t have a mailbox, can you receive letters in this post office? » Le monsieur traduit à la dame. La dame répond. Le monsieur me traduit : « You can rent a mailbox here. » Il pointe des boîtes aux lettres du doigt. Je demande : « And what’s the price for this? » Le monsieur demande donc à la dame : « Kokia kaina? » La dame répond, le monsieur traduit : « It’s 4€ per month. » Je dis « Ačiū, viso! » à la dame, puis « Thanks, goodbye! » au monsieur.

Bref, ils ne semblent pas avoir la poste restante dans ce bureau de poste. Je tenterais ma chance autre part.

Petit problème de prononciation sur un nom un peu trop français

13.11.2018

Je me rends dans une banque pour récupérer ma carte étudiante, la LSIC ou LSP (oui, je ne l’ai toujours pas, et au final ils ne l’avaient pas encore). Donc la dame me demande mon nom. Aïe !

Une banque à Vilnius © Clara Delcroix
Attendre dans la banque pour récupérer sa carte étudiante ©Clara Delcroix

C’est un problème récurant. Les lituaniens sont incapables de prononcer mon nom de famille correctement. Mon prénom ça passe toujours. Clara, c’est relativement international. Ça existe aussi en allemand, en anglais, en espagnol, en russe… Je vous l’accorde, ce n’est pas tout à fait la même prononciation, mais ça reste relativement proche (le r bien dur, à la française, en général c’est pas trop ça).

Mais Delcroix, aïe aïe aïe…

Déjà, quelle idée de mettre un i après un o. C’est censé se prononcer comment ? Vous allez me dire : « C’est évident, on dit [wa] ! » Oui, mais vous êtes francophones. Pour les autres, c’est une autre histoire…

Et puis le x à la fin. Qu’est-ce qu’il fait là lui, hein ? S’il est là, c’est sûrement qu’on le prononce… Bah non ! En gros, désormais, je m’appelle Dilecroïxe. Mais, bon, je m’en amuse, ça ne me dérange pas plus que ça ! 😉

Un cours de maths… après une courte nuit !

14.11.2018

Quand on est en Erasmus, on est à l’étranger avant tout pour étudier. Mais je dois avouer que les réveils à 6 h 30 sont parfois (souvent ?) difficiles. Petit illustration avec ce cours de maths…

Clara regarde l’heure.

« Il est 37, le prof termine son cours en retard, nous sommes censés partir à 30… C’est étrange… »

Clara regarde à nouveau l’heure.

« Mince, en fait il n’est que 10:37, et on termine à 11:30. Tout s’explique ! »

Pas de bise, mais des bisous sur la bouche ?

15.11.2018

Lors d’une discussion avec une lituanienne, j’apprends que les lituaniens peuvent s’embrasser sur la bouche lorsqu’ils sont très très proches (je parle ici d’une relation amicale, et non amoureuse).

Je le poste sur Facebook et au final c’est un peu controversé… Certains lituaniens s’exclament que c’est faux, d’autres que c’est un mensonge !

Alors vrai ou faux ? Ça dépend avant tout des personnes, et des familles… S’embrasser avec ses parents semble ce qu’il y a de plus courant. Mais, oui, oui, c’est aussi possible avec des amis (mais sûrement bien moi courant).

Petite histoire rapportée par une française. Son copain (lituanien) est danseur. Il danse avec les mêmes filles depuis qu’ils sont tous très jeunes. Ils se connaissent donc très bien et sont très proches. La première fois que cette française accompagne son copain à la danse, elle le voit embrasser toutes les filles sur la bouche. Je vous laisse imaginer sa réaction !

Mais je vous rassure, en temps normal, c’est plutôt le câlin qui prime avec les amis.

Pour les services de migration, je suis le n°810, citoyenne de l'Europe © Clara Delcroix
Pour les services de migration, je suis le n°810, citoyenne de l’Europe ©Clara Delcroix

Les services d’immigration à Vilnius

16.11.2018

Comme je reste en Lituanie plus de trois mois, bien que citoyenne européenne, j’ai besoin d’un certificat. De son nom complet : « pažymą Europos Sąjungos valstybės narės piliečio teisei laikinai gyventi Lietuvos Respublikoje patvirtinti » en lituanien, « certificate confirming the right of the citizen of the EU Member State of temporary residence in the Republic of Lithuania » en anglais, ou en français « certificat qui atteste le droit d’un citoyen d’un pays membre de l’UE de résider temporairement dans la république de Lituanie ».

Rien de bien compliqué pour obtenir ce papier… encore faut-il avoir tous les documents, et les traductions si nécessaire ! Passeport (ou carte d’identité), carte européenne d’assurance maladie, contrat de location pour l’appart, lettre de l’université, extrait de compte bancaire… je pense que je n’ai rien oublié (dans le cadre d’un Erasmus, après ça dépend de la situation de chacun).

Mais j’ai quand même dû m’y rendre à 3 reprises afin de pouvoir tout rassembler (c’est aussi mon manque d’organisation qui doit jouer ici). Et il m’a fallut faire traduire l’extrait de compte bancaire. Mais ensuite, c’est très rapide : un formulaire à remplir et hop ! C’est tout bon !

Sous deux semaines, je vais recevoir un mail m’indiquant que je peux récupérer le papier. Ouf ! Parce que l’Office des migrations (Migracijos valdyba) se situe dans le commissariat central, Naugarduko g. 100. Et ce n’est pas la porte d’à côté pour moi !

En bonus : un peu de nourriture

Cette semaine, j’ai acheté du fromage fumé fermenté et c’est très bon. Un goût particulier, mais pas forcément très fort. À tester accompagné de pain noir (et du beurre selon le goût) !

Le fromage fumé fermenté sur du pain noir © Clara Delcroix
Le fromage fumé fermenté sur du pain noir ©Clara Delcroix

J’ai aussi eu la (mauvaise) idée d’acheter une baguette. Elle ressemblait aux baguettes pour la fondue (elle était rassie quoi). Mais ce que j’ai trouvé plus amusant, c’est qu’il y avait un « mode d’emploi » sur l’emballage : comment croquer la baguette (et non la couper au couteau).

L'emballage de la baguette © Clara Delcroix
L’emballage de la baguette ©Clara Delcroix

Sur ce je vous laisse. N’hésitez à me poser des questions si vous en avez, sinon on se retrouve la semaine prochaine pour de nouvelles anecdotes ! 😉

La chronique suivante, c’est par ici.

© Clara Delcroix


Comment se saluer à l’étranger ? Sans la bise, c’est étrange…

La bise… une action aussi insignifiante qu’importante. Elle vient presque à nous manquer à l’étranger, à nous, Français.

En Allemagne, pas de bise mais des câlins

Dans mon esprit reste gravée à jamais ma première rencontre avec Georgie, ma correspondante allemande. J’avais alors 15 ans. On se connaissait depuis plus d’un an. Certes, par écran interposé, mais quand même !

Si Georgie avait été française, je lui aurais fait la bise lors de notre première rencontre. Mais Georgie n’est pas française. Bien entendu, je savais qu’à l’étranger la bise n’est pas de coutume. Mais faire un gros câlin (« umarmen« ) à quelqu’un qu’on rencontre pour la première fois, ça m’a fait -et me fait toujours- une drôle d’impression.

Avec Georgie, disons que ça passait encore : on se connaissait bien et on allait passer 6 mois ensemble dans le cadre de notre échange Sauzay. Mais même à l’école, pour se saluer le matin, l’accolade était de mise. Même avec les gens qu’on n’aime pas trop.

C’est étrange. En France, on fait la bise à tout le monde (ou presque). L’étreinte, quant-à-elle, reste réservée aux personnes qui nous sont les plus proches. Mais en Allemagne, c’est le contraire.

En Lituanie : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Oui, les étrangers ne font pas la bise, je le sais. Donc désormais, en Lituanie, rebelote ! Ils ne font pas la bise. Mais c’est encore plus complexe qu’en Allemagne je trouve.

