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Pour de la drogue, plus de repos éternel dans les cimetières de Goma en RDC

À Goma, une ville à l’Est de la RDC, vient de surgir le « Mugo », une forte drogue à base, semble-t-il, des os du squelette humain et « efficacement » celui des albinos. Une pratique barbare proche de l’endocannibalisme funéraire qui constitue un danger permanent.

L »ONG américaine, International Rescue Committee, avait chiffré à 5,4 millions de morts le bilan des combats au Kivu sur la période 1998-2007. Depuis lors, la situation ne s’est jamais améliorée. Par contre, le taux de mortalité s’accroit du jour au lendemain suite à une suite des guerres interminables qui touchent pour la plus part la province du Nord-Kivu. Difficile d’avoir un chiffre exact, mais les violences dans cette région de l’est du pays ont fait des centaines de morts et plongé dans le chaos les populations.

Selon cet article d’Afrique la Libre, tous les jours, depuis 2016, deux personnes sont tuées à Béni et Lubero. Bien que la ville de Goma ne soit pas directement concerné par ces massacres, on y signale aussi des cas de morts fréquents de suite soit d’une maladie, d’un assassinat cible ou même un accident de circulation. Les morgues de l’hôpital provincial et celle de l’hôpital militaire sont les plus fréquentées sur les cinq que compte la ville de Goma. La ville de Goma enterre ses morts aux cimetières de l’ITIG, Jolis bois, Gabiro, et pour les classes riches à Kanyamuhanga et Makao.

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Cimètières
Photo : Pixabay.com

Si dans les cimetières classe riche, il y a encore de la dignité, dans d’autres par contre, les morts ne reposent plus en paix. Si ce ne sont pas des tombes qui sont profanées, ce sont les vivants qui se disputent de l’espace avec les morts. La goutte d’eau qui vient déborder la vase, ce sont ces actions inhumaines familières au cannibalisme qui prennent de l’ampleur à Goma, la ville touristique de la RDC. En effet, certains jeunes insensés et sans scrupule déterrent les restes des corps humains, en tout cas pas pour des rituels traditionnels, mais pour en fabriquer une drogue poudrée qu’ils appellent « Mugo ». On n’est pas loin des faits constitutifs de l’infraction d’anthropophagie réprimée à l’article 62 du code pénal congolais ordinaire.

A lire aussi: Kargasok : une légende chinoise qui tue la jeunesse de Goma

Il est où l’humanisme ?

A Birere, le quartier le plus populaire et le plus chaud de la ville de Goma, plusieurs habitants s’accordent avoir déjà vu des jeunes du coin s’adonner à ces aberrations que moi-même je condamne. En plus, il y en a qui attestent avoir déjà consommé ce « Mugo » et qu’il devient plus efficace lorsque le squelette utilisé était celui d’un albinos.

 » J’habite à Kabutembo à côté des cimetières de l’ITIG. Très souvent avec mes amis, nous passons du temps à chercher de l’argent pour nous trouver à manger ou de quoi acheter de la drogue. Malheureusement certains de mes amis font des choses qui m’horrifient. Au fait, ils fabriquent une drogue qui s’appelle Mugo à base des os des squelettes humains « , m’a confié Trésor (Prénom d’emprunt).

Sans requérir l’anonymat, Muhindo m’a révélé, pour sa part, qu’il s’est impliqué dans cette activité car il n’arrive pas à se trouver de l’emploi malgré son diplôme d’État en techniques sociales. » Si je ne gagne pas beaucoup dans la vente du Mugo c’est parce que mes clients insistent pour que je leur trouve les os des albinos pour que je sois bien payé. Mais le peu là m’aide à survivre quand-même car j’ai obtenu mon diplôme depuis 2011 et je suis au chômage depuis tout ce temps « , a-t-il dit

Je me demande du coup si l’insuffisance de la mélanine sur la peau des albinos aurait de l’impact sur leurs os aussi. Que les médecins, anatomistes et/ou dermatologues prennent du temps pour me répondre en commentaire.

L’être humain n’est-il pas en train de perdre son sens d’humanité ? Où est passé le respect dû aux morts ? C’est inacceptable, les vivants doivent du respect aux morts. Que les autorités s’investissent pour arrêter ces actes barbares, et sécuriser les cimetières pour permettre un repos paisible éternel à nos êtres chers.


Un matin, un débat : faut-il privilégier la Justice ou la cohésion sociale dans une zone post-conflit ?

Le matin du vendredi 30 Août me parut  unique en son genre. Il s’est tenu un débat à l’hôtel Bungwe de Goma où les jeunes venus des différents coins de la ville se sont réunis pour débattre au tour du dilemme qui se pose souvent après un conflit qui a connu des violations des droits de l’homme. Faut-il traduire en justice les coupables pour qu’ils subissent la rigueur de la loi ou faut-il privilégier la cohésion sociale en favorisant le pardon ?

Voilà la question autours duquel la #BloGoma (Blogosphère Gomatracienne) a réunis ces jeunes, principalement des étudiants en Droit, des professionnels de la justice et autres influenceurs de cette ville situé à l’est de la République Démocratique du Congo. N’étant pas personnellement sur place, j’ai suivi cette activé – qui s’inscrivait dans le cadre de la célébration du Mois africain de la justice célébrée par Africtivistes à travers le continent noir – à travers les réseaux sociaux. Merci à la technologie car j’ai même participé au débat.

La panel au débat public
Photo by Bwette Photography, réutilisation autorisée.

Le débat naquit d’un film, « The Prosecutors » évoquant le dilemme sur la justice transitionnelle qui se pose dans une communauté après un conflit violent. Au fond du débat, je lisais que le message que véhiculaient les idées des jeunes débatteurs s’accouplait à celui contenu dans le film qui fut visualiser avant l’exposée dans lequel les experts de la justice mettaient en cause la justice dont l’abus d’usage débouche sur la l’impunité des vrais coupables à nos jours.

« The Prosecutors » un film du réalisé par Leslie Thomas et tourné dans trois pays d’Afrique dont la RDC a interrogé convenablement les textes et le travail de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples (CADH). Pour leur part, les interventions des participants ont tournées autour des histoires des tueries et violations des Droits de l’homme commis dans certains milieux ruraux. Ils en ont exigés aussi l’enquête, les considérant comme crimes graves.

Ce fut une rencontre d’acquisition des grandes valeurs sur la justice et la préservation de la cohésion sociale. La jeunesse de Goma a eu l’occasion des personnes qui ont connu des cas des violences et ont eu un aperçu sur ce qui se passe dans notre milieu.  La région du Kivu ayant connu la guerre depuis plusieurs décennies, le nombre des morts est énorme. La justice y est donc une nécessité.


Le président congolais a-t-il bluffé ou voudrait-il enrichir Tony Elumelu à l’insu de son plein gré ?

Paneliste au Forum 2019 de la Fondation Tony Elumelu, le président de la République Démocratique du Congo a promis mettre en place d’ici la fin du mois de Juillet un fond de garantie au prêt bancaire pour les jeunes. Cette promesse faite par Félix Tshisekedi a déjà fait couler autant d’encre que de salive au pays de Lumumba. Cet article ne vient donc pas relayer l’information mais analyser le contour de son applicabilité dans le contexte de la RDC.

Avant de commencer, j’avoue que j’en suis resté sans mots car, en cas de concrétisation de cette promesse, la RDC sera le premier pays à mettre en place un tel mécanisme sur le plan institutionnel.

Bon je m’explique !

C’est quoi  » Le fond de garantie aux prêts bancaire » que le Président de la République a prévu pour les Jeune?

Le Fond de Garantie aux prêts est un mécanisme ou encore un organisme d’assurance aux prêts qui garantit que le prêteur (la banque) sera remboursé la somme concédée à l’emprunteur (l’entrepreneur) en cas de défaut (non payement) de ce dernier. Que ça soit à l’échéance ou à terme (les termes sont assez technique mais bon, ce n’est pas grave, ça va). Ma définition ne tient pas débout je sais mais c’est à peu près ça.

C’est donc un mécanisme qui rassure la banque que peu importe les difficultés du client emprunteur, elle sera remboursée par de l’argent déjà placé quelque part par ce mécanisme, avec tous les intérêts qui vont avec.

Est-ce possible de le faire au Congo?

Oui, ça l’est. Il suffit par exemple de bloquer une somme d’argent dans une Banque capable de couvrir le montant qui sera déboursé par les institutions de crédit. En cas de défaut. Est-ce opportun? Je dirai oui et non à la fois. Je n’hésite pas à trancher mais connaissant bien mon pays et ses citoyens, je suis convaincu par mon point de vue.

