Andriamialy

Non, les morts ne sont pas (encore) montés au paradis

Non, les morts ne vont pas au paradis. Les paradis célestes, inventions machiavéliques des religions, sont illogiques, inutiles, dangereux jusqu’à rendre la Terre infernale.

Mais ne vous méprenez pas. Je suis chrétien. On nous enseigne dans notre église, selon notre propre compréhension des écrits apocalyptiques de la Bible tout entière, que les morts sont morts, ils pourrissent et deviennent de la poussière, et c’est tout. Ce qui convient parfaitement à la moitié de moi-même, scientifique, critique et rigoureux. Ne monteront au « ciel », à un moment inconnu dans le futur, que des êtres vivants, jamais morts ou ressuscités par une « technologie » qui m’est encore inconnue et ils vivront dans un nouveau ciel et une nouvelle Terre pour l’éternité. Ce qui satisfait l’autre moitié de moi-même, croyant et espérant.

Oui, car c’est vrai que c’est l’espoir qui fait vivre (et pas que les imbéciles). S’il n’y avait rien d’autre, après, pourquoi je me retiendrais de faire toutes les folies inimaginables? Par simple humanité? Et qu’est-ce qui m’empêche de finir mes jours aujourd’hui si je sens que je souffre trop? La réponse c’est l’espoir, alors, les religions trouveront toujours des adeptes pour croire à un monde meilleur.

Le paradis, concept idiot

En visitant toutes les religions à ma portée, soit en allant dans les églises et les lieux de culte, soit dans les livres, soit dans les légendes et les discussions, j’ai aussi rencontré toutes sortes de paradis. On m’a montré un paradis catholique plein de bienheureux et de saints et un paradis anglican et puis un autre orthodoxe, presque pareils, mais avec des saints différents. J’ai entrevu le Valhalla dans la forteresse d’Asgard, puis le paradis musulman avec les palais dorés et les vierges. Il y a le Nirvana pour les religions orientales qui ne serait pas un lieu paradisiaque, mais plutôt un concept de finalité, le plus accessible de tous en quelques bouffées. N’oublions pas le monde invisible cru par les Indiens d’Amérique et sa grande et verte vallée, le voyage vers d’autres planètes attendu depuis des millénaires par d’autres peuples et Andrebabe des Malgaches.

L’univers est assez grand. On pourra y loger tous ces paradis, l’Eden vers une direction, les autres paradis vers les autres. On pourra même trouver un coin pour KaïoShinKaï, le « Pays imaginaire » et le « Village dans les nuages ».

Le contraire est impossible, car il serait invivable. On ne peut pas croire que ces paradis ne sont qu’un seul et même lieu. Comment les martyrs protestants sous l’Inquisition pourront-ils retrouver leurs bourreaux catholiques canonisés? Car pour leurs chefs religieux respectifs, ils méritent tous le paradis, n’est-ce pas? Même situation pour les croisés et les combattants d’Allah qui se sont entretués pour avoir Jérusalem. Non, c’est impossible, je vous le dis. Même pour les droits et les privilèges, c’est ingérable. Comment faire puisque Jésus a dit qu’il n’y aura plus de mari et femme au Royaume de Dieu alors que certains se pavaneront avec leurs harems de 1000 vierges ? Comment vivre en paix au paradis lorsque les Vikings continueront à se préparer pour Ragnarok? Et que faire de Sangoku qui ne cessera pas avec ses allers-retours?

Alors, la réponse, la seule qui me paraît logique est que le paradis n’existe pas ou, comme je le crois, pas encore.

Malgré tout, c’est tellement facile de croire au paradis.

On se dit que peut-être que le paradis existe. Peut-être que l’un ou l’autre de ces prophètes et messies n’a pas menti. Alors, si c’est vrai, c’est sûr qu’une vie sur Terre, même en croulant sous les milliards de dollars, même avec la meilleure santé physique au monde et même en s’abreuvant continuellement de plaisir, ce sera insignifiant face au bonheur éternel. Et c’est rarement le cas. Le plus souvent, on vit dans la misère, on est malades et les plaisirs ne durent guère.

Et puis, ce n’est pas seulement une question de promesses. C’est souvent une culture, une éducation qui est fortement ancrée dans la personnalité des gens. Certaines personnes ne connaissent rien d’autre que ce qu’on leur a dit et appris. Lorsqu’on ne leur a présenté aucune autre alternative, il leur est difficile d’ouvrir les yeux sur ce qui est aussi possible ou pas.

Et en plus, c’est gratuit. On n’a rien à payer pour croire au paradis. On se le dit et c’est tout. Le vrai danger, ce que je vais esquisser ci-après, c’est le prix qu’on nous impose pour y aller.

Comment, donc, aller au paradis?

En effet, tout ce que j’ai écrit peut vous sembler futile ou drôle. Pour moi, la religion, le paradis devraient être des sujets sérieux et surtout … amusants. Siddhârta ou Yeshua auraient eu un sens de l’humour hors du commun, si on en croit les écrits à leurs propos. Pourtant, l’image que l’on a des religions c’est les règles, les interdits et les obligations.

Avez-vous remarqué les multitudes de choses que les croyants doivent faire pour mériter le paradis? Je ne parle pas d’être gentil et de prier beaucoup. Je parle de certaines religions qui marchandent le pardon en euros et en offrandes en nature. Je parle des autres qui exigent des pratiques sadomasochistes pour plaire à leur dieu. Je parle aussi de celles qui appellent à la guerre et au sacrifice. N’est-ce pas trop cher payé ou au contraire insuffisant?

A mon avis, si le paradis n’existait pas, ce serait trop de gâchis: l’argent pour les temples, la pénitence, les guerres religieuses et tout le reste. Si au contraire, le paradis existait, je ne vois pas comment un être humain peut croire qu’il peut être agréable à un dieu crédible : Yawheh, Allah, Bouddha ou Zanahary quoiqu’il fasse comme effort. Mais de tout ce qu’un être humain peut faire dans sa vie, je pense, personnellement, qu’un Bon Dieu favoriserait une bonne action, la charité, l’amour plutôt que la violence, la guerre ou le meurtre.

Je suis, donc, chrétien, adventiste et, pour nous, le paradis est un concept qui est encore inimaginable à l’Homme (voir Bible dans I Cor. 2:9). Il pourrait exister dans le futur après la destruction de ce monde (Apocalypse) et Dieu, qui est bon, jugerait seul qui méritera d’y vivre. Personne ne pourrait se vanter d’y avoir droit même s’il a été le meilleur être humain sur terre, alors, s’il fait le mal…

 


Ces virus qui veulent tuer l’Afrique… et toute l’Humanité

Le mois de décembre, c’est le temps des bilans. Mon sujet pour cet article sera les virus qui ont sévi en Afrique pendant cette année 2014. Ce n’est pas pour écrire, encore une fois, sur Ebola, mais pour se rendre compte que cette flambée virale est inhabituelle, inquiétante et dans tous les cas, elle nous interroge.

– Ebola en Afrique de l’Ouest

Une page Wikipédia lui est consacrée. Il s’agit, curieusement, d’une résurgence dans l’ouest de l’Afrique d’une souche provenant du Zaïre. L’épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest a marqué l’année 2014 et a été sans doute un des faits qui ont tenu le plus longtemps en haut de l’affiche de tous les Unes des journaux du monde entier. C’est à en oublier parfois qu’il y a des guerres en Irak, en Syrie, en Ukraine. Ah ! Que la Coupe du monde au Brésil semble déjà si loin.

Mais voilà, Ebola a déjà tué plus de 7 000 personnes avant ce mois de décembre, presque tous en Afrique, et malheureusement, ce n’est pas fini. Et s’il figure en premier sur ma liste, c’est parce que c’est un tueur impitoyable, et il n’y a aucun traitement ni vaccin. Il ne fait pas dans l’exclusion ni dans le racisme. Il ne se contente pas de tuer que des Africains, même s’il y a eu un temps une polémique causée par les traitements expérimentaux qu’on n’a testés plus ou moins efficacement que sur des Américains et des Européens. On peut dire que pour le moment, tous les pays ont la même peur d’Ebola. La peur conduit tantôt à une solidarité, tantôt à une méfiance réciproque.

– Ebola2 en RDC

Curieusement aussi, une souche locale d’Ebola qu’on peut donc qualifier de virus frère de « Zaïre » est apparue en RDC vers le 26 juillet. Tout aussi virulente que celle de l’Afrique de l’Ouest, cette épidémie a été plus limitée. Elle a fait quand même quelques dizaines de morts. Et surtout, c’est cette coïncidence avec l’épidémie dans l’Ouest qui est le plus inquiétant. En effet, cela a ouvert un front nouveau à partir d’un cas nouveau pas en relation avec les précédents. On a même publié une liste de pays, dans laquelle figure Madagascar et où le même scénario peut se répéter. Ce sont des pays qui, entre autres critères, possèdent de grandes chauves-souris que les habitants mangent parfois. En effet, les chauves-souris sont reconnues comme des réservoirs de virus mortels.

– Marbourg en Ouganda

Pendant ce temps-là, c’est Marbourg, un « proche cousin » d’Ebola, et non plus son frère qui tue en Ouganda. Les cas se sont manifestés en octobre. Sans traitement, ni vaccin non plus, il a, cependant, un taux de mortalité moins élevé qu’Ebola. L’Ouganda s’en serait débarrassé ai mois de novembre.

– Lhassa au Bénin

Cette fois-ci, c’est un « autre cousin » d’Ebola qui a surgi au Bénin. Cette apparition s’est faite en mois de novembre. On possède un traitement efficace contre cette maladie mais elle demeure mortelle sur les patients à risques et en cas de retard de la prise en charge. Pour cette fois-ci, on dénombre moins d’une dizaine de cas mortels.

– Fièvre jaune, Chikungunya et Dengue

Je mets ces virus ensemble. Eux aussi sont à l’origine de maladies qui provoquent parfois une fièvre hémorragique, comme Ebola et ses cousins. Mais ils ont contre eux des vaccins efficaces (sauf Chikungunya) et/ou sont moins dangereux (une estimation à quelques dizaines de milliers de morts par an, quand même, pour la fièvre jaune). Encore une fois, il y a des personnes vulnérables qui ont plus de risques d’avoir des complications : les enfants, les personnes âgées, les personnes ayant des défenses immunitaires diminuées, etc. Ces virus ne concernent que des petites parties de l’Afrique ou même que certaines îles.

– VIH

Justement, en parlant de défense immunitaire, n’oublions pas le virus du sida (le virus de l’Immunodéficience acquise) qui continue à tuer en Afrique par millions. Vous direz que millions c’est plus que milliers. Je suis bien d’accord et ce tueur demeure bien le numéro un en Afrique. Il faut, cependant, considérer le fait que le VIH tue lentement, comme un cancer. Il n’est pas aussi « spectaculaire » qu’un Ebola. Il ne se transmet pas par simple contact. Il faut dire aussi que le combat contre le VIH dure depuis longtemps déjà si on voit que l’effervescence autour d’Ebola commence à faiblir après seulement quelques mois.