En Allemagne, c’était une accolade, point. En Lituanie, on a le choix : une accolade, un check, un coucou de la main, ou même une bise (mais que sur une joue). Tout dépend du degré de proximité, du lieu où on se trouve, du contexte… Je l’ai appris à mes dépens.

Première rencontre

La première Lituanienne que j’ai rencontrée, c’était Lina, quelques jours après mon arrivée. Là encore, on se connaissait depuis peu, par écran interposé. Lorsqu’elle arrive vers moi, elle ouvre grand ses bras. « Ok, c’est comme en Allemagne : un câlin ! ». Jusque-là, tout va bien.

À la fac

Puis sont arrivés les cours à la fac. Et en réalité, c’est très pudique. On se contente d’un simple check ou d’un coucou de la main. Le matin, un simple coucou de la main ? C’est presque vexant pour moi… Pas de contact physique, ça me semble vraiment froid.

En France, un simple coucou de la main, ça signifierait :

  • dans le meilleur des cas : « Hey coucou tu es là ! Attends je viens te faire la bise. »
  • la version fatiguée : « Coucou collectif : j’ai la flemme de faire la bise à tout le monde. »
  • le « Je ne t’aime pas donc je ne te fais pas la bise donc je te fais coucou. »
  • peut-être d’autres choses, mais disons que la bise est plus courante

En dehors de la fac

Sauf que ces mêmes gens à qui on fait coucou à la fac, si on les voit en dehors de la fac, on ne fait plus coucou ! Selon le moment, les codes sont différents.

Et tout ça prête à confusion… Un vendredi soir, on doit se retrouver avec Valerija (je précise qu’elle a fait un Erasmus en France, donc elle connaît la bise 😄). Je vois sa tête s’avancer, comme pour faire la bise. Ni une ni deux dans mon esprit : « Ah ok, on fait la bise ! »

Mais non ! Le premier côté, jusque là, tout va bien. Le second côté, elle s’exclame amusée : « Okay, let’s do it the french way ! » Traduction : ok, faisons-le à la française. Bah oui, il ne fallait faire qu’une joue…

En dehors de la fac, on passe donc au câlin ou à la bise sur une joue… Ou un coucou ! Ça dépend de la personne et du lieu. C’est vraiment compliqué et je ne sais jamais quoi faire.

Ces étrangers qui font la bise « pour s’amuser »

À plusieurs reprise, il m’est arrivé qu’un étranger me fasse la bise. « Pour faire comme les Français ». Sauf que ce n’est pas comme avec les Français… Et c’est maintenant que j’en arrive aux bises loupées. Ces bises où les joues ne se touchent pas ou encore celles où les mouvements de tête sont exagérés… Enfin, bref, la bise c’est bien français !

Et je comprends totalement que cette même bise peut sembler déroutante pour les étrangers (aussi déroutant que de ne pas la faire pour moi !). Exemple en vidéo.

Vous avez aussi des anecdotes avec la bise à l’étranger ? N’hésitez pas à les raconter en commentaire.


1er mois d’Erasmus à Vilnius, le temps passe vite !

Je suis arrivée le 27 août à Vilnius, il y a bientôt un mois. Déjà un mois ! Ça correspond à 1/3 de mon échange Brigitte… en Allemagne. Mais en un mois, il peut s’en passer des choses !

Soit dit en passant, je me rends compte que je n’ai aucun article sur ce fameux échange Brigitte Sauzay… À corriger au plus rapidement !

En un mois, ma chambre est devenue mon petit nid douillet. La fatigue quotidienne commence à se dissiper. Je cherche moins mes mots en anglais (mais il arrive que je fasse encore et toujours répéter 4 fois la même chose). Et certains mots viennent même en anglais dans ma tête… ou en allemand… ou aussi en français bien sûr. Mais jamais la bonne langue au bon moment.

En un mois, j’ai acheté un couteau chef, un moule à gâteaux et un fouet. Je peux donc (enfin) cuisiner ! J’ai fait 2 gâteaux, un au chocolat et un au yaourt. J’ai fait de la compote de pommes et de la gelée de fraise (bon c’était de la poudre à dissoudre dans de l’eau chaude, mais c’était quand même bon 🙄). Et j’ai même fabriqué un photophore avec une boîte de conserve.

Jusque là tout allait très bien : pas de pot renversé, pas de tâche sur une chemise blanche, pas de chute malencontreuse. Rien. Au début, on est un peu comme les poules, en alerte au moindre son. Mais au bon d’un mois au revient à la norme. On est moins sur le qui-vive.

Redresser la tête et taper dans un meuble ? Fait. Rentrer dans les chaises d’un café sur le trottoir ? Fait. Louper une marche ? Fait. Mettre du shampoing dans ses yeux ? Fait. Faire tomber le couteau plein de confiture par terre le matin ? Fait. Prendre du pop-corn salé pour du pop-corn sucré ? Fait. Oublier qu’il y a une consigne sur les bouteilles en Lituanie ? Fait. Oublier de mettre le temps pour la cuisson des pâtes ou du riz ? Fait, plusieurs fois même. Etc. Bon, après, ce n’est peut-être que moi. 😄

À temps pour l’automne 🍂

Le 23 septembre, nous sommes passés à l’automne. Et c’était vraiment très marqué à Vilnius. Il y a un avant et un après. Le vendredi, 21 septembre, c’était toujours l’été. Tout le monde était en T-shirt à manches courtes : le soleil brillait dans le ciel céruléen et nous réchauffait avec un douillet 27°C.

Oui, sauf que ça, c’était l’été. Désormais, c’est l’automne. L’automne a eu un jour d’avance ici. Il a commencé le 22 septembre, samedi. Le mercure est tombé à 8°C. Et on a désactivé les couleurs, on est passé en mode noir et blanc, en monochrome : le ciel est gris en somme.

Pour nous rassurer, ma prof de russe nous a confié : « Bon, maintenant que l’automne a démarré, on ne reverra pas de ciel bleu avant… *cherche ses mots* avant le printemps ! » Un peu plus de 175 jours à patienter, tout va bien… 😬

Au bas de mon immeuble, le sol est jonché de feuilles mortes et de marrons. La pluie rythme les journées.

Mais la grosse difficulté en Lituanie, c’est que le temps est très très changeant. En une demie-heure, on peut passer d’un extrême à l’autre, d’un éclatant soleil à de la pluie diluvienne. Cette après-midi, je regarde le ciel d’un côté : des rayons de soleil paraisse derrière des moutons de nuage, ciel bleu en arrière-plan. Je me tourne à 180° : un nuage noir, mais noir comme je n’en avais jamais vu !

Ça peut prêter à sourire, mais dans mon sac, j’ai toujours un parapluie, de quoi me couvrir et mes lunettes de soleil – au cas où.

Relations amicales : on commence à connaître des locaux 🇱🇹

À mon arrivée en Lituanie, j’ai très rapidement connu des français. Un peu à la manière d’aimants, on entend quelques mots dans la langue de Molière et on est de suite attiré… Il faut donc déjouer les lois de la physique pour commencer à s’immerger dans le pays !

Dans le cadre d’Erasmus, nous avons bien sûr les buddies qui nous permettent un premier contact avec des locaux. Mais on commence à vraiment rencontrer les lituaniens à l’université, pendant les cours. L’avantage des cours Erasmus : ils ont lieu en petits groupes, du moins à l’université de Vilnius. Pas de gros amphi, au maximum une quarantaine d’élèves, bien souvent moins.

Pour le premier travail de groupe à l’université, nous devons mixer les étudiants Erasmus avec les autres. Dans mon groupe, 4 étudiants lituaniens, 1 néerlandais, 1 italien et moi, française.

