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Éducation en côte d’ivoire : les femmes ont aussi le droit d’aller à l’école

Crédit photo : jmalstrom via Iwaria.com

En Afrique, l’éducation scolaire des filles a toujours été mise en second plan, par rapport à celui des garçons le taux d’alphabétisation chez les filles reste très bas. Les statistiques en la matière sont légions et démontrent clairement que peu de jeunes filles ont accès à l’éducation.

La responsabilité de la famille

La société, phallocratique, a axé son développement en grosse partie sur les hommes et a ignoré le rôle prépondérant que pourrait jouer la femme. On lui a reconnu le droit aux tâches ménagères, au mariage et à l’enfantement, et résultat des courses : sur des générations, on a toujours du mal à supporter de voir une femme dans des postes de haut rang habituellement occupé par les hommes. Lorsqu’une femme est indépendante et s’affirme par son intellectualisme, elle fait peur aux hommes.
Premièrement, la responsabilité de cet échec revient à nos familles. Je pense que chaque parent, en mettant un enfant au monde, espère avoir un retour sur investissement en finançant les études de son enfant. Ce qui veut dire qu’en réalité, on fait des enfants parce qu’on veut faire d’eux des sources de revenus, pour servir ses propres intérêts au lieu de le faire parce que cela fait partie des droits que l’enfant acquiert à sa naissance. En réalité, on devrait plutôt privilégier « l’intérêt supérieur de l’enfant » comme le proposent les instruments juridiques de protection relatifs aux enfants. On ne met pas l’enfant à l’école pour soi, mais pour l’enfant lui-même, pour les bénéfices qu’il en tirera lui-même avant d’en tirer une quelconque conséquence à l’égard de ses géniteurs.

Conséquences de l’analphabétisme

Il y a une femme dans ma famille, une femme très battante, éduquée à l’ancienne, au temps de mes grands-parents et en milieu rural. En milieu rural, s’est toujours posé le problème de l’intérêt de mettre une femme à l’école. Malheureusement pour ma tante, son père a décidé de ne pas la mettre à l’école et la fondre dans le moule de la femme africaine qui ne va pas à l’école, au foyer avec beaucoup d’enfants.

In fine ma tante est aujourd’hui âgée d’une cinquantaine d’années sans savoir lire ni écrire.

Elle est spécialisée dans la médecine traditionnelle, et on ne peut comptabiliser la kyrielle de patients qui défilent à son cabinet. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’elle a la maîtrise de son métier. Quand vous l’entendez en consultation, vous croiriez entendre là un docteur en médecine, elle utilise des termes médicaux et justes. Elle aurait fait un bon médecin si elle était allée à l’école.

En dehors de cet aspect relevé plus haut, le fait de n’avoir pas été à l’école la rend dépendante des autres à presque tous les niveaux. Elle doit être assistée, des actes les plus compliqués (procédures administratives, bancaires…) aux plus simples comme composer un numéro sur son téléphone ou même relever un numéro. Cette dépendance n’est pas sans gêne pour elle, car à chaque étape elle est obligée de se rabaisser et de s’excuser tout le temps pour avoir de l’aide alors même que c’est une grande dame.

Je note combien cela peut être humiliant et dérangeant pour elle. Au moment où j’écris ce billet, je vous assure qu’en plus d’écrire mon billet, je suis aussi occupé à lui expliquer toutes les choses, un peu comme l’instructeur d’un enfant à l’école primaire. Rien n’est facile avec elle, il faut tout le temps expliquer et détailler. Son agenda en main, depuis ce matin, je suis de corvée téléphone : on doit appeler tous ses patients, parents et amis. Malgré le fait qu’elle ne sache pas lire, elle a mis des repères dans son agenda pour lui permettre de reconnaître l’endroit où sont placés des numéros de certains particuliers.

Une fois écrit par le titulaire du numéro, elle hachure d’une manière différente à chaque fois sur le côté du numéro, ainsi elle réussit à se retrouver dans la multitude de numéros qui remplit son agenda. Cette ingéniosité ne suffit malheureusement pas, il faut aussi lire pour s’assurer que c’est le numéro de la bonne personne. En pensant à leurs propres intérêts, les parents ont empêché ce « médecin » d’éclore. Elle n’est pas devenue finalement cette femme de foyer que ses parents voulaient, mais une femme qui vit seule sans enfant sans savoir lire et écrire.

Le manque de volonté de la jeune fille elle-même de changer les choses.

Notre vie actuelle peut être le résultat de plusieurs mauvais faits souvent indépendants de notre volonté, néanmoins l’on a toujours l’occasion de rectifier le tir. Car comme pouvait lui expliquer un grand orateur, Mohamed Sanogo, il y a des UV (unités de valeur) de la vie qu’on est obligé de rattraper tôt ou tard. Il faut en avoir la volonté. La volonté de sortir de l’obscurantisme intellectuelle, la volonté de faire bouger les lignes.

À l’époque, j’encourageais une jeune fille d’une vingtaine d’années qui avait décidé de rattraper le temps perdu en s’inscrivant dans une école primaire et au fil des années elle progressait pour se voir atteindre le niveau du lycée. De la simple servante qu’elle était, elle est devenue une personne instruite au niveau lycée rien que par la volonté et les cours du soir. Cette opportunité de faire les cours du soir est une initiative de l’UNESCO, qu’on appelle communément cours UNESCO. Ce projet a permis d’instruire de nombreuses personnes notamment plusieurs jeunes filles exerçantes de petits métiers et sans instructions, d’atteindre des niveaux universitaires, accéder à des concours administratifs et occupé des potes important.

Lorsque j’étais en mission dans l’extrême ouest de la Côte d’Ivoire, dans le département de Toulepleu, j’avais noté dans tous les villages que les jeunes filles stagnaient après avoir quitté l’école soit pour des questions de moyens financiers soit pour des grossesses précoces. Elles s’étaient arrêtées en chemin aussi, attendant gracieusement un époux volontaire, désireux pour épouser une fille sans ambition et illettrée. Plusieurs filles là-bas se retrouvaient sans repère et modèle de réussite. La fatalité leur a fait accepter une vie limitée au lieu d’une vie d’indépendance, d’autonomie, de liberté. Elles étaient jeunes, mais n’avaient pas la volonté réelle de faire de longues études.

S’il est vrai que l’État fait ce qu’il peut pour combler ce manque criard de jeunes filles à l’école notamment en rendant obligatoire l’éducation pour tous les enfants, je reste convaincu que chacun peut à son niveau impulser le changement en famille, au village, dans la « société africaine ».

J’ai plusieurs fois réfléchi à la meilleure stratégie pour insuffler un changement de mentalité à ces jeunes filles et j’avoue que je reste toujours dans la réflexion même s’il est vrai que des pistes de solutions sont en train d’être explorées : des séances de coaching et de motivation avec des modèles féminins, je reste ouvert à vos propositions.

Dès lors si vous avez expérimenté des stratégies qui ont bien marché, n’hésitez pas à les partager avec nous en commentant/partageant l’article de sorte à favoriser et à encourager davantage la scolarisation des jeunes filles avec cette rentrée scolaire 2019-2020 qui a déjà débuté.


Côte d’Ivoire/ accès à la justice : le Ministre de la Justice et des droits de l’homme fait des consultations juridiques sur les réseaux sociaux

Dans la rubrique : « Les jeudis du GDS » sur la page Facebook officielle du ministère de la Justice et des droits de l’homme, le Ministre en charge du dit ministère s’adonne tous les jeudis aux « jeux » de conseil juridique.

Dans mes balades sur les réseaux sociaux, j’ai découvert la page Facebook du ministère de la Justice, mais bon, je n’y avais pas prêté attention.  Toutefois  après avoir bien réfléchi, étant moi-même activiste des droits de l’homme quoi de plus important que de suivre le ministère en charge des questions de droits.

Ce que j’y ai découvert m’a plutôt émerveillé ; à l’opposé des pages inintéressantes et muettes de certains ministères cette page, en plus de révéler les activités du ministère, partageait des extraits vidéos d’une émission de la télévision nationale RTI 1 (matin Bonheur) dans laquelle des magistrats ou professionnels  traitaient de thématiques relatives au Droit.

En outre, la page proposait d’apporter des conseils juridiques aux populations à travers une rubrique qui se tient tous les jeudis. Je ne sais pas depuis quelle période cela a débuté, mais il mérite qu’on en parle. Dans cette rubrique, on découvre plusieurs questions ou préoccupations adressées au Ministre Sansan Kambilé qui prend le soin de répondre minutieusement aux préoccupations. On sent dans les réponses la touche du juriste. Dans ces réponses, on apprend beaucoup de choses sur les questions procédurales et les solutions aux problèmes juridiques.

Pour le juriste l’exercice le plus réputé reste le cas pratique. Cet exercice nécessite de la concentration face à la pléthore d’informations qui se trouvent dans le texte. Vous devez en tirer les faits en excluant les éléments inutiles, faire une qualification juridique des faits, trouver le problème de droit et la solution applicable conformément à la jurisprudence et aux textes en vigueurs. Les réponses et les conseils sont tellement bien rédigés que je croirais voir mon professeur de droit civil de l’époque, monsieur Coulibaly Climenlo en train de corriger un cas pratique. Les internautes prennent plaisir à suivre et à lire les différentes publications, on peut lire mêmes dans les commentaires les encouragements de certains acteurs clés de la société civile ivoirienne.

capture d’écran des commentaires des internautes sur la rubrique Les jeudis du GDS
capture d’écran des        commentaires des internautes

 

Cette démarche du ministre est à saluer; plusieurs obstacles jonchent le chemin du droit d’accès à la justice en Côte d’Ivoire malgré plusieurs reformes notamment du code de procédure pénales et autres toutefois des actions doivent être menées de sorte à rapprocher les populations de leur justice et de renforcer la confiance envers cette institution. Cette démarche est vraiment bonne et devrait se faire sur d’autres jours et prendre en compte beaucoup plus de requêtes.

Le ministère est vraiment décidé d’apporter de l’aide à tous les demandeurs, car elle a aussi mit sur pied une ligne téléphonique ( 20 22 32 20) ouverte du lundi au vendredi de 08H à 16 H à laquelle la population pourrait obtenir des conseils, mais aussi dénoncer certains abus et violations.

Les autres ministères devraient prendre exemple sur le ministère de la justice et se rapprocher des administrés. Si le ministre m’accorde une audience après cet article je veux bien le rencontrer afin de voir de près comment tout cela s’organise et fonctionne . si vous avez des préoccupations concernant certains éléments de cet article mettez le en commentaire et si toutefois si cette information a été utile n’hésitez pas à partager SVP.


DESTRUCTION DU TEXAS GRILLZ RIVIERA 3 : la procédure à suivre selon ALLOU ELVIS ADJAFFI (Doctorant en Droit)

crédit photo : fraternité matin

À l’intention du propriétaire de Texas Grillz,

Qu’il me soit permis avant tout propos de vous féliciter pour votre initiative : la création de Texas Grillz. Depuis hier, je lis, grâce à des personnes miennes, qu’une missive vous a été adressée de la part de l’AGEROUTE, et faisant état de ce que compte tenu du fait que vous occupiez le domaine public, vous devrez dégager les lieux. Sous le contrôle de mon cher Maître qui me lira, j’en suis certain, l’on sait que le domaine public est, par principe, inaliénable et imprescriptible.

La règle de l’inaliénabilité[1],  principe dont l’écorce législative recouvre peut-être le vieux bois des coutumes[2], interdit les démembrements de la propriété du domaine public et spécialement la constitution sur le domaine public de droits réels civils au profit des administrés. Pour la jurisprudence, aucune servitude de droit privé ne peut être instituée sur le domaine public[3].

Toutefois, il peut exister une servitude civile sur le domaine public à la double condition que, d’une part, elle préexistait à l’incorporation du bien au domaine public et que, d’autre part, elle est compatible avec l’affectation du bien en cause[4].

Quant à la règle de l’imprescriptibilité[5], elle complète, sans en découler, la règle de l’inaliénabilité et permet de protéger le domaine public contre une appropriation par des tiers. Il résulte de ces deux principes, qui peuvent être invoqués par la personne publique propriétaire mais également par toute personne lorsque cette règle est nécessaire à la défense de ses droits[6], que nul ne peut détenir, légalement, de droit de propriété sur une parcelle du domaine public[7].

Il s’ensuit que c’est à tort que l’administration délivre privativement des titres à des administrés sur des terrains identifiés comme des dépendances domaniales[8] car pour la Chambre administrative de la Cour suprême : « l’existence éventuelle de titres de propriété privée détenus par des tiers voisins sur un terrain appartenant au domaine public est sans influence sur sa véritable nature juridique »[9]. De ce qui précède, il ressort ce qui suit.