Oui, parce que l’État pourrait permettre aux entrepreneurs d’avoir des fonds à taux de remboursement préférentiel. Et garantir les banques qu’elles ne feront pas des pertes en faisant confiance aux entrepreneurs.
Non, parce que vue la conjoncture, il y a des fortes chances que les sommes allouées aux personnes servent plus à enrichir quelques individus par la caisse de l’État sans forcément créer une quelconque émulation économique.

L’exemple des emprunteurs au près du FPI (Fond de Promotion de l’Industrie) pour la plus part insolvable est en lui-même patent, dans un sens. Dans un autre sens, ce fond peut servir tout bonnement à enrichir des banquiers qui auront donné indirectement un crédit à l’État parce qu’en cas de défaut de paiement, c’est l’État qui paie avec les intérêts subséquents.

Mon avis de citoyen

L’amitié étonnante entre le banquier Tony Elumelu et le Président de la République me pousse à réfléchir et à formuler cette hypothèse : Le premier banquier de son état, ne peut en aucun cas être anodin. Par contre, si le Président lui, contournant le circuit gouvernemental et donc tout contrôle républicain, comme annoncé lors de ce sommet – d’autant plus que ce fond de garantie serait lancé par la Présidence, donc au sein du budget lui alloué ( ce qui reste le fond public), décide de créer ce fond, cela ne pourrait être autrement qu’ une forme de détournement pour fin privé des deniers public.

Pourquoi? Parce que les chances de remboursement étant largement hypothétique de la part des emprunteurs ( ce qui justifie même la réticence naturelle des banques quant au crédit d’ investissement, et ce partout en Afrique), accorder des crédits sur une base de garantie étatique, peut évidemment servir à un banquier comme Tonny Elumelu, dont la Banque UBA exerce déjà dans le pays et dont l’ amitié d’ un autre genre avec le Président, pourrait laisser penser que sa banque gagnerait ce marché, pour non seulement gagner des nouveaux clients en faisant des crédits à taux fallacieusement préférentiel, sans risque aucun, parce que même en cas de défaut de l’ emprunteur c’ est l’ État qui paie, mais aussi de gagner la somme des intérêts accordés et garantis par La Présidence, donc l’ État congolais. Donc soit le Président bluff, soit il veut enrichir Tony Elumelu à l’insu de son plein gré! Ou pas.

Exiger plus de subtilité aux entrepreneurs ?

Avec un fond de garantie, la banque est rassuré ce qui provoquera son laxisme d’ autant plus qu’elle est justement « garantie » quoi qu’il arrive, elle récupérera son dû avec les intérêts souscris. C’est-à-dire zéro risque pour elle. D’où la provocation d’un engouement désordonné.
Et aussi le laxisme de l’emprunteur qui malgré tout, peut ne pas rembourser sans conséquence directe sur ses biens et valeurs parce que le fond va le couvrir, donc forcément un saut vers « la légèreté »; sans compter la partialité dans la sélection des projets à garantir.

Il est plus judicieux de penser en terme d’un fond de capital à risque, où l’éventualité de ne jamais revoir l’argent investi dans une entreprise impose beaucoup plus de rigueur dans le choix des projets à financer. Ici le suivi est plus minutieux car le fond fait partie de l’entreprise et pour subsister comme tel, elle doit faire des bénéfices.


Fête d’indépendance et miracle du 30 Juin : Les léopards offrent un spectacle faramineux à la CAN face au Zimbabwe

Depuis leur entrée dans la grande messe du football africain, les léopards de la RDC n’ont pas su sortir leur griffe. Ils ont miaulé d’abord face à l’Ouganda, puis face à l’Egypte en encaissant quatre buts dans ces deux premières rencontres de la phase des poules. Cela a dissipé toutes les chances de qualification pour la RDC mais un soleil d’espoir s’est levé quand ils ont rugi enfin au Stade du 30 Juin.

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Image : Wikipedia

Cette performance des léopards qualifiée du « miracle du 30 juin » fait beaucoup plus allusion à la date où le match a été livré plutôt qu’au nom du stade qui a abrité le match. Ce 30 Juin 2019, les Congolais commémorer le cinquante-neuvième anniversaire de son indépendance. Voilà ce qui a attiré beaucoup plus attiré l’attention des Congolais envers ce match à la fois symbolique, pour ce qui est de l’honneur de tout un peuple, et décisif pour une probable qualification. « Impossible n’est pas Léopards » ont scandé plusieurs supporteurs congolais sur les réseaux, mais est-ce que cette plus large victoire de la CAN, signé par la bande à Bakambu, suffit-elle pour leur qualification à la prochaine étape ?

Un brin d’espoir

Les Congolais peuvent désormais se permettre de rêver à une probable qualification car la nouvelle structure de la CAN à 24 équipes prévoit repêcher les quatre meilleurs perdants pour les huitièmes de finale. Cependant, les léopards n’ont pas pris leur destin en mains suite à leur deux premières défaites. Tout ce qu’ils ont joué c’est leur survie tout en espérant que les équipes comptabilisant 3 points ou moins ratent leurs dernières sorties. Il y a la Guinée qui a su sortir de ce lot en s’imposant par un score de deux buts à zéro face au Burundi.

Le suspens va durer donc quelques heures encore avant que les Congolais ne puissent se réjouir pleinement de leur « miracle du 30 Juin », le temps que le Kenya, le Benin, l’Angola se font laminé, ou encore la Guinée Bissau tiennent en échec le Ghana. Une seule de toutes ces probabilités va profiter au Congolais si non leur brillante performance face au Zimbabwe n’aura pas servi à grand-chose.


Doté puis avorté !

De l’arrangement à l’amiable en passant par le recours à un faux médecin, l’ignorance a guidé la famille de Nadine, une jeune fille de 16 ans, engrossée par son beau-frère. Nadine vit chez sa grande sœur Furaha, mariée Muhindo depuis 5 ans.

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Illustration : Eleanor Doughty, réutilisation autorisée

Nadine a toujours été une fille appliquée à l’école que ses parents ont choisie de l’envoyé à Goma, une ville à l’Est de la RDC pour poursuivre ses études. Là elle devait être accueillie par sa grande sœur vivant dans cette ville volcanique depuis son mariage qui remonte à 5 ans de cela déjà. Une fois installée avec le couple Furaha et Muhindo, notre amie Nadine a été dès lors considérée comme étant la fille ainée de sa nouvelle famille. Son père, enseignant de son état et soucieux de l’éducation de sa fille, avait décidé d’envoyer sa fille poursuivre ses études en ville car la vie des champs dans le Lubero n’était pas une bonne option pour l’épanouissement de celle-ci.

Et puis un jour comme ça, il y a cinq mois de cela, à l’absence de sa grande sœur, son beau-frère était rentré un peu tôt du boulot en lui apportant des cadeaux de pâtisserie. Après ce geste digne d’un gentleman, notre beau-frère a demandé à Nadine de l’apporter de l’eau à boire dans sa chambre à coucher… Nadine ne se doutait de rien, surtout que Muhindo jouait un rôle important dans sa nouvelle vie à Goma, qu’elle le considérait un peu comme son père.

Nadine fit comme celui-ci le lui a recommandé et lui apporta un verre d’eau dans sa chambre à coucher… Et hop, je vous laisse imaginer la suite, ça n’a rien d’un suspens… Le drame s’est déroulé exactement comme vous l’imaginez.

Et comme la grossesse est la preuve par excellence que les femmes ne savent pas garder de secret, Furaha, la grande sœur à Nadine, a découvert que sa protégée était enceinte. Furaha était tellement déçue, surtout en voyant le temps et l’énergie qu’elle dépense pour parler de tous les sujets sans tabou avec sa sœur. Essayez alors d’imaginer avec moi combien Furaha se sentirait coupable si elle n’abordait pas des questions sur la sexualité avec sa petite sœur.

Ne pouvant pas gérer cette situation toute seule, Furaha décida de partager cette infortune à sa famille. La famille déjà au courant de la mésaventure de Nadine, a fourni des pressions inimaginables sur cette pauvre fille pour qu’elle dévoile le nom de l’auteur de la grossesse. Elle était dans un dilemme, et pas le moindre : Dénoncer son beau-frère et briser le foyer de sa sœur ou garder silence et passer pour une brute, le restant de sa vie. Le choix a été clair, Nadine a dénoncé son beau-frère Muhindo dit Hindo.

Furaha et sa famille ont eu du mal à gérer cette situation. Au nom des enfants que Hindo avait déjà eu avec Furaha, la famille lui a seulement exigé de doter Nadine, mineure de son état, pour ne pas qu’il soit poursuivi au pénal. Chose faite, Muhindo a doté la petite sœur à sa femme pour montrer qu’il regrette son acte. Il a déboursé 800$ U.S. et a décidé de prendre en charge tout ce qui aura trait avec la grossesse. La petite Nadine est alors obligée de changer de toit.