4 étudiants lituaniens, ai-je dit ? 2 sont biélorusses et 1 est arménien. La dernière est belle et bien de nationalité lituanienne, mais d’origine russe, avec le russe pour langue maternelle. Donc lorsque les « lituaniens » parlent, ils parlent plutôt en russe… et aussi en anglais quand même.😉Pour éviter toute confusion, précisons qu’en Lituanie, on parle le lituanien à la base.

Mais à y réfléchir, c’est comme l’université en France. Des étudiants parlent français mais ne sont pas français pour autant. L’année dernière, j’en connaissais du Burundi, du Canada ou encore du Maroc.

Et dans la coloc’ ?

Ma colocation est composée d’étudiants Erasmus : une Allemande, un Allemand et un Estonien. Nous ne parlons pas beaucoup entre nous. Chacun mène un peu sa vie de son côté. Mais parfois nous entamons une discussion avec les Allemands. Les longues discussions le soir ont surtout lieu entre l’Allemande et moi (oui, les 2 filles…).

Lorsque nous croisons l’Estonien, c’est en général sur le trajet de sa chambre à la salle de bain (les deux portes sont côte-à-côte), de sa chambre à la porte d’entrée (1 m après la porte des toilettes, même pas), ou dans la cuisine, casque vissé sur les oreilles…

Mais bon, je garde en tête une phrase qu’une lituanienne m’a dit : « Déjà que les Lituaniens sont froids, les Estoniens sont pires ! »

Petite anecdote de la semaine : une histoire de supermarché

La semaine dernière, je me rends à Maxima, l’un des supermarchés locaux. Je fais mon tour dans le magasin et arrive à la caisse. Quelle ne fut pas ma surprise ! Devant moi, une dame dépose ses commissions sur le tapis : 2 paquets de cigarettes, 2 paquets de graines de courge et 1 Bounty. C’est tout.

Vous comprendrez donc mon étonnement lorsque je l’ai vu sortir un billet de 500 €. Ils sont violets, je n’en avais jamais vu… 😂 Un billet de 500 € pour payer moins de 10 € de courses ! Je ne m’en remets toujours pas…

Des événements, toujours des événements

Pour ce point c’est mon côté provincial qui ressort (bah oui, Lille ce n’est pas Paris !). Mais il y a TOUJOURS des événements à Vilnius. Toutes les semaines quelque chose de nouveau. On a d’abord eu les Sostinės dienos (jours de la capitale), puis la procession des étudiants, le marathon de Vilnius, 2-3 autres trucs, et ce week-end la venue du pape (en personne 😌).

Ça ne s’arrête jamais ! Mais en même temps, à Vilnius, je ne ressens pas vraiment ce côté « grosse capitale bondée et remplie de touristes ».

En fait, pour résumer, Vilnius est à l’image de son temps : pleine de contrastes. Elle est calme et animée, moderne et ancienne, les vieux parlent russe, les jeunes parlent anglais, et tant d’autres choses…

© Clara Delcroix
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Le Tour du Bassin Minier dans le Nord-Pas-de-Calais

À la fin du mois de juillet, avec mon père, j’ai marché 115,8 km autour du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. L’occasion de (re)découvrir le passé minier de la région, ainsi que ses espaces naturels.

Boucle n°2 : le Bassin minier sous toutes ses facettes

Je parle du tour du bassin minier, mais en réalité, il y a plusieurs tours du bassin minier. 7 boucles au total, de Bruay-la-Buissière à Condé-sur-l’Escaut en passant par Lens et Douai.

L’itinéraire que j’ai parcouru avec mon père est le plus long : 115,8 km. Il s’intitule « boucle n°2 : le Bassin minier sous toutes ses facettes« .

Les étapes de la boucle n°2

Nous avons divisé la boucle en 6 étapes, soit une petite vingtaine de kilomètres par jour.

  • 19 juillet : Fouquereuil – Beuvry (9,5 km)
  • 20 juillet : Beuvry – Meurchin (23 km)
  • 21 juillet : Meurchin – Libercourt (15,8 km)
  • 22 juillet : Libercourt – Lens (18 km)
  • 23 juillet : notre jour de repos, le même que celui des cyclistes du Tour de France 2018 😉
  • 24 juillet : Lens – Verdrel (22,5 km)
  • 25 juillet : Verdrel – Fouquereuil (27 km)

Trouver son chemin sur le tour du bassin minier

Comme tout sentier de la FFRandonnée, la boucle n°2 des tours du bassin minier est balisée. Mais nous avons beau prêter une attention extrême au balisage rouge et jaune, il finit toujours par s’évanouir…

Par endroits c’est très bien indiqué (à proximité des villes), mais il arrive de marcher plusieurs kilomètres sans croiser un seul balisage. Soit il n’y en a pas, soit on ne les voit pas (mais les balisages sont quand même destinés à être visibles !)…

Le château d'eau de Douvrin © Clara Delcroix
Trouver des points de repère (comme ce château d’eau) et lire la carte peut aussi aider ! © Clara Delcroix

Il est donc quasi-obligé d’investir dans le topo-guide de cette randonnée (Tours du Bassin minier Nord – Pas-de-Calais). Mais autant dire que même avec le topo-guide, on arrive à se perdre…

La meilleure option : avoir le sens de l’orientation. Ou un smartphone sur lequel on peut se géolocaliser ! Ça nous a sauvé bien des fois. Une bonne astuce : utiliser l’appli du Géoportail (App StoreGoogle Play) et non Google Maps ou Plans. Les cartes du Géoportail sont les cartes IGN : les mêmes que celles du topoguide, donc même les petits sentiers qui n’apparaissent pas sur Google Maps ou Plans y sont visibles.

Attention aussi à ne pas confondre les différentes signalisations : certains passage de la boucle n°2 chevauchent d’autres sentiers, notamment le GR127 et la Via Francigena (GR145). Ainsi parfois on se laisse tenter par un alléchant balisage, qui finalement nous écarte du chemin !

Qu’est-ce qu’on voit sur ce sentier ?

Comme l’annonce le guide, on voit le bassin minier sous toutes ses facettes. Sous la pluie et sous le beau temps. Bon, pas forcément, mais nous avons eu le droit aux 2.

Un point très agréable, l’itinéraire est peu fréquenté. Excepté quelques cyclistes, quelques randonneurs et, près des étangs, quelques pêcheurs, personne ! C’est vraiment peu comparé au mur d’Hadrien, qui était par endroits une véritable autoroute à randonneurs.

Les terrils à l'horizon © Clara Delcroix
Les terrils ne sont jamais bien loins © Clara Delcroix

Des paysages diversifiés

Le sentier ondule entre différents paysages : villes et villages, champs (un peu à découvert lorsque le soleil tape : ce n’est pas forcément toujours agréable), forêts…

Comme nous sommes dans le bassin minier, nos journées de marche sont rythmés par les corons, les terrils, les anciens sites de fosses, etc. Pour plus d’explications sur ces éléments, se référer à cet article sur le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.

Sentiers en graviers, en terre battue, envahis par la végétation ou routes goudronnée… Chacun a son petit nom bien défini, du cavalier au chemin de halage.

Qui dit chemins de halage dit canal ou rivière. Des péniches passent. L’une d’elle est aménagée en plage. Sur ces mêmes chemins de halage, des ponts, beaucoup de ponts, dont certains sont laissés à l’abandon.

Dans une forêt, des panonceaux indiquent les espèces des arbres. On peut s’amuser à les différencier (si on ne connaît déjà les petites rengaines type « Le charme d’Adam, c’est d’être à poil »).

Le paysage est ponctué par nos collines locales : les terrils. Dans ce tour du bassin minier, on les contourne, et au loin, on en aperçoit souvent au moins un. À proximité des terrils, l’environnement est différent : le sol devient noir et dégage de la chaleur, la végétation est particulière.

La végétation sur un terril (le sol très noir à noter aussi) © Clara Delcroix

Bien entendu, nous passons régulièrement le long de villes ou de villages, mais pas forcément dedans. Les grandes villes telles que Béthune ou Lens sont des passages obligés. Si bien que l’on se demande comment certaines portions d’itinéraire ont été conçues…

Au niveau sonore, c’est parfois très calme et à l’écart des routes, et a contrario, on se retrouve par moment juste à côté de l’autoroute.

