Kahofi SUY

Le cacao Ivoirien à l’heure des reformes pour la campagne 2012-2013

Des grandes reformes sont annoncées dans la filière café-cacao en Côte d’Ivoire et celles-ci pourraient entrer en vigueur lors de la prochaine campagne. Parmi ces reformes figure l’engagement de l’Etat Ivoirien à fixer un prix garanti aux producteurs conformément au cahier des reformes qu’il a soumis en début d’année aux bailleurs de fond que sont notamment le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale.

La campagne café-cacao 2012-2013 débute pour la grande saison dans un mois, occasion toute trouvée pour le gouvernement Ivoirien à travers le Conseil d’administration du Conseil du café et du cacao de sonner la mobilisation de la masse paysanne et surtout de donner des gages forts concernant le prix stabilisé du binôme café-cacao. La question du prix stabilisé aux paysans figure sur l’agenda des grandes reformes de la filière mais elle n’en n’est pas le seul élément. « Le premier élément c’est la qualité. Cela représente l’une des clés essentielle du succès de la reforme qui a été engagé. Pour y arriver nos parents producteurs doivent renouer avec les bonnes pratiques agricoles. Il n’y aura plus de réfraction bord champ dans le nouveau système et je vous assure que nous allons renforcer le contrôle sur la commercialisation intérieur du binôme café-cacao pour que cette mesure soit respectée » soutien Lambert Kouassi Konan le Président du Conseil d’administration du Conseil du café et du cacao. Au-delà de ce premier point très important, Lambert Kouassi Konan a insisté sur la lutte contre la fuite du cacao Ivoirien vers les pays limitrophes notamment le Ghana. Il s’agit pour le pays d’un véritable problème contre lequel tous les acteurs de la filière doivent lutter. Le café qui est aujourd’hui victime d’un abandon de la part de plusieurs paysans sera aussi au cœur d’un vaste programme de redynamisation.

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Côte d’Ivoire : éducation en péril dans l’ouest – la faim sévit au nord

La crise menace l’éducation et la vie de nombreux enfants

La crise humanitaire dans l’ouest de la Côte d’Ivoire ne se fait pas seulement sentir au niveau du manque de nourriture pour les déplacés ou l’absence de sécurité dans les hameaux disséminés le long de la frontière Ivoiro-libérienne. Un des secteurs les plus touché par la crise humanitaire de l’ouest est l’éducation. En effet l’instabilité de la situation sécuritaire dans l’ouest de la Côte d’Ivoire a eu un impact  sur la scolarisation des enfants résidents dans les localités affectées. Les 16 écoles des Inspections d’Enseignement Primaire (IEP) de Tabou et Taï ont été affectées. Plus de 2.320 élèves ont dû interrompre leur scolarité. Le groupe scolaire Grabo (Tabou) est occupée par 400 éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) avec comme conséquence l’arrêt brusque des cours pour les élèves de ce groupe scolaire. Sous l’impulsion de l’UNICEF, un plaidoyer mené par le cluster éducation est en cours pour la libération des salles de classe. À Sakre (axe Taï-Para), un centre d’examen du certificat d’étude primaire élémentaire (CEPE) demeure par ailleurs fermé. Ce sont 150 candidats à l’entrée en classe de sixième qui ont été installés dans de nouveaux centres. Cette situation a eu pour conséquence de réduire le nombre de candidats qui passeront les examens à cause des dépenses relatives à cette disposition.