Un moment plus tard, Nadine, en accord avec le responsable de la famille, ont opté pour l’avortement. Avec son jeune âge et tous les préjugés qu’il y a autours, Nadine n’en pouvait plus. Ils ont motivé ce choix par le fait que l’auteur de sa grossesse soit le beau-frère son beau-frère.

La loi congolaise, accompagné par le protocole de Maputo, semble leur donnait gain de cause car elle suppose qu’une femme est en droit de solliciter l’avortement si sa grossesse est issue d’un viol ou est fruit de l’inceste.

Par un malheureux hasard, Nadine ne savait pas que la loi pouvait lui autoriser cette manœuvre, d’où elle a consulté, clandestinement un pharmacien, non qualifié, que la grossesse a connu tellement des complications jusqu’au point son « médecin » a pris la poudre d’escampette.

A suivre…!


Parc national des Virunga : L’humain se fout-il de son patrimoine ?

Le 5 Juin de chaque année est célébrée la journée mondiale de l’environnement. A l’occasion, je voulais sortir ma plus belle plume et écrire une épopée de la mère nature. Malheureusement, être blogueur c’est aussi ça : rater les bonnes occasions de se faire lire. Cependant, depuis ce matin quelque chose m’intrigue : La ville de Goma sera finalement électrifiée. En effet, Goma est l’une des grandes villes de la RDC, située à l’Est du Pays entre le lac Kivu et la chaîne volcanique des Virunga.

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On est bien sur le dos de maman !
Photo : Flickr

Ce n’est pas que cette ville n’a jamais eu du courant depuis la création du monde, c’est juste que l’électricité y est aussi rare que l’or et y demeure un signe de richesse. Il n’y a que quelques familles qui peuvent se payer le luxe d’avoir de l’électricité dans leurs maisons alors que les autres croupissent dans du noir. Bizarrement, même ceux-là qui ont cette capacité de payer la facture du courant à Goma font face à un délestage permanent que c’est toujours une surprise pour eux de voir les lumières allumées.

Quel rapport entre l’électrification de la ville de Goma et le parc des Virunga ?

Parc animalier le plus vieux et plus menacé de l’Afrique, les Virunga est en proie à plusieurs dangers, parmi lesquels la déforestation. Selon un rapport publié en 2013 par l’organisation internationale WWF[1], la déforestation constitue l’une des principales menaces pour le parc des Virunga. Le taux de cette déforestation est considérable étant de l’ordre de 1% par an depuis des années. Également, 80% de charbons de bois et de bois de chauffe utilisés par les populations environnantes sont issus du Parc des Virunga.

Face au manque d’autres sources d’énergie, les populations riveraines au parc n’ont d’autre choix que de se procurer du bois de chauffage dans le parc. Aujourd’hui des débats autour de l’exploitation du pétrole et du braconnage font écho dans le combat de plusieurs organisations tant internationales que nationales. Cette pagaille crée pour des raisons que personnellement j’ignore fait oublier l’urgence à résoudre pour sauver le parc national des Virunga.

Je ne dis pas cela pour manifester ma négligence face aux effets néfastes que produirait l’exploitation du pétrole sur la population animale et végétale du parc des Virunga mais juste pour continuer à célébrer la belle victoire de la planète sur cette mésaventure de la Soco. Outre, ce parc qui fait face au braconnage et à l’activité des groupes armées, mérite bien d’être secouru pour préserver sa population animale. Mais où iront ces animaux si les forets qui les abritent venaient à disparaître ?

Voilà pourquoi je pense que l’urgence consiste à lutter contre la déforestation s’il est cette volonté de sauver le parc des Virunga. L’installation de deux barrages hydrauliques dans le cadre du programme « Alliance Virunga » pour fournir l’électricité aux populations environnant le parc était la réponse bien adapté. Mais à qui profite actuellement l’électricité produite par ce courant ?

L’économie ou la politique, c’est qui le vrai coupable ?

L’électricité produite pour lutter contre la déforestation dans le parc des Virunga est confronté à plusieurs obstacles. Sa capacité à sauver les Virunga vaut la peine d’être mis en cause aujourd’hui. Les ménages déjà desservis en électricité ont du mal à supporter le coût exagéré de la facture. Beaucoup avaient pourtant investi de grosses sommes d’argent pour s’abonner. La facturation a été revue à la hausse sans tenir compte de la situation socio-économique de ces habitants, cultivateurs et fermiers pour la plupart, dont le revenu journalier est en dessous de 1$ US par jour.

Majoritairement non instruite, ces populations ne savent rien de la protection de l’environnement, encore moins du parc. Elles ont opté pour ce courant après avoir vu qu’il était plus avantageux que le charbon de bois. L’électricité, censée être un important outil du développement pour eux, est devenue d’autant plus inaccessible que certains veulent considérer qu’il n’a même jamais existé. Contrairement à ce qui a été souligné au départ par les responsables de l’ICCN lors de l’inauguration de ces centrales, cette électricité n’est visiblement pas venue pour aider la population à ne plus recourir aux ressources du parc pour vivre.

Voilà ce qui m’a intrigué lorsque je me suis rendu compte que la ville de Goma sera finalement électrifié. En effet, c’était lors de ma balade journalière que j’ai constaté l’installation des lignes électriques qui vont détourner ce courant pour Goma, en vouant ainsi les Virunga à la déforestation. Inutile de signaler que pour les habitants de la ville de Goma le cout de la facture ne posera pas problème. Ce qui fait une bonne affaire pour les responsables de Virunga Sarl. Je suis tenté de croire même que c’est bien ce qui explique la revue à la hausse de la facture du courant.

D’où, je crois que la politique est aussi responsable que l’économie dans cette affaire. Bien que certains politiques aient évoqué cette question au pays, personne n’a encore songé à prendre une décision qui apporterait une quelconque solution. C’est une guerre entre l’humanité et la nature qui est déclarée dans cette lutte contre les bénéfices au péril de la planète. Je ne sais pas comment je trouverai des mots pour expliquer à mes enfants que la plus grande réserve naturelle a été détruite pour électrifier le ville de Goma alors que la RDC a un potentiel électrique estimé à plus de 100.000 MW.

 

[1] Valeur économique du Parc National des Virunga, Rapport WWF 2013


Dans un avenir proche, la protection de la vie privée et de l’intégrité des données va transformer l’usage des réseaux sociaux (Partie II)

Désormais, réussir sur les réseaux sociaux signifie trouver des moyens de puiser dans un intérêt renouvelé pour les groupes et le désir des utilisateurs de disposer d’une enclave sécurisée. La pratique qui va s’imposer dans les discussions consistera à les restreindre dans un petit groupe discipliné sur des plateformes sociales par ailleurs indisciplinées.

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Une personne utilisant son smartphone – CC

En faisant un zoom arrière sur la première partie de ce billet, il est clair que les paradigmes sociaux sont en train de changer. Au début, les médias sociaux constituaient un lieu de communication significatif avec des personnes que vous connaissiez réellement ou que vous vouliez au moins connaître. La croissance spectaculaire et la popularité mondiale ont transformé ces espaces intimes en jungles sauvages, parfois effrayantes, numériques, remplies d’acteurs douteux, de réclamations suspectes et de points de vente agressifs.

Les utilisateurs en ont clairement eu assez. Ils insistent sur plus de valeur et de transparence en échange de leur temps et de leurs informations. Ils veulent être traités comme des individus, pas des données démographiques. Le pendule revient aux racines sociales : réel, personnel et authentique.

La guerre contre la surcharge des annonces sociales ?

Les annonces, qui nous ont été présentées sous une multitude de formes différentes – histoires sponsorisées, messages promus, suggestions suggérées, etc. – sont désormais un élément de base de tous les canaux sociaux. En effet, Facebook à lui seul représente maintenant près du quart de toutes les dépenses publicitaires numériques aux États-Unis, et plus des trois quarts des personnes interrogées dans les enquêtes de Fast Company Magazine ont investi dans des annonces sociales ou prévoient de le faire au cours des prochaines années. Mais les annonces ne sont pas sans défis.

La concurrence pour un espace d’alimentation limité a fait grimper les prix : sur Facebook, le coût par mille impressions (une mesure standard du secteur connue sous le nom de CPM) a bondi de 112% au cours de la dernière année. Pendant ce temps, les utilisateurs inondés de argumentaires de vente et méfiants vis-à-vis des clickbait sont de plus en plus aptes à filtrer les annonces, en les survolant ou en utilisant des outils de blocage d’annonces.

A lire aussi : Faut-il compter sur internet pour mener la révolution en RDC ?

