Yves Tchakounte

Lettre ouverte aux évêques de l’église catholique du Cameroun

Le 24 août 2018, l’église catholique du Cameroun a adressé une « Lettre pastorale » au peuple chrétiens camerounais. Elle concerne essentiellement les précautions sur la présidentielle du 7 octobre 2018 et les législatives et municipales prévues en 2019. L’église exige des chrétiens d’« effectuer des choix qui ne sont pas en contradiction avec leur convictions ». Cette lettre a suscité des réactions parmi laquelle celle du laïc engagé Nyëbë Edoa. Il rappelle à son tour la nécessité, pour l’église, de faire disparaître les frontières du totalitarisme comme elle l’a fait pour le marxisme.

Lettre pastorale aux chrétiens camerounais_Échéances_Électorales 2018 Et 2019 FR by Yves Tchakounté on Scribd

Messeigneurs les Évêques, paix et joie du Christ !

Je vous salue par ces mots « paix » et « joie », qui résument aussi bien le message évangélique, que les aspirations nobles du peuple de Dieu qui vit au Cameroun, dans un contexte socio-politique très inquiétant. En effet, ce peuple a plus que jamais soif de paix. Et quelle paix ? La pax Christi, la seule qui puisse nous donner la vraie joie d’enfants de Dieu.

Notre Mère l’Église dont vous êtes les Serviteurs et Successeurs des Apôtres, a pour mission régalienne de sanctifier, d’enseigner, et de gouverner. Chacun de nous doit donc s’efforcer d’être saint. Car notre monde souffre principalement des crises de saints, capables d’être sel de la terre et lumière du monde (Cf. Matthieu. 5, 13-14). L’enseignement du Christ et la doctrine de l’Église dont vous êtes garants, chers Pères Évêques, demeure la voie certaine du Salut et de la libération de toutes sortes d’asservissements. Partout où souffre un chrétien, c’est toute l’Église qui souffre également. L’offensive pastorale doit commencer par la dénonciation publique des Hérode et Hérodiade, exactement comme le fit Saint Jean le Baptiste (Cf. Marc 6,18).

Notre Église au Cameroun, ne saurait donc faire fi de sa mission ô combien nécessaire, en ce moment important et décisif de l’Histoire du pays, dans la tourmente de l’oppression despotique. Car « l’ensemble des droits dans l’Église est essentiellement constitué des droits de l’homme. Tout ce qui est humain vient de Dieu et l’Église a le devoir de le protéger. […] les catholiques doivent jouir de tous les droits contenus dans la Déclaration Universelle de Droits de l’Homme ».

À l’instar de l’Apôtre Paul à Athènes (Cf. Actes 17,16), je voudrais, au nom de notre communion fraternelle, que vos tourments devant tant d’idoles, fassent de vous de zélés défenseurs du Droit, de la Justice et de la Vérité. Ces idoles se nomment ici : corruption, tribalisme, favoritisme, infanticide, prêtricide, crimes rituels, détournements de deniers publics, injustices sociales, guerre illégitime…

Comme au temps du prophète Élie marqué par le syncrétisme religieux, de faux-frères (Cf. Galates 2,4) adorent simultanément ces idoles (véritables Baal) et le vrai Dieu (1Rois 18,21). Chez nous, ils occupent les premières places dans nos Cathédrales, et sont aussi membres de nos Conseils paroissiaux. Une telle imposture n’est pas tolérable. N’oubliez pas Messeigneurs, que corriger celui qui est dans l’erreur, est une œuvre de miséricorde spirituelle. Alors, qu’ils sachent qu’il est possible de faire la politique, sans avoir le sang aux mains, tout en espérant les laver le dimanche à l’eau bénite.

« L’histoire ne pardonne jamais à un homme, à un parti ou à une Église d’être en retard d’une mutation », nous dit en guise d’avertissement Roger GARAUDY. Dois-je vous rappeler Messeigneurs, que les mouvements sociaux comme ceux que vit notre pays, ont toujours été propices aux conversions ou à l’éloignement de la Foi ? Par exemple aux États-Unis, pendant les luttes des Noirs pour leur libération et l’égalité entre Blancs et Noirs, ils sont nombreux les baptisés qui ont quitté l’Église. Dénonçant par-là l’hypocrisie des faux-frères Blancs. Ils sont devenus agnostiques, athées ou ont changé de religion.

Au Cameroun également, ce sont des chrétiens qui brulent les maisons d’autres chrétiens. Ce sont les chrétiens qui pillent, violent et massacrent leurs frères et sœurs dans la Foi. Les appareils répressifs (les forces de l’ordre, la justice de façade, etc.) sont tenus des mains de maîtres par des personnes se réclamant disciples du Christ, qui pervertissent l’usage citoyen de ces appareils, en opprimant froidement leurs coreligionnaires. Le Christ a-t-il donc si peu d’amis dans la chrétienté ?

Cependant, gagner les âmes pour le Christ, c’est aussi améliorer le mieux-vivre des fidèles, lutter pour éloigner, voire faire disparaître les frontières du totalitarisme, exactement comme l’Église combattit jadis le marxisme de toutes ses forces. Vous avez ce pouvoir ! Le peuple de Dieu qui est au Cameroun compte sur vous, Messeigneurs les Évêques.

Veuillez donc utilisez Messeigneurs, tous les moyens dont vous disposez (votre chaire, votre presse, vos relations…) pour l’accomplissement du rêve du Cardinal Christian TUMI, qui est celui de tout un peuple : un Cameroun et un Camerounais nouveaux ; c’est-à-dire juste. Le Cardinal affirmait à cet effet que : « Quand la justice n’est pas respectée, il ne faut rien attendre de bon de la part des citoyens. C’est leur demander l’impossible. C’est ici qu’il faut dire haut et fort certaines choses, au risque de choquer ceux qui ne veulent pas sortir des sentiers battus de toujours ».

Les Évêques ont toujours su, en temps opportun, éveiller la conscience collective. Évêque de Nkongsamba et défenseur des Droits humains à l’époque des « trains de la mort » des génocides Bassa et Bamiléké, Monseigneur Albert NDONGMO disait avec force aux fidèles du Christ: « La religion, le christianisme ne sont pas là pour professer un angélisme béat et naïf, une sainte oisiveté. Le croyant, le chrétien doit faire quelque chose pour la promotion, pour le développement de l’homme, de son pays et du monde. Le chrétien doit donc inscrire son action au sein de l’action nationale pour le développement de tout le pays ; il doit être efficacement présent à tout ce qui se construit, à tout ce qui fait progresser l’homme, le pays et le monde. Et c’est justement dans cette mission qu’est requise la fidélité à Dieu, pour voir si notre vie, notre action, notre mission (politique, sociale, économique ou religieuse) a été accomplie selon le plan de Dieu. Car Dieu a un plan sur notre vie ; Dieu n’est pas indifférent à notre action ». C’était le 16 août 1964.

Je ne saurais terminer sans vous confier à la maternelle protection de Notre-Dame du Pilier de la Paix, Patronne du Cameroun, la Vierge Marie.

Fraternellement !

En la Saint Jean-Baptiste 2018

Nyëbë Edoa, laïc.


Comment la minorité anglophone au Cameroun peut-elle défaire la tyrannie la plus vielle d’Afrique ?

Une élection suffit-elle pour renverser une tyrannie ? Cette question est au cœur des débats au Cameroun où la crise anglophone reste l’un des principaux enjeux de la présidentielle du 7 octobre 2018. C’est depuis novembre 2016 que cette crise, aujourd’hui transformée en guérilla, fait la pluie et le beau temps dans les deux régions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest). La crise anglophone comme conséquence de l’échec de la gouvernance n’est qu’une lapalissade. Il devient donc évident, pour beaucoup, que le renversement du régime de Yaoundé reste l’une des solutions. Comment renverser donc une tyrannie vielle de 36 ans et tenue des mains de maître par Paul Biya, l’invétéré satrape ?

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Paul Biya, président du Cameroun tyrannie la plus vielle d’Afrique, au pouvoir depuis 36 ans. Crédit photo : Nyemb Popoli, caricaturiste camerounais

Pendant que les uns choisissent l’insurrection armée pour se débarrasser du tyran, d’autres s’apprêtent à l’affronter par les urnes le 7 octobre prochain. Nous sommes donc ici en face de deux solutions pour une même équation : la prise de pouvoir par deux armes, les urnes ou les kalachnikovs. Mais, ce qui est curieux ici c’est le fait que les deux stratégies sont portées chacune par deux communautés qui se distinguent par la langue officielle coloniale : le français et l’anglais. De quoi s’agit-il exactement ?

Il est question ici de montrer comment une communauté linguistique anglophone considéré comme minoritaire du fait du nombre de population (25% d’Anglophones et 75% de Francophones) serait-elle capable de renverser un régime considéré comme dictature depuis 1958. Comment un président élu à plus de 70% en 2011 est-il subitement considéré comme un obstacle à la résolution de la crise anglophone qui dure depuis 2016 ? Un regard à propos des débats sur la légalité et la légitimité du pouvoir de Paul Biya pour nous interroger sur la question de « majority rule ».

Les débats sur le respect des droits de la minorité au cœur de la crise anglophone

Depuis la convocation du corps électoral pour la présidentielle, le Cameroun vibre au rythme de l’une des propagandes politiques les plus mouvementés de son histoire. Cette période de précampagne est nourrie d’intrique de bas étage au point où certains vont même jusqu’à revendiquer de vrais débats d’idées sous le prétexte que les électeurs seraient sevrés depuis un bon bout. De mémoire d’observateur assidu de la scène politique camerounaise, je n’ai jamais connu de vrais débats d’idées en pareille circonstance.

Cependant, le seul débat et le seul combat qui ont un sens, c’est le respect des droits des minorités. Curieusement, toutes les tyrannies ont comme dénominateur commun, le piétinement des droits fondamentaux des minorités. Et dans un contexte de période électorale, on se fiche pas mal des débats sur l’idéologie ou le programme des candidats car en tyrannie les débats d’idées n’existent pas, non pas parce qu’ils ne sont pas intéressants, mais pour la simple raison qu’ils n’ont pas de sens, autrement dit, ils ne sont pas nécessaires, au sens marxiste du terme. Ce qui a un sens c’est comment faire pour restaurer la morale, le principe moral étant le respect des droits des plus faibles ? Par exemple, personne à mobilité réduite que je suis, ou si vous voulez, personne handicapée, l’un de mes principes qui m’est le plus cher dans la vie c’est bel et bien le respect des droits de la minorité qui est la majorité de demain. Le non-respect de ce principe fondamental fera de moi un rebelle. Aussi simple que ça.

Or, le tyran tire sa force sur le respect de la majorité qui lui donne la légalité pour gouverner. L’erreur fatale commise par les régimes tyranniques c’est de piétiner les droits de la minorité qui, victime de la stigmatisation, développera des stratégies de survie : c’est la légitime défense. La puissance de la tyrannie, fondée sur la détention de la violence d’Etat, rend le pouvoir de Yaoundé légal. Cependant, c’est le respect des droits des minorités qui rend ce pouvoir légitime. Ainsi, le non-respect de ces droits sera considéré comme une porte ouverte à la légitime défense. Cela veut donc dire que lorsque les minorités vont se lever pour revendiquer le respect de leurs droits, un régime qui s’assoit sur cette minorité pour régner, se sentira alors menacé et considèrera ces revendications comme un précepte pour le renverser. En tyrannie camerounaise, toute manifestation publique ou privée qui ne plaît pas aux autorités est considérée comme « trouble à l’ordre public » et interdit par un sous-fifre appelé « sous-préfet ».

Deux stratégies pour renverser la tyrannie

Il devient donc clair que la révolte de cette minorité peut mettre en péril le pouvoir du tyran. Conclusion, la stratégie de renversement de cette tyrannie peut se construire autour des revendications des droits des minorités. C’est ce que la minorité anglophone a compris depuis 2016. Pendant que les uns trouvent que les élections sont la solution, notamment les Francophones, les autres, les Anglophones, ont choisi les kalashnikovs. Deux communautés linguistiques, deux stratégies de renversement de la tyrannie. Tout compte fait, si le régime tyrannique de Yaoundé tombe par l’une ou l’autre stratégie, cela marquera le début d’un autre pan de l’histoire du Cameroun pour ne pas dire la révolution.

Ce qui est intéressant ici, c’est cette résistance anglophone qui mérite qu’on s’y attarde un tout petit peu. Chaque fois que le Cameroun traverse une crise sociopolitique qui entraîne des manifestations publiques, celles-ci se sont toujours soldées par des morts d’hommes. Tout simplement parce que la solution militaire a toujours été celle de la tyrannie. Cette frilosité est due évidemment à la peur. Cette peur et cette frilosité du satrape fait de la minorité un danger pour sa survie. Les gouvernants de la satrapie ont toujours cette impression que le soulèvement d’une minorité a un seul objectif : la révolution de palais. C’est la raison pour laquelle l’administration et l’armée ont gardé jusqu’aujourd’hui leur fonction coloniale : la répression.

La solution militaire et le pourrissement de la situation pour résoudre toutes crises socio-politiques ont toujours été l’arme du tyran. Cette stratégie avait l’avantage de décourager les jeunes manifestants. Je ne parle-là que des crises que j’ai vécues personnellement dans l’un des quartiers les plus populaires de Douala comme New-Bell, celles de 1991 et de 2008. Comme les jeunes manifestants n’avaient aucun soutien, ne serait-ce que financier, l’échec était prévisible.

Le manque de subsistance pour entretenir un mouvement social peut entraîner sa mort subite. Il suffit que les jeunes manifestants se sentent lésés que le mouvement se transforme et prend les allures d’un vandalisme à grande échelle. Le mouvement finira par s’éteindre (2008) sans atteindre son but (empêcher le tyran de modifier la constitution de 1996 pour faire sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel). Ou tout au plus, il finira par une compromission ou une négociation au rabais (Constitution de 1996 où les Anglophones n’étaient pas satisfaits) avec un régime qui est toujours en position de force (1991).

Soutenir un mouvement de renversement d’une tyrannie, celle la plus vielle d’Afrique, se fait à la fois sur le terrain et en dehors du terrain. Ça veut dire ceci : pendant que les uns mènent le combat de libération, je dis bien « combat de libération », les autres doivent le financer. La répartition du travail se fait de la manière suivante : les jeunes sur le terrain mènent le combat au Cameroun et la diaspora finance. Une sorte de division du travail, quoi. Voilà donc la bête noire de tous mouvements de libération : l’argent, le nerf de la guerre.

Hé oui ! Il a fallu du temps pour que les Anglophones comprennent cette stratégie : le pourrissement. Depuis décembre 2016, les Anglophones, avec le soutien de leur puissante diaspora, ont compris qu’il serait impossible de vaincre l’armée, la milice de Biya en les affrontant en face ou par les urnes. Le pourrissement et la militarisation choisis par Biya a comme effet de boomerang la déstabilisation de l’Etat par le Ghost town. Du coup, l’éradication du mouvement indépendantiste anglophone à travers les moyens militaires devient une hérésie. Pourquoi ? Parce que la guérilla a pour but de mettre l’Etat à genou en le soumettant, d’une part, à d’importantes charges liées à la guerre, et d’autre part, à la déstabilisation des sources de revenus.

Bien entendu, l’analyse reste valable une guérilla dont l’objectif consiste à se séparer d’une communauté où les Anglophones se considèrent comme marginalisés par la majorité Francophone. De toutes les façons, comme le dit l’économiste Dieudonné Essomba :

Dans cette histoire, ce ne sont pas les Sécessionnistes qui souffrent, mais les populations et surtout l’Etat. C’est l’Etat qui est harcelé à tout instant, c’est son autorité qui est démolie, c’est sa puissance qui est désacralisée. C’est surtout le doute sur ses capacités à assurer son autorité qui monte en force : les Villes Mortes imposées par les Sécessionnistes sont appliquées à la lettre, sans que l’Etat puisse les empêcher malgré ses efforts. Par ailleurs, ceux qui osent afficher ouvertement leur soutien à l’Etat sont enlevés et battus, voire exécutés.

Tchakounte Kemayou


Le Cameroun au cœur des violences faites aux femmes

Le féminisme (y compris le moins radical), s’est toujours insurgé contre tout ce qui fait des femmes, les bêtes de somme de l’humanité. Car même le siècle des Lumières qui a donné naissance aux idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, n’était pas moins misogyne. Raison pour laquelle les féministes condamnent avec véhémence, le moindre discours qui transgresse leurs droits et/ou leurs libertés.

Au Cameroun, à partir de la colonisation, de nombreuses actions féministes éclatantes ont été menées par des femmes pour leur libération, contre le colon français. Depuis les Indépendances, elles ont acquis progressivement de nombreux droits (vote, études, travail, etc.). À ce jour, les principales inégalités entre l’homme et la femme ont été réduites, mais il en faut davantage.

Si en temps de paix, les femmes souffrent de multiples maux de la part des hommes, (violences domestiques, sexisme, harcèlement sexuel, etc.) imaginez donc leur calvaire en temps de guerre ou de conflit armé comme tel est le cas actuellement au Nord-Ouest, au Sud-Ouest et à l’Extrême-Nord du Cameroun.

Cependant, le constat que l’on peut faire à présent est le suivant : les femmes semblent déboussolées par le tourbillon du je-m’en-foutisme, à propos de leurs propres malheurs ou ceux de leurs congénères. À telle enseigne que, je puis affirmer qu’au Cameroun, ce sont les hommes qui sont devenus plus féministes que les femmes.

En effet, quand l’affaire Bonita a fait scandale, ce sont les femmes qui la combattaient le plus, tant dis que les hommes majoritairement la défendaient. Ensuite la vidéo de l’exécution sommaire de deux mères avec leurs enfants dont un bébé a fait surface. Des femmes ont fait preuve de mutisme comme toujours ; les autres sont montées au créneau en parlant de « fake news ».

Actuellement, les mêmes femmes justifient ou défendent le criminel « homme en tenue » qui a violé arme à la main, une fille-mère de 17 ans qui allaite encore. Pour ces femmes manifestement victimes du syndrome de Stockholm, cette vidéo-témoignage est une théâtralisation.

La marche des femmes de Douala en juillet 1931 est un fait historique qui convient d’être évoqué ici. Lorsque le Haut-Commissaire Français Marchand augmentât l’impôt de capitation et l’étendit à toutes les femmes afin d’aider son pays durant la crise mondiale de 1929, les femmes, après plusieurs correspondances infructueuses auprès de l’autorité coloniale, refusèrent de payer l’impôt à elles exigé, et manifestèrent en marchant nues dans les rues de Douala.

Le Haut-Commissaire Marchand donna l’ordre à la police de tirer sur ces contestataires. Ce fut un carnage et la presse baptisa cet évènement la « fusillade des femmes de Douala ». À la métropole, certains journaux favorables à la cause des colonisés titraient du genre « on fusille les femmes au Cameroun ». C’était en 1931, ce qui n’a guère changé depuis lors, car le même système répressif français agit encore, exécute les femmes avec leurs bébés, par les sbires du papy-tyran, dont l’une des armes favorites est le viol.

Les femmes francophones sont bouche-bée. Pis, elles combattent celles qui ont le courage d’en parler publiquement. Quand dans une famille camerounaise il y a un cas de viol et/ou d’inceste, ce sont les femmes qui étouffent l’affaire pour protéger leurs maris, non sans accabler la victime, (même si c’est leur enfant) disant que c’est elle qui a cherché. Dans les établissements scolaires, lorsqu’un enseignant viole son élève, sa seule sanction est de lui faire changer d’établissement. Au travail lorsqu’une femme dénonce son patron-violeur ou harceleur, ce sont ses collègues femmes de la « promotion canapé » qui critiquent vertement la malheureuse insoumise. Etc.

Dans son « plan d’assistance humanitaire d’urgence dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », le Gouvernement camerounais a écrit : « Pour ce qui est de la protection des couches vulnérables, des campagnes de sensibilisation sont envisagées contre les violences basées sur le genre (VBG), les mariages et grossesses précoces… ». Cependant, des dizaines de filles ont été violées individuellement ou collectivement par des membres des « Forces de maintien de l’ordre et de la paix » depuis novembre 2016. Aucun n’a été arrêté. Bien au contraire, ils sont absouts et protégés par leur hiérarchie.

Toutes les femmes sont publiquement muettes sur ces viols. Toutes, en commençant par Chantal Biya, « Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO », « Commandeur de l’ordre international de la protection civile », « l’auréate d’Or du Grand prix humanitaire de France » etc. Aux premières heures de la crise anglophone, Brenda Biya avait écrit ces âneries via son compte Twitter : « Ne Laissons Pas La Possibilité Au Diable De Boire Le Sang Des Camerounais Qu’il Cherche À Boire Depuis Des Décennies, Nous Sommes Tous Camerounais ». Depuis là, aucun mot sur les exécutions et les viols des femmes par les sbires de papa.

Le « féminisme » des femmes Francophones s’observe un seul jour : le 8 mars. Ce jour-là, outre le « défilé des femmes », celles-ci excellent dans toutes sortes d’orgies, principalement la beuverie et la fornication. Le reste de l’année que font-elles quand la phallocratie et les violences faites aux femmes dictent leur loi ? Que font la Première Dame et ses synergies africaines ? Que font l’OFRDPC et le CERAC ? L’ACAFEJ, Association Camerounaises des femmes Juristes ? Que font les « femmes en tenue » quand leurs compagnons d’armes abusent de leur autorité et violent les filles ? Que disent les épouses, concubines et maîtresses de ces violeurs assassins ? Où se cache l’intelligentsia féminine ? Etc.

Si nous étions dans une démocratie, j’aurais dit aux femmes que, leurs votes peuvent faire basculer une élection et changer la donne. Mais au Cameroun je ne crois pas au verdict des urnes. Alors je demeure stupéfait, face à l’indifférentisme quasi unanime et complice des femmes francophones, sur les viols et les exécutions dont sont victimes d’autres femmes au Cameroun…

Nyëbë Edoa


Et la Champions League tua la Coupe du Monde

Qu’il était imprévisible ce Mondial. On l’a rebaptisé le Championnat de toutes les surprises. En fait tout était prévisible. Il n’y a plus de grandes équipes. Il n’y a même pas de Nation. Il n’y a qu’une seule notion : la Champions league.

C’est quoi la Champions League ?

La tombe de l’idée fédératrice du sport, l’élitisme capitaliste anti progressiste mais perfectionniste. D’abord cette expression de la dictature eurocentriste de la globalisation s’est tellement imposée que les identités ont pris du recul.

Qui dit Champions League ne parle pas d’Afrique ou d’Asie où la même compétition existe, mais seulement et exclusivement de la compétitions entre les clubs prestigieux d’Europe où les privilèges des clubs huppées ont tué la démocratie. Qui dit champions league dit Europe, petit Pseudo-continent d’Eurasie où se concentrent les bons joueurs, où il a été clair à partir des quarts de finale que la Coupe du monde était née pour signifier Coupe d’Europe et les autres n’y participent que s’ils infiltrent les joueurs dans ces multinationales appelées équipes nationales sommes toutes uniquement européennes au haut niveau.

