Yves Tchakounte

Du virtuel au réel, à la découverte d’un village peu ordinaire : Batchingou (1)

 

10689689_10205175318847169_349232428110926764_n

Voici venu le moment de prendre connaissance de ses origines. Les enfants originaires du département du Ndé l’ont bien compris. Nous sommes ici dans la région des montagnes, à l’Ouest du Cameroun où le cap a été mis dans l’un des 13 villages que constitue le département : Batchingou. Le temps d’un week-end (les 15 et 16 novembre 2014) ne pourrait pas suffire pour parcourir toutes les richesses culturelles et naturelles de ce peuple. A travers le réseau social Facebook, ce challenge de réunir les enfants d’un même terroir venus de tous les horizons à la découverte de leur tradition a été possible grâce à l’association « Ndé en Force ADI ».

1506497_10205229402800611_7189854879420742402_n
Pour satisfaire leur curiosité du savoir, le retour aux sources commence à avoir un sens dans un environnement où la jeunesse, de plus en plus, cherche ses repères. L’occasion était donnée à chaque jeune « Ndéen » de se joindre aux autres venus d’horizons divers. Beaucoup d’émotions et de satisfactions de se retrouver enfin entre personnes attachées à une terre, partageant les mêmes cultures et traditions et assoiffées par le désir de donner ce qu’elles ont de plus cher pour le développement de leur village. Longtemps cantonnés sur le réseau social, l’occasion était donc donnée pour ces jeunes de passer du virtuel au réel. C’est donc ce passage qui a constitué la première émotion vivante et plus que chaleureuse entre les « frères » et les « sœurs » qui se retrouvaient, enfin, le temps d’un week-end pour échanger, apprendre, se comprendre, partager, dialoguer, se connaitre, sympathiser et j’en passe.

1441306_10202903623096863_3536133778857825243_n
Tout a été organisé via le forum facebook « Le Ndé en Force » à travers une communication assidue et bien menée de main de maître par Franck Williams Batchou. Il est à noter que ce travail ne devrait pas être une tâche aisée compte tenu du fait que le forum venait de traverser des moments forts turbulents qui ont malheureusement causés le départ de quelques membres pour incompatibilité d’humeur. Le travail titanesque abattu par Franck a néanmoins connu un succès qui a forcé mon adhésion pour une deuxième aventure après celle de Bangoulap qui s’était déroulée en 2013. Finis les couacs et les mésententes, et place maintenant au début des hostilités en 3 temps plein d’émotions :

10624717_10205216827486236_6131857877369034280_n
1. Première étape, l’hôtel Casyan pour le départ
L’hôtel Casyan à Akwa a été choisi comme le point de départ de la délégation de Douala. Celle de Yaoundé conduit par Basile Ngontcha devrait nous rejoindre dans la ville de Bangangté à l’hôtel choisi pour l’hébergement. Il est 21h35 ce vendredi 14 novembre, je suis le troisième à être sur le site après l’iconoclaste Innocent et la séduisante Ndéenne Lamama qui n’a pas hésité à me proposer une bière. Pour des raisons de longévité du voyage de plus de 5 heures d’horloge, je me suis contenté d’un Coca bien glacé. Après, vient Armand, Arnaud, Alain (le président du comité d’organisation que je n’ai pas reconnu, et qui remettait à chacun son badge), Olive (la secrétaire générale, officiant comme chef de délégation en l’absence de la présidente de l’association), Elise, Flogide, et Rosine qui est venu nous souhaité bon voyage non sans me faire de petits câlins. Elle ne sera pas des nôtres pour des raisons familiales. L’attente du car de l’agence de voyage affrété fut longue et ça devenait ennuyeux au bout de minuit.

14021_10152840192619172_52636997036228767_n
2. En attendant le car de l’agence « Noblesse » pour le départ
En attendant le car qui tardait à venir, une autre chance me sourit : Olive, après les traditionnels bisous de circonstances me propose aussi une bière que j’accepte en oubliant mon sermon de départ. Une Castel à la française s’il vous plaît. Deux Cocas en une soirée ?! Non, il fallait en profité pour prendre une bière. C’était l’occasion ou rien.

 

3. Le trajet : de 1h30 à 6h30
A peine ai-je commencé à avaler ma bière et à mi-parcours, une voix m’interpelle : « le car est arrivé ». Et hop, le temps de vider ma bouteille, me voilà dans ma position préférée juste à trois sièges après l’entrée. Ce n’est qu’à cet instant que je me rends compte qu’il y a des figures qui me sont étrangères. Dans la foulée, un bonjour suffit. Il était 1h30 du petit matin. Une ambiance molle envahit l’atmosphère. Normal. La fatigue s’est emparée après une si longue attente pour un départ prévu à 23h. La traversée de la ville de Douala nous renseigne bien que ça bouge, malgré tout. A presque 25 à 30 Km de parcours, à Souza plus précisément, une envie folle de vider ma vessie me hante. Je gesticule, je me frotte la verge en espérant empêcher les urines de sortir. Seulement une bière ? Pour la première fois, je prie, mais rien n’y fait. Je taquine Arnaud assis tout juste devant moi : « S’il te plaît avise au chauffeur de s’arrêter au prochain péage de Banga, j’ai mal aux reins ». Ce qui fut fait. Dieu merci. Curieusement, d’autres me suivent pour se soulager aussi. Petits veinards ! Je vous ai sauvé. Quel soulagement après une souffrance atroce. 4 heures de voyage, Armand, soutenu par Lyne (La blanche du Ndé en Force), les animateurs invétérés du Nefa miment, à chaque tour de rôle, une série de chansons où l’intrigue avait une place de choix. Chacun était visé, même l’agence de voyage qui a accumulé un grand retard en a eu pour son compte.

10418477_10205225639746537_4158745107071974497_n
4. L’arrivée à Bangangté. L’accueil de Gaël et son fils
Nous voici donc à Bangangté ! La nuit fut longue et l’arrivée fut pénible tout de même, mais l’accueil que Gaël, chargé de préparer le terrain sur place à Bangangté et à Batchingou fut sympa et conviviale. Il avoue être surpris par notre retard. Salutations cordiales, fraternelles et amicales. Tout y était. Ce jeune homme dynamique que je voyais pour la première fois me semblait être prêt à affronter ce challenge. Cette brève salutation et des souhaits de bonnes arrivées suffisaient pour désamorcer la fatigue qui avait emporté tout le monde. Direction : installation de toutes les délégations dans les hôtels.

988403_10205220335853943_8122067328463120195_n

5. La répartition des chambres, débarbouillage, départ pour le Palais du Roi de Batchingou
Chacun devrait rejoindre son hôtel. Gaël, responsable de l’hébergement oriente le car vers l’hôtel Zénit pour les petits payants. Ceux de petite bourse, quoi. La plupart des mecs, c’est par ici. Ne doutez même pas pour moi, j’en fais partie. Une seconde vague est dirigée vers l’hôtel Nya Wandja. C’est le Vip ! Les nanas qui aiment la classe, les « ways forts », c’est ici leur terrain de prédilection. Ne me demandez pas pourquoi les femmes ont plus d’argent que les hommes pour se payer un hôtel Vip. Ne venez pas prendre dans ma bouche. Tout le monde est plutôt concentré pour se débarbouiller. Pas de repos. Celui qui n’a pas eu le temps de dormir dans le car pendant le voyage, tant pi. J’ai plutôt pitié du chauffeur. Après avoir conduit toute la nuit, il doit encore conduire toute la journée de ce samedi 15 novembre. Quels supplices ! Le pauvre.

1545029_10205229419361025_5449250041817419088_n
Trente minutes après, Gaël, chef de protocole, revient nous chercher. Direction : Palais du Roi Flaubert Nana à Batchingou. Je m’installe dans le car, à la même position, et je vois de nouvelles figures ! Qui sont-ce ? Ah Oui ! Certainement ceux de Yaoundé. Basile en pole position. Le Palais du Roi de Batchingou est situé à plus de 20 Km de la nationale. Tout le village Batchingou, exceptionnellement dans le département du Ndé, n’est pas traversé par une route bitumée. Première curiosité pour ceux qui y sont pour la première fois. En plein début de saison sèche, la poussière fait son nid dans les rues du village. A quelques 10 Km environs, j’entends des voix qui s’écrient : « enfin, une maison ! ». Batchingou est comme un village désert. La rareté des bâtisses et des châteaux qu’on retrouve dans presque tous les villages de l’ouest n’y sont pas. Deuxième curiosité. C’est même à ce moment que beaucoup d’entre nous fait connaissance des autres. Nous traversons la place des fêtes du festival Nga’chou où plusieurs entreprises et quelques artisans avaient aménagés des stands pour la promotion de leurs produits. La cours du palais fait l’objet d’un décor particulier. Ce n’est pas le moment de nous distraire par la décoration de la salle de banquet du palais affrétée pour les invités du roi venus au festival. Le temps de nous installer, un petit déjeuner nous est servi : omelette spaghetti, pain boulette et café au lait. Une salutation et les souhaits de bienvenus du roi, et puis celle de Maffo (la reine-mère) de la cours royal. Bien parti pour commencer une journée bien chargée.
A suivre…
Tchakounté Kemayou


Cameroun : Le top 10 des emplois créés en 32 ans du Renouveau

La débrouillardise

Aujourd’hui, 06 novembre 1982, Paul Biya célèbre ses 32 ans de règne absolu. Dans son ouvrage « Pour le libéralisme communautaire », il scelle le pacte à travers une nouvelle vision du développement économique du Cameroun. Son arrivée au pouvoir avait été perçue comme un souffle nouveau dans la gestion de l’Etat car le régime précédent, Ahmadou Ahidjo en l’occurrence, était caractérisé par une dictature répressive, un totalitarisme aigu et sanguinaire caractérisé par l’oppression et l’assassinat des leaders de l’opposition qui avait été interdite avant les années 70. L’avènement du Renouveau est donc ce sang nouveau que Paul Biya devrait impulser. Ainsi, un slogan populaire : « Rigueur et moralisation » avait été conçu et donc le contenu avait pour but d’assainir la gestion des affaires de l’Etat. C’est donc dans cet esprit que la politique de l’assainissement et de la responsabilité sont véhiculés. Du coup, inconsciemment ou non, tous les camerounais étaient avertis d’avance et chacun devrait mettre du sien pour un nouveau Cameroun. Le pays était donc bien parti pour amorcer son décollage tant attendu.

 

Puis vinrent le coup d’Etat manqué, la crise économique des années 1986, les années de braise caractérisées par la révolte populaire appelée « Villes mortes » des années 1990 à 1992,la dévaluation du FCFA, la double coupure des salaires des fonctionnaires intervenue en 1993, année aussi où la réforme universitaire fut mise en pratique et qui supprimait la bourse chez les étudiants et instituait une scolarité annuelle de 50.000Fcfa. et le tableau sombre est complété par ce qu’on appellerait « Trahisons » qui a été inauguré par des proches à l’exemple d’un Titus Edjoa, ministre de la santé publique qui a occupé aussi le poste de secrétaire général de la présidence de la république et médecin personnel du président.

Non, le peuple et beaucoup de leaders qui avaient cru au Renouveau ont jubilé trop tôt. Ils ont jubilé avant d’avoir tué le gibier. « L’homme Lion »du 06 novembre 82 dévoile petit à petit son vrai visage. Il est donc loin d’être l’agneau que tout le monde attendait pour sauver le pays de la mascarade dictatoriale. Place donc à la désillusion, à « On va faire comment ? ».Du coup, la débrouillardise devient le maître-mot. Les fonctionnaires sont devenus des débrouillards, des étudiants, des enseignants, des médecins, des inspecteurs d’impôts, des magistrats et, que sais-je encore ? S’il faut compter avec l’intelligence des Camerounais, la débrouillardise s’est perfectionnée, elle s’est même spécialisée, j’allais dire,tous les jeunes lésés, ceux qu’on appelle « la génération sacrifiée » se surprennent au bon milieu de leur « carrière », à devenir des spécialistes de leurs métiers de débrouillardise créée en attendant une vie meilleure. Il y a donc des métiers qui ont vu le jour ou encore qui se sont perfectionnés avec le temps, eu égard de la demande.

Une vue panoramique de ces divers métiers du Renouveau nous a inspiré pour montrer comment ce régime dit du Renouveau a clochardisé la jeunesse à telle enseigne que les métiers considérés comme de la débrouillardise, où les jeunes se réfugiaient en attendant de trouver mieux, sont maintenant considérés, faute d’emplois, comme des professions à part entière. Les Camerounais qui les pratiquent s’en donnent à cœur joie faute de mieux, malgré leur cursus universitaire élogieux. Ce sont pour la plupart des curiosités plus ou moins orthodoxes. Ces métiers ont pour particularité d’être désordonnés, informels et trop risquant, donc peu conseillé. le régime du Renouveau d’autres choix que de laisser-aller ou encore de laisser-faire, car l’échec de Paul Biya de sa politique d’emploi des jeunes ne lui laissait pas la possibilité d’organiser les métiers. Ces métiers, comme la religion, disait Karl Mars, est « l’opium du peuple ». Voici le classement de ces métiers par ordre de décroissance, au nombre de 10 :

N°10 –Les vendeurs ambulants de friperie :Généralement, la vente des vêtements de friperie se fait en plein trottoirs à l’entrée des marchés. Le langage populaire désigne ces gens les « tâcleurs ». Ce sont des fins psychologues. Ils savent distinguer ceux qui sont susceptibles d’acheter des vêtements. Ils commencent à vous accueillir en ces termes : « Molar, voici les fringues qu’il te faut pour ambiancer les gos », « Ma chérie ne salit pas ton nom, vient ici il y a des matelots et minis sexy dernières sortie ». Les paroles sont tellement « charmeuses » qu’il vous deviendrait difficile de résister.  Mais, attention ! C’est aussi le lieu de refuge des malfrats. Convaincu d’avoir réalisé une bonne affaire, il suffit de détourner votre attention et ils vous balancent un paquet de vieux carton dans votre emballage à la place de la marchandise achetéeet c’est à la maison que vous vous rendrez compte de la supercherie.Avec le temps, l’entrée des marchés ne fait plus recette et ils sont appelés à sillonner maintenant des rues des banlieues pour écouler leurs marchandises. Même avec 100Fcfa, vous pouvez avoir une paire de chaussettes et surtout une nuisette. D’ailleurs, les femmes sont les principales clientes des fripiers. Il suffit de retrancher 1 ou 2 pièces de 100Fcfa dans la ration alimentaire journalière et hop ! Voilà que la garde-robe de Madame est pleine d’habits. Monsieur n’a qu’à aller se débrouiller ailleurs. Ah ! La débrouillardise !

N°09 – Les commerçants de la brocante : Voici un métier qui a pris son essor dans les années 2000. Il est devenu le lieu par excellence où  les camerounais viennent s’équiper en mobilier de maison et de cuisine. Ces vieux mobiliers et appareils électroniques considérés comme des déchets en Occident retrouvent ici une seconde vie. Il y en a même qui n’ont pas été utilisés et que les Moukalas (Les Blancs) n’en veulent plus parce qu’ils sont vieux et polluants. Mais, comme les Nègres adorent les vieilleries, ils s’y adonnent, donc. Qui a dit que la saleté tue l’homme Noir ? En tous les cas, ici, pas question de vieux. Tout est bon. Les casseroles, les couverts, les fauteuils en cuir, les chaînes Hi-Fi, les ordinateurs, les réfrigérateurs, ouf ! Que la liste est longue ! Les commerçants sont pour la plupart connecté à un frère ou une sœur se trouvant en Occident et qui souhaite occuper le cadet oisif, nanti d’un diplôme universitaire et cherchant un emploi en vain. C’est toujours comme ça, ce régime du Renouveau : « On va faire comment ? ».

N°08 –Les vendeurs de CD et DVD piratés : Voici un métier qui m’a toujours plût. Vraiment ! Ces gens-ci sont endurants, persévérants et dérangeants. On les chasse, pourchasse, on brûle leur magot et ils reviennent comme si rien n’était ? Merde ! Ils sont pour la plupart des adolescents, hein ! Plus têtus qu’eux tu meurs seulement au front. Au nom de Jésus ! Avec un sac au dos rempli de CD et DVD piratés de tous les artistes les plus en vue de sur la scène musicale. Il y en a pour tous les goûts : les dombolo, les coupé-décalé, les Flavour, les JakyRapon, les makossa, les pala-palawoman, les sans caleçons qui se mélangent. Bref, il y a du sucré et de l’amer. Avec 200Fcfa vous êtes servi et vous voilà devant votre appareil musical en train de déguster le bon son. Mais, ces gars-là me jouent souvent de mauvais tours. Au lieu de ma chanson préférée « Quand l’homme est content » de Hilarion Nguéma en sifflotant ma petite Guinness, je sens mes oreilles bouillonner « Nyoksser, Nyoksser » de Petit Pays ? J’ai piqué une crise. Nul n’était la présence de cette Guinness, j’aurai atteint le stade de la folie.

N°07 – Vendeurs médicaments frelatés et Médecins ambulants : S’il y a quelque certitudesdont mes conviction était carrées, c’est que seuls les spécialiste de la médecine doivent exercer la médecine. Mais, au Cameroun, mon pays, il y en a qui se lèvent et décident tout-de-go de devenir médecin. Nom de Dieu ! C’est pour ça qu’il ne faut jamais, oui jamais dire que quelque chose est impossible au Cameroun, mon pays-ci. En causant avec un vendeur ambulants de médicaments, je me rappelle avoir rédigé un billet à ce sujet, il m’a avoué avec juron que même les médecins du dispensaire d’en face (de son kiosque à médicaments) viennent le livrer les médicaments pour la vente. Et quand ils en ont besoin, ils viennent aussi se ravitailler au kiosque. Vous voyez ça ? Etait-ce une forme de publicité pour que j’achète ses produits ? En tous les cas, je suis convaincu qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Il y a même des médecins ambulants, hein ! Ah ! Vous doutez ? Venez au Cameroun. Venez sans crainte. Ces « médecins » sillonnent les rues, un gros sac contenant un appareil-là. J’oublie le nom. Ils te disent que cet appareil a la possibilité de détecter toutes les maladies dont vous souffrez. Je dis bien toutes les maladies. La gonococcie, le Sida, le palu, la diarrhée, la myopie, la lèpre, la fièvre jaune, la…. Dis donc, je ne cite plus. Et ils jurent que leur médicament vaut le quart du prix appliqué en officine. Dans leur clinique, quoi ! D’ailleurs, quand je les vois, leur allure me renseigne déjà et je file à l’anglaise.

N°06 – Joueur de PMUC et de Pari Foot : Voici un métier qui a failli me conduire en taule. Les Camerounais comme moi-là aiment l’argent pour aller « siffler » les Guinness et titiller les lycéennes, me voilà au front. Je veux jouer au beau gosse, mais la pauvreté me fauche. Que faire ? Aller jouer au pari mutuel et/ou au Pari-foot. Si maman commet une erreur de rangement, je protège. Je me sers et me voilà devant le kiosque. Je me souviens que nous, lycéen en… -Je ne sais même l’année-là- nous avons créé un club joueur de pari mutuel au lycée de New-Bel (aujourd’hui, Lycée Bilingue de New-Bell). Lorsque la dame proviseur a entendu ça… Nous avions écopé 3 jours de travaux forcés. Le conseil de discipline avait même recommandé la prison situé à 200m de là. Pour une fois dans ma vie j’ai eu une peur bleue. En fait, ces jeux sont pour ainsi dire déstabilisants. Les accros s’y adonnent comme à la drogue. Ils oublient que les enfants n’ont pas déjeuné. En tous les cas, madame s’en occupe. Pour lui quoi dedans ? Ce métier est d’autant plus prisé que l’appât du gain fait frémir plus d’un. L’envie de jouer, de jouer encore et encore grandit de jours en jours, de mois en mois et d’années en années. Seul le miracle de la psychologie peut le sortir de là. Joueur de Par-foot, c’est devenu un métier. Oisiveté oblige !

N°05 – Les « Feymans » : Il semble que les Feymans existaient bien longtemps avant, mais la rudesse de la vie ici a popularisé ce métier au plus haut point. La feymaniaest désignée comme le fait d’inventer des astuces pour arnaquer les pauvres et les riches. Oui, mêmes les pauvres sont victimes ! Comment peut-on escroquer un pauvre, puisqu’il n’a rien ? Me demanderez-vous. En fait, lorsqu’on a à faire à un Feyman qui vous fait miroiter la vie en rose, vous êtes prêt à aller voir le président de la tontine du week-end pour un prêt en lui disant : « Gars, pardon file-moi les sous je reviens demain avec les intérêts. C’est toi qui gagne, man ! », ou encore « Gars, la mater est très malade. Pardon, donne-moi les sous, je reviens demain ». Obnubilé par l’argent qui tombe à pic, le président de la tontine ne se fait pas prier pour sortir le montant demandé en ignorant exactement ce à quoi l’argent est destiné. Puisque par mesure de prudence et pour garder les intérêts promis par le Feyman, il faut garder le secret recommandé par celui-ci.Le pot-aux-roses n’est découvert que lorsque l’escroc est déjà bien loin de vous. Difficilement maîtrisable, donc. On dit souvent qu’ils disposent une poudre capable de vous endormir le cerveau. En tous les cas, j’entends aussi comme ça ! Généralement, ils sont spécialisés dans la fabrication frauduleuse des billets de banque, les tromperies sur les visas européens pour les jeunes qui rêvent partir  à mbeng (Occident). A un moment, ils ont immigré aussi pour mbeng où leurs forfaits s’avèrent juteux. Et lorsqu’ils atterrissent au bled après un coup juteux, c’est la java totale : les voitures de luxe, les costumes et chaussures de marque, des parfums dont la flagrance peut vous couper le souffle. Ce métier a tellement secoué le pays à une époque, à tel enseigne que même les enfants et les adolescents en rêvaient : « Je serai un Feyman ». Quel gâchis ! Ce phénomène n’alimente plus les commentaires dans les chaumières. Heureusement !