En d’autres termes, même si les internautes paient plus que jamais pour les annonces désormais, cela ne garantit en aucun cas que l’on y prête attention. Ce qui est urgent, c’est de jumeler l’argent publicitaire avec un investissement égal de temps, de créativité et de ciblage avisé. Le simple fait d’insérer une bannière publicitaire fade dans un flux de nouvelles ne la coupe plus. Le social devient personnel

L’ascension de la messagerie

Une autre manifestation du retournement chez les utilisateurs des réseaux sociaux: l’ascension des plates-formes de messagerie. Facebook Messenger et WhatsApp (tous deux appartenant à Facebook) comptent désormais plus de 2,8 milliards d’utilisateurs. Ajoutez à cela des plates-formes chinoises populaires telles que WeChat et QQ, et la majeure partie de la planète utilise désormais des applications de messagerie.

Plutôt que de partager ouvertement sur les réseaux sociaux, ces utilisateurs optent pour des conversations privées ou en petits groupes. Pour les entreprises, cela soulève de nouveaux défis au cours des prochaines années. À l’heure où les yeux se tournent vers les flux privés, les canaux de messagerie sont-ils la prochaine plateforme incontournable pour atteindre les clients? Ou les utilisateurs vont-ils renvoyer l’intrusion dans « leur espace » ?

La logique des « groupes »

Le groupe Facebook n’est pas une nouvelle innovation. Des espaces de rassemblement et de discussion sur des sujets spécifiques – des animaux de compagnie, de l’humour et des loisirs aux célébrités – datent des tout premiers jours de la plate-forme. Mais, le regain d’intérêt pour la vie privée et l’intimité entre les utilisateurs signifie que les groupes ont soudainement leur moment. Au cours de l’année 2018, le nombre de membres d’un groupe sur Facebook a augmenté de 40%, et 1,4 milliard de personnes.


Faut-il compter sur internet pour mener la révolution en RDC ?

Actuellement, en République Démocratique du Congo, le mot « web activist » est devenu une sorte d’étiquette pour beaucoup, comme pour attirer l’attention sur eux. Cette prétention de lutter via internet, ne revêtant aucun mal en soi, est cependant une vente d’illusion car étant en contraste avec le contexte du pays.

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Photo : Pixabay

Le rôle des réseaux sociaux lors des soulèvements populaires en Afrique est souvent emmené à une dimension très exagérée par les médias occidentaux. Facebook et Twitter étant les plus visibles dans ces révolutions, leur apport exposé par les médias n’est qu’un mythe crée par le fantasme de journalistes pour le raccourci. Ces outils servent plus à attiser la colère plutôt qu’à mobiliser et à informer. Pour ce qui est des « web activists », ils servent à attirer l’attention des médias étrangers pour les alimenter en « scoops » et images.

Pour ce qui est de la République démocratique du Congo, voici les raison pour lesquelles l’Internet ne pourra pas contribuer à révolutionner la politique du pays :

  1. Le taux de pénétration internet

De prime à bord, signalons que le taux de pénétration internet est estimé à moins de 7% en RDC (pourcentage de la population ayant accès à cette technologie). Aucune mobilisation ne peut donc aboutir via internet car la majeure partie, voire la quasi-totalité de la population nationale, n’a pas accès à Internet.

Pour faire descendre la population dans la rue, il ne faut surtout pas compter sur des publications en lignes, billets de blogs… Il faut une sensibilisation de conscientisation hors-ligne. Outre, essayez de faire valoir le contraire est une vente de vent, une déformation de la réalité ou encore, disons mieux, une déconnexion d’avec la réalité.

L’échec de la campagne « Trompettes de Jéricho » initié par le mouvement Les Congolais débout de Sindika Dokolo en est l’exemple le plus éloquent.

  1. Le coût de la communication

Le facteur important de ce faible taux de pénétration internet en RDC est le coût de la communication. A cela s’ajoute le chômage prépondérant chez les jeunes. Dans mon entourage par exemple, les jeunes se connectent juste pour envoyer et recevoir des messages textes. Une fois qu’une image s’en mêle, il est difficile pour eux de la télécharger.

A lire aussi : La révolution ne sera pas en ligne

Dans un contexte pareil, comment espérer qu’ils suivent des vidéos ou des sons en ligne ? Essayez de poser la question « C’est quoi un podcast ? » aux jeunes congolais, seul moins de un sur dix saura répondre. Quelle que soit la pertinence des informations en ligne, y accéder reste le plus grand problème car l’internet coûte cher. Ce n’est pas que la jeunesse congolaise cherche à échapper aux débats pertinents, encore moins à fuir leur responsabilité citoyenne comme prétendront les « web activists ».

  1. La censure et la surveillance de l’État

Les gouvernements des États africains reconnaissent déjà le pouvoir de nuisance de l’Internet. S’il est vrai que personne ne peut museler totalement l’Internet, les politiques essayent toujours de manœuvrer à ce niveau pour mettre hors d’état de nuire les « web activists » malgré toutes les démarches développés pour contourner la censure. Pire encore, il y a la surveillance qui a déjà envoyé plus d’un en prison…

De ce qui précède, nous constatons que les « web activists » congolais mènent un combat sans issu. Ils ne savent pas pour quoi et contre quoi se battre. Tout ce qui les intéresse c’est de faire savoir qu’ils participent à la lutte, mais quelle lutte ? Dans quel camp jouent-ils leur rôle ? En quête d’être des petits maîtres de l’opinion publique, ils bloquent le vrai combat.

Les icônes du « web activism » sortis subitement de l’anonymat grâce à Internet, ne sont pas encore parvenus à s’imposer sur la scène politique. Quelques changements s’observent au sein du gouvernement mais c’est toujours les mêmes noms, les mêmes visages qui reviennent. Leur rôle reste donc sans effet positif, raison pour laquelle, malgré leur influence et leur envie, ils demeurent sur le banc de touche !


Le guide du « désillusionneur » : 7 clés pour surmonter la jalousie

Les français nous ont fait gober un gros mensonge : « A chacun son tour », qui est source de frustration pour plusieurs personnes courant derrière leurs rêves. Ne pensons pas que parce qu’un ami ou un frère a réalisé telle ou telle autre chose c’est simplement parce que c’était son tour et que le nôtre arrive bientôt.

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Image : Pixabay

1. Ce qui, à terme, rend les gens jaloux et aigris ce n’est pas de voir les autres réussir mais d’attendre sans fin leur propre tour. « Qui vit d’espoir, meurt de faim », m’ont dit les braves. Mais avant de mourir de faim, l’espoir démesuré fait jaillir la jalousie quand on réalise que les autres accèdent avant nous à ce qu’on désire aussi. Voilà ce qui tue les gens à petit feu.

2. Si ta sœur a réussi à se marier, dis-toi que ce sont ses oignons à elle et félicite-la, c’est tout ! N’attends pas que ton tour arrive, parce que ton tour n’est pas censé arriver forcément.

Ça je le dis à nos sœurs africaines dont le rêve ultime est de se trouver un mari. On n’a pas toujours ce qu’on veut dans la vie. Tu as peut-être quelque chose que ton amie qui s’est mariée n’a pas aussi. Tu ne peux pas avoir tout pour toi toute seule. Tu ne peux pas avoir pour toi la beauté, l’intelligence, la richesse, la santé mais n’oublie pas qu’il y a aussi des gens qui ont tout ça. Inutile de les détester, ce n’est pas de leur faute, c’est simplement une chance qui leur est particulière.

3. Ce qui te complexe, c’est parce que tu accordes de l’importance à ce que tu n’as pas. S’il y a quelque chose qui ne marche pas pour toi, cela relève de ta malchance. Fais comme si de rien n’était et tu verras que ce n’est pas trop grave. En plus, cela va t’épargner des jeûnes et prières sans fin qui ne font qu’amortir ton corps. Inutile de demander à Dieu des choses qu’il y a sur terre, pas trop malin comme attitude. Il est aux cieux.

4. Pour mes frères qui résument la richesse à rouler carrosse, laissez-moi vous dire que vous n’avez pas tort. Seulement, si ton copain X s’est payé une Ferrari, n’attends pas que tu l’achètes aussi à ton tour. Non, non et non. Peut-être que jusqu’à la fin de ta vie, tu n’auras jamais le moyen d’en acheter une. Une Ferrari ça coûte trop cher. Cela ne t’empêche pas quand-même de te payer une IST et te déplacer avec comme tout véhiculé.

5. Un grand poète congolais a chanté : « S’ils ont plus d’argent que moi, j’ai plus de pauvreté qu’eux ». Accepte juste ta situation, ça ne va pas te tuer. Je ne vous conseille pas de vous complaire quand vous n’en pouvez plus mais de ne pas vous déchirer. Et oui, tout n’est pas possible. Aujourd’hui lui appartient et demain aussi sera son tour. Arrête de compter des trucs qui ne t’appartiennent pas.