Quelques points de passage importants

Une étape importante du Tour du Bassin Minier : Notre-Dame-de-Lorette (et son cimetière militaire comprenant environ 45 000 soldats). On peut en outre noter le territoire canadien de Vimy, que l’on aperçoit au loin.

Notre-Dame-de-Lorette et son cimetière militaire © Clara Delcroix
Notre-Dame-de-Lorette et son cimetière militaire © Clara Delcroix

Lorsque nous arrivons sur la Grand-Place de Béthune, nous nous installons sur la terrasse d’un café pour nous délecter d’une boisson fraîche. Dans notre dos, le carillonneur du beffroi sonne le Petit Quinquin.

Un passage sur la route du patois est aussi notable.

Rencontre avec les habitants

Dans la ville de Beuvry, nous avons vu les Charitables au sortir de l’église. Ils se chargent bénévolement des inhumations depuis plusieurs siècles !

En quête d’eau…

Il ne faut pas se fier au fait qu’on soit dans le Nord ! Certains jours sont très chauds et le soleil tape (bon oui, d’autres jours, la pluie était au programme). Les gourdes sont à sec. Parfois, à l’occasion d’une pause café (ou limonade), on demande au gérant de les remplir. Mais il arrive de se retrouver au milieu de nul part… Seule solution : demander de l’eau aux habitants.

Pause café à Beuvry © Clara Delcroix
Pause café à Beuvry © Clara Delcroix

22 juillet, 1re fois au nous sommes contraints à quémander de l’eau.

Jacqueline est sur le pas de sa porte, nous l’interpelons. «Oui, pas de problème ! Rentrez pour remplir la gourde. Vous n’avez pas besoin d’un entonnoir ?

– Non non, c’est bon, ça fonctionne.

– Ah oui, en effet !»

Et Jacqueline commence à discuter. Dans le quartier tout le monde l’appelle Mère Teresa. Elle nous raconte que son mari est décédé à cause de l’amiante. Il était dans le bâtiment. D’ailleurs, il était italien d’origine. Son beau père a même été assassiné par la mafia… On doit continuer notre route, on part donc, armés d’eau fraîche.

La 2e fois, la dame nous a donné une bouteille d’eau, car  «l’eau du robinet n’est pas très bonne par ici».

Au bord de l'eau © Clara Delcroix
Au bord de l’eau © Clara Delcroix

Retour dans le monde civilisé

À la fin d’une des journées, nous sommes chargés par ma mère de rapporter quelques commissions. Nous nous rendons dans un Carrefour. Tout titubant et puant que nous sommes, nos vêtements sales, les gens nous regardent un peu de travers. Mais ils sont encore plus abasourdis lorsque nous ressortons avec notre bouteille de boisson bio à l’avoine et au riz. Les regards signifient «Qui sont ces vagabons bobos ?»

Connaissiez-vous les tours du bassin minier ? En avez-vous déjà parcouru un ?


Ma deuxième semaine d’Erasmus à Vilnius, en Lituanie

Ma deuxième semaine en Lituanie touche à sa fin. Je commence à prendre mes marques et à découvrir davantage la Lituanie, sa langue et ses spécialités culinaires.

Première semaine en Lituanie, premières impressions

Students’ procession

La semaine a débuté avec la parade des étudiants (Students’ Procession). Du parlement nous avons défilé dans les rues de Vilnius jusqu’au campus de l’université dans la vieille ville.

Ballons, t-shirts, casquettes aux couleurs de l’université. Déguisements, pancartes : l’ambiance est très proche des défilés des classes préparatoires en France. La marche est ouverte par l’orchestre des cuivres de l’université. Derrière, chaque faculté scande ses slogans.

Qui veut son ballon ? © Clara Delcroix
Qui veut son ballon ? © Clara Delcroix

Les étudiants internationaux défilent tous ensemble. Les drapeaux de pays sont nombreux, et on peut même apercevoir quelques drapeaux bretons ! 😄

Nos slogans, en tant qu’étudiants internationaux, sont :

  • «East and West VU is best !» (VU = Vilnius Universitetas)
  • «Everybody needs a buddy !» (j’ai déjà expliqué le concept des buddies dans l’article de la semaine dernière)
  • «Erasmus»
  • «ESN»

Arrivée à l’université. Lâcher de ballons, puis plusieurs discours (dont l’un du maire de Vilnius). Évidemment les discours sont en lituanien, mais les étudiants internationaux ne sont pas en reste et ont toujours droit à leur petit mot en anglais.

L’orchestre de cuivres continue à jouer, rejoint par une chorale et un rappeur (pour le rap, c’est aux alentours de la 45e minute ci-dessous).

Le chant des étudiants (en latin, pour le coup), fait aussi partie du programme.

Gaudeamus igitur

|: Gaudemus igitur,
Juvenes dum sumus; 😐
Post jucundam juventutem,
Post molestam senectutem
|: Nos habebit humus! 😐

|: Vivat academia,
Vivant professores, 😐
Vivat membrum quodlibet,
Vivant membra quaelibet,
|: Semper sint in flore! 😐

|: Vivat et respublica
Et qui illam regit, 😐
Vivat nostra civitas,
Maecenatum caritas,
|: Quae nos hic protegit! 😐

Sinon Vilnius, c’est comment pour le moment ?

Déjà que je me plains des guêpes en France, je suis servie : c’est encore pire ici ! Surtout lorsque l’une d’elle parvient à entrer dans ma chambre ou dans la salle de classe…

Transports en commun

Autre chose. Certains connaissent peut-être mon amour des bus. Je suis très douée pour arriver à l’arrêt une fois que le bus est passé. Mais à Vilnius, pas de métro, il n’y a que des bus et des trolleys (des bus alimentés à l’électricité, comme les trams mais sans les rails). Donc si une personne court après un bus dans Vilnius, il y a une forte probabilité que ce soit moi ! 😉

Dans les rues de Vilnius, les étudiants défilent © Clara Delcroix
Trafic perturbé : dans les rues de Vilnius, les étudiants défilent © Clara Delcroix

Mais bon, il faut dire que les chauffeurs sont beaucoup plus souples ici qu’en France. Monter dans un bus qui commence à rouler ? C’est ok ! S’arrêter entre deux arrêts ? Aussi déjà vu ! Attendre la personne qui court derrière le bus avant de partir ? Oui, évidemment !

Par contre, ne faites pas comme ce français qui ne prenait pas de billet parce que « de toute manière, ici, tout le monde fraude » ! En fait non, les gens ne fraudent pas. C’est juste qu’avec un abonnement, il suffit d’avoir la carte sur soi (inutile de biper à chaque fois). Et les contrôles sont très fréquents !

Juste ciel !

À Vilnius, j’adore observer le ciel : il y a toujours quelque chose à voir. Quand au crépuscule le ciel est dégagé, la boule de feu qu’est le soleil disparaît sous l’horizon en embrasant le ciel derrière elle d’une douce lueur orangée.

Et parfois, dans ce ciel en feu, une montgolfière s’élève. Suivie en général par une deuxième, une troisième, voire plus. Les montgolfières sont très courantes en Lituanie, comme en juillet dernier où 100 montgolfières ont décollé de Kaunas (2e ville de Lituanie) pour commémorer les 100 ans de l’indépendance lituanienne.

Des ballons s'envolent dans le ciel de Vilnius © Clara Delcroix
À défaut de montgolfières, nous avons lâché des ballons lors de la procession des étudiants © Clara Delcroix

Et puis Vilnius, c’est une capitale où l’on peut voir les étoiles. La nuit, on s’assoit au bord de la Néris (rivière). Quelques éclairages se reflètent dans l’eau agitée donnant à la rivière des teintes variées : bleu, orange, rouge, vert… Mais il suffit de lever les yeux pour voir les étoiles et leurs constellations : Cassiopée, Petite Ourse, Grande Ourse… Qui plus est, niveau sonore, c’est très calme : on ne se croirait vraiment pas dans une capitale !