N°04 –La série F : « Je veux jouer au foot » : Qui se souvient de la coupe du monde de football « Mondial 90 » en Italie ? Après Roger Mila, c’était Patrick Mboma. Après lui c’est maintenant Samuel Eto’o. C’est à partir de 1990 que la plupart des trophées des Lions Indomptables ont été remportées. Et c’est justement l’effet Samuel Eto’o, actuellement classé parmi les footballeurs les plus riches de la planète Terre, qui a suscité cet intérêt du métier de footballeur chez les jeunes et adolescents. Quelqu’un m’avait même soufflé dans un taxi cette vérité que je ne s’aurais contredire : « Après Biya, Eto’o est la personnalité la plus connue de tous les enfants, jeunes et adolescents ». Cette affirmation est bien suffisante pour comprendre l’engouement de cette catégorie sociale pour le football. Car, si tu veux gagner honnêtement ton argent, au lieu d’envier le Feyman dans ses fringues, il vaut mieux se battre et devenir footballeur. Ça donne l’argent, ça paie gros. Ainsi, des centaines d’écoles de football voient le jour sans compter les plus prestigieux comme « L’école de football des Brasseries du Cameroun » et la « Kadji Sport Academy » sans oublier l’école de football de Samuel Eto’o lui-même et qui est devenu la gibecière du FC Barcelone, des agents de joueurs agréé par la FIFA courent les rues à la recherche de talents. Tout cet environnement pour l’argent ? Comme les Feymans ne loupent presque jamais des occasions en or, le milieu a connu et connais encore des escrocs qui vont jusqu’à proposer l’inimaginable. Qui ne rêve pas avoir un « Samuel Eto’o » dans sa famille ? La lucidité manque toujours aux familles lorsqu’elles sont pressées de sortir de la pauvreté.

N°03 – La série M : Mariage (Les Moukalas et les Mougous) :J’ai failli mettre ce métier en premier. Il serait trompeur de ne pas imaginer un homme, un garçon camerounais qui ne serait pas passer sous les griffes d’une go (Fille) appelée en langage populaire les « Nga ». A peine vous avez fait la cour à une Nga, c’est comme si elle venait de décrocher un emploi. Ah ! Le chômage c’est quelque chose, hein ! Sa santé, c’est le gars, son alimentation c’est le gars, sa coiffure c’est le gars, ses vêtement c’est le gars. Merde ! Les Nga-là ne donnent pas le lait, hein ! Le jour où j’ai réussi à m’échapper d’une Nga, j’avais déjà perdu tous mes cheveux du crâne. Nom de Dieu. On dit de ces gars que je considère comme des« victimes » qu’ils sont des « Mougous ». Les Nga les classent généralement en catégories d’importance : « Mougou1 » pour le plus gentil de tous les Mougous, quoi ! « Mougou2 » pour le moins gentil. Et ainsi de suite. Elles vont même jusqu’à « Mougou10 » ! Pour savoir quel est votre rang, attendez un jour où votre Nga est discrète, vous composez son numéro de portable et regardez le nom qui s’affiche. Attention aux cardiaques. Je ne serai pas responsable de vos malheurs. Allô quoi ? Que je vous dise mon rang ? Lorsque j’ai découvert que j’étais le « Mougou8 », au lieu de me plaindre d’être le mougou, j’ai plutôt demandé doucement à mon ex Valentine pourquoi elle m’a classé jusqu’à la 8ème position. Sa réponse a été sans équivoque : « C’est parce que tu es le plus chiche ». Voilà une réponse qui m’a un peu soulagé en me disant : « A quelque chose, malheur est bon ! ». Donc, voilà comment les Nga font pour subvenir à leurs besoins. Tant pis si vous êtes un gars pauvre. Ça ne marche pas dans mon pays le Cameroun. Ce pays-là que je connais ! Avant que les filles ne se replient sur les gars du bled, ce sont les Moukalas (Blancs) qui étaient leurs gibiers. C’est Internet qui avait permis tout ça. Il suffit de voir les films camerounais les plus célèbres du moment : « Le Blanc d’Eyenga » de Charly Ntamack et « Paris à tout prix » de Joséphine Ndagnou pour comprendre que l’affaire de mariage-là… C’est le sang à l’œil. Même si elle est un peu hâtive, je prends tout de même le risque de tirer une conclusion selon laquelle la majorité des filles qui ciblent le mariage c’est pour fuir la pauvreté. Mes détracteurs ici, j’allais dire les filles, vont m’acculer en me rétorquant qu’il y a des femmes cadres d’entreprise bien dans leur peau et qui cherchent le mariage et ce sont des femmes comme ça que les gars fuient parce qu’ils ont peurs de ne pas exprimer leur instinct de domination avec une femme émancipée. « Gros lâches que vous êtes », disent-elles. Et elles renchérissent : « Allez toujours vers les petites filles en les prenant pour des naïves. Elles vont bien vous dépouiller ». Bon, elles m’ont gagné. Je boucle seulement ma bouche.

N°02 – Le call Box :Avant l’arrivée des téléphones portables en 2001, les téléphones filaires étaient les plus utilisés. Sauf les plus nantis pouvaient se payer ce luxe. Pour les plus pauvres, il fallait donc aller dans une cabine téléphonique publique ou privée qui contenait des box pour passer des appels. La libéralisation de ce secteur a donc permis l’arrivée des opérateurs de la téléphonie mobile Orange et MTN et Nextel. Les cabines téléphoniques privées ont donc fermé progressivement boutique pour donner naissance aux Call-Box qui sont des sortes de box privé installé en plein trottoir et où le tenancier disposait seulement d’un téléphone portable pour les appels. On n’a donc plus besoin des installations sophistiquées comme c’est le cas avec le téléphone filaire pour avoir la possibilité de passer des appels. Les box ont presque disparu de la circulation pour céder la place aux tabourets et parasols de fortune. Aujourd’hui, les call-box deviennent désuets petit à petit par le fait que les prix sont de plus en plus bas. Les consommateurs trouvent donc du plaisir à appeler avec leur propre portable, pour ceux qui en ont. Malgré sa chute vertigineuse, ce métier reste quand même l’un des plus prisés du moment. Il continue, comme par le passé, à occuper les jeunes, surtout les filles, qui n’ont pas réussi à se faire une place dans le monde de l’emploi. Tout comme le N°01, le call box a fini par devenir un métier sécurisé qui peut nourrir son homme.

N°01 – Le Ben Skin (Moto-taxi) : Voici donc le N°1 de notre hit-parade : nos amis les « Bens-kineurs ». Tout comme le N°2, ce métier n’est pas l’exclusivité du Cameroun. Il est aussi le fruit d’un chômage galopant. C’est le plus célèbre métier du Renouveau parce qu’avant lui, Yaoundé et Douala n’avaient presque pas de moto-taxi. Je m’en souviens très bien. Le transport urbain était assuré par les taxis et les bus de la défunte SOTUC (Société de Transport Urbain du Cameroun). C’était vraiment bien à l’époque. Depuis que le chef bandit du Renouveau est arrivé, l’exode rural s’est accru, la SOTUC a déposé son bilan, les taxis devenaient donc insuffisants pour assurer seuls ce service public. Le chômage aidant, l’ingéniosité des jeunes les a poussés à se lancer au transport urbain par moto (Ben Skin). A cette époque, une danse originaire du département du Ndé à l’Ouest du Cameroun était à la une des manifestations. Elle est caractérisée par la posture de courbature des danseuses et danseurs un peu semblable à la position des conducteurs de motos en pleine allure. Eh ! Oui, mes amis les Ben-Skineurs. Ils viennent de toutes les bords : diplômés ou non, villageois ou non, de toutes les tribus et les religions. Mais, alors ces gars sont des battants. Ils ne rigolent pas avec leur boulot. La fermeture de la SOTUC a laissé un grand vide qui a permis aux Ben-skineurs de se faire une santé financière extraordinaire. D’ailleurs, ce sont des spécialistes en drague. Toutes les femmes ne résistent pas à leur avance. Ils ont du fric en permanence. Il faut se méfier des métiers où l’on touche des pièces de 100Fcfa à longueur de journée. A la fin de la journée de travail, la recette peut vous donner la chair de poule. Du coup, c’était l’occasion pour beaucoup de faire venir leur frère terré au fin fond du village à ne rien foutre, de venir à Douala ou à Yaoundé se faire du pognon. Mon Dieu ! La débrouillardise est devenue la kata ? La non maîtrise du code de la circulation par ces petits frères a coûté la vie à plusieurs innocents qui se retrouvaient parfois sous des camions que le Ben-skineur cherchait à dépasser à tous les prix. Parfois c’est la non maîtrise de son engin qui le propulse à même le sol avec parfois plus de trois ou quatre passagers. Il faut être là et voir pour croire. Ça ne se raconte pas. Les gouvernants ont alors compris qu’il faut organiser les gars. Même Biya pense souvent à eux. Bétail électoral ? Sûrement ! Des stratégies en vue d’assainir le milieu ont toujours eu un écho défavorable à Douala bien que Yaoundé semble maîtriser la situation. En tous les cas, qui vivra verra !

TchakountéKemayou

 


Cameroun : le Collectif contre le vol d’enfants se mobilise

Vu l’ampleur du phénomène de trafic d’enfants dans les quartiers, les hôpitaux et centres d’accueil sous la tutelle du ministère des Affaires sociales au Cameroun, le collectif « SOS Enfants Volés »  a organisé la projection d’un documentaire  pour montrer la face cachée de ce trafic. La projection prévue le 1er novembre 2014 au restaurant cabaret La Chaumière de Douala a fait l’objet d’une interdiction.

Après trois mois d’enquête et de collecte d’informations, le Collectif -composé de 16 organisations de défense de droits de l’homme- a réalisé un documentaire sur le trafic d’enfants intitulé : « Enfants volés au Cameroun : un scandale d’Etat ». Une initiative afin de montrer l’ampleur du phénomène et susciter une mobilisation des différents acteurs.

La diffusion de l’avant-première de ce documentaire devait avoir lieu le samedi 1er novembre 2014 au restaurant cabaret La Chaumière sis au quartier Bonapriso à Douala. Y étaient attendus plus de 400 invités parmi lesquels les autorités administratives, diplomatiques, traditionnelles et religieuses.

Le Collectif SOS Enfants Volés

Projection vidéo du collectif SOS Enfants Volés interdite

Mais l’administration camerounaise a  interdit la projection du court métrage. Une fois encore, elle a brillé par son arbitraire et son hostilité à l’émergence de la citoyenneté. Elle a aussi montré que la lutte contre les fléaux sociaux n’était pas une de ses priorités. Sont descendus sur le terrain, le préfet du département du Wouri, 5 commissaires de police, 2 commandants de gendarmerie, les services de renseignement et plusieurs éléments de ces différents corps. Et contre toute attente, la salle apprêtée pour la circonstance a été fermée sans autre forme de procès.

De ce fait, le Collectif s’est rendu au siège de l’association Cameroon O’Bossoau quartier Bali où s’est finalement tenue la projection du documentaire avec une présence de près de 150 participants, parmi lesquels la représentante du Sous-préfet de Douala 1er et la représentante du Maire de Douala II, malgré le changement d’itinéraire, la pression et l’arbitraire de la haute administration de la ville de Douala. Ce malheureux incident nous démontre combien, l’arbitraire de nos autorités va grandissant. Les droits des participants sont bafoués, et ceux des victimes de vol d’enfants pris en otage. Nous sommes tentés de nous poser la question de savoir si nous sommes dans une République?

Après cette diffusion du documentaire, un échange a été ouvert entre les victimes, les personnes-ressources, les journalistes venues nombreux et les participants, et un constat évident est que l’importante participation des camerounais à cette événement qui touche le centre même de l’humanité, c’est-à-dire les enfants, démontre à suffire que le peuple n’accepte plus d’être muselé. Ce grand intérêt rassure le Collectif dans sa démarche de faire entendre le droits des enfants et des mères.

Les contradictions de l’administration

Il faut également noter que ce malheureux couac nous a permis d’apprécier des contradictions, voire l’arbitraire de l’administration Camerounaise. Comment donc comprendre que le Sous-préfet de Douala 1er se fait représenter dans un événement qualifié de trouble à l’ordre public et interdit par le Préfet du Wouri ? Comment comprendre que le Sous-préfet qui est habilité à recevoir les déclarations de réunions publiques et d’en juger l’opportunité de trouble à l’ordre public n’a pas trouvé nécessaire de demander une déclaration à un événement où il a été lui-même invité ? Et que dire du Préfet, qui en principe n’est pas habilité à recevoir les déclarations de réunions, se prononce sur l’interdiction d’un événement pour lequel le Sous-préfet dans son territoire de commandement à trouver bon de se faire représenter ?

Plus encore, comment comprendre qu’une intervention, pour interdire la projection du documentaire, ne soit pas coordonnée par les différents corps de sécurité ? Nous avons  assisté à une sorte de rixe entre les éléments de la police, les services de renseignement et la gendarmerie, tous en tenue civile. La scène se déroule à Bonapriso, devant les membres du Collectif surpris par le spectacle ahurissant. Raisons du spectacle : dispute du contrôle des opérations et de la hiérarchie sur le terrain.

L’engagement du Collectif SOS Enfants Volés malgré les barrières

Ces fait nous démontrent davantage combien les acteurs, les citoyens, sont en danger permanent, par rapport à l’intérêt que ces autorités portent moins à la sécurité qu’à la lutte de pouvoir et de contrôle. De cette  manière, les forces de sécurité sensées assurer la protection du peuple vivent elles-mêmes dans l’insécurité et dans une rivalité entre corps.

Le Collectif ne comptant pas s’arrêter en si bon chemin et rejoint par de nombreux citoyens, invite chacun de vous à retrouver le documentaire : Enfants volés au Cameroun : Un scandale d’Etat, sur Youtube et à retirer sur CD au siège de Cameroon Obosso à Bali adressez un mail à : cameroonobosso@gmail.com. Ou encore affairekileba@gmail.com.

SOS Enfants Volés


Quelle justice au Cameroun vers l’émergence 2035 …

954797_10205283927327912_7990445767913226612_n

L’émergence en 2035 à notre entendement, signifie tout d’abord la compréhension dès à présent par vous dirigeants de votre rôle prépondérant. Ensuite, la fidélité dans l’objectivité et la rationalité des comportements au profit de l’avenir de la nation dont vous détenez les rênes du pouvoir. Et enfin, de l’exercice loyal de ce patriotisme qui recommande l’entier engagement dans vos missions, essentiellement pour le bien-être des camerounais, et non le vôtre avant tout.

Il est incompréhensible que des personnes commises à une tache publique dans un domaine délicat comme la justice, se considèrent comme des « voyous de la république », se croyant n’avoir aucun compte à rendre tant à leurs hiérarchies, ainsi qu’aux citoyens qu’ils affectent profondément dans leurs déviances.

Les seuls représentants du peuple ne sont pas uniquement les parlementaires, les sénateurs, les maires ou le Président de la République qui jouissent tous d’un pouvoir électif.Ceux qui le pensent ainsi comme certains de ces juges et magistrats, sont en véritable déroute ! Non seulement, ils devraient comprendre et admettre qu’ils participent par leur interprétation aux lois votées aux parlements, à la formulation de la volonté générale.

Bien plus, ils rendent leurs jugements « au nom du peuple camerounais », comme l’a fort opportunément rappelé Monsieur Alexis DipandaMouelle, Président de la Cour suprême du Cameroun, le 28 février 2008, à l’occasion de la rentrée solennelle de cette institution : « (…) La justice est rendue au nom du peuple camerounais. Les acteurs de ce service[…] doivent par conséquent veiller à mériter la confiance de ce peuple (…) ».

Il nous semble donc très important qu’avant d’agir de manière maladroite et contre l’ordre normal des choses, nos juges et magistrats devraient tout d’abord se rappeler qu’ils ont une grande responsabilité dans les actes et décisions qu’ils prennent. Cette responsabilité est avant tout d’ordre moral. Elle est aussi et après tout d’ordre public, à quelque niveau que ces juges se trouvent. Par conséquent, ils ont le devoir de se comporter conformément aux valeurs, et lois de la république, en se posant en permanence ces questions : « pourquoi suis-je là ?», et « pourquoi j’ai été nommé à ce poste ? ».

La « malgouvernance » qu’on a tendance à souvent décriée passe aussi par ce corps de métiers, une des raisons de ce qu’on pourrait qualifier de « malcitoyance » comme l’a dit un citoyen, si le terme sied et explique tant de drames qui se vivent au sein de nos cités, et parfois à cause de mauvaises décisions de justice, prises tout simplement sur la base des intérêts maffieux et criminels de ces hommes en toge.

Si nos ancêtres, les premiers citoyens de notre pays qui nous ont devancé où ils se trouvent en ce moment pour leurs repos éternels, se sont battus pour nous donner notre « raison d’être camerounais » d’aujourd’hui,  c’était pour que ceux qui devaient prendre le flambeau après eux, et continuer la lutte pour le meilleur épanouissement des populations, permettent coûte que vaille à ce que triomphe en permanence et pour longtemps :le bon droit et la légitimité.

Il est malheureusement regrettable que nos hommes de lois, notamment certains de nos juges et magistrats, contribuent plutôt dans leurs exactions à agir contre ces principes, en réduisant considérablement les chances de notre pays, ainsi que les ambitions formulées dans les adresses à la nation de la plus haute autorité de l’état, le Président de la République, en faveur de cette « émergence horizon 2035 ».

Nous avons encore besoin de rêver pour notre Cameroun. Nous avons aussi besoin de nous sentir chez nous, et protéger. Nous avonssurtout besoin, d’un contexte sain et rassurant, où les uns respectent les autres, et où la majorité peut encore se remettre à croire en l’impartialité des juges, face à tous ceux  pour qui la honte semble définitivement avoir foutu le camp, au regard de leurs prismes obturés portant délicatement atteinte à l’harmonie au sein des familles, et au respect de nos valeurs traditionnelles sur le chemin de cette émergence que vous nous laissez miroité pour 2035.

Une perspective d’émergence qui pour nous signifiera, avec le retour des choses à la normale : citoyenneté ; discipline ; et respect des canaux d’une justice équitable, rationnelle et logique.

Sans cela, très chers hommes de pouvoir au Cameroun, la situation qui prévaut en bas, probablement sans que vous en soyez au faite en haut, nous laisse ce relent de conviction que nous courons vers cette faillite qui semble nous poursuivre comme une tare vers l’abîme, et face aux« grandes réalisations » auxquelles nous continuons à croire quand même sous le régime du renouveau, ainsi que ces « grands chantiers », et autres grands travaux et « projets structurants » annoncés …

Monsieur NDAM BACHIROU M.

Douala – Cameroun.

Tél. : (237) 99 33 08 74

Email : bechirndam@yahoo.fr

mougnutou@gmail.com

 


Le Cameroun est-il un pays de droit ?

1471281_10205283994329587_1179287264806320166_n

J’ai reçu ce midi une lettre d’un ami, handicapé de son état, dans ma boîte mail me demandant de publier une lettre ouverte au président de la République. Il ne m’est jamais arrivé de recevoir ce genre de sollicitation qui me paraît opportun au moment, justement, où ce président a célébré hier ses ans à la magistrature suprême. C’est une lettre de détresse d’un citoyen qui est abusé par certaines personnes en complicité avec la justice. Il a donc décidé d’ouvrir son cœur pour partager ses souffrances. Une très longue lettre, donc.

LETTRE OUVERTE – Par Bachirou NDAM

MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE,
MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT,
MONSIEUR LE MINISTRE DE LA JUSTICE, GARDE DES SCEAUX,

Il y a lieu d’avoir vraiment peur de vivre dans une société comme la nôtre, et de croire en l’émergence du Cameroun, dit-on, en 2035, lorsqu’on vit des situations terribles et des dérives dangereuses qui amènent à craindre parfois le pire. Une société où le ridicule ne tue plus, car certaines âmes semblent « nés avant la honte » ; où très peu ont encore des scrupules, et où la plupart d’entre nous au regard de ce que nous vivons, ou sommes contraints de vivre, ne pouvons plus projeter dans l’avenir, dans un milieu où la justice semble ne pas être la chose la mieux partagée pour tous.