– Les virus de la grippe

H5N1, H1N1, H3N8 et les autres ne semblent pas vraiment concerner le continent, un peu comme la dengue ou chikungunya. Ils ne s’adapteraient peut-être pas près de l’Equateur, mais l’Afrique n’est pas  toujours chaude partout et tout le temps. Il y a des zones tempérées. Justement, à Madagascar comme dans d’autres pays africains, les épidémies de grippes font rage périodiquement. Ici, on appelle « gripa mahery » (forte grippe) celle qui amène les gens à l’hôpital ou à la morgue. Malheureusement, gripa mahery n’est, une fois de plus qu’un nom générique qu’on utilise parce qu’on n’a pas les moyens d’identifier combien de H et de N comporte ce virus. Je pense qu’il y a, parfois, des souches mortelles de virus de la grippe qui s’activent. Faut-il rappeler aussi les cas de SRAS en Afrique du Sud?

– Et la peste à Madagascar

En parlant de Madagascar, je finis ma liste avec ce virus improbable, mais qui a tué en Afrique, en l’occurrence à Madagascar en 2014 depuis le début de l’année. J’ai déjà écrit sur le sujet au début de l’épidémie. Aujourd’hui, les morts sont par dizaines (43) pour ce qui est des 138 cas recensés au mois de novembre.

Pourquoi et comment?

Comment ne pas se poser la question du « pourquoi » après une telle année où tous les virus, ou presque, se sont relayés pour martyriser l’Afrique? Mais pourquoi aussi poser la question si je n’ai pas l’ombre d’une réponse ? Je ne vais plus parler de complot même si c’est sûrement une sacrée coïncidence d’avoir 2 types d’Ebola et Lassa et Marbourg la même année. Sans parler des autres virus qui ressuscitent ici et là. Je pourrais vous donner ce lien vers une étude plus sérieuse sur les « virus émergents ». Je pourrais aussi parler de malédiction divine ou de signes de la fin du monde. Pour moi, la question reste posée et chacun peut et devrait apporter sa réponse. Peut-être que c’est mère Nature qui se révolte, car l’humanité met en péril toute la création. Peut-être que les virus se sont ligués pour exterminer l’Humanité. C’est peut-être, même, une invasion qui a déjà commencé et certains d’entre nous sont leurs collabos. Et ce serait le berceau de l’Humanité, l’Afrique qu’ils attaquent en premier, comme c’est logique.

Mais ce qui doit préoccuper tout le monde c’est de savoir ce qu’il faut faire maintenant pour faire face. Déjà, on a eu peur des réactions de chacune et chacun face à Ebola. Nous avons vu des mesures disproportionnées comme la fermeture de frontières par exemple. Alors que, à mon avis, ce sera seulement en conjuguant nos forces que nous pourrons nous sauver. Cela concerne les pays africains qui sont les plus touchés et les autres qui sont voisins de ces pays victimes; mais aussi le monde entier, car personne n’est à l’abri.

Oui, c’est la fin de l’année et on croit souvent, puisque l’espoir fait vivre, que le Nouvel An sera un nouveau départ. C’est vrai dans un sens. Mais si, effectivement, la Terre a fini une boucle autour du soleil, il n’y aura pas de miracle pour autant lorsque l’on se réveillera le 1er janvier. Les virus seront toujours là pour nous défier. Peut-être seront-ils même plus évolués et plus virulents encore. Mais si on reste solidaires, nous survivrons.

 


Urgent : Madagascar, le sommet des 5 (présidents) est devenu réalité

Bonjour tout le monde! C’est un grand jour pour Madagascar… ou c’est un petit jour, selon le point de vue. Les 5 présidents malgaches tiennent ce 19/12/2014 une réunion « au sommet » et à huis clos au Centre de Conférence international d’Ivato dans le cadre de la tant attendue et réclamée « Réconciliation nationale ».

Présidents à vie

On parle de 5 présidents qui sont les 5 anciens ou actuel chef de l’Etat de toutes sortes : Ratsiraka, Ravalomanana, Zafy, Rajoelina et Rajaonarimampianina.

Parmi eux, il y en a un qui est en exercice, mais, qui visiblement, n’arrive pas à exercer en totalité tout seul. Il y a un multirécidiviste, qui se croit le plus rusé, mais qui aurait pu concurrencer ses compères africains présidents à vie s’il avait été plus fin. Il y en a un autre qui a été élu, puis empêché, la honte. Il  y en a un qui a été élu et qui a remis le pouvoir, comme c’est idiot, non? Il y a en a même un qui n’a pas été élu du tout mais qui dit tout le temps qu’il est le plus « aimé » des Malgaches.

Comme par magie, et cela n’arrive qu’à Madagascar, ces personnes là détiendraient ensemble la solution de toute crise. Est-ce que déjà, ils les provoquent? Bonne question, non? En sont-ils la solution, alors? Bah, si c’est le pompier qui allume le feu….

Imaginez si on fait ça en France. Que pour se désempêtrer de tous les problèmes de son mandat agonisant, Hollande convoque les anciens présidents encore en vie de la France pour trouver ensemble la solution. Remarque, on ne fait, quand même, pas école puisque Sarkozy, lui-même, a récemment créé son comité des anciens premiers ministres… alors…

Bref, cette réunion improbable des 5 est aussi sérieuse que risible. Déjà, dans les réseaux sociaux gasy, on demande qui est le Bon, le Méchant, et le Truand. Remarque, les 5 mercenaires est un film de Kung-Fu, mais le western s’appelle les 7 mercenaires. 🙂 . Comment les appeler autrement? le club des 5? les 5 P?

Des rumeurs

Les rumeurs à Madagascar, on sait ce que c’est. Donc, il faut les prendre avec des pincettes et des gants et des vêtements de protection intégrale. Mais je vais en parler, quand même, pour situer les craintes et les attentes sur cette réunion.

On a parlé de participants en colère qui voulaient quitter la salle mais qui ont été retenus, un peu comme pendant la réunion du Panorama en 2002. En effet, selon la légende, on a pu solutionner la crise de 2002 de la même façon : en enfermant les protagonistes à l’hôtel Panorama avec pour mission de trouver une issue. Sinon, selon cette légende, ils n’en sortent pas, même pour manger, car ils sont servis sur place, ou pour faire pipi, ou pour dormir.

On a aussi parlé de postes à partager, par exemple d’un poste de premier ministre que certains ne voudraient pas accepter.

Bien sûr, les partisans de tous bords continuent à clamer que leur poulain détient la clé, que rien ne se fera sans son consentement, qu’il aura droit à la part du lion, etc. Quand on les écoute, que c’est affligeant.

On saura demain

Demain, ou plus tard, on saura ce qu’enfantera cette montagne. Les Malgaches espèrent qu’il y aura une vraie réconciliation et non un partage de gâteau. Car, oui, jusque-là, on a l’impression de voir des enfants qui se disputent le goûter.

Et après cela, s’ils sont vraiment ce qu’ils prétendent être : les solutions pour Madagascar, qu’ils le montrent en travaillant pour le pays ou au moins en arrêtant de mettre des bâtons dans les roues de notre sarety* nationale. On en a plus qu’assez de cette pauvreté grandissante, de cette marche en arrière en courant et bien poussée (hazakazaka mihemotra arahin-tosika). Enfin, je refais ce jeu de mot déjà usé pour que cette fin d’année, on fête le krismasy (Nöel) mais pas le krizy mafy (dure crise).

* sarety : char à zebus


Lexique malgache sans consonne et même avec moins que ça

Pour finir cette semaine, je vais vous donner un petit lexique de quelques mots malgaches sans consonnes, pour sourire un peu. C’est un article que j’ai déjà écrit en malgache sur un autre blog mais que je revisite ici d’une autre manière. L’idée n’est pas (seulement) d’énumérer des mots sans consonnes mais surtout de partager cet étonnement quand on se rend compte combien un malgache peut s’exprimer juste avec des voyelles.

Mais même sans voyelle du tout, même avec la bouche fermée, avec un baillon et du ruban adhésif, un malgache pourrait avoir un vocabulaire de 6 mots au moins (info utile à tout scénariste envisageant de kidnapper un malgache dans son film).

Tenez ma liste des 6 sons intélligents que j’écrirai avec des nombres différents de « m » sedlon leurs longeurs. Je vais essayer de mettre entre parenthèses l’intonation mais il vous faudra peut-être un malgache de votre entourage pour bien lire):

m? (↗) = quoi?

mm (→↗) = Oui

mmm (↗↘↗) = Non

mmmm (→→→→) = euh…

mmmmm (→→→→↘) = Ah bon!

m m (→  ↘ ou → ↗, notez que c’est 2 sons distincts) = Mais non! ou Arrêtes de me charrier! ou C’est vrai ça?

C’est que le malgache est une langue assez chantante. Dans une chanson, la mélodie est plus importante que la parole et permet de mieux véhiculer l’idée, l’émotion.

J’oserais dire, également, que quelque part, il y a de la paresse dans ce vocabulaire. Combien de parents malgaches oseront dire qu’ils n’ont jamais tenu une conversation de ce genre avec un de leur progéniture pendant qu’ils lisent les journaux, repassent les linges, font à manger ou font d’autres tâches ménagères? (Si votre malgache d’ami est encore près de vous, faites le jeu en le laissant faire la réplique bouche fermée).

– Maman, Maman…Maaaman!

– m?

– Tu sais c’est où Montpellier?

– mmm

– Eh bien, c’est en France. Et tu sais c’est où Lisbonne?

– mmm

– C’est au Portugal. Tu sais rien du tout toi! Tu sais au moins c’est où Malaga.

– mmmm, mmm

– Tu ne sais pas? C’est en Espagne.

– m m

– Si, je t’assures, tu croyais que c’était un nom malagasy, avoues! Malaga, Malagasy, haha…N’est-ce pas?

– mm

– Eh bien! c’est en Espagne, regardes la carte.

-mmmmm

– je suis forte en Géo, non?

– mm

Merci Maman!

Et c’est comme ça qu’on économise notre énergie tout en restant de bons parents. C’est la philosophie du moramora (doucement) en action.

Alors, pour la suite, rassurer vous. Je ne compte pas vous énumérer les dizaines de mots malgaches sans consonnes du dictionnaire. Je vais seulement vous apprendre ceux qui avec l’économie maximale de consonnes arrivent à dire beaucoup de choses et ce ne sont pas tous des mots sortis par l’Académie.

(Souvenez vous que « o » se lit « ou » en malgache et le « e » se lit « é »)

Ay = D’accord

Ay? = Ah bon?

ie = Oui ou d’accord

Oay! = Attends un peu!