Humana, bon plan de la semaine

En quête d’un pantalon pour pas trop cher, je décide d’aller à Humana. C’est une boutique de seconde main à 2 arrêts de bus de chez moi (mais il y a différentes boutiques réparties dans la ville).

Le magasin est plutôt grand, le choix est vaste. Je ressors avec 2 pantalons, 10,50 € pour l’ensemble. Et tous les prix sont du même tabac : les grosses doudounes pour l’hiver tournent autour de 16 €. Je crois que je sais où acheter des habits. 😉

Quelques cours de lituanien plus tard…

Cette semaine j’ai eu 2 cours de lituanien d’1 h 30 chacun, intitulés Survival Lithuanian Language Course (lituanien de survie en somme).

Désormais, je suis donc censée être capable de me présenter, dire mon prénom, d’où je viens, quelle(s) langue(s) je parle, ce que j’étudie, dire mon numéro de téléphone, mon adresse et commander au restaurant, ou au café, ou au bar.

Plus quelques petits mots/expressions utiles du type « à la vôtre ».

Bon, dans les faits je dois un peu réviser… 😅

Une histoire de prénoms

La semaine dernière, je vous ai expliqué que la fin des prénoms peut changer. Cette semaine je suis donc partie en quête de ces changements sur mon prénom, Clara. Et *roulement de tambour* voici le résultat : Clara peut devenir Claros, Clarą, Clarai ou Claroje.

Mais il faut aussi savoir qu’en lituanien, Clara aurait une autre orthographe. Le C correspond plus à un Z, comme par exemple dans le mot pica (= pizza). Donc en lituanien, Clara s’écrirait Klara (on roule le r bien évidemment). Et pour le rendre « plus mignon », ce serait Klarelė ou Klarutė (de la même manière qu’on ajoute les suffixes –ette, ou –ou en français).

Les facultés de chimie et d'histoire lors de la procession des étudiants © Clara Delcroix
Les facultés de chimie et d’histoire lors de la procession des étudiants © Clara Delcroix

Et en lituanien, le nom de famille varie aussi. Prenons l’exemple de Kazlauskas (un nom de famille répandu). Mme Kazlauskas s’appellera en réalité Mme Kazlauskienė. Et si M. Kazlauskas et Mme Kazlauskienė ont une fille, celle-ci portera le nom de Kazlauskytė. Si c’est un fils, alors ce sera tout simplement Kazlauskas, comme son père.

Et donc avec Delcroix ça fonctionne comment ces changements ? Bah ça ne fonctionne pas tout simplement… La lettre x n’existe pas en lituanien, ni la diphtongue oi. Delcroix, c’est bel et bien français !

Petite anecdote sur les noms de famille : ils sont souvent en rapport avec la nature, comme Beržas (bouleau) ou Vilkas (loup).

Un peu de nourriture (car il faut bien manger pour vivre)

Pour manger les spécialités lituaniennes, il faut d’abord les connaître ! Voici une petite liste que j’ai récoltée au fur-et-à-mesure depuis mon arrivée :

  • Cepelinai : des boulettes de pommes de terre fourrées à la viande, considérées comme le plat national de la Lituanie, mais c’est assez lourd (servi par 2, mais on nous a conseillé de commencer par en manger une seule)
  • Gira : une boisson fermentée, en français on dirait du kvas
  • Kibinai : petits chaussons fourrés (au lait caillé, à la viande, aux légumes…), spécialité karaïte (une minorité ethnique en Lituanie qui se situe près de Trakai – le château de la semaine dernière)
  • Kūčiukai : petits biscuits au pavot pour Noël
  • Kugelis : gâteau de pomme de terre salé
  • Sakotis : gâteau à la broche
  • Šaltibarščiai : soupe froide au kéfir et à la betterave
  • Simtalapis : pâtisserie au pavot
  • Sūreliai : un friandise à base de lait caillé (au rayon frais des supermarchés), j’ai déjà goûté et c’est particulier, j’ai du mal à définir si c’est bon ou pas ! 😂 Il en existe de différents goûts, comme vanille ou chocolat.
  • Tinginys : un dessert avec du chocolat et des biscuits

Petite remarque : en Lituanie, si on vous fait goûter quelque chose, plutôt que de dire que vous n’aimez pas, il vaut mieux préférer le «į domu» (c’est intéressant). 😄


Première semaine en Lituanie, premières impressions

Et voilà, je suis arrivée en Lituanie. Pas mal de nouveautés pour moi : nouvelle culture, 1er appartement, 1re fois où je vis dans un pays dont je ne parle pas la langue…

Première fois que j’ai mon appartement. Une colocation en l’occurrence, où je possède une chambre de 10 m2, pour un loyer de 200 € et 50 € de charges. C’est déjà cher pour la Lituanie, mais difficile en étant étranger de trouver les vrais bon plans ! Mes colocataires : un Allemand, une Allemande et un Estonien. J’habite au 5e étage (sans ascenseur) d’un ancien immeuble soviétique : sur les boîtes aux lettres, les inscriptions sont toujours en russe !

La Lituanie, un pays dont je ne parle pas la langue. Une simple sortie au supermarché peut durer assez longtemps, le temps de déchiffrer les étiquettes. Heureusement, les images aident ! Mais il ne faut pas trop compter sur la traduction des paquets. Seules 4 langues sont inscrites : le lituanien, le letton, l’estonien et le russe. Et parfois (tout de même) l’anglais : hallelujah !

Amusant aussi : ici, je n’ai pas le droit de boire de l’alcool ! En effet, la consommation d’alcool est légale à partir de 20 ans (une limite qui était à 18 ans, mais qui a été changée il y a quelques années).

Mais pour autant, on ne se sent pas forcément très dépaysés (même avec l’heure de décalage horaire). À notre arrivée à l’université, on devait récupérer un package : un tote bag aux couleurs de VU ou Vilnius Universitetas (bref, l’université de Vilnius), contenant lettre d’acceptation, T-shirt, stylo, prospectus publicitaires, petit livret avec différentes explications, tant sur du vocabulaire lituanien que sur le programme de notre première semaine, et un objet non identifié… Et évidemment, pour récupérer les packages, nous étions triés par pays !

L'objet non identifié, si quelqu'un peut m'aider 😄 L'arrière est autocollant…
L’objet non identifié, si quelqu’un peut m’aider 😄 L’arrière est autocollant… © Clara Delcroix

Très rapidement on se rassemble plus ou moins entre français pour ces premières journées. Mince, c’est ce qu’il ne faut pas faire ! ☹️ Je suis venue à Vilnius pour progresser en langues étrangères.

Mais d’ailleurs, Vilnius, vous connaissez cette ville ?

Vilnius, capitale de la Lituanie

Derrière chez, moi : la forêt !
Derrière chez, moi : la forêt ! © Clara Delcroix

Vilnius s’étend sur environ 400 km2, plus de 10 fois Lille (et 4 fois Paris) ! Mais niveau population, on est loin de Paris : 500 000 habitants à Vilnius (contre 2 millions à Paris). Pas étonnant donc de croiser des panneaux « Attention, traversée d’animaux sauvages », après avoir dépassé le panneau « Vilnius ». J’habite moi-même à quelques minutes de la forêt. 😄

Vilnius porte de nombreux surnoms :

  • Jérusalem de Lituanie : présence d’une grande communauté juive dans le passé (je ne parle pas du ghetto de la Seconde Guerre mondiale ici, mais plutôt des XVIIIe et XIXe siècles !)
  • Nouvelle Babylone : beaucoup de langues et de religions différentes au XVIe et XVIIe siècles
  • Athènes du Nord : je n’ai pas compris vraiment compris l’origine de ce surnom (je dois me renseigner)… a priori en lien avec l’université, mais c’est aussi le titre d’un journal culturel local (Šiaurės Atėnai)
  • Ville du baroque : lié à l’architecture
  • Rome du Nord : le nombre important d’églises (selon les sources, de 48 à 65)
Même l'université possède son église !
Même l’université possède son église ! © Clara Delcroix

Petite anecdote sur la principale église de Vilnius (la cathédrale, ou son nom complet : Basilique archicathédrale Saint-Stanislas et Saint-Ladislas de Vilnius) : Staline a voulu la transformer en usine de tracteurs (non exécuté finalement) !