Voici une autre affaire de liquidation des biens de succession qui tourne à l’enrichissement de certains hommes de justice, « vrais ayants droits ? » du disparu, à la place de ceux-là qui n’ont plus que leurs yeux pour pleurer, tout à côté des autres affaires de malheureuse mémoire notamment : SOPPO PRISO et FOUDA ANDRE, pour ne citer que ces deux cas là parmi tant d’autres !

Lorsque notre regretté papa décède le 11 Août 2008, soit juste six (06) mois après mon fatidique accident à domicile en Février de la même année, une situation douloureuse et contraignante qui me vaut jusqu’à ce jour le fauteuil roulant de paraplégique que je suis devenu,

Nous ne pouvions pas nous imaginer un seul instant que quatre (04) années plus tard, nous allons nous retrouver à subir les exactions d’un juge et de ses acolytes, plus que décidés à spolier jusqu’au dernier centime nos biens d’héritage, des biens dont notre géniteur aura travaillé dur et avec des privations afin de les rassembler au profit de la famille, avec : loyauté au Président de la République, fidélité aux institutions de notre pays, et surtout respect de la chose d’autrui et du bien public, partout où il aura été sollicité par la très haute hiérarchie.

Monsieur NDAM AMADOU, commandeur de l’ordre de la valeur à sa disparition, a été un haut fonctionnaire de la république du Cameroun. Il a exercé principalement dans le secteur des transports, depuis le début de sa carrière professionnelle dans les années 1970, jusqu’à sa mise en retraite par décret du Chef de l’État en 2004. Beaucoup l’ont connu avant sa mort sous le pseudonyme de « Nji SOCAMAC », du nom de l’entreprise portuaire SOCAMAC (Société Camerounaise de Manutention et d’Acconage), devenue plus tard GEODIS après le rachat post-privation par les français.

Il aura de ce fait passé plus d’une décennie comme Directeur Général dans cette société d’état, avant d’achever sa carrière comme haut responsable au Ministère des Transports où il l’avait débuté comme Directeur des Transports. Il a aussi présidé plusieurs fois, sans faillite aucune dans ses missions, les commissions spécialisés de marchés des structures comme : le Port Autonome de Douala (PAD) où nous connaissons les rebondissements judiciaires qui s’y sont déroulés, ainsi que l’Agence des Régulations de Télécommunications (ART). Il y a toujours accompli ses devoirs avec tact, respect de la chose publique et de sa hiérarchie, et fidélité et loyauté au régime politique en place.

Au moment où sa seconde épouse du nom de Madame PECHA LADIFATOU, décide d’ester en justice sous les conseils de certaines élites bamoun, ethnie d’origine de son époux, notamment un des soi-dits amis et proches de Monsieur NDAM AMADOU, par ailleurs haut gradé de l’armée camerounaise en retraite à ce moment, ainsi que d’autres que nous ne citerons ici mais qui se reconnaîtront très bien, même dans l’entourage du palais des rois, malheureusement, et qui oublient que « PROVOQUER LA PLUIE SUR LE TOIT DE SON PROCHAIN, RISQUE D’OCCASIONNER PLUS TARD L’ORAGE SUR SON PROPRE TOIT APRÈS EUX»,

Tout semblait avoir été mené et géré jusque-là par la famille, selon le strict respect des dernières volontés du disparu, contenues dans le testament écrit et confié à Sa Majesté le Sultan Roi des Bamoun, le Très Honorable Sénateur El Hadj IBRAHIM MBOMBO NJOYA ; puis lu en public au palais des rois bamoun comme de coutume, avec désignation de l’héritier principal de Nji NDAM AMADOU. En rappel, et cela mérite de se savoir, Monsieur NDAM AMADOU était un grand notable au palais, héritier désigné par son feu papa comme le Chef de famille, d’où son titre traditionnel de NJI.

Madame PECHA LADIFATOU, ainsi que ses quatre (04) enfants encore mineurs ont eu à bénéficier islamiquement et à part égale, comme le recommandaient les dispositions testamentaires ci-dessus relevées, des mêmes attentions que sa coépouse, Madame LINJOUOM MARIATOU et ses huit (08) enfants dont j’en suis l’aîné. Encore que cette même personne, à savoir dame PECHA LADIFATOU ne méritait pas, civilement parlant, de tout ce qu’elle aura reçu comme quotte part de biens après les différents partages régulièrement observés, et auxquels elle a eu bel et bien à participer sans contraintes, avec des décharges de sa part consignées dans les archives de la famille NJI NDAM TAPIT à KoupaMatapit dans l’arrondissement de Foumban.

En effet, Madame PECHA LADIFATOU a convolé en secondes noces à Foumban avec Monsieur NDAM AMADOU en 1996, sous le RÉGIME POLYGAMIQUE DE BIENS SÉPARES. Au moment où elle a eu à intégrer le foyer de son époux, elle a eu à y trouver une première épouse, mariée à Foumban à ce monsieur depuis 1970, sous le RÉGIME DE BIENS COMMUNS. Ce qui signifie tout simplement qu’au moment de l’intégration de la famille de son époux, Madame PECHA LADIFATOU a eu à trouver tous les biens ou presque dans leur majorité laissés en héritage et aujourd’hui querellés EGOÏSTEMENT par elle avec le curieux soutien d’un juge : le MAGISTRAT JOHN JOHN DU TRIBUNAL DE FOUMBAN.
Surprenants ont été les actes posés par ledit juge après qu’il ait été saisi par l’injuste plaignante depuis l’année 2012.

D’abord, par une correspondance initiée le 16 Janvier 2013 par Madame PECHA LADIFATOU, un séquestre judiciaire en même temps désigner pour commettre une expertise des biens querellés, Monsieur NGOUNE CLAUDE, agent d’affaires sans bureau fixe et localisable, qui résiderait à Bafoussam selon l’adresse communiquée où il ne se trouve (B.P. 1219, Tél. 77 83 69 06), sera décidé en violation des dispositions en vigueur le même jour par le juge, sans raisons aucunes, et sans vérifications des dires de cette dame par confrontation des parties.
Cf. copies desdits actes en fac similé.

Ensuite, la manifestation des intentions maffieuses du juge se fera de plus en plus ressentir, lorsque plusieurs mois après, il rejettera toutes les sollicitations de demande d’avancement d’hoiries formulées par les ayants-droits du premier lit en souffrances, notamment :
Madame LINJOUOM MARIATOU, une épouse plus qu’éprouvée par ses allers et retours sans résultats auprès du juge JOHN JOHN, parvenue au troisième âge, régulièrement malade et ayant besoin d’attentions sanitaires permanentes, une béquille à la main après un accident malheureux dont elle aura été victime quelques mois auparavant ;
Monsieur NDAM BACHIROU M., victime d’une chute à domicile, paraplégique de son état, et qui après aussi des voyages à risques à Foumban pour solliciter ce qui lui revient de droit afin d’entamer enfin ses soins de rééducation motrice et fonctionnelle, a dû aussi rentrer sans résultats de ses démarches, devant un juge insensible ;
Le reste des ayants-droits du premier lit, dont une étudiante ne pouvant payer normalement ses études universitaires, et des chefs de famille dont les enfants pour certains peinent à bénéficier d’une éducation scolaire sereine, par la faute d’une justice inhumaine.

En rappel, et comme le lui exigeait l’ordonnance le désignant comme séquestre, Monsieur NGOUNE CLAUDE ne s’est jamais présenté aux ayants-droits du premier lit pour leur signifier la décision du juge. Il n’a non plus ouvert un compte bancaire du séquestre pour une meilleure lisibilité des dépenses effectuées par lui dans le cadre de ses fonctions. Il n’a non plus fourni jusqu’ici de rapports de gestion des fonds à sa disposition, une autre erreur dans l’application des termes de l’ordonnance le désignant.

Et plus grave, aucun entretien n’a été fait par lui dans les maisons sous son séquestre, où entre coupures d’électricité et d’eau, les ayants droits sont obligés d’évoluer par la mendicité afin de maintenir le cap, Monsieur NGOUNE CLAUDE et à travers lui, le juge JOHN JOHN, ne voulant réagir favorablement aux demandes légitimes d’avance de droits avant le partage définitif en vue d’après le Tribunal de Foumban, à la demande de dame PECHA LADIFATOU, décidée à mener la vie dure à sa coépouse et ses enfants.

Enfin, et plus grave une fois de plus, ce qui s’est opéré jusque-là par le juge en question, le rendu d’une décision provisoire de justice, renfermant la désignation d’un cabinet de notaire à Foumbot, chez Me NEGOUE MICHEL, dont les missions assignées seraient la vente des biens en question (immobiliers), le règlement des taxes d’impôts et des honoraires du notaire, et le reversement du reste de la vente au juge avec le plan de partage aux ayants-droits. Une autre atteinte aux dispositions légales en vigueur qui nous poussera à saisir Monsieur le ministre de la Justice, garde des Sceaux, à travers une correspondance introduite le 16 Juillet 2014.

En rappel, plusieurs tentatives d’arrangement à l’amiable ont été initiées par le premier lit afin de mettre un terme à cette mascarade judiciaire dont Madame PECHA LADIFATOU ne maîtrise pas ou plus elle-même le point de chute, ainsi que les conséquences que génèreront la discorde familiale qu’elle aura organisée. Tant au niveau de la famille en présence des exécuteurs testamentaires désignés par Monsieur NDAM AMADOU, notamment : Messieurs POYOUNA ISSAH, PEMENZI OUMAROU et NSANGOU ABDOU SALAM ; qu’au devant de Sa Majesté le Sultan Roi des Bamoun, l’honorable Sénateur MBOMBO NJOYA IBRAHIM, assisté de son premier adjoint NJI PAFOYOUOM IDRISS et d’une épouse du roi, notre maman au palais des rois bamoun, la reine Neh OURETOU ; sans oublier les propositions voilées d’intentions maléfiques faites par le juge JOHN JOHN en les présences de Madame PECHA LADIFATOU et Monsieur NDAM BACHIROU M. convoqué en urgence au mois de Mars 2014 à Foumban par ledit magistrat à Foumban, et pour rien à la fin dans son état physique.

Cette même personne à savoir Madame PECHA LADIFATOU, une menteuse patentée, doublée d’un phénomène inexplicable, n’a plus vraiment honte dans son « voyoutisme ». Se rend-t-elle compte que le juge JOHN JOHN exploite à fond sa naïveté criarde et son illettrisme manifeste, pour se préparer sa retraite dorée sur les avoirs de son feu époux ? Pense-t-elle-même encore à la mémoire de ce mari qui était sien, lui qui dans sa demeure éternelle ne demande à ses épouses, dont elle, et à ses enfants, qu’un minimum de retenue et pas d’égocentrisme et d’égoïsme dans tout acte posé impactant sur les biens d’héritage qu’il a laissés après lui, pour le bien de tout le monde, ses descendants directs en premier, afin qu’il se repose définitivement en paix ?

A-t-elle connaissance un seul instant des bases juridiques de partage de biens de succession, elle qui a tout trouvé à son arrivée en 1996, de part l’acte de mariage N° 28/96 contracté à la CR de Foumban, du 07 Décembre 1996, une première épouse en la personne de Madame LINJOUOM MARIATOU, de part l’acte de mariage N° 119 contracté à la CRME Foumban, le Cinq Septembre 1970, qui a passé près de son époux avant l’arrivée de Madame PECHA LADIFATOU parmi nous, plus d’un quart de siècle avec des sacrifices énormes, afin de bâtir un nom autour de la dynastie NJI NDAM TAPIT de KoupaMatapit ? Se souvient-elle de tout ce que Madame LINJOUOM MARIATOU a éprouvé comme privations, afin de permettre à leur époux d’agir en toute équité envers ses épouses, selon les prescriptions islamiques ?

Aujourd’hui, celle qui l’a accueilli près d’elle avec bon cœur et humanisme, comme sa fille, et qui lui a donné un gobelet d’eau fraîche afin de lui souhaiter la bienvenue, ne mérite plus que dans son état de santé très fragile, béquilles à la main, de l’eau bouillante pour Madame PECHA LADIFATOU, cette dernière lui ayant plus d’une fois retourné négativement l’ascenseur de son antipathie de diverses manières cruelles !

Madame PECHA LADIFATOU se plaint partout à travers des commérages fabriqués de toutes pièces d’avoir été abandonné par la famille. De quelle famille parle-t-elle lorsqu’un de ses enfants jouit depuis de longues années d’une excellente éducation scolaire à Njombé, aux soins de Monsieur POYOUONA ISSAH, cousin de Monsieur NDAM AMADOU, qui bien avant la disparition de Monsieur NDAM AMADOU avait pris la décision de s’occuper tout seul du rejeton de Madame PECHA LADIFATOU ! Qui a retiré le reste de ses enfants de l’école où ils fréquentaient à Douala, sous la tutelle de leur oncle et petit frère utérin de Monsieur NDAM AMADOU, le nommé Monsieur PEMENZI OUMAROU ?

Si ce n’est elle, que Madame PECHA LADIFATOU nous dise qui a posé un tel acte stupide contraignant ces enfants à la vie du village à KoupaMatapit, puis à Foumban où depuis longtemps Madame PECHA LADIFATOU a trouvé un toit aux frais de qui elle le sait toute seule, sans l’aval d’aucun membre de la famille NJI NDAM TAPIT qui l’observe depuis agir contre la morale traditionnelle comme civile, sans en dire un mot !

Pour protéger ses propres enfants de la distraction par leur maman de leurs avoirs d’héritage, des comptes bancaires avaient été ouverts à la SCB-CL à Douala. Les sommes allouées après une répartition équitable entre tous les ayants droits, sans discriminations aucunes, y ont été régulièrement reversés pour les besoins de santé, d’école, et autres des quatre enfants de Madame PECHA LADIFATOU. Ces dits comptes avaient été dotés pour les retraits à venir, du mécanisme de la double signature, dont celle de la maman des enfants, et soit celle de Monsieur NDAM IBRAHIMA AZIZ, héritier principal et administrateur démis injustement par le juge JOHN JOHN, ou alors celle de Monsieur POYOUONA ISSAH à la demande même de Madame PECHA LADIFATOU.

Alors, lorsque Madame PECHA LADIFATOU déclare partout à qui prête oreille à l’écouter dans sa dérive, que les enfants ont été abandonnés à sa seule charge, pourquoi a-t-elle décidé :
– de ne plus poser les problèmes de ses enfants en conclave familial, comme cela se passait avant sans problème, afin de justifier les décaissements opérés dans les comptes bancaires desdits enfants, et cela pour un meilleur rendu de la gestion de leurs avoirs d’héritage aux enfants lorsqu’ils devaient atteindre leur pleine majorité ?

– de demander la désignation d’un séquestre judiciaire, dont elle seule et le juge JOHN JOHN peuvent nous donner à ce jour face à la piteuse gestion de l’ordonnance de séquestre par Monsieur NGOUNE CLAUDE, les vrais mobiles qui auront motivé la décision de désigner ce séquestre ? Sauf si comme le séquestre NGOUNE CLAUDE qui se sucre depuis deux années sur la fortune de Monsieur NDAM AMADOU, avec la bénédiction de sa seconde épouse PECHA LADIFATOU, lui qui a déclaré sur procès verbal de police à Bafoussam dans les services de la police judiciaire, avoir tout remis au juge JOHN JOHN : argent comme rapport de gestion de son séquestre, sauf ci disions-nous Madame PECHA LADIFATOU trouve son compte dans cette décision de justice privant injustement sa coépouse et ses enfants de ce qui aurait pu les aider à gérer certains soucis matériels dans leurs vies, comme l’avait souhaité Monsieur NDAM AMADOU !

Monsieur le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, saisi du dossier et informé des actions négatives du juge JOHN JOHN, l’aura solutionné en donnant des instructions à Monsieur le Secrétaire général de son département ministériel afin qu’une issue définitive soit trouvée à ce différend pendant. C’est ainsi que le Secrétaire général du Ministère de la Justice a demandé à Madame LINJOUOM MARIATOU par la correspondance N° 08114/CD/7738/14/DANRS du 19 Août 2014, de se mettre en contact avec le Procureur Général près la Cour d’Appel de Bafoussam, relativement au suivi de la suite réservée par sa hiérarchie à ce dossier. Par la même occasion, le Procureur Général a été saisi en interne sur la même question.

Après la rencontre avec ce haut magistrat à Bafoussam, puis celle avec le Procureur de la République à Foumban vers qui Madame LINJOUOM MARIATOU a été renvoyée, et les décisions du haut magistrat de Foumban prises pour tenter un arrangement à l’amiable entre les parties, ainsi que la récupération auprès du séquestre NGOUNE CLAUDE convoqué sous huitaine, de près deux années de loyer des immeubles de Yaoundé Bastos sous son séquestre à raison d’une somme avoisinant plus d’une TRENTAINE DE MILLIONS DE NOS FRANCS CFA environ,

Madame LINJOUOM MARIATOU n’a finalement que ses yeux pour pleurer avec ses enfants après la curieuse relaxe du séquestre NGOUNE CLAUDE, interpellé le Lundi 20 Octobre 2014 au matin par les services de la Police Judiciaire (P.J.) de Bafoussam, après une plainte déposée par les ayants droits du premier lit deux semaines auparavant, à la demande expresse du Procureur de la République de Foumban, qui par la même occasion aura servi à la P.J. de Bafoussam un mandat d’amener du sieur NGOUNE CLAUDE après son interpellation.

Question : Pourquoi relaxé un « malfrat » que nous avons décidé d’interpeller, alors que les fonds qu’il détient sur ordonnance judiciaire N° 01/2013/CAB/PT/FBAN du 16 Janvier 2013, du juge JOHN JOHN, n’ont aucune destination finale jusqu’ici, si oui sa déclaration sur procès-verbal de la police où il dit avoir tout remis au juge JOHN JOHN ? Pourquoi aussi demander de reformuler une autre correspondance à Monsieur le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, qui aura déjà donné des instructions comme solutions à ce litige, et dont nous n’avons qu’à appliquer pour agir en toute responsabilité et conscience ?

Ajouté à ces faits :
– la récente décision du juge JOHN JOHN portant désignation d’un juge mandataire devant agir aux noms de Madame LINJOUOM MARIATOU et de ses enfants pendant la vente des biens immobiliers querellés, programmée pour les semaines à venir, et sans jugement définitif rendu par le juge JOHN JOHN décidé à enfreindre jusqu’au bout aux dispositions légales en vigueur, sous le nez des ayants droits de feu NJI NDAM AMADOU, et particulièrement Madame LINJOUOM MARIATOU et ses enfants ne bénéficiant pas de ses faveurs comme la dame PECHA LADIFATOU bien introduite apparemment auprès de ce personnage.

– Le renvoi ce 28 Octobre 2014, une fois de plus et indiscutablement de trop depuis plusieurs mois, du délibéré final de cette affaire judiciaire, par le juge JOHN JOHN, installé sur son trône magistral, dont les intentions manifestes, nous le pensons fortement, se révèlent être le braquage à tous les prix des biens d’héritage de la progéniture de Monsieur NDAM AMADOU.

Ce juge a d’ores et déjà demandé au notaire NEGOUE MICHEL à Foumbot de vendre en notre absence, contrairement à ce que requiert la loi, l’ensemble des biens immobiliers de Monsieur NDAM AMADOU, en commençant par la résidence familiale de plus de trois générations d’homme de KoupaMatapit.

Il lui a aussi demandé bien avant son verdict définitif vidé que nous attendons toujours, de régler les frais d’impôts après vente, ainsi que les frais de notaire, et de lui remettre le reste de l’argent de la vente accompagné du plan de partage notarial afin qu’il rende enfin le délibéré définitif et remette à chacun des ayants droits de Monsieur NDAM AMADOU, sa quotte part décidée entre le juge JOHN JOHN, le notaire NEGOUE MICHEL, et Madame PECHA LADIFATOU qui fréquente de plus en plus ces derniers temps le bureau du magistrat à Foumban, pour la raison qu’elle et le juge maîtrisent si bien.

Enfin sur un énième jugement avant dire droit (ADD), au lieu de vider définitivement ce litige dans son fond comme dans sa forme, il a commis de nouveau son expert à lui afin d’évaluer ce que peut représenter, comme loyer la résidence NDAM AMADOU de Douala depuis Août 2008 (date de décès de son propriétaire) jusqu’à ce jour. En rappel, la famille du défunt y loge depuis 1994 jusqu’à la mort de celui-ci, et au-delà de cette période jusqu’à ce jour, y compris Madame PECHA LADIFATOU qui détient encore avec elle les clés de son compartiment à elle depuis son arrivée en mariage.