Nous avons regardé cette coupe du Monde mentalement violées et polluée et conditionnées par la Champions League, celle qui a rempli nos écrans ces dernières années et celle qu’on voudrait voir la prochaine saison. On aurait dit que certains attendaient même que la revue mondiale finisse pour passer à la champions league où les 2-3-4 équipes que tout le monde aime allaient forcément finir au haut du tableau sans que les Joueurs, nos extraterrestres adorés soient dilués dans ces conglomérats mal assortis qu’on appelle équipe nationales. Qu’est-ce qu’on en a à foutre des équipes nationales si un frère peut servir un pays et son frère jumeau un autre qui se retrouve adversaire sur le terrain ?

Tous, fans, journalistes, parieurs, organisateurs, observateurs, agents ne pensions qu’à la valeur des joueurs qui sont susceptible d’être traduisible en codes inhérents à la champions league.

Bilan des joueurs de la Champions League au Mondial

L’Argentine n’a pas eu le loisir de présenter une équipe. Ils avaient un joueur qui fait des merveilles en club et en League. Alors, les autres bon joueurs de l’équipe ne nous intéressaient pas. Sans être dans la même poule, l’autre joueur qui nous frappait l’esprit est une entité à lui tout seul. Lui n’a ni équipe ni nation. Il joue seul. Il bat les adversaires seuls et quand il réalise un but ou un geste époustouflant, on ne pense pas à son pays. On pense à l’argentine. Non, pardon, à l’argentin qui pourrait faire pareil, mieux, gagner le ballon d’or, sauf que Oops, il n’a pas gagné la Champions league. Alors il peut rêver. Le mondial ne compte pas… On comptait les joueurs par équipe en se basant sur le niveau de prestige atteint en Champiosn league avec un club dans leur histoire personnelle.

La Pologne a tellement brillé par Lewandowski qui marque en Champions league au rythme de sa respiration que l’équipe n’est presque jamais arrivée au mondial, mise d’entrée de jeu en difficulté part le Sénégal.

Ah le Sénégal. Quel gâchis ! Un faisceau de Joueurs bons, intéressants parce qu’on en voit beaucoup en Champions League mais un dispositif de diasporés dont beaucoup ne sont devenus sénégalais que récemment justement parce qu’on les a vus en club européens et promus en sélection d’un pays où ils ont rarement mis les pieds. Tant pis, si ça tournait mal, on aurait quand-même remarqué des joueurs qui seraient révélés appétissants pour les clubs compétitifs en Champions League. Ah oui, ils avaient leur chance. Sadio Mané a joué une finale de Champions League. Koulibaly a flirté avec les quarts parfois. Alors pourquoi ce gardien ? On dira de lui qu’il était programmé pour être leur porte-malheur. Pourquoi ? Il joue en Afrique ! Bon, il peut aussi finalement décrocher un contrat en Europe et espérer jouer la champions league.

C’est ce qu’a fait Yurary pour le Danemark. Ce jeune Danois du père Tanzanien a pris son courage pour quitter la 3ième division allemande et accepter un contrat à Leipzig. La route pour émerger et le mondial pourraient l’aider parmi tant de siens qui goûtent déjà à la Champions League comme Schmeichel à aussi se taper un Club d’élite.

Les Islandais allaient où ? Un coach dentiste et un capitaine DJ ce n’est pas ce qu’on veut en Pro. Les joueurs qu’ils sont dispersé en Allemagne ou en Grèce ne pouvaient pas figurer au niveau de ceux qui jouent la Champions League. C’est une ligue dont le droit d’auteur est européen.

Le Panama qui ne connait que les petites ligues américaines ne pouvait pas rêver : DEHORS !

Les allemands ont compris que Lewandowski et Kagawa ne sont pas Allemands. S’ils marquent en club pendant que les équipes allemandes avancent en Champions League, ils ne sont pas de leur sélection nationale. Kagawa a honoré la sienne et Lewandowski se défendra pour garder sa place à Munich en disant que Neuer et Boateng aussi ont fait pitié.

La Colombie ne regrettera pas d’avoir essayé de garder l’esprit de nation. Falcao, Cuadrado et James connaissent la Champions league. D’autres la rejoindront. Le pays perd mais pas les joueurs. Il y a donc progrès n’est-ce pas ?

Ou tu joue la Champions League et on considère un peu ton équipe, ou tu fais comme le Costa Rica qui se défend avec orgueil et sait que le ballon sera souvent du coté du gardien pour qu’on sache qu’ils ne sont pas si mauvais que ça. Leur gardien c’est Navas. Lui c’est le portier du Real de Madrid, club né pour un jour disputer tout seul la champions league. C’est pour ça que Navas partira, remplacé dit-on par le gardien du Brésil qu’on courtise à Madrid tandis que celui de la Pologne ira se chercher à Turin. Ah ! c’était donc ça le Mondial !

Oui, c’était ça. Les Russes méritaient de sortir en 1/4 de finale. Quelle est cette sélection dont tous les joueurs évoluent au championnat local sauf 3 ? Qui les a vu en Champions League ? On sait qu’ils ont passé le premier tour parce que c’est Poutine qui a organisé leur combine à domicile. Pour penser avancer, ils devaient avoir des joueurs comme Modric qui a dominé à Madrid, ou Madzukic qui est grand à Turin. C’est pour ça que la Croatie les a battus. Leurs joueurs connaissent la Champions League… Diantre !

La Croatie n’existait pas il y a 28 ans quand la Russie a commencé à sortir des cendres de l’URSS. Avec ses 4 millions d’habitants, et des Joueurs qui évoluent dans 11 Championnats européens différents, la Croatie qui a remplacé son coach à la veille du Mondial a la plus grande densité de footballeurs de l’événement. Ils ont fixé leur pays sur la carte du monde et dans la tête des gens.

Eto’o aussi avait quitté la zone Champions League avec le défi de l’amener au Dagestan… Non non non. Ce n’était pas pour l’argent. Lui a vieilli, est resté bon, n’est plus jamais revenu en Champions League et le Cameroun a sombré. Mais il était donc si bon que ça ?

Si Ighalo du Nigeria avait su que ça comptait autant, pourquoi il a laissé L’Europe pour la Chine ? Vous aussi auriez laissé 23 millions d’euros comme ça ? S’il jouait en Champions League, il aurait marqué ce but qui n’est jamais arrivé contre l’argentine ou bien ? Mais c’est l’Argentine qui est passée, avec sa pléthores d’habitués de Champions League qui ne servaient à rien que relever le défi de leur 10 qui selon nous a pour mission dans l’histoire de découdre avec le 7 du Portugal. Voilà pourquoi je n’ai jamais mentionné ces 2 joueurs et pourquoi je n’ai jamais eu pour eux une attention en cette compétition qui aille au delà des nations. Le rendez-vous karma a bien marché et les deux, comme l’Espagne, paradis de la champions league, ont été accompagnés à la porte de sortie aux huitièmes de finale, c’est-à-dire au tout premier des matchs où les extraterrestres doivent faire la différence.

Sala de Champions League n’a pas pu le faire avec l’Egypte. Neymar, autre pointure du Champions Leaguisme est encore en train de rouler en direction du Brésil pour une faute que personne n’a commise sur lui sur la ligne touche… C’est lui qui devait départager les belligérants de Barcelone et Madrid en imposant comme Cavani la voix de Paris aux quarts de finales. Les deux ont d’ailleurs introduit un record dans les esprits de ceux qui ne regardent que la Champions League partout… Il parait que ce sont les joueurs du PSG qui exécutaient les ténors de la champions League, l’Argentin et le Portugais pour être précis. En Huitième de Finale, parmi les justiciers, à côté de Cavani, le nom d’un prodige français de père Camerounais et de mère Algérienne a dominé la scène. Kyllian Mbappè aussi est du Club de la capitale de France.

La Champions League et la jeunesse des joueurs

La France a affiché l’équipe la plus lourde en banque, celle dont les Joueurs passent le plus sur nos écrans quand il y a Champions League. Elle est allée loin pour ça ou parce que c’était la plus jeune des équipes ou encore parce que cette multinationale est une nation ? Déjà en 2016, le coach Islandais aurait dit que ce n’est pas compliqué de jouer contre un pays qui vient en tant que pays mais quand tu dois rencontrer la France, tu prépares le match contre la France et elle se ramène avec l’Union Africaine à sa suite… C’est injuste ? C’est ça le secret ?

Ils sont jeunes les Français Champions du Monde. L’avenir nous le dira. Le présent jusque là parlait assez pour la Belgique. Mais quelle langue ses joueurs parlent au terrain ? Demandez aux Suisses. Les nations ne sont qu’un soupçon, une impression, un prétexte. Les Africains eux ont dans ces occasion une Nation qu’on appelle États Unis d’Afrique qui présente 5 équipes. Si les Africains s’étaient consacrés un seul instant aux Équipes AFRICAINES comme ils s’occupent de la France, sur 5 Pays, une Équipe Africaine serait allée loin…

L’autre deuxième équipe parmi les plus jeunes est l’Angleterre. Avec la France, si ces deux équipes ont aussi des joueurs de Champions League et sont arrivées dans le dernier carré c’est que leur jeunesse et leur fraîcheur y a aussi joué pour beaucoup.

En effet, voici le résumé de notre point de vue sur le Football qui gagne : « la meilleure équipe pour La Coupe du Monde a besoin de jeunes qui savent maintenir attention, ambition et concentration au haut niveau ».

Southgate n’a déçu personne. Dès le début il a dit que l’Angleterre était là pour apprendre et chercher à gagner en 2022. Si c’est avec un attaquant comme Sterling qui a marqué 2 buts en sélection en 44 matchs alors oui, ils ont du chemin. Lukaku est meilleur que Kane qui, devant les petites équipes, a marqué 6 buts en 7 tirs. Incroyablement, il a fini le mondial en jouant 650 minutes sans un seul but. L’Angleterre était donc en stage : Redoublants ! L’Angleterre a tout de même éliminé la belle Suède. La particularité de celle-ci c’est que dès qu’elle s’est libérée de son longtemps Porte-Fanion en Champions League Ibrahimovic, sorti justement du giron de la prestigieuse compétition et plus forcément très recherché, la Suède est devenue intéressante et compétitive : belle, courageuse, rageuse.

Le mauvais sort de la Champions League

Pas très beau, resté vaniteux et superficiel c’est le Brésil. Au premier écueil, il s’est désagrégé. L’absence de Casemiro contre la Belgique et les facéties de Neymar à elles seules n’expliqueront pas les déboires d’une Séleção qui a notamment renoncé à l’Identité, identité culturelle sportive cette fois-ci. On a un Brésil qui ne joue plus comme le Brésil parce que pour 23 Joueurs, 22 ne jouent pas au Brésil, tous venus se chercher en Champions League…

Construire une charnière défensive imbattable avec 11 titulaires performants ne suffit pas. Les cartons et les blessures sont impitoyables dans une compétition où on veut aller loin. La Belgique, quant à elle, Champions League ou pas, a d’abord sélectionné 23 Champions réussissant à exécuter des remplacements sans faire regretter ceux qui quittent le terrain parce que ceux qui proviennent du banc de touche sont autant bons. Tellement bons que le coach a choisi de laisser à Rome Naingolan, incontournable Champions Leaguier au sein de son club l’AS Roma qui a bataillé fort pour le garder sans y parvenir. Il ira à l’Inter de Milan retrouver la Champions League sans rentrer en sélection.

Thierry Henry savait tout ça et a bataillé fort pour faire partie du staff de la Belgique. Pendant 2 ans, Il a postulé plusieurs fois et finalement s’est retrouvé face à la France l’ancienne sélection dont il est le buteur le plus prolifique dans un pays où on lui a réservé un traitement indigne à la fin de sa carrière.

Tous ceux qui sont arrivés en coupe du Monde avec des prévisions boostées par la Champions League en vue du ballon d’or on trouvé mauvais sort soit parce qu’avec eux le ballon dort et en place de la Coupe du Monde c’est la Coupe des Morts quand Chacun d’eux plie bagages et sort sans donner rien de plus au sport.

Les stars de champions league sont toutes arrivées essorées, paumées, défoncées et coincées. Pour ça, la finale n’a pas été une surprise. Elle ne présentait en fait aucune favorite sur le papier. Son résultat n’ont plus n’a été révolutionnaire…

L’Espagne qui a voulu rester primadonna et a ramené sa prestigieuse équipe de Champions League a plié bagages avec son arrogance. Elle s’en est allée continuer après le scandale de son coach qui justement accompagne la sélection au mondial mais sabote secrètement l’honneur national pour une signature du club divin de Champions League à Madrid.

Pourquoi la Champions League a-t-elle perdu sa valeur ?

Les Espagnols pourtant ont déplacé l’attention des aficionados du Mondial en travaillant sur les transferts. Le plus Impressionnant des joueurs de Champions League a commencé à ne plus faire parler de son futur en club qu’on ne parlait des équipes restées en compétition après l’élimination de sa sélection. Quelle insolence éliminer le Portugal ! Depuis, nous avons un concert continu sur son transfert à Turin. On avait hâte que le Mondial finisse vite pour qu’on comprennent les couleurs de son destin… C’est fait !

Il est venu en Italie. Les Amoureux de champions league continueront leur transhumance, oublieront vite la coupe du Monde et reprendront les paris pour un joueur, un club, une compétition qui draine dividendes et passions perdant de son sens en vidant le sang des autres….

Moi ça fait longtemps que le foot italien ne me dit plus rien. Beaucoup continuent à en penser du grand bien. Mon rêve c’est le Football camerounais, le Sport Africain en général comme à l’époque. L’éducation Physique c’est quand on avait 50 minutes pour aller gambader sur un terrain à l’école en grignotant quelques minutes à l’heure de maths qui suivait… Le sport c’est quand on jouait dans le rue au quartier sans autre enjeu que les morceaux de viande dans la sauce du FuFu pour le gagnant ou les yeux des sœurs des perdants puisque les filles n’aiment que les victorieux. On acceptait, Sportivement… Le Foot c’est quand Fédéral de Foumban venait défier l’Entente de Ngaoundéré. Aux inter-poules tu ne pouvais pas aller jouer à Pouma parce que le public tirait l’ailier dans la foule et le massacrait de coups de cannes à sucre.

Au delà de ça c’est le business… La politique… Mon regret c’est quand je rentre au Cameroun pensant encore y trouver de la valeur, mais mes amis me snobent le soir pour aller dans des bars s’agglutiner autour de bouteilles de bière en dessous d’un écran où on voit courir des joueurs qui disputent la champions league européenne sans aucune idée de leur existence ni de respect pour leurs pauvres vies…

Personnellement je trouve le football européen ennuyeux. Mais vraiment ENNUYEUX… Tu as un ou maximum deux clubs par pays qui balaient tout et si la formule par club ne marche pas, les joueurs eux de toute façon fonctionnent comme des mercenaires. Ils dévastent tout ce qui est possible de remporter dans un pays et se transfèrent dans le prochain…

Si Le football doit récupérer de son potentiel et de sa signification, il faut qu’il sorte de la logiques de la champions league…

Mougoué Mathias Liønkïng 


Quand la joie des Bleus fait réagir les Africains

Ambiance féérique au sein des Bleus ce samedi 30 juin 2018 en Russie. Après la victoire (4-3) face à l’Argentine en 8e de finale de la Coupe du monde, au stade Arena Kazan, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire. Les joueurs se sont livrés à quelques séances d’ambiances au rythme des musiques africaines dans le bus qui les ramenait à l’hôtel. La surprise ici ne vient pas des joueurs eux-mêmes, mais des Africains qui en ont fait leurs choux gras.

Ce billet a initialement été publié sur matango.mondoblog.org

Cette vidéo d’ambiance aux rythmes des musiques africaines a soulevé des tollés chez beaucoup d’Africains. Les opinions aussi diverses que variées se succèdent sur la Toile. Elles mettent en exergue la pensée des uns et des autres fondés pour certains sur des préjugés. Les Africains avaient besoin d’un prétexte pour dire ce qu’ils pensent de l’équipe nationale française. L’occasion faisant le larron, ils se sont lâchés pour « vider leur sac ». Tout est dit sur les footballeurs, les sportifs en général, qui ont choisi d’autres cieux pour exprimer leurs talents. Ils sont vilipendés. Ils sont vivement critiqués pour avoir choisi de se mettre au service de la France, l’ancien colonisateur.

Dans les lignes qui suivent, voici une liste de clichés piqués ça et là sur les réseaux sociaux et dans les lieux publics. Mais avant, un petit tour sur la vidéo pour vivre l’ambiance en quelques mots.

Grosse ambiance dans le bus

Tout commence dans les vestiaires. Malheureusement, en dehors de ce qu’on pourrait imaginer comme ambiance dans ces lieux après une aussi belle victoire, aucune image n’est disponible, sauf cette selfie de Lucas Hermandez se félicitant d’une mission bien remplie :

Ce qui fait le buzz depuis la fin du match, c’est une autre selfie vidéo qui circule sur la Toile. Les Bleus sont dans le bus qui les ramène dans leur camp à Istra. On les observe en liesse en train de mimer les titres les plus populaires en Afrique. Ils s’illustrent habillement dans un rythme endiablé de N’dombolo. C’est Pokba, Ngolo Kanté et autres qu’on voit se défouler avec d’autres titres célèbres comme Séka Séka de DJ Maréshall et Sentiment Moko de DJ Caloudji. Même la Sagacité du très célèbre artiste Douk Saga n’a pas échappé au playlist.

Voici une vidéo de l’ambiance comme si vous y étiez :

De l’aéroport vers l’hôtel, on a observé une autre ambiance menée par une foule de fans qui attendait dans le hall de Hilton Garden Inn Moscow New Riga. La chaleureuse accueil scandée par des salves d’applaudissements des fans n’a pas laissé les Bleus indifférents. Visiblement déjà fatigués par des séances de chants très mouvementés, leur sourire suffisait à témoigner l’appréciation de l’accueil.

Jusque-là, on était loin d’imaginer que ces ambiances, dans une équipe des Bleus, largement diffusées sur les réseaux sociaux, pourraient susciter de quelconques polémiques.

Quelques clichés collés aux Bleus noirs par les Africains

1. La domination des Bleus noirs

Les premières réactions des Africains sur cette vidéo sont unanimes sur la domination, pas seulement numérique, mais surtout psychologique des Noirs chez les Bleus. Ce sont les tenants de la thèse sur la loi du grand nombre. Ils s’opposent cette autre thèse qui postule que : « Les immigrés ou leurs descendants qui vivent en Occident, finissent par perdre leur culture à travers un processus d’intégration et de socialisation ». Le revers de cette intégration est malheureusement l’assimilation.

Cette vidéo donne l’occasion de confirmer l’hypothèse de la loi statistique du plus grand nombre qui réfute celle de l’intégration dans un environnement dominé par les étrangers majoritaires. Le nombre croissant d’immigrés dans l’équipe nationale de France imposera un changement d’habitus. Au finish, ce sont les Bleus blancs, minoritaires, qui vont finir par s’intégrer à la culture nègre importée au sein de l’équipe nationale française par les Bleus noirs. C’est comme un effet de boomerang. Que peuvent bien faire Griezman et ses compatriotes Français devant une horde de Noirs qui impose son rythme d’ambiance ?

2. Un total climat de méfiance

Il y en a qui se posent toujours la question de savoir pourquoi les joueurs ont-ils subitement décidé, pour cette Coupe du monde 2018, de se lâcher publiquement ? C’est la première fois, apparemment, que le public a droit à de telles scènes de liesse au sein des Bleus.

Si aucune information ne filtre sur l’existence d’une telle ambiance lors des compétitions antérieures, il y a de forts risques, pour René Ngono, enseignant à la retraite à Douala, de souscrire à l’hypothèse de l’autocensure. Comment une équipe française, avec une majorité écrasante d’Africains et d’Antillais, vivait-elle avant ? Est-ce seulement une autocensure ? René Ngono imagine bien que les Noirs étaient auparavant victimes de la culture des Gaulois :

Ils sont comme enfermés dans une sorte de caste ou de secte. Ce qui est certain, l’ambiance dans une équipe existe toujours après une victoire. Soit cette ambiance était rythmée par des sonorité africaine ou ne l’était pas. Mais le simple fait de ne pas les rendre public, témoigne de ce qu’il existait un climat de méfiance autour des Bleus noirs. Cela les empêchait de s’exprimer culturellement parlant.

3. Une stigmatisation vite oubliée

Le journaliste Français de Martinique Première, Serge Bile, d’origine ivoirienne, ne dit pas le contraire. Pour lui, les Noirs en sélection au sein de l’équipe nationale française de football manifestaient rarement de manière spontanée et en public leur joie aux sonorités nègres. C’est comme s’ils avaient eu peur d’exprimer leur différence collectivement :

Ils se coulaient généralement dans le moule, assignés à une relative discrétion en raison sans doute des attaques violentes dont ils étaient la cible de la part de ceux qui dénonçaient le trop plein de Noirs en équipe de France, qu’il s’agisse de politiciens comme Jean-Marie Le Pen et Georges Frêche ou d’un philosophe comme Alain Finkielkraut.

René Ngono conclut ses propos par une note positive :

Il ne faut pas simplifier cette ambiance. Elle est le symbole d’une rupture, voire d’une révolution des habitudes à la française qui caractérisaient l’équipe de France. C’est vraisemblablement une page de l’histoire qu’on vient de tourner

4. « La vidéo d’une bande d’hypocrites »

L’opinion populaire en Afrique considère les Bleus noirs comme des « enfants gâtés ». Étant fils d’immigrés, évoluant dans les club prestiges, ils ont fait le choix du luxe en optant pour l’équipe des Bleus. Ils sont considérés comme ceux qui ont déjà perdus leurs racines. En d’autres termes, lorsqu’on est né en France comme Kylian Mbappe, physiquement loin de l’Afrique, et qu’on y a passé toute son enfance, il devient pratiquement impossible de conserver les bribes de sa culture malgré la couleur de sa peau.

Les sportifs africains qui choisissent la France ou d’autres pays en Europe ont perdus leur identité d’origine. Ils n’ont aucun lien avec leur pays d’origine, qu’ils n’ont même jamais visité pour la plupart. Pour Junior Zogo, ancien Commissaire de police et vivant en exil,

Cette vidéo est faite pour narguer les Africains. Pourquoi ne pouvaient-ils pas mettre des sonorités françaises pour montrer leur amour pour la France qu’ils ont choisi de servir ? Des hypocrites qui croient aimer l’Afrique. Je vois leur sale jeu. Et ce n’est pas drôle du tout.

5. « Les petits complexés »

Cette vidéo témoigne-t-elle d’un amour débordant des Bleus noirs pour l’Afrique ? En tous les cas, le journaliste Xavier Messe estime que les sportifs qui vivent dans un confort douillet ont un devoir de solidarité envers un pays qui a besoin des talents de tous ses fils. Malgré la liberté qu’ils ont de choisir le pays qu’ils vont servir, le simple refus de servir son pays d’origine est considéré comme un complexe, une frustration. Le journaliste camerounais qualifie ce type de joueurs, parlant du jeune Kylian Mbappe, de « petits complexées » :

Les gens sont libres de faire leur choix, nous devons les respecter. Parallèlement à son refus d’être Camerounais, des millions d’autres humains sont très fiers d’être Camerounais. Ceux qui renient leurs origines pour des cieux bien bleus ne sont rien d’autres que de petits complexés dont nous pouvons nous passer allègrement. Mbappé en fait partie malheureusement.