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Abidjan : 30 ans d’exploitation pour le 3ème pont

L’échangeur Valérie Giscard D’Estaing (échangeur 3ème Pont)

Le troisième pont d’Abidjan est l’un des plus vieux projets de travaux publics en Côte d’ Ivoire. Après les ponts Félix Houphouët et De Gaulle, il aura fallu attendre plus de 30 ans pour que le projet soit en voie de réalisation. L’entreprise qui décroche le contrat n’est tout autre que le Consortium français BOUYGUES qui monopolise déjà plusieurs secteurs clés de l’économie Ivoirienne. BOUYGUES Construction a décroché un contrat de 232 millions d’euro soit plus de 152 milliards de francs CFA pour la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance pendant 30 ans du projet du 3ème pont. Ce projet est un axe routier de 6,4 kilomètres à d’Abidjan et prend en compte des chantiers très importants que sont respectivement le pont Henri Konan Bédié (troisième pont d’Abidjan qui sera composé de deux fois trois voies sur 1,5 kilomètre) ainsi que l’échangeur Valérie Giscard D’Estaing dans le quartier de Marcory. BOUYGUES Construction peut être fier d’avoir décroché le plus juteux des contrats de la reconstruction version ADO. Ce projet à sa livraison pourra réellement soulager une grande métropole comme Abidjan où la circulation entre les deux parties de la ville est un véritable casse-tête. 100.000 véhicules au bas mot pourront emprunter chaque jour cet axe routier dont les chantiers débuteront en septembre 2012 pour une durée d’exécution de 25 mois.

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Abidjan : « L’enfer, c’est les locataires ! » (rififi acte 2)

Dame Ehoule est propriétaire d’un modeste bâtiment de type R + 4. Malgré son rendez-vous chez le médecin pour ses soins, elle est obligée de se rendre à Yopougon Niangon pour un problème avec un de ses locataires. Celui-ci habite le dernier niveau du bâtiment avec sa famille: trois pièces que partagent 7 personnes. A la grande stupéfaction de Dame Ehoulé, Monsieur Yao Mathurin, enseignant de son état s’est permis de casser un tuyau d’évacuation rendant impraticable les escaliers du bâtiment et libérant une mauvaise odeur. «Monsieur que voulez vous à la fin? », lance Dame Ehoule indignée avant de poursuivre « Vos enfants bouchent un tuyau et vous voulez que je vienne le déboucher à votre place ? En plus de vos impayés vous venez de créer un autre problème. Avez-vous au moins un calendrier ? Le 14 du mois où vais-je sortir de l’argent pour changer tout ça ? ».

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Arrêts sans-abris : le souffre-douleur des usagers du bus

Il faut être un habitué du bus pour les repérer. Rien n’indique souvent qu’ils sont là où vous vous trouvez et si vous avez la chance d’y attendre un bus, sachez que l’arrêt sans-abri n’offre aucun ‘’confort’’, aucune sécurité !

Cocody gare de Saint Jean, un arrêt de bus bien connu mais que rien n’indique. Avenue Booker Washinton ou Marcelin Yacé cité des arts, juste un vieux poteau SOTRA (Société de Transport Abidjanais) à peine lisible nous rappelle que le bus stationne ici. Même décor à Nanan Yamousso (Treichville) où seul l’attroupement d’élèves et de travailleurs renseigne le passant d’un jour… Les exemples d’arrêts sans-abris à Abidjan sont légions et les usagers bien qu’habitués à cette situation la déplore chaque jour.

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Côte d’Ivoire : ces funérailles grandioses qui appauvrissent

En Côte d’Ivoire, l’organisation des funérailles est une affaire de gros sous. Chaque année, se sont des millions de francs CFA que nos compatriotes enterrent avec les défunts pourtant, quelques billets auraient suffi pour sauver la vieille mamy du village qu’on pleure (ou célèbre) à coup de casiers de vin.

La discussion est vive ce matin devant la banque : Moktar et son clan de margouillats (usuriers) n’entendent pas laisser partir ce jeune fonctionnaire qui doit plus d’un million à ‘‘la famille’’. Une multitude de cartes de crédit en main, le chef des usuriers, noir de colère, n’hésite pas à lancer cette phrase haut et fort pour que les passants l’entendent sûrement : «Vous prenez l’argent des gens pour enterrer vos parents et pour régler ça devient problème ! ». Le jeune fonctionnaire, un enseignant de lycée, ne peut lever la tête: les injures et les propos obscènes de toutes sortes s’abattent sur lui. Il n’est malheureusement pas le seul Ivoirien dans cette situation : ils sont nombreux à crouler aujourd’hui sous le poids des dettes contractées auprès des banques et usuriers pour l’organisation des funérailles d’un parent.