La question formidable à se poser de ces jugements provision à répétition tournant au ridicule à la fin, c’est celle de savoir comment on peut demander à des propriétaires d’un bien immobilier laissé en héritage par le chef de famille disparu, de payer le loyer de l’occupation de ce qui leur appartient de droit. Et par ailleurs, payer à qui, et pour qui, si ce n’est pour les visées bassement maladroits du Magistrat JOHN JOHN et de ses acolytes, dont Madame PECHA LADIFATOU.
Tout simplement rocambolesque tout ce qui se fabrique jusqu’ici, depuis plus de deux années, au Tribunal de Grande Instance de Foumban. Notre cas ici présenté n’est pas, parait-il le premier, si on se réfère à d’autres, bien avant le nôtre, où ce monsieur et sa même bande d’acolytes se sont déjà produits en spectacle, depuis plus d’une décennie d’exercice de ses fonctions à Foumban, sous l’œil du Conseil National de la Magistrature.

Tout aussi déplorable de se savoir DOUBLEMENT ORPHELINS, dans un pays où nous pensions pouvoir encore croire comme tout le reste, en notre justice afin de rétablir à leur place les prétentions malveillantes d’une partie : en toute impartialité, légitimité et légalité. Plus que décevant de se dire «FIER D’ÊTRE CAMEROUNAIS», et d’y vivre comme ci nous étions des étrangers venus d’une contrée lointaine.

Monsieur NDAM BACHIROU M.
Écrivain.
Douala – Cameroun / Tél. : (237) 99 33 08 74
Émail : bechirndam@yahoo.fr / mougnutou@gmail.com

970662_10205283959328712_4604544358981465222_n 1461151_10205283961368763_591038987767605329_n 10734282_10205283959968728_4637556884324587554_n

 


Au Cameroun, la polio se porte bien !

Depuis octobre 2013, le Cameroun connait un cas de poliomyélite découvert dans la région de l’Adamaoua. Ça fait un an déjà que le pays tout entier se livre à une lutte permanente contre cette maladie donc la cible se recrute parmi les enfants de moins de cinq ans, voir 10 ans. Un an de campagne intense qui va connaitre son apothéose lors de la dernière campagne organisée du 30 octobre au 2 novembre 2014 à travers toutes les dix régions que compte le pays. Un an de campagnes dont les résultats sont loin d’être positifs compte tenu de beaucoup de résistances de certaines familles et des pesanteurs de l’administration de la santé.images

Le contexte de la campagne : La polio est une maladie contagieuse causée par un virus qui attaque surtout les membres, les affaiblit et les paralyse pour tout le reste de leur vie. Depuis qu’un cas de cette maladie a été découverte dans la région de l’Adamaoua, le Cameroun est en épidémie totale, il est donc en état d’alerte. Depuis octobre 2013, date à laquelle un cas de polio a été découvert, le ministère de la santé publique, avec l’appui des organisations internationales, a lancé des campagnes de sensibilisations et de vaccination contre cette maladie contagieuse. Comme il est d’ailleurs de coutume, un seul cas déclaré de polio fait d’un pays un territoire en alerte et par conséquent, les migrations et les échanges internationaux prennent de sérieux coups. Pour éviter d’être mis en quarantaine, le gouvernement camerounais investit donc pour limiter les dégâts.

Le contenu et le but de la campagne : Un an de campagne où les populations ont été sensibilisées sur les services qu’elles pourraient bénéficier. Tout au long de ce périple, multiples tours de vaccinations ont été organisées. Les enfants de 0 à 5 ans dans les huit régions à savoir, le Littoral, le Nord, l’Extrême-Nord, le Centre, l’Ouest, le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et le Sud et les enfants de 0 à 10 ans pour les deux autres régions à savoir l’Adamaoua et l’Est sont concernés, sans oublié toute la population des réfugiés de ces deux dernière régions. Lorsqu’on est en face d’une maladie qui n’a pas de traitement, le moyen le plus sûr de pouvoir éradiquer la maladie est soit la prévention à travers l’observation des mesures d’hygiène à savoir se laver les mains à l’eau avec du savon avant de manger et après les toilettes ; faire bouillir l’eau avant de la boire ou utiliser une autre méthode de potabilisation ; laver les fruits avant et les légumes avec de l’eau propre avant de les consommer ; ne pas faire les selles à l’air libre ; bien nettoyer la cour et les alentours des maisons et concessions, soit la prévention à travers de multiples vaccinations.

Les stratégies de la communication : Il se trouve que le Cameroun a opté pour une campagne répétée et de proximité appelée porte-à-porte. « Campagnes Répétées » pour la simple raison que la multiplication des vaccins est un gage de protection assurée : plus, l’enfant est vacciné à chaque passage des agents de la santé publique, mieux il est immunisé contre la poliomyélite. C’est aussi un gage d’assurance pour stopper la maladie face la gravité de la situation : l’épidémie. « Campagnes de proximité » pour signifier que les agents du ministère de la santé publique chargés de la sensibilisation pour les uns et de l’administration de la dose de vaccin pour les autres, sont appelés à aller vers les ménages, les écoles, les églises, les communautés, les plantations, les rues et autres. Tous les enfants, sans discrimination sont concernés, qu’ils soient camerounais ou non.

Pendant que nous amorçons le dernier virage des campagnes de communication, de sensibilisation et de vaccination pour donner aux populations les mesures de protection contre la polio, les personnes handicapées considérées comme les survivants, comme ceux qui ont vaincus la maladie, je veux dire les personnes en situation de handicap, les personnes plus concernées et les plus outillés pour servir de relai dans la communication, n’ont malheureusement pas été associé comme partenaire à la lutte. Ils  assistent donc, médusées, à ce qu’on pourrait appeler une campagne déficiente dont les résultats sont mitigés.

Les associations appelées à la rescousse : Le 24 octobre dernier, journée internationale de la lutte contre la polio, l’association Gic-Handyc, entre autres, regroupant quelques personnes en situation de handicap à Douala, reçoit la visite des personnes peu ordinaire. Elles se présentent en leur qualité de représentant de l’Unicef pour les uns, du Ministère de la Santé Publique pour les autres. L’objet de leur visite ? Solliciter l’apport des personnes handicapées pour mener à bien l’efficacité de cette campagne qui va connaitre son dernier virage le 2 novembre 2014. Dans leurs plaidoyers, elles présentent les personnes handicapées comme les meilleurs interlocuteurs face à ce que nous pouvant appeler ici la réticence des parents et de la population à accepter la vaccination sans non moins étaler au fil des discours les résultats mitigés de cette campagne. Il ressort donc de ces discours que le Cameroun est le pays qui a le plus misé sur cette campagne en Afrique. Avec ses 20 millions d’habitants, le Cameroun a déjà dépensé plus du double que le Nigéria qui est plus touché et qui a plus de 200 millions d’habitants. Le constat est donc alarmant et appelle à plus de responsabilité des agents de la santé qui ont cru sonner l’alerte en interpellant, enfin, les personnes les plus concernées par cette campagne.

Les enjeux de la campagne et les leçons : Comme la campagne pour la lutte contre le VIH-SIDA où les personnes séropositives sont les plus impliquées dans les campagnes, les personnes handicapées devraient donc être les plus impliquées pour la lutte contre la polio. Mais, tel n’a pas, malheureusement été le cas, à entendre ces fameux visiteurs qui sont venus, disent-ils, solliciter l’apport des handicapés et surtout recueillir des avis pour une campagne pérenne. Là justement est le hic ! Depuis octobre 2013, aucune association de personnes handicapées n’a été sollicitée pour la campagne. Dans un environnement hostile et réfractaire où les populations, rurales surtout, sont encore hantées par des préjugés sur les vaccinations ; où les populations sont méfiantes vis-à-vis des pouvoirs publics dans cet élan de vaccination gratuite et à domicile alors que les enfants et même des personnes adultes meurent encore à cause d’un simple palu dans nos dispensaires, il n’est pas du tout aisé de voir les parents accepté de vacciner leurs enfants : la méfiance et l’indifférence vis-à-vis de l’autorité sanitaire n’est donc pas une surprise. C’est face à ce constat amer que ces agents ont compris que les personnes handicapées pourraient psychologiquement faire changer l’opinion négative de ces familles sur les objectifs des vaccinations. La présence d’une personne handicapée est sans doute la solution devant ces parents hostiles qui seraient prêts, pour beaucoup, à céder devant quelqu’un qui a survécu à la maladie et qui en porte des séquelles.

Les personnes handicapées sont les mieux placées pour jouer le rôle de « père-éducateurs », d’interlocutrices les plus crédibles car elles sont des exemples et des témoins vivantes. Evidemment, cette dernière campagne ne leur laissera pas le temps aux partenaires de mobiliser suffisamment les associations en vue d’un important déploiement pour la cause étant donné que ladite campagne comme ce 30 octobre 2014.

Il faut tout de même signaler que l’Etat Camerounais a cette fâcheuse habitude de considérer que les personnes handicapées sont des bons-à-rien, des personnes de seconde zone et par conséquent ne se prive pas de ne pas les associer pour venir à bout d’un phénomène qu’il voudrait éradiquer. Certains parleront, bien entendu, de cette fébrilité des associations des personnes handicapées dans leur positionnement social. Soit. Les personnes handicapées ont, eux aussi, ce fâcheux défaut d’être toujours derrière la scène, réservées et attentistes. Cette attitude vient du fait que les familles, privées du soutien, ont appris à s’occuper seule de leurs enfants handicapées. D’autres avaient même honte de faire savoir à la communauté qu’elles ont un enfant handicapé. Cette attitude est même plus répandue et elle est aussi considérée à l’heure actuelle comme le principal frein à la lutte pour la protection et les droits des personnes handicapées. Ce refus de s’engager, cette indifférence face à la société qui elle-même est indifférente vis-à-vis d’elles, j’allais dire cette indifférence réciproque est et restera un gage pour la persistance et la survie de la polio au Cameroun. En tout état de cause, on ne peut pas attendre que toutes les personnes soient engagées simultanément pour des actions sociales. Il faut faire avec celles qui souhaitent s’engager. Sinon, cette indifférence fera que la polio se portera bien parce qu’elle aurait de beaux jours devant elle.  Il appartiendra donc encore aux pouvoir public et même à toute la communauté de permettre à ces personnes de sortir de cette « prison » qui ne leur sert pas, qui ne leur permettra pas de s’épanouir. Cette problématique a surement échappé à ces acteurs de la lutte contre la polio, pourtant elle a donné des résultats positifs dans certaines circonstances. Comprenne qui pourra.

Tchakounté Kemayou


« Prix Bibi Ngota 2014 » du journalisme contre l’impunité en Afrique

Prix_Bibi_Ngota070112300

Pour sa troisième édition, l’association « Tribunal Article 53 » lance le concours du meilleur article de presse qui s’est illustré contre l’impunité en Afrique. L’innovation de cette année augure une montée en puissance dans les années à venir avec la participation du Ministère Allemand des Affaires Etrangères. Initiative purement camerounais, le « Prix Bibi Ngota » du journalisme naît dans un contexte où la liberté de la presse est vécue comme une épée de Damoclès sur la tête des journalistes et blogueurs. Un pays qui a un déficit dans un domaine où l’écriture constitue le produit commercial destiné à la connaissance et à l’information du peuple.

Le choix de la dénomination de ce prix dès le lancement de la première édition a fait l’objet de beaucoup de critique à l’endroit de son principal initiateur en la personne de Patrice Naganang, écrivain et enseignant à l’Université de New-York. Certains journalistes avaient estimé que Bibi Ngota, du nom du journaliste qui est mort en prison suite à une arrestation musclée pour avoir diffusé une information qui incriminait le secrétaire général de la présidence à l’époque, Laurent Esso, dans son journal dont il était le Directeur de Publication (DP). Une détention qui avait été jugée d’arbitraire par certains journalistes et analystes qui estimaient toutes les procédures judiciaires n’avaient été respectées en la matière. D’autres, par contre, estimaient que Bibi Ngota n’était qu’un pseudo journaliste qui faisait dans la mendicité. La spécialité de Bibi Ngota, arguaient-ils, était le chantage. Il s’impliquait dans les affaires où les pontes du régime et du parti au pouvoir étaient incriminés pour se faire beaucoup de sous car l’article en question n’était pas rédigé en respectant les canons du métier. C’est fort de cette embrouillamini dans le milieu de la presse au Cameroun et de ce débat récurrent sur la liberté d’expression qui est considérée comme le cache sexe de la tyrannie de Yaoundé que l’écrivain décide de créer un prix au nom du journaliste décédé en prison faute de soins médicaux. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont et la troisième édition vient donc d’être lancée pour le bonheur des journalistes Camerounais et Africain en général.

Qu’à cela ne tienne, il faut tout de même se réjouir du fait que ce prix vienne enrichir l’environnement de la presse Africaine meurtrie par le poids des politiques qui, de manière cynique et invisible, mènent la vie dure aux journalistes en plein exercice de leur métier. Il y a donc longtemps que les journalistes sont considérés comme des veilleurs et gardiens d’opinion, des formateurs d’esprit libre considéré comme un élément fédérateur d’une libération du Continent du joug de la servitude. L’épée de Damoclès dont il est question ici est cette récurrence et cette volonté malsaine de marteler par des coups de sanctions pécuniaires, privative de liberté, suspension provisoire ou non des organes incriminés, etc. Une sorte de tendance à une liberté sous condition, comme pour dire que : « Vous pouvez dire tout ce que vous voulez, mais sachez que la loi c’est nous, pas vous… » ; Comme ces chaînes de radios et télévisions créées à tout vent et qui sont incapables de respecter toutes les conditions financières exigées pour l’autorisation de fonctionnement et d’ouverture et que l’Etat laisse fonctionner sous le régime de « Tolérance administrative » ; Comme cette subvention de catéchiste appelée « Aide à la presse » prenant les journalistes comme des mendiants de la soupe du soir. Les prix qui valorisent les travailleurs, les ouvriers de l’écriture dans un environnement hostile où on pense plus au fouet, à la chicotte, au bâton qu’à la récompense. Ne faut-il pas se réjouir de ce prix nonobstant les quolibets débités de part et d’autres pour donner à ce prix un caractère non moins de sectarisme ? Est-ce la personne de Patrice Nganang qui fait problème ou le choix de Partice Nganang lui-même pour le feu Bibi Ngota considéré comme pseudo journaliste ? Les questions restent posées compte tenu de l’ampleur de la situation où trois journalistes à savoir Rodrigue Tongué, Félix Cyriaque Ebolé Bola respectivement des quotidiens Le Messager et Mutations, Baba Wamé, enseignant de journalisme à l’université de Yaoundé 1 se présenteront dès ce jour au tribunal pour détention d’informations susceptibles d’atteinte à la sécurité de l’Etat. En tous les cas, contentons-nous de célébrer ce prix et plus particulièrement du thème de l’impunité.

Et Bonaventure Tchucham, un camerounais de la diaspora, dans un forum de se réjouir lui aussi du « choix du thème de l’impunité, couplée à la promotion du courage et de l’excellence journalistiques » qui, pour lui « semble un choix des plus judicieux si l’on tient compte de ce que l’impunité est la principale circonstance aggravante, si ce n’est même la cause, des dysfonctionnements les plus scandaleux dans notre pays et ailleurs en Afrique, et aussi du fait que la crispation de nos satrapies tropicales face à la contestation maintient des réflexes ataviques de répression sauvage de la libre pensée et du journalisme indépendant, ce qui exigent de ceux qui osent braver ces régimes, qu’ils aient des c… bien accrochées! Nos pays ont certainement besoin de journalistes qui entendent bien le sens de leur profession et assument leur rôle de chiens de veilleurs et de « braqueurs de la lumière sur les cancrelats », de quatrième pouvoir; en particulier dans des pays où l’autocratie a ruiné toute l’économie de la séparation républicaine des pouvoirs: il ne reste dans ce cas, en réalité, plus que deux pouvoir, celui de « l’empereur présidentiel » (dixit Owona Nguini), et celui du journalisme courageux qui excelle dans le braquage de la lumière! ». Oui, pourquoi ne pas récompenser ces ouvriers qui bossent dans un tel environnement où un mot, un phrase « mal placée » pourrait entraîner à la mort comme Bibi Ngota ?

In fine, on ne peut que se réjouir sur la survie de ce prix malgré les couacs et en même temps regretté de la méfiance de certains à mettre la main dans la poche et laisser le ministère Allemand des Affaires Etrangères venir nous montrer ce que nous-même nous pouvons faire pour le bonheur de la presse : « Nos gros bourgeois donneraient un sens à leur fortune en finançant comme mécènes de tels prix, au lieu d’offrir des édifices et autres institutions universitaires à un État délinquant et déliquescent! Si nos riches hommes d’affaire ont été approchés et ont refusé de financer une initiative aussi louable, que la honte les couvre, et que donc tout le bénéfice en vienne aux larrons qui savent profiter des vides historiques » (Bonaventure Tchucham).

prix_bibi_ngota_laureat_2012_0011_ns_600
Charles Ngah Nforgang, Christian Locka du Cameroun et Dialtabé Diop de Mauritanie pour l’édition de 2012
me-LAUREATS-PRIX-BIBI-NGOTA-2013_large
Anne Matho et Christelle Kouetcha du Cameroun, et Dialtabé Diop de Mauritanie pour l’édition de 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


COMMUNIQUE MEDIAS

Le Tribunal Article 53 a l’honneur de vous annoncer le lancement du prix Bibi Ngota 2014 du Journalisme contre l’Impunité en Afrique. Le prix, à dimension panafricaine et bilingue (français et anglais), couronnera une pièce journalistique faite pour la presse, la radio, la télévision ou le net sur un pays africain par un journaliste basé en Afrique, et publiée entre le 12 novembre 2013 et le 12 novembre 2014. La pièce doit avoir pour thème l’impunité dans ses aspects juridique, militaire, politique, économique, environnemental, sociétal, des genres et autres.

Le lauréat du premier prix recevra 1 million de Fcfa

Le lauréat deuxième prix recevra : 300,000 Fcfa

La mention spéciale du jury s’élèvera à 200,000 Fcfa

 

 

Les articles seront soumis à : bibingota@…, ou : nganang@…

Le dernier délai des soumissions est fixé au 12 novembre 2014.

 

Les membres du jury pour l’édition de 2014 sont : Jean-Bruno Tagne (Le Jour, Cameroun); Cyriaque Ebole Bola (Mutations, Cameroun); Agnès Taile (Le Septentrion, USA/Cameroun) ; Dibussi Tande (bloggeur pour Scribbles from the Den, USA) ; Simon Inou (ancien à Le Messager,Autriche) ; Herbert Boh (journaliste, USA).

Le prix dorénavant biannuel, qui célèbre le travail journalistique d’excellence et de courage, est institué en la mémoire du journaliste Bibi Ngota mort en incarcération en 2010. Les précédents lauréats sont : Charles Ngah Nforgang, Christian Locka du Cameroun et Dialtabé Diop de Mauritanie pour l’édition de 2012 ; Anne Matho et Christelle Kouetcha du Cameroun, et Dialtabé Diop de Mauritanie pour l’édition de 2013. Les participants aux deux précédentes éditions étaient originaires du Cameroun, de la RDC, du Togo, du Tchad, du Sénégal, de Mauritanie, du Bénin.

L’édition 2014 du prix Bibi Ngota est financée par le Ministère allemand des relations extérieures, et la remise des prix aura lieu le 8 décembre à Douala, sous le haut patronage de l’ambassadeur d’Allemagne au Cameroun.

www.tribunalarticle53.com
Secrétaire du

prix Bibi Ngota

Patrice Nganang, écrivain

(USA)

nganang@…
Coordinateur national

du Tribunal Article 53

Gérard Kuissu Mephou

(Cameroun)

kuissugerard@…

Tel : 77633799

Pour les détails sur Bibi Ngota et les conditions de sa mort, klicker ici :

https://cjfe.org/resources/features/cjfe-remembers-bibi-ngota

 

Tchakounté Kemayou


20 Octobre 2014. The Kadhafi Day (Élégie) : Ô Mouammar Kadhafi, l’Afrique te pleure !

kadhafi-day

Alors que certains clowns africains reprenant toujours la dialectique morbide et mortifère occidentale pour décrier le frère Guide Mouammar Kadhafi, il restera malgré tout éternel. Pour la Libye et pour l’Afrique. Le 20 octobre est désormais une journée mémorielle en hommage au Colonel Mouammar Kadhafi, sauvagement assassiné par l’occident et ses complices qataris et saoudiens au nom du soi-disant «printemps Arabe ». Initialement publié le 20 octobre 2012, l’élégie en dessous sera et restera toujours d’actualité. Nous avons apporté quelques modifications au niveau des dates. Cet assassinat macabre a plongé la Libye dans le chaos. 

Ô Mouammar Kadhafi, l’Afrique te pleure !!

Comme dans un rêve, jour pour jour, il y a trois ans déjà,

Mouammar Kadhafi, où que tu sois, nous pensons à toi;

Ils t’ont assassiné pour mettre toute l’Afrique au pas,

Cet assassinat morbide, œuvre de nazis et renégats,

Impunis et fiers de t’avoir fait passer de vie à trépas.

Ô Mouammar Kadhafi,  l’Afrique te pleure !!

Mais, une main invisible, demain, les frappera,

Il ne la verront pas mais, avec force, elle arrivera.

Dans la mémoire collective, malgré tout, tu resteras,

Ton charisme, ta prestance et ta générosité sont là,

Et, avec nos actions coercitives, nos actes, tu survivras.