Oay a! = Tiens tiens tiens

Oooaie! = « Waoouuuh » ou « que c’est gros! », « que c’est grand! », « ouf, c’est beaucoup! »

Eeei! = Je m’en fous!

Oiaoy = Quelque chose à rapporter (à cafeter)

Oaiaoay = De gros problèmes

eeee = C’est foutu!

iii =  beurk, ou ça fait peur!

Et il y en a d’autres et de nouveaux encore mais arrêtons là.

C’était juste pour montrer la « richesse » de cette langue qui nous berce et nous fait danser depuis notre enfance (Oui, il y a des chansons malgaches qui font juste « Aia, Aia! » ou « iô, iô »). Et puis, vous savez déjà vous « exprimer » en malgache sans forcément apprendre le vocabulaire (mm). Enfin, je ne vous en veux pas si vous avez ris un peu. J’avoue, c’est singulier.

 


Non, les Malgaches ne sont pas fous

J’ai écrit dans mon dernier article que les Malgaches sont devenus fous. On m’a répondu que ce n’est pas vrai, que ce n’est pas possible ou que ce n’est pas normal. Certains ont compris. On m’a aussi contredit, on m’a même traité de « vendu » pour avoir osé dire tant de mal de mon pays. Dans tous les cas, il m’a été demandé de m’expliquer.

Mais ce que je sais, c’est que la violence n’est pas dans les coutumes malgaches. C’est bien les Malgaches qui disent « la force ne bat pas l’intelligence ». Je vais donc réutiliser les commentaires de ce précédent post pour disséquer le « pourquoi » de la situation. J’ai le droit puisque c’est la première réaction que j’ai reçue qui l’a suggéré en la personne de Wilkonfam qui a écrit :« La prochaine question, à mon avis, c’est « Pourquoi ? » Pourquoi tant d’horreur, pourquoi tant de violence ? »

Pour commencer, Judith Gniamey a mis en avant les coutumes en faisant un parallèle avec son pays le Togo et les autres pays.

« Mais n’y a-t-il pas un peu de cela dans toutes les coutumes et dans tous les pays ?  Au Togo, des jeunes filles ont été retrouvées décapitées, des voleurs attaquent l’aéroport national… Il y en a partout. Regarde la violence inouïe en Afrique du Sud, les missionnaires comboniens ont été attaqués trois fois dans la même journée… »

Renaudoss a renchéri : « Cela dit, certains aspects, le lynchage de violeur présumé, j’entends, sont aussi présents dans une moindre mesure dans mon pays le Togo ».

Et c’est vrai, en partie, comme je l’ai déjà expliqué dans l’article. Le vol de bœuf est un jeu, un rite, une initiation chez certaines tribus du sud de Madagascar. Ceci dit, il y a une grande différence entre des adolescents qui passent un bizutage et les dahalo d’aujourd’hui qui tuent, violent et pillent.

Heureusement, Renaudoss a ajouté une autre explication : « La dégradation des conditions de vie y est sans toute pour beaucoup, mais quand même! ». Ce qui est de la même veine que la réponse de Fa-tiana, une Malgache : « Je pense que les Malgaches sont à bout (la crise, la pauvreté qui envahit peu à peu l’île) et qu’ils n’ont plus ou peu confiance en l’Etat qui devrait les protéger et leur assurer la sécurité… et la justice… on sait à peu près ce que ça donne en ce moment, du coup, l’on se replie sur soi et on se défend comme on peut, et les voleurs, violeurs… se sentent invulnérables vu qu’il n’y aura personne pour les arrêter, même plus la peur du gendarme et de l’autorité! »

Pour moi, la réponse de la population par le lynchage n’a rien de sauvage ni d’endémique. Il faudrait beaucoup de sang froid pour ne pas vouloir se venger tout de suite lorsqu’on met la main sur le meurtrier de son frère, ou le violeur de sa fille ou simplement le voleur de sa poule. La loi, les droits de l’homme, la Loi divine ou la simple humanité sont « quelquefois » contre la justice populaire mais, malheureusement, elle est parfois la seule à parler et surtout la seule à qui les gens ont confiance.

Il ne faut pas, non plus, beaucoup de statistiques pour voir que le taux de criminalité a augmenté avec la crise. A Madagascar, la crise financière mondiale a été amplifiée par une crise politique longue de 5 ans et qui a laissé des traces; faisant plus de pauvres, annihilant tout semblant de progrès acquis depuis l’indépendance et plongeant la population dans un marasme constant. Alors, oui, c’est une cause plus que probable de cette amplification de la violence.

Enfin, je vais finir sur une suggestion à peine masquée de mon ami Stéphane, ancien habitant de l’île :« Après le lynchage de NB je me souviens avoir trouvé comme explication (pas une excuse) que ce sont les magouilles des politiciens qui mènent le pays vers le fond et poussent la population à commettre des actes désespérément horribles. »

Il fait référence à un certain fait divers de Nosy-Be l’île aux parfums, élue, en passant, plus belle île africaine où deux Européens ont été en 2013, accusés d’être des pédophiles et/ou des voleurs d’organes et lynchés puis brûlés vifs par la population et sans aucune forme de procès. Il y avait, par la suite, des rumeurs de complots dans cette affaire, mais je n’ai pas d’informations à ce sujet. Mais ce qui est sûr, c’est qu’une rumeur sur le vol de cœur est mortelle à Madagascar et que ce n’est jamais à répandre, même en blaguant.

Ce que je sais c’est que cette idée selon laquelle les attaques, les violences sont permises ou même commanditées en haut lieu n’est pas nouvelle. Ainsi, il est entré dans le langage courant le terme de « dahalo ambony latabatra » (dahalo derrière le bureau, ou assis à table). Il désigne ceux qui dirigeraient les dahalo dans leurs actes et qui en récolteraient aussi le plus de bénéfices.

Il n’y a pas de fumée sans feu, ou comme disent les Malgaches : « Le faucon ne danse pas en vain ». Il suffit de se poser les bonnes questions pour avoir des craintes sur l’existence réelle de ce genre de dahalo : comment les bandits font-ils pour s’acquérir d’armes de guerre : pistolet, AK-47, grenades ? Pourquoi, malgré les opérations et les arrestations, les bandits se multiplient ? A qui profitent ces crimes?

Voilà les 3 idées qu’on a pu soutirer des commentaires sur mon dernier article pour expliquer les violences à Madagascar. On a parlé d’une déviation des rites et coutumes jusqu’à un complot politico-mafieux en passant par la crise et ses conséquences. On peut trouver d’autres raisons et on peut aussi affirmer qu’il y a peut-être un peu de tout cela et que c’est l’ensemble qui fait que les Malgaches semblent s’affoler. Car, c’est vrai, les Malgaches ne sont pas fous, pas tous, pas encore. Il faut juste espérer et œuvrer pour que cela demeure ainsi.


-18, âmes sensibles, ne lisez pas : les Malgaches sont devenus fous

Fuyez, prenez vos affaires, ce que vous pouvez emporter et allez vous-en. Ce pays est devenu fou. Les Malgaches sont devenus fous. Si vous croyez encore que ce sont des gens sympathiques, accueillants, hospitaliers et dévoués, annulez votre expatriation, reportez vos vacances. Ou si vous insistez, venez et sauvez-moi, sauvez-nous de nous mêmes.

Il y avait quand même des craintes en moi. J’ai entendu parler depuis longtemps des dahalo (voleurs de zébu) qui ont changé de méthode en tuant, en prenant des otages et en violant. Mais dans ma tête, c’était parce que les victimes habitaient la brousse ou la jungle, comme dans les films. Je voyais aussi les voleurs à la tire (mpanendaka) et les pickpockets (mpangarom-paosy) comme de pauvres gars obligés de voler pour survivre, que c’est pareil partout dans le monde et qu’il faut juste faire attention. Aujourd’hui, je n’ai plus de doute, les Malgaches sont capables du pire.

Je vais vous les dire et vous les raconter, comme je les connais et à ma manière, ces faits divers, mais j’ai décidé de ne pas mettre d’illustration ni même de lien. Vous me comprendrez. Mais vous pourrez les trouver dans les journaux en ligne malgaches comme Midi Madagasikara par exemple.

D’abord, il y a les coupeurs de routes. On rapporte des histoires rocambolesques. Une fois, il y avait ce taxi-brousse. C’est comme ça qu’on appelle les bus entre 14 à 27 passagers qui transportent les gens entre des villes éloignées. Il voyageait de nuit et était à la queue d’un convoi, d’une caravane improvisée comme on fait d’habitude par peur des bandits. Dans ce journal que j’ai gardé, un des passagers raconte comment ils ont été distancés par les autres voitures et comment ils sont tombés dans l’embuscade de coupeurs de route. Ils auraient été détroussés puis sommés de sortir à tour de rôle, 4 par 4 vers les bosquets pour se faire violer, hommes, femmes et enfants.

Il y a aussi les enfants volés. Une petite fille a été retrouvée décapitée. Un petit garçon a été retrouvé sain et sauf à des kilomètres de chez lui. Un bébé de 2 mois a été arraché à sa nourrice en pleine rue puis emporté par un 4×4. Aujourd’hui, les écoles redoublent leur sécurité pour éviter qu’un enfant soit confié par erreur à un inconnu. Et puis, il y a cette personne qui a failli être lynchée par la foule car accusée d’être un voleur d’enfants.

Car oui, le lynchage des malfaiteurs avérés ou présumés, c’est aussi devenu monnaie courante. Le cas des vazaha de Nosy-Be d’il y a plusieurs mois déjà a été relayé de par le monde. Mais c’est tous les jours, ou presque que des bandits et des innocents se font massacrer sans procès dans les rues de Madagascar. Tenez, cette semaine, c’est récent, il y a eu dans les journaux le cas des bandits qui ont été brulés vifs. Dans d’autres cas, les présumés malfaiteurs sont tabassés à mort.

Apprêtez-vous maintenant à être choqués, à vomir ou à vous évanouir. Sinon, arrêtez de lire le reste. Il y a le cas de ce chauffeur, a priori, ce n’est donc pas un bandit. Mais il a renversé des gens sur la route lors d’un accident et à l’heure qu’il est ses victimes sont mortes. Mais ce chauffeur n’a pas survécu longtemps, les témoins de l’accident l’ont charcuté sur place à la machette et il n’en restait pas grand-chose après quelques minutes. Il n’a pas voulu fuir, mais faire face à sa responsabilité. Il a trouvé une mort horrible. Il y a quelques temps, il y avait aussi ce petit couple. La fille a été violée et abandonnée dans la rue et le garçon a été emmené par leurs assaillants. Son corps a été retrouvé quelques jours après, roué de coups et jeté dans le fleuve.