Recommandations

♦Il importe, au préalable, de rechercher la véritable nature du terrain querellé dans la mesure où la Chambre a su faire montre d’audace en remettant en cause la nature du titre de propriété[10] qui était inattaquable[11]. Pour le faire, je vous conseillerai de prendre attache avec le Conservateur de la Propriété foncière et des hypothèques de Cocody.

♦S’il ressort de vos investigations que le terrain occupé ne se trouve pas dans une dépendance du domaine public, il faut, au plus vite, mettre en œuvre la procédure du recours pour excès de pouvoir tout en prenant soin de respecter toutes les conditions de recevabilité surtout celle relative au recours administratif préalable et aux délais. À ce niveau, le recours à un conseil vous sera d’une grande utilité.

♦Après avoir saisi la Chambre administrative d’un recours pour excès de pouvoir, il faut demander le sursis à exécution de la décision attaquée devant ladite juridiction.

♦S’il arriverait, enfin, que la décision soit annulée par la Haute juridiction, il faut saisir le Tribunal de première instance d’une action en responsabilité contre l’administration pour édiction d’acte illégal.

Je vous écris car je m’interroge, en Afrique, sur l’utilité d’une pétition surtout que l’exécution des décisions de justice est plus que problématique[12]. Mais, la procédure judiciaire, même si ses jambes semblent être amputées avant sa conception, conserve, tout de même, ses mérites.

Gageons que la procédure retiendra l’administration aussi longtemps que le temps pour un fumeur de griller avec volupté sa dernière clope dans un bureau[13].

 

ALLOU Elvis ADJAFFI

Doctorant en Droit public

Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan-Cocody)

+225 47 299 345

 

[1] La règle de l’inaliénabilité a été consacrée sous l’Ancien Régime par l’ordonnance de Moulins de 1566. Les révolutionnaires de 1790 supprimèrent cette règle de l’inaliénabilité. Et ce n’est que la doctrine du 19e siècle qui va la ressusciter pour sauvegarder certains biens qu’elle estimait essentiels pour la vie sociale. Elle sera par la suite confirmée par la jurisprudence (CE, 17 février 1933, Susini, Rec., p. 67 ; CE, 9 mai 1958, Delort, AJDA, 1958, p. 331).

[2] Marcel WALINE, note sous CE 10 février 1967, Jacquier, RDP, 1967, pp. 977-978.

[3] CE, 10 décembre 1954, Commune de Champigny, Rec., 1954, p. 658.

[4] CE, Ass., 11 mai 1959, Dauphin, rec. p. 294 ; CE, 22 avril 1960, Berthier, Leb, p. 264.

[5] La règle de l’imprescriptibilité, tout comme celle de l’inaliénabilité, a été forgée sous l’Ancien Régime par un édit royal de 1667. Elle se trouve confirmée aussi en Côte d’Ivoire par l’article 211 de la loi du 26 décembre 2003 portant régime financier, fiscal et domanial des collectivités territoriales.

[6] CSCA, 15 février 2017, Ramzi Omaïs et autres c/ Préfet du département d’Adiaké, arrêt N° 37.

[7] CSCA, 28 février 2018, Port autonome d’Abidjan c/ ministre de la Construction et de l’Urbanisme, Conservateur de la Propriété foncière et des hypothèques de Treichville, arrêt n° 39 ; CSCA, 23 mai 2012, Mme Gralou Gounan, veuve Yabi Tra Barthelemy c/ ministre de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat, arrêt n° 84 ; CSCA, 19 décembre 2012, Port Autonome d’Abidjan (P.A.A) c/ Ministre de la Construction et de l’Urbanisme, arrêt n° 141.

[8] CSCA, 23 mai 2012, Mme Gralou Gounan, veuve Yabi Tra Barthelemy précité.

[9] CSCA, 18 janvier 2012, Autorité Nationale de l’Aviation Civile précité.

[10] CSCA, 21 mai 2008, Deflorin c/ Ministère de la construction et de l’urbanisme, arrêt n° 19 ; CSCA, 17 décembre 2008, Touré Abibata et autres c/ Ministre de l’économie et des finances – Directeur du domaine et de la conservation foncière, arrêt n° 55 ; CSCA, 23 juin 2010, Wilson Tété et autres c/ Le conservateur de la propriété foncière et des hypothèques, arrêt n° 55.

[11] Paterne MAMBO, « A propos des titres de propriété foncière. La discorde des juges ivoiriens à la lumière de la jurisprudence récente », in Mélanges dédiés au Doyen Francis WODIÉ, Toulouse, Presse de l’Université de Toulouse 1 Capitole, 2016, pp. 361-384.

[12] Chambre administrative de la Cour suprême, Rapport de l’année judiciaire 2012-2013, pp. 27 et s.

[13] Emprunt à Pierre-Claver KOBO, Rapporteur dans l’affaire Maître Cheick Diop c/ Président de la République


Faut-il parler de sexe aux enfants ?

Crédit photo : freepik, licence libre

Depuis que j’ai quitté la maison, ma mère, la femme Baoulé qui m’a mise au monde me soumet à un rituel, celui de l’appeler au moins deux fois dans la semaine. Pareil pour mon père, lorsqu’il ne m’entend pas au téléphone au bout de deux jours, il s’empresse de m’appeler pour s’enquérir de mes nouvelles. En tout cas, ce sont nos moments bien à nous, l’occasion de faire les débriefings, de prendre des conseils et astuces, mais surtout de compte-rendus.

En parlant de compte-rendu, avant-hier, ma mère m’a appelé pour avoir de mes nouvelles, et quand maman appelle hé bien, c’est au moins 30 minutes, la femme Baoulé m’aime trop et moi aussi donc tous les moyens sont bons pour manifester notre attachement. Au cours de notre conversation, elle me demandait de prier pour les enfants et principalement pour l’éducation de mes petites sœurs parce que leurs environnements leur soumettent à des pressions malsaines.

En effet, elle m’explique que, en revenant de l’école, la dernière de la famille, Nelly (9 ans, en classe de 5e), haute de trois pommes, est revenue avec deux questions qui lui ont donné des palpitations. La première question n’est autre que « maman, c’est quoi club des déviergées et le club des vierges ? » Ah ! Vous avez la bouche ouverte comme la mienne aussi ?

Oui, c’est cette question qu’elle a posée à sa mère, car dans son école il existe de tels clubs et les adeptes du club des déviergées demandent à ce que les jeunes filles se fassent dévierger pour accéder à leur clan qui est très fun et en vogue. « Bleue » (innocente et nouvelle) donc dans cette histoire et ne sachant ce que sont « une vierge et une déviergée », ma petite sœur recourt directement à sa mère qui est sa confidente.

La première question est moins effrayante que la deuxième, voyons ensemble : « Maman, c’est quoi faire Tchiep ou manger Tchiep ? » En langage codé : faire une partouse. Surprenant comme question pour une petite fille de neuf ans, vous en convenez avec moi ! Mais en réalité, ces questions posent le problème de l’éducation sexuelle des enfants : faut-il parler de sexe à ses enfants ?

La question est très importante ; en Afrique, on a eu pour coutume de faire du sexe un tabou, un mythe, une dimension très inaccessible du sacré. Résultat, ce que tu n’apprends pas à la maison, malheureusement la rue te l’apprend. La génération actuelle, appelée « génération pressée », a accès à Internet et à toutes sortes de technologies, alors ce qui était sacré, caché avant ne l’est plus. Il suffit de demander à Google et les résultats de recherche se chiffreront en centaines, au moins. Prématurément exposés aux choses sexuelles, ils sont pressés de découvrir les choses dans la pratique, avec souvent des conséquences néfastes et irréparables pour la majorité d’entre eux.

Récemment, le web ivoirien a vu circuler les vidéos de jeunes collégiens en plein ébats. La rumeur actuelle fait état de pratiques à caractère sexuel très bizarres au sein des écoles et collèges qui sont devenues des jeux ou rites d’initiation, on parle de « tontine sexuelle ».

Comme le disait un vieux sage en Côte d’Ivoire, « le temps qui est le temps n’est plus le temps qui était le temps » (adage pour dire que les temps ont changé). Alors, faut-il à titre préventif parler de sexe à ses enfants, si oui à quel âge et à quelle période de leur croissance faut-il le faire ? Faut-il rester de marbre en attendant que les plus curieux de vos enfants veuillent vous en parler à chaque fois qu’ils seront confrontés à une question sexuelle ?

N’hésitez pas à partager votre point de vue, vos conseils sur la question en commentaire, votre point de vue pourra aider plusieurs parents.

Ma mère a toujours eu pour technique d’être ouverte et proche de nous très tôt, avec des menaces parfois, elle a réussi à nous informer sur certaines questions sexuelles de sorte que la rue ne réussisse pas à nous désinformer et déformer, et corroborer le tout avec une grosse pincée de spiritualité et de l’évangile.


Hiré mine d’or ou de malheur 2 (suite)

En janvier 2018 j’avais rédigé la première partie et la deuxième partie de cet article , hélas pour des raisons indépendantes de ma volonté la 2e partie n’avait été publiée. Comme on dit en Afrique il n’est jamais tard pour bien faire,voici   la suite de l’article hiré mine d’or ou mine de malheur 1.

Hiré est une localité dans la région du Goh à environs 4h de route d’Abidjan. L’adoption du Code minier et l’augmentation du prix de l’or au cours de la dernière décennie ont entraîné l’expansion rapide de l’exploitation minière, surtout aurifère en Côte d’Ivoire. Les localités de HIRE et de BOUAFLE (ANGOVIA) en particulier ont connu un afflux d’exploitants miniers artisanaux et industriels avec son lots de conséquences désagréable désastreuse pour les populations environnants et leurs environnements..

Pollution de l’eau et matière première agricole en voie de disparition

Selon l’article 11 du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et d’autres instruments relatifs aux droits de l’homme, chacun a droit à une nourriture suffisante, en quantité comme en qualité et exempte de substances nocives.

À Bonikro et Koutoukou Konankro des villages à côté de Hiré là on parle de pollution au cyanure. L’eau et les ruisseaux d’eau environnant sont pollués au cyanure.

Malgré les mesures qui sont prises, la population se plaint de maladie et de pathologie liée au cyanure. Dans une étude de l’ONG APDH mené en 2016, l’on a pu démontrer par prélèvement et analyse approfondie en laboratoire, la présence d’une dose très élevée de cyanure dans certains plans d’eaux du coin.

À Koutoukou Konankro, le bac à cyanure est un véritable spectacle de pollution chimique. Le sol rougeâtre mélangé au cyanure et aux résidus de roche fractionnée vous donne une couleur blanchâtre qui vous annonce déjà les couleurs de ses effets nocifs.

Au lieu d’être un espace bien surveillé et barricadé, certains coins de la grille sont ouverts et j’ai pu apercevoir un troupeau de bétail, légions dans la zone aller se nourrir dans cette zone cyanurée pendant que des pancartes interdisent de manger ou de boire dans les environs.

Un jour, ce bétail se retrouvera sur le marché et consommé par la population. Comme en Afrique, on ne fait rarement pas d’études et analyses approfondi sur la cause de la mort, la mort c’est sacré, et bien, on ne liera pas nos ennuis de santé à ces produits.

Concernant le sol, c’est un autre calvaire que la population vit dans les trois villages que j’ai sillonnés, il n’y a plus de moyens d’exercer la culture vivrière dans la zone, le sol est devenu dure et infertile. Les nombreuses tentatives pour faciliter les choses n’ont rien donné.

Dans le village Bonikro, la présidente des femmes rapportait pour exemple que sur une plantation de près de 10 hectares de cacao elle avait pu récolter que de malheureux grain de

cacao qui remplissait à peine son plateau en liane. Les grandes plantations ont été abandonnées au profit de l’exploitation.

Orpaillage clandestin

des orpailleurs clandestins dans une mine clandestine à Hiré

Dans les sites orpaillages, on ne pouvait y accéder et parler aux gens que sous la caution du chef d’exploitation. Les risques que les gens prenaient dans ses trous béants avec des moyens artisanaux de sécurité de site étaient flagrants. On pouvait noter en outre, la présence de toutes les couches de la population : enfants, jeunes et vieux, les femmes…

Ici et là, des enfants dans des étendues d’eau bouilleuse, aidée de leur mère s’adonnaient au lavage d’échantillons de terre obtenue par la fouille archéologique et vigoureuse de coups de pioche donnée par les hommes de la bande.