On découvre assez rapidement les Champs-Élysées locaux, l’artère principale de la ville : Gedimino prospektas (prospektas = avenue) ou Avenue Gediminas. Petite joueuse avec ses 440 m…

Mais dans la capitale Lituanienne, ce qui est marquant, c’est la cohabitation d’ancien et de nouveau. Le vieux centre historique, médiéval, tout mignon, les anciens immeubles soviétiques (plus vers l’extérieur), les gratte-ciels modernes… Au-delà de l’architecture, on retrouve cette opposition un peu partout : des choses ultra-modernes (comme les hoverboard, très en vogue ici) et d’autres beaucoup moins (la vaisselle en Arcopal…).

Au fait, pourquoi la Lituanie ?

Je pense que depuis quelque temps, c’est LA question que j’entends le plus : « Pourquoi avoir choisi la Lituanie ? ». Tout est déjà expliqué dans cet article.

Un peu de vocabulaire lituanien

En Lituanie, on parle le lituanien (et non le russe !) : une langue baltique comprenant 8 cas (pire que l’allemand !), et une très vieille langue (très proche de l’indo-européen).

Pour revenir sur ces cas, ils s’appliquent aussi aux prénoms. La fin des prénoms change selon les phrases. Par exemple, un Lituanien m’explique qu’il s’appelle Dominykus et que son ami se nomme Dominykas. Ce à quoi il s’empresse d’ajouter « Mais c’est le même nom ! ».

Pour dire bonjour, comme dirait un certain Georges Attino, ce n’est pas comme ici, puisqu’on dit « labas » ! Je précise que le « s » se prononce.

Un couloir de l'université, alors que je passais récupérer un document
Un couloir de l’université, alors que je passais récupérer un document © Clara Delcroix

Merci ? Ačiū ! Et question prononciation, c’est comme si on éternue : « atchou ».

  • au revoir = viso gero
  • oui = taip
  • non = ne
  • anglais = angliškai (c’est très utile lorsque quelqu’un commence à me parler en lituanien ! 😊)

Mon vocabulaire s’arrête à peu près là pour le moment. 😄

Langues étrangères en Lituanie

Mais ils ne parlent que lituanien en Lituanie ? Non, pas tout à fait. Niveau langues étrangères, on pourrait scinder la population lituanienne en 2 groupes :

  • les personnes âgées, qui parlent russe
  • les jeunes, qui parlent anglais

Mais il m’est déjà arrivé à plusieurs reprises que quelqu’un ne me parle qu’en lituanien. Deux possibilités : soit cette personne ne parle que le lituanien, soit elle n’a pas envie de faire l’effort de me parler dans une autre langue…

Sostinės dienos, jours de fête à Vilnius !

Étant en Lituanie, j’ai loupé l’édition 2018 de la braderie de Lille. Tant pis… En guise de consolation, j’ai eu droit aux Sostinės dienos : les jours de la capitale. 3 jours de fête le 1er week-end de septembre, sans réelle raison, juste pour s’amuser et aussi pour fêter l’arrivée des étudiants (les étudiants étrangers, mais aussi les Lituaniens qui arrivent d’autres villes).

 Au programme : des concerts gratuits (4 scènes différentes) et des marchands étalés le long de l’avenue Gediminas. Au fil des échoppes, on trouve tous types de produits artisanaux : des écharpes réalisées par une vieille dame au métier à tisser, des vanniers et leurs paniers, des bijoux en ambre, de la vaisselle… et des énormes marmites de nourriture !

Pour les concerts, le devant de la scène est aménagé avec des poufs. Pas de barrières de sécurité ici, ça change de la France. Autre point qui m’a amusée, les artistes qui suggèrent au public de les suivre sur Facebook, Twitter, Instagram, mais aussi Spotify !

Une rue dans la vieille ville de Vilnius, de nuit
Une rue dans la vieille ville de Vilnius, de nuit © Clara Delcroix

Et c’est pendant l’un des concerts que j’ai appris une chose essentielle : en Lituanie, n’oubliez jamais votre parapluie ! Même si la journée s’annonce ensoleillée, le temps peut très rapidement tourner à l’orage, l’averse, la pluie, ou la drache comme on dit chez moi.

Le Buddy System ou comment les Erasmus rencontrent des locaux

Pour tout vous avouer, je ne me suis pas rendue seule à ces concerts. J’étais accompagnée de Lina, ma « buddy », et de son copain (Dominykas, vous vous souvenez ?). Je ne sais pas vraiment comment traduire le terme « buddy« . En gros, ce sont des lituaniens qui nous aident pour les démarches administratives ou autres et nous font découvrir la ville, la culture lituanienne.

D’ailleurs, dimanche, au programme de la semaine d’intégration, c’était la journée avec notre buddy. Il faut savoir qu’un buddy s’occupe de plusieurs étrangers ici. Nous sommes donc partis en excursion au château de Trakai (avec un billet de train à un prix dérisoire de 0,90 € pour les étudiants). Un château sur une île au milieu d’un lac, lieu très touristique et très similaire au Lac de Constance d’après deux Allemandes !

Le château de Trakai
Le château de Trakai © Clara Delcroix

Notre groupe d’une dizaine de personnes s’est scindé en 2 : ceux qui souhaitaient visiter l’intérieur du château et les autres qui ont fait du pédalo sur le lac.

Une première semaine déjà bien chargée (et encore, je vous ai épargné les passages sur l’administratif, l’installation dans mon appartement, l’achat de la literie, le passage -infructueux- à Ikea, etc.), mais qui est passée très vite ! 😃

La deuxième semaine, c’est par ici !


Jour 5 et 6 sur la RN7 : d’Avignon à Menton, en passant par Nice

Pour les 2 dernières étapes de notre voyage sur la Nationale 7, j’écris un seul article. En effet, la dernière étape de Nice à Menton n’a duré qu’une heure environ…

L’étape précédente, de Vienne en Avignon.

Avignon – km 692

Bouches-du-Rhône (13) – D7N

Après avoir quitté la cité des papes, nous voici dans les Bouches-du-Rhône ! Aujourd’hui, le cap est à l’Est.

Nous passons dans St-Andiol. Le village fait face à Cavaillon, réputé pour ses melons.

Au détour des rues, un fait m’interpelle particulièrement : ici on les boulangers sont aussi biscuitiers (et non pâtissiers).

Nous arrivons à Sénas. À l’époque, les vacanciers qui se rendaient à Marseille bifurquaient ici. Il faut bien que comprendre que la Route Nationale 7 ne constituaient pas les vacances, mais seulement le trajet pour s’y rendre. Ainsi, tout le monde n’allait pas à Menton : la fin de l’itinéraire dépendait de la destination finale.

Var (83) – DN7

La montagne Sainte-Victoire © Clara Delcroix
La montagne Sainte-Victoire © Clara Delcroix

Dans le Var, une nouvelle bifurcation : celle vers Saint-Tropez, au Cannet-des-Maures. Depuis quelque temps, le cri-cri incessant des cigales nous accompagne. De même, la végétation est différente. Les palmiers se font de plus en plus nombreux : la mer est proche !

Nous passons la montagne Sainte-Victoire, si chère à Cézanne et arrivons dans les Alpes-Maritimes.