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Cliniques ou hôpitaux publics: où aller pour ne pas succomber?

La clinique ou l’hôpital public ? La question est d’actualité lorsque les Ivoiriens veulent se soigner. Le choix pourrait être fait très rapidement en fonction des moyens mais certains nantis ont peur des belles enseignes. Cela peut paraître surprenant mais les hôpitaux et les cliniques semblent afficher une panoplie d’avantages et de petits côtés obscures qui ternissent leurs images.

Cocody, nous sommes dans le quartier présidentiel et résidentiel par excellence d’Abidjan ! Le quartier abrite l’un des deux centres hospitaliers universitaires (CHU) de la ville. Très fréquenté il est un ensemble de bâtiments abritant plusieurs services dont certains sont uniques en Afrique de l’ouest. Le CHU n’échappe pourtant pas aux maux des services sanitaires publics du pays et il faut aller de prés pour le voir. Des malades couchés à même le sol, des lits complètement rouillés, des médecins occupés par la chasse au trésor et aux malades fortunés constituent le décor. Le comble, le mot propreté semble ne pas faire parti du vocabulaire de l’hôpital ! Daloa, Gagnoa, Divo, Dimbokro…la quasi-totalité des hôpitaux publics de Côte d’Ivoire dans ces villes citées sont sous les plaintes des contribuables à cause du laxisme aussi bien au niveau des services de soin que de l’entretien des bâtiments. Pourtant malgré cette atmosphère qui ne rassure guère les malades, 85% des Ivoiriens sont obligés de se rabattre sur les hôpitaux publics à cause de leurs conditions socio-économiques. Au-delà de l’argent qui fait défaut, d’autres facteurs expliquent ce choix même pour certaines personnes qui ont de l’argent.

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Timide retour des populations dans l’ouest ivoirien

Plus de sécurité pour un retour massif, voici le plaidoyer des populations de l’ouest ivoirien qui petit à petit se remettent des dernières attaques qui ont endeuillé plusieurs familles. Dans les localités de Sakré, Taï et Para, l’heure est toujours à l’assistance humanitaire et au retour mais l’inquiétude de se retrouver nez à nez avec un mercenaire ou un dozo est grande.

Dix jours environs après les attaques de Para ayant entrainé des morts et d’important déplacement de population civile, le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires a diligenté une mission dans l’ouest du pays pour toucher du doigt les défis de la prise en charge des personnes déplacées. Il ressort des entretiens avec les autorités administratives, militaires et surtout les populations que l’heure est au retour malgré les inquiétudes sécuritaires.

« Le retour vers les villages d’origine est une bonne chose puisse que c’est ce que les populations déplacées elles mêmes souhaitent mais ce retour doit s’effectuer dans certaines conditions. Il faut que le retour soit volontaire, dans des conditions de sécurité et dans la dignité c’est-à-dire lorsque ces personnes retourneront chez elles qu’elles puissent trouver à manger et se loger » soutient Ndolamb Ngokwey Coordinateur Humanitaire des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire. Sur la question de la prise en charge des personnes déplacées du fait des récentes violences, les humanitaires apportent un soutien direct aux populations qui n’ont pas fait l’objet d’un cantonnement sous la forme d’un camp. Des familles d’accueil reçoivent les déplacés qui bénéficie de vivre de la part du Danish Refugees Council.