L’exploitation est à ciel ouvert, que dis-je tombeau ouvert, il suffit d’un écoulement de terrain et de boue pour laisser ce lieu devenir un cimetière.

Indemnisation injuste, et arbitraire

L’article 15 de la constitution ivoirienne dispose que : le droit de propriété est garanti à tous. Nul ne doit être privé de sa propriété si ce n’est pour une cause d’utilité publique et sous la condition d’une juste et préalable indemnisation.

Ainsi en droit ivoirien, la victime expropriée de ses terres doit faire l’objet d’une indemnisation. Le droit ivoirien ayant peu fait d’évolution il y a dans le processus d’indemnisation une prééminence de l’homme sur la femme en d’autres termes les hommes sont pris en compte, mais pas les femmes.

Selon monsieur N’Dré kakou propriétaire terrien d’un site d’orpaillage clandestin, lorsque votre terre est réquisitionnée, (01) un Hectare de terre est dédommagé à 224 000 Fcfa.

Certains membres de la population sont exclus du dédommagement quand bien même que leur plantation ai été impacté. Au lieu d’un dédommagement global, prenant en compte toutes les victimes et bien c’est chacun pour soi.

Malgré toutes les initiatives dans le domaine il reste beaucoup à faire notamment former la population à une gestion pacifique des conflits générés par l’exploitation minière.

Un gros travail de sensibilisation est à faire auprès de la population qui est mal formé sur les conséquences réelles de l’exploitation minière de sorte à opérer des choix judicieux et objectifs pour eux.

À l’état il importe d’être plus regardant auprès des entreprises minières. Les études d’impacts environnementales sont menées, mais dans un pays où règnent la corruption, la mauvaise gouvernance et la mauvaise gestion des affaires publiques, on peut douter de l’objectivité de ces études menées qui sont toujours en déphasage et opposé aux réalités que vivent les populations.

Il ne s’agit pas de délivrer des permis aux entreprises, il faut veiller à ce que la RSE soit prise en compte et cela passe par un contrôle effectif et non un contrôle sur papier comme on connaît à Abidjan.

Il y a un mois environs l’état délivrait trois permis d’exploitations et la semaine dernière trois permis encore de recherche et de fouille minière. Notre pays s’annonce comme un très grand chantier aurifère vu l’intérêt de ces multinationales, Alors, il faut du contrôle.

Il faut retenir en définitif que tout projet de développement doit prendre en compte les questions environnementales de sorte à nous garantir un bien-être dans un lieu sain, les générations futures africaines ont besoin qu’on leur laisse un héritage plus beau et plus sain que le fruit de notre égoïsme et de notre insouciance face aux questions environnementales. Et si le changement commençais maintenant.(RECIT 2018)…

En l’état actuelle, les choses ont changés m’a indiqué mon informateur sur le terrain. plusieurs organisations ce sont penchées sur la question. l »union européenne avait  invitée toujours dans le courant de l’année 2018 l’APDH à paris pour un colloque international sur les mines afin de  partager avec eux les résultats du rapport sur les mines de l’époque. une délégation européenne est à son tour allée sur le terrain pour s’enquérir des réalités du terrain dans le cadre du fond PISCCA financé par l’ambassade de France et mis en œuvre par une coalition d’ONG ivoiriennes. Les populations malheureuses de Koutouclou Konankro ont  malgré eux même finis par rejoindre les habitations construite par l’entreprise minière pour les relocalisé. ce récit reste toujours d’actualité pour sensibiliser et appeler l’État ivoirien et chacun de nous à la responsabilité car le phénomène reste toujours apparent dans certaines zones aurifères


Réintégration des personnes déplacées/ retournées dans la région du Cavally, département de Toulepleu : 20 groupements reçoivent des kits de mise en œuvre d’AGR

 

Les graves violations des droits fondamentaux commises par les partisans des deux camps au cours de la crise ivoirienne et les affrontements les opposants ont provoqué le déplacement d’un million de personnes notamment dans zone ouest de la Côte d’ivoire  à l’intérieur et à l’extérieur du territoire.

Les personnes déplacées/retournées ont regagné leur foyer pour tenter d’y refaire leur vie. Les besoins humanitaires sont particulièrement prononcés à l’ouest et au sud-ouest du pays. Comme le disait le secrétaire générale de préfecture de Toulepleu, monsieur Yao Djè « selon les statistiques reçu des représentants du PNUD 90 % des populations déplacés retournées sont ressortissant de la zone ouest. »

L’accès à la terre reste l’un des principaux obstacles au retour des personnes déplacées dans ces régions, où les litiges fonciers récurrents perpétuent les déplacements et alimentent les tensions ethniques. En effet, la terre abandonnée dans leur fuite par les personnes déplacées ayant souvent été occupée, louée ou vendue frauduleusement par d’autres en leur absence.

images des représentants des 20 groupements bénéficiaires du projet

Ainsi à l’initiative de l’ONG PEHE, avec l’appui financier de la république fédérale d’Allemagne et l’appui technique du PNUD, un projet est en cours de mise en œuvre. Ledit projet vise à contribuer à la réintégration économique dans la dignité de personnes déplacées, retournées et au renforcement de la cohésion sociale et de la cohabitation pacifique avec les communautés d’accueil à travers l’identification et la mise en œuvre de projets de réponses aux besoins spécifiques de ces cibles dans le département de Toulepleu.

Après les formations que les récipiendaires ont reçues au préalable en gestion d’association, en comptabilité simplifiée, en culture de riz irrigué et élevage de volailles ils ont reçu le mardi 25 septembre, au sein du foyer des jeunes de Toulepleu des lots de kit pour mettre en œuvre efficacement leur AGR.

Les autorités présentes à cette cérémonie ont invité les récipiendaires à prendre soin les intrants qui leur ont été confié et à les faire « fructifié ».

monsieur mahama gbané , Chef de bureau du PNUD GUIGLO

Mahama Gbané représentant du PNUD a renchéri en faisant en sorte que cet apport ne soit pas un échec, car il y a des zones en côte d’ivoire où les organismes internationaux ont peur d’intervenir à cause de la zone qui a perdu sa crédibilité dans l’exécution des projets.

Conscient de toute la tâche et du travail à faire Christopher Raymond, chef du bureau du HCR Guiglo  a invité le « les autorités, les acteurs de développement, le secteur privé, tous les partenaires à être présent dans les zones de retour afin que le programme de cohésion sociale soit réel. »

Les bénéficiaires quant à eux, n’ont pas voulu resté en marge des différents remerciements et ont promis « de ne pas décevoir et que les kits seront utilisé à bon essayant ».

Cette belle cérémonie s’est terminé par la remise symbolique aux autorités des différents kits .ce sont des tonnes de riz, de l’engrais, de tous les intrants pour la culture du riz et de l’élevage, des congélateurs et du matériel de rénovation de leur bâtiment…

bilan partiel

Bas-fonds Seibli

Des jours se sont écoulés après la distribution des kits et dans « curiosité) comme on le dit au pays  je suis allé sur terrain pour voir comment les gens se débrouillent sur le terrain et j’ai été largement  satisfait. Certaines localités comme Pehe qui, ayant à peine débuté leur activité depuis quelques jours se trouveront en rupture de stock. Ayant analysé leur marché comme leur avait enseigné leur formateur Herman Kouassi ils ont fait une légère réduction sur leur prix qui a attiré un grand nombre   de client.

Pour les personnes faisant de la culture de riz aussi j’ai pu noter  de grands casiers de riz en pleine mutation et des pépinières en cours pour combler les casiers vide déjà labouré.En tout cas ne soyons pas surpris de voir la récolte de riz dans le mois de novembre comme me l’a indiqué le président du groupement de Seibli, dans la sous-préfecture de Bacoubli. En attendant de vous inviter à manger le nouveau riz, locale j’ai repris mon sac pour une autre localité.

 

 


Jolie, la femme capable

Les mains dans la terre argileuse, Célestine place le mélange d’argile et d’eau dans un moule pour en faire des briques. Accompagnée d’un jeune garçon et d’une jeune fille, Célestine œuvre seule face au regard fasciné de nombreux hommes admiratifs. Ces dernières années ont vu naître de nombreux slogans qui incitent les femmes à entreprendre et à s’engager dans divers projets, à sortir de leur timidité pour faire et entreprendre. Pour certains le message est passé !

crédit photo : LEJUDIK
crédit photo : Lejudik

J’ai rencontré Célestine – surnommée « jolie » –  à l’extrême Ouest de la Côte d’Ivoire (dans  le village de Guéyédé, à environ 15 km de Toulepleu, à quelques kilomètres de la frontière du Liberia). Nombreux sont ceux qui parlent d’émancipation sans savoir de quoi il s’agit en vérité. Dans la vie, il y a des personnes que vous rencontrez et qui vous montre l’exemple. « Jolie » en fait partie : par son hyperactivité, elle nous donne une belle démonstration de ce qu’est une femme qui se bouge et qui entreprend. Son exemple nous « booste » et dépasse tous les beaux discours sur l’émancipation, l’égalité entre femmes et hommes etc.

crédit photo : Lejudik
crédit photo : Lejudik

La bravoure de ‘’jolie ‘’

La bravoure de ‘’jolie‘’ force l’admiration, on peut entendre les passants du village la surnommer « la femme capable ». Son courage m’incitât à lui arracher quelques mots, elle a accepté de me répondre avec un grand sourire. Elle n’a pas fait d’études de construction, elle a simplement eu la volonté de se prendre en charge et de ne pas compter sur son mari.

Les briques qu’elle fabrique lui servent à monter les murs de son futur projet, la construction d’un bar. Selon les experts, la technique utilisée par cette femme est une très bonne technique, d’origine libérienne.Celle-ci consiste à monter la charpente et la toiture en premier pour ensuite monter les murs de briques jusqu’aux limites fixées ; ainsi la pluie n’endommage pas les travaux qu’elle mène avec minutie.

Crédit photo: LEJUDIK
Crédit photo: Lejudik

« moi je ne compte pas sur garçon ho, en plus de cela j’ai environ une dizaine d’hectares de cacao que je fais »

Elle me dit « moi je ne compte pas sur garçon ho, en plus de cela, j’ai environ une dizaine d’hectares de cacao que je fais ». Étonnant de voir un tel exploit alors qu’on sait combien les travaux champêtres sont difficiles. Mais Célestine croit en son projet. Mariée depuis plusieurs années, on peut voir son anneau vieilli au fil du temps briller discrètement, comme pour nous confirmer que maman jolie est un cœur pris ! Elle est mère de 10 enfants dont huit sont depuis quelques temps au Canada grâce au HCR, pendant que les deux autres sont restés avec elle au village.

Crédit photo : Lejudik

« Maman jolie  » fait partie de ces femmes qui n’ont pas peur de faire les mêmes tâches que les hommes ; après tout, pourquoi une femme serait-elle limitée dans ces tâches ? On est étonné uniquement parce-qu’on n’a pas l’habitude de voir une femme entrependre !

En attendant de voir un jour Célestine finir ses travaux et ses grands projets, je lui ai transmis vos salutations et lui ai promis que sa bravoure serait racontée dans mon blog afin d’inspirer d’autres femmes ! Que celle qui hésite à se lancer, à s’engager, soit motivée et se lance !
Comme je sais que vous êtes des lecteurs très actifs, n’hésitez pas à partager son histoire. Moi j’ai fait ma part.


Sénatoriale en Côte d’Ivoire: le berceau de toutes les contestations

La 3e  République ivoirienne proclamée avec la réforme constitutionnelle de 2016 a été l’occasion de créer une nouvelle institution : le Sénat. Le Sénat est la chambre haute du parlement ivoirien .

⊗ La nécessité d’un sénat en Côte d’Ivoire

Cette approche est vraiment importante quand on sait qu’en Côte d’Ivoire, nous avons un parlement qui « joue » déjà son rôle. La majorité des Ivoiriens ignorent vraiment la nécessité de se doter d’un Sénat.
En Côte d’Ivoire, une pléthore d’organisations et institutions sont créées pour mener des politiques bien précises. Hélas, sur le terrain, ces organisations ou institutions œuvrent peu. C’est pourquoi beaucoup pensent que créer une autre institution, ce n’est qu’une stratégie pour gaspiller les deniers publics.

Monsieur Tiken Jah Fakoli, un artiste engagé sur le plan politique (et suspecté d’avoir pris part à l’organisation de la rébellion en Côte d’Ivoire), a lui-même exprimé sa désapprobation à l’annonce de l’organisation d’élections sénatoriales. Pour lui, ces élections ne sont qu’un moyen de récompenser les partenaires et amis écartés du pouvoir en place, et il refuse ce genre de manipulation.