Car le viol aussi est devenu « à la mode » chez les bandits. On viole les femmes, les filles, les fillettes, les garçons, les vieilles, les bébés. Ce n’est pas comme dans les séries policières lorsque le profileur explique qu’un voleur est un voleur et un violeur est un violeur. Ici, les hold-up, les cambriolages, les accidents sont des « occasions » pour violer. Tenez en exemple ce que la presse locale a qualifié de sordide, c’est le cas de cette femme d’une trentaine d’années. Elle aurait été renversée par un train et en a eu une jambe arrachée. Des témoins l’ont ensuite vu se faire violer par 4 gars… sans sa jambe, donc, avant d’être achevée à coups de couteau.

Voilà, il y a deux jours, je voulais déjà écrire ce billet, mais à la place, j’ai expliqué les mots fitiavana (amour) et tia (aimer). Comme ça, la transition est plus abrupte. Je m’en fous si les meurtres, les enlèvements et les viols sont guidés par la mafia, la politique ou bien si seulement le fruit de notre pauvreté et des films à la télé. Je dois simplement en parler, comme ça, parce qu’en en faisant un billet, j’aurais contribué à les rendre plus invraisemblables, plus terrifiants, moins banals. Parce que je sais bien que les Malgaches sont censés être gentils et que tout ça n’est pas normal.

Oui, aujourd’hui, j’aimerais fuir, j’aimerais aller loin, si c’était possible. Mais je préfèrerais rester sans la peur pour ma vie, pour celle de ma famille et de mes amis. Ce pays est toujours un coin de paradis, mais il lui faut seulement moins de démons et un peu plus d’humanité.


Tia et Fitiavana – Aimer et Amour

Tia (ti-ah) est le verbe aimer en malgache. Ce sont 3 jolies lettres de l’amour qui animent la vie des malgaches et du reste du monde. Les malgaches se proclament eux-même des « olon’ny fo » (femmes et hommes du cœur).Ce consonne et ces 2 voyelles donnent également le nom célèbre qui signifie amour : « fitiavana »  ou « fitia ».

Déjà, il faut savoir qu’il y a plusieurs formes dérivées de « tia » qui est un verbe racine (sans préfixe ni suffixe). On a par exemple « mitia » (aimer),  « tiavina » (être aimé), « tiana » (aimé). Et puis, « tia » est un mot hérité du vocabulaire malayo-polynésien. Pour preuve, à la place de « tia » et « mitia », on a en malaisien et en indonésien « cinta » et « mencitai ».

« Tia » et ses dérivés sont des mots qui sont prononcés au moins une fois par le malgache dans la journée. Ceci grâce à la polysémie de ces mots mais je ne vais pas m’étaler dessus. Quoi qu’il en soit « Fitiavana » fait maintenant partie de la devise de la 4ème République de Madagasikara aux côtés de « Fahafahana » (Liberté) et « Fandrosoana » (Développement ou Progrès).

Eh bien, figurez-vous qu’un malgache peut comprendre que le mot est « tia » quand il n’y a pas 1 mais au moins 4 façon de le prononcer. C’est déjà pratique pour le poète. Il peut mettre ce mot à la fin d’un vers pour rimer avec le « i » ou le « a ». En effet, même si on comprend lorsqu’on entend « ti-a », on comprend pareillement juste avec la syllabe « ti ». Avec le mot « fitiavana », on peut soit prononcer en un seul temps « tia » : fi-tia-vane, comme dans le mot « mariage », soit séparer le i et le a de « tia » pour avoir un pied supplémentaire : fi-ti-a-vane.

Et puis, il y a deux autres façons de prononcer « tia » : te (té) ou ta. A vrai dire, ces deux variantes sont devenues dans certains dictionnaires des mots à part entières pour désigner le verbe « désirer ». Mais qu’on ne me conteste pas le fait que ce sont des contractions de « tia » puisqu’ils répondent à la question : « Inona ny tianao …? » (Qu’est-ce que tu aimerais… ?) Et même que l’on peut répondre « je désire ceci ou cela » en mettant « Tia » devant comme ça : « Ny tiako izao dia… » (Ce que j’aimerais maintenant c’est…) au lieu de la forme « Izaho te-… », « Izaho ta-… » (J’aimerais… ou je désire …).

Venons-en, maintenant, à la phrase que vous attendez tous : « Tiako ianao » (Je t’aime).  On peut la prononcer ainsi (entre autres prononciations) : Tik énaou. « Tiako » signifie « J’aime » et « ianao » c’est « toi ». Traduit mot à mot, cela donnerais en français : Ce que j’aime, c’est toi! Remarquez que sous cette forme, c’est un verbe d’état. Cela renvoie à un état subi par celui qui aime. On pourrait le rendre actif en le changeant simplement de forme « mitia anao aho » ou »tiaviko ianao » qui mot à mot donnerons bien je t’aime (je fais l’action de t’aimer) mais personne ne le dit comme ça.

Voilà, j’espère maintenant que vous avez tout compris sur le « Fitiavana ». Oui? Non? Et pourtant, je vous ai donné la racine du mot, les dérivés, l’histoire, les anecdotes, les prononciations et quoi encore…Eh oui, on ne peut pas comprendre l’amour avec ma méthode. C’est pour cela que je vais mettre après ce texte un poème de notre Rado national et deux jolies chansons de jeunes malgaches en exemple sachant que presque tous les chanteurs malgaches ont leur chanson « tiako ianao » dans le répertoire. Seuls les mots des poètes peuvent résoudre l’impossible sans avoir besoin d’éprouvettes ni de formules mathématiques.

Excusez ma traduction, très libre.

TIAKO IANAO (Je t’aime)

Tiako ianao no sady halako (Je t’aime autant que je te déteste)
Fa mangidy koa no mamiko! (Car tu es aussi amère que douce pour moi)
« Fahavaloko », « Malalako » (« Mon ennemie », « mon adorée »)
samy anaranao raha amiko. (Sont tous les deux tes noms pour moi)

Angolaiko hoe « fitiavako » (Je te parle mielleusement en « Mon amour »)
Na mbantiko hoe « Mpamitaka » (Ou je te traite de « Traîtresse »)
Mifangaro eo am-bavako (La colère et la gratitude)
ny hatezerana sy sitraka (se mélangent dans ma bouche)

Tezitra aminao ny foko (Mon cœur te déteste)
Misamboaravoara erikitra! (Et s’emballe complètement)
Kelikey indray…Misoko (Mais doucement…quelques temps après)
ilay fitiavako mamikitra. (Mon amour s’accroche)

Rado (1966)

https://www.youtube.com/watch?v=fQp47H6m0xI

 


Le truc pour voyager dans le temps

Si je pouvais me balader dans le temps. Ce rêve, tout le monde l’a déjà fait, tout éveillé. Moi aussi, j’y ai pensé : « Ce serait « cool » d’avoir ce pouvoir ». Mais je ne sais pas encore ce que je pourrais bien en faire.

Bien sûr, il y a des moments que j’aimerais revivre. Je ne donnerais pas tout pour cela, mais ce sont ces moments-là qui nous donnent envie de remercier nos parents de la bonne idée de nous avoir conçus. Donc, si c’était possible, je voudrais bien revenir quelques temps en arrière et être à nouveau heureux, surpris, comblé, fier.

Et bien entendu, il y a des moments que j’aimerais effacer. Encore aujourd’hui, je me dis : « Si j’étais allé à gauche au lieu d’à droite… si j’ai pris ma chance à ce moment précis… si je me suis retenu à cet autre moment… ». Mais voilà, il y a l’effet papillon, comme dans le film. Il y a les paradoxes temporels et tout le bazar. Alors ma demande est : « Serait-il possible de ne rien changer à aujourd’hui, mais seulement faire que toutes ces mauvaises décisions n’aient été jamais prises? »

Alors, j’entends les critiques qui pleuvent : » Toi, tu as cet immense pouvoir et tu ne penses qu’à toi et à ta pitoyable petite vie ?  » Mais que voulez-vous que je fasse? Vous voulez peut-être que je voyage un peu dans le passé pour dire à Ravalomanana de ne pas rentrer en catimini? Ou peut-être que je vais quelques années en arrière avec un de ces VCD macabres mettant en scène les tueries du 10 août 1991 et du 07 février 2009 et que je montre ça aux gosses des années 1980 pour qu’ils évitent de devenir des sacrifices humains de la politique? Non, j’ai une autre idée, est-ce que je ramène 2 AK-47 et un lance-roquettes pour défendre Antananarivo en 1895?

Bien sûr, je ne m’occuperai que du cas de Madagascar. Le reste du monde : Gandhi, Hitler, Mandela, Rosa Parks et tous les autres, je ne vais pas, non plus, en faire toute une chanson.

Mais je me réveille de mon rêve éveillé. C’est très facile parce que ce rêve, je l’ai fait en toute sobriété, rassurez-vous! ( Pas de shhht, shhht!)

Je me souviens de cette idée qui dit que l’homme voyage dans le temps par la pensée. Et c’est vrai. Lorsqu’on se laisse emporter par nos pensées et qu’on revient à nos bons moments, ne sourit-on pas du coin des lèvres? Ne rions-nous pas un peu tous seuls comme des fous et folles à la mémoire d’une bonne farce? Et ne pleurons-nous pas parfois comme si un malheur passé ne datait que d’un jour? De même, est-ce que la connaissance d’un évènement futur ne nous met pas tout de suite en joie ou en tristesse?

Je dois, donc, faire un aveu. J’ai ce super pouvoir, pour de vrai. Les plus beaux moments de ma vie passée, je peux les revivre à la faveur d’une photo qui traîne, d’un parfum qui passe ou simplement le soir en m’endormant. Et les moments d’échec, une fois que j’ai compris les leçons à prendre, une fois que j’ai demandé pardon, que j’ai donné mon pardon et que je me suis moi-même pardonné, elles s’effacent, lentement mais sûrement.

Malheureusement, c’est pas donné à tout le monde d’avoir des super pouvoirs. Il faut pour cela naître sur une autre planète, toucher une pierre magique ou être mordu par une bête spéciale. Mais j’aimerais bien que chacun ait un accès libre à son passé et puisse le modifier en bien. Alors, si vous n’êtes pas né sur une autre planète, comme moi, vous savez ce qui vous reste à faire.


Je peux tout ré-écrire en phonétique malgache

Le malgache écrit fait peur avec ses mots aux nombreuses syllabes presque illisibles pour un néophyte. Pourtant, le fait que la version écrite ait été « inventée » dans l’Histoire moderne a contribué à le rendre logique, très logique. C’est pour cela que lire le malgache pour l’initié soit si facile. Je vais démontrer qu’il est possible d’écrire n’importe quel mot en phonétique malgache.

Mais la langue en elle-même est aussi très logique. C’est pour cela que je l’ai rapproché de la LOJBAN dans un article de mon autre blog. Si on ajoute à cela le fait que les malgaches et surtout les jeunes aiment bien déformer les mots pour rire ou pour créer un code, les mots étrangers ne survivent que quelques moments sous leur formes originelles avant d’être malgachisés.