Ô Mouammar Kadhafi, l’Afrique te pleure !!

Ta mort nous a fait prendre conscience de leur furia,

Cette impétuosité démoniaque qui résiste à la vraie foi ;

Ainsi va la vie, faite de folie et de la faculté des aléas,

Le manque de discernement de ton peuple les tuera,

Malgré leur amnésie, le regret de leur barbarie naîtra,

Ô Mouammar Kadhafi, l’Afrique te pleure !!

Nonobstant la basse besogne dictée par « leur » Allah,

Mitaine de la mort, folie de la vengeance de scélérats,

Cette action méphistophélique nous a laissé sans voix.

La Libye est aujourd’hui meurtrie et constate les dégâts.

C’est la putréfaction avancée d’une société sans foi ni loi

Ô Mouammar Kadhafi, l’Afrique te pleure !

Merci à Rex Kazadi pour l’affiche…!

Source: Allain Jules


L’inhumation de la belle-mère de Paul Biya à M’voméka fait jaser

1016575_10204894878509897_6362909558088827561_n
La regrettée Madame Mboutchouang, née Ndongo Mengolo Rosette Marie

C’est le 2 octobre dernier que la mère de la première dame, Chantale Biya, est décédée. Rosette Mboutchouang a été inhumée ce vendredi  (17 octobre 2014) à M’vomeka, village natal du président Paul Biya, son beau-fils. L’implication de la Direction du Cabinet Civil de la présidence de la république a vite fait de donner, à ce qui était considéré comme un deuil familial, une allure d’obsèques officielles. Du coup, l’inhumation de la belle-mère dans le caveau familial du président Paul Biya fait jusqu’aujourd’hui l’objet des commentaires sur ce qu’on peut appeler la forfaiture de la famille présidentielle pour avoir enfreint les habitudes liées aux principes qui voudraient que le corps d’une femme mariée à l’état civil soit la propriété exclusive de la famille de son mari.

Pendant toute une semaine, depuis le 13 octobre 2014 jusqu’au vendredi 17 octobre, jour des obsèques, la capitale Yaoundé a vécu des moments forts de mobilisation de tous les personnels de l’administration publique. Pendant deux à trois jours, les rues de la capitales ont connues des embouteillages dus aux barrages dressés sur des rues principales pour causes de deuil : levée du corps, messe funèbre, veillée et départ pour le village M’voméka, au Sud du pays. Mais, ce qui fait jaser dans les chaumières, c’est cette attitude qu’à Paul Biya devant la mort de ses proches :

Sa maman est morte, il a été discret ; son grand-frère est mort, il a été discret ; sa première femme est morte, il a été discret ; la maman de sa deuxième femme meurt, c’est trois jours pratiquement fériés et chômés à Yaoundé, l’ensemble des médias qui sont mis en alerte, c’est 24/24 dans la chaîne d’Etat, c’est le ballet en haut, c’est le ballet en bas. La différence ? Sa maman, son grand-frère, et sa première femme étaient des êtres discrets – pas Chantale. (Patrice Nganang).

La personnalité de Chantale Biya est d’un caractère imposant. C’est une femme qui veut marquer sa présence par une « diplomatie de présence » qui fait dire à beaucoup d’analystes qu’elle est souvent à l’origine de certaines décisions présidentielles. Elle a donc sa marque dans le système. Il est aussi évident que les décisions les plus rocambolesques comme celle de l’inhumation de sa mère dans la concession de son mari sont perçues comme une forfaiture.

La mainmise des hommes de pouvoir sur les des médias

Le ministre du travail et de la prévoyance sociale, par ailleurs secrétaire général du RDPC, parti au pouvoir, a fait une sortie fracassante qui est semblable à une mise en garde de la presse Camerounaise qui a fait de ce deuil ses choux gras :

Alors de grâce, respectons la mort, puis respectons la défunte, puis taisons nous et prions Dieu pour elle, pour tout le bien qu’elle a su et pu faire. Merci et pardon à mes Amis et mes Ennemis de la presse camerounaise pour ce rappel afin que nous puissions, si cela est encore possible pour chacun d’entre nous, rester décents, dignes et sereins pour l’accompagnement de cette grande Dame.

Il serait particulièrement important ici de commencer ce billet par signaler que dans l’opinion collective au Cameroun, l’image que les citoyens portent sur Chantal Biya n’est pas particulièrement reluisante. C’est un fait qui ne trompe pas lorsque l’on évoque son nom au détour d’une conversation. La mort de Jeanne-Irène, la première femme de Paul Biya, survenue en 1993 (si ma mémoire ne me joue pas de sales tours) a laissé un souvenir amer sur les circonstances de sa mort. Beaucoup des dits et des non-dits ont été dits sur la disparition de cette femme de caractère, simple et modeste, infirmière de son état, qui avait l’art, semble-t-il, de comprendre et de maîtriser les arènes du pouvoir que son mari. Ce souvenir reste, jusqu’à ce jour, nostalgique chez ceux qui admiraient son charisme. Chantale Biya qui est l’actuelle première dame n’a pas encore ou ne réussira jamais à changer la sympathie que les Camerounais avaient pour Jeanne-Irène. Son style, son accoutrement, et sa coiffure d’une extravagance sans commune mesure ont toujours fait l’objet des critiques et d’un certain dédain. Certains Camerounais commençaient même déjà à se remémorer de l’image de la simplicité de la feu Jeanne-Irène. En plus, un certain mystère continue d’être entretenu sur la personne même de Chantal Vigouroux (son nom de jeune fille) qui est connue comme une fille de nuit avant d’avoir épouser le président de la république. Une fille mondaine, donc. En écrivant donc ce billet, j’ai donc pensé qu’il faille mettre mes lecteurs que vous êtes dans le bain de cette atmosphère qui est celui de la suspicion lorsqu’on fait allusion à Chantale Biya. Car le mystère qui entoure le personnage est systématiquement entretenu par les hommes de pourvoir et les grands commis de l’Etat qui vont jusqu’à mettre la pression dans les rédactions des quotidiens locaux pour éviter que cette image que l’on dit loufoque s soit exposée sur la place publique. La raison, nous la savons et la voyons tous : Chantal Biya est un des syndromes les plus palpitants de la malfaisance qu’est ce régime.

1924676_10152478206873233_7671671998867676749_n
Le couple présidentiel au perron de la Cathédrale de Yaoundé

Chaque fois que le nom de la première dame est mêlé à quelque sordide histoire, on ne peut donc s’empêcher d’assister à des débats émotionnels et sensationnels, mais qui ne sont pas dignes de moins d’intérêts. Cette perception qu’ont les Camerounais de l’actuelle première dame : « femme de nuit », donc de femme « difficile » de Chantou (comme l’appellent affectueusement les Camerounais qui ont fini par se familiariser à elle) est pour beaucoup à l’origine de cette décision d’inhumer sa mère dans le caveau familial de son mari, président de la république. C’est ce que beaucoup ont appelé « la confiscation des « biens » de Monsieur Mboutchouang », le désormais veuf. Pour les défenseurs de cette thèse ubuesque, la famille présidentielle a abusé du pouvoir pour enfreindre la loi du mariage qui veut que la dépouille de la d’une femme décédée appartienne à son mari et sa belle-famille. On ne pourrait donc expliquer autrement cette décision qui frise le ridicule. Des arguments allant dans ce sens évoquent même l’hypothèse de la tradition pratiquée dans la région de l’Ouest Bamiléké qui voudrait qu’une femme dotée devrait être la « propriété » du clan d’adoption. Badenkop qui est le village natal du veuf, avait même honoré la regrettée Rosette au rang traditionnelle de Maffo (Reine-mère), titre donnée aux femmes qui se sont illustrée par leurs services rendus au village. Elle était donc considérée comme l’une des personnalités de premier rang du royaume. Elle avait donc droit, en tant que fille par alliance (par la dot), aux cérémonies traditionnelles dues à son rang. Rosette était même vénérée par la population qui l’a élue, pour la seconde fois, maire de Bangou en 2013. L’évidence est donc là ! Le pouvoir et l’argent en ont décidés autrement, laissant tout le village et Monsieur Mboutchouang, plus veuf que jamais, sans caleçon en plein carrefour. Le pauvre !

Le contre-pied d’un notable : Albert Dzongang

Albert Dzongang, homme politique et notable dans la région Bamiléké à l’Ouest Cameroun, dans une interview du quotidien Le Messager, évoque le principe selon lequel « la dépouille d’une femme décédée reviendrait à son mari n’est toujours appliquée à la lettre ». Pour lui, dans chaque famille, il y a des particularités et des spécificités qui échapperaient à tout étranger qui ne maîtriseraient pas les tenants et les aboutissants d’une décision considérée comme non-sens. Avant d’en faire un commentaire, je vous livre un extrait de cette interview :

Chez les Bamiléké il y a ce que l’on appelle discussion. Quand une femme a connu deux hommes avec des enfants à la clé, le lieu de l’enterrement est l’émanation du choix des enfants nés de différents endroits qui s’accordent sur ce lieu. Dans le cas d’espèce, Rosette n’avait pas d’enfant avec Ernest Mboutchouang né à Bandengkop. Dans nos traditions, les morts ne sont pas morts. Nous sommes tenus de les vénérer. Chez les Bamiléké cela se symbolise par l’enlèvement du crâne ou la fête annuelle pour les temps modernes. Croyez-vous que l’unique fille (Chantal Biya) et les petits enfants, qui ne sont jamais allés à Bandengkop, iraient déposer des gerbes de fleurs sur la tombe de la maman ou de leur grand-mère ? Le premier choix du lieu d’enterrement n’appartient pas à Monsieur Biya, ni à Ernest Mboutchouang. Mais à Mme Chantal Biya. Par ce que sa mère n’était pas mariée à son père. Cela signifie que normalement la dépouille de la maire irait chez le premier mari qui aurait doté la femme, monsieur Vigouroux. A la mort de Rosette, combien de personnes sont supposées être attachées à son histoire ? D’emblée son mari, sa fille, Chantal Biya, ses petits-enfants. Si on fait le vote de façon démocratique, c’est le côté de sa fille et ses petits-enfants qui prédomine. De ce point de vue, Rosette ne peut qu’être enterrée qu’à un endroit où son enfant et ses petits-enfants auront un accès facile. Comme il est établi que Paul Biya a doté Chantal, c’est son épouse, sans polémique aucune, ils ont des enfants. Chantal Biya ne pourrait en aucun cas être enterrée ailleurs si elle avait eu un deuxième homme. Elle sera enterrée à Mvomeka’a. Dans cette optique, il est de bon ton qu’elle inhume sa mère là où elle-même sera enterrée avec ses enfants et petits-enfants.

Il s’avère d’abord important de relever quelques principes : 1-Rosette Mboutchouang a vécu avec deux hommes et a eu une seule enfant qui est celui du premier, donc Chantale Vigouroux ; 2-Selon la tradition Bamiléké, la dépouille appartient au premier, mais n’ayant ni doté ni épouser à l’état civil, cette dépouille ne lui appartient donc plus ; 3-Même si Monsieur Mboutchouang ne l’a pas doté, il est évident que qu’il a épousé Rosette à l’état civil puisqu’elle portait son nom. Théoriquement, donc, c’est à Monsieur Mboutchouang que revient la décision du lieu d’inhumation ; 4-Il est donc absurde, pour Albert Dzongang, d’être certain que Paul Biya a doté Chantou et d’émettre des doutes sur la dot de Mboutchouang. Cette posture a pour but de justifier l’acte du couple présidentiel qui relève de la forfaiture, du rapport de force, car Mboutchouang n’a rien à dire et est invité à la fermer. Il est évident qu’il peut rien face une intimidation invisible mais compréhensive. A la suite d’Albert Dzongang, on se serait attendu que la dépouille soit remise à la famille de Nanga-Eboko, village d’origine de feue Rosette.

Une affaire strictement familiale

Cette affaire a fini par mettre de l’huile sur le feu à tel point que les voix se sont élevées pour demander aux Camerounais de ne pas se mêler de ce qui ne leur regardait pas. Certains trouvent donc que c’est une affaire strictement privé et familiale et que les positions des uns et des autres ne changeront rien. Extrait du coup de gueule de Mathieu Youbi :

De quoi parle-t-on ? D’enterrement qui se passe ailleurs autre que là où ça devrait se passer ? Mais pourquoi devrons nous réfléchir à la place des autres pour des problèmes qui ne nous concernent pas ? Oui elle était marié à un bamiléké, ce bamiléké a peut-être voulu qu’elle soit enterré au prés de sa fille unique, c’est possible, qu’en savons-nous ? L’époux est-il majeur ? S’est-il plaint ? Alors nous parlons de quoi ? Tout couple a ses secrets, sommes-nous dans leur secret ? Ceci pour dire que NOUS sommes mal placés pour débattre des choses d’un couple majeure. Ces questions pour dire cessons de discuter avec l’affection et surtout sachons rester à notre place. Par ailleurs, pour ceux qui sont dans les arcanes du pouvoir et qui savent comment ce couple en est arrivé là, cette dame fut mariée avant, tout comme l’époux à d’autres femmes et fut le mari pour combler une circonstance, je dirais même que ce fut un mari protocolaire et donc de quoi parlons-nous ? J’entends parler de crane, quelle hypocrisie, cette femme n’a aucun enfant avec son époux, les qui vont s’incliner sous ce crane ? Ce monsieur n a pas construit de case au village, alors où va rester le crane ?

Il faut tout simplement dire, pour répondre à Mathieu Youbi : 1-que cette affaire familiale serait loin d’être strictement privé puisqu’il relève du couple présidentiel ; 2-Cette forfaiture ou mieux cette injustice fera jurisprudence désormais. On ne peut donc considérer que cette affaire relève de la banalité en insinuant que « NOUS sommes mal placés pour débattre des choses d’un couple majeure ». Autrement dit, comme le Cameroun c’est le Cameroun, on assistera désormais aux querelles de familles où la plus riche exigera la dépouille de leur fille civilement mariée à un homme qui aura la malchance de n’avoir ni argent ni pouvoir. C’est justement où se trouve l’enjeu de cette affaire considérée à tort comme « des problèmes qui ne nous concernent pas ».

Tchakounté Kemayou


CAN 2015 : Les Lions font douter

unnamed1

La sympathique formation siera-leonaise a imposé un nul vierge (0-0) à l’équipe camerounaise sur la pelouse du stade omnisports Ahmadou Ahidjo située dans la cuvette de Mfandena à Yaoundé. Un résultat qui survient au lendemain de la double victoire obtenue, à l’entame de cette compétition, respectivement à Lumumbashi face au Congo démocratique (2-1) et devant la Côte-d’Ivoire à Yaoundé (2-0). 

Ces deux performances, obtenues de la plus belle des manières, avaient excité les fans des « Lions » à se libérer psychologiquement. Encore qu’elles survenaient après une longue et interminable attente. L’équipe nationale dans l’indiscipline, l’impréparation, bref l’improvisation habituelle ne parvenait pas à arracher le sourire de ses nombeux suppporters. Tant l’environnement était pollué et les performances mauvaises. La nouvelle cuvée semble redonner l’espoir en offrant du beau jeu par moments plombé par l’inexpérience. Toutefois, nous avons douté, à la 3e journée, devant une modeste formation, par ailleurs traumatisée par un virus qui les suit partout sans être « vu ». Aucun cas découvert ou identifié depuis la descente d’avion à Yaoundé. Il faut désormais parier sérieusement sur la capacité de nuisance de ce groupe de jeunes homogène, volontariste et mentalement fort. Un nul qui traduit dans les faits l’ordre de priorité dans leurs besoins. Les Siera-Leonais sont venus jouer. Ebola, en territoire étranger, est secondaire et peu préoccupant. Leur manière de jouer et leur enthousiasme illustrent parfaitement. 

1006086_945857152094801_4552430665477307385_n

Penser à l’équipe et à la victoire
En tous les cas, en quittant Monrovia, ils savaient qu’Ebola restait au pays et la qualification à jouer ailleurs notamment à Yaoundé. Sont-ils encore dans la course ? Mathématiquement, la réponse est négative. Mais, sait-on jamais. Avions-nous la mémoire courte ? Un incident de parcours pourrait leur profiter comme ce fut le cas avec les Lions indomptables et les Eperviers du Togo en Coupe du monde FIFA.  Nous n’en sommes pas encore là. La rencontre de mercredi prochain, synonyme de retour en territoire camerounais, sera déterminante et capitale surtout pour le Cameroun qui compte 7 points désormais devant la Côte-d’Ivoire 6 points, le Congo démocratique 3 points et la Siera-Léone 1 point. Point négocié devant le leader du groupe. Un détail à prendre au sérieux car de nature à booster le moral. Il nous souvient que cette équipe n’est pas un enfant de choeur en dépit de ses performances et son classement. Les Ivoiriens eurent raison d’elle sur un score étriqué de 2-1. Un signal fort qu’on a négligé probablement. L’encadrement technique du Cameroun doit irréversiblement regarder, sans répit et dans tous les sens, le film de la rencontre aller pour déceler des failles en évitant d’en commettre. L’heure est à la vigilance et à la concentration. Le temps me semble court pour réfléchir autrement.

Les gars doivent garder le moral haut. Penser à l’équipe et à la victoire. Condition sine qua non pour éviter de nous replonger dans le doute du passé. 

Fernant NENKAM


Mondoblog : Matango Club a 1 an déjà!!!

anniversaire1

Je me rappelle que c’était le 09 octobre 2013 que mon premier billet a été publié ici même à la suite d’une sélection au concours de la plateforme Mondoblog 3ème session. Puisque la première de tout ce qui fait partie de ce monde: la naissance, les projets, le pouvoir et que sais-je encore, est une occasion de se rappeler des moments forts pour une sorte de bilan, je casse la tradition pour vous proposer l’article qui a fait l’objet de ma sélection. 

Il s’agit d’une histoire vraie qui m’a tout de suite inspirée alors que je venais de recevoir un mail de l’émission « Atelier des médias » de RFI me proposant de participer au concours Mondoblog 3ème session (2013). Comme tout le quartier en parlait, j’ai donc bondi sur l’occasion, comme on dit à Douala, et simuler le rôle de reporter. Je ne vous en dis pas plus, lisez seulement.

 

Les histoires des voisins

Le quartier chaud de Douala a vibré. Oui, vibré pendant plus de quatre heures d’horloge dans la nuit du 5 au 6 septembre 2013. Même une pluie diluvienne n’a pas pu calmer les ardeurs et le brouhaha perceptibles de loin. De loin même.

Après une rude journée de travail bien intense, en voulant me précipiter pour un repos bien mérité, je fus donc alerté par ces tintamarres à nul autre pareil. Je retiens mon souffle. Bépanda est un quartier qui peut surprendre à tout moment. Une idée me vint à l’instant: surement, il doit avoir une de ces inondations comme il est de coutume dans ce quartier chaud et insalubre. Un coup d’œil à travers les ouvertures ne me renseignait aucunement sur la suite de mes idées. Perplexe. Troublé. Qu’est-ce qui peut bien se passer à cette heure tardive, même si on en a l’habitude ? Malgré la réputation du quartier à nous révéler des histoires à dormir debout, je retenais tout de même mon attention sur le brouhaha.

L’attente fut longue et je me résolus à y voir claire dans ce qui apparaissait comme étrange à mes yeux de citoyen paisible. Mon arrivée sur les lieux coïncide donc avec celle de la police qui avait été alertée pour calmer les esprits. C’est mon voisin le plus proche. Un ami. Un frère, comme on dit chez nous au pays de Roger Milla pour désigner celui avec qui on sympathise amicalement. Je ne me souciais de rien tout en espérant être l’une des personnes à qui le voisin viendra faire des révélations sur ce qui lui arrive de si grave. Le temps que la police mette le calme, monsieur mon voisin, dans une colère sauvage s’avance vers moi en jurant au nom de sa feue mère : « Nadège, va au diable… Vilaine femme… Tu n’as pas honte de me faire ça? Fille du diable… Maudite que tu sois… Saleté et ordure.

J’ai cru à un acte d’infidélité ou de trahison. Que nenni. Il s’agit d’une sordide histoire d’immigration. Oui, une histoire d’immigration qui a mal tourné. J’allais dire, qui a été monté de toute pièce. Monsieur mon voisin raconte qu’il a été berné par Nadège. Mais, comment? Lui demandais-je. Mon voisin vit avec Nadège, sa femme, depuis sept ans maintenant. Il y a deux ans, fatiguée des promesses de mariage, elle a eu à imaginer une stratégie qui a fini par donner du fruit aujourd’hui. Elle avait informé son copain, monsieur mon voisin, d’une opportunité de voyage au Canada intitulé « Programme d’immigration choisie du Québec ». Ça tombait à pic parce que monsieur mon voisin en rêvait lui aussi. Nadège, médecin, est donc considérée comme requérante principale. Pour venir à bout de son stratagème, elle alla jusqu’à reconnaître les deux enfants de monsieur mon voisin. Alors, n’étant pas marié à l’époque, il décide d’accélérer les choses pour donner plus de chance à leur couple. Monsieur mon voisin commence d’abord par la dot, ensuite vint la célébration civile à grande pompe à la mairie du quartier. Enfin, une soirée bien arrosée dans un hôtel chic de la place. Ainsi, monsieur mon voisin devient l’époux de la fille avec laquelle il a vécu 7 ans sans jamais rien entreprendre. Ce n’est qu’en ce moment-là que la concubine devenue femme va reconnaître les deux enfants issus de la précédente union de son concubin. Tout était donc prêt pour que le couple heureux et la famille nombreuse aille au Canada.