Avant d’aller plus loin dans cette réflexion, il importe de nous référer à la constitution ivoirienne, source de la création du Sénat, en attendant que la loi organique ne définisse en détail sa fonction.

⊗ Les fonctions du sénat selon la constitution ivoirienne

Selon la constitution ivoirienne, le sénat aura les mêmes fonctions que son équivalent français : la représentation des collectivités territoriales et des Ivoiriens établis hors de la Côte d’Ivoire.

Mais là où le bât blesse, c’est que les fonctions de représentation des collectivités territoriales ne sont que partielles. En d’autres termes un tiers des sénateurs sont désignés par le président, deux tiers des sénateurs sont élus au suffrage universel indirect. Le mandat des sénateurs est de cinq ans.
Les premières élections sénatoriales ivoiriennes se sont tenues le 24 mars passé, comme l’avait annoncé Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement. La campagne électorale s’est déroulée du 19 au 22 mars. À l’annonce de l’ouverture des candidatures, on a remarqué comme une indifférence des électeurs, mais aussi des politiciens : peu de candidatures ont été déposées.
Et alors qu’une césure semblait diviser la coalition au pouvoir, la décision à laquelle on s’attendait le moins à été prise : cette coalition a déposé une liste unique. Est-ce que c’est un coup de bluff, pour calmer les tensions et donner l’impression que tout va bien au sein de la coalition présidentielle ? On ne sait pas, mais c’est reparti pour un tour électoral.

⊗ Les dérives des sénatoriales 2018

Au lieu de générer de l’adhésion et du consensus, les sénatoriales, comme toutes les élections précédentes, ont de nouveau semé la division au sein du pays. N’ayant pas l’assentiment de toutes les parties prenantes, elles ont entraînés plusieurs contestations. Les partis de l’opposition ont ainsi organisé des marches pour protester.

Malheureusement, celles-ci ont été sévèrement réprimées. Plusieurs arrestations effectuées, sanctionnées par une décision de justice limitant les droits et libertés des individus. L’activiste et journaliste blogueur, sa majesté Daouda Coulibaly, a été arrêté avec violence puis relâché.

L’autre dérive de ces sénatoriales, c’est l’acceptation, voire l’élection, des candidats « bouffes tout » politique. Ces personnes représentent une catégorie très engraissée du pouvoir : ils cumulent plusieurs postes, parmi lesquels ceux de ministre, député, maire et maintenant sénateur.

Quelle aberration ! Ces individus sont-ils les plus intelligents de la côte d’ivoire ou les plus aptes ! En attendant d’avoir une réponse et bien les résultats ont été proclamés. Si, sans surprise, la majorité présidentielle a remporté une écrasante victoire 50/66 sièges, la percée de listes « indépendantes » dans huit circonscriptions, dont celles de Bouaké et Yamoussoukro, interpellent.
Alors qu’elle a fait sa rentrée solennelle le 12 avril 2018 dans la capitale politique ivoirienne : Yamoussoukro, les Ivoiriens ont les regards fixés sur cette nouvelle institution jugée budgétivore.


Journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines, la Côte d’Ivoire dit : « zéro Tolérance »

Chaque 6 février de l’année en cours, l’humanité se retrouve pour la journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines. A l’occasion de cette journée, le bilan est fait sur les actions qui sont menées, les difficultés et les résultats obtenus.

À l’occasion de cette journée, la grande salle de l’Institut français d’Abidjan a reçu des convives venus de partout : des représentations diplomatiques, du ministère de la famille, de la femme et de l’enfant, d’autres du ministère de l’intérieur et de la sécurité, des organisations de la société civile, des universités et centres de formations. Tout ce beau monde réuni dans un seul but : dire « NON » à ce fléau, récurrent dans les pays africain.
Les mutilations génitales et plus précisément l’excision sont une pratique ancestrale qui continue de sévir en Côte d’Ivoire. Les conséquences en sont nombreuses : les infections ou maladies, la fermeture de l’orifice vaginale, des traumatismes psychologiques ou la mort, dans le pire des cas.

Pourcentage des femmes de 15-49 ans excisé par régions en    Côte d’Ivoire

La région du Tonkpi, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, semble être la plus touchée. Selon le préfet de la région, l’excision fait partie de la culture de la localité, et en parler reste tabou. Les autorités de l’état font leur maximum, mais elles se heurtent souvent à la résistance de la population et des gardiens de la tradition.

Comme on le dit, les vieilles habitudes ont la peau dure. C’est pourquoi ce n’est pas tâche facile que d’éradiquer ce phénomène. Des dénonciations sont faites relativement aux actes d’excision, mais bon, les dénonciateurs sont bannis de leur communauté. Résultat, la lutte reste embryonnaire.

 

Pourtant, ce ne sont pas les textes juridiques qui manquent pour réprimer ces actions. La constitution ivoirienne du 08 novembre 2016, en son article 5, interdit toutes mutilations génitales. Au plan législatif les articles 1 et 2 de la loi N 98-757 du 23 décembre 1998 dit : « Quiconque commet une mutilation génitale féminine est puni d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende allant de 360 000 à 2 millions ». Je ne parle pas des  instruments juridiques internationaux (aux quelles la Côte d’Ivoire est partie) relatifs aux mutilations génitales féminines, qui sont légions.
Les textes actuels sont bien pensés, car ils répriment les auteurs, même tous ceux  au 4 degré de commission de l’infraction, c’est-à-dire les parents qui envoient leurs enfants se faire exciser comme ceux qui voient et laissent faire.

Les juges ivoiriens sont déterminés à donner l’exemple aux récalcitrants de la loi. Le slogan est même « zéro tolérance à l’égard des mutilations génitales féminines ».
Le ministre de la sécurité, Monsieur Sidiki Diakité, a affirmé que toutes les mesures seront prises pour arriver à ce niveau de tolérance zéro.

En attendant, comme l’a souligné madame Danielle Boni, anciennement ministre de la communication à l’époque où la loi de 1998 sur les mutilations génitales a été adoptée, « en Côte d’Ivoire, on aime les slogans : « émergence en 2020 », « zéro tolérance ». Mais il faut aller au-delà et passer à l’action, car les chiffres le prouvent bien, il n’y a pas eu d’avancées sur la question ».

Elle a fini son propos en appelant les associations de femmes à faire plus d’actions, à s’approprier cette lutte.
En tout cas, c’est sur cette note que j’ai quitté le premier panel sur le thème : état des lieux, enjeux et répercussions. Le second panel, quant à lui devait  parler des solutions et des actions entreprises pour éradiquer ce fléau.
Pour parler de solution, il faut que chacun prenne ses responsabilités et ait le courage de dire non, de dire stop aux bourreaux. Il faut que chacun de nous trouve la force de s’opposer, de dénoncer et de réprimer légalement les auteurs des mutilations génitales. En outre, prévenir est meilleur que guérir : la sensibilisation doit continuer dans les hameaux reculés, mais aussi dans les sociétés évoluées dont l’enracinement dans la tradition reste fort.

 

Certes, nous avons des cultures et des habitudes ancestrales. Mais il faut tout de même faire appel au bon sens et à la raison quand ces traditions ne sont pas bonnes.
Enfin, tendons les oreilles, ouvrons les yeux et n’ayons pas peur d’ouvrir la bouche quand il s’agit de sauver la vie ou épargner les autres du malheur.
N’oublions pas de faire la sensibilisation en partageant cet article, ça peut sauver des vies.

Ps: Si vous avez raté cette journée, faites un tour sur ma page Facebook ( judicael adou ) pour voir tous les détails de la conférence, à bientôt !


Hiré : mine d’or ou mine de malheur (1) !!!

Hiré est une localité dans la région du Goh à environs 4h de route d’Abidjan. L’adoption du Code minier et l’augmentation du prix de l’or au cours de la dernière décennie ont entraîné l’expansion rapide de l’exploitation minière, surtout aurifère en Côte d’Ivoire. Les localités de HIRE et de BOUAFLE (ANGOVIA) en particulier ont connu un afflux d’exploitants miniers artisanaux et industriels.

A HIRE par exemple, deux multinationales se partagent le territoire. Il s’agit de ‘’New-Crest’’ installé à BONIKRO et à HIRE et ‘’ANDEAVOUR’’, installé sur les terres du village D’AGBAHOU.  Quant à ANGOVIA, l’entreprise ‘’Amara Mining’’ s’apprête effectivement à entrer en productivité, à côté du flux important d’orpailleurs très visibles sur le périmètre.

Cette présence remarquée d’orpailleurs et d’entreprises ne laisse pas indifférente les populations qui ont vu leurs habitudes et leur mode de vie complètement  bouleversée, du fait de cette nouvelle cohabitation souvent conflictuelle.

Lors de mon passage j’ai pu recueillir des témoignages poignants qui m’ont fait prendre conscience de la gravité de la situation des populations riveraines des zones d’exploitation minière. L’activiste et le blogueur que je suis devenu grâce à vos visites sur mon blog ne pouvait se taire et garder cela aux oubliettes. J’ai mis du temps, certes, pour écrire cet article, mais bon prendre le temps pour mieux agencer ses idées n’est pas mauvais pour vous qui êtes si exigants. Revenons à  Hiré.

Les conflits communautaires

Là où il y a l’argent en Afrique, il y a toujours la bagarre, chacun en fonction de ses intérêt pousse ces pions et au final toute la société en sort perdante.

À Hiré un comité de développement local a été mis en place avec l’accord des différentes parties prenantes, toutefois ce comité jouirait de la caution de peu d’habitants.

La population est méfiante et peu disposée à faire confiance aux élus locaux, taxé de prendre fait et cause pour les entreprises minières.

Les mécanismes de gestion participative des problèmes dus à l’exploitation minière ne fonctionnent pas réellement. Ainsi, lorsque la population est en désaccord avec une action qui est entreprise par les sociétés minières, et bien elle le fait savoir par des barricades et des manifestations qui sont souvent réprimées sauvagement.

Le chef du village de Gbogobro, un village dans la zone de Hiré me racontait qu’une fois alors qu’ils avaient décidé de manifester pacifiquement à une des places publiques de Hiré et bien une descente musclée a été ordonné par le préfet de la ville de Divo. Le lieu de protestation envahi par les habitants du village s’est vu vider très rapidement face à la répression sauvage qui s’y est faite.

Les bâches  qui avaient été placées pour abriter les manifestants contre les intempéries ont été déchirées, les chaises louées ont subi la même fureur, les marmites de riz et de sauce qui avait été garnie pour redonner  de la vigueur aux manifestants ont été renversé et cassé.

Les motos des occupants du lieu ont été détruites; les tensions étaient montées d’un cran.

Pollution sonore

panneau installé près de la mine de akississo, à quelques mètres des habitations Qui dit exploitation dit dynamitages et explosions. A Hiré, on a fini par s’habituer aux explosions, les murs des maisons mitoyennes des sites d’exploitations se fissures face aux décibels des explosions. Mais à cela la société minière répond que le bruit généré répond aux normes.

Alors que sur les lieux j’ai pu remarquer des maisons abandonnées ; selon les témoignages à cause de l’intensité des bruits.

Parlant de la distance entre la zone d’exploitation et les maisons c’est une affaire compliquée, car selon le code minier ivoirien la distance est de 250 mètres mais sur les lieux on remarque à vue d’œil sans être un expert des mathématiques que nous sommes avec la mine d’akississo (qui doit faire l’objet d’une extension encore), à moins de 100m. Les populations riveraines n’ayant pas d’autres solutions sont obligées de rester à côté de ce chant de la mort.

Pollution de l’air

A Hiré, la terre rouge n’a plus de secret, elle se retrouve partout, dans tous les lieux et carrefour de la petite ville. Il y a un arrosage qui doit être fait par les employés de la mine Newcrest, mais en tout cas, durant les 3 jours passé sur les lieux et bien je n’ai rien vu.

Manque d’infrastructure et développement précaire

Normalement quand on trouve de l’or et bien ça doit se faire sentir hélas ce n’est pas le cas. Hiré manque considérablement de route, le bitume est pratiquement inexistant ou impraticable.

Une route avec des pansements, c’est comme ça j’appelle cela. Les entreprises minières faisant croire à de grands travaux de voirie se contentent juste de faire grand trous dans le bitume déjà en souffrance et les remplissent de ciment. Un véritable travail d’amateur, mais là encore que peut dire la population abandonnée à lutter seul face à cette invasion, l’état a donné sa caution que peut donc valoir leur avis !