Alpes-Maritimes (06) – D6007 et M6007

La région porte bien son nom. Les routes sont beaucoup plus sinueuses. C’est moi qui conduis, et autant dire que je suis bien plus lente que les 80 km/h autorisés. On tourne plutôt sur du 50 km/h, voire du 30 km/h par moment.

Les Préalpes ne sont pas forcément très hautes, mais la route y est sinueuse ! © Clara Delcroix
Les Préalpes ne sont pas forcément très hautes, mais la route y est sinueuse ! © Clara Delcroix

Mais c’est amusant. Ça me rappelle les vacances au ski… la neige en moins. 😉

Cannes – km 930

La voici notre French Riviera ! D’ailleurs, pourquoi riviera ? C’est un terme italien qui indique un endroit où les montagnes donnent directement sur la mer. Comme notre côte d’Azur. 😊

Faute d’hébergement à Cannes (oui, nous n’avons rien réservé en avance), nous poursuivons la route jusqu’à Nice.

La plage à Nice © Clara Delcroix
La plage à Nice © Clara Delcroix

Le front de mer ne ressemble pas à ceux du Nord : l’eau est bien plus turquoise, mais la plage est constituée de galets ! Sans être chauvine, je préfère mes longues plages de sable blanc de la côte d’Opale…

Menton – km 992

Le panneau d’entrée dans la ville de Menton marque la destination finale. Nous avons parcouru les presque 1 000 km de la N7. Ces 1 000 km ont d’ailleurs inspiré un jeu : le 1000 bornes !

Pour le retour, nous emprunterons la Route Napoléon jusqu’à Gap puis Grenoble et poursuivrons par l’autoroute jusqu’à Lille. Pour cette dernière partie, le calme des nationales nous manquera !


Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais : terrils et corons

Le Nord-Pas-de-Calais est de notoriété publique une ancienne région minière. On y a exploité le charbon du XVIIIe siècle au début des années 90 !

Vous m’excuserez dans cet article d’utiliser le terme « région Nord-Pas-de-Calais » et non « région Hauts-de-France », mais l’ex-Picardie n’est pas vraiment concernée par les mines de charbon…

Peut-être que certains d’entre vous connaissent ou ont déjà lu Germinal d’Émile Zola. Lors de l’écriture de ce roman, Zola s’était beaucoup renseigné sur le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais (où l’action se déroule).

Affiche annonçant la publication de Germinal dans Gil Blas (domaine public)
Affiche annonçant la publication de Germinal dans Gil Blas (ancien quotidien français)

Ce même bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, je le côtoie depuis mon enfance. Il s’étend sur 1 200 km2 (en France, car il continue en Belgique ensuite), alors difficile d’y échapper !

Difficile aussi d’oublier plusieurs siècles d’exploitation minière… Et les divers problèmes qu’ils ont apportés. La silicose et la tuberculose, maladies pulmonaires dont souffraient nombre de mineurs. Le coup de grisou, fuite de gaz suivi d’une explosion, dont certaines extrêmement meurtrières. La catastrophe de Courrières, le 10 mars 1906, où 805 mineurs sont morts, marque toujours les esprits.

Dans le paysage se dressent divers vestiges de cette époque, comme les terrils et les corons, mais aussi les chevalements, à proximité des anciens carreaux de mine. On peut même les apercevoir depuis l’autoroute !

Un autre souvenir : les pastilles du mineur (des bonbons à base de plantes), qu’on peut toujours acheter. Les mineurs les consommaient à défaut de cigarettes (interdit de fumer dans les mines).

Et puis il est toujours possible de visiter une ancienne mine : la fosse Delloye à Lewarde (présentée sur leur site internet comme le plus important musée de la mine en France).

La fosse… Un terme que l’on entend souvent ! En général, accompagné d’un numéro ou d’un nom. La fosse correspond au puits de mine (le trou qu’on creuse) : une même mine peut donc avoir plusieurs fosses.

Les terrils

Le principe est assez simple à comprendre. Lors de son extraction, le charbon est mélangé à d’autres matières. Des femmes, les trieuses (aussi appelées Cafus ou Mahu), étaient chargées de trier manuellement le charbon du reste. Ensuite, on déversait les résidus sur un gros tas : les terrils.

Dans le Pas-de-Calais, on trouve les terrils les plus hauts d’Europe : les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle, de 182 m et 184 m de haut. Le terme de « terrils jumeaux » désigne 2 terrils qui sont l’un à côté de l’autre. Même si ces hauteurs ne sont pas vertigineuses, elles contrastent avec la plaine !

Depuis 2012, les 340 terrils du Nord-Pas-de-Calais sont d’ailleurs inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais on ne se rend pas vraiment compte de leur nombre (je pensais qu’il n’y en avait que 10-20 😄) ! Mais certains étant recouverts de végétation, on ne les remarque pas vraiment…

La végétation sur un terril (le sol très noir à noter aussi) © Clara Delcroix
La végétation sur un terril (le sol très noir à noter aussi) © Clara Delcroix

Sur les terrils, le sol est très sombre et la végétation est particulière. Plusieurs explications à ce dernier phénomène :

  • Le sol des terrils est très pauvre. Mais particularité : il contient du schiste et du sulfure. Par réaction chimique, il dégage de la chaleur (le sol est chaud lorsqu’on le touche) !
  • Les pentes des terrils sont abruptes (ce sont des tas).
  • La région est exposée aux vents (proximité de la mer).

Les terrils sont désormais des espaces naturels, aux alentours desquels on peut se promener. Je me souviens aussi avoir fait l’étoile de la Princesse sur le terril Sabatier à Raismes (un parcours de course d’orientation, carte de la FFCO ci-dessous).

D’autres terrils sont vraiment aménagés. 2 exemples :

  • les terrils du Pays à Part à Haillicourt (des terrils jumeaux) : une série de marches permet d’accéder au belvédère sur le sommet de l’un des terrils
  • le terril de Nœux-les-Mines : on peut y faire du ski (pas de neige, mais un revêtement synthétique 😉) !
L'étoile de la princesse, une course d'orientation à proximité du terril Sabatier © Clara Delcroix
L’étoile de la princesse, une course d’orientation à proximité du terril Sabatier © Clara Delcroix

Les corons

Les cités ouvrières des mines sont appelées corons. Construites par les sociétés houillères, ce sont des maisons en briques rouges mitoyennes qui se ressemblent toutes. Dans un article de 1913, le journaliste Raymond Delcourt les décrits comme des « habitations minières groupées et alignées comme des soldats à l’exercice« .

En général, les maisons des corons ont un étage, un petit jardin à l’arrière et l’accès à la salle de bain se fait par la cuisine (au rez-de-chaussée). Et oui, au point de départ, il n’y avait pas de salle d’eau ! Les mineurs se lavaient dans des baquets. Elles ont donc été ajoutées par la suite, d’où leur emplacement parfois farfelu.

Pierre Bachelet en a fait une chanson : Les corons, considérée comme l’hymne du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.

Au nord, c’étaient les corons 
La terre c’était le charbon 
Le ciel c’était l’horizon 
Les hommes des mineurs de fond…

Depuis le décès de Bachelet en 2005, cette chanson est chantée à chaque mi-temps au Stade Bollaert-Delelis de Lens (le stade du RC Lens). Oui, Lens est une ancienne ville minière. 😊

Vous connaissiez cette région ? Ou d’autres régions minières ? Ont-elles les mêmes spécificités ?

© Clara Delcroix
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Jour 4 sur la RN7 : de Vienne en Avignon

L’étape de ce 9 août a eu lieu sous la pluie. Sur la Nationale 7 ou N7, de Vienne jusqu’en Avignon, les orages ont rythmé notre journée.

L’étape précédente, de Nevers à Vienne.

Vienne – km 494

Ce matin, nous chargeons la voiture sous la pluie. Nous quittons la ville de Vienne : direction plein Sud en longeant le Rhône.