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Les médias s’engagent pour la paix en Afrique de l’ouest

Le forum régional sur les médias, la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest s’est tenu les 14 et 15 Juin à Abidjan. Sur initiative de l’ONUWA (bureau des nations unies pour l’Afrique de l’ouest), la CEDEAO, le Gouvernement Ivoirien et l’OIF (organisation internationale de la francophonie). Près de 80 participants venus du monde entier se sont réunis à l’Hôtel du Golf pour réfléchir sur le rôle des médias dans la promotion de la paix. Ces professionnels des médias ont été choisis sur une base qualitative et surtout pour leur notoriété. Selon Ugho Sunday de la CEDEAO « plusieurs conflits en Afrique de l’Ouest ont été occasionnés ou amplifiés par les médias ». « Il était donc important de penser à faire des organes de presse, de la radio et des télévisions ouest-africaines des moyens de promotion de la paix » a-t-il souligné. Le forum régional sur les médias organisé en terre Ivoirienne est le troisième d’une série de rencontres, organisée sous l’égide de l’ONUWA avec ses partenaires que sont l’OIF, la CEDEAO et l’UA. Les premières assises ont eu lieu à Praia (Cap Vert) et la seconde à Bamako au Mali.

L’exemple type de la radio milles collines du Rwanda est continuellement là pour nous le rappeler : « Les médias peuvent être de redoutables outils de propagande politique et de haine entre les peuples vivants dans un même pays ou même au-delà ». Il est donc important selon Saïd Djinnit, chef du bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’ouest de savoir les utiliser pour asseoir un climat de paix dans une région qui a trop souffert des conflits armés. Lors des travaux d’Abidjan plusieurs panélistes ont passé en revue des notions essentielles du journalisme tels que les questions de déontologie, l’accès à l’information en temps de crise, la promotion du dialogue armée – média ou encore la régulation et l’auto-régulation des médias. Ces échanges très enrichissants ont permis aux participants de mutualiser leurs expériences et de débattre sur les réalités du moment liés à la marche des médias en Afrique de l’Ouest.

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Le recensement biométrique des étudiants Ivoiriens est lancé

L'Université de Cocody en chantier

Voici environ trois mois que les étudiants de Côte d’Ivoire ont été invités à se faire identifier en prélude à la préparation des fichiers d’information pour la réouverture de l’Université, prévue le lundi 03 septembre 2012. La première étape du recensement s’est faite en ligne et a permis l’identification de 61.000 étudiants sur les 100.000 ciblés par cette vaste opération. L’objectif des autorités ivoiriennes est avant tout d’asseoir des statistiques fiables afin que les ressources engagées dans l’enseignement supérieur puissent réellement servir aux étudiants. Placé sous le sceau de la recherche de la bonne gouvernance les procédures d’identification en milieu estudiantin ne vont pas s’achever après la phase en ligne.

Pour avoir un fichier consolidé et débarrassé des étudiants fantômes ou fictifs, le Ministère de l’Enseignement Supérieur vient d’autoriser un enrôlement biométrique supplémentaire. Internet garantissant l’anonymat rien ne prouve que les personnes inscrites sur le site Internet du Ministère de l’Enseignement Supérieur soient réellement des étudiants! Pour plus de sérieux ils devront se déplacer en personne vers les centres d’enrôlement de Morpho Albatros, l’agence retenue suite à un appel d’offres de la direction des marchés publics.

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Petits remèdes du village : nécessité ou retour aux sources ?

Quand les difficultés frappent aux portes des Abidjanais, chacun trouve l’astuce pour retourner aux sources. Les racines et canaris du village refont surface. Si pour certains il s’agit d’une habitude pour d’autres le choix est liés aux difficultés financières.