ATTENTION !!! l’article n’est pas fini, je vous laisse digérer ces lignes et le reste suivra très prochainement. Ne zappez surtout pas, d’autres révélations dans le prochain billet sur le vécu des populations de Hiré…

RENDEZ-VOUS SUR CE LIENS POUR LA SUITE: LIENS

 

Hôpital construit par NEWCREST à Bonikro. En délabrement pour n’avoir pas été équipé en matériel médical

 

centre de santé construit par NEWCREST, en délabrement pour manque d'équipement
l’hôpital de Bonikro abandonné depuis sa création. NEWCREST « a construit mais ne l’a pas équipé ».

 

 

 


Les obsèques du droit à l’éducation en Côte d’Ivoire

Normalement le développement d’une nation passe par L’éducation, ainsi toutes nations qui souhaiteraient un développement fulgurant devraient investir dans son système éducatif.

Malheureusement, au rang des pays en voie de développement qui  ne l’ont pas compris,  la Côte d’Ivoire est bien placée.

Ce billet est un cri de cœur de tous ses parents qui peinent à nourrir leurs familles et qui consacrent le peu qu’ils ont pour l’éducation de leurs enfants, de tous ces jeunes ivoiriens élèves et étudiants qui chaque jour se lèvent  tôt le matin pour se rendre dans ‘’les temples du savoir ‘’ dans l’espoir d’être les leaders de demain.

A l’époque du Président Laurent  Gbagbo, on nous disait que l’école ivoirienne était la poubelle et qu’il était le lieu de tous les vices et les faux coups, corruption insalubrité  et autres, oui les écoles et universités du pays ainsi que les résidences ressemblaient à des porcheries.

Pauvres que nous étions, nous n’avons pas d’autres alternatives à par l’école et le système que notre pays a bien voulu mettre à notre disposition. Néanmoins, on évoluait dans cette histoire, un est mieux que zéro comme on le dit à Abidjan, mais à dire vrai, sur 10 le zéro, il vaut rien.

L’on a dit que l’école en Côte d’Ivoire était instrumentalisée au point d’être un des bras armés dans la crise que la Côte d’Ivoire a connue et pour cela on a  payé deux ans de nos vies assis chez nous en attendant qu’une main salvatrice vienne changer les choses et renouveler tout le système éducatif

Une fois au pouvoir le Président Alassane Ouattara  prend de grosse décision en faveur de l’éducation : réhabilitation des universités, construction de nouveaux bâtiments, application de système LMD, école gratuite… en tout cas le programme était beau.

Revenu après la fermeture et bien tout était beau vraiment les bâtiments et autres, de l’extérieur tout rayonnait, mais à l’intérieur c’était pourri.

Muni d’espoir et de persévérance l’on s’est lancé dans cette nouvelle  aventure. Ce n’était pas sans difficulté pour nous. Pour exemple moi,   jeune étudiant de la faculté de droit, j’ai manqué par 2 fois de reprendre mon année soi-disant parce que ma note de TD(Travaux dirigés) avait disparu ou bien que ma note d’examen n’avait pas été reportée. Vous direz que c’est fréquent, mais si vous étiez à ma place, vous n’aurez pas dit cela surtout si vous avez une administration hostile qui vous rend coupables de leur désordre et de leur irresponsabilité. Une administration qui ferme ses oreilles lorsque vous agonisez et ferme les yeux lorsque vous défilez devant, elle ferme ses portes lorsque vous cherchez de l’aide. S’en remettre à La prière et le jeûne apparaît comme votre alternative pour vous sortir de ce gouffre.

Mais cela ce n’est rien, alors que j’avais décidé de m’inscrire pour mon année de master II professionnelle, l’argent de l’inscription que j’avais versé a été détourné par un système interne de l’Université et comme c’est le plus fort qui l’emporte de nombreux étudiants ont été contraint de se réinscrire en attendant qu’une prétendue responsabilité soit située et que les coupables soient condamnés.

De quelle condamnation je parle ! Au pays des leurres, tout est passé sous silence. Jusque-là je ne sais plus rien de l’affaire.

Depuis mon inscription à mon master professionnel, je croyais que tout était bien parti, que j’allais enfin bénéficier d’un régime différent de celui que l’on servait aux étudiants vus le montant de la scolarité pour une université publique 1050000.

Mais là encore je me suis trompé, désordre et manque d’organisation ; cela allait, on arrivait à supporter.

Depuis que j’ai fini le master ce n’est qu’un an après que j’ai eu mes résultats, les résultats sortis à mon insu.

Mieux encore pour mon mémoire de master, c’est une autre affaire, deux ans après je n’ai toujours pas écrit pour dire soutenir ; et j’en suis responsable il paraît, donc vous pourriez me jeter la pierre.

L’État et ses nombreuses mesures qui ne s’appliquent pas

Cette liste de problèmes n’est rien à comparer à ce que les autres ont vécu. L’État ivoirien a rendu l’école obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, mais dans quelles conditions garantir qu’un enfant de pauvre qui n’a pas les ressources financières vienne s’étouffer dans une école en agonie qui ne garantit nullement la sortie du gouffre.

Les ministres ivoiriens sont spécialisés dans les grands discours sophistes pour bercer les bailleurs internationaux de leur volonté à faire rayonner la Côte d’Ivoire aux côtés des grandes nations, mais au fond ce qui est fait donne des maux de cœurs. Leurs enfants eux n’ont rien à craindre, ils sont bien formés dans des universités de prestige et de renommer en attendant de prendre fonction aux postes que leurs parents ont bien voulu leur préparer.

Le droit à l’éducation, un des droits fondamentaux, est reconnu à ceux qui ont des comptes bancaires bien fournis, le pauvre n’a pas le droit d’être éduqué pour venir rivaliser en matière de performances avec les enfants des plus huppés. Des conventions internationales sur les droits de l’homme ont été ratifiées par l’état ivoirien toutefois leur application en reste limitée.

Les grèves au lieu de diminuer s’intensifient, l’état durci son discours, les syndicats se révoltent les élèves mis dehors, les écoles se vident et les rues absorbent de nouveaux disciples pour la sale besogne.

la répression des revendications

 

Ce mercredi  13 septembre 2017 la goutte d’eau a fait déborder le vase alors que je voyais toutes ces images de répression d’étudiants sur les réseaux sociaux.  Des étudiants pour avoir revendiqué pour la diminution des frais scolaires  se sont vus assiégés dans leurs résidences universitaires et roués de coups dans la zone de Cocody Mermoz.

Pendant que l’on attendait une réaction ferme et intelligente de l’état ivoirien sur les problèmes d’insécurité en croissance dans le pays dû aux attaques de camps militaires, de civil par des microbes appeler affectueusement en Côte d’Ivoire enfant en conflit avec la loi ; rien de concret.

Cependant, lorsqu’il s’agissait des étudiants là l’armée a parlé, avec la sauvagerie, les lacrymogènes, les matraques,  mais elle l’a  fait parler d’elle, pour quelle raison vraiment on ignore.

il faut …pour l’éducation

J’ai toujours dit que le problème de l’école ivoirienne est un problème qu’il faut analyser de façon sérieuse.

  •  Une réelle réflexion sur la question. Que chaque acteur de l’éducation soit associé aux travaux de réflexion enfin que les décisions aient l’assertion des parties prenantes. Car un projet, dont la cible est extérieure, a de fortes probabilités d’échecs.
  •  Faire de l’éducation une priorité et ce pas dans le discours et les bilans financiers, mais dans la réalité.
  • Mettre l’école en dehors de la politique et des pratiques dolosives qui cachent des ambitions privées, personnelles et politiques.
  • Améliorer les modules de formation et le système d’enseignement

Je termine mon propos par une pensée pour tous ces élèves et étudiants de Côte d’Ivoire qui croient en un lendemain meilleur et se battent dans leurs études pour avancer :

  Demain sera sûrement meilleur, demain sera nécessairement  meilleur, car le travail paye. Croyez en ce que vous faites et Dieu fera le reste.

 

 


Côte d’Ivoire : Téléphonie mobile et accès internet, une zone de non droit ?

Le pourcentage d’abonnée mobile et Internet en Côte d’Ivoire augmente chaque jour, les trois opérateurs en Côte d’Ivoire se battent donc pour se tailler la plus grosse part du marché. En Côte d’Ivoire, on va vers un monde totalement connecté, mais à quel coût et dans quelles conditions c’est là le bât blesse.

Tous autant que nous sommes, nous avons au moins une fois sinon plusieurs fois fait l’objet de crédit évaporé après un petit temps de communication, ou même le forfait Internet épuisé après deux cliques. Les tentatives pour en savoir plus n’ont souvent rien donné de concret.

J’en parle dans ce billet pour attirer l’attention de chacun sur ce mal qui devient récurrent. L’idée de ce billet n’est nullement d’incriminer qui que se soit, mais tirer la sonnette d’alarme afin que chacun prenne ses responsabilités.

I-sur mon téléphone mobile et son accès à internet

Un soir, vers 23 h, j’avais décidé d’appeler une amie, mais après un échec (sonne sans décrocher) mon interlocutrice m’a rappelée et m’informe que quand je l’ai appelé, « ça n’a pas sonné longtemps et j’ai raccroché », raison pour laquelle elle m’a rappelée.

Après quatre (4) minutes de conversation, nous avons été interrompus sans savoir pourquoi. Croyant détenir sur mon compte 400 FCFA de crédit téléphonique, j’essaie de rappeler mon amie ; là il y a la voix de  l’opérateur qui me signifiait que mon  « crédit n’est pas suffisant pour effectuer cet appel ». J’ai ressayé plusieurs fois sans succès, alors mon amie m’a rappelée.Elle m’appelle gratuitement depuis son mobile, car je suis son numéro complice.

Furieux le lendemain, je joins le service client de mon opérateur, hélas, les réponses que j’allais obtenir n’étaient pas faites pour me plaire.

J’explique à l’opératrice les faits au téléphone, qui premièrement me dit que j’avais émis un appel qui avait  fait (4) quatre minutes, raison pour laquelle mon crédit était fini.

J’étais du coup étonné de ses propos puisque j’avais été appelé comme je l’ai signifié plus haut et mon téléphone me prouvait bien que ce fût un appel entrant.

Deuxièmement, comme si la bêtise ne suffisait pas, elle rajouta que le numéro que j’avais soi-disant appelé qui avait fait (4) quatre minutes, n’était pas du même opérateur que le mien.

Je suis surpris encore plus alors je lui demande si l’indice téléphonique qui était le 58 n’était pas de mon opérateur, elle me répond « oui », alors si ce n’est pas un numéro orange qu’elle m’explique.

J’ai toujours appelé ce numéro sans aucun problème, aujourd’hui je suis surpris qu’il ne fasse pas parti de mon réseau. Mais une question comment faire 16mn a 100 f avec un numéro qui n’est pas orange ! (les abonnés orange sauront de quoi je parle)

Exaspéré par les explications bidon de l’opératrice, je décide de raccrocher.

Après avoir exprimé mon mécontentement, je reçois deux(2) messages de mon opérateur orange : l’un me dit que ma « requête avait été traité » et l’autre que ma « requête a été enregistrée, qu’elle sera traitée ». LoL, lequel prendre en compte puisque les deux sont venus à la même minute ?

Encore un désordre ou dysfonctionnement de orange, mais en tout cas jusqu’à ce jour je n’ai rien reçu comme remboursement et mon affaire reste un mystère non encore résolu

II-Service internet

Concernant Internet, c’est une autre affaire que ce soit fixe ou mobile, c’est pareil. Je ne compte plus le nombre de fois que j’ai souscrit à Internet sur mon mobile sans pouvoir réellement en bénéficier.

Alors que les offres en la matière ne tarissent pas 3G + 4G,  fibre optique, mais en tout cas rien à changer sinon très peu chez moi.

A la maison, je ne sais plus le nombre des fois, on n’a pas eu Internet. C’est devenu évident de ne pas avoir accès Internet dans la journée.

Si on a accès en tout cas ce n’est pas au débit qui est prétendu donné.

III-Les services techniques, abonnés absent !!!

Le service technique est spécialisé dans les faux rendez-vous.

Ils vont perdre des semaines pour venir réparer votre problème. Au bureau depuis plus d’un  mois mon patron a fait un abonnement pour une nouvelle ligne téléphonique et bien jusqu’à présent, j’ai entendu les techniciens chanter au téléphone, mais aucun n’a franchi le panneau de notre porte.

Le pire dans cette histoire  c’est que ce n’est pas un seul opérateur qui travaille de la sorte ; c’est pareil chez tous à quelques exceptions près.