D’abord, petite leçon d’Histoire. : Même si la base de cette langue est l’Austronésien, elle s’est depuis longtemps enrichie avec l’arabe, le bantou, le portuguais, etc. L’Austronésie désigne pour les linguistes une partie de l’Asie qui comprend actuellement l’Indonésie et la Malaisie entre autres. Mais aujourd(hui, on préfère appeler les langues issues de cette partie de la terre comme Malayo-polynésiennes.

C’est le processus qui fait qu’un mot étranger intègre le malgache que, moi, j’appelle, personnellement,  malgachisation. A ne pas confondre avec certains qui veulent toujours chercher à utiliser des mots qui seraient « authentiquement » malgaches, mêmes bizarres ou impossibles à retenir,  alors que cette « authenticité » est encore à discuter.

Cette malgachisation peut être contrôlée par les intellectuels et les académiciens pour donner des mots simples comme Baiboly (Bible), ou intelligents comme Aterineto (Internet, mais signifie littéralement « on l’amène ici »).

On pourrait retracer l’âge de certains mots anciens du fait qu’ils datent de la domination anglaise ou française : Gisa (Geese), soavaly (cheval) , etc.

Certains mots ont été incorporé il y a tellement longtemps que certains malgachistes (permettez-moi le mot) se trompent en les croyant plus malgaches que les adaptations plus récentes : Voiture : ancien : Fiara (fiacre) ; nouveau : Ôtômôbilina (Automobile); Goudron : ancien : Tara (de l’anglais Tar) ; nouveau Godrao (goudron)

Bref, ce que je veux démontrer dans cet article est qu’il est facile de réécrire n’importe que mot étranger, même ton nom, avec la phonétique malgache.

Limites et contournements

Certains diront comment ce serait possible avec une langue qui n’a que 21 lettres dans son alphabet. En plus, il n’y a pas le « u », le « o », le « e », le « è », le « ê », le « c », le « ch », le  « j », et le « w », entre autres. C’est vrai. Alors, il ne faut pas espérer que la prononciation du mot malgachisé reste parfaite. Néanmoins, on a des astuces. Le « u » est remplacé par la double voyelle « io ». Le « o » est remplacé par « ao » ou « oa » selon le cas et au pire, il est accepté que le o français puisse s’écrire « ô ». Ainsi de suite, sauf pour le « ch » et le « j » auxquels on ne peut rien faire. Il y a bien des parties de l’île qui utilisent ces sons mais en lieu et place de « s » et de « z » mais ce serait inutile. Alors, ça va « zézayer » ou « Jejailler », c’est tout.

 

Règle du jeu

L’intérêt est que le mot malgache correspondant ait un sens proche du sens du mot étranger (exemple d’internet = aterineto). Mais pour notre jeu, il suffira qu’il y ait une signification littérale qu’elle soit insensée, ridicule ou drôle. Et ce ne sera pas toujours possible.

Allez, des exemples, enfin

Utilisons des mots ou des noms qui, à ma connaissance, n’ont jamais été malgachisé :

François Hollande : Farasoà Aolandy. Signification : « Belle cadette, Landy est là », Landy est un prénom qui signifie ver à soie ou tissu de soie

Barack Obama : Baraka Aobamaha . Baraka a la même signification partout, je pense. Pour le reste, ça ne veut rien dire.

Selfie    : Selify. Mmm! à creuser car déjà, fy signifie « adoré » ou « aimé » en parlant de nourriture ou d’œuvre artistique.

Biopic    : Biôpika. Pika c’est l’onomatopée d’un cliché photo…intéressant.

D’autres exemples au hasard

Bon, plus j’écris, plus je découvre des possibilités. Essayons avec d’autres noms célèbres :

Lewis Hamilton : Leohisy Hamilitaonina

Miley Cirus : May Le Sirosy

Nicolas Sarkozy : Nikaolahy Sarikaozia

Carlos Ancelotti : Karilaosy Antselaotia

Zlatan Ibrahimovic : Zilatanina Ibirahimaovitra

Ziad Maalouf : Ziady Mahalofy

Simon Decreuze : Simao Dekireozo

J’arrête le délire ici,,je sais que cet article a été beaucoup mieux comprise par un malgache francophone. Ainsi, je présente mes excuses aux autres. Peut-être, pour me faire pardonner, je pourrais malgachiser tous les pseudos des commentateurs et/ou bien le mot qu’ils proposeront.


Dernières pensées d’une petite mourante BAD2014

Pour ce Blog Action Day 2014 (BAD2014, #BAD2014) axé sur les inégalités, je vais faire parler une petite fille que j’ai vue quelques moments avant de mourir. Une image qui me hante toujours.

J’ai envie de dormir, j’ai trop envie de dormir. Et j’ai mal, tellement mal. Où suis-je ? …

Je suis dans la cour de cette église. J’entends ma mère qui discute avec ce couple. Ils ont l’air gentil. Quand maman parle d’eux, elle dit souvent qu’ils sont riches et qu’ils donnent toujours, mais jamais assez. A l’entendre, je ne sais plus si elle les aime ou si au contraire elle les déteste, au fond.

Aie, ma tête, j ‘ai mal à la tête!

Maman leur dit que j’ai le palu. Je n’ai pas le palu, enfin, je ne pense pas. Ils sont suspicieux. Ils demandent à Maman ce qu’on m’a fait de mal. « Rien », elle répond, elle ne sait pas ce qui m’arrive. Le docteur m’a prescrit des médicaments, mais ils sont trop chers. Elle pleure, elle n’a pas envie de perdre une autre petite fille…encore. Je sais bien que si Maman obtient quelques ariary pour mes médicaments, elle ne va pas les acheter. Elle va d’abord acheter à manger pour tout le monde : elle, moi, mes frères, mes sœurs. Puis, elle va payer pour les 3 euros du loyer sinon on devra quitter notre petite maison.

Ah ! Ils parlent méchamment à ma maman. Ils lui reprochent de ne pas bien s’occuper de moi. Ils disent qu’il fallait m’emmener à l’hôpital des enfants. Mais maman fait déjà tout ce qu’elle peut. Elle ne sait pas lire ni écrire, elle ne sait que laver le linge des autres. J’entends dire autour de moi que c’est aussi une prostituée, je ne sais pas ce que ça veut dire. Ce que je sais c’est qu’elle me rassure quand j’ai peur, qu’elle me donne à manger et qu’elle me câline. Je l’aime ma maman.

Je sais que je vais mourir, bientôt. Je n’arrive même plus à bouger, j’ai du mal à ouvrir mes yeux. Et j’ai mal.

Le couple discute à voix basse, on dirait qu’ils se disputent. Ils secouent la tête et font des gestes. Puis, ils ont donné quelque chose à Maman en lui disant de faire des choses, vite. Ils continuent à lui faire peur pour qu’elle fasse bien les choses. Maman dit oui et leur promet d’être sage.

Je crois que maman a obtenu de l’argent. Alors, ce joli couple s’en va avec leur si joli bébé. Qu’il a de la chance ce bébé d’avoir des parents si… riches. Moi, je vais mourir. Je ne les reverrai plus, jamais plus. Leur bébé va peut-être devenir un pilote ou un docteur ou un pasteur et il ne saura jamais que j’ai un jour existé sur cette Terre.

Mais la mort ce n’est pas si mal. De toute façon, ça arrive à tout le monde et à tellement d’enfants de mon entourage : mes frères, mes sœurs, mes voisins et voisines. J’aurais voulu vivre, mais pas en étant si pauvre ; pas en ayant faim, tout le temps… et froid… et peur…

 Ici pour voir mon article sur le BAD2014 en malgache sur Lay Andriamialy


Crise Ravalomanana, en humour

Ravalomanana est de retour à Madagasar le 13 Octobre 2014 dernier et depuis, il est redevenu la star des médias et des sites web malgaches.

Moi même, j’ai réagi, j’ai témoigné et j’ai fait une analyse des infos disponibles sur ce blog. Mais, comme toujours, je reviens à ce que je sais faire le mieux : de l’humour. Cette crise, comme tant d’autres à Madagascar ces dernières année, est très sérieuse mais aussi tellement ridicule. Ainsi, l’expression est très à propos : »Rions parce que c’est grave ».

 

Ah si seulement Monsieur tout le monde pouvait répondre aux « personnalités » ou leur poser des questions, ce serait beaucoup moins sérieux et conformiste que les journalistes sans forcément être impertinent. Jugez vous même.

 

– Ravalomanana a dit qu’il est « rentré sans passeport et tout seul »

Question à poser: Et vous avez nagé combien de jours?

 

– Rajaonarimampianina a dit : « Il ne m’a pas contacté« 

Question à poser : Vous auriez dit oui? Franchement?

 

Rajaonarimampianina a dit : « Marc Ravalomanana n’a pas été arrêté, n’a pas été emprisonné, mais a été mis en sécurité à l’abri des différentes menaces qui pèsent contre lui« 

Question à poser : C’est toujours en fracassant les portes, en tirant à l’arme lourde et en faisant peur aux gens que vous les « sécurisez »?

 

– Midi Madagasikara raconte : « 4 hommes armés ont attaqué des commerçants à Amboditsiry le 13 Octobre à 19 heures. Ils n’étaient pas cagoulés« 

– Fil d’info d’orange.mg : 16h30 – INSECURITE : Dix hommes armés ont attaqué, hier, 14 octobre, deux épiceries à Ankorondrano. Ces bandits ont emporté argents, téléphones et ordinateurs portables et bien d’autres encore… 

– Et Newsmada : « Le corps sans vie et décapitée d’une fillette de 6 ans a été retrouvée sur une piste de course pour les véhicules à deux roues. « 

Remarque à faire : Non, non, je n’ai rien à dire du tout, je n’ai pas envie d’être « mis en sécurité » pour l’instant

 

– Le directeur de cabinet de la Présidence Henry Rabary-Njaka affirme que « les tenants du régime ne sont pas au courant de son retour »

Remarque à faire : Et pourtant il l’a dit, combien de fois? Cela s’appelle la technique du « crier au loup ».

 

– Midi Madagasikara encore « Ravalomanana : Arrivée à 17h à Diego après plusieurs escales, il a passé la nuit à l’Amirauté« 

Question à poser aux militaires qui l’accompagnent : C’était une partie de cache-cache en hélico ou bien quelque chose ne lui a pas plu à Mahajanga, Antsohihy ou ailleurs? Le climat? La chambre? Le lit? L’eau chaude? La nourriture?

Quand même, c’est un rêve de parcourir Madagascar en Hélicoptère et de dormir dans des palaces différents chaque nuit alors que sa sécurité est assurée par des hommes armés et qu’on a à disposition un médecin et je ne sais pas quoi d’autre. Si seulement on m’offrait un tel circuit pour les prochaines vacances, gratuitement, et je rentres chez moi quand c’est fini, hein!