6. Tu n’as pas besoin de dépasser les autres pour exister, non plus d’être au même niveau qu’eux. Même en étant dernier tu peux toujours exister. Maintenant demande toi, tu es dernier sur quelle échelle? Dans quelle course ? Si tu n’es pas en compétition, tu ne vas jamais goûter à l’échec !

7. Il y a des gens qui sont nés dans de bonnes familles, ils ont de l’argent, des belles maisons et voitures, ils partent en vacances où ils veulent… Inutile de leur en vouloir encore moins de penser qu’ils ne méritent pas leur bonne vie. Si tu as mauvais cœur et que le bonheur des autres te fait mal, tu risques de vivre longtemps pour souffrir encore et encore de leurs réussites. C’est la punition !


Dans un avenir proche, la protection de la vie privée et de l’intégrité des données va transformer l’usage des réseaux sociaux (Partie I)

A la lumière  des tendances qui changent, la manière dont les personnes et les entreprises ont utilisé les médias sociaux au cours des dernières années va radicalement changer. Les prévisions sur les réseaux sociaux pour l’avenir feront appel au retour à l’authenticité personnelle.

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Un jeune connecté sur facebook.
Photo: Jean-Fraterne Ruyange

Durant cette dernière décennie, les réseaux sociaux ont marqué leur apogée et ont affiché au même moment leur caractère très tumultueux. Les problèmes de protection de la vie privée et d’intégrité des données se sont résorbés sur Facebook. Aux Etats-Unis par exemple, ils ont produit des effets ressentis aux plus hauts niveaux du gouvernement. Les réseaux qui se trouvent au centre des enquêtes du Congrès ont dû prendre en compte leur propre pouvoir et leur potentiel d’abus, tandis que les utilisateurs ont été laissés pour remettre en question l’impact plus large des médias sociaux sur la politique, la culture et le discours civique.

Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir ? Comment les utilisateurs et les réseaux vont-ils réagir à ces changements sismiques? Comment la manière dont les personnes et les entreprises utilisent les médias sociaux va-t-elle évoluer à la lumière des attitudes changeantes en matière de confidentialité et de liens significatifs?

Le retour au réel ?

Les vagues de scandale ont eu un impact tangible sur la confiance dans les réseaux sociaux. Selon le rapport Baromètre Trust 2018 publié par Edelman, 60% des personnes ne font plus confiance aux entreprises de médias sociaux. Dans un contexte des « Fake News » et de manipulation de données, les utilisateurs sont devenus méfiants vis-à-vis des influenceurs, tant des célébrités que des personnalités des médias. Dans un renversement majeur, la confiance est revenue aux amis immédiats, à la famille et aux proches connaissances sur les médias sociaux, des individus dont la crédibilité personnelle parle beaucoup plus que la taille de leurs successeurs.

Pour les entreprises qui utilisent les médias sociaux, cela représente un défi délicat dans un futur proche. Utiliser les médias sociaux en tant que canal publicitaire supplémentaire semble de plus en plus déphasé par rapport aux normes sociales et aux préférences des utilisateurs. Au lieu de cela, les entreprises progressistes se concentreront moins sur l’optimisation de la portée et davantage sur la création d’un engagement transparent et significatif

L’éphémère s’impose

Déjà en 2018, le responsable des produits de Facebook, Chris Cox, a noté que Stories dépassait les flux en tant que moyen principal de partager des informations avec ses amis. Cette évolution vers des modes de participation plus personnels sur les médias sociaux se répercutera sur le type de contenu partagé. Au lieu de publier sur leurs flux d’actualités, les utilisateurs partageront de plus en plus des «Stories» avec leur réseau. Contrairement aux mises à jour standard, ces diaporamas éphémères disparaissent généralement après une journée et ils se multiplient 15 fois plus rapidement que le partage basé sur le flux, avec plus d’un milliard d’utilisateurs de Stories sur Instagram, Facebook, WhatsApp et Snapchat.

Très bientôt, les entreprises qui souhaitent rester pertinentes sur les médias sociaux devront améliorer leur jeu des Stories. L’intégration de la vidéo, de graphiques simples et d’un arc narratif est essentielle, mais il est important de ne pas perdre de vue l’authenticité. Ce qui est clair, c’est que, en particulier pour les utilisateurs du millénaire et de la génération Z, les Stories sont une seconde nature et que le fil d’actualité pourrait céder son trône.

Par Jean-Fraterne Ruyange


Les femmes sont désormais l’une des attractions touristiques en Ouganda

Le ministère ougandais du tourisme organise le concours Miss Curvy (Miss Ronde) et liste les femmes parmi les attractions touristiques. C’est vrai, les femmes ougandaises peuvent provoquer une certaine attirance avec leurs hanches bien larges mais je trouve cela quand même dégradant. On dirait une sorte vente aux enchères de ces beautés séduisantes aux touristes.

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Crédit photo : Jean-Fraterne Ruyange

Je ne prétends pas être expert tourisme mais je pense qu’inclure les femmes – rondes ou pas  –comme attraction touristique équivaut à les ajouter au Big 5 (lion, léopard, éléphant, buffle et rhinocéros). Pour moi, un concours qui célèbre les rondeurs, signe de fertilité chez la femme, ne pose aucun problème dans la mesure où il est restreint en tant que célébration locale. Mais essayer d’en tirer profit en vendant les femmes comme un produit touristique est déconcertant.

Jusqu’à ce jour, les concours de beauté avaient toujours été différents du fait que les femmes soient classées comme attractions touristiques. C’est dégradant.

La définition d’une attraction touristique dénude la femme de sa dignité :

« Une attraction touristique est un lieu d’intérêt où les touristes se rendent, généralement pour sa valeur naturelle ou culturelle, inhérente ou exposée, son importance historique, sa beauté naturelle ou bâtie, offrant des loisirs et des divertissements. » – Wikipedia

Le tourisme est l’une des principales sources de devises pour l’Ouganda, elle a généré 1,4 milliard de dollars l’année dernière, selon les statistiques gouvernementales. Cependant, la plupart des touristes visitent l’Ouganda pour ses parcs nationaux où figurent diverses espèces fauniques telles que les gorilles et les oiseaux, entre autres animaux. Ils aiment aussi voir le Nil, les lacs de cratère et les montagnes. C’est bien cela qui a valu à l’Ouganda le surnom de « La perle de l’Afrique ».

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Poster du concours Miss Curvy
Photo : Organisateurs

 

Et quand je repense aux loisirs et à l’amusement, qui résument les attractions touristiques, cela me rappelle la triste histoire de Sarah Baartman. Les questions qu’il sied donc à se poser face à cette situation sont les suivantes : combien de femmes ougandaises seront crucifiés au nom de la promotion du tourisme? N’est-ce pas une façon de leur dépouiller de leur conscience et permettre au reste du monde de jeter des dés sur leurs fesses ? Cela ne dégradera-t-il pas l’essence de la féminité des femmes ougandaise ?

A lire aussi : Ces 4 choses que vous ne saviez pas sur les femmes ougandaises

La perle de l’Afrique mutilée pour un peu de visibilité

Je ne trouve aucune créativité dans le fait de réduire les femmes courbées aux attractions touristiques. Cela s’apparente plutôt, d’une manière indirecte, à la promotion du tourisme sexuel. Cette démarche est misogyne et sexiste malgré le fait qu’elle vise l’amélioration des moyens de subsistance des femmes.

Lire « femmes » et « attractions touristiques » dans la même phrase est bien triste car nous sommes dans un moment où la femme doit être célébrée pour son innovation, sa créativité, sa santé mentale et son autonomisation, pas pour la taille de son postérieur.

Et si cette tendance arrive à inverser les tendances touristiques, à quoi serviront les paysages vallonnés de l’Ouganda souvent pris pour un safari ? Sa flore et sa faune qui peignent ses parcs nationaux ?

S’il existe de nombreuses façons pour les femmes de contribuer au développement d’un pays, le fait d’être des attractions touristiques ne devrait pas en faire partie.


Lettre à Rémy NGONO : Joseph KABILA reste le président de la RDC

Cher Monsieur Rémy Ngono, je m’intéresse à vos réflexions sur l’Afrique et sur ses questions des sociétés. Votre verbe est fulgurant. Cependant, il me semble de plus en plus déplacé, en ce qui concerne mon pays, depuis les élections du 30 décembre dernier.  Voici le fondement de mon inquiétude

De prime à bord, je tiens à vous rassurer : je ne suis qu’un jeune blogueur. Sans autant de notoriété que vous dans l’espace publique. D’ailleurs, je ne suis pas très sûr que ma lettre vous parvienne. Mais si jamais c’est le cas, je serai heureux de lire votre réponse, même en commentaire.

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Joseph Kabila, président de la RDC 2001-2018
Photo: Wikicommons

Mon inquiétude tient justement à la notoriété dont vous jouissez : je pense à la pluralité de jeunes africains qui, comme moi, vous prennent pour un modèle, un exemple et un leader à suivre.