Chez MTN, c’est identique ; J’ai un abonnement soi-disant illimité avec un plafond de téléchargement de 30 Giga qui finit en deux  semaines, ce qui réduirait mon débit 4G  d’une vitesse de 8 mégas à moins voir zéro, mais de quel téléchargement on me parle ! L’agent MTN me dit que c’est le téléchargement des pages Internet et autres.

De plus la zone 4g qui est verrouillé, en dehors de ta zone d’abonnement, Zéro 4G. Comme si cela ne suffisait pas, l’agent me dit que si je voulais que cela dure, je n’avais qu’a augmenté mon débit .

Vraiment trop, c’est excessif il faut que cela change, il faut que le consommateur soit pris au sérieux et que le service soit à la hauteur des campagnes qui sont menées et des efforts financiers  du consommateur.

IV-Pour un monde connecté et accessible à tous

Je voudrais finir par ces mots à l’endroit des blogueurs ivoiriens que dis-je des influenceurs ivoiriens. Si influencer c’est pousser à un changement (positif) pour la société alors ils ont un grand rôle à jouer puisqu’il s’agit ici de leurs outils de travail. Il faudrait qu’ils arrêtent d’être les caisses de résonance des opérateurs, mais plutôt les pousser à améliorer ou à apporter un service de qualité même au moins offrant comme c’est le cas dans d’autres pays.

Aux autorités étatiques, principalement à l’autorité de régulation (ARTCI), il est temps de taper sur la table et exiger de ces opérateurs des services de qualité .Parce qu’en se taisant, ils se font les complices de cette arnaque.

en 2014, je sais qu’une amende a été payée par les opérateurs à l’ARTCI  pour la mauvaise qualité de leurs services, mais en réalité qu’est-ce que nous les consommateurs, la cible de ces faux coups, qu’avons-nous récoltée en retour ?

Rien du tout, à part une augmentation des frais afférents à nos opérations téléphoniques, internet  et mobiles money.

LEJUDIK

 

À l’heure à laquelle j’avais  débuté la rédaction de ce billet, les gérants de cabines téléphoniques en Côte d’Ivoire regroupés au sein de l’AGEETCI avaient débutés une grève illimitée  pour obtenir un meilleur traitement sinon de meilleurs avantages financiers, qui sont manifestement négligeables.

C’est un réel bras de fer, puisque les opérateurs (principalement Orange Côte d’Ivoire) ne sont pas disposés à répondre favorablement aux requêtes de ces jeunes regroupés au sein de l’AGEETCI.

La kyrielle de post sur les réseaux sociaux présente bien à quel point le consommateur ivoirien est à bout de souffle face à ce mal.

 

 

Les points de vue des internautes sur la qualité des services de Orange CI

Le dimanche 03 septembre 2017 où j’ai décidé de clore la rédaction de cet article que j’ai commencé à écrire depuis belle lurette ma connexion  Orange CI est allée en tourné, mais sans faire escale chez moi. Ceci pourrait s’expliquer par le bug qu’il y a eu ce jour-là sur le réseau orange.

En effet les gens profitant d’une faille dans le système de Orange ont bénéficié de crédit data à outrance sans débourser 5F. Informé de cette fuite Orange a fait une « remontada » c’est-à-dire qu’ils ont retirés tous les crédits data soustrait frauduleusement y compris ceux même qui ont été payés régulièrement. Comme quoi ils font toujours des victimes, toutes les occasions sont bonnes pour abuser des clients.

Je termine enfin en vous renvoyant à cette réflexion,  selon vous quelles sont les moyens ou les meilleures alternatives données au consommateur pour que des changements réels soient effectués dans le secteur ?

L’envie de vous défouler comme moi vous vient à l’esprit, alors dites en commentaire comment vous avez été abusé, ou racontez-nous une de vos mésaventures avec votre opérateur de téléphonie mobile ou internet.


Salimata : « à 13 ans j’ai été mariée de force à un imam et violée « 

Du 1er janvier  2012  et  le  31 décembre 2015 ce sont 1.129 cas  de  viol affectant 1.146 victimes et dont 66 % des victimes sont des enfants à  travers tout le territoire  de  la  Côte d’Ivoire. Parmi ces victimes, Nombreuses sont les victimes de viol ou abus sexuels qui se terrent dans leurs coins sans avoir le courage de parler du drame qu’elles ont vécu. Le récit que je partagerais avec vous est une histoire sûrement que plusieurs ont vécu ou que plusieurs d’entre nous avaient participé d’une façon ou d’une autre. Car comme l’a dit Albert Einstein : « le monde est dangereux, non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui voient et laissent faire ».

Brisant tous les tabous, dame Salimata décide de parler de ce qu’elle a vécu et cet effort est fort  louable. Salimata est une grande dame, imposante par sa forme et sa taille, habillée d’un boubou vert avec quelques broderies sur les côtés. On pouvait lire sur son visage l’intimidation face au grand public de l’institut français. Elle plante le décor en avouant dès le début qu’elle ne comprenait pas bien le français et qu’elle n’était pas allée à l’école. Ce qui détendra l’atmosphère et incita le public à l’applaudir pour l’encourager.

Dame Salimata est une commerçante ivoirienne, mère de 5 enfants et 4 petits fils. Derrière son allure de grande dame, se cache un lourd passé. En effet alors qu’elle avait 13 ans, elle fut donnée en mariage à un vieil imam(chef religieux des musulmans) de 60 ans sans qu’elle puisse y consentir. Dans ce mariage forcé, salimata est chaque jour objet de viol et si elle s’y oppose, elle est alors violentée. Elle vécut comme cela jusqu’à ce qu’elle connut la maternité au fil des ans. À 20 ans, elle comptabilisait déjà 5 enfants.

Démunit, son mari était dans l’incapacité de la prendre en charge ainsi que leurs cinq (05) enfants, au point où leurs enfants n’ont pas eu la possibilité d’aller à l’école.

Rencontrée par l’ONG cœur, Salimata sera soutenue et responsabilisée: Elle est  désignée alors comme responsable de la communauté genre.

Aujourd’hui, comme une lionne qui protège ses petits (les victimes ), elle  porte le combat de plus de 200 femmes, des victimes sans voix qui meurent à petit feu, victimes de viols, abus sexuels, excisions  et mariages forcés.

I- Les problèmes liés à la procédure judiciaire  en cas violences sexuelles

Elle finit son propos par poser une problématique essentielle pour la protection ou le relèvement des victimes de violences sexuelles, c’est-à-dire la répression effective des coupables de violences sexuels, le coût du certificat médical et le coût de la procédure judiciaire pour la victime.

La question de la répression effective des auteurs de viol est primordiale, Car plusieurs victimes voient après le procès, leurs bourreaux relâchés ou écopés de peine très courte.

Cela est dû au simple fait, que le Code pénal ivoirien vieux de plusieurs années n’avait pas en son temps définit un contenu réel à l’infraction de viol. L’absence de cours d’assises pour juger les crimes de viol  conduit le juge à correctionnaliser l’infraction en « attentat à la pudeur ». Le juge, tenu de juger même en l’absence de texte,  tranche dans certains cas en défaveur de la victime.

L’un des autres problèmes, c’est la question de la preuve de viol. Le hic dans la preuve de viol c’est que « le seul témoin du viol est la victime », ce qui place les juges dans une situation très complexe.

En outre pour prouver que l’on a fait l’objet de viol, il faut recourir au service des médecins qui délivreront un certificat médical. Cela n’est pas sans coût, car du centre de santé public aux cliniques privées et bien il faut débourser une somme colossale qui en décourage plusieurs victimes.

II- Les efforts du gouvernement

Depuis 2014, l’État ivoirien soucieux de pallier à ce problème a pris une circulaire enjoignant toutes les autorités de police à enregistrer toutes les plaintes de viol, sans obligation de fournir un certificat médical. (Il faut noter que le certificat médical n’en demeure pas moins important, et demeure l’une des preuves les plus pertinentes dans un cas de viol surtout si le certificat est fait dans les 48 h du viol).

Le juge a aussi sa partition à jouer dans la procédure pour faciliter l’acquisition des preuves pour la victime. La loi ivoirienne permet au juge, par réquisition de faire injonction aux personnels médicaux de délivrer un certificat médical dans le cadre d’une procédure judiciaire.

Dans la majeure partie des cas de viol, la procédure n’est pas suivie  jusqu’au bout, la victime essaie de gérer les choses à l’amiable(souvent sous la pression des regards et de la famille). Toutefois si le procureur est saisi de l’affaire et bien la procédure suivra son cours même si la victime retirait sa plainte.

III- Bon à savoir

Il faut retenir en définitive que toutes formes de violence à l’égard des femmes ont des conséquences graves sur les victimes, alors si vous avez une de vos proches, victime de viol, excision, …etc  n’hésitez pas à appeler le numéro vert 800 00 888 de la CNDHCI (Commission National Des Droits de l’Homme de Côte D’Ivoire), ou encore vous rendre dans l’un des centres sociaux les plus proches où les assistants sociaux vous guideront sur la position à adopter.

Il ‘y a aussi la possibilité de vous rendre dans les locaux de L’AFJCI (Association des Femmes Juriste de Côte D’Ivoire) qui possède des cliniques juridiques pour répondre à ce genre de cas.

 

 

 

 

 

 


L’enfer de l’immigration clandestine raconté par deux rescapés

Selon les derniers chiffres de 2017, nombreux sont les Africains, et particulièrement les Ivoiriens, à avoir quitté leurs pays pour se rendre dans les pays développés de l’Occident, aux périls de leur vie.

Koné et Aicha sont des rescapés de cette immigration clandestine. A l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, qui a eu lieu le 20 juin 2017 à l’Institut Français, ils ont bien voulu partager leur calvaire avec nous, pour éviter que leur histoire ne se répète.

 

I- Koné, le businessman

1- Avant le voyage

Koné, jeune Ivoirien débrouillard, tenait un petit magasin dans la commune d’Adjamé. Il en était propriétaire. À l’occasion des différentes campagnes de salubrité entamées par le nouveau gouvernement ivoirien, son magasin, situé sur des bouches de canalisation, a été démoli.

Ne sachant plus quoi faire, son oisiveté l’a mené dans un périple qui lui coûtera presque la vie. L’un de ses proches l’informa de l’existence, dans la ville de Daloa, d’un réseau de passage clandestin « fiable et sûr » vers l’Occident.  Il s’engage sans mesurer réellement la portée de ce choix.

2- Sur la route de l’enfer

Il emporte avec lui la somme de 1 200 000 de FCFA et prend la route depuis Daloa pour le Niger. Arrivé au Niger, précisément dans la ville de Gades, il va vivre la misère, dépouillé de tout son argent, seul dans le désert, avec à peine 1000 FCFA en poche, des bidons d’eau et quelques morceaux de biscuit.

Aidé par un de ses ami (qui lui envoie la somme de 200 000 FCFA), il continue son chemin jusqu’à Tripoli en Libye, déterminé à traverser la mer pour l’Italie.

Logé au ‘’foyer’’ en bordure de mer, lieu clandestin où sont dissimulés les candidats (de différentes nationalités, des Africains) de la traversée clandestine et marine. Il y passera plusieurs jours en attente du grand jour.

Cette petite pause ne sera pas de longue durée puisque la police libyenne y débarquera pour arroser la foule de leurs munitions surchauffées par les armes.

Plusieurs y perdront la vie ces jours-là, certains seront emprisonnés. Parmi ses amis, plusieurs recevront des balles dans leur corps. Un véritable enfer.

Il finit en déclarant : « je ne souhaite à personne, même à mon ennemi, de vivre ce que j’ai a vécu », car « même si c’est gratin qu’on doit manger, mangeons, mais il ne faut pas traverser ».

Derrière la voix grave que Koné, on pouvait percevoir dans les réverbérations le regret et l’amertume.

 

II- Aicha, la jeune en quête de stabilité et de repères

 

1- Une vie de fantôme avant le départ

Le témoignage d’Aicha nous plonge dans son univers familial. En effet, Aicha a grandit au sein d’une famille nombreuse. Ainsi, elle pouvait s’absenter de chez elle pendant plusieurs jours, voir des mois sans que cela offusque, ou intéresse l’un des membres de sa famille.

Cette passivité, cette négligence au sein de la famille faisait nourrir en elle des envies de partir, d’aller à l’aventure pour découvrir un environnement autre que son quotidien sans chaleur familiale.

 

Elle passait donc, tout son temps dehors, dans les bars en compagnie de personnes peu recommandable ou de mœurs légères.