C’est donc ce jour du brouhaha qui a donc attiré l’attention de tout le quartier. Parce que monsieur mon voisin à découvert que SA FEMME avait monté cette histoire de toute pièce juste pour se faire épouser!!! Comment l’as-tu découvert? Lui demandais-je encore en guise de consolation. Après moult réponses vague et autres incohérences de Nadège sur le projet de voyage, monsieur mon voisin, le MARI déçu va mener une enquête et va découvrir la « cerise sur le gâteau ». Vous avez dit que les femmes manquent de stratégies de nos jours?!

Tout a été fait pour calmer Monsieur mon voisin. Rien. André, puisque c’est son nom que vous cherchez depuis, commerçant de son état, n’a que les yeux pour se consoler. Voilà une femme ingénieuse! Mais seulement, les hommes présents ont jurés par les dieux du ciel repenser leur stratégie de promesse. Alors, chers messieurs, arrêter le vagabondage parce que les femmes sont désormais à nos trousses.

A bon entendeur, salut!

Tchakounté Kemayou


Indice Mo Ibrahim : L’exemple qui vient du Gabon

165148528_0

Presqu’une semaine déjà que la Mo Ibrahim Foundation a publié ses résultats « 2014 Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG) ». Indice dont le premier objectif est de démystifier la pensée collective qui considère le continent Africain comme le berceau, par excellence, du totalitarisme et de la tyrannie. Pour ce faire, la richissime Mo Ibrahim et la fondation choisissent de promouvoir et d’encourager une gestion publique en attribuant des notes (indices) de la bonne gouvernance. L’Afrique centrale, classée dernier du continent, le Gabon se démarque par son leadership.

Une première observation des tableaux chiffrés nous montre à suffisance que parmi les cinq régions identifiées dans le classement (sur 100 points) : 1er Afrique Australe, 59.3 points ; 2ème Afrique du Nord, 52.8 points ; 3ème Afrique de l’Ouest, 52.2 points ; 4ème Afrique de l’Est, 48.5 points et 5ème Afrique Centrale, 41.4 points), l’Afrique centrale reste le mauvais, paresseux et stupide élève de la bonne gouvernance en Afrique avec une moyenne totale de 51.2 points.

Malgré cette médiocrité de l’Afrique centrale, le Gabon d’Ali Mbongo se démarque sous tous les plans de ce classement. Ainsi, le Gabon se retrouve 2ème derrière Sao Tomé & Principe (Classement sur 100 points) : 1er Sao Tomé & Principe, 59.7 points ; 2ème Gabon, 51.0 points ; 3ème Cameroun, 47.6 points ; 4ème Congo, 43.4 points ; 5ème Guinée Equatoriale, 38.4 points ; 6ème RDC, 34.1 points ; 7ème Tchad, 32.3 points et 8ème RCA, 24.8 points.

L’analyse de chaque rubrique dans la classification des indices : 1-Sécurité et état de droit, 2-Etat de droit, 3-Redevabilité, 4-Sécurité individuelle, 5-Sécurité individuelle, confirme ce leadership du Gabon depuis l’avènement du président Ali Bongo qui a succédé à son feu père Omar Bongo. Sur ces cinq indices, le Gabon marque 4 moyennes sur 5. De quoi suscité la sympathie. La bonne position attribuée au Gabon ne peut pas être attribué au fait du hasard. La succession du père par le fils dans une république a été interprété par beaucoup d’observateurs et d’analystes comme un acte de confiscation du pouvoir politique devenu l’astuce des tyrans pour ne pas laisser échapper le pouvoir. Comme pour dire que le pays appartiendrait à la famille. C’est ce qui avait aussi été reproché, en son temps, à Eyadema au Togo et plus récemment à Abdoulaye Wade qui avait tenté, en vain, d’imposer son fils.

L’Afrique centrale, du temps d’Omar Bongo, avait été considérée jadis comme la chasse gardée du Cameroun qui était jusque-là vu comme l’Afrique en miniature, une puissance économique que nul ne pouvait détrôner. Depuis donc l’arrivée du jeune, du sang neuf à la tête de la république du Gabon, le jeune loup aux dents longues aiguise ses appétits pour le leadership que détient depuis un certain temps le Cameroun. Pour y arriver, le Gabon continue de fournir des efforts.

La présidence de la république gabonaise, par le biais de sa direction de la communication, a publié un communiqué pour prendre conscience de ses faiblesses et mettre en place des mécanismes du saine gestion de l’Etat gabonais. Ainsi, la présidence se satisfait donc de l’Etat d’avance de son indice par rapport à la situation de l’Afrique toute entière:

Depuis 2009, la progression est particulièrement remarquable dans les domaines « Développement humain » et « Sécurité et état de droit »…  L’IAAG 2014, qui place le Gabon au 27e rang avec un score de 51/100 (moyenne sous régionale 41,4/100), est le fruit de l’analyse des données de l’année 2013. Le tableau ci-dessous offre une lecture tendancielle depuis l’année 2009, faisant apparaître un classement avantageux dans les secteurs de la sécurité individuelle (8e en Afrique), de la sécurité nationale (13e), de la santé (13e), des infrastructures (17e) et de l’état de droit (20e).

Mo Ibrahim_Gabon

La présidence Gabonaise reconnaît aussi ses lacunes en promettant d’y remédier dans les prochaines occasions :

Avec une note intermédiaire, l’enseignement (21e) et la protection sociale (24e) sont en progression,  laissant loin derrière des secteurs comme la redevabilité, la parité, la gestion publique, l’environnement des entreprises ou encore le secteur agricole. Parfaitement informé de ces carences, le chef de l’État suivra avec grande attention l’application des directives données à la nouvelle équipe gouvernementale pour la mise en œuvre de la réforme de l’État, l’amélioration du climat des affaires et le déploiement de plusieurs projets agro-industriels.

Et Omar Bongo annonce les couleurs pour les prochains indices de 2015 :

le continent africain progresse, mais l’histoire est complexe et ne correspond pas nécessairement aux stéréotypes courants ». Ainsi des performances dans la catégorie « Développement économique durable », qui ont passé le témoin à un autre moteur de gouvernance, le « Développement humain ». Situation observée partout en Afrique par les analystes de l’IAAG, caractérisée par une progression depuis 2009 au Gabon des indicateurs Santé (+6,1) et Protection sociale (+2,4). Les dispositions annoncées en 2014 par le président Ali Bongo Ondimba en clôture des Assises sociales (famille, santé, insertion professionnelle) viendront, sans nul doute, renforcer cette tendance lors de la publication de l’Indice 2015.

Rassurant, tout de même !

C’est très instructif comme réaction. Pour reprendre le journaliste Jean-Vincent Tchienehom, au lieu de s’acharner sur ces organismes internationaux comme le fait le Cameroun lorsqu’il a des mauvais points, il serait mieux que le régime tyrannique de Biya apprenne l’humilité. En gouvernement responsable, Libreville prend connaissance de l’image que dresse de lui Mo Ibrahim et prend date pour corriger ses points faibles.

A Yaoundé, on s’en fout… Au mieux, on critique, en accusant les analystes étrangers de n’avoir rien compris, car « le Cameroun c’est le Cameroun », le Cameroun n’a pas de leçon à recevoir des organismes internationaux. Or, il faut savoir que les investisseurs étrangers que le Cameroun appelle de tous ses vœux fondent leurs décisions sur ce type de rapports qui sont nombreux: Tansparency, International Crisis Group, Département d’Etat américain, Amnesty, Reporters sans frontières, Mo Ibrahim Foundation, agences de notation, et j’en passe. Le régime de Paul Biya a alors tort de croire que le regard que l’on porte sur le Cameroun de l’étranger n’a aucune espèce d’importance.

Inutile de rappeler que l’Afrique centrale est quand même la région où se trouvent les pires et vieilles tyrannies de l’Afrique. On ne peut pas attendre mieux des tyrans à la trempe de Biya, Kabila, Deby, Sassou Nguésso ou Obiang.

Tchakounté Kemayou


Fab Fondja : Blogueur camerounais victime de son patriotisme

1185858_10101550388555807_5305278616181799280_n

Fab Fondja Amougou, de son nom de profil sur le réseau social Facebook est en garde à vue au Secrétariat d’Etat à la Défense (SED), prison secondaire de la prison centrale de Kondengui à Yaoundé, depuis le 26 septembre 2014. Le blogueur camerounais engagé est accusé d’avoir créé une page Facebook dénommée « Armée Camerounaise » dans laquelle les informations sur les exploits avérés ou non de l’armée camerounaise, au front avec la secte Boko Haram, étaient diffusées.

La lutte contre la secte Boko Haram qui sévit dans les régions du Nord Cameroun oblige le gouvernement camerounais à lancer un cri de cœur à la population pour une union sacrée contre la secte. Comme il est de coutume en temps de guerre, les informations sont une denrée précieuse et en tant que panafricaniste engagé qui ne fait pas toujours confiance aux informations diffusées par les médias internationaux (RFI, France24, BBC, CNN, etc.), Fab Fondja  a donc eu l’idée ingénieuse de créer une page Facebook qu’il nomme « Armée Camerounaise ». C’est ainsi que les informations de premières mains sur les exploits des soldats camerounais contre la secte étaient diffusées et la mention « Organisme gouvernemental » avait l’air de rassurer les plus sceptiques. Tout le monde a cru comprendre que l’Armée camerounaise, considérée comme la « grande muette », s’ouvrait enfin au public. Mais, le hic est qu’en créant cette page Facebook, Fab Fondja n’a pas mesuré les conséquences de la diffusion des informations dont il n’avait pas le contrôle et qu’il les attribuerait, de mauvaise foi, au gouvernement camerounais.

Une enquête a été ouverte et le coupable a été retrouvé. Le Lieutenant-colonel Badjeck , porte-parole de l’armée camerounaise, fait interpeller le sieur Fab Fondja pour deux motifs : 1-il a usurpé le nom « Organisme gouvernemental » dont il n’est pas employé et dont il n’a pas qualité ; 2-Parler au nom de l’arméen’est pas une mince affaire surtout au moment où l’ennemis du moment fait tout pour avoir la moindre info sur l’armée camerounaise.

Fab Fondja est passé aux aveux et la seule solution qui lui reste c’est justement de trouver cette astuce magique qui le délivrera des griffes de la « grande muette ». A l’ère des nouvelles technologies, ce chef d’accusation semble nouveau dans le paysage juridique et du coup, à travers les réseaux sociaux, les camerounais, et plus particulièrement les juristes, nourrissent les débats dans l’interprétation de la loi pour trouver une porte de sortie et permettre à Fab Fondja, pris dans la nasse de la tyrannie du régime de Yaoundé, de recouvrer sa liberté.

Le point de vue du juriste Charly Noah : l’imposture de l’Armée camerounaise et le non-respect des procédures légales  

De l’arrestation arbitraire et du chef d’accusation « usurpation du titre » :

Du point de vue strictement processuel (droit), Fab Fondja a été enlevé en date du 26 septembre. Ce qui fait plus d’une semaine. Comment comprendre que l’on retienne une personne sous le régime de la garde à vue pendant plus d’une semaine, alors que le code de procédure pénale prévoit 24h que seul un juge peut renouveler ?

Que reproche-t-on à Monsieur Fab Fondja Amougou ? On parle d’usurpation, mais usurpation de quoi ? Il a fait usage de quel titre, de quelle identité ou de quelle qualité pour en tirer quel bénéfice ? Si le principal grief se résume à la notion de « usurpation », c’est un chef qui s’effondre par devant un juge siégeant pour connaitre. En l’état et sous toutes réserves, usurpation est un concept que le droit pénal ne connait que s’il s’accompagne d’éléments objectifs pour que le fait soit connu. Autrement dit : 1-il ne suffira pas que l’on prenne mes noms et prénom pour que le chef d’usurpation soit établi : il faut, par ordinaire que tu aies utilisé mon identité dans le dessein de nuire, soit aux fins, notamment de diffamer, d’attenter à mon honneur, de viser un quelconque bénéfice ; 2-la constatation d’une infraction n’est pas du ressort de l’armée. Le législateur a donné compétence exclusive à une autorité, seule compétente pour qualifier les faits. Le lieutenant-colonel Badjeck nous bassine avec le chef d’usurpation mais sans pour autant nous dire qui a qualifié les faits. C’est même un préalable lié à la naissance de l’infraction : en droit, trois éléments satisfont la naissance d’une infraction, que sont : Légal, Matériel, et Moral. En l’espèce, commençons par l’élément Légal : selon le droit positif camerounais quel est le mécanisme qui interdit d’utiliser ou de parler au nom de « Armée camerounaise » ?

De la liberté de communiquer au nom de l’armée camerounaise :

« Armée camerounaise », nom de la page en question, n’est protégé nulle part et par personne pour qu’il soit de cette sorte interdit de créer et parler au nom d’une page nommée « Armée camerounaise ». De sorte qu’ici, l’élément constitutif de l’infraction supposée n’est pas rempli.

« Armée Camerounaise », du point de vue strictement juridique, est un concept et donc, insusceptible d’être protégé. Seules les unités linguistiques sont protégées. Autrement dit, il ne faut pas confondre « Ministère de la Défense » et « armée camerounaise ». Le premier est une entité protégée, en tant qu’elle est ce qu’on appelle « unité linguistique ».  Le deuxième n’est qu’un concept dont tout citoyen lambda peut librement se prévaloir. En claire, tout camerounais peut créer une entreprise, l’appeler « Armée camerounaise » et parler en son nom, sans que cela ne tombe sous le coup de l’article 216 du code pénal. De plus, cet article du code pénal est difficilement applicable ici, puisque manifestement les trois éléments pour constituer une infraction sont défaillant, au premier rang desquels l’élément « Légal ». De sorte qu’il n’est nulle part dit qu’il est interdit de créer une page Facebook sur le nom de « Armée camerounaise » et de l’animer avec des informations (publiques) provenant du Ministère de la Défense. Autrement dit, le Principe de nulla puena sine lege est manifestement bafoué. J’entends, le principe de nullum crimen, nulla puena sine lege découle du droit constitutionnel et c’est dans ce sens qu’il convient de faire attention au moment de faire l’interprétation de l’article 216. En outre, L’article 15 du Pacte International du 16 décembre 1996 relatif aux droits civiques et politiques est l’un des mécanismes qui encadre ce principe et le contenu dudit article suffit à lui tout seul pour dire que les actes de Monsieur Fab Fondja Amougou ne tombent pas sous le coup du 216 du code pénal.

De la qualité des informations diffusées :

Il est généralement admis que l’on peut tout à fait tenir des propos ou entreprendre des actions qui ne sont pas de notre fait mais il faut pour cela, se baser sur qu’on appelle « la preuve de la vérité ». En outre, La preuve de la vérité de Fab Fondja Amougou pourrait être admise et être fondée sur le fait que les informations qu’il publie sur sa page sont déjà connues du public. Que dès cet instant, il ne tombe plus sous le chef de divulgations de fausses informations, en ce sens qu’il n’aurait pas été (conjectures) le premier à rendre public certaines infos. Sous ce qui précède, Fab Fondja peut tout à fait apporter la preuve de sa bonne fois, notamment en établissant qu’il avait de sérieuses raisons de croire à la vérité de ses allégations après avoir fait consciemment tout ce qu’on pouvait attendre de lui, eu égard à sa situation personnelle (c’est un patriote), pour s’assurer de leur exactitude et les considérer comme établies. Et pris sous cet angle (là j’ai volontairement élargi le champ au cas où il reconnaîtrait une quelconque faute), le dossier de la cause est largement à la portée d’un avocat qui a la maîtrise du sujet.

Pour conclure donc, le juriste s’insurge contre ces méthodes d’intimidations qui ont pour but de réduire le camerounais au silence. Si l’Armée veut que le Camerounais Lambda respecte la loi, qu’elle prêche par l’exemple, en ce sens qu’elle aurait dû présenter Monsieur Fab Fondja Amougou à un Juge au terme des 48h de garde à vue. Nous sommes le 06 octobre 2014, c’est à dire plus d’une semaine que Fab Fondja Amougou est en garde à vue.

Le point de Maître Augustine Pauliane Boum : le plaidoyer sur la réfutation de « l’intention criminelle » comme porte de sortie

De l’arrestation arbitraire :

La responsabilité du créateur d’une page web ne peut être écartée au motif de ce qu’il ne serait pas l’auteur des informations y distillées. Elle peut être engagée tant sur le plan pénal que civil. Pour ce, il faudrait qu’il soit établit qu’au moment où il créait sa page il savait en toute connaissance de cause ce à quoi celle-ci servirait non forcement en terme de qui y publierait des informations, mais aussi et surtout de ce qui sera publié. Dans le cas de l’espèce nous ne pouvons, malgré notre compassion pour Fab Fondja, balayer du revers qu’il savait pertinemment ne serait-ce que le type d’informations qui seraient publiées sur cette page. La jurisprudence va plus loin en précisant que l’ignorance ne peut être prise en compte comme moyen de justification que lorsqu’elle est invincible. La leçon à tirer porte sur la prudence des concepteurs et webmasters quant à la vérification des informations circulant sur les sites qu’ils ont conçus.

Du chef d’accusation « usurpation du titre » :

Pour ce qui est de l’infraction d’usurpation, il faut se poser les questions suivantes: 1-qui est juge de l’objectivité des éléments constitutifs de l’infraction? 2-Existe-t-il une commune mesure d’objectivité? 3-Quel est la portée de la puissance publique inhérente à l’Etat, au gouvernement, ainsi qu’à leurs démembrements? 4-Tout citoyen peut-il parler au nom de l’Etat sans avoir été mandate? 5-Existe-t-il une protection autre que celle émanant de la puissance de l’Etat et ses suites? Les réponses à ces questions te permettront d’établir si l’élément matériel de l’infraction tient.

L’autorité à qui la loi a donné compétence a besoin d’éléments pour établir sa conviction même si au finish elle est intime d’où la nécessite d’une enquête. Maintenant qu’on est d’accord sur ce que la conviction du juge est intime, il serait incongru d’affirmer avec conviction et facilement que Fab Fondja est innocent motif pris de ce que l’infraction d’usurpation ne tient. Pour commettre une infraction il existe un modus operandi. Il faut donc éviter de se limiter à la simple utilisation du vocable « Armée camerounaise » car celle-ci constitue un moyen de commission de l’infraction. Il n’existe certes pas de texte qui extenso interdit l’utilisation de ce vocable, mais il existe bien une disposition du Code pénal (article 216) qui prévoit un emprisonnement de six mois a cinq ans celui qui s’immisce dans les fonctions publiques, soit civiles, soit militaires, ou accomplit les actes de l’une de ces fonctions. A moins de prouver le contraire, l’armée camerounaise relève bien la chose publique. Dans ce cas, c’est indéniablement à une autorité compétente qu’il revient le droit de distiller les informations la (l’armée) concernant. Fab Fondja en fait-il partie? Non à ce que je sache. Le chef d’infraction n’est point définitif et peut être requalifié.

De la liberté de communiquer au nom de l’armée camerounaise :

L’utilisation du terme « Armée Camerounaise » ne constitue pas à proprement parler l’infraction, mais l’un des éléments par lequel cette infraction a été perpétrée. En outre, l’énoncé clair des textes de loi et l’interprétation qui en est faite constitue un tout. L’application des textes de loi ne se fait pas à l’aveuglette et au mot-à-mot.

De l’intention criminelle :

Pour ce qui est de l’intention criminelle, elle constitue la porte principale de sortie de Fab Fondja Amougou. Sur ce, il faut éviter, à chaud, d’affirmer qu’on ne pourra point l’établir au point d’en conclure que l’infraction n’est pas constitué. En outre, s’il faut réfléchir par hypothèse : imaginons que Fab Fondja ait agit en bande organisée et que des aveux surviennent de ses complices, dès lors, il y a donc effectivement eu intention d’atteinte à l’honneur. Comment dédouanerait-on aussi facilement Fab Fondja Amougoue dans ce cas de figure ? Compatissons mais restons froid quant à la lecture des faits.

En conclusions : L’aveu et la clémence comme le point de salut de Fab Fondja Amougou, victime de son patriotisme

En conclusion, beaucoup de camerounais se laissent finalement convaincre que Fab Fondja a fait preuve de naïveté et d’infantilisme, comme l’affirme le lieutenant-colonel Badjeck : « Fab Fondja Amougou est plus un illuminé en mal de sensation, un inconscient perdu qu’autre chose ».  Pour se sortir d’affaire, l’accusé doit, soit se disculper d’être membre d’une nébuleuse, soit dire qui sont ses complices, si il y en a, et quels étaient leurs réels desseins afin de recouvrer sa liberté (Jean-Michel H. Ndongo-Seh).