Jacques Homssi, opérateur économique vivant à Douala, va même plus loin. Pour lui, la sortie des équipes africaines dès le premier tour de cette Coupe du monde 2018 doit les être imputée. Cette défaite collective prouve que l’Afrique perd ses talents au profit des pays riches.

6. « L’Afrique tue les talents »

Ici, les critiques sont plutôt dirigées vers ceux qui osent condamner les fils d’immigrés en les vouant aux gémonies. Pour eux, les talents ne peuvent évoluer que dans un milieu adapté aux meilleurs conditions de travail. Les résultats en dépendent. La plupart de joueurs, fils d’immigrés, qui évoluent en Europe travaillent dans un environnement qui répond aux normes de qualité. Ce qui n’est pas le cas des pays africains. Hamed Moukaïla, un fonctionnaire du ministère du sport et de l’éducation physique, avoue que :

La plupart des infrastructures dédiées à la formation des jeunes pour qu’ils expriment leurs talents sont dans un état vétuste si elles existent. La gestion financière des activités sportives manque toujours de rigueur. Si nous ne faisons rien pour eux ici, comment allons-nous les retenir ? Nous ne savons pas gérer les génies. En Afrique, on tue les talents.

Le reproche fait aux joueurs noirs en équipe de France est celui de refuser de venir sortir leur pays de l’ornière.

7. L’humanitaire pour se racheter ?

Alexis Ngos, informaticien, estime que « curieusement, ces joueurs ont tendance à venir en Afrique jouer au Père Noël. L’humanitaire n’est pas une preuve d’amour pour l’Afrique ». Cette tendance à faire de l’humanitaire en Afrique est bel et bien une preuve que les immigrés reconnaissent la nécessité de rendre service aux siens. Mais, est-ce suffisant pour leur donner un chèque en blanc ? Même les Blancs viennent faire de l’humanité en Afrique.

Revenir jouer en Afrique dans l’équipe nationale de son pays d’origine, c’est se surpasser. Beaucoup ne voulant pas faire cet effort, se rachète donc en faisant de l’humanitaire.

8. Les Français sont-ils reconnaissants ?

D’autres opinions se préoccupent plutôt du sort réservé à ces joueurs par la France et les Français. Pour elles, les immigrés ou fils d’immigrés ne doivent pas seulement se contenter de gros salaire. Ils doivent imposer le respect et la dignité qu’ils méritent pour service bien rendu. Pour Bernard Lakouzi, Banquier Canadien d’origine camerounaise,

Dans la gloire, les Français blancs sont prêts à embrasser les immigrés. La preuve, il n’y a qu’à observer leurs réactions à la moindre défaite des Bleus. Cette défaite, ils l’attribueront aux Noirs, aux Nègres. La France ne veut pas d’immigrés qui ne leur servent à rien.

Pour ce banquier, cette vidéo montrant la joie des joueurs noirs n’est que la face cachée de l’iceberg. Au fond, sont-ils satisfaits de ce que les Français pensent d’eux ? Emilie Payong, commerçante à Yaoundé et fan de foot, soutient aussi cette opinion et évoque le cas des médias français pour justifier son assertion :

Il n’y a qu’à suivre les médias français qui se gargarisent de la victoire des sportifs immigrés ou fils d’immigrés. Ils ont l’habitude de crier dans nos oreilles : « Les Français sont champions du monde ! ». En cas de défaite, ces mêmes médias les vouent aux gémonies avec des clichés négatifs : « Ces joueurs d’origine africaines… » et bla bla… Bref, ce ne sont plus des « Français », ce sont des « immigrés d’origine… ». D’ailleurs, si ça ne dépendait que de moi, je souhaite que la France n’aille pas loin dans cette coupe du monde au risque de nous polluer avec des louanges à n’en plus finir par ces médias.

9. La France, au-delà des préjugés

Pour conclure, le journaliste Serge Bile nous amène à considérer cette vidéo comme une sorte de révolution dans la mentalité des Bleus. Ils ont pris l’initiative d’oser et de faire tomber les tabous au sein de l’équipe de France. L’enseignement à tirer ici c’est qu’il ne faut pas avoir peur d’assumer son destin quoi qu’on dise. Les Bleus noirs ont oser briser les barrières. Ils ont ouvert une autre page d’histoire du football français  et c’est tant mieux :

En fait, ces joueurs nous ont montré qu’il n’y a pas qu’une façon de faire bouger les lignes dans ce pays, celle qui consisterait uniquement à espérer et attendre nerveusement que les mentalités changent. Non !! Ces jeunes nous ont rappelé qu’on peut aussi ouvrir une fenêtre dans la tête de l’autre, dès lors qu’on n’a ni peur ni honte d’assumer d’où l’on vient et ce qu’on est, en conquérant sa part avec ses contreparties, un peu comme le musicien qui apporte sa petite touche, sa petite note personnelle, au jeu et à la musique finale de l’orchestre.

Pour le reste, les commentaires ne valent que ce qu’ils sont.

Peut-on se limiter à la vidéo pour juger ?

Le sentiment anti-français peut largement expliquer ces jugements hâtifs. Ce sentiment suffit pour se rendre compte que les Africains n’ont pas encore digéré ce paternalisme qu’ils imputent à la France dans la gestion de leur pays. L’ostracisme des Africains (certains) est observé chez tous ceux qu’ils jugent comme un suppôts de la France. Du coup, les Bleus noirs se retrouvent entrain de subir des griefs pour le simple fait de servir le « colon ».

Peut-on alors se limiter aux clichés pour émettre un jugement sérieux ? Peut-on se limiter à une vidéo éphémère de quelques petites secondes et livrer les immigrés à la vindicte populaire ? Tout avis sur une communauté ou un individu ne peut avoir du sens que s’il est fondé sur des preuves matériel et concrètes et non sur des morceaux ou des bribes de vie. Autrement dit, les préjugés ne se nourrissent que des rumeurs. Il faut donc faire attention au préjugé. Il est plus émotif que rationnel.

Voici un bonus vidéo de la fiesta.

Allez les Bleus !


L’ambiance chez les Bleus fait réagir les Africains

Ambiance féérique au sein des Bleus ce samedi 30 juin 2018 en Russie. Ce jour, la France affrontait l’Argentine en 8è de finale de la Coupe du monde de football. Après la victoire des Bleus (4-3) au stade Arena Kazan, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire. Les joueurs se sont livrés à quelques séances d’ambiances au rythme des musiques africaines dans le bus qui les ramenait à l’hôtel. La surprise ici ne vient pas des joueurs eux-mêmes, mais des Africains qui en ont fait des choux gras.

Cette vidéo d’ambiance aux rythmes des musiques africaines a soulevé des tollés chez beaucoup d’Africains. Les opinions aussi diverses que variées se succèdent sur la Toile. Elles mettent en exergue la pensée des uns et des autres fondés pour certains sur des préjugés. Les Africains avaient besoin d’un prétexte pour dire ce qu’ils pensent de l’équipe nationale française. L’occasion faisant le larron, ils se sont lâchés pour « vider leur sac ». Tout est dit sur les footballeurs, les sportifs en général, qui ont choisi d’autres cieux pour exprimer leurs talents. Ils sont vilipendés. Ils sont vivement critiqués pour avoir choisi de se mettre au service de la France, l’ancien colonisateur.

Dans les lignes qui suivent, voici une liste de clichés piqués ça et là sur les réseaux sociaux et dans les lieux publics. Mais avant, un petit tour sur la vidéo pour vivre l’ambiance en quelques mots.

Description de l’ambiance dans le bus

Tout commence dans les vestiaires. Malheureusement, en dehors de ce qu’on pourrait imaginer comme ambiance dans ces lieux après une aussi belle victoire, aucune image n’est disponible, sauf cette selfie de Lucas Hermandez se félicitant d’une mission bien remplie :

Ce qui fait le buzz depuis la fin du match, c’est une autre selfie vidéo qui circule sur la Toile. Les Bleus sont dans le bus qui les ramène dans leur camp à Istra. On les observe en liesse en train de mimer les titres les plus populaires en Afrique. Ils s’illustrent habillement dans un rythme endiablé de N’dombolo. C’est Pokba, Ngolo Kanté et autres qu’on voit se défouler avec d’autres titres célèbres comme Séka Séka de DJ Maréshall et Sentiment Moko de DJ Caloudji. Même la Sagacité du très célèbre artiste Douk Saga n’a pas échappé au playlist.

Voici une vidéo de l’ambiance comme si vous y étiez :

De l’aéroport vers l’hôtel, on a observé une autre ambiance menée par une foule de fans qui attendait dans le hall de Hilton Garden Inn Moscow New Riga. La chaleureuse accueil scandée par des salves d’applaudissements des fans n’a pas laissé les Bleus indifférents. Visiblement déjà fatigués par des séances de chants très mouvementés, leur sourire suffisait à témoigner l’appréciation de l’accueil.

Jusque-là, on était loin d’imaginer que ces ambiances, dans une équipe des Bleus, largement diffusées sur les réseaux sociaux, pourraient susciter de quelconques polémiques.

Quelques clichés collés aux Bleus noirs par les Africains

1. La domination des Bleus noirs

Les premières réactions des Africains sur cette vidéo sont unanimes sur la domination, pas seulement numérique, mais surtout psychologique des Noirs chez les Bleus. Ce sont les tenants de la thèse sur la loi du grand nombre. Ils s’opposent cette autre thèse qui postule que : « Les immigrés ou leurs descendants qui vivent en Occident, finissent par perdre leur culture à travers un processus d’intégration et de socialisation ». Le revers de cette intégration est malheureusement l’assimilation.

Cette vidéo donne l’occasion de confirmer l’hypothèse de la loi statistique du plus grand nombre qui réfute celle de l’intégration dans un environnement dominé par les étrangers majoritaires. Le nombre croissant d’immigrés dans l’équipe nationale de France imposera un changement d’habitus. Au finish, ce sont les Bleus blancs, minoritaires, qui vont finir par s’intégrer à la culture nègre importée au sein de l’équipe nationale française par les Bleus noirs. C’est comme un effet de boomerang. Que peuvent bien faire Griezman et ses compatriotes Français devant une horde de Noirs qui impose son rythme d’ambiance ?

2. Un total climat de méfiance

Il y en a qui se posent toujours la question de savoir pourquoi les joueurs ont-ils subitement décidé, pour cette Coupe du monde 2018, de se lâcher publiquement ? C’est la première fois, apparemment, que le public a droit à de telles scènes de liesse au sein des Bleus.

Si aucune information ne filtre sur l’existence d’une telle ambiance lors des compétitions antérieures, il y a de forts risques, pour René Ngono, enseignant à la retraite à Douala, de souscrire à l’hypothèse de l’autocensure. Comment une équipe française, avec une majorité écrasante d’Africains et d’Antillais, vivait-elle avant ? Est-ce seulement une autocensure ? René Ngono imagine bien que les Noirs étaient auparavant victimes de la culture des Gaulois :

Ils sont comme enfermés dans une sorte de caste ou de secte. Ce qui est certain, l’ambiance dans une équipe existe toujours après une victoire. Soit cette ambiance était rythmée par des sonorité africaine ou ne l’était pas. Mais le simple fait de ne pas les rendre public, témoigne de ce qu’il existait un climat de méfiance autour des Bleus noirs. Cela les empêchait de s’exprimer culturellement parlant.

3. Une stigmatisation vite oubliée

Le journaliste Français de Martinique Première, Serge Bile, d’origine ivoirienne, ne dit pas le contraire. Pour lui, les Noirs en sélection au sein de l’équipe nationale française de football manifestaient rarement de manière spontanée et en public leur joie aux sonorités nègres. C’est comme s’ils avaient eu peur d’exprimer leur différence collectivement :

Ils se coulaient généralement dans le moule, assignés à une relative discrétion en raison sans doute des attaques violentes dont ils étaient la cible de la part de ceux qui dénonçaient le trop plein de Noirs en équipe de France, qu’il s’agisse de politiciens comme Jean-Marie Le Pen et Georges Frêche ou d’un philosophe comme Alain Finkielkraut.

René Ngono conclut ses propos par une note positive :

Il ne faut pas simplifier cette ambiance. Elle est le symbole d’une rupture, voire d’une révolution des habitudes à la française qui caractérisaient l’équipe de France. C’est vraisemblablement une page de l’histoire qu’on vient de tourner

4. « La vidéo d’une bande d’hypocrites »

L’opinion populaire en Afrique considère les Bleus noirs comme des « enfants gâtés ». Étant fils d’immigrés, évoluant dans les club prestiges, ils ont fait le choix du luxe en optant pour l’équipe des Bleus. Ils sont considérés comme ceux qui ont déjà perdus leurs racines. En d’autres termes, lorsqu’on est né en France comme Kylian Mbappe, physiquement loin de l’Afrique, et qu’on y a passé toute son enfance, il devient pratiquement impossible de conserver les bribes de sa culture malgré la couleur de sa peau.

Les sportifs africains qui choisissent la France ou d’autres pays en Europe ont perdus leur identité d’origine. Ils n’ont aucun lien avec leur pays d’origine, qu’ils n’ont même jamais visité pour la plupart. Pour Junior Zogo, ancien Commissaire de police et vivant en exil,

Cette vidéo est faite pour narguer les Africains. Pourquoi ne pouvaient-ils pas mettre des sonorités françaises pour montrer leur amour pour la France qu’ils ont choisi de servir ? Des hypocrites qui croient aimer l’Afrique. Je vois leur sale jeu. Et ce n’est pas drôle du tout.

5. « Les petits complexés »

Cette vidéo témoigne-t-elle d’un amour débordant des Bleus noirs pour l’Afrique ? En tous les cas, le journaliste Xavier Messe estime que les sportifs qui vivent dans un confort douillet ont un devoir de solidarité envers un pays qui a besoin des talents de tous ses fils. Malgré la liberté qu’ils ont de choisir le pays qu’ils vont servir, le simple refus de servir son pays d’origine est considéré comme un complexe, une frustration. Le journaliste camerounais qualifie ce type de joueurs, parlant du jeune Kylian Mbappe, de « petits complexées » :

Les gens sont libres de faire leur choix, nous devons les respecter. Parallèlement à son refus d’être Camerounais, des millions d’autres humains sont très fiers d’être Camerounais. Ceux qui renient leurs origines pour des cieux bien bleus ne sont rien d’autres que de petits complexés dont nous pouvons nous passer allègrement. Mbappé en fait partie malheureusement.

Jacques Homssi, opérateur économique vivant à Douala, va même plus loin. Pour lui, la sortie des équipes africaines dès le premier tour de cette Coupe du monde 2018 doit les être imputée. Cette défaite collective prouve que l’Afrique perd ses talents au profit des pays riches.

6. « L’Afrique tue les talents »

Ici, les critiques sont plutôt dirigées vers ceux qui osent condamner les fils d’immigrés en les vouant aux gémonies. Pour eux, les talents ne peuvent évoluer que dans un milieu adapté aux meilleurs conditions de travail. Les résultats en dépendent. La plupart de joueurs, fils d’immigrés, qui évoluent en Europe travaillent dans un environnement qui répond aux normes de qualité. Ce qui n’est pas le cas des pays africains. Hamed Moukaïla, un fonctionnaire du ministère du sport et de l’éducation physique, avoue que :

La plupart des infrastructures dédiées à la formation des jeunes pour qu’ils expriment leurs talents sont dans un état vétuste si elles existent. La gestion financière des activités sportives manque toujours de rigueur. Si nous ne faisons rien pour eux ici, comment allons-nous les retenir ? Nous ne savons pas gérer les génies. En Afrique, on tue les talents.

Le reproche fait aux joueurs noirs en équipe de France est celui de refuser de venir sortir leur pays de l’ornière.

7. L’humanitaire pour se racheter ?

Alexis Ngos, informaticien, estime que « curieusement, ces joueurs ont tendance à venir en Afrique jouer au Père Noël. L’humanitaire n’est pas une preuve d’amour pour l’Afrique ». Cette tendance à faire de l’humanitaire en Afrique est bel et bien une preuve que les immigrés reconnaissent la nécessité de rendre service aux siens. Mais, est-ce suffisant pour leur donner un chèque en blanc ? Même les Blancs viennent faire de l’humanité en Afrique.

Revenir jouer en Afrique dans l’équipe nationale de son pays d’origine, c’est se surpasser. Beaucoup ne voulant pas faire cet effort, se rachète donc en faisant de l’humanitaire.

8. Les Français sont-ils reconnaissants ?

D’autres opinions se préoccupent plutôt du sort réservé à ces joueurs par la France et les Français. Pour elles, les immigrés ou fils d’immigrés ne doivent pas seulement se contenter de gros salaire. Ils doivent imposer le respect et la dignité qu’ils méritent pour service bien rendu. Pour Bernard Lakouzi, Banquier Canadien d’origine camerounaise,

Dans la gloire, les Français blancs sont prêts à embrasser les immigrés. La preuve, il n’y a qu’à observer leurs réactions à la moindre défaite des Bleus. Cette défaite, ils l’attribueront aux Noirs, aux Nègres. La France ne veut pas d’immigrés qui ne leur servent à rien.

Pour ce banquier, cette vidéo montrant la joie des joueurs noirs n’est que la face cachée de l’iceberg. Au fond, sont-ils satisfaits de ce que les Français pensent d’eux ? Emilie Payong, commerçante à Yaoundé et fan de foot, soutient aussi cette opinion et évoque le cas des médias français pour justifier son assertion :

Il n’y a qu’à suivre les médias français qui se gargarisent de la victoire des sportifs immigrés ou fils d’immigrés. Ils ont l’habitude de crier dans nos oreilles : « Les Français sont champions du monde ! ». En cas de défaite, ces mêmes médias les vouent aux gémonies avec des clichés négatifs : « Ces joueurs d’origine africaines… » et bla bla… Bref, ce ne sont plus des « Français », ce sont des « immigrés d’origine… ». D’ailleurs, si ça ne dépendait que de moi, je souhaite que la France n’aille pas loin dans cette coupe du monde au risque de nous polluer avec des louanges à n’en plus finir par ces médias.

9. La France, au-delà des préjugés

Pour conclure, le journaliste Serge Bile nous amène à considérer cette vidéo comme une sorte de révolution dans la mentalité des Bleus. Ils ont pris l’initiative d’oser et de faire tomber les tabous au sein de l’équipe de France. L’enseignement à tirer ici c’est qu’il ne faut pas avoir peur d’assumer son destin quoi qu’on dise. Les Bleus noirs ont oser briser les barrières. Ils ont ouvert une autre page d’histoire du football français  et c’est tant mieux :

En fait, ces joueurs nous ont montré qu’il n’y a pas qu’une façon de faire bouger les lignes dans ce pays, celle qui consisterait uniquement à espérer et attendre nerveusement que les mentalités changent. Non !! Ces jeunes nous ont rappelé qu’on peut aussi ouvrir une fenêtre dans la tête de l’autre, dès lors qu’on n’a ni peur ni honte d’assumer d’où l’on vient et ce qu’on est, en conquérant sa part avec ses contreparties, un peu comme le musicien qui apporte sa petite touche, sa petite note personnelle, au jeu et à la musique finale de l’orchestre.

Pour le reste, les commentaires ne valent que ce qu’ils sont.

Peut-on se limiter à la vidéo pour juger ?

Le sentiment anti-français peut largement expliquer ces jugements hâtifs. Ce sentiment suffit pour se rendre compte que les Africains n’ont pas encore digéré ce paternalisme qu’ils imputent à la France dans la gestion de leur pays. L’ostracisme des Africains (certains) est observé chez tous ceux qu’ils jugent comme un suppôts de la France. Du coup, les Bleus noirs se retrouvent entrain de subir des griefs pour le simple fait de servir le « colon ».

Peut-on alors se limiter aux clichés pour émettre un jugement sérieux ? Peut-on se limiter à une vidéo éphémère de quelques petites secondes et livrer les immigrés à la vindicte populaire ? Tout avis sur une communauté ou un individu ne peut avoir du sens que s’il est fondé sur des preuves matériel et concrètes et non sur des morceaux ou des bribes de vie. Autrement dit, les préjugés ne se nourrissent que des rumeurs. Il faut donc faire attention au préjugé. Il est plus émotif que rationnel.

Voici un bonus vidéo de la fiesta.

Allez les Bleus !


Coupe du monde 2018 : l’Argentine se qualifie in-extremis face au Nigeria

Quand une équipe fait bloc autour de son entraîneur surtout contre la presse, elle donne des signes de solidité et santé malgré les résultats. Quand dans une équipe, un leader se lève et prend sur lui de la protéger contre la contestation, respect lui est dû parce que le message qui passe préserve unité et force mentale. Avec l’Argentine, rien de tout ça n’était encore arrivé et le Nigeria  en a profité un moment…

C’est l’hymne du Nigeria « et les compatriotes émergent » qui retentit en premier. Dans les tribunes se trouve le légendaire Kanu qui sait comment battre l’argentine. Tout de suite immortels comme dit leur hymne, chant à la liberté, c’est leur ambition après l’effondrement et la prétendue révolution des vestiaires sur laquelle le président de la fédération a jeté de l’eau pour éteindre le feu alimenté depuis BUENOS AIRES. Ce match promet beaucoup et sera décisif.

Une première mi-temps de Messi

Si du côté du Nigéria  Idowu se sent à l’aise, puisque étant à St Petersburg, où il est né, puis naturalisé Nigérian, l’Argentine , par contre, crée son aise en alignant Banega comme vrai animateur de l’entre jeu. De Messi, on attend surtout des buts pour ressusciter les espoirs. À côté de lui, un attaquant vrai, Higuain ! Mais à la 6ième ce sont Etebo et Ndidi les premiers à inquiéter La défense adverse qui réagit un peu rudement mais l’arbitre Chakir sait se faire respecter.

Renversement de front et Moses prouve sur Tagliafico (il a aussi un passeport italien) que même les joueurs avancés rentrent aider. Mascherano aussi rentre aider les siens et c’est lui qui sauve in extremis à la 14ième. Obi Mickel le Capitaine Nigérian pensait certainement à son Épouse Russe quand Messi s’échappe à la 17ième minute pour un but qui le restitue au Panthéon des Dieux du Football pour la joie folle de l’autre Dieu, Maradona, déchaîné dans les tribunes. C’est le quatrième but de Messi en coupe du Monde trois jusqu’ici devant le Nigeria . Par eux il a arrêté son compteur au dernier mondial, avec eux il le rouvre ici. On n’entend que le public argentin chanter dans tout le stade mais le match est encore long.

Les Supers Eagles gèrent le match après le but de Messi

Le coach Allemand Gernot Rohr compagnon de Bell Joseph Antoine à Bordeaux donne de la Voix, Le Nigeria  monte en pressing mais laisse toujours des espaces entre les lignes. Le Ballon filtre et le jeune gardien de 19 and Uzoho issu de la pépinière du Qatar pour arriver en force à la Corogne en Espagne  fait un miracle à la 29ième sur Higuain qui l’accroche au passage mais l’arbitre a tout vu. L’autre faute survient à la 32ième quand Balogun envoie au sol Di Maria lancé vers le but mais pas clairement. La lecture de l’arbitre est bonne: Coup Franc mais carton jaune. Seulement.