 

– Tojo Ravalomanana (le fils) a dit  (reportage de Madagate)  : « On l’a appréhendé. Ma grand-mère est décédée ; ma mère a été appréhendée et renvoyée ; maintenant c’est au tour de mon père. Mon chien a été tué par balle. Et puis quoi encore. Ce sera au tour de nos petits-enfants par la suite ? Entre Présidents, n’y-avait-il pas eu une démarche plus civilisée ? Comme se réunir et discuter autour d’une table ? Il s’agit d’un président de la république tout de même, les gars ! Mais on l’a appréhendé au moment du déjeuner. Il faut que nous le comprenions tous. Pensez un peu si c’est votre père qui est appréhendé par des forces anti-gang. Pourquoi ne pas faire ce genre de chose à Remenabila  ? » (Ndrl : tristement célèbre chef de dahalo du Sud du pays, qui a disparu dans la nature)

Réactions et questions à poser : Effectivement, c’est triste! Je suis tout à fait d’accord. Attrapons Remenabila et mettons le en prosin! Après un procès équitable quand même! Entre parenthèses, on vous a déjà dit que vous ressemblez à Kim Jong Un?  Non? Euh….Oppa Gangnam style?

 

– La Présidente de la Commission de l’Union Africaine a dit : « La remise en cause de la légitimité des institutions malgaches, issues d’élections libres et démocratiques et dont les résultats ont été reconnus par l’ensemble de la communauté internationale, y compris l’UA et la SADC, est une provocation inadmissible ». Et aussi : « Dans ce cadre, elle se réjouit des mesures subséquentes prises par son Gouvernement pour gérer la situation. »

Réactions à faire : Heureux que vous puissiez vous réjouir Madame. Ravalomanana avait, donc, bien tort de ne pas avoir arrêté ceux qui criaient dans les rues qu’ils lui prenaient désormais le pouvoir dès 2009.

 

– Le Quai d’Orsay a dit : « La France soutient la position très claire exprimée aujourd’hui par l’Union africaine, qui a condamné les propos tenus par l’ancien président Ravalomanana après son retour à Madagascar sans accord politique ni concertation. »

Salutations et questions : Salut Quai…!ça va? Alors, toujours les premiers, hein? Vous disiez quoi déjà? On n’a pas entendu.

 

– L’Union Européenne a aussi dit : « Nous saluons la grande maturité et sagesse avec laquelle le peuple malgache a réagi au retour de Monsieur Marc Ravalomanana et nous appelons à la retenue. »

Réactions : Merciiii 🙂 mais le peuple n’a rien fait.

 

– Rajoelina … n’a rien dit

Réaction à faire : Eh!

 

– Les U.S.A. n’ont rien dit non plus, jusqu’à maintenant

Question : Hé Ho! « manaiky matoa tsy miteny ve? » (Qui ne dit mot consent?). Ravalomanana a bien cité : « Américains, Allemands, Norvegiens, Tanzaniens,… Américains« . Oui, il a dit « Américains » 2 fois.

 

– La FJKM (Plus grande église protestante de Madagascar) organise un culte pour Ravalomanana.

Réaction « normale » à faire : Ataovy sérieux! (Soyez sérieux). Pourquoi pas un culte de Ravalomanana directement. S’il vous plaît, priez aussi pour le peuple malgache qui souffre tellement. 🙁

 

– Beaucoup de politiciens ont réagi aux évènements

Conseils à donner : On sait bien que l’occasion est belle mais attendez quand même un peu. Ne jubilez pas si fort du retour de Ravalomanana, ni de son arrestation. Ne montrez pas toutes vos cartes, on ne sait jamais ce qui va se passer demain! On sait bien que vous êtes rapides pour enfiler des vestes mais quand même…

 

Bon, c’est tout pour moi. Peut-être vous , vous avez des questions ou des remarques à faire vous aussi sur cette crise Ravalomanana car oui, c’est une crise… et ce n’est pas fini!


Retour de Ravalomanana : infos, analyses et théories

Maintenant que le plat est refroidi, je peux maintenant goûter et analyser toutes les infos sur ce retour surprise de Ravalomanana du 13 octobre 2014 et de sa moins surprenante mais quand même spectaculaire arrestation. Ci-après, donc, mes théories et mes avis à ce sujet.

1- Le mystère : Comment est-il arrivé ?

Ravalomanana a cité des noms de pays qui l’auraient aidé ou qui auraient approuvé son retour. Il a aussi dit que tout le monde était au courant de son arrivée. De son côté le président Rajaonarimampianina a déclaré qu’il n’a pas été contacté ni informé. Tout cela, c’est de la politique, alors, il ne faut pas s’en étonner.

Mais matériellement, comment a-t-il fait ? Les rumeurs ont d’abord parlé d’un jet privé américain ou sud-africain ou de la SADC qui l’aurait amené à Ivato. Puis, sans confirmation de cela, on a parlé d’autres aéroports : Antsirabe, Tuléar ou même Fort-Dauphin. Et les rumeurs, vous savez comment ils sont, ont ce matin changé en « parachutage ». J’imagine le Marc Ravalomanana sauter en parachute. 🙂

Quoi qu’il en soit, comme pour son départ en exil où il aurait pris la route, déguisé avant de prendre un avion quelque part je ne sais où, son retour démontre que le pays est toujours une passoire. C’est toujours pratique pour passer en douce de l’or, des reptiles, du bois de rose ou des …ex-présidents.

2- Sa conférence de presse :

Selon le site de sa femme, Ravalomanana aurait dit ses 4 vérités. C’est ce que le président Hery Rajaonarimampianina a qualifié de  » provocation « . En effet, Ravalomanana a dit ne pas vouloir attendre 2018 pour reprendre le pouvoir. Il a cité beaucoup de pays et de personnalités qui seraient derrière lui et ne jureraient que par lui pour sauver le pays. C’est sûr que cela ne peut qu’irriter le pouvoir. Mais lorsqu’on est en démocratie, on ne peut que se féliciter d’avoir des opposants à même de faire levier à ses actions. Est-ce que Hollande, par exemple, a mis en résidence surveillée ceux qui demandent sa démission ou qui clament qu’il ne doit pas finir son quinquennat?

Mais voilà, Ravalomanana n’est pas le commun des mortels et nous le verrons mieux dans le point suivant.

3- Son « arrestation » ou « mise en sécurité »

Visiblement, il a été arrêté. L’arrestation consiste, en effet, à priver une personne de sa liberté. Ceux qui étaient présents ont décrit l »opération comme brutale avec l’utilisation d’armes de gros calibre. On ne peut pas dire que Ravalomanana a pu exprimer un refus ou quelques autres volontés. Et maintenant, il n’est pas libre de circuler.

Pour le président Hery Rajaonarimampianina :  » Marc Ravalomananana n’a pas été arrêté, n’a pas été emprisonné, mais a été mis en sécurité à l’abri des différentes menaces qui pèsent contre lui « . C’est vrai que Ravalomanana et sa famille ont été menacés et intimidés à diverses occasions. Il s’est même senti, sous menace depuis son arrivée, car il a demandé à ses partisans de le  » protéger « .

Je ne suis sûrement pas mieux informé que le président lui-même qui a estimé qu’il fallait  » protéger  » Ravalomanana de la sorte. Peut-être qu’il y avait des risques pour sa sécurité. Mais c’est logique de penser que c’est peut-être aussi une manière pour Rajaonarimampianina de se protéger de lui. Que veut-il dire lors de son discours par :  » Il est vrai qu’un citoyen malgache peut circuler normalement sur le territoire national.Le cas de Marc Ravalomanana est cependant particulier dès lors qu’il s’agit de sa sécurité personnelle et de la sécurité publique.  » Même s’il l’a nié plus tard en répondant aux journalistes, ne se sent-il pas menacé par ce retour en force de l’ancien président? Et de ce fait, est-ce qu’il n’est pas aussi une des menaces qui pèsent sur Ravalomanana?

4- L’autre mystère : où est-il en ce moment?

Je ne me fais pas spécialement du souci pour lui. Mais je ne pense pas que le régime actuel ait quelques intérêts que ce soit à en faire un martyr. Même si on le prive de son yaourt matinal, je pense qu’il lui suffira de le rapporter à ses fans et partisans pour que ces derniers fassent une émeute vite réprimée. Et personne n’en veut de ces émeutes. Sans compter sur les réactions de la communauté internationale si jamais le régime se rend coupable de quelques maladresses que ce soit.

On dit qu’il serait en résidence surveillée quelque part. Miarinarivo, Arivonimamo, Mantasoa, ou encore à Antananarivo? Madagascar est grand, comme le président l’a confirmé dans sa conférence de presse. C’est une assez grosse botte de foin pour dissimuler un gros pique comme Ravalomanana.

5- Qui est derrière Marc Ravalomanana

Pour finir, il faut poser la meilleure question :  » Qui soutient Ravalomanana? « . C’est une question à 1 million de dollars, mais je pense que je peux donner au moins 10 % de la réponse. Je n’aurais pas pour autant 100 000 $ de récompense.

Sa femme et ses enfants le soutiennent, c’est sûr. Sa famille politique, très libertine, aussi, même si elle est tellement bizarre avec ceux qui partent, ceux qui reviennent, ceux qui n’en finissent pas de retourner leur veste et les autres. L’Eglise protestante malgache, dont il a été le dirigeant est aussi  » en partie  » acquise à sa cause. On a aussi cité des militaires. Mais bon, les militaires n’ont pas le droit de faire de la politique.

Dans la population, il y a ceux qui sont venus jour après jour aux meetings du Magro ces six dernières années, de véritables « rien à foutre » ou des fans inconditionnels selon les points de vue. Il y a les autres qui, dans la rue, dans les réunions de famille, dans les bureaux ressassent tous les jours les  » glorieux jours  » du temps où Ravalomanana régnait tout en fustigeant les dirigeants qui lui ont succédé. Et dans la célèbre  » majorité silencieuse « , il y en a aussi, peut-être, qui sont de son côté, mais qui ne le disent pas, par peur de ne plus appartenir à cette  » majorité silencieuse « .

Dans la communauté internationale, le camp Ravalomanana a toujours clamé le soutien de la SADC. Dans sa conférence de presse, Ravalomanana a aussi cité, avec humour, des nations dont le nom des habitants se termine en malgache par « -anina » : Américains, Allemand, Norvégiens, Zimbabwéens, Tanzaniens…Et quand on pense à la logistique nécessaire pour faire une entrée discrète dans la capitale d’un pays, une île, comme Madagascar, oui! comme dans les films d’action, c’est légitime de croire qu’il a reçu de l’aide.

De son côté, Rajaonarimampianina a remercié tous ceux qui, à Madagascar ou à l’étranger ont exprimé leur désapprobation sur l’action et les discours de Ravalomanana, sans donner plus de détails sur qui a dit quoi exactement.