Sur le cas précis de la RDC, en effet, je crois que les publications sur votre site « Coups Francs » sont en déphasage total avec la réalité. Laissez-moi vous éclairer cela en trois points :

  1. Un changement dans le régime diffère d’un changement de régime

C’est une série dont le titre le mieux adapté est « un imposteur peut en cacher un autre ».  S’il y a des Congolais qui s’acharnent à réclamer la vérité des urnes, ce n’est pas qu’ils témoignent de la haine en la personne du président « élu ». C’est simplement qu’ils sont conscients qu’un État de droit n’est ni bidouillage ni compromission. En tant que citoyens, c’est le peuple que nous défendons et non des personnes. C’est pour les valeurs démocratiques que nous nous battons pour redorer la mère patrie qui nous a vus naître.

Les Congolais ont affaire à la plus grosse escroquerie électorale que seuls les ennemis du Congo feront passer pour de la haine. Nous avons assisté à un hold-up électoral, une escroquerie sans nom. Les Congolais étaient sur le point de vaincre les fantômes de leur histoire mais c’est encore 5 ans qu’ils vont amèrement consommer en otage.

Dans le cas de figure, le Congo va connaître l’alternance au pouvoir mais pas l’alternance politique. Or, pour mener des réformes structurelles, il faut l’alternance politique. Il faut forcément cette alternance politique pour gouverner autrement.

Imaginez un peu François Hollande qui continue à occuper les Champs Élysées après l’investiture de Macron qui, lui, va diriger la France à partir du Quai d’Orsay. Voilà c’est ce qui se passe au Congo : l’ex-président continue à occuper la résidence officielle du président de la République. C’est qui le boss ?

Bien plus, comment expliquer qu’un regroupement politique avec moins de 20% des voix aux présidentielles peut se retrouver avec plus de 70% des voix aux législatives que ce soit nationales et provinciales ?

Tshisekedi risque de se retrouver avec un bureau mais sans pouvoir. Comment fera-t-il passer une loi alors que le pouvoir législatif n’est pas de son côté ? Pire encore, dans les arrangements particuliers qui ont favorisé sa nomination, Tshisekedi a hypothéqué les pouvoirs régaliens : la primature, la défense nationale, la justice et les finances. Finalement à quoi va lui servir cette présidence ? Et où se trouve l’intérêt du peuple dans tout ça ?

  1. Tshisekedi n’est pas un président élu, c’est un président nommé
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Des agent de la CENI portant une urne dans un bureau de vote
Photo: Flickr

C’est difficile de nous accorder tous sur qui a remporté les élections. Soyons au moins d’accord que la publication des résultats bureau par bureau est impérative.  Cela rendrait cette supposée victoire de Tshisekedi plus transparente et mettrait tout le monde à l’aise. Je ne sais pas dans quel pays au monde se disant démocratique, on donne des résultats globaux des élections sans faire état des résultats partiels.

Kabila est un fin stratège. Mieux que Mobutu, il ne tue pas ses opposants mais il les manipule très bien. Nous avons voté sous la lumière du jour, Tshisekedi a été proclamé vainqueur nuitamment par la CENI. Et la cour constitutionnelle qui est venu mettre le coup du KO, l’a aussi fait dans les ténèbres. Ce qui démontre suffisamment qui la vérité des urnes s’est fait éclipsée.

Voilà une situation délicate dans laquelle est plongé le peuple congolais. La situation sera encore pire que sous le règne de Kabila. Thisekedi va certainement régner mais il ne va pas gouverner, à l’image du président allemand. D’ailleurs, pour commencer, c’est l’ex-président, réticent, qui aurait sélectionné les présidents invités à l’investiture de son successeur.

Tout le pouvoir reste concentré entre les mains du président fabricateur, le président fabriqué n’aura que l’ombre du pouvoir. Si Kabila a nommé Tshisekedi c’est parce qu’il a vu en lui un homme plus manipulable que le réel vainqueur des élections. D’ailleurs, si Tshisekedi aurait gagné pour quoi a-t-il négocié ?

  1. Le peuple a voté et KABILA a élu

A quoi ça sert la démocratie si ce n’est à exprimer la volonté du peuple qui est le souverain premier dans un État de droit ? A quoi ça sert l’alternance politique si elle ne reflète pas la vérité des urnes ? Ce qui me ronge le cœur c’est le fait de voir comment les maux du pays doivent s’expliquer par l’égoïsme de certains acteurs politiques. L’histoire jugera très sévèrement ces acteurs qui, une fois de plus, sont dans des calculs personnels.

Le feu Étienne Tshisekedi criait toujours haut et fort « Le peuple d’abord ». Actuellement Félix vient de piétiner la mémoire de son père en montrant à la face du monde que c’est ses intérêts personnels d’abord. La volonté du peuple, les valeurs démocratiques, tout cela vient après.

Si les Congolais se sont laissé faire en allant à ces élections malgré toute la tricherie qui a été organisé derrière c’était dans l’espoir de sanctionner ce semblant de démocratie qui les a plongés dans le désespoir. Alors que c’était déjà une mission accomplie, il y a une « alternance » qui donne l’impression d’un pays faisant un bond vers l’inconnu.

Nous autres Congolais, savons transcender nos ressentiments afin d’œuvrer pour l’apaisement. Nous savons combien notre pays en a besoin pour panser les plaies de ces élections truquées et se projeter vers l’avenir. Il convient, cependant, de diagnostiquer la vraie cause de ses plaies afin de prescrire les médicaments qu’il faut…

Kabila n’est pas parti tête haute comme il le prétend. Et il n’est pas non plus un exemple pour qui que ce soit. Que ce soit pour les autres dictateurs africains, que ce soit pour la jeunesse. Il est parti parce que le peuple le lui a obligé. Il n’y a pas longtemps il donnait l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants. Il les a traqués jusque dans des églises et des hôpitaux. Ce combat du peuple a coûte la vie aux bébés dans des maternités…

L’Union Africaine, l’Union Européenne, la France et les États-Unis auront beau prendre acte de ce vol du siècle, nous en prenons aussi acte. Cependant, quand il y a une partie de l’Afrique qui subit une telle atrocité, en tant que dignes fils du continent, nous devons hausser le ton pour le décrier et le dénoncer. Comme l’ont fait les pères de nos indépendances, l’esprit panafricain dans nos âmes des patriotes. C’est ainsi que nous parviendrons à imposer au monde l’image d’un Afrique que nous voulons pour notre progéniture.


La révolution ne sera pas en ligne

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Photo : Flickr.com , image modifiée

Ça ne sera pas sur Facebook ou en live sur Periscope, rien ne sera streamé,
Personne ne pourra se connecter, se déconnecter, enregistrer ou filmer,
On ne pourra pas prendre un capture d’écran, recadrer moins encore filtrer
Avec une application de selfie pour partager avec des followers ou pour tweeter
Car la révolution ne sera pas en ligne, elle ne sera pas médiatisée.

La révolution n’apparaîtra pas ni sur le fil d’actualité, ni dans la galerie photo,
Il n’y aura pas de bouton sur lequel cliquer pour l’enregistrer en format vidéo,
Que ce soit en MPEG, AVI ou DIVX, il n’y aura pas la possibilité de liker,
Les réactions du visage tout comme la section des commentaires seront désactivées
Car comme l’avait dit Gil Scott, la révolution ne sera pas télévisée.

La révolution ne répondra pas en urgence à tes chats dans Messenger,
Que ta boite de réception soit pleine ou pas, cela ne l’intéresse pas,
Elle se fout catégoriquement des fake news et des intox,
Même les photos nues des activistes et politiciens échangées inbox
N’auront aucun effet sur la révolution car elle sera orthodoxe.

La révolution ne sera pas tendance comme le hashtag #BalayerLesMediocres sur Twitter,
Aucune balise de métadonnées ne sera générée pour susciter des débats sans ampleur,
On n’aura pas besoin du wifi ou du VPN pour accéder à notre page révolutionnaire,
La révolution n’est pas une application à télécharger sur son téléphone iPhone ou Android,
Car elle sera menée par des humains et non par des périphériques et des droides.

La révolution ne sera pas enregistrée et diffusée en direct à la télévision,
Après le discours de Kabila sur l’état de la nation ou le sermon de Mosengwo,
Il n’y aura pas d’images de la marche des protestations des chrétiens catholiques
Ni celle des blessures de Martin Fayulu répondant à l’appel du comité laïc,
La voix des jeunes de la Lucha ligotés dans un camion de police sera étouffée,
Ils ne seront pas capables de crier « le peuple gagne toujours » sans trembler
Comme Rossy Mukendi, Luc Nkulula et Thérèse Kapangala l’ont fait,
Car la révolution ne sera pas dans le buzz et les propos controversés.