Il y a trois catégories d’Ivoiriens quand il s’agit du choix de la médecine idéale pour guérir d’une maladie. D’un côté, ceux qui estiment que leur corps n’est pas un laboratoire pour recevoir les médicaments de « blancs » ! Vient la catégorie de la médecine mixte : injections et mixtures amères peuvent cohabiter. La dernière catégorie est celle où on estime que seule la médecine moderne peut réellement guérir. Chacun a ses arguments pour défendre sa position. « Avant l’arrivée des blancs, nous les Africains on se soignait avec ces plantes que certains déracinés trouvent sans effets sur le corps humain aujourd’hui. Je suis fier de dire que je me soigne exclusivement à la médecine traditionnelle et ça marche ! » déclare N’guessan Antoine, employé dans une entreprise de maintenance électrique. Koné Aïssatou, elle aussi témoigne de cette efficacité. « A l’hôpital on m’a diagnostiqué deux grosses boules qui étaient dans mon bas ventre : des fibromes. On devait m’opérer mais j’avais peur. Ma copine m’a parlé d’un naturo-thérapeute qui m’a donné une mixture que j’ai bu juste trois jour« . Le résultat se lit sur le cliché de la radiographie : les fibromes ont disparu ! La médecine traditionnelle, certains y croient depuis toujours mais aujourd’hui avec la crise certains y viennent pas pure nécessité. « L’argent fait défaut et même si les autorités nous disent que les soins sont gratuits à l’hôpital, les médecins nous font toujours payer quelque chose. Nous n’avons pas d’argent et le peu qu’on gagne ne peut pas passer dans des soins de santé » se lamente Memel un enseignant avant de conclure « on ne tourne pas le dos à l’hôpital mais chaque fois qu’on pourra se soigner à moindre coût avec les racines on choisira cette option« .

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La violence domestique, une réalité en Afrique de l’ouest

Les violences domestiques sont une réalité en Afrique de l'ouest

« Je ne veux pas mourir avant mon heure ». C’est autour de ce thème évocateur que l’organisation International Rescue Committee (IRC) a réuni acteurs humanitaires, décideurs ivoiriens et journalistes pour rendre public son rapport sur les violences basées sur le genre en Afrique de l’Ouest. L’hôtel Novotel d’Abidjan-Plateau a servi de cadre à la rencontre le 05 juin 2012. Cette cérémonie de restitution de l’enquête a été honorée par la présence de Mme Sacko, la Première vice-présidente de l’Assemblée Nationale.

Le rapport de IRC concerne les réalités de la Côte d’Ivoire, de la Sierra Leone et du Libéria, trois pays où IRC exerce ses activités de terrain. La première similitude entre ces pays est le fait qu’ils ont connu la guerre et que tous se remettent de graves traumatismes liés aux conflits armés. Selon Luis Falcy, représentant d’IRC, « les violences basées sur le genre sont une réalité en Afrique de l’Ouest » et concernant les violences domestiques « elles plombent sérieusement les efforts de reconstruction et cohésion sociale des pays ». En documentant ce rapport, le Programme de Lutte contre les Violences basé sur le genre d’International Rescue Committee « vient de nouveau attirer l’attention des décideurs sur ce fléau qui mérite d’être combattu à tous les niveaux ».

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Abidjan: le chômage vu de la rue

Affiche d'un chauffeur en quête d'emploi


DISCOM, DESS, Licence… les diplômes ne manquent pas mais tous sont confrontés au même problème : celui du chômage. Les jeunes Ivoiriens sont livrés à eux-mêmes. Certains sombrent dans la violence, d’autres sont obligés de se rabattre sur les petits métiers pour joindre les deux bouts.
Que pense l’Ivoirien du chômage criard auquel son pays fait face ? Eléments de réponse dans cette enquête.

En Côte d’Ivoire le taux de chômage de la population active s’élève à 15,7 % selon les statistiques. Le chômage touche un nombre important de personnes notamment les jeunes, et la situation ne s’est pas améliorée avec la crise post-électorale que le pays vient de traverser. Les autorités conscientes qu’un nombre important de désœuvrés constitue une bombe sociale tente de trouver des mécanismes pour résorber le problème du chômage des jeunes.

Les jeunes : premières victimes du chômage

4.500.000 voici officiellement le nombre de chômeurs que compte la Côte d’Ivoire et sur ce chiffre assez inquiétant, il faut compter plus de 3.800.000 milles jeunes. Le chômage est donc la plaie qui gangrène le vécu des jeunes Ivoiriens qui au fil des 20 dernières années marquées par les crises militaires à répétition et les querelles politiques ne savent plus à quel saint se vouer. « Aujourd’hui vous ne pouvez pas vous imaginez combien de jeunes Ivoiriens sont bardés de diplômes. Certains sont même allés étudier à l’étranger et sont revenus avec un bagage intellectuel et des qualifications utiles pour ce pays ! Pourtant nous sommes tous frappés par la même maladie : le chômage » constate Koffi Arsène, un ancien étudiant de la faculté de Droit de l’Université de Cocody-Abidjan.