Sans aucune autorité parentale sur la tête, elle décide de suivre une de ses copines au Burkina Faso. Ainsi, elle y passera un long moment au croché de sa copine en amourette avec un occidental.

Lassé de cette vie de parasite, Mariam décida de quitter les lieux pour une autre destination. Pour la soutenir, son ami lui offre la somme de 200 000 francs.

2- La descente aux enfers

Assoiffée par la découverte de nouveaux horizons, Aicha décide de faire un peu de tourisme dans les pays voisins.

Elle commence sa visite touristique au mali puis en Mauritanie. Arrivé en Mauritanie l’argent qu’elle avait obtenu de son ami s’est évaporé face à l’immensité et à la diversité  de ses désirs.

Il ne lui restait plus un ‘’rond ‘’ en poche dans un pays dans lequel elle ne connaissait personne. Comme on le dit à Abidjan «  diplômes ça ne pourrit  pas », elle réussit à obtenir un emploi de professeur de français à Nouakchott avec un salaire plutôt bon.

Sur internet, elle fait la connaissance de correspondant qui l’incite à se rendre au Maroc. Comme aicha est Fan du show et de la vie de stars d’Hollywood, elle prend l’avion sans réfléchir, pour le Maroc. Une fois sur place son attention sur le Maroc sera détournée pour une autre destination : l’Espagne.

Sur conseil de certains de ces amis, elle décide de migrer clandestinement vers l’Espagne en passant  par la route.

Le jour du grand périple, on l’a « froissé, pliée en morceau puis déposée dans les environs du moteur d’un gros camion remorque qu’il avait « désossé » pour l’occasion. Elle devra y loger tout le temps de la traversée.

Le soleil au zénith, moteur en ébullitions, c’est une chaleur intense qui se dégage de la cachette de Aïcha. Impossible de supporter ce torrent d’enfer, elle décide de sortir malgré les menaces d’une autre clandestine de la cachette. Elle a alors été repérée à sa sortie du camion par les soldats arabes au contrôle de  la frontière.

Se prévalant d’une autre nationalité pour ne pas se faire rapatrier, Aïcha a quand même été chassée de la frontière sans traverser.

Aidé de personne de bonne volonté, elle a obtenu un peu d’argent pour revenir à Casablanca

Revenu à Casablanca la soif de notre Aïcha ne sera nullement étanchée par tous ces dangers qui lui rodent autour. Elle tente cette fois-ci de traverser par voie maritime.

À Tanger, elle monte sur un zodiaque de fortune surpeuplé d’environ 40 personnes pour traverser la méditerranée. Hélas,  Menaçant de chavirer, le zodiaque est rattrapé par les soldats de la « Guardia ».

Il faut noter en outre entre ces deux traversés qu’Aïcha en transit dans une forêt pour cet eldorado européen a été abusée sexuellement  par les gourous de la zone. Ceux-ci érigés en véritable maître des lieux couchent avec toutes les nouvelles candidates de passage dans cette forêt sans qu’elles aient la possibilité de se défendre ou de faire quoi que ce soit.

Sortie de ce cauchemar, Aïcha franchi les barrières frontalières de l’Espagne sous une pluie de pierre lancé par les soldats pour décourager les passants.

Elle sera rattrapée par un gros chien de garde de la « Guardia » alors qu’elle célébrait ses premiers pas sur le sol espagnol.

3 -l’impact de la traversée

C’est en sanglot, avec des mots à peine qui sortaient de sa bouche qu’Aïcha a fini le récit de toutes ses tentatives frauduleuses pour atteindre l’occident. Comme pour dire qu’elle porte encore et a vie les séquelles de cette traversé.

Ce sont  des gens vidés de leurs contenus qui ont témoigné, caché derrière le rideau, ils étaient incapables d’assumer leurs erreurs : celui d’avoir fui la paix et l’amour de leur patrie et  tenter la mer, ce grand vide plein d’eau qui sur la mélodie du vent balance sa rancœur et sa fureur en dévorant tout sur son passage, même l’âme des innocents.

 

 


Le RASALAO-CI en campagne de sensibilisation contre les armes illégalement détenues dans le sud de la Côte d’Ivoire.

Le RASALAO-CI (Réseau d’Action Sur les Armes Légères en Afrique de l’Ouest, section Côte d’Ivoire) est un réseau composé de 23 organisations de la société civile ivoiriennes, présidé par Mr Sylvère Tchédo ; un brillant et dynamique activiste des droits de l’homme (la suite de sa biographie dans un prochain billet).

Le RASALAO-CI a pour mission de lutter contre la prolifération des armes légères et de petits calibres qui sont détenu illégalement par les individus après les crises que la Côte d’Ivoire a connus. Pour en savoir plus sur l’action de cette organisation et les résultats obtenus,  j’ai pu participer à une de leurs campagnes dans le sud de la Côte d’Ivoire et j’aimerais avec vous que nous partagions ce moment d’activisme dans la zone d’Adiaké.

 

I ère phase

8 heures, c’est l’heure à laquelle nous avons quitté le siège du RASALAO-CI pour la destination d’Adiaké, une ville un peu au sud de la Côte d’Ivoire. Le trajet a été agréable et passible sans longue durée, Puisqu’après une heure 30 environ, nous étions sur le lieu de campagne à adiaké.

Il s’agissait au cours de cette campagne de faire la sensibilisation pour le dépôt volontaire des armes légères de petits calibres détenues illégalement par des ex- combattants ou par les populations civiles.

Une fois sur place toute l’équipe du RASALAO-CI ainsi que certains de leurs partenaires se sont attelés à déployer toute la logistique nécessaire pour accueillir la population venue d’adiaké et des contrés aux alentours.

 

Au cours de la cérémonie, les différentes parties prenantes ont dans leurs allocutions (représentante de l’ambassade de Chine, le représentant de la COMNAT-ALPC, le directeur technique du PNUD, les autorités municipales et  préfectorales de la région)  réitérées leur attachement et leur engagement à soutenir l’action qui a été mise en œuvre par le Rasalao. Cette action est une nécessité au vu de toutes les crises et les révoltes suscitées ces derniers temps en Côte d’Ivoire.

En outre, il faut noter que le déposant volontaire n’est susceptible d’aucune poursuite pénale après avoir déposé son arme. S’il dépose son arme, c’est dans son intérêt, car avec l’appui du PNUD et autres partenaires du Rasalao, celui-ci peut bénéficier de micro projet afin de faciliter sa réinsertion.

IIe phase

Il s’agissait dans un premier temps dans la 2e phase de la cérémonie d’expliquer à toutes les autorités et aux populations,  la procédure qui est mise en œuvre lorsque que le déposant volontaire cède son arme. Ensuite présenter dans un second temps l’ensemble des armes qui ont été collecté avant la cérémonie, suivie d’un échange avec les populations pour mieux les éclairé. Enfin faire le profilage de tous les déposants volontaire et recueillir les micros projet qu’ils souhaiteraient mettre en œuvre.

1-Procédure de dépôt

Le Capitaine Coulibaly de la COMNAT-ALPC a expliqué que lorsque le déposant volontaire remet son arme à la COMNAT-ALPC, un des experts de l’organisation procède à la sécurisation de l’arme : c’est-à-dire il essai dans une « chambre » préparée à cet effet si l’arme est fonctionnelle, la décharge de toutes ses minutions.

Une fois qu’on a vérifié l’arme et qu’elle est ‘’aux normes’’ l’expert procède à la classification de celle-ci avec la pose d’un ruban adhésif : Jaune pour dire que l’arme n’est pas fonctionnelle, jaune et vert pour dire qu’elle est fonctionnelle.

Cette étape terminée, l’on passe au marquage de larme de sorte à pouvoir le retracer une fois que l’arme réapparaîtrait quelque part d’autre.

Enfin, l’on passe à la destruction de l’arme (obsolète et sans numéro de série) par découpe à la scie  pour une refonte et sa réutilisation sous la forme de daba ou de tout autre instrument usuel et non-dangereux. Quant aux armes fonctionnelles, elles sont redistribuées à forces armées.

2-Bilan du dépôt

 

Plusieurs armes ont été collectées dans la zone d’adiaké, ce sont :

32 armes, dont 7 armes de guerre ;

27 grenades  (des engins explosifs) dont 11 DF (grenades défensives) et 1 grenade antichar avec charge creuse ;

15 grenades de maintiens de l’ordre (des CS) ;

5077 cartouches.

 

III -Mon analyse personnelle

photo de famille marquant la fin de la campagne de sensibilisation à adiaké

A l’observation de tous ces faits, il ressort deux constats :

Le premier, c’est que l’environnement sécuritaire est réellement fragile et que le moindre événement peut dériver en violence puisque les armes sont encore dissimulées. On en déduit donc que le processus DDR n’a pas été fait correctement, voir, a échoué.

Le constat suivant, c’est que la société civile ivoirienne a beaucoup à faire, dans la pacification de la Côte d’Ivoire, l’état seul ne peut pas tout faire.  On parlera de moyen pour faire la sensibilisation, mais je pense qu’il faut de l’initiative d’abord ensuite des projets et des fonds. Le désarmement n’est pas l’affaire d’une personne, mais une affaire de tous, car « une arme, elle tue tout le monde, même son détenteur ».

 


Côte d’ivoire : à la découverte de l’organisation des femmes actives (OFACI)

Mme Doumbia Fanta, Présidente de l’ONG OFACI

Le mercredi aux environs de 14h je me suis rendu dans les bureaux de l’ONG OFACI dans le cadre de mon projet de mise en lumière des ONG , OI et des grandes  figures des Droits de l’homme en Côte d’Ivoire. Je sais que vous êtes impatients de découvrir cette ONG et les opportunités qu’elle présente, alors je vous invite à suivre  notre interviews.

Arrivé à une heure un peu décalée, j’ai quand même pu être reçu sans rendez-vous par  la présidente de l’ONG : madame Doumbia Fanta.  Ensemble, nous avons parcouru tous les points concernant l’ONG OFACI et certains points d’actualités très intéressants. L’échange a été très chaleureux ; trêve de bavardages passons au plat de résistance.

Présentez-vous et votre organisation ?

 

Je suis madame Doumbia Fanta, Présidente exécutive de l’ONG OFACI ( Femme Active de Côte d’Ivoire). Il faut dire qu’ OFACI  a été créée en 1999 mais a commencée à exercer depuis 2003. On a pour objectifs de faire   la promotion et la protection des droits de l’homme en général, mais particulièrement des  femmes, promouvoir une culture de paix,  la démocratie et l’autonomisation de la femme

Quels sont les moyens par lesquels vous mettez en œuvre vos objectifs ?

Nous œuvrons par le biais de  sensibilisation, nous faisons le renforcement de capacité et le plaidoyer, tout ça pour le bien être des femmes et nous faisons aussi des enquêtes et la production de rapport.

Depuis combien de temps êtes-vous à la tête de l’organisation ?

Je suis la  2e présidente de OFACI depuis septembre 2014, avant moi il y a eu madame sangaré Namizata aujourd’hui présidente de la CNDHCI. On a droit à 2 mandats

Combien de membres avez-vous dans votre ONG ?

Il faut dire que notre organisation a des représentations à l’intérieur du pays. Nous avons des représentations dans 47 localités, nous avons des points focaux. On peut valoir près de 400 à 500 membres sur toute l’étendue du territoire, raison pour laquelle la plupart des organisations de la société civile s’appuient sur nos points focaux quand ils ont des activités.

 

Quels sont  Les projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?

Actuellement nous travaillons avec le NDI sur un agenda commun des femmes  sur la représentativité  accru des femmes, pour la participation politique des femmes.

Qu’Est-ce que vous pensez de l’assertion selon laquelle «  les femmes s’intéressent moins aux questions politiques » ?

La Bibliothèque de l’ONG OFACI

Cette année avec le NDI, nous travaillons sur un agenda commun en associant toutes  les  femmes des partis politiques, et les organisations féminines de la société civile pour la représentation accrue des femmes en politique.

L’article 35 et 36 de la nouvelle constitution donne l’accès aux assemblées élues. La représentativité  des femmes doit être  appliquée à travers une loi, donc, nous sommes en train de lutter pour qu’il y ait une loi sur la parité dans l’Assemblée élue. Nous venons de faire un atelier le 11 et le 12 avec le ministère.

Nous allons accompagner le ministère dans la promotion de l’avant-projet de loi qui sera voté devant l’Assemblée Nationale. C’est ce travail que nous sommes en train de faire  et à partir du 6 nous avons des missions à l’intérieur du pays  afin d’expliquer à la population l’intérêt de la participation politique des femmes. La parité fait partie même de l’avancement du pays. Rapport du PNUD dit que les pays africains perdent environ 95 milliards parce que les femmes ne sont pas prisent en compte dans les sphères politiques. Cela fait des pertes énormes, et montre que les femmes ont un rôle réel à jouer.