Le gardien se fait valoir. Il est dans le match. Le tir de Messi est dévié du tout bout des ongles et va lécher le poteau. Higuain, Messi et Di Maria soûlent La Défense Nigériane à la 38ième mais c’est sans compter avec la grande présence physique des Super Aigles. Ajouté à cela, c’est avec l’athlétisme que Musa va agresser à la 40ième Otamendi qui complique la vie à son Gardien Armani mais sur la remise en touche, Etebo gâche tout d’un tire dont l’histoire humaine se passera aisément…

Mascherano subit la puissance physique de Hyanacho et reste à terre… Touche pour des soins, tout de suite restituée aux nigérians qui restent haut et les argentins cherchent à respirer de touche en touche. Iheanacho resté à terre ne fait pas de théâtre. Il a bel et bien reçu un coup de genou en pleine figure. 2 minutes d’arrêts de jeu nous séparent de la pause. Mercado est juste chanceux sur la faute qu’il commet. Le choix d’un arbitre rigoureux comme Chakir d’économiser le carton jaune est discutable.

Les 45 dernières minutes nous diront…

Le réveil des Nigérians qui les Argentins à genou

On reprend avec Igalo sur le terrain. Après Udinese et Cesena en Italie  il est parti pour la Chine, un contrat de 23 millions d’Euros dans la poche. Le manque de sérénité de l’Argentine  n’échappe pas au Nigeria et devant les nigérians venus à la réception du corner frappé par Etebo, l’arbitre sévère punit Mascherano d’un penalty accompagné d’un carton jaune pour avoir tenté de violer Balogun. On ne force pas son adversaire pour danser un slow. Le même arbitre lors de la finale de Champions League 2015 ignora un Penalty similaire à la Juventus face au FC BARCELONE.

Victor Moses, froid, sûr, lucide NE RATE PAS ! 1-1 et les chances de qualifications sont du côté des NAIJA à la 50ième, surtout qu’après le poteau, de l’autre côté, la Croatie  mène 1-0 sur l’Islande  et ça redevient intéressant pour l’albiceleste mais pas pour sa défense qui se réfugie en corner sur incursion d’Igalo.

Les Nigérians martèlent maintenant au milieu de terrain et la tactique de la fausse timidité pour tout donner en deuxième mi-temps prend pied. Côté argentin, seuls les supporters chantent et Tagliafico confirme la souffrance devant Igalo qu’il abat. L’argentine  veut mettre le dossier sur le plan physique mais c’est comme inviter les puissants enfants de Nollywood à leur propre mariage… 🎊 🎈 🎉

San Pauli sort le grand jeu par un remplacement

Les sud-américains n’ont pas beaucoup d’alternatives et Messi doit inventer mais c’est Igalo qui joue les phénomènes et sème la panique devant les buts de Armani. C’est le coach San Pauli qui invente : dedans Pavòn et dehors Eteves. Pavòn fait tout de suite voir sa course mais Balogun le rattrape. Argentine  est en dispositif nettement offensif.

L’arbitre Chakir fait signe au gardien nigérian Uzoho qu’il ne tolèrera aucune perte de temps. Moses se transforme en défenseur quand Omeruo fait une faute sur Messi et sur la relance c’est Banega qui écope d’un carton jaune pour faute sur Ndidi.

Le Nigéria  se bat pour maintenir le score ou gagner, l’Argentine  souffre.

Ça insiste du côté de Pavòn mais les « HOGA » (nom populaire camerounais donné aux Nigérians installés au Cameroun) ont tout compris et jouent serré comme les fesses. Chacun participe comme il peut pour la possible qualification. Le capitaine Obi Mikel fait le ménage à la 70ième, Musa éblouit en dribble et sert l’accouant NdiNdi qui tire au dessus du décor. Au moment où on entend que l’Islande  a égalisé, Musa combine bien pour servir Igalo en face du gardien et son tir passe à la droite du dernier danseur de Tango qui prie. Pas assez pour éviter un nouveau soupçon de penalty… Le ballon a été dévié du bras. La salle d’assistance vidéo demande à l’arbitre de venir voir le replay et prendre ses responsabilités… Il établit qu’il n’y a pas penalty.

Meza est entré à la place de Di Maria, méconnaissable à la deuxième mi-temps. Sur une mauvaise passe interceptée de Meza à la 78ième, on ne comprend pas pourquoi l’arbitre ne sanctionne pas Mascherano qui commet une faute nette. Le ballon roule et Messi parmi 5 dans la surface fait juste frémir sans plus. Plus de clameur obtient l’occasion nette que Higuain envoie dans les nuages la minute d’après. Mascherano saigne, personne ne s’en aperçoit pourtant le règlement dit qu’il doit prendre l’initiative de sortir se soigner.

Les argentins pressent, commettant aussi beaucoup de fautes… « Je récupérerai tout ce temps » dit l’arbitre. Le gardien Armani reste froid et debout devant Igalo qui passe de très peu à côté d’un but déjà fait. Faute et sur le coup franc, Etebo fait rêver LAGOS… NON 🙅 PETIT FILET! 😳🙀

Rojo sort le grand jeu et délivre l’Argentine

Sur la relance, les Argentins réclament pour une possible fourberie de Moses coupable selon eux d’avoir fauché Di Maria en position avantageuse pour un but. Ni l’arbitre, ni son juge ne se laissent perturber et le ‘Silent Check’ leur donne raison. Tant pis, sur le centre qui revient de la droite, Rojo le défenseur gaucher croise du pied droit et punit le Nigeria . Messi explose de joie, Maradona dans les tribunes perd la tête avec un geste indécent.

Le Nigeria ne s’emporte pas et c’est bien. Pour une minute, l’Argentine doit tenir le résultat puisque la Croatie vient de lui faire la faveur de passer à l’avantage devant l’Islande 

Carton jaune rétroactif pour une faute de Obi Mikel sur Higuain. Musa sort pour Nwankwo. Encore deux minutes d’espoir pour les verts…

Messi prend un carton pour avoir perdu du temps et le Nigeria  repart. Peine perdu le gardien est bien placé. La sentence tant attendue est arrivée SANS APPEL et c’est le jour des résultats qu’on voit les larmes 😢 couler. Inutile de vous dire combien c’est ennuyeux d’avoir dans les oreilles l’habituelle rhétorique des commentateurs européens sur la naïveté, l’ingénuité et le manque de sens tactique des éternels Bébés Africains…

Vous savez que dans ces cas ma réponse ne se fait pas attendre et c’est… à suivre.

NIGÉRIA  1-2 ARGENTINE 

Mougoue Mathias Lionking


La solution à la crise anglophone au Cameroun n’est pas humanitaire, mais politique

C’est de notoriété publique : les régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest Cameroun sont en proie à un conflit armé sans précédent et il faut une assistance humanitaire d’urgence. Si le Gouvernement a mis tant de temps à le reconnaître, c’est parce que l’expression « assistance humanitaire », même quand il s’agit d’une catastrophe naturelle, démontre l’incapacité des dirigeants à bien gouverner. Car bien gouverner c’est prévoir et anticiper.

 

L’enjeu principal dans ce genre de situation, est le prestige de l’État. Finalement le Cameroun va se faire assister par des agences Onusiennes (UNHCR, UNICEF, PAM…) ou des Organisations Internationales Non Gouvernementales et humanitaires (Catholic Relief Service, MSF, CARE, OCHA, OXFAM…) pour un problème dont l’existence a toujours été niée et occultée avec frénésie, par le Régime incendiaire de Yaoundé ; et à grand renfort médiatique. Cela explique donc sa tardive prise de conscience, après l’échec de ses méthodes contre-productives. Et pour sauver sa face, les séparatistes sont le bouc-émissaire idéal.

Comme le nez au milieu de la figure, la vérité est implacable, même si le Gouvernement essaie de la travestir ; les faits sont sacrés. La genèse de ce conflit est connue de tous. Son fond de toile est la violation flagrante des libertés individuelles par une minorité de jouisseurs, là où l’honnêteté et le dialogue devaient primer. Leurs mensonges et leurs crimes les rattrapent. En temps opportun, chacun d’eux rendra compte. Tout est archivé.

Le déni gouvernemental à propos de la crise anglophone (devenue une guerre civile) tous azimuts avait pour objectif, la cynique manipulation de l’opinion nationale et internationale, afin de réprimer violemment sous-silence tout dissident Anglophone. Espérant ainsi intimider les manifestants pacifiques et/ou les éliminer comme à l’accoutumée avec l’aide des tueurs légaux (agents secrets, BIR principalement). Légitimés dans cette macabre entreprise, non par la morale ou le Droit, mais par le sceau de l’impunité, de leur parodie de « justice » et de leur loi viciée sur le terrorisme. Mais c’était sans compter sur la détermination des Anglophones, le vrai patriotisme d’une minorité de Francophones, et les Réseaux Sociaux.

Leur funeste stratégie aboutira par exemple au discrédit de l’armée, qui par effet pervers, perd chaque jour sa crédibilité auprès du Peuple. Mais aussi, la volte-face des pourfendeurs des justes revendications anglophones, devenus subitement des fundraiser du « Plan d’assistance humanitaire d’urgence dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest ». Quelle scélératesse !

Ces pompiers-pyromanes promettaient une « dératisation » en seulement deux semaines. Ce sont eux les vrais responsables de cette escalade de la violence. Que fait l’Union Africaine ? que dit-elle ? Qu’attend KAGAME (son actuel président, qui connait très bien les causes et les conséquences négatives d’un génocide) pour réagir ? Où sont les Panafricanistes pour destituer par la force s’il le faut (puisque c’est le seul langage que comprend) le vieux dictateur Suisse ? Miséricorde nous périssons ! À l’aide ! Au secours !

Je me souviens qu’au bahut, des enseignants d’éducation civique n’avaient de cesse de nous marteler avec leur prévention contre la délinquance juvénile. Personne pour mettre les citoyens en garde, contre les dangers de la délinquance sénile. Parce que cette dernière est bien plus grave que la première.

Lors des premières revendications des Anglophones, la solution était pourtant toute simple : le respect des Droits fondamentaux. Hélas, l’orgueil et le nombrilisme de la gérontocratie ont jeté le feu aux poudres et continuent d’alimenter les flammes, au propre comme au figuré. Si seulement le prix à payer de l’incurie des dirigeants n’était qu’économique et matériel. C’est la jeunesse qui paie cependant, le plus lourd tribut de cette délinquance sénile. Il nous faudra au moins deux bonnes décennies pour panser les blessures de cette sale guerre.

La solution n’est pas ce plan d’assistance, ni aucun autre. Mobilisez 50, 100 milliards, voire plus, cela n’apportera pas la paix durable en zone anglophone. Une bonne partie de ces fonds sera encore détournée ; une autre servira à l’achat des armes et des munitions des sbires ; une autre pour les campagnes électorales en cours du parti-état ; le reste pour manipuler l’opinion en apportant quelques colis à une poignée de rescapés. Ensuite les médias nationaux corrompus entretiendront l’illusion de la sortie de crise et la pacification de la zone anglophone.

Ces phrases d’AKONGA ESSOMBA tracent bien les grandes lignes du véritable travail à entreprendre, pour donner une chance à la paix et à la réconciliation : « Le vrai pouvoir ignore la violence. Le vrai pouvoir construit la paix. Le vrai pouvoir promeut le développement de l’homme entier ». La solution est donc institutionnelle et politique ; non militaire ou humanitaire.

La réponse efficace qu’exige ce contexte, est la chute du papy-tyran, ainsi que la disgrâce de tous ses amis et l’abolition de tout ce qu’ils représentent : népotisme, favoritisme, corruption, injustice, détournement de deniers publics, tribalisme, occultisme etc. Des va-t-en-guerre notoires qui essayent de soulager le poids de leurs crimes par une duperie nauséabonde : voilà le vrai rôle de ce plan d’assistance humanitaire.

Les réfugiés Anglophones au Nigéria ont raison de protester contre cette assistance qui pue l’odeur des milliers de cadavres de leurs familles décimées par les sbires. À titre de rappel, leurs exodes et migrations ont vraiment commencé, après la centaine de manifestants tués le 1er octobre 2017. Votre plan d’assistance qui impute ce chaos aux séparatistes, est une insulte officielle et implicite à l’endroit de leurs morts et de la Nation entière. Tant dis qu’il tente très maladroitement, d’acheter la conscience des victimes civiles Anglophones.

Vous ne manquez pas de toupet d’accuser les séparatistes qui se défendent et protègent les leurs, de pratiquer des « exactions contre la population » et de porter « atteintes aux activités économiques ». Des images montrent pourtant des sbires en tain d’incendier des maisons, posant fièrement devant leurs forfaits. Sur d’autres images, les mêmes sbires volent le bétail et les récoltes non sans détruire les champs des « terroristes ». Les humiliations et viols collectifs et individuels qu’ont subis les filles Anglophones par vos « membres des Forces de Défense et de Sécurité », était-ce donc une stratégie pour vos « campagnes de sensibilisation contre les violences basées sur le genre (VBG) » ?

Tous les soldats qui tombent dans ces deux régions ne meurent pas pour la patrie. Ils sont sacrifiés par les kleptomanes sur l’autel de la soif du pouvoir. Chevrot dit si justement à cet effet que : « La pire rançon du pouvoir est la faculté d’en abuser ». La radicalisation des Anglophones est due au fait qu’ils n’en pouvaient plus d’être asservis. Alors ils résistent et résisteront toujours : c’est le propre de toute minorité qui refuse de se laisser phagocyter. Ces séparatistes ou « terroristes », étaient des manifestants pacifiques principalement issus de la classe prolétaire, qui réclamaient le droit à une vie digne.

Lorsque grâce aux Anglophones nous obtiendrons le Fédéralisme et nous l’aurons, tout comme grâce à eux nous avons déjà obtenu une pâle démocratie et le multipartisme, les mêmes « con-patriotes » ou leurs progénitures s’attribueront tout le mérite de leur sacrifice. Le moment vient au grand galop où chacun de nous devra répondre en son âme et conscience à cette fatidique question : quand le roi-fainéant et ses princes massacraient les Anglophones, pourquoi ne t’es-tu pas opposé ?

Nyëbë Edoa


Mondial 2018 : le réveil du Nigeria, pas trop tard

D’ordinaire quand les européens disent d’une outsider qu’elle est une équipe sympathique c’est qu’on s’attend à ce qu’elle n’aille pas loin mais fasse divertir… Aujourd’hui, entre le Nigeria  et l’Islande , ne sachant qui choisir, on évite d’appeler ces derniers sympathiques pour faire comprendre qu’on attend du concret des nigérians qu’on juge extravagants dans leur tenue… En termes euro football business ça signifie simplement qu’on leur souhaite bonheur rien qu’en cette rencontre pour que l’argentine  ait encore beaucoup de chances contre eux en dernier match de poule…

Une première mi-temps terne pour le Nigeria

L’arbitre Conger de Nouvelle Zélande est à son début en cette Coupe du Monde. À la deuxième minute, le gardien des aigles verts, Francis Uzoho (Du Deportivo La Coruna), a déjà chauffé ses gants sur un coup franc de Sigurson qu’il envoie en corner. Pour un gardien c’est mieux parce qu’il entre dans le match surtout si au début du championnat il était prévu que le titulaire fût Ikechukwu Ezenwa (du Club nigérian Enyimba). Mais l’Islande ne veut pas attendre… Elle revient souvent en attaque en recourant à la récupération au milieu de terrain. Le gardien nigérian aura du boulot apparemment. Moses, aile droite du Chelsea, obtient un corner à la sixième minute mais juste de quoi permette aux adversaires de vérifier leurs mécanismes défensifs. Les deux équipes risquent beaucoup et il ne faut pas s’attendre à un match d’intensité ou de haut niveau technique.

Le coach allemand du Nigeria  Gernot Rohr, ex de Niger  et Gabon , donne souvent des indications tactiques aux siens. C’est sur ses conseils que Moses récupère une balle en défense pour lancer Iheanacho vers un centre que Musa, à la réception, gaspille. Il est titulaire aujourd’hui et n’a pas encore pris ses marques. Il se fait de nouveau trouver distrait sur une incursion verticale de Moses à la 18ième.

Regarder Ekong et Omeruo dialoguer avec des courtes passes en défense sans trop se faire préoccuper par Sigurðsson confirme la lenteur du match. Moses risque gros à la 20ième quand un tir dirigé vers les buts se fracasse sur son abdomen pas loin des bras qui auraient pu causer un penalty. Il reste à terre un moment. Par la suite, son gardien loufoque mais efficace dans ses sorties comme en club à la Corogne en Espagne  lui frappe le ballon sur la tête : corner.

ETEBO tente de faire monter l’équipe mais les islandais n’aiment pas qu’on approche leur défense. Eyjolfsson vole un ballon à Balogun à la 30ième et celui-ci a besoin de la collaboration de Ekong pour éloigner le danger. Les Rapaces n’ont pas compris que les balles hautes et longues sont les proies faciles pour les centraux islandais.Première mi-temps terne à Volgograd où le Nigeria  cherche sa première victoire en 3 matchs depuis 2014 au Brésil .

Odemwinge avait permis de battre la Bosnie le 21 juin 1914 avant que l’équipe ne capitule devant la France  en huitièmes de finale. Balogun doit de justesse éviter qu’une balle aérienne ne favorise Bjarnuson et surprenne son gardien. Sævarsson met en touche à la 38ième, et curieusement, c’est Musa l’avant-centre du CSK MOSCOU qui fait la remise. Justement, personne pour inquiéter le gardien Hannes Thor Halldorsson…

À la 40ième Bjarnusson ne profite pas assez d’une bévue nigériane dans la surface. Sur sa passe, Sigurjónsson ne réussi pas à s’y prendre. Musa qui ne marque pas au mondial depuis Argentine  3-2 Nigeria  en 2014 accumule des fautes en attaques tandis que même sur les gradins des spectateurs sont surpris  et s’impatientent. Le match est soporifique et c’est le moment que Udowu jusqu’ici très en ombre choisit pour prendre le premier carton jaune. Sur le coup franc venimeux de Sigmundson, Finnbogason ne trouve pas la microseconde du tap-in. Ce 0-0 ne servant vraiment à personne, on s’attend à un match différent en seconde période.

Le doublé d’Ahmed Musa à la 2ème mi-temps

C’est l’Islande  qui recommence avec une balle centrale haute et le Nigeria , à la récupération, affiche son dynamisme avec une chevauchée de Etebo qui arrive fatigué au moment du tir plus de 65 mètres quand-même hein . Ebouhei, Hollandais comme Ekong, a remplacé Idowu mais possède les mêmes caractéristiques.

On attend encore qu’une équipe rompe la monotonie. Moses met le turbo à droite à la 48ième et trouvant les nordiques découverts, il veut la mettre au deuxième poteau pour Etebo, mais Musa fait montre d’excellentes capacités techniques. Il intercepte en course le cuir en demie volée du droit puis perfore les filets du même pied. Très beau but. Son troisième dans une coupe du monde et des Nigérianes lui envoient par vagues des demandes de mariage. L’Argentine , le prochain adversaire, se frotte les mains tandis que Ragnar Sigmundson est au sol. L’attaquant Nigerian lui assène un coup de genou au moment de courir jubiler pour son but.

Le numéro 6 de l’Islande  a désormais un bandage sur la tête et doit changer son maillot tout en Sang. Les arrêts de jeu seront très longs à la fin du match. Les super Eagles jouent maintenant fluide et lucides. Le tir de Ndidi à la 57ième a besoin de toute l’élasticité du gardien Halldórsson pour être passé en corner au dessus de la barre. Tandis que la clap dance des fans islandais commence dans les tribunes, sur le terrain les latéraux et La défense centrale du Nigeria sont de plus en plus sollicités.

Un tacle ingénu de Ndidi offre une chance à l’Islande à travers le mannequin Gíslason qui joue en D2 de Bundesliga en Allemagne pour 2500 euros par mois. Ragnar Sigurdsson n’a pas tenu longtemps avec le crâne bandé. Il sort à la 64ième pour permettre à Ingason né en 1993 de faire son 21ième ticket en sélection. C’est les ouest-Africains  qui se battent jusqu’ici tant mieux que mal. Les pôle-Nordistes n’ont pas changé leur attitude. Et le coach Hallgrímsson pense sûrement à faire entrer Böðvarsson comme il l’a fait contre l’Argentine.

Seul Sigurson a un pas différent par rapport aux siens, mais son tir va chercher les nuages à la 68ième. Le capitaine Obi Mickel, très expérimenté, sait comment gérer le temps qui passe. Moses reprend de l’espace à la 70ième mais n’arrive pas à servir Musa. Le corner de Iheanacho qui suit offre à Balogun une occasion de faire comprendre que le match a changé. 3 minutes plus tard, Etebo reçoit de la semelle sur la gauche, offre l’occasion du doublé à Musa mais la transversale renvoie un ballon que l’attaquant va rechercher une minute plus tard. Il rentre dans la surface en vitesse, fait une circumnavigation de La défense, fait affaisser le gardien par le dernier dribble et le voilà meilleur buteur de l’histoire du mondial des Géants d’Afrique.

La confiance reprend chez les Nigerians

2-0, deux buts pour lui comme contre l’Argentine  il y a 4 ans. Musa a attendu cette occasion depuis le début, pour faire voir son action préférée, vitesse, dribble, but en finesse. C’est lui l’auteur des 3 derniers buts du Nigeria en phase finale de la coupe du monde. Les défenseurs blonds pêchent en fondamentaux. Les coachs ne recommandent pas de gagner la ligne de fond quand le gardien est dribblé, mais de chercher à agresser le porteur de balle.

Les islandais frustrés multiplient les fautes inutiles en attaque. Emeruo sauve trop tard une action anodine quand l’arbitre Vidéo (VAR) a déjà rappelé le central pour un tackle de Ebouhei : penalty ! À ce moment, je signale à ma rédaction que je serre les fesses pour que le tireur loupe son tir et le sort que je jette a payé . Le Nigeria respire avec Ighalo qui entre et étale sa course ‍.

Uzoho le gardien nigérian quant à lui n’est pas techniquement parfait mais essentiel. À seulement 19 ans, il a le temps de s’améliorer. La dernière minute commence avec le Nigeria  qui peut compter sur le double avantage pour gérer le temps additionnel qui sera long. C’est pour ça qu’un changement offensif est fait. Iwobi, neveu, de Okocha, entre pour Etebo. Bon porteur de balle, il a 6 minutes pour éloigner les ballons de son camps. Surtout que le capitaine, Obi Mickel boitille, est blessé et le coach Rohr a fini ses remplacements.

Les Isabdsus rêvaient certainement de la seule rencontre de leur histoire avec le Green Eagles qui avaient perdu 0-3. D’abord, c’était un match amical et en 1981. 37 ans sont passés, les gars! Personne de vous n’était né, moi si .