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Difficile retour à la normale pour les jeunes Ivoiriens

La jeunesse ivoirienne doit tourner le dos à la violence

En Côte d’Ivoire bien que l’indice de sécurité soit passé de 3 à 1 en l’espace de six mois, d’énormes progrès restent à faire pour définitivement rassurer les populations et les investisseurs. Cette insécurité depuis la fin de la crise est alimentée par des jeunes qui détiennent à la base des armes ! Que faut-il faire pour aider ces jeunes à tourner le dos à la criminalité ? La répression ne sera pas une solution dans un contexte marqué par le chômage de près de 4.500.000 personnes dont les ¾ sont des jeunes. Le Gouvernement ivoirien a mis sur pied des opérations d’emplois jeunes mais surtout de désarmement à grande échelle pour réduire à la fois le chômage et l’insécurité.

Il est important de souligner dans un premier temps que la Côte d’Ivoire vient d’hériter de douze ans d’instabilité qui auront fortement modifié la vie sociale du pays. L’insécurité et la criminalité sous toutes ses formes ont atteint aujourd’hui un seuil inquiétant. Les jeunes qui ont été manipulés avec des idéaux ethniques ou politiques sont devenus malgré eux les acteurs de ces viols, vols à main armée et meurtres qui sont désormais le quotidien des Ivoiriens. Désœuvrés et n’ayant pour seul gagne-pain que les armes qu’ils ont gardé par devers eux depuis la fin de la crise, rares sont ceux qui veulent se séparer de ces engins de mort. Pourtant la Côte d’Ivoire ne peut se construire dans ce climat d’où la vaste opération de DDR qui a été lancé ; DDR pour Désarmement Démobilisation et Réinsertion.

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Abidjan : la petite monnaie se vend !

Trouver de la petite monnaie sur le marché abidjanais est devenu un véritable casse-tête ! A chaque étale, à chaque boutique ou petit commerce on s’entend toujours répéter la même phrase dans un français très Ivoirien : « y’a pas monnaie » ! Cette phrase à elle seule traduit la pénurie de jetons dans les tiroirs-caisses si bien que Mariam une vendeuse du marché de Belleville à Treichville n’a pas manqué de nous dire que les « jetons sont devenus ‘’caca’’ de chat à Abidjan ! ». Tout porte à croire que les pièces de 5, 10, 25, 50, 100, 200 ou 250 francs CFA ont complètement disparu de la circulation et cela se ressent à tous les niveaux. « Les pièces de monnaie comme celles de 5 f, 10 f ou 25 f sont si rares qu’on se demande si elles existent encore » affirme Mr Yao Clément un enseignant avant de conclure que « l’absence de petite monnaie plombe les échanges ». Vous pouvez traîner votre soif sur plusieurs centaines de mètre simplement parce qu’aucune des petites vendeuses ne peut vous monnayer votre pièce de 500 ou de 250 f ! Dans les transports en commun comme les gbaka (mini-car) ou les wôrô-wôrô (taxis communaux) l’absence de petite monnaie occasionne des disputes entre clients et chauffeurs. Les chauffeurs et apprentis pour se débarrasser des clients leur remettent un billet qu’ils devront partager. « Cela vous met en retard bien sûr car le plus souvent vous n’allez pas dans la même direction que les autres passagers » déclare Koffi Blandine une étudiante.