Que pensez-vous des mutilations génitales ?

Nous travaillons sur les violences faites aux femmes. Nous avons ici une cellule d’écoute et l’on essaie de les orienter en fonction du droit violé. Si c’est un problème juridique ont les oriente vers la clinique juridique de l’AFJCI maintenant si c’est un problème médical, on en referait à un médecin avec qui nous étions en partenariat maintenant si c’est une affaire à gérer de façon amiable, on voit avec l’ONEC qui est l’observatoire national du genre et de l’équité.

Concernant les mutilations généralement les 25 novembre  qui est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, OFACI, nous avons toujours  une activité soit à Abidjan ou à l’intérieur nous informons les femmes sur l’origine de ces journées et puis voire l’ampleur de ce phénomène, les sanctions prévues par la loi en cas de violence.

Après la crise électorale OFACI a mené une enquête sur les violences qui ont été perpétrées contre les femmes. Beaucoup de femmes ont été victime de violences sexuelles et dans les procès actuels que ce soit à la Haye et en Côte d’Ivoire personne n’en parle, c’est vrai qu’ici ces choses sont taboues, mais il faut en parler pour que les juridictions puissent prendre cela en compte .raison pour laquelle nous sommes constitué partie civile avec la FIDH, LIDHO, AFJCI, OFACI, MIDH pour accompagner 43 femmes victimes de violences sexuelles et aujourd’hui le dossier est devant la cellule spéciale d’enquête.

Dans notre loi le viol n’est pas défini, et puisque les cours d’assises ne fonctionnent pas ; on essaie de  correctionnaliser l’infraction( le viol ) en atteinte de la pudeur et l’action est laissée à l’appréciation du juge. Pour quelqu’un qui est coupable de viol, après 3mois  avec une amende qui n’est pas souvent payée il est dehors, cela encourage l’impunité. Nous sommes en train de voir avec d’autres organisations afin de mettre le débat  sur la table pour que les juridictions puissent harmoniser avec les autres pays qui définissent pleinement les choses

 

 De quoi avez besoins pour vous aider pour être plus efficace ?

La salle Informatique de l’ONG OFACI

Nous fonctionnons sur les projets et quand y à pas de projet, c’est difficile d’œuvrer, il faut Internet est indispensable, et nous recevons des stagiaires et il faut des ordinateurs pour les aider, il faut donc un appui financier.

Concernant les stagiaires quelles sont les conditions à remplir pour être stagiaire ?

Il n’y a pas de conditions particulaires, nous sommes en partenariat avec le CERAP, ainsi nous recevons des stagiaires qui sont des étudiants en master. Nous les aidons dans la recherche du thème et la rédaction de leurs mémoires. selon leurs thématiques, s’il y a des représentations à faire, les stagiaires prennent part.

Maintenant si vous estimez que vous épousez la vision de l’organisation, vous pouvez demander à adhérer. Le droit d’adhésion est de 5000 et 2000f par mois en dehors de cela c’est gratuit. Les stagiaires font une demande à laquelle ils joignent leurs CV et si les conditions sont remplies, nous les accueillons.

 

 

 

 


Enfants Abusés, et vous trouvez cela normal, quelle déception!

Les enfants sont une richesse inestimable en qui on voit l’avenir, l’espoir d’un mieux-être. Ils portent en eux la vie l’innocence, la patience et l’amour à l’état pur. Triste est de constater que certaines personnes ne sont pas  de cet avis et agissent envers eux comme pour un ennemi.

Alors que j’étais en route pour un Meetup de blogueur sur la question de la nouvelle loi ivoirienne sur la presse un récit  a attiré mon attention.

Dans le taxi, nous étions 3 hommes  le chauffeur, le deuxième un homme très âgé et moi, avec nous, deux jeunes dames qui se racontaient leurs histoires.

Je vous raconte : une des dames en question relate le fait selon lequel son mari serait en froid avec elle suite à une réaction qu’elle aurait eue envers leurs deux fils. En effet, leurs deux garçons âgés de 14 et 9 ans ont fait une escapade au bord de la lagune Ebrié pour s’y baigner entrainant avec eux d’autres enfants.

Les parents mécontents de leur comportement et soucieux de redresser ces petits garçons passeront à la répression. Le père dans une colère corrigea à la chicote ses deux garçons. Quant à la mère, dans la fureur décidée, elle aussi, d’ajouter son grain de sel dans ce mauvais élan de répression : armé de patte de piment et de gingembres, elle badigeonna le corps nu et au sol de leurs garçons avec un accent particulier mis sur leurs parties génitales. En plus, elle aurait fait injonction à la servante de ne point servir à manger aux enfants pour le dîner. Son mari énervé par cette réaction aurait servi à manger aux garçons. Il s’engage ainsi un échange houleux entre les deux parents sur la question du seuil de répression et de l’éducation des enfants.

L’histoire racontée entraîne une grosse discussion dans le taxi. Tous dans le taxi étaient d’avis que la mère avait mal agi, mais elle ne voyait pas cela de cet angle. Alors l’homme âgé dans le taxi prenait la parole avec un ‘’Français’’  saccadé et un vocabulaire éreintant qui laisse paraître son analphabétisme ,mais surtout la sagesse qui sommeille en lui.

D’entrée de jeu, il dit toute suite que la mère a vraiment mal agi, que, dans un premier temps, « elle n’avait pas le droit de priver des enfants de nourriture, cela inspire de la pitié. La nourriture est un don de Dieu donc pourquoi en privé ses enfants sans défense qui agissent sans vraiment prendre le temps de réfléchir. Quelque soi ce qu’ils avaient fait, elle ne devait nullement interdire ces enfants de manger ». Deuxièmes points, elle ne devrait pas mutiler ces enfants à ce point avec du piment et autres, car il pense que la mère, elle-même n’avait jamais subi cela de ses parents alors qu’il est sûr que ce n’est pas les occasions qui manquaient.

En Afrique certains parents ont eu la fâcheuse tendance à réprimer sauvagement nos mauvaises actions. D’autres parlent de la politique du bâton et de la carotte, mais dans certaines situations, on range très loin la carotte et on fait sortir le bâton en mode illimité.

Moi-même je ne cache pas que j’étais un garçon vraiment  turbulent et j’ai été très corrigé pour cela, mais parfois j’ai subi des coups que je n’aurais pas dû subir comme bien d’autres enfants.

Il est vrai d’être un peu sévère avec les enfants pour leur donner une éducation correcte, mais il y a certaines corrections qui ne reflètent pas une société d’êtres évolués.

Dans tous les manuels, vous vous rendrez compte que la violence n’a jamais rien résolu, la preuve : les enfants les plus battus deviennent des personnes souvent, sans personnalité, sans respect, ou même des anesthésiée du mal. La violence à des conséquences psychiques, physiques et spirituelles sur l’enfant. L’étude menée par le docteur Norbert Zerah, Psychologue clinicien pourra vous montrer à quel point la violence à l’égard de l’enfant peut être nuisible.

Il est vrai que certains enfants sont très ‘’ténébreux ‘’, mais  il y a des limites qui sont prévus par les textes nationaux et internationaux. En Côte d’Ivoire, il y a même un Comité National de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Les enfants sont décrits comme vulnérables. Alors tenons compte de cette vulnérabilité dans leur éducation.

Souvent dans l’éducation des enfants, on entend dire « qu’éducation de petits blancs n’a rien à voir avec un petit noir, et que si la société occidentale est en dérive, c’est parce qu’elle n’a pas reçue de corrections dans son enfance ». Mais en réalité  s’il est vrai que les contextes et les environnements sont différents, les enfants restent des enfants et cela peu importe leur nationalité ou leur race.

Les limites légales qui ont été posées ont pour but de réprimer les abus. Comme l’a dit Thomas Hobbes « l’homme est un loup pour l’homme » peu importe les différences et en toute chose, l’Homme  a tendance à abuser et à nuire.  Les preuves, légions,  ne manquent pas sur les réseaux sociaux ou plusieurs enfants sont victimes chaque jour de mutilations, de viols, de violences . Au lieu d’agir dans l’intérêt de leur protection et de leur épanouissement, on se cache derrière des cultures déformées et dépassées. Si on les aime tant pourquoi ne pas leur donné plus d’amour !

 

 


En Côte d’Ivoire, le stage illimité, un frein pour l’employabilité des jeunes diplômés

Tout le monde aspire à un emploi stable bien rémunéré, comme on dit en anglais avec un  » good packages » toutefois à défaut de l’avoir surtout pour jeunes diplômés, on recourt à des stages (illimités) en entreprise avec des primes ou pas. En Côte d’Ivoire, les entreprises ont recours à cette pratique qui est un frein à l’employabilité des jeunes diplômés.

Le chômage oblige en tout cas plusieurs jeunes ivoiriens à courir de stage en stage d’entreprise à entreprise  pour acquérir l’expérience tant recherchée par tous les employeurs et s’occuper sainement. Force est de constater que bon nombre d’entreprises usent donc de cette faiblesse pour imposer des temps et des périodes de stage irréguliers. Des entreprises prennent de jeunes stagiaires à qui on laisse une grande partie des tâches et qui sont dans la spirale d’un stage éternel.

Les jeunes ont soif de prouver à leurs employeurs leurs aptitudes à occuper pleinement les fonctions qui leur sont assignées se donnent à fond, pour se voir titularisé un jour, mais, hélas, cette titularisation n’arrive jamais. Ils sont ballotés comme des feuilles mortes à la recherche d’un espace où se poser mais, au lieu de se poser n’importe quel vent de passage les emporte, les revoilà encore dans les airs.

Un système frauduleux qui profite aux entreprises

En réalité ces pratiques profitent aux entreprises qui voient en ce système frauduleux les moyens de bénéficier de compétence à moindre coût sinon à zéro coût. Et certaines entreprises sont passées maître dans l’art du renouvellement des stagiaires. Je ne le dis pas de façons abstraites mais en connaissance de cause.

Pendant un moment, j’ai travaillé dans une entreprise d’un grand groupe français de cacao et pendant cette période j’ai eu à rencontrer plusieurs personnes notamment : des stagiaires abusés ; en effet ils étaient nombreux dans l’entreprise à faire des tâches vraiment épuisantes et interminables que des titulaires auraient fait, pas des stagiaires. Ainsi, ils n’ont pratiquement aucune assurance, ils peuvent être renvoyés à tout moment  et sans droit après une année de stage (avec prime de transport dans certains cas). Dans la même entreprise, tu pourras remarquer des milliers d’employer intérimaire depuis des années dont les contrats de journalier peuvent expirer à n’importe quel moment.

Certaines ONG ivoiriennes ont adopté les mêmes pratiques

Des organisations de la société civile ivoiriennes (les ONG) semblent avoir adopté cette démarche. Elles recrutent des stagiaires à durée illimitée pour soi-disant les former sans une prime de transport. Même quand les moyens le permettent ils sont exclus de tout projet de rémunération mensuel. «  On dit, c’est du bénévolat, on fait  », mais, même pour cela il y a des limites, car les jeunes stagiaires se tuent à la tâche pendant que les responsables recueillent les lauriers et fruits de ce travail.

Il faut que ça change, ces mentalités qui ne profitent pas réellement à ces jeunes qui sont l’avenir de la nation. Comment fonder une famille si on reste un éternel stagiaire avec une prime de transport et autre de même genre.

Une violation du droit du travail

Ces pratiques sont à proscrire car, elles constituent de véritables nids de violations  des droits inhérents à chaque individu notamment du droit à un emploi et l’état devrait jeter un regard plus conséquent sur les acteurs du secteur privé. Certes, il existe des inspecteurs du travail mais combien  en connaisse leur existence.

L’on pourrait procéder comme en France où l’Assemblée nationale a définitivement votée, le 26 juin 2014, une nouvelle loi importante visant un encadrement des stages et l’amélioration du statut des stagiaires parce qu’à mon avis les dispositions de la LOI 2015-532 du 20 juillet 1015 portant Code du travail en leurs articles 13.11 à 13.20 ne protège pas assez les stagiaires.

En attendant un nouveau régime juridique plus favorable  pour les stagiaires en Côte d’Ivoire  « on dit dents pourris est mieux que bouche vide »(pour dire qu’au lieu de ne rien avoir du tout , on va se contenter du peu ) mais bon…jugez en vous même .