NIGERIA  2-0 Islande 

Par : Mougoue Mathias Lionking


Pourquoi l’arbitrage vidéo perturbe le cours du jeu

L’utilisation de la Video Assistant Referee (VAR) ou assistance vidéo à l’arbitrage (AVA) pendant la coupe du monde 2018 est une première dans l’histoire des grandes compétitions internationales de football. Cette technologie est critiquée depuis ces premiers tests en 2016 et continue de l’être depuis le début du mondial. La VAR change considérablement le jeu : la preuve en trois exemples.

Ce billet a été initialement publié sur matango.mondoblog.org.

L’arbitrage vidéo est un technique de visionnage des images de matchs. La FIFA dispose en Russie de 420 caméras, donc 35 pour chacun des 12 stades. Bien entendu, 2 caméras par stade sont uniquement réservées aux litiges sur le hors-jeu. Toutes ces caméras sont connectées à une salle régie installées dans la capitale, Moscou. L’arbitre principal du match dispose d’oreillettes pour communiquer avec la régie. En dehors des trois arbitres de champ, la VAR nécessite un arbitre assistant et trois adjoints.

Cette vidéo officielle de la FIFA détaille le fonctionnement de la technologie.

Dans les 10 premiers matchs du premier tour, trois cas de recours à l’arbitrage vidéo ont retenus l’attention des observateurs. Dans ces trois matchs, La VAR a joué un rôle prépondérant sur la suite du jeu. Il s’agit des matchs France-Australie, Pérou-Danemark et Brésil-Suisse.

La France s’en sort bien

A la dixième minute après la reprise, Antoine Griezmann est taclé par l’Australien Joshua Risdon à la surface. Mais l’arbitre, visiblement, ne voit pas l’action et demande de jouer. 20 secondes plus tard, le jeu est arrêté pour une visionnage vidéo.

Cette action de l’arbitre dessinant un rectangle avec les deux mains est bien le signe qu’Andres Cunha exige à voir le ralenti à l’écran après avoir été interpellé par le quatrième arbitre assistant. On ne peut alors que constater l’enthousiasme des supportes français qui s’offusquaient dans les tribunes. Après avoir vu la vidéo, l’arbitre a accordé un penalty – marqué – à la France. Ce bouleversement du match a semblé plomber l’enthousiasme du jeu et des supporters, mais aussi faussé le chronomètre, qui a continué de s’écouler pendant ce temps. Résultat : 2-1 pour les Bleus.

On s’interroge sur la pertinence de ce retour en arrière : comment et pourquoi valider ou ne pas valider les actions qui se sont déroulées dans les 20 secondes qui se sont écoulées après le manque de vigilance de l’arbitre ? S’il y avait faute durant cette période, qu’aurait décidé l’arbitre ? Bien qu’il soit donné à l’arbitre la possibilité de recourir ou non à la VAR, lui est-il possible de la refuser ?

Ce penalty nous rappelle celui du match du championnat allemand opposant Mayence et Fribourg : l’arbitre a sifflé un penalty au moment où les deux équipes étaient déjà dans les vestiaires.

Les Danois dansent, les Péruviens maudissent la VAR

Contraire au match France-Australie, l’arbitre du match Danemark-Pérou, Bakari Gassama, a lui-même demandé de revoir la faute avant d’accorder un penalty au Pérou à la 44ème. Cueva a choisi de tirer lui-même pour se faire justice après avoir été fauché. Malheureusement, la balle est passée au dessus de la transversale. C’est une incontestable domination du Pérou mais le Danemark a vaincu. Les raisons ?

Ici, contrairement au match France-Australie, la VAR n’a pas permis au Pérou de marquer son but. Ce penalty raté leur a vraisemblablement cassé le moral. Peut-on dire qu’il a galvanisé le Danemark ? Difficile d’être affirmatif. Par contre, il est incontestable que, quand l’arbitre demande à voir le ralenti, c’est qu’il doute. Autrement dit, sans la vidéo, la faute n’aurait pas été accordée au Pérou, et le penalty n’aurait donc pas existé.

Score final : 0-1 pour les Danois.

Le non-recours à la VAR gâche la samba brésilienne

A la 20ème, le Brésil mène face à la Suisse grâce à un but de Philippe Coutinho. À la 50ème, la Suisse égalise grâce à un but de la tête de Steven Zuber. Ce score est resté inchangé jusqu’à la fin du match. Evidemment, c’est un nul satisfaisant pour la Suisse, petit poucet face à un super-favori. Ici, contrairement aux deux exemples cités ci-dessus, la VAR n’a pas été sollicitée par l’arbitre César Arturo Ramos. Des supporters brésiliens estiment que l’assistance vidéo aurait entraîné l’invalidation du but suisse, car c’est par une poussette sur João Miranda que le buteur helvète a réussi à marquer (regardez le but à 0’48 sur la vidéo ci-dessous).

La colère des brésiliens sur cette faute non sifflée par l’arbitre de terrain a beaucoup influencé le cours du jeu. A ce moment précis, les Suisses ont repris confiance en eux. Le jeu était sans complexe pour ce « no-name » qui avait visiblement le vent en poupe. Pourquoi l’arbitre n’a pas utilisé le VAR ? Pourquoi l’arbitre assistant vidéo n’a pas interpellé l’arbitre de terrain sur cette poussette ?

Résultat final : 1-1

La VAR diminue la responsabilité de l’arbitre

Il est vrai que cette première expérience de VAR va permettre à la FIFA d’améliorer la méthode pour l’avenir. Mais il est indiscutable qu’elle change le cours du jeu, elle modifie le comportement des joueurs et des arbitres. Elle démotive l’adversaire. Pouvoir se reposer sur la vidéo peut amener l’arbitre à manquer de vigilance, voire à ne plus avoir confiance en sa capacité de décision. Hors, l’arbitre doit rester le vrai juge du match.


Mondial 2018 : une première victoire pour l’Afrique grâce au Sénégal

C’est le groupe le plus équilibré dans cette revue planétaire qui a déjà livré d’énormes surprises. Il n’est pas juste d’estimer que le petit poucet sera le Japon  même si la victoire à 10 contre 11 devant la Colombie  ne plaide pas complètement pour eux. Une Colombie  à traction  antérieure avec des joueurs comme Falcao, James Rodriguez, Bacca, Cuadrado a eu la pire malchance qui pouvait lui arriver. Perdre le défenseur Sanchez à la troisième minute pour une main dans la surface de réparation l’ampute encore plus du maigre potentiel défensif et rend la pente descendante à Kagawa star du Borrusia Dortmund et sa troupe de Ninjas…

SÉNÉGAL  2-1 Pologne 

Au Sénégal  prochain adversaire de la Colombie à en bénéficier d’abord en faisant mieux que le Cameroun  qui n’alla pas au delà d’un 0-0 avec les polonais du capitaine ‍✈️ Boniek en 1982 en Espagne . Aujourd’hui, les stars de l’ex pays communiste sont Lewandowski, Milik qui, outre à 6 autres du championnat italien, aura en face son libero Koulibaly du FC Naples qui ne sera pas supporté par Albiol comme en club. Ce n’est que par ces joueurs et des arbitres comme Rocchi que l’Italie absente pourra faire voir la valeur de son championnat.

Bien qu’on veuille insister sur le fait que le Sénégal  n’a pas la même organisation que le NAPOLI, je ne perd pas espoir qu’il démontrera qu’il est le meilleur défenseur du monde . Avec lui, de nombreux autres talents qui ont renoncé à la sélection du pays européen où ils sont nés ou où ils ont grandi pour la patrie. C’est le cas de Balde Keita (espagnol) Gomis, gardien de la SPAL (italien), et Niang (Français) celui-ci souvent adversaire de lui-même, on dit qu’il s’exprime trop en deçà de son potentiel. Le match s’annonce riche en couleurs, surtout du côté des représentants d’Afrique…

On écrit Pologne  vs Sénégal , les aficionados de Champions League lisent Robert Lewandowski vs Sadio Mané. Ce dernier a joué la finale de Champions…

L’arbitre de la fédération du Bahreïn  avait déjà dirigé le Ghana  à Konichiwa au Brésil  en 2014, ville  d’où vient Tiago Cionek de Famille brésilienne d’origine polonaise, aujourd’hui sur La pelouse. Il fera parler de lui dans le match.

Le Sénégal  n’a perdu aucun match durant la phase de qualifications, Tandis que la Pologne  en perdant un seul a dominé sa poule  avec Lewandowski comme meilleur buteur des qualifications dans l’absolu tous continents confondus…

Temps des Chants Nationeux au Spartak Stadium…

L’hymne polonais fut écrit à Reggio dans l’Emilia italienne comme hommage à Dobrovsky, général qui s’unit à Napoléon pendant la campagne italienne…  Le rythme est tout de suite présent avec l’hymne sénégalais: «Touchez toutes vos Koras, frappez vos Balafons », il parle de l’orgueil africain que le président Senghor écrit de sa main… 

Le gros des 2 équipes jouent dans des championnats relevés hors de leur pays

Le Sénégal  se taille la part du lion… Je parlais d’une Colombie à traction antérieure mais les Lions de la Teranga sont l’équipe qui a apporté LE PLUS d’attaquants au mondial: 8! Le coach Cissé qui conduit son pays à sa deuxième participation en a disputé la première il y a 16 ans en battant la France  championne du monde  d’entrée de jeu. Seule la Turquie  arrêta leur progression en quarts de finale. Il était le capitaine ‍✈️ du groupe guidé par le regretté Bruno Metsü à qui il a voulu rendre hommage…  Cissé, seul coach NOAR en Russie  est aussi le plus jeune… Très apprécié au pays, il est pour moi un modèle dont doit s’inspirer la jeunesse. À part mon admiration depuis toujours pour sa personnalité et le look commun (dreadlocks), son attention pour le social le distingue… 

Le Sénégal  fait valoir son côté athlétique et physique et avec de la vitesse en plus, il empêche les reparties de la Pologne  qui cherche à découvrir ses faiblesses en défense. L’autorité des Félins Africains  contraignent Krychowiak au premier carton (jaune) de la partie. Suite à une chevauchée fantastique de Diouf qui récupère le cuir depuis son couloir gauche en défense, Niang reçoit le ballon ⚽️ La Défense polonaise déjà éventrée, et gracie le gardien d’un tir moche en 18ième minute. Grzegorz Krychowiak ne fait pas mieux de la tête pratiquement seul  sur la repartie.

L’un des morceaux de son répertoire ne réussit pas à Lewandowski 3 minutes plus tard et c’est Sadio Mané encore en ombre qui se fait freiner. Les fauves veulent lancer de longues balles au delà de la ligne arrière adverse parce que l’attention défensive est disposée déjà depuis le milieu. En vue du premier résultat de le Journée, un nul peut convenir aux deux équipes et produire le match tactique qu’on n’espère pas.

N’empêche… Les Sénégalais font le show dans les tribunes et le coach demande à ses joueurs d’y mettre d’abord la tête. Ils ont déjà vu toutes les autres équipes jouer et cela les affecte un peu : longue attente.

Moussa Mbacke déborde à droite à la 33ième mais Diouf à la réception est hors jeu. L’herbe humide ramène très vite le ballon du côté opposé.. Bezezinski s’est habitué à mettre en difficulté le latéral Sané. Le ballon doit être mis en touche pour vérifier ce qui est arrivé à Ismaila Sarr. Mbaye Niang engage et gagne un duel physique sur le côté gauche à la 36ième pour réveiller le match et justement, sa passe réveille Mané qui prolonge sur Guèye, hésitant, il tire quand même, mal et la déviation de Cionek se charge de transformer en but 

Premier but encaissé pour la Pologne devant une équipe africaine, après le 1-0 à la Tunisie en Argentine en 1978, le 0-0 avec le Cameroun  le 12 juin 1982 en Espagne et le 0-0 avec le Maroc  au Mexique en 1986. Le but est effectivement attribué à Cionek, Brésilien de famille polonaise devenu polonais en 2012 alors qu’il était en Italie où il a joué pour Padova, Modena et Palermo.

La Pologne n’est pas entrée dans le match à dire vrai… Ça se voit aussi par le coup de tête que le géant SANE de 197 centimètres vient faire sur un corner dans la surface des rouges-jaunes à la 42ième. Niang et Sarr profitent du bon moment pour donner du travail à Krychowiak qui risque son deuxième carton jaune.

Alfred N’Diaye qui reste à terre dans la surface n’obtient pas ce qu’il espérait. Tout le monde aux vestiaires pour la pause après 2 minutes de d’arrêts de jeu…  Le coach Polonais sait qu’il doit ajuster sa défense et c’est pour ça que dès l’entame de la seconde manche Bednarek est préféré à Jakub Błaszczykowski. Ils rentrent à leurs vieilles habitudes que la presse nationale avait annoncé avant le match.

La coupe du monde  de Bednarek commence mal… Son premier contact avec SABALI le renvoie sur la touche se soigner. On commence à accumuler les minutes pour le temps additionnel. À l’image de REBUS, la Pologne  y croit et veut surprendre La défense du Sénégal dans le dos.

Ça va tellement vite que Salif Sane met au sol Lewandowsky…  Carton juste jaune parce que Mbacke avait récupéré la position pour empêcher que ce fût interprété comme claire occasion de but . Lewandowski s’applique dans le coup-franc mais le gardien N’Diaye répond en vol…  Sur la relance, Niang invite au Tir Mané… Le Sénégal  est présent et déterminé…  REBUS sait que Mbacke a fait du supplémentaire pour contraster Lewandowski dans l’action précédente puisqu’il s’est affaissé après…  Il le titille donc de plus en plus sur le côté et pour peu, à la 54ième sur un centre Krykowiak ne fait pas mouche…

À la 57ième Gruziński essaie aussi. Les Sénégalais jouent à 10 puisque Niang se tord la cheville gauche en descendant. Ses coéquipiers s’en prennent aux polonais pour n’avoir pas mis le ballon hors. Le règlement dit que c’est une décision qui revient à l’arbitre et celui-ci le rappelle à Diouf. Au moment où Sané se prend un carton jaune, une autre erreur des défenseurs polonais fait le bonheur de Niang qui se retrouve le ballon entre les pieds, dribble le gardien et enfonce le 2-0… Buuuuuuut… But . Tout premier but de NIANG en sélection!   Les polonais protestent mais l’arbitre avait bel et bien autorisé Le retour sur le terrain du lion  blessé.

À présent les joueurs d’Alioune Cissé font valoir leur vivacité athlétique et le ballon ⚽️ voyage souvent en attaque où Niang règne!  La Pologne  doit gravir à mains nues la montagne  qu’elle a elle-même mise en place.

Dzelinsky et PASDAN peinent! L’écrasante majorité des fans polonais sur les gradins n’arrive pas à surmonter les chants des Sénégalais!     ON DANSE même dans La Tribune d’honneur. Le Coach Cissé lève le poing comme s’il était encore joueur. Le coach Adam Nawałka est mal mentalement et pense à ces début difficiles de 2006 et 2006 où après 2 matchs sa sélection devait déjà faire les valises…

Le ballon  est souvent en touche et le temps qui court est le Meilleur allié du Sénégal. Milik essaie à la 70ième mais Koulibali et les siens font bonne garde. Les 197 centimètres de Salif SANE s’imposent sur plusieurs Ballons ⚽️ Le très ordonné Gueye prend un carton anodin à la 71ième et c’est l’occasion pour les reporters Italiens de dire leur étonnement sur la discipline tactique des Africains vu ce qu’on sait des équipes de leur continent. S’ils réfléchissaient sur la leur et s’apercevaient que les autres n’ont pas autant de temps pour dénigrer les européens, ils seraient au mondial… 

Dieu n’est pas bête… Kownacki remplace le décevant et déçu  Milik mais Cheikh Ndoye lui enlève son premier ballon avec La collaboration du colonel Koulibaly. Le Sénégal  respire et fait entrer MOUSSA KONATE un des buteurs des qualifications pour Niang qui est en douleur et a demandé d’être substitué pour se ménager.

Le dernier quart d’heure commence…

Rebus ne lâche pas sa course ‍♂️ sur la gauche mais Salif Sane en force en Bundesliga où il a fait 4 buts  en saison avec Hannover n’est jamais loin. Encore Rebus à la 78ième mais Kownacki qui reçoit trouve le gardien N’Diaye sur sa trajectoire. Le coach Cissé enlève sa veste pour accompagner la cadence des dernières minutes, observé par le très positif arbitre Nawaf Shukral du Bahreïn  C’est peut-être Kamen Klick habituel commandant qui a manqué à cette défense polonaise qui subit encore Sadio Mané, insatisfait de sa prestation…

La génération meilleure qu’a connu la Pologne ces 30 dernières années est elle aussi formée de trentenaires qui sont en train de fausser les espoirs en passant à côté du sujet. Les protestations de Ismaila Sarr à la 84ième pour un tacle de Rebus dans la surface obtiennent les reproches de l’arbitre et pas le pénalty. Il aurait pu écoper d’un carton jaune. Sur la relance, la distraction coûte un coup franc qui offre le but à Krychowiak et la Pologne réduit la marque quand il reste 3 minutes avant les temps additionnels.

Mauvaise figure du Sénégal  qui se fait surprendre sur son point fort : le jeu aérien. Il y a de la tension dans l’air et la Pologne  met le turbo. Krychowiak est à son troisième but en sélection. Sadio Mané se charge de faire monter les siens et à là 89ième Koulibaly fait une faute en attaque sur le corner qu’il se procure. On récupérera 4 minutes, moins que ce que les européens espéraient. Koulibaly balaie en défense. Corner et Kadim N’Diaye le moins Grand sur le terrain des XXL vole encore. La confiance revient… Le calme aussi. Sur le coup franc qui s’ensuit, Mané renonce à la tête plongeante et remet au centre, dommage, le troisième but n’arrive pas.

Les polonais foncent mais N’Diaye a mangé du Sénégal Thieboudienne pimenté avec des ailes de criquet. Il vole, il vole, il vole…    Sur la relance, quand le coach Cissé demande la fin de la partie, l’arbitre lui obéit de trois coups de sifflets secs. Le Sénégal  est en train d’écrire une autre épopée…

Après 4 représentants qui n’ont pas inscrit le moindre but, Les Lions  de La Terranga rugissent, L’Afrique DANSE   le MBALAX AU rythme des sénégalaises aux corps de RÊVE!

N’est-ce pas ça devait être la  poule de Colombie  et Pologne?

Le Japon  le Sénégal  sortent donc de quelle planète?

Par Mathias Mougoué


Pourquoi l’arbitrage vidéo perturbe le cours du jeu

L’utilisation de la Video Assistant Referee (VAR) ou assistance vidéo à l’arbitrage (AVA) pendant la coupe du monde 2018 est une première dans l’histoire des grandes compétitions internationales de football. Cette technologie est critiquée depuis ces premiers tests en 2016 et continue de l’être depuis le début du mondial. La VAR change considérablement le jeu : la preuve en trois exemples.

Que signifie « Video Assistant Referee » (VAR) ?

L’arbitrage vidéo est un technique de visionnage des images de matchs. La FIFA dispose en Russie de 420 caméras, donc 35 pour chacun des 12 stades. Bien entendu, 2 caméras par stade sont uniquement réservées aux litiges sur le hors-jeu. Toutes ces caméras sont connectées à une salle régie installées dans la capitale, Moscou. L’arbitre principal du match dispose d’oreillettes pour communiquer avec la régie. En dehors des trois arbitres de champ, la VAR nécessite un arbitre assistant et trois adjoints.

Cette vidéo officielle de la FIFA détaille le fonctionnement de la technologie.

 

Dans les 10 premiers matchs du premier tour, trois cas de recours à l’arbitrage vidéo ont retenus l’attention des observateurs. Dans ces trois matchs, La VAR a joué un rôle prépondérant sur la suite du jeu. Il s’agit des matchs France-Australie, Pérou-Danemark et Brésil-Suisse.

La France s’en sort bien

A la dixième minute après la reprise, Antoine Griezmann est taclé par l’Australien Joshua Risdon à la surface. Mais l’arbitre, visiblement, ne voit pas l’action et demande de jouer. 20 secondes plus tard, le jeu est arrêté pour une visionnage vidéo.

Cette action de l’arbitre dessinant un rectangle avec les deux mains est bien le signe qu’Andres Cunha exige à voir le ralenti à l’écran après avoir été interpellé par le quatrième arbitre assistant. On ne peut alors que constater l’enthousiasme des supportes français qui s’offusquaient dans les tribunes. Après avoir vu la vidéo, l’arbitre a accordé un penalty – marqué – à la France. Ce bouleversement du match a semblé plomber l’enthousiasme du jeu et des supporters, mais aussi faussé le chronomètre, qui a continué de s’écouler pendant ce temps. Résultat : 2-1 pour les Bleus.

On s’interroge sur la pertinence de ce retour en arrière : comment et pourquoi valider ou ne pas valider les actions qui se sont déroulées dans les 20 secondes qui se sont écoulées après le manque de vigilance de l’arbitre ? S’il y avait faute durant cette période, qu’aurait décidé l’arbitre ? Bien qu’il soit donné à l’arbitre la possibilité de recourir ou non à la VAR, lui est-il possible de la refuser ?

Ce penalty nous rappelle celui du match du championnat allemand opposant Mayence et Fribourg : l’arbitre a sifflé un penalty au moment où les deux équipes étaient déjà dans les vestiaires.

Les Danois dansent, les Péruviens maudissent la VAR

Contraire au match France-Australie, l’arbitre du match Danemark-Pérou, Bakari Gassama, a lui-même demandé de revoir la faute avant d’accorder un penalty au Pérou à la 44ème. Cueva a choisi de tirer lui-même pour se faire justice après avoir été fauché. Malheureusement, la balle est passée au dessus de la transversale. C’est une incontestable domination du Pérou mais le Danemark a vaincu. Les raisons ?


Ici, contrairement au match France-Australie, la VAR n’a pas permis au Pérou de marquer son but. Ce penalty raté leur a vraisemblablement cassé le moral. Peut-on dire qu’il a galvanisé le Danemark ? Difficile d’être affirmatif. Par contre, il est incontestable que, quand l’arbitre demande à voir le ralenti, c’est qu’il doute. Autrement dit, sans la vidéo, la faute n’aurait pas été accordée au Pérou, et le penalty n’aurait donc pas existé.

Score final : 0-1 pour les Danois.

Le non-recours à la VAR gâche la samba brésilienne

A la 20ème, le Brésil mène face à la Suisse grâce à un but de Philippe Coutinho. À la 50ème, la Suisse égalise grâce à un but de la tête de Steven Zuber. Ce score est resté inchangé jusqu’à la fin du match. Evidemment, c’est un nul satisfaisant pour la Suisse, petit poucet face à un super-favori. Ici, contrairement aux deux exemples cités ci-dessus, la VAR n’a pas été sollicitée par l’arbitre César Arturo Ramos. Des supporters brésiliens estiment que l’assistance vidéo aurait entraîné l’invalidation du but suisse, car c’est par une poussette sur João Miranda que le buteur helvète a réussi à marquer (regardez le but à 0’48 sur la vidéo ci-dessous).