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Gratuité des soins : le revers de la médaille

La gratuité des soins voulue par le Gouvernement Ivoirien est une mesure qui dans l’ensemble soulage les populations mais d’un autre côté fait grincer les dents des professionnels de santé qui croulent aujourd’hui sous le poids des dettes. C’est le cas des établissements de santé communautaire qui ont du mal à payer leur personnel et à faire face à leurs dépenses quotidiennes. Les agents de ces établissements broient du noir et pour cause la mesure de gratuité de soin instaurée par le gouvernement Ivoirien a laissé certains sur le faim en terme de rémunération. 4 mois d’arriéré de salaire et 12 mois de redevance c’est trop pour ces agents qui en ont marre d’attendre ! « Qu’est ce qu’on reproche aux établissement sanitaires communautaires de Côte d’Ivoire ? Qu’est ce qu’on reproche à leurs agents pour leur refuser le droit d’avoir un salaire ? » explose Julien Sié Essoh de l’association pour la santé communautaire de Yopougon toit-rouge (un sous-quartier d’Abidjan). L’interrogation de Julien Sié Essoh reste sans réponse de la part du gouvernement Ivoirien pendant que le calvaire des agents se poursuit dans les centres de santé communautaire avec le découragement qui gagne les troupes, les moyens qui fond défaut et la menace des fournisseurs qui veulent couper les vivres. « Depuis le 16 avril nous sommes entrés dans la gratuité mais jusqu’à ce jour nous n’avons perçu aucun sou au titre de la redevance : nous en avons informé le ministère de la santé. Aucun centime pour le fonctionnement de nos centres : que faisons-nous dans ce cas ? » s’interroge Bakayoko Abdoulaye président du collectif des ACS-COM pour la défense de leur droit avant de conclure par une autre série d’interrogations qui mettent à nu les dangers qui planent sur les centres de santé communautaire « les fournisseurs qui nous ravitaillent en registres de consultation et d’accouchement nous les payons comment ? Que faisons-nous puisse que certains menacent de prendre des huissiers ? Même les factures d’eau et d’électricité ne sont pas encore réglées : des avis de coupure nous menacent ! Jusqu’à quand allons-nous tenir ? ».

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Sport et loisirs facteurs de cohésion sociale

Le troisième salon national des sports et loisirs de Côte d’Ivoire s’est achevé ce samedi au stade Champroux d’Abidjan Marcory. Dans le contexte socio-politique Ivoirien ce salon revêt un caractère particulier car il réunissait les Ivoiriens autour du thème ‘’Sport et Loisir facteur de cohésion sociale’’. « Le thème de cette année est tellement important car grâce aux vertus des sports et loisirs on peut réussir à faire redémarrer la Côte d’Ivoire sur de nouvelles bases solides d’unité et de cohésion » déclare Philipe Ibitoha Directeur exécutif du salon. La Côte d’Ivoire sort de crise et elle veut redevenir un pôle sportif sous-régional par excellence en ambitionnant de réunir chaque année les grands noms du sport continental sur son sol. Cet objectif est noble et il l’est encore plus lorsque le pays décide de se réconcilier par le sport. Venus Timiongabo athlète burundais, champion olympique du 5000 m en 1996 et parrain sportif du salon souligne que « le sport est un outil très important » dans la mesure où «  quand la population est mobilisée il est plus facile de faire passer tous les messages de cohésion et d’éducation »pour rapprocher les peuples.

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Quand des pasteurs, prophètes, évangélistes monnaient la guérison des fidèles

Quand on a tout essayé et que les médicaments n’ont pas pu venir à bout de la maladie, il ne reste que la foi. Pasteurs et apôtres du Christ deviennent les derniers piliers face à la mort qui menace. Mais les solliciter coûte quelques billets. C’est ainsi, la guérison a un prix…

Si le Christ, de son vivant, avait guéri les malades en leur demandant des pièces d’or à l’effigie de Jules César… Mais non. Le fils de Dieu guérissait aveugles et boiteux sans demander un sou. Aujourd’hui, ceux qui se revendiquent comme ses fidèles serviteurs se pavanent en Lexus dans les rues d’Abidjan et ne semblent pas vouloir appliquer le principe de la charité du Maître. Les temps ont changé, les méthodes aussi ! Pour guérir, il faut mettre la main à la poche. La seule différence avec les cliniques, c’est que dans les églises, il n’y a ni seringues, ni bloc opératoire. Tout se fait par la prière et autres méthodes que certains fidèles remettent en cause.

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