Bref, c’est peut-être ce qu’ils appellent la politique de haut niveau (avo lenta). Mais même si le président a confirmé que le cas de Ravalomanana est un cas malgache, on ne peut que craindre, qu’encore une fois, les ordres finaux soient dictés par des puissances étrangères.

Mais bon,  » qui vivra verra « , ou comme disent les Américains :  » Wait and see « .


Arrestation de Ravalomanana, et ma journée

Excusez-moi de revenir si tôt. Je n’ai plus l’habitude de publier plusieurs fois par jour mais avant de rentrer, déjà, je voudrais partager cette journée..spéciale…Ah, ce Ravalomanana!

Je me souviens de la crise en 2009 et après quand je racontais en live dans mon blog d’antan tout ce qui se passait dans la ville. Mais là, je dois vraiment partir alors, juste quelques mots mais je reviendrai avec mes analyses quand ce sera possible :

– J’arrive au bureau vers 8h et stupéfaction, il paraît que Ravalomanana est dans la ville, du côté de Faravohitra, sa maison familiale

– Plus tard, à 11h25, j’écoute ses déclarations assez explosives à la radio. Il parle de son retour comme d’une mission de sauvetage du pays. Il se dit déterminé.

– J’écoute la radio et j’entends les réactions des uns et des autres

– Je part déjeuner

– Je reviens et, surprise, on parle de son arrestation

– Des infos et désinformations plus tard, je sais qu’il a été arrêté par des commandos et transféré dans un camp de la Gendarmerie

– Le Président va faire une allocation télévisée tout à l’heure

– Mais il faut rentrer tout de suite car des barrages seraient érigés un peu partout autour du centre ville.

Ici Andriamialy, mondoblogueur d’Antananarivo pour le réseau mondoblog.

 

 

 

 

 

 


Ravalomanana à Antananarivo, pourquoi ?

Ceci est une réaction à chaud. Ravalomanana, l’ancien président malgache, était en exil en Afrique depuis 2009. Selon la radio RFI, il est arrivé cette nuit par avion privé de Johannesburg sous la protection de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe). Est-ce une surprise? Oui, mais il l’a promis aussi. Mais au-delà de ce retour physique, ce qui importe aux Malgaches est de savoir quelle place il veut tenir sur le paysage politique malgache et quelles actions il compte entreprendre.

« Ce Ravalomanana qui a été enlevé en Afrique d’après vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers l’Afrique. » J’ai formulé cette prophétie, d’une autre manière, en 2009 et l’Histoire m’a donné raison. Il n’était pas question pour l’ancien président de revenir d’une manière tonitruante, il fallait que cela se fasse en catimini, exactement comme il avait quitté Madagascar en 2009. Et que Dieu me pardonne pour cette parodie de la Bible, mais c’est vrai que beaucoup ont attendu M. Marc Ravalomanana comme un messie.

On sait que ses partisans rêvent encore de son retour au pouvoir. Du moins, certains regrettent les produits de son entreprise Tiko : le fromage, les yaourts, les glaces et commencent à rêver de les manger à nouveau. De l’autre côté, on rappelle que cet homme a été condamné par contumace pour la tuerie du 7 février 2009 même s’il a toujours nié en être le responsable.On se souvient aussi qu‘il a été menacé d’arrestation jusqu’à tout récemment.

Pour l’instant, c’est le calme dans la ville et on espère que cela demeurera ainsi. Dans les cœurs des uns et des autres, il y a peut-être de la joie, de la colère, de l’amertume, de l’espoir. Mais, jusque-là, l’effet de surprise marche très bien. Tout le monde est en attente pour la suite. On parle de consultations avec des personnalités diverses. On parle aussi d’une entrevue avec le président ce jour. Ce ne sont encore que des rumeurs.

Il a déclaré sur son balcon qu’il veut désormais « travailler » pour le pays, en blaguant un peu, il a ajouté,  même si certains le disent « fatigué ». On attend maintenant les déclarations des dirigeants actuels.Que feront ces partisans? Que feront ses adversaires? Que fera le président Hery Rajaonarimampianina? Toutes ces questions et tant d’autres restent en suspens. Comme le dit un animateur radio que j’écoute ce matin  : » Nous sommes en train de vivre l’histoire« . Et dans tous les cas, je pense que la majorité des Malgaches souhaite une vraie réconciliation nationale, la paix, et un nouveau départ et que tout le monde œuvre pour le bien du pays.

 


Ravalomanana et Rajaonarimampianina, un « je t’aime, moi non plus »?

C’est officiel, Ravalomanana et sa mouvance éponyme sont dans l’opposition. Mais je sais que le titre de cet article est incompréhensible. Alors, je vais m’efforcer de vous donner toutes les explications dans la mesure de mes possibilités.

Rajaonarimampianina c’est le président de la République actuel de Madagascar. Il a été élu au second tour de la présidentielle de fin 2012. J’ai déjà expliqué, alors, quelles étaient les circonstances qui l’ont amené à concourir au second tour puisqu’en ces temps-là, les principaux protagonistes de l’échiquier politique malgache étaient Ravalomanana, le président chassé du pouvoir en 2009 et Rajoelina, celui qui l’en a chassé et qui a dirigé la transition.

Ravalomanana, donc, a été président de Madagascar entre 2002 et 2009; sept années de pouvoir achevées par ce qu’il qualifie de putsch par Rajoelina et consorts. Depuis, il est en exil en Afrique et actuellement, il est en Afrique du Sud, d’où il continue de diriger sa « mouvance ». Il milite, il travaille pour son retour au pays et même peut-être comme certains le craignent son retour au pouvoir.  Il n’a pas soutenu Rajaonarimampianina en 2012. Au contraire, il a soutenu son adversaire qui a, donc, perdu. Mais au lendemain de la proclamation, il a tout de suite reconnu Rajaonarimampianina et a notamment déclaré qu’il lui « convenait ». Sa mouvance a d’ailleurs participé aux institutions en tant que ministres et députés mais actuellement, il exige le retrait de ses troupes.

Les journaux ont rapporté des rencontres entre les deux personnalités, mais rien d’officiel n’a jamais filtré sur les probables accords conclus. La déclaration de Rajaonarimampianina est que le cas de Ravalomanana n’était pas sa priorité. Ravalomanana de son côté évoque un ras-le-bol, ce qui sous-entend des attentes non satisfaites qui concernent probablement, entre autres, son retour au pays.

« Je t’aime, moi non plus » est une chanson composée par Serge Gainsbourg à la demande de Brigitte Bardot lors de leur « liaison ». Elle était alors mariée et sur injonction du mari trompé, le disque n’a pas été largement diffusé. C’est en 69, très justement, que la version que l’on connaît aujourd’hui a été enregistrée par S. Gainsbourg et Jane Birkin, sa nouvelle compagne d’antan. Qualifiée d’obscène, elle a été interdite de diffusion dans de nombreux pays et interdite à la vente aux moins de 21 ans. En effet, les deux interprètes ont agrémenté les paroles déjà explicites avec des soupirs et des gémissements évocateurs d’un acte sexuel. Ces paroles polémiques parlent de va-et-vient entre les reins et on conclut facilement à l’idée d’une sodomie. Certains spécialistes veulent donner des sens psychologiques ou sociologiques à cette chanson. Déjà, le titre est un non-sens puisqu’il faut dire soit « je t’aime, moi aussi » ou « je ne t’aime pas, moi non plus ». Ainsi, les sites de conseils utilisent ce titre comme un syndrome pour les couples qui ont des hauts et des bas, des bas et des hauts (même nus!). Un amour, somme toute, bizarre.

Maintenant que chaque mot ou expression de mon titre a eu son paragraphe d’explications, et loi sur la cybercriminalité oblige, je vous laisse, faire vous même, les rapprochements et les conclusions qui s’imposent. Et n’hésitez pas à en parler dans les commentaires !


Ebola, est-ce un complot ou en a-t-il seulement l’air?

Dire que l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement est le fruit d’un complot n’est pas nouveau. Des journaux, des sites et des blogueurs l’ont déjà fait.

Mon ami, Maurice Thatan, mondoblogueur du Bénin l’a déjà fait aussi, avec humour. Mais je pense de plus en plus que dans cette affaire, il y a trop de coïncidences, trop de questions non résolus.

 

Mais je ne peux pas affirmer que c’est un complot. Je ne peux pas prouver que les cas ont été délibérément provoqués dans le but de tuer et/ou de faire des profits. Je ne peux que relever les interrogations et les fruits du hasard qui se récoltent abondamment autour de cette épidémie.

EbolaCycle1- Le patient 0

Dans l’article de BFMTV, on décrit que le patient 0 était un enfant guinéen de 2 ans. Dans le dernier paragraphe, ils disent, je cite : « D’après les scientifiques, le garçon pourrait avoir été infecté par un fruit contaminé (…), ou par une injection exécutée avec une seringue contaminée. » Alors, il est bien probable qu’un enfant de 2 ans aurait pu croquer dans un fruit contaminé. Je ne connais pas comment sont les enfants de 2 ans au Guinée mais chez nous, ils sont encore prisonniers du berceau ou au moins de la maison. Toutefois, le seul fait que cet article dise qu’il y a une probabilité de transmission par injection imprime le doute.

2- Une propagation à vitesse exponentielleDeceased_per_day_Ebola_2014_wikipedia.org

La famille du patient 0 a été décimée en quelques jours. Mais en quelques semaines seulement, le virus atteint plusieurs pays. Comme une trainée de poudre, ou plutôt comme un feu de brousse. Ceux qui ont combattu ce genre de feu savent que le plus difficile ce n’est pas de contrôler un foyer mais surtout d’éviter de nouveaux. Le vent emporte des petites branches enflammées et les dépose au milieu de nulle part où ils créent un nouveau brasier. Alors, on peut expliquer cela par le fait qu’Ebola, dans certains cas, peut incuber pendant 21 jours et que pendant ce laps de temps,une personne infectée peut voyager loin, très loin. Mais, j’en reviens toujours au patient 0, la vitesse à laquelle la maladie s’est propagée à partir d’un seul point en Guinée est plus qu’ahurissante, c’est presque bizarre.

carte_ebola

3- Des projections alarmantes

J’admets qu’aujourd’hui, les statistiques et les modèles mathématiques sont parvenus à un niveau très supérieur. On peut prédire la météo, la bourse, et beaucoup d’autres choses. On sait même prédire le jour précis avant lequel Ebola va arriver dans un pays. Ainsi, l’arrivée de ce fléau est perçu comme une fatalité à laquelle il faut se préparer. Alors que les efforts pour contrer l’avancée du virus sont fournis, cette certitude d’une défaite future est décourageante plus qu’autre chose.