La révolution ne sera pas interrompue par les coupures intempestives de l’électricité
Car ce n’est plus le moment de se détendre, elle est à notre porte, à notre portée,
Congolais, enfile tes baskets et bats-toi pour ton droit, remplis ton devoir citoyen,
Ne pense pas que tu verras un appel à l’action dans une publicité à la télévision
Car il ne s’agit pas du festival Fikin, encore moins d’une bouteille de vin,
Mais du destin de tout un peuple, du sort des futures générations et de toute une nation.

Vas-y Congolais car la révolution ne sera pas en ligne,
Elle ne sera pas en ligne ! Elle ne sera pas en ligne !
Mon frère, la révolution ne sera pas en livestream,
La révolution sera hors ligne.


Ces 3 choses que la coupure de l’internet retire aux Congolais

C’est mon premier billet de 2019. Je croyais que j’allais écrire sur un truc genre mes nouvelles résolutions pour cette année ou encore le bilan de mon blog en 2018. Finalement, je n’ai pas pu, ne pouvant pas accéder à internet.

En effet, au lendemain des élections du 30 décembre 2018 en République Démocratique du Congo, le gouvernement a décidé d’imposer un black-out numérique. Signalons en passant que ce n’est pas la première fois que nous vivons cela en RDC. Voici donc les trois choses dont les Congolais sont privés par cette coupure.

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Une personne connectée sur Facebook – Crédit photo : Jean-Fraterne Ruyange
  1. L’espoir

Déprimé, réprimé, muselé, froissé, appauvri par son gouvernement. Le dernier espoir du peuple congolais était de sanctionner ses bourreaux en ne votant pas pour eux. Alors que la mission semblait être accomplie, le doute est revenu.

Plusieurs analystes et observateurs s’accordent à dire que le but de cette coupure de l’internet est d’empêcher qu’il y ait de la lumière dans le processus électoral et la répression qui s’en est suivie. Le cauchemar demeure donc certain, les Congolais devront affronter leurs fantômes pour un quinquennat encore. Désespoir…

A lire aussi : L’élection est hellène, la répression est nègre

  1. Les vœux de nouvel an et la bonne humeur

Comment être de bonne humeur si on n’a pas la possibilité de recevoir ni d’adresser des vœux de nouvel an à ses proches comme le veut la coutume ? Les Congolais n’ont pas pu goûter à cette poésie qui submerge les réseaux sociaux en début d’année.

Impossible de souhaiter des fêtes fabuleuses à nos frères, amis et connaissances vivant à l’étranger. Même chose pour ceux vivant à l’intérieur du pays car même les SMS ne fonctionnent pas.

  1. Un climat favorable aux entreprises

Les entreprises qui opèrent dans l’économie numérique vont générer des pertes sèches innombrables. Cette coupure ne fait donc pas du mal à la population seulement mais aussi à l’économie du pays. S’il faut se fier aux chiffres de certains analystes, la RDC va perdre jusqu’à 140 millions de dollars, en raison de 20 millions par jour, s’il faut attendre la proclamation des résultats – prévue pour ce 6 janvier – pour que l’internet soit rétabli.

Selon l’application Netblocks.org, cette baisse pourrait être moins importante, mais déjà atteindrait déjà 16 millions de dollars. Cet outil estime l’impact économique d’une interruption d’Internet, d’une panne des données mobiles ou d’une restriction d’application en se basant sur les indicateurs de la Banque mondiale, de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications), d’Eurostat et de l’U.S Census.

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Selon cette application, la RDC perd jusqu’à 3 218 737 dollars par jour. Donc en ce cinquième jour de coupure de l’internet, nous avons déjà perdu jusqu’à 16 093 684 dollars, et la perte continue à s’alourdir.

Vous pouvez aussi calculer ce que cela peut coûter à votre pays si on vous coupe internet en suivant ce lien : netblocks.org/cost/


L’église au cœur des élections en RDC

L’église est un atout non négligeable dans le quotidien congolais. Actuellement, c’est au cœur des élections qu’elle impose son veto.

Avec une population estimée à plus de 70 millions d’habitants, la RDC est quasi-religieuse, pour ne pas dire quasi-chrétienne. Plus de 95% de sa population a une appartenance religieuse quelconque. (Selon Pew Research Center)

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Photo: Ousmane Makaveli, avec son aimable permission

En tant qu’État laïc, la RDC est majoritairement catholique, suite à l’influence coloniale belge. A côté du catholicisme, est en train de se développer le protestantisme, surtout avec la croissance sans frein des églises de réveil indépendantes, à caractère de business, qui défient, actuellement, plusieurs communautés protestantes  en crise de leadership.

L’Islam, quant à lui, ne connaît ni des hauts ni des bas. Il demeure un trésor familial acquis par hérédité. C’est, en effet, une croyance transmissible du père au fils. Ce qui détermine le quasi-statisme dans ses statistiques. Il a été importé au pays de Siméon Kimbangu par des arabes qui y pratiquèrent la traite des noirs.

L’Église dans le quotidien du Congolais

Dans la vie du Congolais, l’église est une véritable famille pour chacun de ses fidèles, suivant la fameuse théorie biblique de la « communion fraternelle » qui fait passer le lien de sang en deuxième position pour les uns. Cela constitue un véritable instrument d’exploitation des pauvres croyants qui se laissent emportés par des idéologies et convictions aussi édifiantes que dissipantes de leurs guides spirituels.

Le Congolais s’inspire de l’arme coloniale du Muzungu[1], le Christianisme, pour manipuler ses compatriotes. D’où une panoplie des dérapages et cacophonies est portée à l’ endroit des croyants par l’homme de Dieu, au nom de Dieu.

Déjà à la clôture  des campagnes électorales, malgré le report des élections au 30 décembre 2018, les églises continuent à être des cibles principales pour les campagnes électorales. Les églises sont exploité pour cette mission car sous l’effet de la foi, l’esprit du Congolais devient léger, maniable et sans défense, par manque de spéculation.

L’estime considérable de l’homme de Dieu et son charisme, presque sacré, font de lui un allier de taille dans le processus de mobilisation et sensibilisation de l’électorat. Pour certains candidats, le meilleur endroit pour captiver l’électorat c’est l’autel de l’église. Pour d’autres, les suppléants qu’il faut pour se garantir un électorat sur, ce sont les serviteurs de Dieu.

L’église s’éloigne de sa mission première

C’est ainsi que quelques actes, soient disant charitables et dons d’amour,  sont déjà entrepris  de part et d’autres dans les églises par différents candidats. En retour, ils espèrent le soutien et l’accompagnement de l’église. C’est donc un moyen d’attirer la sympathie de « ses frères en Christ ».

D’où, rien d’étonnant si vous tomber actuellement sur un discours du genre :

« Si vous croyez à la toute-puissance du Dieu de notre église et que vous confessez de votre bouche que j’en suis le berger, je vous exhorte déjà à soutenir notre fils tel pour les élections à venir. Vous êtes tous témoin de la contribution grandiose qu’il apporte à l’accomplissement de l’œuvre divine, celle de bâtir un temple à notre Dieu. Je profite de ce temps pour vous annoncer que c’est bien lui qui nous a payé ces instruments de musiques que nous inaugurons aujourd’hui ainsi qu’un lot de 50 chaises en plastique ».

Et oui, j’en parle parce que je l’ai vu de mes propres yeux et entendu de mes propres oreilles.

Nous constatons amèrement delà que l’Église s’est détournée de son essence: être un rassemblement pour l’adoration, la prière, l’enseignement, la fraction du pain et la prédication de l’Évangile. Humm, soyez pas surpris de voir que connais un peu trop : Je suis aussi croyant.

L’égo chrétien

Delà, il est clair que certains soutiendraient qu’elle apporte sa part à la construction d’un monde meilleur. Certes, l’église doit jouer le rôle décisif, en cette période des bouleversements sans précédents, en montrant la voie que l’humanité doit emprunter pour son salut et qui sont les personnes aptes à la guider. Ce qui est scandaleux c’est de voir que l’église est entrain de vendre aux enchères le sort du monde pour des fins égoïstes de quelques individus.

Si nous risquons d’être mal compris c’est parce que, de nos jours, on a tendance à confondre la « charité » à la « solidarité ». Les deux se rencontrent par le fait qu’elles remplissent la même mission : Celle de faire preuve de générosité en venant en aide à son prochain. Leur démarcation  réside, alors, au niveau du but qu’elles poursuivent : La première est désintéressée, la deuxième attend quelque chose en retour. En outre, la charité est revêtue des connotations spirituelles, la solidarité est, quant à elle, revêtue des connotations matérielles et charnelles.

Y a-t-il un juste milieu entre faire l’aumône à l’église et les campagnes électorales ?