Isère (38) – N7

Depuis hier, nous sommes en Isère, sur la partie sud de la Nationale 7. En effet, cette Route 66 à la française est divisée entre une partie Nord et une partie Sud.

Peu de temps après Vienne, nous franchissons le cap des 500 km sur la Nationale 7. Bien évidemment, l’endroit est marqué d’un relais : Les 500 bornes !

Dans ce coin de la France (à proximité de Roussillon, mais même après), les villes ne sont pas conçues pour la pluie. Je m’explique. Lorsque le ciel est ensoleillé, ces mêmes villes doivent être tout à fait charmantes. Mais sous la pluie, les façades semblent grisonnantes et les villes sont vraiment mornes !

Nous notons tout de même que la Nationale 7 respecte davantage le tracé d’époque en passant dans certains villages. D’ailleurs, cela semble inspirer les commerçants : Green 7, Pizza 7 et autre EXPO7, le chiffre 7 est partout !

Depuis le début de la journée, il pleut sans discontinuer. Par moments un éclair zèbre le ciel, en général suivi par d’autres. Dans la voiture, on ne s’entend pas parler, entre la pluie et le tonnerre. Sur la route, on doit parfois éviter des zones inondées. La pluie est torrentielle, c’est le cas de le dire ! Petit aperçu sonore :

Drôme (26) – N7

À Pont-de-l’Isère dans la Drôme, nous nous trouvons exactement sur le 45e parallèle : nous nous situons à égale distance du Pôle Nord et de l’Équateur ! Mais pour tout vous avouer, il ne cesse de pleuvoir depuis ce matin, si bien que nous n’y avons pas réellement prêté attention…

À Livron-sur-Drôme nous achetons quelques tomates, nectarines et abricots à un marchand au bord de la route. De quoi nous restaurer pour ce midi !

Depuis quelque temps, les trompes-l’œil fleurissent sur les façades. Dommage qu’il pleuve ! Certains sont si bien réalisés qu’on ne les perçoit qu’au dernier moment.

Nous sommes accueillis à Montélimar, par une vieille Citroën perchée sur l’auvent d’une ancienne station-service. Ah Montélimar et son nougat ! D’ailleurs, il ne faut pas s’y méprendre. Tout nougat fabriqué à Montélimar n’est pas du nougat de Montélimar. Le seul, le vrai, l’original Nougat de Montélimar est préparé avec du miel de lavande, et il contient des amandes et des pistaches.

Du nougat fabriqué à Montélimar, mais pas forcément du nougat de Montélimar ! © Clara Delcroix
Du nougat fabriqué à Montélimar, mais pas forcément du nougat de Montélimar ! © Clara Delcroix

Nous nous arrêtons dans une boutique pour acheter de ce fameux nougat. Nous prenons à la fois du « vrai » et du « faux » nougat. Dans la boutique, je remarque aussi de la crème de marrons : c’est vrai que nous ne sommes pas si loins de l’Ardèche !

Nous retournons en voiture et poursuivons notre chemin. On dirait que les montagnes fument. D’imposants nuages d’orage les surplombent. Nous en profitons pour ouvrir le paquet de « faux » nougat de Montélimar. Bien que faux, ce nougat est tout de même très bon. Je me ressers à plusieurs reprises, mais finis par avoir mal au ventre… Il faut arrêter d’être aussi gourmande !

Vaucluse (84) – N7 et D907

Dans le Vaucluse, la ville de Lapalud était célèbre pour ses balais. Mais ils n’en fabriquent guère plus… Une société perpétue la tradition, mais à une bien moindre échelle.

Direction Piolenc qui est présenté comme capitale de l’ail provençal ! Il ne faut pas oublier de le préciser. C’est vrai qu’il y a aussi de l’ail (fumé) à Arleux, où nous étions lundi. Et puis l’ail blanc à Saint-Clar, l’ail violet à Cadours, l’ail rose à Lautrec et l’ail auvergnat de Billom. Bref, être la capitale de l’ail, c’est quand même moins original qu’être champion du monde de l’omelette (petite référence à la journée d’hier).

Tiens, mais à Piolenc, il y a aussi un musée de la Nationale 7. Une petite pause nous permettra d’oublier la pluie. Sauf qu’il est 13 h 40 et le musée ouvre à 14 h. Nous mangeons un bout et bondissons hors de la voiture pour échapper le plus rapidement possible à la pluie tonitruante.

Le musée de la Nationale 7 de Piolenc

Musée mémoire de la Nationale 7 à Piolenc © Clara Delcroix
Musée mémoire de la Nationale 7 à Piolenc © Clara Delcroix

Ce musée de la Nationale 7 a davantage une allure de musée que celui installé dans le Brit Hotel. Mais certains points m’interpellent. On parle bien d’un musée de la N7 ? Alors pourquoi y trouve-t-on une collection de vélos ? Et l’amoncellement de Solex ? Rappelons que la Nationale 7, c’étaient les années 50 et 60. Alors que les Solex sont plutôt ancrés dans les années 60 et 70. Anachronisme ?

Inutile alors de parler du gilet jaune (gilet de sécurité) installé sur le siège conducteur d’une voiture d’époque. Ah oui, c’est vrai, à l’époque de la N7, tout bon conducteur se devait ne pas oublier son gilet de sécurité ! Vraiment ? Et la Jaguar qui tire une caravane dans les années 50, vous y croyez vous ?

Nous mais vraiment, vous êtes sûrs que c’est bien un musée de la Nationale 7 ? Alors pourquoi y trouve-t-on machines à coudre, radios, et autres machines à écrire ? On emportait tout ça en vacances ? Le téléviseur aussi peut-être ? Encore fallait-il en posséder un de base… En 1965, c’est le cas de seulement 40% des Français (source émission « Pouvoir et télévision » sur France 5, le 11 février 2006).

On se demande pourquoi certains objets se trouvent dans ce musée de la N7… © Clara Delcroix
On se demande pourquoi certains objets se trouvent dans ce musée de la N7… © Clara Delcroix

Le musée propose aussi un film de 20 minutes sur la N7. Instant émotion, préparez les mouchoirs ! Deux habitants de Piolenc évoquent leurs souvenirs d’époque de la N7. Un souvenir peut-être un peu idéalisé et empreint de clichés. Ça nous rappelle un passage de Bienvenue chez les ch’tis ! dans lequel on parle du Nord :

– En été ça va, parce que tu as zéro, zéro-un. Mais l’hiver, ça descend, ça descend, ça descend : moins dix, mois vingt. Moins vingt, moins trente. Tu dis : je reste couché, ils te foutent du moins quarante. Tu vois

– Moins quarante ?

– C’est le Nooord !

Oui, bah en fait, pas vraiment ! Et puis, nous sommes français donc nous ne noterons même pas la traduction approximative du fameux film en anglais, avec des éléments qui apparaissent et d’autres qui disparaissent…

Par contre, oui, un élément intéressant est évoqué : il n’y avait pas d’hôtels le long de la Nationale 7 (ce qui confirme bien que le but était de descendre le plus vite possible).

Bon, ne parlons pas non plus de la petite remarque de la fin : «N’hésitez pas à nous laisser un avis sur TripAdvisor si ça vous a plu !» Bien contents d’avoir payé 4,50€ par personne et pas plus (pas de réduction étudiants).

Nous ressortons du musée au bout d’1 h et gagnons Orange, la ville la plus chaude de France, où il ne fait que 19 °C aujourd’hui.

Une borne de la N7 sur la route du jour © Clara Delcroix
Une borne de la N7 sur la route du jour © Clara Delcroix

Avignon – km 692

Sur le pont d’Avignon, on y danse tous en rond. Et bien, non, merci, pas aujourd’hui, pas sous la pluie ! 😄

Car oui, ce soir, nous déchargeons la voiture sous la pluie.

Espérons que le temps sera plus clément demain, sur la route vers Cannes.

Les 2 étapes finales, d’Avignon à Menton, en passant par Nice.