Il est quasi évident que Fab Fondja n’est qu’une victime de ces propagandes fascistes pseudo patriotiques (je dis pseudo parce qu’on voit clairement que ça peut nuire aussi, comme en Côte-d’Ivoire) et autres pseudo Panafricanistes qui ont pris en otage la plus part des fora Camerounais et érigent en héros quiconque profères des inepties révolutionnaire d’anti-occidentalisme primaire (primaire parce qu’il n’y a qu’à les voire faire le pied de grue devant les ambassades) ; Victime du culte de l’agitation qu’on fait passer pour de l’action, victime du « Nous on pose des actes sur le terrain pendant que vous critiquez » même si ces actes ne vont pas souvent au-delà de la diversion et du tapage publicitaire et égocentrique ; Victime de sa propre turpitude dont nul ne saurait se prévaloir car beaucoup adorent diffuser certains infos pour le goût du scoop et du sensationnel et qui s’avèrent après douteuses et invraisemblables, mu dans le délire (pseudo)Panafricanistes.

Soutenons Fab Fondja au nom de la présomption d’innocence puisqu’on ne peut se targuer de connaître le fond de son cœur. Plaidons coupable par ignorance et apprenons à dire en face et en toutes cordialité à ces nouveaux prophètes de « L’éveil (cacophonique) de l’Afrique » qu’ils n’ont pas l’apologie du Panafricanisme ni du patriotisme, que certaines « actions » (agitation plutôt) sont plus préjudiciables que profitables et qu’on a beau mesurer la taille de nos cravates sur Facebook, il n’en demeure pas moins que nos idées ne sont que des proposition et non des ordres ou des panacées (Narcisse Teggy).

Tchakounté Kemayou


Madame Bovary revient au Cameroun

10

Madame Bovary est un roman français du XIXème siècle écrit par Gustave Flaubert. A la surprise générale du monde éducatif, il a été réintroduit au programme des classes de Première des séries A, C et D des lycées d’enseignement général pour le compte de l’année scolaire en cours, 2014-2015. C’est la deuxième réintroduction après celle de 2009-2010. Au delà de sa richesse littéraire qui reste non contestables et non contestée, les raisons éthiques sont au centre des préoccupations des éducateurs et surtout des parents d’élèves. Pourquoi le roman Madame Bovary pose-t-il un problème d’éthique et quelles leçons peut-on tirer de ses multiples retraits et réintroductions au programme scolaire ?

Le contexte historique de l’œuvre

Le trihebdomadaire Aurore-Plus, sous la plume de Linda Mbiapa, s’est inquiété cette semaine à juste titre d’une autre apparition de ce roman français qui continue de susciter des polémiques sur la qualité et le sens des leçons que les élèves et même les lecteurs peuvent tirer de cette œuvre littéraire. Madame Bovary s’inscrit dans la plus pure tradition occidentale qui part de Messaline à la révolution libertaire, hippiques, de mai 68 en passant par la débauche la plus achevée sous Spartacus, les Borgia, avec l’intermède plutôt court des Amazones que les colonnes d’Hercule détruisirent.

Lorsqu’il fut publié en 1856, le roman Madame Bovary fut considéré, déjà à l’époque, comme un ouvrage indécent, pornographique, qui peint mal, selon la société française de 1856, non Madame Bovary, mais la femme française : Madame Bovary est une épouse adultère, une femme à la cuisse légère, une femme qui ne respecte ni son corps, ni son mari, ni l’institution du mariage, une institution sacrée, ni son ménage, ni le code moral social, humain. En cela, oui, c’est vrai, la culture africaine, camerounaise, vomit ce roman. En Afrique, durant les luttes d’indépendances, les patriotes utilisent Madame Bovary comme le symbole de la femme française : légère, adultère, amorale, qui, puisque putride, enfante le colonialisme, l’infamie, le putride. Cette description a d’autant plus de poids que le livre est écrit par un français : Gustave Flaubert, le romancier au mot juste.

La leçon de Gustave Flaubert

1179523982-mme-bovaryL’auteur de Madame Bovary n’est certainement pas un naïf, pas plus que ne l’était Molière ou Balzac. Ce n’est pas un hasard si la pornographie, comme la prostitution, est une institution de la société occidentale, et ce n’est pas non plus un hasard si c’est les milieux gay et rouge qui imposent la mode de ce côté-ci de l’Occident. La femme en Occident justement est conçue et se comprend elle-même comme un foyer d’attraction des regards et d’excitation des pulsions. L’industrie textile n’est pas la seule à se servir de cette conception, le marketing, l’industrie automobile, la publicité dans tous les domaines a cristallisé le travail des designers sur la femme comme image subliminale pour inciter à l’extrême la boulimie dans cette société de la consommation, à l’ère de l’homo-consommantum! Sans l’image qu’on véhicule de la femme en Occident, l’économie s’effondrerait. Au-delà de tout, le CULTE DU CORPS et toute l’industrie qui est construite autour parle assez pour l’idée que l’auteur de Madame Bovary était un prophète, la preuve, il fut persécuté dans son propre pays!

La responsabilité des enseignants : le choc culturel

Ce livre au programme pourrait être plutôt l’occasion d’une révolution culturelle pour notre jeunesse, à condition que nos profs connaissent bien l’histoire de l’Occident et ne voient pas dans ce livre la doxa de la nouvelle éthique ! Il faut savoir que la fiction romanesque est souvent le lieu d’une satire des mœurs du temps, et on ne peut pas dire que notre société ne va pas à la dérive et n’offre pas à voir tous les symptômes de dégénérescence de la femme dont Madame Bovary est la peinture.

L’auteur de Madame Bovary pointe la lune du doigt, il appartient au lecteur de regarder ce qu’on lui montre plutôt qu’autre chose. Le livre peut être mauvais, on ne doit pas moins en apprendre. Après tout, on donna à Michel-Ange un bloc de marbre brut en le croyant impropre à tout usage, mais il en tira une Ange flamboyant, qui orne encore, si je ne me trompe, la Chapelle Sixtine !

On peut certes regretter le choix des autorités éducatives pour certaines œuvres, choix qui prouve notre complexe de dépendance et de colonisé en tous les domaines. Car le Cameroun manque de tout sauf de génie littéraire, et le dernier roman du Camerounais Joe La Conscience, Le monstre au manteau de femme, préfacé par Shanda Tonme,  dont j’ai eu l’honneur de faire la lecture critique avant édition, pourrait bien valoir Madame Bovary, puisque son thème central c’est les mœurs de la société camerounaise contemporaine, actuelle, depuis la corruption institutionnalisée jusqu’au satanisme ambiant en passant, bien sûr, par la débauche et la dégradation de la femme, de la jeune fille chez-nous. Mais il ne fait pas grâce à l’homme, loin s’en faut.

Si donc les autorités ne s’émeuvent pas du tollé que suscite déjà leur choix, ce qui ne m’étonnerait pas au regard du superbe mépris qu’ils ont pour les Camerounais, qu’au moins on s’assure que les enseignants en tireront le meilleur.

Au-delà de la réalité, ce n’est qu’une fiction

La réalité est que ceci est une péripétie que cet ouvrage connaît dans tous les pays : On l’ôte de la circulation aujourd’hui, on le remet en circulation demain – toujours pour envoyer un message politique : en le réintroduisant, le gouvernement, sans être patriote, dit peut-être, en filigrane, ce que les patriotes disent depuis 1945, et inviterait la jeunesse à voir la France sous une certaine… lumière?

A la Jeunesse Camerounaise, nous disons, Madame Bovary est un personnage qui sort de l’imagination d’un homme tourmenté par ses fantasmes sexuels, sa vision de la femme qui lui vient probablement de l’idée que lui en donna sa mère. Madame Bovary n’existe, et n’a jamais existé, que dans l’imaginaire de Flaubert. La femme française n’est ni meilleure, ni pire que la femme, toute femme.

Comme roman, une œuvre d’art, c’est une histoire, une simple histoire. En 1856, on le tenait pour pornographique, publié aujourd’hui en 2014, érotique? Même pas.

Tchakounte Kemayou, Bonaventure Tchucham & Nouk Basomb


La sagesse africaine de la main gauche

19484990-mascotte-de-poulet-les-guides-de-la-main-droite-et-la-main-gauche-tient-une-assiette-character-desig

Ecrire, c’est, comme dit Kafka, la hache qui fracasse :  the frozen sea of the heart. En d’autres termes, n’écris pas, jamais, à moins que tu ne sois prêt à causer des émotions fortes. Mais que fait-on du cœur fracassé de quelqu’un qui t’aime beaucoup? Quelqu’un que tu fais rêver?

Cette sagesse littéraire et profondément africaine nous plonge-là dans la philosophie du mythe de la main gauche enseignée par le Mbog (le Sage) chez le peuple Bassa’a (Cameroun). Le mythe de la main gauche est cette sagesse qui enseigne au peuple la rémission. Comme pour dire, selon Kafka, qu’on n’écrit pas si l’on ne peut maîtriser les conséquences des émotions suscitées dans les mots. La sagesse de la main gauche est un euphémisme en littérature qui atténue la sauvagerie pour mettre en évidence le rôle de la douceur nécessaire pour anéantir la violence nécessaire à la guérison des maux. Et la philosophie du mythe de la main gauche dit, en langue Bassa’a :  Mbɔg: Wɔɔ waaye  (Lorsque la main droite fracasse, le bras gauche attire à soi et console).

Les Igbo (Nigéria) disent, s’adressant aux parents, When you hit a child with the right hand, you use the left to draw him closer. Ça, c’est bien dit. C’est beau.  Ce petit geste-là, … to draw him closer, est tout le Mbog. La main gauche est donc un symbole de la douceur maternelle, de l’amour. Oui, de l’amour vraie. Et c’est à juste titre de dire que les enfants qui ne reçoivent que la sanction du fouet pour une faute commise sans recevoir en retour du chocolat pour un exploit accompli ne seront jamais, au grand jamais, des enfants de cœur, mais seront des enfants écœurés et frustrés. Il suffit juste de mettre en évidence ce parcours titanesque et honnête d’un gamin qui a connu des moments assez particuliers qui ont fini par faire de lui un homme accompli, fier et imbu de sa personne. Les récits de vie ne doivent faire de mal à personne et honni soit qui mal y pense :

 

Je viens de Loum, je suis le fils de braves paysans à la vie rude

Je connais les réveils dès 4h du matin 

Pour traverser 10km vers le cœur de la brousse 

Et arriver à la pointe du jour

Le cœur ravi du bruissement des champs, du chant des oiseaux

Et les jambes trempées de la rosée du matin

 

Je connais les retours à 17h sous les ahans de mon pousse-pousse

Chargé de bois, de manioc et autres victuailles

Pieds nus sur les chemins rocailleux

 

Je connais les longues marches à travers champs 

Pour aller recueillir de l’eau d’une source unique pour tout le village

Coulant comme du pipi de chat

 

Je connais les longues marches sous le soleil ardu des tropiques, 

Pour aller m’asseoir sur à 6km de chez-moi, sur les bancs du lycée

 

J’ai connu la fortune et le dénuement

J’ai vécu dans une opulence grisante

Et j’ai été précipité patatras sur le macadam du jour au lendemain

J’ai connu les recommencements douloureux

Les tentatives infructueuses

Les pertes et les échecs qui vous retroussent les commissures des lèvres en un pli amer de désespoir et de découragement

 

J’ai connu une vie remplie de prénoms de femmes

Et des traversées du désert longues et sèches comme la vie monastique

Mais j’ai eu la chance extraordinaire d’avoir l’amour infini d’une mère d’exception

La ténacité et la bonté d’un père que le souci du juste avait rendu presque excessif

J’ai vu en grandissant tant et tant de générosité

J’ai tant reçu de la vie

J’ai été si bien armé par la vie

Que toujours je rebondis après chaque rupture

Pétri d’optimisme et de d’une assurance tranquille

Dans la conviction que les moments les meilleurs se trouvent toujours devant moi

 

Alors me voici, confiant sur l’océan démonté de la Vie

Armé du courage de la brave petite pirogue 

Qui se joue des éléments déchaînés 

Et arrive, intacte, sur la berge paisible et calme.

 

Voilà en fait ce que la vie nous réserve : une pénibilité qui réserve beaucoup de surprise au cours de sa carrière de vie personnelles qui peut être considérée comme une leçon de philosophie de vie. La main gauche est cette rémission qui apporte de l’espoir, qui gouverne les pensées positives dans le but de mettre en valeur les qualités intrinsèques humaines : le travail. Il n’est sans doute pas anodin de dire ici que cette sagesse est loin de symboliser la faiblesse ou la mollesse. C’est tout simplement un hymne à l’amour que l’être aimé renvoie à celui qui doit se distinguer par son ardeur à défendre le travail, la justice et la solidarité, donc l’amour pour son semblable. On ne maudit pas avec la main gauche. Un clin d’œil de manière vulgaire signifie que c’est l’œil gauche qui est ouvert tandis que celui de droite est fermé. C’est ce que les jeunes filles courtisées attendent d’un gentleman. Cette attirance, cet amour dévoilé par l’œil gauche est plus tendre à voir. Ça apaise un cœur meurtri. Toute personne qui manquerait de tendresse en tomberait sous le coup de son charme car l’œil gauche est d’une malignité émotionnelle. la concrétisation de cet amour est marquée par une alliance à la main gauche. Quelle est pleine de symbole, cette main si tendre et si envoûtante! 

Alors, continuons donc en rang serré. Dans la pure sagesse africaine de la main gauche. Sous l’Œil bienveillant de Plus-Ancien et tous les travailleurs de l’Etablissement de l’Œil.

Tchakounté Kemayou, Bonaventure Tchucham et Nouk Bassomb


Cameroun : Guérandi Mbara, où es-tu caché ?

guerandi_mbara_ex_putchiste2_cameroun_william

Guérandi, grand frère, où es-tu caché ?

Très tôt ce dimanche 14 septembre 2014, je me réveille à 7h (heure locale) comme d’habitude. Après un bref tour dans les toilettes et hop, je rallume mon poste radio que j’avais éteint la veillé en dormant. C’est RFI qui était ma priorité compte tenu du fait que les radios locales sont pratiquement en berne chaque dimanche. A 7h30, RFI Afrique dévoile l’invité du jour : François Soudan, le directeur de rédaction de Jeune Afrique, qui annonce une grande nouvelle considérée comme « top secret » à la Une du magazine dès le lendemain, 15 septembre 2014 : « Cameroun : le fantôme d’Etoudi ».

La grande nouvelle de François Soudan ? C’est l’arrestation de Guérandi Mbara. Il a été arrêté et transféré au Cameroun depuis 2012 et reste introuvable jusqu’aujourd’hui. Livré comme un « colis » aux mains des agents des services de renseignement camerounais entre Pouma et Edéa. Mais François reste évasif sur le sort qu’on t’a réservé. Perdu et confus, j’appelle donc quelques amis journalistes pour me rassurer que mes sens ne me jouaient pas un sale tour. Je suis malheureusement plus confus qu’avant car personne d’eux n’était au courant de la nouvelle. Un petit tour dans les réseaux sociaux : Rien ! Mince. Je suis complètement déboussolé. Je tente de diffuser la nouvelle dans mon compte twitter et facebook, je me ravise à la dernière seconde craignant d’être taxé plus tard de personnes complice de la diffusion de fausses informations. Et l’information de RFI continue de passer en boucle. A 10h, un « forumiste » de la diaspora a eu le courage de diffuser la nouvelle et c’est de là que tout à commencer, les langues se sont déliées.

Guérandi, grand frère, où es-tu caché ?

Le public camerounais t’a connu au lendemain du coup d’Etat manqué du 6 avril 1984 où tu étais, dit-on, soupçonné d’être l’un des commanditaires avec le feu président Amadou Ahidjo qui voulait reprendre « son » trône après l’avoir quitté. C’était en 1982 que Paul Biya pris les rênes du pouvoir par la grâce constitutionnelle qui le considérait comme le successeur après une démission ou une vacance de la présidence constatée par le parlement. Commence alors la chasse aux ressortissants des régions du Nord Cameroun. Pourquoi ? Parce que dans ce pays nommé Cameroun, on a développé le complexe tribal à tel enseigne que la tribu est devenue une stigmatisation. Comme le feu Ahidjo et toi, originaires des régions du Nord, tous les ressortissants de ces régions sont vos complices. Un simple barbu vêtu d’un boubou rencontré dans les rues, surtout à Douala et à Yaoundé, était stigmatisé et bonjour les dégâts. Peut-être le régime espérait mettre la main sur toi pour te « liquider » comme il l’a fait pour beaucoup de Camerounais de ta région d’origine en leur faisant subir les tortures les plus atroces dans les locaux du fameux CENER qui est devenu actuellement le SED sans oublier par exemple la célèbre et sinistre prison de Tcholiré dans le Nord. C’est là où tous les opposants au régime de Ahidjo et de Biya à l’époque du parti unique comptaient leurs derniers jours sur terre. Et aussi là où quelques célèbres détourneurs de deniers publics, membre du parti au pouvoir (RDPC) et grands commis de l’Etat, subissent leur sort. Peut-être es-tu dans ces locaux aussi ?

Guérandi, grand frère, où es-tu caché ?

Après ce coup d’Etat manqué, tu as pris la poudre d’escampette. Les langues disent que tu as promis à Biya une fessée mémorable à la dimension de sa tyrannie. Tu faisais même le tour du monde pour trouver, semble-t-il, le piège par lequel le Lion de Mvomeka sera pris. Finalement c’est toi qui es tombé dans ton propre piège, ou bien ? Pardon, dis-nous ce qui t’arrive mon frère. Tu as donné l’espoir à certains jeunes Camerounais, comme moi, qui se sont ravisé sur ta modeste personne en te jugeant très tôt sans avoir pris la mesure du problème. En toi, certains voyaient l’homme qui fera l’une des personnalités les importantes dans le paysage socio-politique de l’heure dans un conteste de démocratisation et de lutte contre le néocolonialisme. Tes propositions pour l’avenir de ce pays étaient attendues de vive voix. Mais, hélas ! A malin, malin et demi, comme diraient ceux qui maîtrisent les tacles-arrières de l’homme Lion qu’est Biya.

Guérandi, grand frère, où es-tu caché ?

Comment un militaire haut gradé, un rusé de surcroit peut-il se faire prendre comme un vulgaire bandit ? Comment un acteur peut-il mourir dans son propre film ? Jeune Afrique dit que tu aurais été drogué dans le jet privé qui te transportait pour le Cameroun. Donc le tyran Biya a organisé une opération onéreuse de ce genre dans le but de te kidnapper par une tacle-arrière ? Georges STARKMAN, le marchand d’armes et PDG de la société ERKIS a déclaré qu’il a accepté cette sale besogne payée à prix d’or pour éviter la guerre au Cameroun. Donc, un marchand d’armes se bat déjà pour éviter les guerres ? Mon Dieu ! Je vais tout lire dans ce pays.

Guérandi, pardon répond-moi. Es-tu en vis ou es-tu entre les mains des geôliers au mépris de la justice et en violation des règles de l’Etat de droit ? Pourquoi n’a-t-on pas simplement respecté la justice comme le font les autres Etats lorsque ceux-ci avaient besoin des « hors-la-loi » afin que justice soit faite ? Pour ne citer que les plus célèbres : « La France avait bien capturé Carlos au Soudan en 1994 par une opération secrète, mais une fois sur le territoire français le prisonnier a été remis à la Justice qui a ouvert une procédure légale et décidé de son sort ; La Turquie avait capturé Abdullah Öçalan au Kenya et une fois ramené en Turquie c’est la Justice qui l’a pris en charge en toute transparence ; Israäl avait capturé Adolf Eichmann en Argentine en 1960 et une fois en Israël c’est la Justice qui l’a jugé et condamné à mort. On peut multiplier les exemples » (Roufaou Oumarou). Avec cette arrestation et celui de l’écrivain Enoh Meyomesse, accusé de trafic d’or et de préparer un coup d’Etat, en prison depuis plus de deux ans sans jugement, le Cameroun est en train de faire et a fait un retour très inquiétant vers les pratiques obscures en vigueur sous Ahidjo à l’époque et les faiseurs d’opinions semblent dépassés. Inquiétant.

Guérandi, grand frère, où es-tu caché ?

Beaucoup crient à la manipulation. Mais, qui manipule qui alors dans tout cet embrouillamini ? Manipulation parce que d’un, cette information qui vient d’un média étranger par l’Occident est une preuve que cela fera la une de tous les médias nationaux. Ça a donc été un pari réussi. De deux, cette manipulation peut avoir un but précis : si elle vient du régime, son but serait d’avoir l’opinion des Camerounais que nous sommes sur ta mort présumée. Ton sort ne sera scellé qu’en fonction de la sympathie ou de l’antipathie du public. Le but est-il atteint ? Nul ne peut le savoir car, les Camerounais semblent plutôt mitigés et surpris pour ceux de la classe moyenne. Mais, les jeunes de moins de 30 ans, la majorité et diplômés que Biya a abandonné dans la débrouillardise, la mendicité et la clochardisation, ne te connaissent vraiment pas. Ceux-là cherchent encore dans leur souvenir qui se cache derrière ce personnage de Guérandi Mbara, car même les leçons d’histoire enseignées à nos cadets t’ignorent éperdument. Il suffit de faire un tour dans les kiosques à journaux pour les voir éberlué comme des fous affamés. D’autres encore pensent que la manipulation viendrait de toi et de tes amis et sympathisants. Pour quel but ? Certainement pour mettre en alerte le pouvoir de Yaoundé afin qu’il s’explique sur ce qui s’est passé au cas où tu serais disparu et prévenir toute exécution extrajudiciaire au cas où tu serais en vie.