 

 

4- Des patients occidentaux qui guérissent par des traitements qui ne parviennent pas en Afriqueflacon

Pendant que les milliers d’africains attendent la mort dans les hôpitaux, dans les maisons ou des quartiers en quarantaine, les patients occidentaux reçoivent des traitements dits « expérimentaux » qui réussissent souvent des miracles. Mais, malheureusement, on ne peut pas délivrer les même médicaments aux africains malades car ces traitements miracles seraient en trop petite quantité, ou il y a des problèmes d’éthique, ou des problèmes de propriété intellectuelle.

 

 

5- Des virus cousins qui émergent autre partmalade et médecins

Déjà, la souche de virus qui infecte serait toute nouvelle. En effet, lorsqu’on l’a rapproché de l’espèce dite Zaïre, on s’est étonné qu’il ait pu parcourir autant de kilomètres afin d’émerger en Afrique de l’Ouest. Alors, cette explication selon laquelle c’est une nouvelle souche est plus réaliste. Mais ce qui l’est moins c’est qu’en même temps, Ebola Zaïre s’est manifesté en R.D.C.. Je ne sais pas combien il y avait de chances (statistiques) pour qu’une telle coïncidence se produise. Mais c’est peut-être un pur hasard. Sauf que, pendant ce temps-là, Marbourg, un autre virus de la famille décide de sévir en Ouganda. Coïncidences toujours?

 

Qui sera le messie? L’Histoire le dira

En effet, ce qui importe aujourd’hui c’est de combattre Ebola de toutes nos forces. Pour cela, il faut soigner les malades et éviter les nouveaux cas. Pour soigner les malades, il faut des traitements et la prière. S’il n’y a pas de traitements, il reste la prière. Et pour éviter les nouveaux cas, il faut informer et éduquer et se protéger.

J’espère que, bientôt, le médicament miracle arrivera. Il importera peu qu’il coûte les yeux de la tête ou la peau des fesses puisqu’Ebola prend déjà beaucoup plus cher.

Et quand on arrivera à arrêter cette maladie, ce que je souhaite vivement, on pourra avoir assez de recul pour étudier cette épidémie et prendre les mesures afin d’éviter qu’elle ne se reproduise. Mais si, réellement, elle n’est pas le fruit du hasard, le saura-t-on jamais?

 


Antananarivo, en mode Moyen Âge, le guide de survie

Avec les récentes coupures d’électricité et d’eau courante, notre mode de vie est presque bouleversé. Que fait-on lorsqu’on habite à Antananarivo et que l’on n’a plus l’électricité et l’eau courante à la maison? Est-ce qu’on doit tout faire comme au Moyen Âge ? On est quand même dans la plus grande ville de Madagascar, la capitale administrative du pays. Et pourtant, il y a des gestes qu’il faut réapprendre et réutiliser dans la vie quotidienne sans utiliser les installations modernes.

Ainsi, voilà un petit guide de survie en cas de panne générale.

1- S’illuminer à la bougie :

candle-179298_640Les bougies sont encore très disponibles dans les épiceries et les magasins. En effet, seule une petite partie de la population possède l’électricité. Ainsi, il est facile de s’en procurer en cas de panne du courant. Elles coûtent 200 ariary en moyenne (10 centimes d’euro).

A la tombée de la nuit, il faut les allumer et les mettre sur des bougeoirs, sur des boîtes de conserve ou directement sur les meubles. Pour ce faire, il faut laisser couler un peu de cire et faire tenir la bougie sur ce liquide avant qu’il ne se durcisse.

Voilà qui est plus facile à faire. Passons à l’étape suivante.

 

2- Se divertir :

Ce problème survient après environ 30 minutes de coupure du courant. Là, on se sent un peu ennuyé mais on ne sait pas quoi faire : pas de télé, pas de radio, pas d’ordinateur, la batterie du portable ne tient pas trop avec les jeux et Internet. Les enfants commencent à brailler et les grands s’énervent de plus en plus.

Dans ces cas-là, il faut se souvenir des jeux de son enfance et les apprendre aux enfants : devinettes, charades, etc. C’est quand même magique, les parties de cache-cache dans le salon le soir ou en fermant les volets. Les adultes peuvent lire des livres, en papier. Tout le monde aussi peut faire un peu de sport, sortir dans la cour si c’est possible et jardiner, bricoler ou juste regarder les passants.

En fait, le principal est d’user de son imagination.

3- Endormir les enfants :

Ceci est plus épineux. Comment endormir les enfants sans l’aide de Dora l’Exploratrice et de ses compères? De plus, la lumière mouvante et changeante de la bougie les effraie un peu quand elle projette les ombres sur le plafond.

Eh bien, il faut, justement, profiter de cette ambiance pour emmener les enfants dans le monde merveilleux des contes et des histoires à dormir debout. Enfin, certains préfèreront des histoires de la Bible pour faire d’une pierre 2 coups.

 

4- Éviter les détrousseurs, ou pire

Les bandits agissent de toute façon. Mais on sait que la seule présence d’un poteau d’éclairage réduit déjà de beaucoup les velléités de certains. Par contre, j’ai déjà entendu des cas où les faits se sont déroulés, l’action a été faite : un braquage, un vol à la tire, une agression, un viol juste parce que l’occasion s’est présentée. Alors, il faudra éviter d’être au mauvais moment au mauvais endroit. Ne sortez plus dehors dès la nuit tombée lorsqu’il n’y a pas de courant. Encore moins si vous êtes une seul(e) et sans défense.

 

5- Puiser ou chercher de l’eau

Mais le problème d’électricité n’est rien par rapport à l’absence d’eau courante.water-90781_640 En effet, l’eau, c’est la vie.

On puise de l’eau dans les puits. Mais les puits sont assez rares dans les villes comme Antananarivo. Dans la banlieue, il y en a assez mais il faut savoir les trouver et être en bons termes avec les propriétaires. On peut aussi chercher de l’eau dans les rivières, les fleuves, les lacs ou les canaux. Le problème c’est, bien sûr, la propreté de ces eaux-là. Si l’eau courante pour Antananarivo provient par exemple du lac Mandroseza, il ne faut pas croire que ce lac est tout de suite potable puisqu’on y repêche souvent des détritus, des cadavres et même des matières fécales.

Bref, le moyen le plus sûr est de remplir des barils, des seaux, des bidons, des Dames-Jeanne pendant les quelques heures où l’eau marche pour en avoir toujours sous la main.

6-Boire de l’eau

Ce problème est assez facile à résoudre. L’eau potable se vend en bouteille, mais un peu cher. Pour ceux qui ont l’habitude de boire directement à la pompe, ce qui est déjà déconseillé, il ne faut pas continuer cette habitude avec toute eau récoltée n’importe où. Heureusement, les moyens de décontamination sont pléthores :

  • bouillir pendant 5 minutes
  • mélanger avec un peu de désinfectant (utiliser les flacons de marque Sur’eau ou les pastilles vendues en pharmacie et respecter la dose prescrite)
  • mettre dans des bouteilles transparentes et laisser au soleil pendant une semaine
  • filtrer avec un bon appareil
  • etc.

7- Ne pas sentir mauvais

En effet, on sait que le matin, en se préparant, certains n’ont pas fait attention. Les plus chanceux d’entre eux sont sortis de la douche encore pleins de savon. Pour les autres, il n’est même plus possible de se laver, car il n’y a pas une goutte d’eau qui sort du robinet. Alors pour ces derniers, il est déconseillé de mettre du parfum ou même un déodorant. La pratique au Moyen Âge était, en effet, de se promener avec des herbes aromatisées sous les aisselles, mais ceux qui ont eu l’expérience dans les transports en commun peuvent l’attester : l’odeur des aisselles, c’est mauvais mais l’odeur des aisselles sublimée par un mauvais déodorant, c’est pire!

Faites au moins du nettoyage à sec, avec des lingettes par exemple ou des serviettes mouillées avec un peu d’eau comme dans les hôpitaux ou dans les avions.

Bref, il est possible de survivre sans eau ni électricité. Mais lorsqu’on habite Antananarivo, c’est quand même rageant les délestages et les coupures incessantes. Alors, même si on sait quoi faire dans ces cas-là, le gouvernement devra vite régler le problème de façon active et pérenne.

 

 


Quelques pensées…en guise de retour

Ah, ça fait longtemps! Il faut dire que je n’avais pas beaucoup de temps pour ce blog ces derniers temps. C’est comme ça quand le travail tue le travail. Mais rassurez-vous, même si je n’écris pas, dans ma tête, il y a toujours ce feux d’artifice permanent. Mes pensées continuent d’envahir mon cerveau.

C’est ce que j’ai expliqué à ma femme. Je lui ai dit que si je parvenais à vieillir, je serai peut-être un vieux fou, un peu schizo, un peu parano et très étourdi. Parce qu’aujourd’hui, si je m’écoute, dans ma tête il y a toujours au moins 3 voix, et 2 chansons qui ne s’arrêtent pas et je n’ai qu’à choisir celle que je veux entendre et partager aux autres.

Bon, je disais que je n’avais pas beaucoup de temps. Ces dernières semaines, je suis devenu chroniqueur. Et puis, j’ai acheté une certaine voiture et l’État m’a dit que désormais je suis un transporteur. Pas comme dans le film, mais c’est un bon titre quand même, je penses. Bref, avec ces deux nouvelles cordes à mon arc, je vais bientôt finir de construire la harpe de ma vie.

Côté vie de famille, on a accueilli le 5ème garçon, le petit dernier. Oui, c’est moi qui le dit : ce sera le dernier! On nous dit souvent : bravo pour l’équipe de basket! Votre château sera imprenable! Bientôt, il y aura 5 belles filles pour Maman…5 bru quoi..! Mais qu’est-ce qu’ils insinuent? C’est pas chez tout le monde que belle-fille et beaux-parents veulent s’entretuer. Et j’espère qu’on aura assez de chance pour en dégoter 5 petites gentilles.

Du Lundi au Vendredi, je suis toujours banquier. Je gère toujours des projets. Le Samedi, je vais toujours à l’église où je joue de l’orgue quand on m’y invite. Et le Dimanche est consacré à la famille et aux adidy (les choses à faire pour la société : les invitations, les naissances, les décès, les visites de courtoisies, etc.). C’est à se demander si une vie trop remplie est toujours une vie. Mais les malgaches disent « ny adidy tsy an’olon-dratsy » pour dire en quelque sorte que si on a des choses à faire, c’est qu’on est pas un « mauvais ».

Mais bon, je n’ai pas abandonné mondoblog pour autant. Même si je n’ai pas mis des articles en lignes, j’ai été actif sur la plateforme. J’ai découvert les nouveaux mondoblogueurs. Eh oui, il y en a, par centaines, tous des perles! Il y a même quelques malgaches très très bien parmi eux. Et je peux affirmer qu’en ce qui concerne mes billets : « je reviendrai… »