La colère des brésiliens sur cette faute non sifflée par l’arbitre de terrain a beaucoup influencé le cours du jeu. A ce moment précis, les Suisses ont repris confiance en eux. Le jeu était sans complexe pour ce « no-name » qui avait visiblement le vent en poupe. Pourquoi l’arbitre n’a pas utilisé le VAR ? Pourquoi l’arbitre assistant vidéo n’a pas interpellé l’arbitre de terrain sur cette poussette ?

Résultat final : 1-1

La VAR diminue la responsabilité de l’arbitre

Il est vrai que cette première expérience de VAR va permettre à la FIFA d’améliorer la méthode pour l’avenir. Mais il est indiscutable qu’elle change le cours du jeu, elle modifie le comportement des joueurs et des arbitres. Elle démotive l’adversaire. Le simple fait de ne pas faire confiance à ses propres sens peut amener l’arbitre à manquer de vigilance, voire à ne plus se faire confiance et à s’appuyer systématiquement sur la vidéo. Hors, l’arbitre doit rester le vrai juge du match.


Mondial 2018 : une deuxième journée riche en buts

Pour cette première phase des matchs de poule, la deuxième journée a été particulièrement riche en buts pour cette Coupe du monde. Au total 4 matchs avec à la clé 8 buts marqués. Par contre, le Nigeria et le Pérou n’enregistrent aucun buts. La Croatie, le Danemark et la France marquent sur leur compteur 3 points chacune. La plus grande surprise a été l’argentine, favori, qui s’en sort avec un match nul et un penalty raté de la star Messi.

France  2-1 Australie 

40 joueurs étrangers dans le passé sur 46… Voilà la photographie humaine des convoqués de ces 2 équipes… Match des multinationales, donc. Celle australienne moins est surprenante… Par contre, la Françafrique d’en face fait peu sympathie à nos lecteurs pour ses mercenaires… Parfois on les comprend, mais l’idée qui prévaut c’est qu’ils fuient leurs pays d’origine où il y a peu d’argent pour jouer pour des métropoles coloniales comme la France alors qu’en club ils gagnent déjà l’équivalent du budget de certains États…

Mbappe et Pogba ont déjà donné 2 fois du travail aux gants  du gardien des Socceroos Mat Ryan en 3 minutes… On s’attend alors à un festival des Gallinacés mais parfois ceux qui font la musique ne dansent pas… Le ballon  cette fois ci est fabriqué avec un microchip qui offrira des données scientifiques comme la vitesse… C’est ce qu’on aurait dû faire à Mbappe et Ndembélé en remplacement du test de doping… Il est interdit  d’avaler une fusée  pour aller jouer au foot… Hussein Bolt cherche des remplaçants aux 100 mètres et ils devraient le savoir… En foot  qui va trop vite peu aussi finir vite hors-jeu… Les deux, comme toute la France, espéraient surprendre avec ce détail et se laissent souvent tomber pour obtenir des Coup francs mais les joueurs australiens profil bas pourtant expérimentés ne tombent pas dans ce piège… L’arbitre non plus…

Puisque les gens ont encore la fâcheuse idée de croire qu’il y a des favoris désignés et les autres sont venus se promener, c’est Tolisso préféré à Mathuidi le premier à produire une action nette de but… Sauf que euuuh, contre son camp… ‍♂️. Il fallait bien qu’il prouve que son gardien sert à quelque chose, surtout si c’est le Capitaine ‍✈️ LLORIS…

À la pause, la supériorité technique de la France  ne s’est pas vue. C’est Elle qui a souffert et ses supporters avec… L’hypothèse d’être l’équipe la plus jeune (24 ans d’âge moyen) sans vrai leader commence à faire son chemin… Griezmann est resté au lit à l’hôtel… c’est son hologramme qui joue et en bonne compagnie… Il croise souvent l’ombre de Pogba qui peine dans ce milieu où il se dit que c’est lui qui a voulu Tolisso pour ne pas être en ombre avec la présence de Mathuidi…

L’assistance vidéo VAR est décisif mais toujours discutable… Après 10 minutes dans la deuxième manche, pour dissiper le doute, l’arbitre tranche et octroie à Griezmann le penalty bien exécuté qui débloque le score… Sans ça, les Bleus allait faire quoi ?

Pénalty pour l’Australie plus évident 3 minutes plus tard. L’arbitre décide avant de contrôler… Umtiti sait qu’il y a une différence entre le football et le volley   (les deux balles-ci se ressemblent? ). La France encaisse l’égalisation mais c’est une chance  que l’arbitre oublie le carton jaune… Le spécialiste Jefinak à son 19ième but en 75 matchs fait son boulot… LLORIS BATTU: FILETS! La minute d’après, l’Australie  remplace Nabbout décevant pour Juric, plus puissant..

Le petit diable Griezmann, quant à lui, malgré le but n’est pas adapté au Paradis du match… Il sort en compagnie du chasseur Ndembélé pour Giroud et Fekir. Pogba est de plus en plus prévisible et perd sa chaussure , pardon sa godasse sur une pression de Rogic (a l’origine Croate) qui sort la minute d’après pour Irvine…

La synthèse de match de Pavard est un tir loin au dessus du décor sur le développement du corner qui suit… Il se rattrape tout de suite en bon défenseur dans une action de couverture mais Deschamps regrette peut-être déjà de n’avoir pas trouvé un substitut au titulaire SIDIBÉ qui ratera le mondial et le sait depuis que les Coqs  avaient encore la possibilité de retoucher leur effectif… La France  manque d’idées surtout en attaque et l’Australie  plus organisée repart bien…

Journée noire pour Tolisso dépassé qui occasione un coup franc et prend un carton… Le coach décide donc de l’entrée de Mathuidi. Inutile de dire qui est sorti…

À la 80ième minute, une étrange combinaison Giroud-Pogba aboutit à un but anodin que l’arbitre valide tout de suite après avoir reçu l’impulsion de La Goal Line Technology… Le ballon  a dépassé la ligne d’un seul centimètre, suffisant pour frustrer les australiens qui ne s’attendaient pas à un but de cette façon: microscopique… Arzali, entre… Ce n’est pas Mbappe le plus jeune du mondial, mais cet australien d’origine iranienne qui est à son troisième match et a déjà fait un but…

5 minutes à jouer et Giroud fait regretter Griezmann avec de l’anti jeu… En gros pourtant, son entrée et celle de Fekir puis Mathuidi ont galvanisé la France… Le coach hollandais des Socceroos Bert Van Marwijk n’a pas voulu employer la carte Cahill à la chasse d’un record puisqu’il aspire à faire 4 Coupes du Monde  De Suite en marquant à chaque mondial… Il a encore 2 matchs pour commencer… Pour celui-ci, même si c’est la première fois que son nom apparaît dans ce reportage, le meilleur a été NGOLO KANTÉ…  

La rencontre jouée sur un rythme bas finit pendant que les écrans géants insistent peu sur le coup franc produit par une longue galopade de Pogba et mettent en premier plan les fans, question de faire voir que les Australiennes par rapport aux françaises sont plus belles…

Allez dire!

Argentine  1-1 Islande 

On ne vient pas en coupe du monde  en gagnant déjà sur le papier… L’Argentine l’a expérimenté avec l’Islande  comme si la leçon contre le Cameroun  en 1990 ne suffisait pas pour les livres  d’histoire… Par contre si on est underdog, on vient aux rendez-vous mondiaux Pour démontrer qu’on mérite la cour des grands…

Après l’euro, l’Islande confirme que sa progression n’est pas le fait du hasard… Elle se présente accompagnée d’un quart de sa population… Imaginez si les usa  voyageaient avec 80 millions de fans… Pratiquement chaque famille d’Islande a un membre actuellement en Russie … Ils semblent tous des frères… D’ailleurs, leur système social ancestral ne prévoit pas de nom de famille… Si l’Argentine  a des qualités individuelles indéniables, l’Islande  fait groupe et joue très volontaire… Autre chose qui sépare les deux équipes, l’Argentine n’a que 3 joueurs au dessus d’1m80 tandis que l’Islande n’en compte que 3 en dessous d’1m80…

Le souffle, l’athlétisme et la croissance en vitesse des Vikings a surpris les Gauchos… Le tandem Mascherano-Biglia n’a presque jamais fonctionné même si Aguero ouvre le score après moult difficultés à la 19ième minute… Le temps de 3 tours d’horloge et 2 actions collectives et légalisation des nordiques arrive tout naturellement par Finnbogason…

On va à la pause sur ce score et au retour le dynamisme argentin n’est toujours pas au rendez-vous puisque Messi se fait presque toujours subtiliser le ballon 

Le coach argentin fait un remplacement inattendu à la 53ième… BANEGA entre pour Biglia…‍ Cela ne brise pas la confiance des hommes des glaciers… Maradona dans les tribunes est une vaine intimidation en face de l’armada des fans du volcan eyjafjallajökull  toujours en symbiose avec l’équipe par la caractéristique chorégraphie Viking Clap  qu’accompagne la Skol Chant…

Le pressing incontournable de l’Argentine est payant puisque la passe filtrante de Messi lui procure un penalty à la 63ième pour une faute commise par Magnusson sur Meza qui était à la réception… Messi est coupable d’avoir laissé pousser une barbe qui le rend semblable à s’y méprendre aux islandais eux-mêmes. Le gardien l’hypnotise et bloque son penalty… 22 minutes deviennent limite pour réaliser un exploit digne des attentes…

Maintenant ce sont les islandais qui s’illustrent en dribble, sur Messi en occurrence et ne se contentent plus de contenir… Pavòn entre pour Di Maria, et en face, le capitaine Gummurson qui n’est revenu au football  qu’il y a un mois, sort pour Skülarsson du championnat belge… Encore 14 minutes à jouer…

Tentative de Pavòn d’obtenir un penalty à son premier ballon. L’arbitre lui demande de se relever même si avec le replay le doute reste…  Messi se déchaîne mais au moment de la bouchée qui donne le but, Saevarsson lui retire la cuillère  de la bouche… Plus tard le même s’immole devant Pavòn pour son équipe, obtenant un coup franc qui fait souffler les siens…

Les islandais marquent chaque joueur à 3/4 et ça leur réussit, autrement le gardien fait bonne garde sur les exécutions chirurgicales de Messi et compagnie… Hilguain a donc 9 minutes pour prouver aux côtés de Aguero s’il peut être le match winner puisqu’il remplace Meza… Le gardien islandais Halldorsson après le penalty bloqué a encore le temps de faire des miracles sur les tentatives insidieuses du duo d’attaque de l’albiceleste… Lui, réalisateur de films, a déjà quelque chose en tête pour la Fête Nationale de son pays ce dimanche 17 juin…

Sigudarson entre à la 89ième minute à la place de Finnbogason pour donner les dernières profondeurs à l’attaque des Blonds surtout en exploitant les lancers de touche kilométriques de Magnusson… Le reste de l’équipe joue écrasé dans son camp pour protéger le score et les peu d’éclats de génie de Messi ne produisent que des frayeurs passagères…

Rien ne changera après 5 minutes d’arrêts de jeu, pas même la faute de Alfredson en dernière minute dans une position de rêve pour Leo… Le petit génie argentin bute sur la barrière et l’arbitre gonfle ses poumons avec 3 coups de sifflets secs.

Le Nigeria  qui aura l’Argentine en dernier match voudra comme celle-ci éviter la France en huitièmes de finale mais d’abord il faut capitaliser dans les heures qui suivent contre la hautement technique Croatie Ceux qui avaient baptisé ce carré ‘groupe de la mort ’ en ne pensant qu’au trio Argentine  Croatie NIGERIA devront inclure l’Islande et reformuler leur fantaisie…

Vous dites quoi de ‘Quatuor de l’enterrement ‘? 

Danemark  1-0 Pérou 

Des curiosités pour commencer… Les deux équipes dans leurs langues respectives sont appelés Vert-Blanc du fait du drapeau national… Advinculla le péruvien est le joueur le plus rapide du monde… Il court à 35Km/h et passe devant Garett Bale qui en marque 35… Le match est un clash entre la physicité des Danois et la technicité des péruviens de retour au mondial après 36 ans… Aucun des joueurs n’était né au moment de la dernière participation où ils croisèrent les Lions  Indomptables du Cameroun avec qui ils quittèrent la compétition injustement au premier tour… 

Le Danemark répond avec presqu’autant de jeunesse et de diversité, avec parmi les stars le gardien schleichel fils de PETER, chzmpton deyuore 1992, l’un des meilleurs gardiens de l’histoire du football…

Le match est dans les bonnes mains de l’entrepreneur Gambien BAKARI Gassama, arbitre expérimenté, de grande  personnalité et très autoritaire avec les joueurs…

Il est à son deuxième mondial. En 2014, sous mes yeux  au Brésil , il dirigea Pays-Bas  vs Chili … Dans son curriculum, la Confederations Cup, 3 finales de Champions League Africaine et la finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations que la Côte d’Ivoire  remporta en 2915 devant le Ghana Il est avec son collaborateur de touche Burundais  la raison principale de notre attention pour ce match…

Le Pérou  a sur le banc son capitaine ‍✈️ Paolo Guerrero réintégré après que les joueurs et les capitaines des autres pays aient demandé qu’on lui pardonne la positivité à la cocaine pendant le match de qualification contre l’Argentine … Il ne s’appelle pas Pablo ni Paulo mais Paolo en souvenir de Paolo Rossi meilleur buteur du mundial 82 avec l’Italie que son pays croisa sous l’admiration de son Père… Il naîtra deux ans après, en 1984… Sa sélection avec un seul joueur au dessus de 180cm subit le Danemark  mais peut compter sur un public en regain d’enthousiasme pour l’équipe fanion dont les enfants ont recommencé à utiliser le maillot comme pyjama…

Les Danois Kjer et Erikssen qui avait 18 ans à la première participation en 2010 sont les seuls à avoir déjà participé à un mondial… Flores, Farfan et Advinculla donnent souvent du fil à retordre aux danois avec de parfaites géométries… Le Danemark perd KVIST à la 36ième minute et le remplace par Schöne le spécialiste des Coup francs de L’Ajax d’Amsterdam…

Avec Christian Eriksen le Ronaldo Scandinave, qui a qualifié l’équipe inscrivant notamment 3 buts aux playoffs en Irlande, les danois sont confiants… À la 38ième Delaney qui doit son nom à un grand-père qui quitta les usa  pour s’établir au Danemark  appelle le gardien des andins à une double parade sur coup franc… À la 43ième minute, tout le Pérou  y compris le banc de touche proteste en réclamant très véhéments pour un accrochage de Poulsen dans la surface aux dépens de Advinculla redevenu pimpant comme en début de match après s’être tapi dans sa défense un moment…

L’arbitre Gassama, l’officiel le plus proche de l’action jusqu’ici pour son physique athlétique ne voit pas la faute à vitesse normale… Le VAR lui fait changer d’idée mais Cueva très indécis  au moment de l’exécution gaspille très au dessus de la transversale… Le corner du côté opposé offre à Kjer une déviation infructueuse et on regagne les vestiaires au petit trot… Le péruviens le font sur une belle image. Tous vont embrasser et encourager Cueva malchanceux des 11 mètres…

Au retour, Le virevoltant SISTO Ougabdaiq naturalisé prend en mains les manœuvres du Danemark … On joue presque tous les ballons  dans le camp du Pérou… D’un ballon mal géré de Jorgensen à la 54ième nait la contre-attaque que les sud-américains bousillent… Flores Marche  incroyablement sur le cuir au moment de le pousser au fond…

Alors boulevard pour Yussuf Poulsen dit Yurary de Père Tanzanuen qui exploite une repartie et trompe le gardien Gallesse presque seul dans une défense dégarnie… Le Pérou se réveille mais le gardien Schmeichel fait opposition géante… Il vient de battre un record : 500 minutes sans prendre de but pour le Danemark…

Guerrero fils de l’autre de l’édition 1982 entre et reçoit le bon ballon  sur sa tête. Le gardien est en place pour lui souhaiter bienvenue  cette frappe est un cadeau . À la 78 Guerrero d’un talon  magistral se refuse tout seul l’égalisation… Advinculla meilleur parmi les siens aide son gardien dans une parade des pieds… La double protection fonctionne du côté opposé la minute d’après. La route est ouverte pour le remplacement Braithwaite qui entre en remplacement de Sisto…

Le match devient un ping-pong  où les longues balles passent d’une surface de réparation à l’autre sans travail d’entrejeu… Le Danemark  l’emporte mais pourrait payer cette attitude dispendieuse à la longue…

La Pérou subit une loi non écrite du football : qui gaspille est toujours puni et a eu sa chance de comprendre que qui gagne a toujours raison…

La leçon vaut pour tous…

Croatie  2-0 NIGERIA 

Il est clair que la Croatie a du talent à revendre même au banc de touche.. Par contre, au moment des hymnes, il est difficile de partager l’avis des observateurs qui pensent que le Nigeria  jouera le rôle de la mine vacante qui espère ‘déranger’… Elles ne sont pas nombreuses les équipes où pratiquement tous les joueurs peuvent courir  33 km/h… Détail : Le Nigeria  a maillot le plus vendu (3 millions d’exemplaires jusqu’ici)…

Le match est lancé et Le Nigeria porte le premier ballon  à l’attaque. La Croatie  se dégage avec élégance… Ćorluka à son centième match partira du banc de touche…

La première attaque des ex yougoslaves produit un hors-jeu… Elle se dispose de façon à contraindre les Super Eagles à jouer très bas… Même le compartiment offensif se retrouve souvent en défense dans ces premières minutes jouées sur des rythmes intenses.. Moses cherche à faire remonter son équipe mais est souvent accroché… La Croatie ferme tous les espaces…

Le public a faim et siffle… Le Nigeria n’est pas pressé et procède par passes horizontales. Etebo est à surprise titulaire à la place de Onaze… Obi Mikel le capitaine ramène le danger chez les hommes en tenue d’échiquier mais c’est Shehu qui baisse la garde et permet à Perezic d’inquiéter le gardien. Après lui, Kramaric de l’Hoffenheim… La stratégie c’est ne point donner de point de référence…

Au quart d’heure, les aigles se referment sans avoir effectué un tir… L’arbitre brésilien et Moses sont d’avis opposés quand ce dernier à la 19ième réclame pour une faute à l’entrée de la surface des européens… Balogun jusqu’ici allemand y reste couché pour un coup accusé sur le nez…. Il doit sortir se faire soigner puisqu’il saigne…

Le match nul entre Argentine  et Islande  met plus de pression aux deux challengers d’où l’impétuosité… Le premier carton jaune arrive à la 30ième et Rakitic ne l’a pas volé pour son agression aux chevilles de Moses… Perezic er Rebic interchangent les positions pour confondre les adversaires et sur un corner de Modrić à la minute 33, le but arrive… Mandjukic se distingue en une tête plongeante et fait tout de suite signe comme Kramaric que le but n’est pas sien… En effet, sans le talon malheureux d’Etebo, la boule aurait fini sa course hors du terrain…

13 minutes pour encore apprécier comment les Green refoulent le danger. Ils sont arrivés sans avoir perdu de match cédant juste un match nul à l’Algérie… Moses continue de prendre des coups et proteste parce que l’arbitre ne sort pas son carton contre l’adversaire…

Sur les Developments du coup franc, Iwobi inquiète sérieusement le gardien Subatic… Le ballon  que Moses qui a commencé sa carrière internationale chez les juniors anglais shoote dans les tribunes se Loge dans les mains d’un supporter qui veut le garder mais est découragé par le Stewart… C’est la pause. Le Nigeria la prend la tête haute…

La reprise ressemble à la première manche. Les Aigles verts accélèrent, puis remettent le ballon et laissent d’abord jouer… C’est l’approche qui leur est le moins utile pour récupérer du terrain… Les lucky chicken, poules  coloriées de vert-Blanc que les fans ramènent sur les gradins comme porte-bonheur n’ont pas été admises et on dirait que ça a un effet sur la prestation du coach allemand Gernot Rohr… Moses reste le plus entreprenant mais de moins en moins lucide…

Le Nigeria  à la 67ième sort Iwobi pour Musa sans incidence sur le sens du jeu… A la reprise c’est coup sur coup jusqu’à ce que Ekong n’embrasse son vis-à-vis trop affectueusement à 15 minutes de la fin, offrant aussi à Modric la possibilité après 107 matchs de marquer son premier but pour sa sélection en une coupe du Monde  …

Dans la journée des penaltys ratés, sa transformation fait comme celle de Griezman décidément la différence… Le remplacement à la 88ième minute du capitaine ‍✈️ Obi Mikel pour Simi qui s’est illustré avec Crotone en Italie  est très révélateur… Les Oiseaux Royaux d’Afrique de l’Ouest ont joué de malchance mais cela ne les lave pas des responsabilités qu’ils ont, quant à avoir propulsé les Croates à la Première place du groupe…

Avec l’Argentine blessée, le chemin se complique décidément… Tout cela rend la coupe du monde  simplement plus excitante… Les fans Africains en ont après les Super Eagles coupables de se sentir trop beaux avant le match sans avoir le tonus de l’époque de Yekini ou Okocha…

Si c’est vrai, c’est aussi pour plaire à leur public moderne différemment exigeant que pour ne pas trop courir, ils mettent le ballon en touche et courent faire un selfie à poster sur les Réseaux Sociaux … 

L’esprit swag pour glaner les Like…  La journée se conclut avec 4 matchs et 8 buts… Aucune réalisation pour les équipes africaines jusqu’ici justement…

3 sur 5 se sont déjà exprimées…

Simplement, les examens ne finissent JAMAIS…


Coupe du monde 2018 : début réussi pour la Russie et difficile pour les Africains

Rendez-vous sera désormais pris avec un résumé des match de chaque journée de Coupe du monde. La Russie qui accueille cette 21ème édition a fait peau neuve. Les lampion se sont allumés ce jeudi 14 juin pour un mois de compétition qui, nous l’espérons, sera âprement disputée. Grâce au chroniqueur Mathias Mougoué, chaque instant de sensation vous sera décrit dans les moindres détails. Allez, c’est parti!

Russie  5-0 Arabie Saoudite 

J’essaie de comprendre ceux qui disent que la Russie  n’a pas le niveau de la Coupe du Monde   : elle aurait laminé 5-0 une équipe sans âme, croisée par hasard sur son chemin. Je n’arrive pas à m’expliquer leur point de vue… 

La Russie a huilé ses mécanismes indépendamment de l’adversaire, fait appui sur ses atouts et exécuté ses remplacements comme s’il s’agissait d’une finale… 

L’Arabie Saoudite  n’est certainement pas un foudre de guerre mais cela seul ne suffit pas pour discréditer la Russie…

Certains observateurs sont victimes de l’idée eurocentrique qui dévalorise toute sélection sans acteurs majeurs venus des clubs hautement compétitifs de la Champions League Européenne…

Égypte  0-1 Uruguay 

Après 27 ans, c’est une solide équipe d’Égypte , solidaire, ordonnée et fière qui revient au mondial. Elle frustre l’Uruguay  qui ne réussit à l’emporter qu’à la dernière minute, sur l’action qui lui réussit le mieux ces 2 dernières années : un coup de pied arrêté depuis le fond, à droite.