Grand frère, tu vois comment tu fais réfléchir le journaliste Christophe Bobiokono et moi avec en nous imposant toute sorte de gymnastique intellectuelle ? Je perds les pédales dans les conjectures en pensant véritablement que le courageux et combattant guerrier soldat Guérandi Mbara ne sera plus visible. Ton frère aîné cadet que nos journalistes ont contacté a avoué ne pas avoir tes nouvelles depuis deux ans ! Connaissant les habitudes de la famille africaine, comment ta propre famille peut-elle perdre tes traces pendant deux ans sans rien dire, connaissant ce que tu représentes pour le Cameroun ? Le quotidien « Le Jour » a affirmé à sa Une d’aujourd’hui que le gouvernement ne tardera pas à donner sa position officielle. Je suis vraiment impatient d’avoir enfin la version officielle. Si elle ne règle pas le doute sur ta disparition, j’aurais de forte raison de penser que les méthodes des services secrets qui traquaient les libres penseurs pourraient un jour cibler les blogueurs dont je fais partie. Quelle sécurité puis-je encore être garantie pour mes idées contre un régime qui m’a presque martyrisé, a volé ma jeunesse et a fait de moi un doctorant clochard, excuse du peu. Avec l’avènement des réseaux sociaux, il faut vraiment craindre, oui craindre du pire car, le Cameroun est capable du pire surtout en ces moments difficiles où la secte Boko Haram donne du tournis à tout le monde.

Guérandi, grand frère, en espérant que tu liras cette lettre du fond du trou où tu te caches, car j’ai encore espoir que tu vives, j’ai encore espoir que le régime ne pourrait atteindre cette bassesse, prend soin de toi et ne me renvois pas au répondeur.

Guérandi, répond-moi.

Tchakounte Kemayou


Cameroun : qui se cache derrière Boko Haram ?

ec
Le BIR (Bataillon d’Intervention Rapide) en action

C’est depuis février 2013, date de l’enlèvement à l’Extrême-Nord de la famille des sept Français, les Moulin-Fournier, que la présence de la secte Boko Haram a été officialisée au Cameroun. Dès lors, l’actualité camerounaise est dominée par des rapts et des attaques incessantes. Les populations terrorisées sont en émoi et complètement déboussolées à cause des incursions quotidiennes, revendiquées ou non, des hommes armés. Du coup, les hypothèses et les théories diverses fusent de toute part pour cerner les origines mystérieuses de ces attaques.

La polémique est d’abord née suite à la publication de l’article de Fanny Pigeaud sur Mediapart.fr intitulé « Cameroun : Paul Biya, après plus de trente ans de règne, est confronté à une rébellion ». Dans cet article, l’auteur démontre tour à tour l’hypothèse selon laquelle le Cameroun se trouvait face à une révolte venue de la partie septentrionale. Avant Fanny Pigeaud, beaucoup de journalistes camerounais affirmaient cette fameuse thèse de la rébellion armée qui aurait deux origines. La première thèse répandue par ceux que j’appellerai les « Panafricanistes » et largement diffusée par les médias comme Afrique Média qui voient une mainmise des puissances étrangères en l’occurrence celle de la France. La seconde thèse se fonde plutôt sur un complot des élites des régions du Nord pour déstabiliser le régime de Paul Biya.

La thèse du complot de la France : le corps diplomatique se défend

Les tenants de cette thèse fondent leur position sur la volonté hégémonique des puissances coloniales, comme la France, à maintenir le continent africain dans son giron. Les analystes invités sur les plateaux des médias (Afrique Média) orientent leurs argumentaires sur les drames passés et que subissent encore le Mali, la Côte d’Ivoire et notamment la Libye.Un pays, où ces mêmes Français et surtout les Etats-Unis qui disaient apporter la paix et la démocratie dans ce pays se sont rétractés, laissant le pays dans une tourmente et un déséquilibre indescriptible. Sinon, comment comprendre que le président français François Hollande ait rencontré quelques leaders camerounais lors de sa visite au Tchad les 18 et 19 juillet dernier ?

10583869_10152619434911131_2082723243560779159_nPendant ce temps, les réseaux sociaux ne sont pas en reste et les Camerounais donnent leur avis sur ce qu’on appelle désormais la guerre contre Boko Haram. Les fins limiers du renseignement ne se gênent pas pour diffuser les informations selon lesquelles Boko Haram serait une création pour les uns (Guy Simon Ngakam) et une instrumentalisation pour les autres (Roufaou Oumarou) de la CIA  avec deux sous-traitants : la France et la Norvège. Ce dernier pays contrôlerait des églises luthériennes et des hôpitaux « norvégiens » notamment à N’Gaoundéré et à Meiganga au Cameroun. Le Qatar, la Syrie, la Turquie et l’Arabie saoudite plus précisément la famille Al Saoud et quelques pays du Golfe sont aussi soupçonnés d’entretenir des relations avec les groupes terroristes qui mettent à mal la paix dans le monde et notamment en Afrique. Il est donc naïf, pour ces analystes de croire que les missionnaires évangélistes et messianiques ont un rôle purement humanitaire en Afrique. Ce n’est pas par hasard que, jadis, « l’église précéda ou accompagna partout les colons » (Guy Simon Ngakam).

L’attaque de la localité de Gambaru dans la nuit du jeudi 4 septembre 2014 a largement été commentée, car c’est une énième tentative d’infiltration à destination de Fotokol. Pour la première fois, l’armée camerounaise a utilisé des canons de 150mm et des chars, rasant totalement sept positions de la secte. Le bilan est de plus d’une centaine de morts a indiqué le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary. Il a annoncé par ailleurs que les autorités ont identifié deux cadavres d’homme d’origine touarègue : Abdoulkader Al badre et Abdallah Ibn Oumar. D’autres analystes poussent le bouchon plus loin en affirmant que ces deux Touareg sont des Français.

Boko Haram attaque, attaque et attaque encore en annexant les villes nigérianes. La secte s’est-elle engagée à faire de même au Cameroun ? Mais, qu’est-ce qui fait la force de cette bande de terroristes ? Quelles sont les vraies raisons de la lâche faillite de l’armée nigériane devant les fanatiques de Boko Haram ? La réponse nous vient de Guy Simon qui affirme que toutes les rébellions qui ont eu lieu en Afrique jusqu’ici ont révélé deux parallèles : 1- « Lorsque l’armée régulière est en bonne posture, une force étrangère intervient pour soutenir le mouvement armé, généralement sous le prétexte de protéger les civils ou pour empêcher l’armée régulière d’utiliser les armes lourdes. Ce fut le cas pour la Libye et la Côte d’ivoire. En Syrie, c’est la coalition sino-russe qui maintient l’équilibre, les renforts étrangers aux rebelles leur permettant de résister jusqu’ici » ; 2- « Généralement, les armées régulières sont vite dominées et le pays fait appel aux mêmes forces qui soutiennent les rebelles ailleurs. C’est le cas en RDC, en Irak présentement ou (dans une certaine  mesure) en Ukraine. Ce fut le cas en Afghanistan, en Turquie avec le PKK (avant l’arrestation de son leader par la CIA et son transfèrement à Istanbul comme gage de l’utilisation de l’espace aérien turc pour la deuxième guerre d’Irak). Ce fut le cas au Mali, au Tchad en 2008 lorsque le palais de Ndjamena fut encerclé par les rebelles. Ce fut le cas aussi en RCA ». Sans doute que le Nigeria et le Cameroun adoptent, pour le moment, la stratégie de la résistance. Attendons de voir la suite.

Ce climat de suspicion n’a pas fait plaisir à la France qui a réagi par l’entremise de son corps diplomatique à Yaoundé. Le 2 septembre 2014,  Christine Robichon signe un communiqué dans lequel elle donne la position officielle de la France qui condamne avec la plus grande fermeté les attaques perpétrées par le mouvement terroriste Boko Haram dans le nord du Cameroun et affirme : « Le président de la République François Hollande n’a pas rencontré de représentants camerounais lors de sa récente visite au Tchad les 18-19 juillet 2014, ainsi que certains articles le rapportent de façon inexacte ». Cette position n’a toutefois pas convaincu tout le monde.

La thèse d’une rébellion armée : les élites du RDPC se déchirent

Boko Haram serait la conséquence d’une désintégration du régime RDPC  (Rassemblement démocratique du peuple camerounais) quand les élites de la partie Nord ont voulu « reprendre » le pouvoir que les élites de la partie Sud du pays ont confisqué depuis 32 ans déjà. C’est depuis 1982 que le président Amadou Ahidjo (originaire de la partie Nord), premier président du Cameroun à céder le pouvoir à son premier ministre, successeur constitutionnel qu’était Paul Biya (originaire de la partie Sud). Un coup d’Etat manqué avait eu lieu en 1984 dont l’ex-président Amadou Ahidjo avait été soupçonné d’être l’instigateur. Du coup, une chasse aux originaires de la partie Nord a créé une stigmatisation des élites de cette partie du pays. Cette propension à penser que ces élites pourraient prendre leur revanche un jour est toujours sur les lèvres. C’est ce qui a fait dire à Fanny Pigeaud qu’il y a des complicités dans le sérail présidentiel pour déstabiliser le régime. Marafa Hamidou Yaya, ancien ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, actuellement en prison pour détournement de deniers public, est cité nommément dans l’article comme faisant partie de cette nébuleuse. Cet acharnement contre les personnes originaires de la partie Nord est loin de s’arrêter.

10612894_803928853004734_6870221844143817950_nLe 31 août 2014, lors d’une réunion du RDPC à d’Obala dans le département de la Lékié, une élite de la localité en l’occurrence Henry Eyebe Ayissi, ministre délégué à la présidence chargé du contrôle supérieur de l’Etat, réunit quelques cadres du parti. A l’issue de cette rencontre, ils signent une motion de soutien dénommée « L’Appel de la Lékié » accusant les élites de la partie Nord de pactiser avec le Diabe. Cet « Appel de la Lékié » s’insurge contre « La secte islamiste Boko Haram au Cameroun et à l’incitation à la guerre des religions, notamment chrétienne et musulmane, qu’elle vise à susciter et à entretenir dans [le] pays », et contre les « complices de Boko Haram, principalement dans les régions septentrionales du Cameroun, et à leurs stratégies sournoises ou leurs tentatives d’incitation à la partition du territoire national, à la lumière des développements fort regrettables enregistrés dans d’autres pays ou régions du continent africain ». Sans surprise, une personnalité originaire de la partie du Nord réagit. Cavaye Yeguié Djibri, le président de l’Assemblée nationale dénonce avec ferveur ce qu’il appelle les « basses manœuvres de nature à ternir l’image de toute une partie du pays » où les populations sont surnommées péjorativement les « Nordisses ». Selon Cavaye Yeguié Djibril qui écrit sa correspondance avec les symboles et les sceaux de la République du Cameroun qui figurent sur l’en-tête, les élites de la Lékié militent plus pour la division et la partition que pour la construction. Cette sortie du PAN n’a d’ailleurs pas été du goût de certains pontes du régime qui ont tout de suite censuré cette lettre en refusant de la diffuser à la CRTV (Cameroon Radio and Television).

Ces positions continuent de bouleverser tout le pays et certains se désolidarisent allant jusqu’au ridicule : le député originaire de la Lékié Jean-Marie Nga kounda qui avait signé l’« Appel » s’est rétracté, affirmant avoir signé sans prendre le soin de lire. Certaines élites de la partie Nord ne se reconnaissent pas dans le communiqué de Cavaye Yeguié Djibril qui a pourtant bien mentionné qu’il le faisait au nom des élites « Nordisses ». Voilà donc ce qui faire dire aux analystes que ces deux positions zélées traduisent cette tendance à la recherche de positionnement politico-clientéliste. Les agitations des élites qui sont considérées comme les « créatures » reflètent bien le fond abyssal qu’est le Cameroun du créateur et le prince tyrannique.

Les effets collatéraux du rançonnage

Il est sans doute incontestable que le Cameroun sert de base arrière d’une activité terroriste de Boko Haram qui est plus actif au Nigeria. Le concept de base arrière ici serait flou si l’on n’y prend pas garde. La secte Boko Haram a sans doute compris que la France est le pays au monde qui libère les otages par la rançon. Et Abubakar Shekau a donc décidé de se spécialiser dans la prise d’otage des Français pour financer ses activités. Les régions du Nord-Cameroun étant « fertiles » grâce aux sites touristiques qui s’y trouvent, l’accent est donc mis par la secte pour diriger leurs tentacules vers le Cameroun. Boko Haram sous-traite donc ses activités de rapt au Cameroun. Qui sont donc ces sous-traitants camerounais ? Pourrait-on se demander.

Les rapts sont organisés par les Camerounais qui après livrent les otages à la frontière où la secte réceptionne le « colis » contre paiement. Mission terminée donc pour les Camerounais qui  servent de relais pour des transits comme les rapts, la livraison des armes et autres munitions parfois venant du Tchad. Les facteurs concourant à la création de la rébellion à savoir : « Villages camerounais désertés par la population et l’armée, circulation d’armes, absence de l’armée nigériane de l’autre côté de la frontière qui offre une possible base arrière, stigmatisation permanente d’une communauté, errance des rebelles centrafricains et tchadiens dans le secteur, jeunesse désespérée, etc. » Ceux qui soutiennent la thèse d’une rébellion « disent seulement qu’elle avance masquée sans jamais lui attribuer une attaque, encore moins des revendications. Pourtant plusieurs villages ont déjà été occupés par des éléments de Boko Haram. Et dans la partie camerounaise du Lac Tchad, cette secte contrôle tout le secteur adossé à sa base de Saguir dont les villages Kamouna, Dombaré… »

Cette version tend à démontrer que les rébellions en Afrique n’ont pas pour coutume d’agir masquées. Ce mode d’opération de Boko Haram au Cameroun semble rendre service au président Biya qui en tire les rentes et les dividendes politiques. En effet, Paul Biya avait pris l’habitude de payer les rançons aux terroristes. Les otages libérés devenaient donc un objet de propagande devant l’opinion et surtout auprès de ses maîtres occidentaux. La plus vieille dictature et tyrannie d’Afrique trouvait donc l’occasion d’augmenter sa cote de popularité et de sympathie.

Pourquoi Boko Haram s’attaque au Cameroun au risque d’être confondu avec une rébellion comme le soutiennent certains analystes ? La réponse est toute simple : parce que  Paul Biya a décidé de ne plus payer la rançon à ses partenaires. Les incursions de la secte au Cameroun ne peuvent donc qu’être considérées comme des effets collatéraux. Au sommet de l’Elysée consacré à la question Boko Haram au mois de mai dernier François Hollande a-t-il réitéré sa volonté aux présidents africains présents de ne plus payer les rançons ? Cette version semble se justifier sinon comment comprendre la déclaration de guerre de Paul Biya à Boko Haram.

L’indifférence de Paul Biya, ses prises de parole qui devraient être régulière en temps de « guerre totale » amènent certains Camerounais à adopter des positions radicales.  L’analyste Guy Simon Ngakam estime que ce régime illégitime ne parviendra pas à éradiquer le terrorisme et préconise de passer à l’action : « Il faut plutôt profiter de la situation de déstabilisation en cours pour renverser le régime et engager un combat sans limites pour la libération totale des pays de la sous-région.  Patrice Nganang pour sa part ne passe pas par quatre chemins pour demander aux soldats camerounais de faire comme au Mali : « Déserter ».

Tchakounté Kemayou


Cameroun : hommage à un jeune soldat sacrifié et mort pour la patrie

Den1496660_10152606818961131_674231825245402307_n-290x290

Joseph Kevin Donkeng, officier de nos forces armées, né le 8 juin 1988, a été abattu le 25 juillet 2014 à Kamouna, par les forces terroristes Boko Haram qui sévissent dans la partie septentrionale du Cameroun. Longtemps, l’incertitude planait sur le sort du lieutenant et les inquiétudes de ses parents et de sesproches  emplissaient les réseaux sociaux.

Depuis il a été certifié que le jeune homme, âgé de 26 ans est mort. Il a été enterré le 30 août 2014 à Bafou*, après que son corps a été exposé au quartier général pour des honneurs militaires auxquels le chef suprême des forces armées n’a pas cru nécessaire de participer, lui qui était alors en vacances en Suisse. Ainsi aura disparu dans l’anonymat, un de ces soldats qu’on nous dit vaillants, et qui, comme dit la vulgate aussi, sera mort pour la patrie. Disparu, il sera, sans que le président de la République qui l’a arraché à sa famille et à ses amis et l’a envoyé au front ne daigne se retourner pour savoir s’il avait rendu l’âme. Partout ailleurs, le soldat mort sur le champ de guerre est un héros national, partout, sauf dans notre pays qui réserve ce piédestal à qui – Ateba Eyene, Owona Nguini – bavarde sur les chaînes de radio et de télé à longueur de journée, évite de mettre en difficulté le tyran, ou prépare le règne des fils. Partout ailleurs le corps du soldat mort au front est reçu par le commandant en chef des armées, sauf dans notre pays où le ministre délégué auprès du tyran en matière de défense est celui qui fait l’affaire, quand les églises de réveil mobilisent tout le gouvernement pour leur inauguration ou pour leurs messes écervelées.

10410620_10152606818996131_1953610525153269448_n
Joseph Kevin Donkeng

Ni le président de l’Assemblée nationale, ni le président du Sénat, ni le premier ministre n’étaient là. Quant au vice-premier ministre Amadou Ali, sans doute était-il encore trop occupé à retrouver son épouse capturée par les terroristes, pour se rendre compte que Donkeng était tué dans son propre village natal ! La mort de ce soldat a été d’autant plus révoltante qu’elle est le  symptôme, encore un, d’un pays où tout s’achète y compris la vie et la mort. Ce jeune homme qui achevait à peine sa formation à l’Emia* en décembre 2013 a été aussitôt affecté en zone de combat en janvier 2014 comme chef du poste de Fotocol. Si peu formé pour une tâche si grande, il était exécuté six mois plus tard. Jamais vie n’a été aussi météoriquement gaspillée par un Etat qui ne fait rien pour la jeunesse. Et ce soldat de devenir malgré lui le symbole de cette armée aux généraux croulants sous l’âge, aux écoles de formation dans lesquelles on n’est admis que si l’on a tchoko*, aux grades que l’on n’obtient qu’a l’aide de corruption ainsi que les affectations. Donkeng savait-il tirer avec un fusil quand il a été envoyé au front comme chef d’un poste de combat ? Avait-il monnayé son admission à l’Emia, et surtout, n’avait-il pas pu monnayer son affectation ?

Le président en voyage à l’étranger

JK Donkeng était un enfant intelligent. Elève au collège de la Retraite, en quatrième, à treize ans, il achevait un roman, Les situations de Koube et écrivait des poèmes. Comment ne pas être sensible au sort de cette âme si froidement violée par un Etat dont le chef s’en fiche au point de ne pas être présent au moment où le corps de ce jeune écrivain devenu officier arrive dans la capitale. Imperturbable, le président poursuit son séjour à l’étranger alors que la guerre contre Boko Haram livre ses premiers cadavres de soldats à la jacassante capitale.

Donkeng a perdu la vie par manque de préparation. Le lieutenant s’est retrouvé jeté dans une zone de conflit, pratiquement désarmé ! Au fond, oui, il a été sacrifié, Donkeng, sacrifié par un Etat qui s’en fout de la jeunesse, par un Etat qui s’en fout de la patrie, qui s’en fout de la « guerre totale », et dont le président serait au fond bien satisfait de toujours monnayer la libération d’otages captifs, et ainsi se donner une soupape de survie plus longue et plus sûre dans la propagande festive des libérations orchestrées. Un jour, quand notre pays redeviendra habitable, peut-être que le nom Donkeng signifiera ce sacrifice perpétuel de la jeunesse camerounaise à un Etat fantomatique, cannibale et dont la fin marquera notre libération collective.

 

Bafou : Son village natal dans la région de l’ouest au Cameroun

EMIA : Ecole militaire interarmée

Tchoko : Expression camerounaise qui signifie « Corrompre », « Amadouer », « Monnayer »

Patrice Nganang

L’auteur est un écrivain et enseignant à l’université de New-York. Cette chronique a été censurée par le journal Emergence  dont le directeur de publication Magnus Biaga avoue avoir reçu « des instructions de l’Etat » pour ne pas « ramer à contre-courant » pour la lutte contre Boko-Haram.