S’il faut, alors, rendre cette question encore plus délicate, il faudra chercher à savoir ce que serait l’impact de l’aumône sur l’exercice du pouvoir politique. Enfin, les bons croyants font-ils les bons dirigeants, pour ne pas dire les bons politiciens ?

Voilà pourquoi, la fraction de pain à laquelle nous devrions assister, dans nos églises respectives, devait être un véritable acte de charité, à laquelle nous appelle la parole divine, et non celui de solidarité, – ce concept  n’étant mentionné nulle part dans les saintes écritures -.

L’église doit rester cette communauté capable d’apporter une aide spirituelle, sociale et financière à ceux qui en ont besoin, un témoignage visible de l’unité de ceux qui croient en Jésus-Christ et cela malgré la diversité des âges, des natures, des conceptions, et des conditions sociales.

 

[1] L’homme blanc, le blanc, les occidentaux.


Et si l’homme du match électoral en RDC c’était l’arbitre ?

Dans le football, après chaque match, il y a cette culture qui veut à ce que soit récompensé le joueur qui s’est distingué lors de la rencontre. C’est toujours, soit un joueur des champs, soit un gardien des buts, ça dépend de qui a été le plus décisif, qui reçoit cette récompense.

Cependant, en République Démocratique du Congo, la rencontre la plus attendue va enfin pouvoir se disputer ce dimanche 23 Décembre 2018. Selon les derniers pronostics ce ne sera pas ni joueur ni un gardien des buts qui va remporter haut les mains cette récompense mais plutôt l’arbitre de la rencontre. Comment est-ce possible ? Attendez, je vous explique dans deux points:

  1. L’arbitrage vidéo est maintenu mais elle ne servira à rien

Alors que le monde bouscule actuellement vers le numérique dans presque tous les domaines de la vie, l’arbitre a aussi voulu en faire usage pour départager les équipes en toute transparence. Bien que cela semble marche en football où nous voyons les joueurs eux-mêmes réclamer cette assistance, tel n’a pas été le cas au pays des Léopards. Joueurs et fans se sont tous mis d’accord pour décrier cela au point que certains été prêts à boycotter le match si l’arbitre imposait sa technologie.

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Photo: Flickr.com

En tout cas le Congo c’est Jumanji et pas Wakanda. Que l’évolution technologique reste ailleurs, nous n’en voulons pas chez nous, surtout pas dans un match aussi important. Ainsi donc, l’arbitre a été contraint de garder sa technologie juste pour soit professionnaliser son job, soit juste pour impressionner je ne sais qui car les décisions qu’il va prendre ne viendront pas de ces machines soupçonnées de triche. Déjà une décision sage de sa part qui redonne gout au match.

  1. Les joueurs ont déjà déçu

Dans l’équipe des favoris dans la compétition, ça sent la bavure dans l’air. Bien qu’étant champion en titre, cette équipe a déjà fait beaucoup des faux pas sur le terrain comme en dehors du terrain. Ses joueurs usent de tous les moyens, légaux ou illégaux pour arracher le titre de champion : corruption des arbitres, excès de combativité, saut sur les adversaires, bousculade, touches volontaires du ballon…

Là où tout porte à croire que l’homme du match ne viendra pas de cette équipe c’est le simple fait que cette équipe est déjà gagnante, suite à toutes les manœuvres frauduleuses qu’elle met en place, avant même le coup d’envoi de la rencontre.

Dans l’équipe adverse, juste se choisir un capitaine a été une mer à boire. Deux brassards, deux capitaines, dans une même équipe, ça n’a jamais existé. Cela sera fatal pour eux car ils ne vont jouer que dans l’égoïsme. S’ils perdaient le match, cela ne sera vraiment pas une surprise car même les fans sont confus et ne savent pas comment soutenir un tel amalgame.

Si l’arbitre proclamait gagnante cette équipe adverse, ce sera la surprise de l’année et lui homme du match car il aura donné de la lumière où tout est confusion.


Poème triste

Ta vie s’étiole au fil des jours
Laissant ta jeunesse derrière toi.
Tu as “la maladie d’amour”
Et elle t’emmène à petit pas.

Il est des saints à gueules d’anges
Que l’on croirait enfants des dieux
Mais qui, insidieusement, s’arrangent
Pour, dans le cœur, te planter un pieu.

Et ils sont là, qui font les beaux
Et t’attirent dans leurs pièges motels.
Est assassin l’infâme salaud
Qui t’a tué dans un “je t’aime”.

Puis, la nouvelle, comme un séisme
Qui tombe à plat résonne
Et moi, roi de l’égoïsme
Reste là, planté comme un oligophrène

Et voilà que l’espoir s’envole
Et ouvre grand la porte de l’angoisse
Je me mets à prier des idoles
Que je n’ose regarder en face.

Je les supplie, leur vend mon âme
Pour qu’ils t’accordent un long sursis,
Pour que, par tes magiques charmes,
Ils te rende ta si jeune vie.

L’amour a beau nous rendre fort,
Tellement des purs dangers le guettent…
C’est comme flirter avec la mort
Même si on fait semblant de tenir la tête…

Au finish, c’est toujours elle qui l’emporte
Voila pourquoi les larmes débrident
Mes mots, que mon poème est triste
Car la maladie d’amour, le SIDA, est rude
Et n’a même pas de remède.


Aya Chebbi, la première envoyée spéciale de l’Union Africaine pour la jeunesse, est une blogueuse

La Tunisienne Aya Chebbi a été officiellement nommée première envoyée spéciale de l’Union Africaine pour la jeunesse. C’est sur le site officiel de l’UA que cette annonce a été rendue publique ce 1er novembre.

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Aya Chebbi avec les jeunes de Afrika Youth Mouvement à Kigali/Rwanda après une rencontre Photo : Providence Baraka

J’ai été surpris dès que j’ai appris cette nouvelle car en Afrique, il est difficile de trouver les personnes qu’il faut à la place qu’il faut. Cette affirmation ne vient pas soutenir que je connaisse Aya Chebbi mieux que tout le monde. Loin de là, je ne l’ai rencontrée qu’une seule fois en mai dernier pour une rencontre de « AYM », Afrika Youth Mouvement, à Kigali, la capitale rwandaise.

A l’issue de cette rencontre, j’étais simplement stupéfait en découvrant une jeune dame formidable avec une vision des choses fabuleuse. Pour parler de son engagement pour une Afrique, son Afrique, notre Afrique, qui émerge, son parcours en tant que blogueuse et activiste le dit plus éloquemment que tous les mots que je puisse placer ici. Pour ceux qui veulent en savoir plus, cet article de Huffpost donne beaucoup plus des détails sur sa carrière.

D’abord c’est qui Aya Chebbi ?

Aya Chebbi est avant tout une blogueuse. Voilà comment j’aurais bien voulu la décrire. Avec son blog et sa caméra, Aya a consacré son temps à travailler avec des gouvernements et organisations intergouvernementales ainsi que la société civile. Son objectif : « réaliser la vision de l’Union Africaine consistant à construire une Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène mondiale ».

De blogueuse à activiste, Aya Chebbi « a fait preuve de leadership serviable en maximisant les partenariats stratégiques, la mobilisation des ressources par le digital et l’appartenance pour construire l’un des plus grands mouvements panafricains dirigés par des jeunes, AYM. Elle a suscité un impact et un engagement qui lui ont permis d’atteindre plus de 10 000 jeunes membres de 40 pays d’Afrique et de la diaspora », dit la pétition  qui a soutenu sa candidature.

Une victoire pour la génération 2.0 ?

Je n’ai pas voulu que cet article soit une apologie ou encore l’épopée des blogueurs. Cependant, je ne sais pas comment faire autrement alors que le numérique est cette seule lueur d’espoir pour des milliers d’Africains actuellement. Si les leaders africains continuent à confisquer la scène politique en muselant la jeunesse qui ne jure qu’au nom de la révolution-rupture, le numérique leur accorde un autre espace qui leur permet de lutter à l’abri de la répression. Inutile de rappeler que ce sont les blogueurs qui sont les meneurs de ces luttes.

La nomination de Aya Chebbi est donc perçue, en tout cas c’est mon avis, comme la première victoire décisive de la jeunesse africaine face aux vagues des troubles qui ternissent le berceau de l’humanité. C’est une étincelle de plus qui vient s’ajouter à ce frottement des pierres qui cherchent à allumer le feu de la démocratie et de la liberté en Afrique.

Sa nomination n’est pas donc à considérer comme une victoire des blogueurs africains mais comme celle de toute cette jeunesse qui a refusé de se faire manipuler pour se battre pour les vraies causes du continent.

A travers cette victoire, c’est la jeunesse qui gagne, c’est l’Afrique qui gagne car désormais, la voix de la jeunesse se fera, sans aucun doute, entendre à l’Union Africaine à travers la blogueuse Aya Chebbi.