Chapeau au coach HECTOR KUPER (devenu égyptien) : il aligne son gardien de réserve El Shenawy pour son tout premier match officiel, juste après un match amical contre le Portugal 

Le meilleur de cette confrontation, c’est bien le gardien égyptien, froid, concentré, talentueux et dont les choix de temps et de modes de sortie sont excellents! 

Le pire ? Soyez gentils avec Suarez qui a TOUT RATÉ… Il a un record… Outre à être dénommé EL PISTOLERO, on l’appelle ‘L’amulette’. Avec lui sur le terrain l’Uruguay n’a JAMAIS perdu… Et dire qu’ils ne gagnaient pas leur match d’ouverture depuis 1974 !

Bravo au coach Tabarez à son second cycle sur le banc de touche national depuis 2006. À 71 ans, il ne lâche rien, malgré une maladie  dégénérative incurable qui le contraint à l’usage des béquilles. À lui la dédicace du but  de J. Giménez, de facto l’homme du match puisqu’il en décide du score – malgré tout, le meilleur reste le gardien El Shenawy d’Égypte… 

Les Pharaons auront absolument BESOIN d’aligner leur finisseur et réalisateur maison, Salah, devant le pays organisateur. Encore convalescent depuis la blessure en finale de la Champions League européenne, il est resté sur le banc… ‍♂️ Finalement, tout a réussi aux Égyptiens aujourd’hui sauf le but : Salah leur a manqué, il aurait marqué… 

A noter : beaucoup ont fait le jeûne du Ramadan, qui a pris fin aujourd’hui, quand bien même il n’y étaient pas obligés    

La suite nous dira ce qu’il adviendra d’eux…

Maroc  0-1 Iran

Difficile début des Africains…‍♂️

Comme pour l’Égypte, c’est contre le Maroc que le sort se décide et de la même façon, pendant les minutes de temps additionnel… Cette fois-ci, on supputera moins sur le Ramadan car de part et d’autre des joueurs l’ont observé, y compris Bouhaddouz qui marque à la 95ième minute le but  qui décide le match…  Il est entré comme remplaçant, justement pour marquer ce but, sauf qu’il l’a fait contre son camp sur un coup de pied arrêté alors qu’il couvrait le premier poteau en position défensive… (Un vrai but d’attaquant entre autres)…

Le match s’est joué sur un rythme effréné… Les deux équipes sont à leur 5ième Coupe Du Monde . Les Marocains y sont de retour après 20 ans. La dernière fois en 1998 en France 

Si les Chérifiens ont aligné Achraf, latéral du Real Madrid de 19 ans, les Persans leur répondent avec Jahanbakhsh, premier iranien à devenir meilleur buteur d’un championnat européen. Il joue pour AZ Alkmaar aux Pays Bas… Pour son pays il a la lourde pression d’être comparé à Alì Daei, (Ex Bundesliga Allemande) seul joueur au monde  dans l’histoire du football  à avoir inscrit 109 buts pour son équipe nationale et ce en seulement 149 matchs…

Le Maroc  présente seulement 2 joueurs sur 23 qui militent dans le championnat national. Ils sont pour la plupart binationaux et très respectés au pays pour avoir fait le choix d’être des Lions  De L’Atlas comme le capitaine Benattia Stopper, auparavant français en junior… C’est son but contre la Côte D’Ivoire qui qualifia l’équipe… C’est eux qui font le match et l’Iran se contente de détruire… Un match très nerveux… 

À la fin le coach Herve Renard  spécialiste d’Afrique où il a à son actif deux Coupes des Nations a aussi craqué… Il sentait le but arriver… En effet une longue minute plus tard, ses sensations prennent forme malheureusement pour lui et les siens…

C’est l’iran  qui se porte candidate pour challenger l’Espagne  et le Portugal . Pour de nombreux observateurs le tort revient au Benattia… Un joueur de sa carrure aurait dû mieux diriger les siens…

On verra…

Les Africains ne désespèrent JAMAIS!

Portugal  3-3 Espagne 

Ceux qui attendaient un match au sommet n’ont pas été déçus… Ceux qui voulaient voir comment l’Espagne auraient réagi après le Limogeage du coach Lopetegui l’avant-veille du début en coupe du monde  coupable d’avoir signé un accord secret avec le REAL MADRID dévoilé au denier moment devront prêter attention pour le reste de la compétition.

Ce match était à part… Ceux qui voulaient lire la rivalité REAL-BARCELONE entre les lignes ont été servis… La confrontation commence sur les chapeaux de roue et le Portugal mène déjà au score à la 3ième minute…‍♂️ Penalty transformé par Cristiano Ronaldo…

Durant la partie Douglas Costa brésilien naturalisé espagnol lui répondra 2 fois… Le Portugal mène 2-1 à la pause mais au retour le deuxième but de Costa qui fait écho au second de Ronaldo met l’Espagne  sur orbite, le vent en poupe…

Elle est plus disciplinée, plus équipe, avec plus de qualité, ce qui est récompensé avec un troisième but sans trop d’attente. Nacho se fait pardonner le penalty occasionné à la deuxième minute…‍♂️

L’Espagne règne mais c’est sans compter qu’en face il y a un monsieur surnommé CR7, qui sait tout faire… Et quand l’équipe manque de quantité ou d’idée, il invente de la Quantité…

Après lui, l’autre seul titulaire inamovible depuis 2013 a souvent donné du fil à retordre à Lord Iniesta… Il s’agit de l’Angolais naturalisé William Carvalho, mastodonte du milieu de terrain…‍♂️. Sentant peut-être le match en poigne, Hierro coach espagnol depuis 2 Jours, légendaire capitaine de Madrid et des Furies Rouges, libero cinquième meilleur Buteur de tous les temps d’Espagne remplace Diego Costa…

Comme à l’euro, Quaresma l’autre valeur capitale du Portugal entre aussi et les équilibres se renversent…

Piqué, défenseur du FC Barcelone se mordra les doigts puisque c’est d’une de ses légèretés que l’occasion est donnée à CR7 de remettre les pendules à l’heure. On joue la 88ième minute… 

Coup-franc magistralement transformé… 3 buts en un match et voilà l’extraterrestre meilleur buteur d’entrée de jeu. Il ramènera le ballon avec lui et une cheville, la droite avec laquelle il a tiré à contrôler à l’infirmerie… ‍⚕️

Une chance pour Le Maroc ? En tout cas, tous sont avertis… CR7 IS ON FIRE! 

Prestation discutable pour l’arbitre italien Rocchi. Il a peiné et malgré l’assistance vidéo, l’épisode du penalty n’en est pas moins problématique…

Les fans Africains restent divisés…

Ce qui est difficilement compréhensible c’est qu’il y en ait qui supportaient le Portugal  sous prétexte qu’ils ont été de bons colonisateurs…

Pardon? ‍♂️

Rendez-vous demain pour le résumé de la 2ème journée.


L’opposition existe-t-elle encore au Cameroun ?

La crise anglophone s’est muée en guerre civile et la destructuration des superstructures des partis politiques de l’opposition n’est plus un secret. La persistance de cette crise, à l’approche, à grande enjambée, des élections (municipales, législatives et présidentielle) n’arrange pas les choses. Ces élections mobilisent les états majors des partis politiques de l’opposition. Malgré ce déploiement, impossible de les prédire des lendemains meilleurs. Du coup, le parti de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, peut-il se donner le luxe de dormir sur ses lauriers ? Que non !

Ici, le concept d’opposition est défini, non pas comme une entité figée, mais comme une force dynamique de proposition. Il est important de prendre en compte le levier déclencheur d’une position de force nécessaire à toute alternative. Elle peut être détenue par les partis politique comme par les syndicats ou tout mouvements de contestation. Nous nous contenterons de mener une analyse à travers deux partis politiques de l’opposition : le SDF et le MRC. Ce sont les partis qui mènent en ce moments des manifestations sur le terrain. Les sorties momentanées de l’un ou de l’autre les placent au-devant de l’actualité politique. Ils suscitent donc, par cette occasion, des débats politiques d’envergure qui mobilisent l’opinion nationale sur les stratégies de conquête électorale.

La mise en scène du SDF au déclenchement de la crise anglophone le démobilise politiquement

Depuis le déclenchement de cette crise dite anglophone en octobre-novembre 2016, il était difficile d’imaginer le Cameroun en guerre. Les syndicats d’enseignants et d’avocats conduits respectivement par leurs leaders Agbor Nkongho, Fontem Neba, Wilfred Tassang, Harmony Bobga sont à la tête d’une contestation qui avait abouti à des manifestations pacifiques. Cette contestation est une conséquence d’une marginalisation des anglophones qui représentent 1/5 de la population camerounaise. Ce problème lié à la marginalisation au Cameroun pose la question du sort d’une minorité anglophone qui se sent exclu de la gestion publique depuis la fin du fédéralisme en 1972.

L’entrée du SDF dans la crise

C’est le SDF, à travers son député Joseph Wirba qui, le 2 décembre 2016, politise le mouvement syndical à travers un discours historique à l’assemblée nationale. Tout le pouvoir est pris à parti par le député qui dénonce justement la marginalisation dont est victime son peuple. D’ailleurs, malgré son immunité, il a subi quelques menaces, a même fui avant de revenir siéger quelques semaines après. Puis, le meeting du SDF, le 5 décembre 2016 à Buea en plein crise, où le Chairman du parti stigmatise la classe dirigeante. Du coup, le mouvement syndical prend une dimension politique. Mais, pour confirmer son leadership sur ce territoire anglophone, le congrès du SDF du 22 au 23 février 2018 à Bamenda se tient sans anicroche et plébiscite le Vice-président Joshua Osih comme candidat à la présidentielle d’octobre 2018.

Le terrain miné par les indépendantistes

Le SDF se trouve être le seul parti politique de l’opposition qui, jusqu’ici, a mené des sorties politiques très médiatisées sur le terrain en plein cœur de la contestation anglophone. Même le parti au pouvoir, le RDPC, avec son arsenal de sécurité appuyé par les forces de l’ordre, n’y a pas pu. C’est donc dire que cet territoire anglophone appelé fief du SDF resté miné. Le durcissement des positions et le pourrissement de la situation a entraîné la formation des milice armées depuis janvier 2017 avec l’arrestation des leaders syndicaux taxés subitement de « sécessionnistes ».

La première conséquence, c’est que même le SDF serait incapable actuellement de se mobiliser sur son fiel électoral. La deuxième conséquence, c’est que la militarisation de la zone anglophone le prive de son fiel électoral. Troisième conséquence, le parti est actuellement absent sur le terrain politique à  trois mois des élections.

Le confinement du débat politique à la « tribalisation » et le déploiement du leader du MRC à la conquête du terrain

Le MRC, nouveau parti d’opposition, fera son baptême du feu à la présidentielle d’octobre 2018. Nourri par le souci de ne pas faire piètre figure, il faut mobiliser les énergies et donc, accentuer sa présence sur le terrain. Depuis 2016, son leader, Maurice Kamto, fait le tour du pays en organisant des meetings à tout vent. Curieusement, depuis le déclenchement de la guerre en région anglophone, le MRC n’a plus jamais connu des interdictions de manifestations d’une sous-préfecture. Preuve que les autorités ont lâché du lest. Cette situation d’interdiction des manifestations du MRC donnait beaucoup de fil à retordre au parti qui devait multiplier des subterfuges pour éviter de passer sous les fourches caudines des autorités.

Bal de ping-pong

Depuis la fin de ces interdictions, des échanges, des débats houleux tintés de propos stigmatisants sont devenus légions. Le leader et son parti politique sont pris en étau sous les grippes des adversaires. Accusé par ses détracteur d’être un parti régionaliste et sectaire, les partisans du MRC s’en défendent. Leurs réponses, qualifiées de « violentes », ne se font pas attendre. Des réponses à la mesure de l’attaque sont observées ça et là. Au lieu d’assister aux débats de fond, ils virent toujours à la dérive. Autrement dit, les échanges entre les membres et sympathisants leaders du MRC et les détracteurs sont essentiellement centrés sur des petites piques en dessous de la ceinture. Des accusations de sectarisme se trouvent confrontées à l’appartenance tribale du leader du MRC et de ses membres.

Du coup, même les « Fake News » prenne du terrain dans les débats. Dans ce genre de climat où l’atmosphère est polluée par des rumeurs sur les fausses démissions et les fausses révélations à tendances tribale du leader, il est difficile à l’opinion de suivre voire de mener des débats sur l’actualité du parti et sa vision pour le Cameroun. A défaut donc de cette interdiction de manifestation qui ne font plus recettes, polluer et truander les débats de Fake News est devenu le sport favoris des trouble-fêtes.

L’opposition, à travers le MRC, se trouve donc handicapée par des communications diluées. Chaque partie, le MRC et ses détracteurs, se jetant la responsabilité de la « tribalisation » des débats, les messages sont tout de même brouiller. Que reste-t-il alors en pareille situation pour une opposition qui veut être audible ? Faut-il réagir aux polémiques comme le font ses membres du MRC ou laisser faire ? En tout cas, même si le MRC réussit à se déployer malgré tout, cette situation brouille les débats.

Que reste-t-il de l’opposition camerounaise ?

De façon trivial, on dira qu’il ne reste que le parti au pouvoir, le RDPC, et ses alliés. Il reste aussi certains partis de l’opposition dont on ne parle pas beaucoup et qui font, tant bien que mal, la pluie et le beau temps au sein de l’opinion. Ces sorties sont sporadiques et éphémères, mais ne manquent pas d’intérêts du tout.

Ce qui occupe les devants de la scène socio-politique justement, c’est cette crise dans la deux régions anglophones. Une crise qui s’est, peu à peu, muée en guerre total. Une guerre qui, actuellement, donne des sueurs froides à la vue des images photos et vidéos venues tout droit des deux régions de conflits. Depuis novembre 2016, les Anglophones ont occupés le terrain politique avec des revendications syndicales. Les syndicaliste, plus modérés, exigeaient une révision constitutionnelle afin de mettre l’option du fédéralisme sur la table de négociation. Énervées, les autorités ont alors opté pour la solution de la force. La première mesure a été de dissoudre le Consortium, un collectif de touts les syndicats, puis d’emprisonner les leaders syndicaux en janvier 2017.

Changement de cap

Janvier 2017 a donc marqué la fin du leadership syndical. Les plus radicaux de la crise, les indépendantistes, ont envahi le terrain. La population, n’ayant plus de leadership, se laisse dominer par des idées séparatistes. Celles-ci prennent le dessus, de gré ou de force, sur le débat politiques. L’enjeu politique qui se joue en région anglophone a pour centre d’intérêt la ville de Limbé. C’est une ville pétrolière qui se trouve, bien entendu dans la région du Sud-Ouest, région anglophone, donc. Cette manne pétrolière fait de la guerre un enjeu socio-politique pour le président Biya. Elle est considérée, comme c’est le cas des régime tyranniques, comme une ressource importante pour faire fonctionner le système.

La persistance de la guerre est une tactique de pourrissement dont l’objectif est de décourager les indépendantistes. La résistance des combattants indépendantistes appelés « terroristes » donne une autre allure à la crise. Les Anglophones deviennent, à travers cette lutte acharnée et ces combats armés, une force alternative. Il devient donc difficile de parler de l’avenir du régime et de Paul Biya sans faire allusion aux Anglophones qui tiennent encore le bon bout jusqu’ici.

La question qui demeure cependant est celle-ci : pourquoi et comment une telle crise a pu résister pendant deux ans alors que le Cameroun en a connu et qui se sont terminé en fiasco total ? Ce développement fera l’objet de notre prochain billet.


Présidentielle au Cameroun : la bataille de communication entre les pro et anti Maurice Kamto

Le candidat à la présidentielle d’octobre prochain, Maurice Kamto, goûte à sa première expérience politique. La présidentielle au Cameroun est une période de tensions permanentes. Elle ravive les passions et les émotions dans l’opinion à travers la Toile et les médias classiques. C’est la principale caractéristiques des périodes électorales.

A l’approche de la présidentielle d’octobre 2018, les partis politiques ce sont déjà mis en branle. Cette course à la magistrature suprême est marquée par des rivalités entre les acteurs politiques. D’une part, entre les partis politiques de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition. Et d’autre part, entre les différents partis politiques de l’opposition. Pour ce dernier cas qui nous intéresse ici, la tension entre les partis politiques de l’opposition met au centre des polémiques, le leaders Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).

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Maurice Kamto, Président du MRC et candidat déclaré à la présidentielle d’octobre 2018 au Cameroun. Crédit photo : MRC

Pourquoi Maurice Kamto fait-il l’objet de tant de fixation pour cette présidentielle au Cameroun ?

Le Cameroun a toujours eu à passer des moments de vives tensions marquées par une situation particulière à la veille des échéances électorales. Depuis le retour du multipartisme en 1990, les élections présidentielles pluralistes de 1992, 1997, 2004 et 2011 ont, chacune, toujours été marquées par un serpent de mer : la coalition des partis politiques de l’opposition. Si celle de 1992 a été un succès pour le moins éclatant avec Ni John Fru Ndi comme candidat de la coalition de l’opposition, cette expérience hante toujours l’opinion. Les expérience ratées de 1997, 2004 et 2011 ravivent encore les tensions au point où certains laisseraient croire que l’opposition doit encore passer par cette option de coalition pour espérer une alternance. Il serait toutefois naïf de ne pas penser que dans cette derrière idée de coalition se cache le mythe de Sisyphe :  la quête du leadership.

Les partis politiques de l’opposition veulent construire un leadership à l’image de Ni John Fru Ndi, leader charismatique, en 1992. C’est ce que les idéologues du MRC de Maurice Kamto ont compris. Un projet de société conçu autour de l’idéologie du social-libéralisme est le socle sous lequel se fonde le leadership. Libérer l’homme, libérer la parole pour permettre la confrontation et exploser les talents. C’est dans la concurrence des talents que le développement est possible. Pour y arriver, la stratégie du MRC est évidente : se livrer à la bataille communicationnelle semblable au concept de la guerre de l’information.

Les conséquences de cette stratégie communicationnelle

La bataille communicationnelle a cet inconvénient qu’elle expose le leader et le livre à la vindicte. Maurice Kamto, en s’exposant, s’attend à recevoir des coups de massue. Cette bataille communicationnelle choisi par le MRC n’est pas naïve. Elle est fondée sur l’objectif de la propagande politique de son idéologie. Cette propagande est exercée dans un contexte de frustration de nombreux Camerounais face à une opposition sclérosée de 26 années de batailles sans succès. Le MRC, né seulement en 2012, n’a donc pas de choix que de se lancer dans la conquête d’occupation du terrain politique pour rattraper le retard qu’il a avec les autres partis politiques de l’opposition qui sont là depuis 1990. L’enjeu est donc grand et pour une première participation à la présidentielle, Maurice et son parti le MRC n’ont pas droit à l’erreur.

Mais avant d’y arriver, Maurice Kamto fait face aux griefs de ses détracteurs les plus féroces à travers les médias et sur la Toile. Cette bataille communicationnelle a lieu entre les pro et les anti Maurice Kamto. Voici quelques morceaux choisis, et pas les moindres, où les deux camps se livrent une lutte féroces qui a lieu généralement sur les réseaux sociaux.

Maurice Kamto, un « nain politique »?

La plupart des griefs balancés contre le leader du MRC sont focalisés sur sa modique expérience sur le plan politique. En effet, les détracteurs s’attardent sur le fait que Maurice Kamto n’a aucune expérience politique. Selon eux, le leaders fait son entré en politique lors de sa nomination en tant que Ministre Délégué auprès du Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux de décembre 2004. Pourtant, il est établi que Maurice Kamto avait été le Directeur de campagne du candidat de la coalition de l’opposition de la présidentielle de 1992. Pour rappel, les résultats de la présidentielle donnait Paul Biya vainqueur avec 40% contre Ni John Fru Ndi, son suivant avec 36%. Ce résultat, jusqu’ici, est contesté par toute la classe politique de l’opposition qui estime avoir remporté la partie.

Ce score de 36% de l’opposition à la présidentielle reste pourtant une victoire pour beaucoup d’observateurs pour deux raisons. D’une part, il est le plus gros score jamais engrangé par un leader de l’opposition au cour des scrutins suivants. D’autre part, jamais, l’opposition camerounais n’a été aussi soudée pour faire face à un seul ennemi : le parti politique (UNC-RDPC) au pouvoir depuis l’indépendance du Cameroun oriental en 1960. La force politique du leader du MRC de Maurice Kamto peut donc se mesurer à partir de cette période inédite dans l’histoire de l’opposition au Cameroun. Pour des raisons que l’on ignore, il n’y a plus eu de coalition des partis politiques de l’opposition. Plus grave encore, après cette expérience, Maurice Kamto s’éclipse.

Repli stratégique ?

Maurice Kamto avait-il vraiment pris congé de la politique ? La mémoire courte de certains leur fait oublier cette période où le leader fait son entrée dans le gouvernement de Paul Biya en décembre 2004. Il y a passé sept ans et démissionne en novembre 2011 pour lancer le MRC en août 2012 à Yaoundé. Maurice Kamto n’est donc pas un « nain politique » comme d’aucun peuvent penser. Depuis l’avènement du multipartisme, il est trempé dans la politique.

Maurice Kamto, un « pion du système »?

Ce séjour de sept ans comme Ministre délégué dans un gouvernement de Paul Biya fait-il de Maurci Kamto un homme du système ? Cet argument avait été soulevé par ses détracteurs en son temps. Aujourd’hui, il est, avec le temps, tombé dans la désuétude totale. Il faut d’ailleurs expliquer ici comment Maurci Kamto arrive dans un gouvernement d’un tyran. Au fait, Il entre au gouvernement à la faveur de la gestion du dossier de Bakassi dont les détails se trouvent dans une édition Hors série du quotidien camerounais La Nouvelle Expression du 14 novembre 2002. Ce dossier a également été traité par le magazine Jeune Afrique Économie n° 374 de Novembre-Décembre 2004.

Cette affaire Bakassi a pour origine la remise en question des frontières héritées de la colonisation. Son origine date de 1993 où le Nigeria viole le territoire camerounais par une invasion de la presqu’île riche en pétrole. La Cour Internationale de Justice (CIJ) est saisie en 1994 par les soins de deux intellectuels camerounais, Luc Sindjoun et Joseph Owona. Le rejet du dossier par la CIJ oblige le gouvernement camerounais à faire appel à Maurice Kamto, juriste international, malgré le refus de ces deux derniers. La CIJ accepte finalement le dossier du Cameroun, quatre ans après, en juin 1998.

Comment Maurice Kamto se retrouve-t-il au gouvernement ?

C’est Constantin Boyo Guehoada qui répond en ces termes :

Pendant toute la procédure ainsi que les négociations avec la partie adverse, il fallait à chaque fois signer les documents officiels ; mais la tête de proue du dossier [Maurice Kamto] n’avait rang et qualité pour le faire. Quand bien même il aurait été mandaté pour le faire, mais par courtoisie pour la partie adverse, qui ratifiait les documents par leurs ministres, il fallait tout de même que nos signataires aient la stature de ministre. Les multiples déplacements du ministre de la justice uniquement pour apposer une signature n’arrangeait pas non plus les choses. C’est pourquoi l’homme aux manettes du dossier depuis longtemps devrait lui-même signer les documents officiels ; d’où l’importance de se voir doter d’un titre de ministre. C’est pourquoi Maurice Kamto sera nommé quelques temps plus tard ministre délégué à la justice.

Ce passage de la vie politique de Maurice Kamto est souvent critiqué pour son rôle au gouvernement lors de crise socio-politique dite « émeute de la faim » de février 2008. Pour l’heure, l’information qui filtre concernant ces émeutes, est que celles-ci sont à l’origine de la démission de Maurice Kamto du gouvernement.

Le MRC, ce « petit parti » peut même gagner quoi ?

L’autre grief, et pas le moindre, est celui de réduire le MRC au parti nombriliste. Il devenait prétentieux, pour le MRC qui a vu le jour en août 2012,  de se livrer au combat des municipales et législatives de 2013. Ainsi, à l’issue des scrutins du 30 septembre 2013, un an après sa création, le parti enregistre un score mitigé de 1 siège sur les 180 aux législatives et 19 conseillers municipaux sur les 10626 que comptent les 360 communes du pays. Les critiques fusaient de toutes parts pour qualifier le MRC d’un minuscule parti qui n’est pas différents des autres. Comme pour dire que le parti vient juste jouer au figurant.

Ce score du MRC lui a valu des pamphlets pas du tout honorables de la part d’un agrégé des droits publics qui fustigeait Maurice Kamto de « mauvais perdant » dans un article daté du 30 octobre 2013. Ce même agrégé, James Mouangue Kobila, enseignant à l’Université de Douala, ne tarit pas de quolibets en continuant à tirer à boulets rouges sur Maurice Kamto. Ainsi, à la suite de la convention du MRC du 13 au 15 avril 2018, un autre pamphlet du même enseignant qualifie déjà la candidature de Maurice à la prochaine présidentielle de ‘candidature vouée à l’échec« .

Le défi politique, mais aussi psychologique

Il faut donc le dire pour bien situer le débat : Maurice Kamto et son parti font face à un défi. Ce défi est justement de montrer au yeux des détracteurs que le « maigre » score obtenu après un an d’existence n’était juste qu’un point de départ. Les législatives et les municipales à venir doivent donner l’occasion au MRC, non seulement de démontrer son leadership, mais aussi et surtout de clouer au pilori ses détracteurs. Comme on peut le constater, cette bataille ne se joue pas uniquement sur le plan communicationnel, mais elle est surtout psychologique.

Le MRC, le parti de la « secte bahamiste » ?

C’est l’un des critiques les plus virulentes balancées sur Maurice Kamto et son parti. En fait, Maurice Kamto est né le 15 Février 1954 à Bafoussam, chef lieu de la région de l’Ouest. Il est également originaire d’un village, pas loin de Bafoussam, Baham. Ses adversaires ont vite fait de le réduire à un leader du village. D’où le vocable réducteur de « secte bahamiste ». Les critiques vont d’ailleurs plus loin en lui collant les qualificatifs les plus ubuesques : parti « ethno-fasciste », « parti tontine« , etc.

Une fois encore, c’est un enseignant d’université qui est maîtrise de la propagande anti-Kamto. Mathias Eric Owona Nguini s’illustre depuis quelques temps à des propos plus que provocateurs envers le candidat à la présidentielle Maurice Kamto. Cette rivalité a pris une ampleur telle que les propos de Owona Nguini sont désormais considérés comme un acharnement sur un leader politique.

Le positionnement académique ?

A l’origine de toutes ces batailles entre les enseignants (Kamto, Mouangue Kobila et Owona Nguini), se cache une guerre de positionnement académique sous le sceau de la communication politique. Il se trouve que les militants et sympathisants du MRC sont les plus présents sur la Toile et plus particulièrement les réseaux sociaux. Leur présence et leur réaction promptes à toutes invectives font d’eux des « colériques » qui ne laissent rien passer. C’est donc le parti politique le plus présent sur le net. A travers leur nom de profil sur Facebook, les anti Maurice Kamto ont vite fait de deviner leur origine ethnique. Selon eux, la majorité des militants et sympathisants du MRC serait originaires de la même ou du même ethnie que le leader.

Cette forte présence sur les réseaux sociaux est une situation que le Cameroun n’avait pas connu avant. Au point où les détracteurs qualifiait le MRC du « parti de Facebook ». Nous sommes donc partis de la « secte bahamiste » au « parti de Facebook ». La dernière trouvaille des griots c’est de réduire Maurice Kamto par son grade académique.

« Je suis universitaire, Maître de conférence comme Maurice Kamto »

La dernière polémique et toujours pas la moindre, fait état du rang académique de Maurice Kamto. Cette bataille livrée sur la Toile a lieu dans un contexte de délit de faciès en matière de compétences juridiques. En fait, c’est dans la gestion du dossier sur l’affaire Bakassi citée plus haut que la polémique sur le grade universitaire de Maurice Kamto rejaillit en surface. Le refus de Joseph Owona, géniteur de Owona Nguini, de faire appel à Maurice Kamto pour la gestion juridique du dossier de Bakassi, est le centre névralgique de la polémique.

Owona Nguini n’a de cesse de présenter Maurice Kamto comme un « Maître de conférence » : « Je suis universitaire, Maître de conférence comme Maurice Kamto ». Ce qui a irrité un Camerounais, Pascal Aubry Bilong, qui considère cette annonce de Owona Nguini comme une baliverne.D’où sa mise au point suivante :

Joseph Owona est Chancelier des ordres académiques en 1988 lorsque Maurice Kamto retourne au pays. Joseph Owona empêche Maurice Kamto, agrégé des facultés françaises en 1988, de passer Professeur Titulaire au Cameroun tel que le prévoyait la loi, en le rétrogradant Maître de Conférence. Le Professeur Maurice Kamto, qui est très attaché à l’application de la loi, avait porté plainte contre l’Université devant le tribunal administratif et avait remporté le procès.

Pour terminer

Il se passe donc que la fixation sur la personne de Maurice Kamto par Mathias Eric Owona Nguini est le résultat d’une haine qui ne date pas d’aujourd’hui. Elle date de depuis l’époque où Joseph Owona, le géniteur de Mathias Eric Owona Nguini était ministre de l’enseignement supérieur.Cette haine est visible également en 1994 lors de l’affaire Bakassi.

Les griefs d’Owona Nguini sont-ils donc une suite logique d’une haine congénitale ?


Pourquoi Camer-Co subit la foudre des internautes camerounais

Le 27 avril 2018, une Camerounaise, Mme Tankoua Joyce, a été « suspendue de tous les vols sur l’ensemble du réseau de la compagnie jusqu’à nouvel avis ». Le passager Tankoua Joyce a été identifiée par le personnel comme la responsable d’un « incident qui porte atteinte à l’image de marque de Camer-Co » pour avoir « retiré le coussin d’assise du siège ». Elle a photographié ce siège et l’a balancé sur les réseaux sociaux. Cette décision du Directeur Général de Camer-Co, Ernest Dikoum, qui manifestement a surpris les Camerounais, n’a laissé personne indifférent. Du coup, les internautes se sont acharnés sur la compagnie et ses dirigeants.

Pour beaucoup, c’est une décision qui n’est pas appropriée. Tout comme les photos prises par Mme Tankoua, la décision du M. Dikoum, contrairement à ce qu’il veut faire croire, ne rehausse pas l’image du Cameroun. Elle est plus liée à l’incompétence des dirigeants de Camer-Co. Nous sommes donc ici en face d’une communication de crise où un client manifeste son ras-le-bol face à la détérioration des conditions de voyage. Mais la « Note de service » de la direction générale tend plutôt à démontrer le contraire en parlant d’acte « volontaire » de destruction du siège.

Les internautes n’ont donc pas hésité à parler de manipulation de la direction générale pour justifier les mauvaises qualités de service à bord des vols de Camer-Co. Il faut avouer que c’est une situation que les Camerounais avaient l’habitude de reprocher à Cameroon Airline (Camair), la défunte compagnie qui a fait ses beaux jours avant sa chute. Elle était d’ailleurs devenue célèbre par son appellation « Air Peu-être » pour ses retards légendaires. C’est ce qui explique le scepticisme des Camerounais sur la bonne foi de Ernest Dikoum qui cherche « maladroitement », avec la nouvelle compagnie Camer-Co, à redonner au Cameroun cette image d’antan qu’elle a perdu depuis belle lurette.

https://twitter.com/Nath_Yamb/status/988717281076269056

La mauvaise « tactiques commerciales » de Camer-Co ?

Une professionnelle du tourisme réagit à cette décision en la qualifiant de « tactiques commerciales » inappropriées dans un contexte de concurrence très rude. La professionnelle Alice Tchomte va plus loin et réserve à Camer-Co le même sort que son aîné Camair. Elle s’adresse au Directeur Général Ernest Dikoum sur sa page Facebook en ces termes :

En tant que citoyenne camerounaise et professionnelle du Tourisme et des Voyages, je m’insurge contre vos manœuvres anti-commerciales qui ternissent davantage l’image de notre compagnie aérienne nationale que vous êtes censé diriger et ramener à un niveau supérieur lui permettant de rivaliser en terme de qualité de service et satisfaction du client, avec un concurrent ayant une très bonne renommée internationale à l’instar de ETHIOPIAN AIRLINES!

  • Madame Joyce Tankoua, n’était ni en état d’ébriété, ni sous influence de stupéfiants, lorsqu’elle a pris ledit vol.Madame Joyce.
  • Tankoua n’est pas une terroriste.
  • Madame Joyce Tankoua n’était pas à sa première expérience en tant que passager aérien, ni sur le vol CAMAIR-CO, ni sur une autre compagnie.
  • Pour ces 3 points, Madame Joyce Tankoua n’avait et n’a aucune raison de  » VOLONTAIREMENT RETIRER LE COUSSIN D’ASSISE DU SIEGE » comme vous le prétendez dans votre note de service, pour expliquer votre puérile décision, indigne d’un homme de votre acabit!

Nous camerounais et notamment moi, avions été fiers de votre parcours dans la compagnie aérienne « EMIRATES » dans laquelle vous avez occupé le poste de Directeur. Mais, par cette note de service que vous semblez avoir signé, vous vous retrouvez au bas de l’échelle des dirigeants des compagnies africaines.

« THE CUSTOMER IS ALWAYS RIGHT  »
Où donc avez-vous mis ce slogan commercial que vous connaissez si bien et avez fait appliquer lors de vos précédents postes de dirigeant à l’international?

Ne savez-vous pas que nos avions ont effectivement quelques soucis tels que ces coussins qui ressortent de leurs sièges et qu’il incombe au personnel aérien d’essayer avec tact, de rassurer le passager plaignant, en le mettant à l’aise puis d’en informer la hiérarchie pour rapidement régler le problème en se procurant du matériel de qualité et non de demeurer dans la vétusté, source de danger?

« Le client est Roi », Monsieur Dikoum et il a le droit de se plaindre du mauvais service rendu.

Sachez que par cette note, vous avez lancé un appel à tous les passagers de CAMAIR-CO, pour prendre en photo ou en vidéo, tous les nombreux couacs de la compagnie que vous dirigez!

Fort heureusement, vous n’avez pas le pouvoir de supprimer l’air qu’on respire sur l’étendu du territoire Camerounais! Madame Joyce Tankoua, d’autres passagers et moi aurions été victimes de votre abus de pouvoir…

A moins de vouloir mettre la clé sous le paillasson, vous feriez mieux de rectifier au plus vite, vos tactiques commerciales!

Alice Tchomté

La sanction de Mme Tankoua doit « servir de leçon »

A la suite de nombreux griefs portés à l’encontre de Ernest Dikoum sur les réseaux sociaux, une employée de Camer-Co s’est vue obligée de réagir. Selon Yolande Bodiong, une ex-employée de Camer-co, toute compagnie a le plein droit d’exclure un passager de ses vols pour « destruction d’un matériel ». Voici en substance, sa réaction sur sa page Facebook :

Je peux comprendre que certains camerounais soient choqués par cette décision du Directeur Général de Camair-Co. Parce que ça relève de l’inédit au Cameroun.

La réglementation internationale en matière de transport aérien est claire: Un passager qui tient des propos injurieux à un membre d’équipage, ou qui détruit ou participe à la destruction d’un matériel doit purement et simplement être débarqué par le commandant de bord à l’immédiat avec rapport à l’appui si toute tentative de raisonnement du passager ne le calme pas.

Ce rapport donne le droit à la direction générale après enquêtes et témoignages des autres passagers et après une fois de plus avoir pris attache avec le passager concerné pour conciliation. Si infructueux, la compagnie se réserve le droit d’appliquer les sanctions conformément à la réglementation internationale en matière de transport aérien.

Le Directeur Général de Camair-Co a posé un acte courageux qui doit servir de leçon. Avoir des droits ne vous donne pas le droit au libertinage.

Des sièges endommagés dans un avion les rend simplement inoperationnels et ne sont pas vendus. Par contre les coussins y sont toutefois maintenus simplement parce que ce sont des moyens de flotaison en cas d’amerrissage et plus encore.

Dénoncer C’est bien, filmer les sièges C’est bien. Mais déplacer un coussin pour faire une photo C’est interdit.
Et connaissant mes collègues et la patience qui les caractérise face aux passagers désagréables, cette dame a dû pousser le bouchon trop loin. Elle mérite cette sanction pour que ça serve de leçon.

Par Yolande Bodiong, Ancienne hôtesse de l’air a Cameroon Airlines et cadre de Camair-co

Camer-Co : une question de survie face à la concurrence

A la suite de ces deux réaction, il faut dire que la compagnie aérienne nationale camerounaise est confronté à de réels soucis. Comme le dit si bien Ernest Dikoum et Alice Tchomte, c’est de l’image du Cameroun dont il est question ici. Détruite par la défunte Camair qui faisait face à un problème de sa gouvernance, il faut maintenant trouver la meilleure stratégie pour l’améliorer.

La meilleure stratégie passera-t-elle par l’application stricte des mesures internationales face aux clients vexés et impatients de voir Camer-Co retrouver l’image d’antan de la Camair ? Il est évident que certaines compagnies ont déjà eu à appliquer cette décision d’exclure les passagers de ses vols. Mais, il est également vrai que ces compagnie, à l’instar de British Airways, ne sont pas dans une situation de reconquête d’une clientèle camerounaise perdue à la suite de la mauvaise gestion de la Camair.

Ici, Camer-Co a besoin d’un souffle nouveau. Elle a besoin de redonner aux Camerounais le goût de voyager avec leur compagnie nationale, ce chauvinisme dont il se gargarisaient en 1979 lors de la naissance de la Camair. Dans cette pression à la recherche de son blason perdu, seule la compétence peut résoudre l’équation. C’est important, voire nécessaire pour rassurer les Camerounais et éviter des coups fourrés sur la Toile en tirs groupés. On ne saurait jamais si bien le dire.


Mida : les leçons d’une « escroquerie de grande envergure » éventrée par le gouvernement camerounais

Sept mois après le lancement de ses activités à Ahala, une localité situé dans l’arrondissement de Yaoundé 3ème, la Mission d’intégration et développement pour l’Afrique (Mida) ferme définitivement ses portes. La Mida était considérée comme une entreprise financière de placement. Le communiqué du ministre de la communication qui met fin aux activités de l’entreprise remet au grand jour révèle quatre leçons tirées à la suite de cette vaste escroquerie.

Le sociologue Serge Aimé Bikoi nous livre ici une analyse de la situation qui met en exergue les quatre leçons tirées après la fermeture de Mida. Il est à noter cependant que l’analyse que le sociologue nous livre ci-dessous nous montre le niveau de déliquescence de la société camerounaise en manque de repère. Elle est prompte à prendre des risques face à un environnement dont les opportunités de sortir du chômage sont assez morbides.

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Le logo officielle de la Mida, entreprise accusée d’escroquerie par le gouvernement camerounais. Crédit photo : Mida

Affaire Mida : chronique de la fin d’une aventure mêlée d’esbroufe et de clandestinité

Un laxisme qui a fait a fait perdurer l’escroquerie

Le ministre de la Communication (Micom) a suspendu, ce samedi, 21 avril 2018, les activités de la Mida (Mission d’intégration et développement pour l’Afrique). Après sept mois d’activités, le gouvernement monte au créneau pour sanctionner une structure qualifiée, finalement, a posteriori, de clandestine. D’après le communiqué de Issa Tchiroma Bakary rendu public ce jour (le 21 avril 2018, ndlr), le gouvernement camerounais dit suspendre les activités de ce qu’il présente comme étant une structure clandestine, dénommée la Mida. Le porte-parole du gouvernement, signataire dudit communiqué, explique que l’État s’engage à indemniser les jeunes camerounais adhérents de la Mida, estimés à plus de 8000 selon cette organisation.

L’interventionnisme du gouvernement, sept mois après la mise en route des activités de la Mida, incline à questionner les lenteurs, voire les pesanteurs administratives d’un État prompt à réagir, mais qui n’est jamais enclin à l’action au moment opportun. Cette organisation clandestine aurait due être suspendue depuis septembre 2017, période au cours de laquelle ses activités ont été étrennées sans que les autorités administratives ne viennent au devant de la scène, comme ces derniers jours, pour sonner le glas de cette escroquerie maffieuse. Mais au regard du fait que le Cameroun est un macrocosme où il règne, ce que le Sociologues de la régulation sociale, appellent « l’État-spectacle », l’État s’offre dans une scène de théâtralisation. Question de stopper les activités illicites et clandestines, lesquelles avaient droit de cité depuis sept mois. Quelle inertie!

https://twitter.com/CRTV_web/status/987751369594540032

Première leçon : les autorités administratives seraient-elles mêlées à cette escroquerie ?

La première leçon à tirer de cette suspension est liée au constat de la conflictualité des rapports de pouvoir et d’autorité entre le premier adjoint préfectoral, qui accordait une onction aux cérémonies de remise de parchemins aux séminaristes en fin de formation, et le Préfet du département du Mfoundi, dont la réaction, sur les colonnes de Cameroon tribune (Quotidien gouvernemental, ndlr), du 17 avril 2018, est intervenue sur le tard. Jean-Claude Tsila (le préfet du Mfoundi, ndlar) ne savait-il pas que la Mida exerce depuis septembre 2017 sur l’étendue du triangle national pour sanctionner, fortuitement, la suspension des activités et apposer des scellés au siège de cette structure à Ahala ?

Sans conteste, il y a l’angle de la politisation de ce contentieux entre les autorités, dont le bas-peuple, généralement dindon de la farce, ne débusque pas les tenants et les aboutissants. Sinon, comment comprendre l’accréditation, par le Sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé IIIème, de la déclaration des manifestations publiques organisées par la Mida durant sept mois sans que ce fait curieux n’interpelle le numéro 1 de la région du Centre ? Il y a, sans doute, anguille sous roche. Certaines autorités administratives ont-elles été corrompues pour avaliser les événements de cette organisation désormais clandestine ? Le Cameroun est formidable. Vivons seulement comme qui dirait!

Deuxième leçon : un laxisme administratif qui ne rend pas service au peuple

La deuxième leçon , indissociable de la première, est relative à la permanence des pesanteurs bureaucratiques des autorités officielles, lesquelles activent, mieux optent pour le paradigme du pourrissement pour, in extremis, réagir au lieu d’agir au premier abord. C’est sur ces entrefaites que certaines grilles de lecture postulent la thèse suivant laquelle le temps de l’État n’est pas celui du peuple, encore moins celui des populations. Le temps du Président, maître-censeur et penseur du système n’est pas celui du bas-peuple. L’État met, certes, du temps à agir-ce qui est une tare-, mais il agit toujours tout compte fait dans l’optique de la sauvegarde de l’intérêt général.

Troisième leçon : une jeunesse perdue qui a besoin d’un désenvoûtement

La 3ème leçon est liée au processus d’avilissement et d’ensauvagement des jeunesses du pouvoir qui, confrontées à la paupérisation, à la relégation et au misérabilisme ambiants et chancelants, sont happées comme des bêtes de somme, des moutons de Panurge dans une aventure entremêlée d’esbroufe et d’escroquerie à grande échelle, dont elles ne cherchent pas à appréhender les non-dits. C’est le corollaire de l’intérêt accru pour le gain facile.

Dépenser 12.500 Fcfa à l’entrée et percevoir 60.000 Fcfa à la sortie de la formation, souscrire à cette formation à 125.000 Fcfa et obtenir, curieusement, la somme de 600.000 fcfa au sortir de cette formation après un mois ressemble à la construction d’une illusion dans un odyssée, où tout est rose sans scrupule. Dire que 8.000 personnes qui plus est des jeunes n’ont pas questionné la provenance des fonds, mieux ce procédé de la captation faramineuse des ressources pécuniaires est assimilable, à s’y méprendre, à une scène d’envoûtement collectif aux relents spiritualiste et magico-mystique, dont les gourous promoteurs détiennent, seuls, le secret. Ah pauvreté quand tu nous tiens!

Quatrième leçon : pourquoi les Camerounais ne tirent-ils pas de leçon après tant d’expériences d’escroquerie

La quatrième leçon est liée à la mémoire courte d’une catégorie de Camerounais qui ne sait toujours pas tirer les leçons des turpitudes de certaines structures ayant mis en route, par le passé, quasiment le même levier opérationnel de la roublardise. En effet, Famm-Cameroon, Leadership Academy, le Pid sont des trois organisations qui avaient, antérieurement, procédé à l’esbroufe en flouant des grappes d’individus au mépris des conséquences préjudiciables encourues par plus d’un.

Famm Cameroon (Fondation pour l’assistance maladie et maternité Cameroon) est une Organisation non-gouvernementale (Ong) qui, lancée en 2002, avait été présentée par la promotrice comme une panacée à la sécurité sociale au Cameroun. Elle avait alors mobilisé de milliers de personnes, mais coup de théâtre, le rêve s’est estompé et cette structure avait été trainée devant les instances judiciaires compétentes pour « usurpation de fonction, détournement de deniers publics, refus de déclarer les impôts et refus de reverser les cotisations à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). Le montant des cotisations sociales collectées auprès de plus de 2800 employés est évalué à 1,3 milliards de Fcfa.

Que reproche-t-on à la Mida ?

La Mida, en ce qui la concerne, a été épinglée et est accusée, par le Préfet du Mfoundi, « d’existence illégale, d’usurpation de fonctions, de corruption de la jeunesse, de port illégal d’insignes et d’uniformes militaires et d’escroquerie par appel au public ». Quelques années après, le feuilleton Leadership academy, dont les activités avaient été interdites en octobre 2000 par le ministre de l’économie et des Finances (Minefi) de l’époque, avait fait des vagues. Soupçonnée, en effet, d’être une société écran, cette institution d’épargne a été sommée de fermer ses portes. Leadership Academy, dont le principal promoteur fut un expatrié, s’était vu refuser l’agrément par la commission bancaire de l’Afrique centrale, invitant les clients potentiels à lui confier leur épargne pour des intérêts mirobolants. Décidément, des concitoyens ne tirent pas toujours les leçons du passé!

Serge Aimé Bikoi